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Généralisation de la gratuité de la scolarité au cours secondaire: Un signal fort pour le leadership féminin

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Le président Romuald Wadagni affirme son engagement à réduire les abandons scolaires féminins Le président Romuald Wadagni affirme son engagement à réduire les abandons scolaires féminins

Mesure sociale et éducative majeure, la gratuité de la scolarité pour toutes les filles au Bénin vient lever l’un des obstacles les plus importants à la poursuite des études, à savoir le coût de la scolarisation dans les établissements publics. 

Par   Jonas KOUYOU (Collaboration extérieure), le 14 août 2026 à 07h10 Durée 3 min.
#Romuald Wadagni

Impactant d’abord les filles du premier cycle du secondaire, la subvention de la scolarité s’étend désormais à leurs camarades du second cycle dès la rentrée 2026-2027 dans l’enseignement secondaire général public sur l’ensemble du territoire national.

Cette décision s’inscrit dans une logique plus large de protection du droit à l’éducation et d’égalité des chances, conformément à la Constitution béninoise engageant l’État à rendre l’enseignement public progressivement gratuit.

Dans les faits, la mesure signifie que les élèves filles fréquentant l’école publique ne devraient plus payer les frais de scolarité, du moins pour les niveaux couverts par la réforme annoncée, ce qui concerne désormais toute la scolarité secondaire dans le public, et détail important, l’exonération s’étend à l’ensemble du pays.

Lutte contre l’abandon scolaire

Cette orientation traduit une volonté claire du président Romuald Wadagni de réduire les abandons scolaires féminins, en particulier dans les zones vulnérables où les familles rencontrent souvent des difficultés financières qui les obligent à prioriser la scolarisation des garçons ou à interrompre plus tôt celle des filles. Ce faisant, son gouvernement retient la gratuité comme un instrument de maintien des filles à l’école, de lutte contre les inégalités de genre et de consolidation du capital humain au Bénin. Autrement dit un appui majeur à l’autonomisation des femmes. L’intérêt de cette politique est d’autant plus important qu’au Bénin, les inégalités d’accès et de maintien à l’école touchent particulièrement les adolescentes, exposées aux mariages et grossesses précoces, aux pesanteurs sociales, au manque de soutien familial et aux contraintes économiques. Autant de facteurs qui rendent la gratuité nécessaire. En supprimant les frais de scolarité dans le public, l’État agit donc directement sur un frein matériel, mais aussi symboliquement sur une représentation de l’école comme espace réservé à ceux qui ont les moyens de payer, ce qui peut renforcer l’idée que l’éducation des filles est une priorité nationale et non un simple choix familial.

Signal fort

L’enjeu est surtout de transformer durablement la place des filles dans le système éducatif béninois, en leur garantissant un accès plus équitable à l’enseignement secondaire, qui constitue une étape déterminante pour l’insertion professionnelle, l’autonomie économique et la participation citoyenne. En supprimant les frais dans l’école publique, le Bénin envoie aussi un signal fort aux familles, aux collectivités locales et aux enseignants: l’éducation des filles doit être considérée comme un investissement important, car une fille scolarisée plus longtemps a davantage de chances de retarder le mariage, d’éviter certaines vulnérabilités et de contribuer plus tard au développement du pays. Cette politique peut donc être comprise comme une réponse concrète à une série de défis sociaux interdépendants, allant de la pauvreté des ménages à l’inégalité entre les sexes, en passant par la faible rétention scolaire au niveau secondaire.

D’où la necessité de reduire la barrière financière immédiate, faisant de la scolarité des filles une priorité publique, l’un des leviers les plus puissants de transformation sociale. En ce sens, la gratuité de la scolarité pour toutes les filles au Bénin apparaît comme une politique d’équité, de justice sociale et de développement, destinée à faire reculer les exclusions scolaires et à offrir à chaque fille, qu’elle vive en ville ou en milieu rural, la possibilité d’aller à l’école sans que le paiement des frais de scolarité ne constitue un obstacle.