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Bassin transfrontalier du fleuve Niger: Des acteurs explorent les mesures pour une gestion intégrée

Environnement
Les participants sont appelés à identifier des projets pilotes transfrontaliers viables pour préserver  les moyens de subsistance et les écosystèmes Les participants sont appelés à identifier des projets pilotes transfrontaliers viables pour préserver les moyens de subsistance et les écosystèmes

Les représentants des pays ayant en partage le bassin du fleuve Niger sont en conclave à Cotonou, du 24 au 26 mars, pour discuter des voies et moyens pour une gestion intégrée et durable des ressources en eau et la pêche continentale, face aux défis majeurs qui menacent le bassin. Les discussions autour de ce sujet d’intérêt commun se déroulent à la faveur d’un atelier régional qui réunit toutes les parties prenantes.

Par   Ariel GBAGUIDI, le 25 mars 2026 à 10h01 Durée 3 min.
#fleuve Niger

Le bassin du fleuve Niger, ressource en eau partagée par neuf pays en Afrique de l’ouest et du centre, se dégrade. Pollution, surexploitation, dégradation de l’environnement et altération du régime des crues en raison des changements climatiques, menacent dangereusement le bassin.

Face à ces enjeux, les pays unissent leurs forces afin de trouver des solutions concrètes pour ralentir sa dégradation, restaurer les différents écosystèmes connexes, et faire en sorte que ce réservoir puisse jouer sa partition dans le développement de la sous-région. L’objectif de l’atelier régional ouvert, ce mardi, est d’intégrer la gestion durable des pêches continentales aux mesures plus larges de gestion intégrée des ressources en eau (Gire). Les participants à l’atelier sont appelés à identifier des projets pilotes transfrontaliers viables pour préserver les moyens de subsistance et les écosystèmes, mobiliser des ressources techniques et financières et renforcer la coopération régionale.

« Après les jalons posés à Abidjan en décembre 2023, c'est le tour de Cotonou d’accueillir ce deuxième atelier. Il nous offre l’occasion d'identifier concrètement les défis et les opportunités pour une gestion intégrée des ressources en eau, qui ne se limite pas à la gestion des volumes d'eau, à la théorie, mais qui intègre la pêche continentale et des initiatives concrètes pour inverser la tendance de pollution, de dégradation que nous observons», a fait savoir Saïd Hounkponou, coordonnateur de la structure focale nationale de l’Autorité du bassin du Niger, et directeur général de l’Eau. L’ambition est claire, ajoute-t-il, il s’agit de «renforcer le nexus eau-énergie-alimentation-environnement ».

L’atelier régional est appuyé par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) et la Banque mondiale (Bm). Pour la Fao, cet atelier est stratégique, car les résultats doivent être à la hauteur des attentes. « Ce que vous construisez ici dépasse le bassin du fleuve Niger. Cela contribue à des transformations structurelles à l'échelle continentale. Mais soyons lucides, les défis sont connus, les diagnostics existent déjà et la valeur ajoutée de cet atelier dépendra de votre capacité à produire des résultats concrets. Entre autres résultats concrets que nous attendons, des projets pilotes bien définis, des mécanismes de coordination clairs et des engagements réalistes. Sans cela, nous resterons dans une logique déclarative », indique Sanni Bio Yérima, chargé des programmes de la Fao. Pour sa part, la Banque mondiale appelle à « une action conjointe, un engagement de long terme pour les générations futures», soulige Bérengère Prince, spécialiste en chef de la gestion des ressources naturelles pour les régions Afrique de l’ouest et du centre au niveau de la Bm.

Pêche et produits halieutiques

L’Autorité du bassin du Niger (Abn), représentée par Didier Zinsou, directeur de l’observatoire du bassin, rappelle qu’il s'agit de faire du bassin, un espace commun de développement inclusif, résilient, durable et solidaire par une gestion intégrée et des écosystèmes associés, garantissant la paix, la sécurité, la stabilité, l'amélioration des conditions de vie et la prospérité des populations à l'horizon 2030. A l’instar de la représentante de la Bm, il rappelle que les activités de pêche et de l'aquaculture dans le bassin du Niger jouent un rôle majeur pour la sécurité alimentaire et l'offre des opportunités d'emploi, en particulier dans le delta intérieur et le delta maritime, ainsi qu'autour des réservoirs, des barrages, où des centaines de tonnes métriques de poissons sont capturées chaque année.

Le gouvernement béninois comprend l’enjeu autour de ce bassin, et s’engage à jouer pleinement sa partition dans le cadre de l’approche intégrée de la gestion. « J'attends de vos travaux des propositions et des recommandations pertinentes qui vont nous orienter pour l'animation de plateformes de dialogue avec des partenaires techniques et financiers pour avancer vers l'étape des propositions de projets pilotes bancables dans les secteurs de la pêche et de l'aquaculture, par les pays du bassin du Niger », affirme Deen Saliou, directeur adjoint de cabinet du ministre de l’Eau, de l’Energie et des Mines.

Le fleuve Niger, long d'environ 4 200 km, prend sa source en Guinée et se jette dans l'océan Atlantique au Nigéria. Il fournit de l'eau à des fins de consommation, d'agriculture, de pêche, d'industrie, d'énergie et de transport. Ce qui constitue une ressource inestimable pour les populations des neuf Etats membres de l'Abn.