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Infrastructures et transports au Bénin: Les ambitions du nouveau président

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Des routes en pleine modernisation au Bénin, au service du développement et de l’intégration territoriale Des routes en pleine modernisation au Bénin, au service du développement et de l’intégration territoriale

Romuald Wadagni déclaré gagnant du scrutin présidentiel du 12 avril, selon les tendances de la Commission électorale nationale autonome(Cena), porte une vision ambitieuse en matière d’infrastructures et de transports. Entre poursuite des chantiers en cours et lancement de nouveaux projets, son programme vise à renforcer la connectivité du territoire et à soutenir la transformation économique du Bénin.

Par   Babylas ATINKPAHOUN, le 16 avr. 2026 à 01h54 Durée 3 min.
#modernisation au Bénin

Dans la même ligne que les réformes engagées ces dernières années, le projet de société porté par le président Romuald Wadagni met un accent particulier sur le développement des infrastructures. L’ambition est de connecter davantage les territoires, fluidifier les échanges et améliorer la mobilité des personnes et des biens. Cette vision repose sur la consolidation des projets en cours, tout en amorçant de nouvelles initiatives structurantes. Parmi les projets en cours, la modernisation de l’aéroport international de Cotonou figure en bonne place. À terme, cette infrastructure devrait accueillir jusqu’à 2 millions de passagers par an, renforçant ainsi l’attractivité du pays sur la scène internationale. Dans le domaine portuaire, le développement du quai fruitier vise à accroître la capacité de traitement du fret, avec un objectif de plus de 25 000 tonnes. Cette infrastructure permettra notamment de faciliter l’exportation des produits agricoles, en intégrant les opérateurs du marché de gros de Calavi. Sur le plan routier, la construction du contournement Nord de Cotonou (Conoco), long de 45 kilomètres, constitue un projet majeur destiné à décongestionner la ville et à améliorer la circulation.

En dehors de ces réalisations, le programme prévoit une série de nouveaux projets visant à améliorer la mobilité et à renforcer l’intégration du territoire. Ainsi, l’opérationnalisation de l’aéroport de Tourou s’inscrit dans cette logique, avec pour ambition de désenclaver davantage le nord du pays et de stimuler les activités économiques. Le développement du transport fluvial le long du fleuve Ouémé est également envisagé comme une alternative complémentaire au transport routier, tant pour les passagers que pour les marchandises. Le projet accorde une attention particulière à la modernisation du transport routier. Il est prévu le renouvellement de 50 % du parc de camions, à travers des mécanismes de financement adaptés, notamment le crédit-bail. En parallèle, des aires de repos sécurisées seront aménagées le long des principaux axes routiers, afin d’améliorer les conditions de travail des transporteurs et de renforcer la sécurité. Cette approche vise à professionnaliser davantage le secteur et à réduire les risques liés au transport.

Meilleure connexion des territoires

L’un des axes majeurs du programme concerne le renforcement de la connectivité Est-Ouest du pays. L’objectif est de réduire les disparités territoriales et de faciliter les échanges interrégionaux. Deux axes structurants sont prévus. Le premier reliera Natitingou à Kérou en passant par Guilmaro, permettant de connecter le Nord-Ouest au Nord-Est. Le second axe reliera Prékété à Tchaourou, en passant par Bassila et Beterou, afin de renforcer la liaison entre le Centre-Ouest et le Centre-Est. Autour de ces axes, des routes secondaires seront construites ou réhabilitées pour desservir les zones enclavées et favoriser leur intégration économique.

Le programme prévoit également la mise en place d’un terminal dédié aux hydrocarbures à Sèmè-Podji. Ce projet vise à renforcer les capacités logistiques du pays dans le secteur énergétique et à développer des activités économiques connexes. Cette infrastructure pourrait jouer un rôle clé dans la sécurisation de l’approvisionnement en produits pétroliers et dans le développement industriel. À travers ces différentes initiatives, l’ambition affichée est de faire des infrastructures un levier de transformation économique. En améliorant la connectivité, le programme vise à stimuler les échanges commerciaux, à faciliter l’accès aux marchés et à attirer les investissements. La fluidité des transports apparaît ainsi comme un facteur déterminant pour la compétitivité de l’économie béninoise.

Routes, plateformes logistiques, transport multimodal, autant de leviers qui pourraient, s’ils sont effectivement mis en œuvre, renforcer l’intégration du territoire et soutenir durablement la dynamique de développement engagée au Bénin. Le pari est désormais de transformer ces orientations en réalisations concrètes sur le terrain. Si les ambitions sont clairement affichées en matière d’infrastructures et de transports, leur concrétisation reposera, sur la capacité à mobiliser les financements et à tenir le rythme d’exécution des chantiers. Sur ce point, Romuald Wadagni pourra s’appuyer sur l’expérience acquise durant une décennie à la tête des finances publiques, où il a piloté la mobilisation de ressources importantes pour accompagner les grands projets du pays.