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Généralisation de la gratuité de la scolarité au cours secondaire: Un soulagement pour les familles, l'espoir renaît chez les filles

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Des chances de voir les filles poursuivre leurs études  dans de bonnes conditions Des chances de voir les filles poursuivre leurs études dans de bonnes conditions

La généralisation de la gratuité de la scolarité pour les filles au secondaire dans les établissements publics est accueillie avec satisfaction par les acteurs du système éducatif. Enseignants et responsables d’établissements y voient un important coup de pouce aux familles modestes et une opportunité de réduire les abandons scolaires, tout en appelant l’État à anticiper la hausse des effectifs.

Par   Arnaud DOUMANHOUN, le 14 août 2026 à 07h12 Durée 3 min.
#Actions sociales

« Une véritable opportunité », « une mesure à applaudir », « une belle avancée sociale ». Dans les établissements scolaires, les réactions sont largement favorables à la généralisation de la gratuité des frais de contribution scolaire pour les filles. A quelques semaines de la rentrée 2026-2027, la décision du gouvernement est perçue comme un soulagement pour de nombreuses familles et comme un encouragement supplémentaire à maintenir les filles sur les bancs jusqu’à la fin du secondaire. La mesure, annoncée en Conseil des ministres le 3 juin 2026, est désormais formalisée par un arrêté interministériel, signé le 30 juillet 2026. Elle s’appliquera à l’ensemble du territoire national à compter de la prochaine rentrée scolaire. Toutes les filles de nationalité béninoise régulièrement inscrites dans les établissements publics d’enseignement secondaire général sont concernées, de la sixième en Terminale. Une extension qui suscite l’enthousiasme chez les acteurs confrontés quotidiennement aux difficultés financières de certaines familles.

« C’est une véritable opportunité »

Pour David Dégbé, professeur d’espagnol au Ceg Gbedegbe de Sey, dans la commune de Toffo, la décision est avant tout une source de joie. Son appréciation repose sur une réalité observée dans les salles de classe. Certaines filles interrompent leur parcours scolaire lorsqu’elles atteignent le second cycle, faute de moyens financiers. « C’est pour moi une joie de savoir que le gouvernement a élargi la mesure de gratuité de la scolarisation des filles jusqu’en classe de Terminale », témoigne-t-il. L’enseignant considère que la mesure peut changer la situation de nombreuses élèves issues de familles défavorisées. « C’est une opportunité pour les filles issues des couches défavorisées de continuer les études jusqu’en classe de Terminale », souligne-t-il. Son témoignage met ainsi en lumière l’un des effets attendus de la mesure à savoir, éviter que les difficultés économiques ne viennent interrompre le parcours scolaire des filles au moment où elles approchent de la fin de leur formation secondaire. Pour lui, l’effort mérite même d’être poursuivi. Il souhaite que d’autres mesures soient prises en faveur des filles afin de leur permettre de prolonger leurs études au-delà du secondaire et d’accéder à l’université. Cette satisfaction est donc teintée d’une attente. Pour les acteurs de terrain, la gratuité ne doit pas être considérée comme une fin en soi, mais comme un levier permettant aux filles de rester durablement dans le système éducatif. « C’est à applaudir », estime un gestionnaire d’établissement. Chez les gestionnaires d’établissements, le sentiment de soulagement est également perceptible. Pierre Lino, comptable au Ceg Sègbèya à Cotonou, estime que la mesure vient répondre à une difficulté concrète rencontrée par de nombreux parents.

« Beaucoup de parents avaient des difficultés à payer les frais de contribution pour les filles, surtout les parents qui n’ont pas assez de moyens », explique-t-il. Pour lui, la généralisation de la gratuité constitue donc une décision à encourager. Il rappelle que les filles bénéficiaient déjà de l’exonération au premier cycle, pourtant les 1 180 francs Cfa liés à la carte d’identité scolaire, représentaient déjà une difficulté pour certains parents. « Maintenant que cette gratuité intervient encore au second cycle, c’est à applaudir. Nous devons encourager cela », affirme-t-il.  Son impression va au-delà de la simple suppression d’une dépense. Il y voit également un moyen de limiter les situations de renvoi liées au non-paiement des frais de scolarité.

Satisfaction, mais déjà des inquiétudes

Si l’enthousiasme domine, la généralisation de la gratuité suscite également une réflexion sur les conséquences qu’elle pourrait entraîner pour les établissements scolaires. Sophie Mensah, directrice à l’Ecole primaire publique de Cadjèhoun, à Cotonou, considère la mesure comme « une belle avancée sociale ». Elle estime qu’elle peut contribuer à alléger les charges des parents et à lutter contre l’abandon et la déperdition scolaires. Mais elle attire immédiatement l’attention sur un autre enjeu, la capacité des établissements à accueillir davantage d’élèves. A l’en croire, l’amélioration des conditions d’accès à l’école pourrait entraîner une augmentation des effectifs dans certaines communes, notamment dans les zones rurales et les villages lacustres. « Pour que cela tienne sur une bonne durée, il faut que l’État pense déjà à la construction de nouvelles salles de classe», plaide-t-elle. Elle appelle également à mettre davantage d’enseignants qualifiés et de matériels adéquats à la disposition des établissements. C’est dire que si la gratuité encourage davantage de filles à poursuivre leur parcours scolaire, le système éducatif devra être suffisamment préparé pour les accueillir dans de bonnes conditions.

En effet, l’arrêté interministériel du 30 juillet élargit considérablement le dispositif existant. Jusqu’ici, l’exonération concernait les filles du premier cycle et, dans le cadre d’une expérimentation engagée en 2023, celles du second cycle dans vingt communes. Désormais, la mesure est étendue à toutes les filles béninoises inscrites dans les établissements publics d’enseignement secondaire général, de la sixième en Terminale et sur l’ensemble du territoire. L’État prévoit de compenser aux établissements les montants correspondant aux frais exonérés, sur la base notamment des effectifs validés des filles bénéficiaires et des taux de contribution scolaire en vigueur. Une avance de trésorerie est également prévue pour faciliter la mise en œuvre du dispositif dès la rentrée 2026-2027. Entre soulagement des familles, espoir de voir moins de filles abandonner l’école et nécessité de renforcer les infrastructures, la gratuité généralisée ouvre ainsi une nouvelle étape. La rentrée 2026-2027 permettra de mesurer concrètement la portée de cette mesure dans les collèges publics du pays.