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Finances publiques et dynamique budgétaire régionale: Des recettes en hausse et un déficit maîtrisé

Economie
Décaissements au titre des programmes financiers conclus avec le Fmi par pays Décaissements au titre des programmes financiers conclus avec le Fmi par pays

Les finances publiques des États membres de l’Uemoa affichent ces derniers mois une amélioration notable, marquée par une progression des recettes et une réduction du déficit budgétaire. Toutefois, la montée du service de la dette et l’augmentation des dépenses courantes continuent de peser sur les équilibres budgétaires dans un contexte économique encore exigeant.

Par   Babylas ATINKPAHOUN, le 02 avr. 2026 à 11h39 Durée 3 min.
#Finances publiques

Ces derniers mois ont été marqués par une nette progression des recettes publiques dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Selon les données de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), les recettes budgétaires se sont établies à 25.396,5 milliards de francs Cfa, enregistrant une hausse de 13,3 % par rapport à l’année précédente. Cette performance est essentiellement portée par les recettes fiscales, qui ont atteint 22.160,5 milliards de francs Cfa, en progression de 13,7 %. Cette évolution traduit la bonne tenue de l’activité économique ainsi que les efforts de mobilisation des ressources internes par les États membres. Le taux de pression fiscale s’est ainsi amélioré, passant de 14,4 % en 2024 à 14,9 % en 2025, témoignant d’une dynamique positive dans la collecte des recettes. Parallèlement, les dons ont également progressé de manière significative, atteignant 1.223,4 milliards de francs Cfa, soit une hausse de 28,1 %. Cette évolution souligne le maintien de l’appui des partenaires techniques et financiers. Du côté des dépenses, la tendance reste à la hausse, bien que maîtrisée. Les dépenses totales et prêts nets se sont élevés à 32.189,9 milliards de francs Cfa, en augmentation de 5,0 % par rapport à 2024. Cette progression est principalement imputable à l’augmentation des dépenses courantes, notamment la masse salariale, les dépenses de fonctionnement et les paiements d’intérêts sur la dette publique, en hausse de 12,9 %. La hausse de la masse salariale, liée aux recrutements et aux avancements dans la fonction publique, reflète les efforts des États pour renforcer leurs capacités administratives, mais elle constitue également un facteur de rigidité budgétaire. En revanche, les dépenses en capital ont légèrement reculé, traduisant un ralentissement des investissements publics dans certains pays de l’Union. Malgré la progression des dépenses, les finances publiques enregistrent une amélioration notable du solde budgétaire. Le déficit s’est réduit à 5.559,9 milliards de francs Cfa en 2025, soit 3,7 % du Pib, contre 5,4 % en 2024. Cette évolution traduit les efforts d’assainissement budgétaire engagés par les États membres, dans le respect des critères de convergence régionale. La réduction du déficit constitue un signal positif pour les partenaires financiers et les investisseurs, dans un contexte où la discipline budgétaire demeure un enjeu central.

Conditions de financement

Pour financer leurs besoins, les États de l’Union ont intensifié leur recours au marché régional de la dette publique. En 2025, les ressources mobilisées sur ce marché ont atteint 15.105,2 milliards de francs Cfa, en hausse de 61,5 % par rapport à l’année précédente. Les émissions ont été dominées par les obligations du Trésor, qui représentent une part importante des ressources levées. Les maturités de trois et cinq ans ont été particulièrement sollicitées, traduisant une stratégie d’endettement orientée vers le moyen terme. Cette dynamique s’inscrit dans une volonté de diversification des sources de financement, tout en réduisant la dépendance aux financements extérieurs.

Sur le marché régional, les conditions de financement ont évolué de manière contrastée. Les taux d’intérêt sur les bons du Trésor ont enregistré une baisse au quatrième trimestre 2025, en lien avec une amélioration de la liquidité bancaire. En revanche, les rendements des obligations ont légèrement augmenté, reflétant des tensions sur certaines maturités. Ces évolutions traduisent un environnement financier encore marqué par des incertitudes, notamment liées aux conditions économiques internationales. L’encours de la dette publique totale de l’Union a progressé pour atteindre 93.622,9 milliards de francs Cfa à fin 2025, soit une hausse de 6,7 % sur un an. Cependant, en proportion du Pib, la dette a reculé, passant de 64,7 % à 63,0 %, ce qui témoigne d’une amélioration relative de la soutenabilité de la dette. Néanmoins, le service de la dette reste élevé, représentant 69,4 % des recettes fiscales en 2025, contre 64,5 % un an plus tôt. Cette situation souligne la pression croissante exercée par les charges d’endettement sur les finances publiques. Les financements extérieurs continuent de jouer un rôle important dans l’équilibre budgétaire des États membres. En 2025, les ressources extérieures mobilisées ont atteint près de 9.000 milliards de francs Cfa. Certains pays, dont le Bénin, ont également bénéficié de décaissements dans le cadre de programmes économiques soutenus par des institutions financières internationales, renforçant ainsi leur capacité de financement.