La Nation Bénin...
Un appel en faveur d’une mise en œuvre effective des engagements climatiques a été lancé lors de la 7? édition des pourparlers africains sur le climat, tenue à Addis-Abeba du 30 avril au 1er mai. À l’approche des prochaines conférences mondiales, notamment la Cop32 prévue en Éthiopie, l’Afrique veut transformer ses priorités en résultats tangibles.
L’Afrique ne veut plus se contenter de promesses. Responsables politiques, négociateurs et partenaires du continent ont plaidé pour un changement de paradigme lors de la septième édition des pourparlers africains sur le climat à Addis-Abeba. L’enjeu n’est plus seulement de formuler des engagements, mais de les traduire en actions concrètes et mesurables. Placée sous le thème « La voie de l’Afrique vers la Cop32 : des engagements à une mise en œuvre crédible», cette rencontre intervient dans un contexte international marqué par l’urgence climatique. Alors que les pays se préparent pour la Cop31 en Turquie et la Cop32, prévue en 2027 en Éthiopie, l’Afrique entend peser davantage dans les négociations et faire entendre ses priorités. Pour Claver Gatete, Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique, le moment est décisif. « La Cop32 sera un test décisif de crédibilité», a-t-il affirmé. Selon lui, cette échéance permettra de mesurer la capacité du système multilatéral à passer des engagements aux résultats concrets. En effet, le constat est que les impacts du changement climatique s’intensifient plus rapidement que les réponses apportées. Hausse des températures, sécheresses prolongées, inondations récurrentes ou encore phénomènes météorologiques imprévisibles affectent déjà les économies africaines. La sécurité alimentaire, l’accès à l’eau, les infrastructures et même les finances publiques sont directement menacés. Paradoxalement, le continent africain, responsable de moins de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, figure parmi les plus vulnérables. Cette situation renforce le sentiment d’injustice climatique et alimente les revendications en faveur d’un soutien accru. Le principal défi reste celui du financement. Selon la Commission économique pour l’Afrique, les pays africains ont besoin d’environ 277 milliards de dollars par an d’ici 2030 pour mettre en œuvre leurs contributions climatiques. Pourtant, le continent ne capte qu’environ 11 % de ces besoins. Un déficit considérable qui limite la capacité d’action des États. « C’est là que le discours doit changer », insiste Claver Gatete. Pour lui, l’Afrique ne doit pas être perçue uniquement comme une victime du changement climatique, mais aussi comme un acteur porteur de solutions. Le continent dispose d’atouts majeurs: un potentiel important en énergies renouvelables, une biodiversité riche et une jeunesse dynamique capable d’innover.
Au fond
Les discussions engagées à Addis-Abeba visent justement à structurer cette ambition. Les participants ont abordé plusieurs axes stratégiques, notamment le financement climatique, l’adaptation, les pertes et dommages, les marchés de carbone ou encore les transitions justes. L’objectif est de renforcer la position de négociation de l’Afrique dans les forums internationaux. Un accent particulier est mis sur l’adaptation, considérée comme une priorité de développement. Contrairement à d’autres régions, pour lesquelles la réduction des émissions reste centrale, l’Afrique doit avant tout faire face aux conséquences déjà visibles du changement climatique. Investir dans l’adaptation, c’est protéger les populations, sécuriser les infrastructures et stabiliser les économies. Dans cette perspective, plusieurs pistes sont avancées. Il s’agit d’améliorer les systèmes de données climatiques, de renforcer les dispositifs d’alerte précoce, d’intégrer davantage l’adaptation dans les budgets nationaux et de rendre les financements plus accessibles. Autant de leviers jugés indispensables pour renforcer la résilience du continent. À l’horizon de la Cop32, cinq priorités se dégagent clairement pour l’Afrique. Il s’agit de faire de cette conférence un rendez-vous centré sur la mise en œuvre, de réformer en profondeur le financement climatique, d’intégrer pleinement l’adaptation dans les politiques de développement, d’utiliser l’action climatique comme moteur de transformation économique et de renforcer la cohérence du continent dans les négociations internationales. La question centrale reste celle de la capacité à agir collectivement. L’Afrique devra non seulement mobiliser des ressources, mais aussi coordonner ses positions pour peser face aux grandes puissances. La crédibilité du continent dans les négociations dépendra de sa capacité à parler d’une seule voix. La présence de hauts responsables africains et internationaux à cette rencontre témoigne de l’importance de ces discussions. Ministres, diplomates et experts ont multiplié les échanges pour affiner les orientations et construire une feuille de route commune.
Effets du changement climatique sur les écosystèmes et la sécurité alimentaire