La Nation Bénin...
L’édition 2025 de l’Indice de perception de la corruption confirme la stabilité du Bénin, qui demeure l’un des pays les mieux classés d’Afrique de l’Ouest. Si le pays conserve ses acquis, le rapport met en évidence la persistance de fortes vulnérabilités dans la sous-région, où la corruption continue de peser sur la gouvernance et le développement.
Le Bénin fait figure de référence en matière de transparence et de gouvernance publique. Avec un score de 45 points sur 100, identique à celui enregistré en 2024, le pays se situe au-dessus de la moyenne de l’Afrique subsaharienne et se positionne parmi les pays les mieux classés de l’Afrique de l’Ouest, selon le rapport 2025 de l’Indice de perception de la corruption, publié par Transparency International. Cette performance lui vaut un classement de 70? au niveau mondial, 6? en Afrique et 3? en Afrique de l’Ouest, confirmant sa place parmi les pays les mieux notés de la sous-région. Ce résultat traduit une stabilité relative et confirme les progrès observés ces dernières années en matière de lutte contre la corruption dans le secteur public. Le rapport souligne que les pays affichant une amélioration durable de leur score sont généralement ceux qui ont renforcé leurs dispositifs institutionnels, la transparence dans la gestion des finances publiques et les mécanismes de contrôle. À ce titre, le Bénin bénéficie d’un cadre juridique plus structuré, d’une professionnalisation accrue de certaines administrations et d’une meilleure traçabilité des procédures publiques. Toutefois, Transparency International rappelle que l’Indice mesure la perception de la corruption et non son niveau réel. Les progrès enregistrés restent donc vulnérables, notamment face aux risques liés à l’indépendance des institutions de contrôle et à l’accès à l’information publique. Si le Bénin fait figure de bon élève régional, le rapport met en garde contre une possible érosion de la confiance si les efforts ne sont pas consolidés. La prévention de la corruption, la protection des lanceurs d’alerte et le renforcement de la redevabilité restent des leviers essentiels pour maintenir la trajectoire actuelle. Transparency International souligne également que la lutte contre la corruption est étroitement liée à la qualité de la démocratie, à l’État de droit et à la liberté de la presse. Autant de facteurs qui influencent directement la perception des citoyens et des acteurs économiques.
Impératif régional
L’Indice de perception de la corruption 2025 révèle un tableau globalement préoccupant en Afrique de l’Ouest. La majorité des pays de la sous-région affichent des scores inférieurs à 40 points, traduisant une persistance des pratiques de corruption et une faiblesse des mécanismes de contrôle. Des pays comme le Nigeria, la Guinée, la Sierra Leone, le Togo, le Mali ou encore le Libéria continuent de faire face à des défis structurels, notamment dans la gestion des ressources publiques, les marchés publics et la transparence budgétaire. Les transitions politiques, parfois marquées par l’instabilité ou des ruptures institutionnelles, pèsent également sur les performances en matière de gouvernance. À l’inverse, quelques pays tirent leur épingle du jeu. Le Cap-Vert demeure en tête de la région, avec un score de 62 points sur 100, nettement supérieur à la moyenne ouest-africaine, confirmant la corrélation entre stabilité démocratique et perception plus faible de la corruption.
Le rapport 2025 met un accent particulier sur le lien entre corruption et insécurité, un enjeu majeur pour plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest confrontés au terrorisme et aux conflits armés. Selon Transparency International, la corruption affaiblit les institutions publiques, détourne les ressources destinées à la sécurité et alimente la défiance des populations. Dans les pays en crise, la corruption est à la fois une cause et une conséquence de la fragilité de l’État. À l’inverse, les États qui investissent dans la transparence, la redevabilité et l’indépendance de la justice sont mieux armés pour faire face aux chocs sécuritaires. Pour le Bénin, les résultats de l’Indice de perception de la corruption 2025 constituent à la fois une reconnaissance des efforts engagés et un appel à la vigilance. La consolidation des réformes, le renforcement du contrôle citoyen et la promotion d’une gouvernance ouverte apparaissent comme des conditions indispensables pour maintenir et améliorer le score du pays. Le rapport appelle à une mobilisation collective au niveau régional. Sans un engagement fort en faveur de la transparence et de la lutte contre l’impunité, la corruption continuera de freiner le développement économique, d’aggraver les inégalités et de fragiliser la stabilité régionale.
Le Bénin s'en sort bien avec un score de 45 points sur 100