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Entretien avec Keer Wang, directrice de la Communication du Wafi: « Notre rôle est d’offrir une plateforme où connaissances, innovations, et partenaires potentiels peuvent se rencontrer… »

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Keer Wang Directrice de la Communication WAFI Keer Wang Directrice de la Communication WAFI

A l’occasion de l’édition 2026 de la conférence World AgriFood Innovation (Wafi) à Pékin, Keer Wang, Directrice de la Communication de la conférence, s’est prêtée aux questions de La Nation. Dans cet entretien, elle revient sur les ambitions de Wafi et les opportunités qu’elle peut offrir aux acteurs publics et privés béninois, notamment dans la transformation du coton et de l’anacarde.

Par   Joël C. TOKPONOU, le 21 sept. 2026 à 14h30 Durée 3 min.
#conférence World AgriFood Innovation (Wafi)

La Nation : Quelle est la vision de Wafi, et en quoi diffère-t-elle d’une conférence agricole classique centrée sur un seul thème ou secteur ?

Keer Wang : La vision de Wafi est « Innover dans l’agroalimentaire, partager l’avenir ». Elle n’est donc pas conçue comme une conférence centrée sur une seule technologie, un seul produit ou un seul segment de l’agriculture. Nous envisageons les systèmes agroalimentaires dans leur ensemble et cherchons à réunir la science, les politiques publiques, l’industrie, l’investissement, les organisations internationales et les praticiens. Une part importante de notre rôle consiste donc non seulement à susciter le dialogue, mais aussi à créer des passerelles permettant aux idées, aux technologies et aux connaissances d’évoluer vers une coopération concrète et une application sur le terrain.

Pouvez-vous expliquer la structure « 1 + 8 + N + 1 » de Wafi 2026 ?

Wafi 2026 suit une structure «1 + 8 + N + 1 », pour dire un forum principal, consacré aux grands enjeux stratégiques de la transformation mondiale des systèmes agroalimentaires, huit forums thématiques, permettant d’approfondir les grands domaines de l’innovation et de la transformation agroalimentaires, des sessions parallèles, événements connexes et autres activités spécialisées, élaborés conjointement avec différents partenaires et un salon mondial des technologies agroalimentaires (World AgriFood Tech Expo), présentant technologies, innovations, entreprises et solutions concrètes. Cette structure vise à combiner un dialogue de haut niveau avec des échanges spécialisés, le partage de technologies et de solutions, l’engagement du secteur privé et la coopération internationale.

Au-delà de la conférence annuelle, quels sont les mécanismes permanents de la plateforme Wafi ?

Plutôt que de définir Wafi à travers des mécanismes fixes, je la décrirais comme fonctionnant de plus en plus comme une plateforme active tout au long de l’année. Nous organisons différents types d’activités selon le développement de la plateforme et les besoins des différents partenaires. Je vous citerai par exemple les Wafi Dialogues, le Global AgriFood Innovation Roadshow, des échanges et visites internationales, des activités de coopération avec des universités, des entreprises et des partenaires internationaux, ainsi que le Global AgriFood Innovation Alliance (Gaia). L’objectif est de faire en sorte que les liens tissés ne se limitent pas à la conférence annuelle, et de continuer à identifier, tout au long de l’année, des innovations, des besoins et des partenaires potentiels.

Quels résultats concrets de Wafi 2025 illustrent le mieux le passage « du dialogue à l’action » ?

Il existe plusieurs exemples. Le Consensus de Pinggu de Wafi 2025 a traduit une réflexion partagée sur la transformation future des systèmes agroalimentaires et sur l’importance de l’innovation et de la coopération internationale. Le Global agrifood innovation roadshow en est un autre exemple. Il permet à des équipes d’innovation de présenter leurs solutions et d’échanger avec des chercheurs, des entreprises, des investisseurs et d’autres partenaires potentiels. Le grand modèle Shennong 3.0 a également été lancé lors de Wafi 2025. Je précise qu’il s’agit d’une réalisation de recherche développée par l’université agricole de Chine, et non d’une technologie développée par Wafi. Plus largement, passer « du dialogue à l’action » ne signifie pas que chaque technologie ou projet est créé par la conférence. Notre rôle est d’offrir une plateforme où connaissances, innovations, besoins concrets et partenaires potentiels peuvent se rencontrer.

Avec plus de 7 000 participants et 94 pays représentés en 2025, comment Wafi compte-t-elle élargir son rayonnement international en 2026 ?

Pour nous, l’internationalisation ne se résume pas à l’augmentation du nombre de participants. Après la participation de plus de 7 000 délégués venus de 94 pays et régions en 2025, nous mettons davantage l’accent sur la qualité, la diversité et la continuité de l’engagement international. Une participation plus large des organisations internationales, des universités, des institutions de recherche, des entreprises, des innovateurs et d’autres partenaires, et davantage d’opportunités pour que les échanges se poursuivent au-delà de la conférence. À plus long terme, nous espérons que notre rayonnement international se traduira de plus en plus par les liens et les coopérations qui se poursuivent après l’événement.

Comment les discussions de Wafi peuvent-elles répondre aux défis spécifiques du Bénin dans le domaine de l’agriculture ?

Pour Wafi, un principe important est que l’innovation agricole doit être adaptée aux conditions locales. Pour les petits exploitants, que ce soit au Bénin ou ailleurs, les technologies et les solutions doivent tenir compte du coût abordable, de la taille des exploitations, des conditions climatiques, des infrastructures, des capacités locales, de l’accès au financement et de l’accès aux marchés. Wafi peut ainsi servir de plateforme où les acteurs béninois font part de défis et de besoins concrets et échangent avec des chercheurs, des entreprises, des organisations internationales et des innovateurs travaillant dans les domaines concernés. La coopération agricole Chine-Afrique constitue par ailleurs un domaine d’engagement constant pour Wafi et son réseau de partenaires.

Comment contribuer à faciliter des partenariats technologiques ou des investissements pour les industries de transformation locales du Bénin ?

C’est là un domaine où le rôle de Wafi en tant que plateforme de mise en relation pourrait s’avérer pertinent. Une entreprise, une institution ou un projet béninois pourrait par exemple exprimer un besoin concret lié aux technologies de transformation, aux équipements, à la gestion de la qualité, à la traçabilité, à la logistique, à la réduction des pertes post-récolte ou à l’amélioration de la valeur ajoutée. Par le biais du Gaia, Wafi peut créer des occasions de présenter ces besoins à des chercheurs, des entreprises technologiques, des innovateurs, des partenaires industriels et des investisseurs potentiels. Il importe toutefois d’être précis quant à notre rôle. Wafi elle-même ne prend pas de décisions d’investissement et ne garantit pas le financement des projets. Notre rôle est de faciliter les mises en relation et de créer des occasions permettant aux parties concernées d’examiner s’il existe une base de coopération.

Quelles opportunités concrètes de coopération Wafi peut-elle offrir aux acteurs publics ou privés béninois ?

Plusieurs points d’entrée sont possibles. Les acteurs béninois peuvent participer aux forums et dialogues, présenter des innovations ou des projets dans le cadre du Gaia, prendre part à des échanges internationaux et entrer en contact avec des partenaires scientifiques, technologiques, industriels ou commerciaux potentiels. Ils peuvent également soumettre à la plateforme des besoins clairement définis, un besoin technologique, une question de recherche, un défi industriel ou une coopération autour d’une chaîne de valeur agricole particulière. Pour la coopération avec les partenaires africains, nous accordons une importance particulière aux besoins locaux, aux savoirs locaux, à l’apprentissage mutuel et aux solutions adaptées au contexte. Les institutions, entreprises, chercheurs et entrepreneurs africains peuvent apporter à la coopération internationale des innovations importantes et une expérience pratique précieuse.

Comment l’intelligence artificielle agricole peut-elle passer de la démonstration technologique à des projets finançables et déployables ?

C’est l’une des questions concrètes que Wafi cherche à explorer. Une technologie peut être scientifiquement avancée sans pour autant être prête pour une application à grande échelle. Le passage à la mise en œuvre exige généralement la réunion de plusieurs facteurs dont un besoin réel des utilisateurs, un scénario d’application clair, une capacité technique, des partenaires locaux ou industriels adaptés, un modèle de mise en œuvre et, le cas échéant, des ressources financières. Le Global agrifood innovation roadshow offre aux équipes d’innovation des occasions d’échanger avec des chercheurs, des représentants de l’industrie, des investisseurs et d’autres partenaires potentiels. Il permet aussi de renforcer les liens entre l’innovation, l’industrie, les marchés et d’autres ressources. Wafi elle-même n’est pas un investisseur et ne peut garantir qu’une technologie recevra un financement ou sera déployée. Notre rôle est d’aider à créer des liens entre la science, la technologie, les besoins réels, l’industrie et le capital, afin que les parties concernées puissent évaluer si et comment une coopération plus poussée est envisageable.