La Nation Bénin...
La 34e édition de la Journée internationale de l’écrivain africain est célébrée ce 7 novembre 2026 autour du thème « Écrire pour une quête de l’humanité ». Dans un monde marqué par les conflits, les violences et les divisions, cette célébration rappelle le rôle de la littérature dans la défense des valeurs humaines, la transmission des mémoires et le rapprochement des peuples.
Les mots ne servent pas uniquement à raconter des histoires. Ils permettent aussi de dénoncer les injustices, de questionner les consciences et de donner une voix aux populations dont les réalités restent peu connues. À travers les romans, les poèmes, les nouvelles et les pièces de théâtre, les écrivains africains racontent leurs sociétés, leurs héritages culturels, leurs difficultés et leurs aspirations.
Le thème de cette année invite ainsi les auteurs à réfléchir à leur responsabilité face aux mutations du monde. La littérature peut contribuer à promouvoir la paix, la dignité humaine et le vivre-ensemble. Elle offre également un espace de dialogue entre les cultures et les générations. En racontant les expériences humaines, les écrivains rappellent que les différences ne doivent pas effacer ce qui unit les peuples.
Portée par la Pan African Writers Association (PAWA), l’Association panafricaine des écrivains, cette journée s’inscrit dans une dynamique de promotion de la création littéraire africaine. Fondée en 1989 à Accra, au Ghana, cette organisation fédère des associations d’écrivains du continent et de sa diaspora. Elle œuvre notamment à la défense du patrimoine littéraire africain et à la liberté d’expression.
Un secteur à mieux soutenir
Au-delà de la célébration des auteurs, cette journée pose la question des conditions de développement du livre africain. Malgré la richesse de sa production littéraire, le continent reste confronté à des difficultés d’édition, de distribution et de diffusion des œuvres.
Dans son rapport de 2025 consacré à l’industrie africaine du livre, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) estime que l’Afrique représentait 5,4 % des recettes mondiales de l’édition en 2023, soit environ 7 milliards de dollars. Le document souligne également le déséquilibre des échanges commerciaux : les importations de livres atteignaient 597 millions de dollars, contre 81 millions de dollars d’exportations.
Ces données mettent en évidence la nécessité de renforcer les maisons d’édition locales, les librairies et les bibliothèques, tout en facilitant l’accès des jeunes auteurs à la publication. La valorisation des langues africaines et le développement de la lecture constituent également des enjeux importants.