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Projet Pasport II: Un cadre renforcé pour apaiser les relations de travail

Economie
Le projet Pasport II représente une opportunité de transformation et d’amélioration  des relations et conditions de travail Le projet Pasport II représente une opportunité de transformation et d’amélioration des relations et conditions de travail

Les activités liées à la convention de subside du projet Pasport II ont été lancées, mercredi 15 avril à Cotonou. Ce qui marque une avancée majeure dans la promotion du dialogue social au sein du secteur portuaire. L'initiative vise à améliorer les conditions de travail et à structurer les relations entre employeurs et employés au profit de trois catégories professionnelles clés.

Par   Babylas ATINKPAHOUN, le 16 avr. 2026 à 22h37 Durée 3 min.
#Projet Pasport II

Le Port autonome de Cotonou, poumon de l'économie béninoise, se trouve au cœur d'un projet ambitieux visant à renforcer le dialogue social. Il s'agit du projet Pasport II dont les activités ont été lancées ce mercredi 15 avril. Un projet qui consacre l'aboutissement d'un processus de concertation impliquant plusieurs partenaires nationaux et internationaux. Pour Stefan de Groote, représentant du syndicat international Ifsi-Ivsi, ce projet est le fruit d'un long travail collectif. « Sa création a été un processus long et parfois fastidieux, mais cela en valait la peine », a-t-il confié, soulignant qu'il s'agit d'une co-construction avec les syndicats sectoriels et les partenaires techniques. Il a rappelé que le dialogue social constitue un levier essentiel pour parvenir à un travail décent. « Le dialogue social est la stratégie privilégiée des syndicats pour parvenir à un travail décent pour tous les travailleurs », a-t-il rappelé. Malgré son poids économique, le secteur portuaire reste confronté à des défis liés à l'organisation du travail et aux relations professionnelles. Apollinaire Afféwé, secrétaire général de l'Union nationale des syndicats des travailleurs du Bénin (Unstb), a dressé un diagnostic à l'occasion. Il a rappelé que le Port autonome de Cotonou contribue à plus de 60 % du Pib et génère l'essentiel des recettes douanières et fiscales. « Pendant longtemps, ces catégories professionnelles ont été confrontées à un dialogue social peu structuré », a-t-il déploré, évoquant des tensions récurrentes liées aux conditions de travail et au respect des droits des travailleurs. Pour lui, l'avènement d'un dialogue social efficace est une nécessité pour stabiliser ce secteur stratégique. L'un des points forts du projet réside dans l'implication directe des bénéficiaires dans sa conception. « Il ne s'agit pas d'une solution toute faite qu'on vient plaquer », a précisé Apollinaire Afféwé, soulignant que les acteurs portuaires ont été associés à l'identification des problèmes et à la recherche de solutions. Cette approche vise à garantir l'appropriation du projet et à renforcer son efficacité sur le terrain.

Renforcement des capacités et négociation collective

Le projet Pasport II cible trois groupes essentiels du secteur portuaire. Il s'agit des salariés du port autonome, les dockers encadrés par le Bureau d'embauche unique et les transporteurs routiers, notamment les chauffeurs poids lourds. Annick Mireille Azandjèmè, représentante de l'ambassade du Royaume de Belgique, a rappelé que ces groupes présentent des réalités professionnelles différentes, ce qui constitue un défi majeur. Elle a précisé que le projet vise à agir sur les quatre piliers du travail décent, dont le dialogue social, les droits du travail, la protection sociale et l'emploi. Le projet prévoit un important volet de renforcement des capacités des syndicats. « Les responsables syndicaux seront formés pour améliorer leur capacité de négociation, de gestion des conflits et de plaidoyer », a expliqué Annick Mireille Azandjèmè. L'objectif est également de favoriser la signature de conventions collectives de travail adaptées aux réalités du secteur, afin d'encadrer les conditions d'emploi et de rémunération.

Le dialogue social constitue un facteur clé de performance économique pour les autorités. Urbain Tchiakpè, secrétaire général adjoint du ministère du Cadre de vie et des Transports, a souligné que le bon fonctionnement du port repose sur l'engagement des travailleurs. « Le dialogue social n'est pas un luxe, il constitue un levier stratégique pour garantir la stabilité et la croissance économique durable », a-t-il affirmé. Il a également mis en avant l'importance de créer un cadre harmonisé d'échanges entre employeurs et travailleurs. Le projet Pasport II s'inscrit dans le cadre de la coopération entre le Bénin et la Belgique, avec l'appui d'Enabel et du syndicat international Ifsi-Ivsi. Ce partenariat vise à renforcer les capacités des organisations syndicales béninoises et à améliorer leur efficacité dans la gestion des relations professionnelles. Le Bénin amorce ainsi une nouvelle étape dans la structuration du dialogue social dans le secteur portuaire avec le projet Pasport II. En misant sur la concertation et le renforcement des capacités, les acteurs espèrent instaurer un climat social plus stable ■