La Nation Bénin...
Le 1er septembre 2025 à Tianjin, le président Xi Jinping proposait une Initiative pour la Gouvernance mondiale. Un an après, ce qui pouvait apparaître comme une nouvelle contribution chinoise au débat international est devenu une aspiration du Sud Global. Face à la persistance des politiques hégémoniques et protectionnistes arbitraires, aux inégalités dans l’accès au financement, aux tensions géopolitiques, l’approche équilibriste de Xi Jinping s’impose comme une alternative crédible, à condition que tous les Etats, y compris la Chine, se l’appliquent.
Le diagnostic qui fonde l'Initiative pour la Gouvernance mondiale est aujourd'hui largement partagé par des Etats représentant plus de la moitié de la population mondiale. La gouvernance mondiale ne souffre pas d'un manque d'institutions. Elle souffre d'un déficit de légitimité et d'efficacité. Le Conseil de sécurité est paralysé par le veto, l'Organisation mondiale du commerce peine à arbitrer les différends, les institutions de Bretton Woods restent sous représentatives du poids réel des pays du Sud global… Il ne s’agit pas d’engager une révolution institutionnelle mais de refonder la légitimité des institutions internationales autour de principes plus justes et plus équitables.
Dans son allocution de Tianjin en septembre 2025, Xi Jinping a replacé ce constat dans une perspective historique forte, celle des quatre-vingts ans de la victoire antifasciste et de la création des Nations Unies. Le message était celui-ci : comme en 1945, le monde est à une nouvelle croisée des chemins, entre tentation du repli et nécessité de refondation. Pour répondre à ce besoin, le dirigeant chinois a avancé cinq principes de gouvernance. L'égalité souveraine, qui rappelle que tous les pays, grands ou petits, sont participants égaux. Le respect de l'état de droit international, qui exige une application intégrale de la Charte des Nations Unies sans deux poids deux mesures. Le multilatéralisme, fondé sur le principe d'amples consultations, de contribution conjointe et de bénéfices partagés. La primauté du peuple, qui replace la finalité sociale au cœur de la gouvernance. Et enfin l'exigence d'actions concrètes, pour éviter la fragmentation par la coopération pragmatique. Pris ensemble, ces principes ne proposent pas de remplacer l'ordre existant. Ils proposent de le prendre au mot et de le rendre plus juste et plus équilibré.
Une multipolarité sans hégémonie
Un monde multipolaire égal et ordonné. La formule avancée le 1er septembre 2026 à Bichkek, lors de la 25ème Réunion de l’Organisation de Coopération de Shangai, trouve un écho particulier dans les pays en développement. Elle renvoie à l'exigence d’égalité et d'ordre. L'égalité répond à une aspiration profonde du Sud global. Il assure aujourd'hui plus de soixante pour cent de la croissance mondiale, il est le théâtre principal des transitions démographique et énergétique, mais sa voix reste faible dans les lieux où se décident les règles financières et numériques. Demander plus de représentation n'est pas une revendication idéologique, c'est une condition d'efficacité. On ne peut pas demander une action collective sur le climat ou l'intelligence artificielle à des pays qui ont le sentiment que les règles ont été écrites sans eux. L'ordre, lui, répond à une inquiétude tout aussi légitime. Une multipolarité sans règles serait la loi du plus fort à l'échelle régionale. Une multipolarité ordonnée suppose au contraire le respect des buts et principes de la Charte, le rejet de l'exceptionnalisme et la valorisation du rôle irremplaçable de l'Onu. C'est le sens de l'appel lancé à Bichkek à bâtir des partenariats et non des alliances, à promouvoir le dialogue et non la confrontation.
Dans ce cadre, l'Ocs donne le ton. Organisation née en 2001 sur des enjeux de sécurité frontalière, elle représente aujourd'hui près de la moitié de la population mondiale et un quart du Pib. Elle fonctionne sur une méthode qui lui est propre, l'esprit de Shanghai, confiance mutuelle, bénéfice mutuel, égalité, consultations, respect de la diversité des civilisations. Sans droit de veto d'un seul Etat, avec une règle de consensus, elle est devenue un atelier où des pays aussi différents que la Chine, l'Inde, la Russie, l'Iran et le Pakistan apprennent à gérer ensemble des affaires régionales. Au fond, la première année de l'Initiative pour la Gouvernance mondiale a installé une idée simple mais puissante. La gouvernance ne se décrète pas, elle se construit quand les peuples y participent et en bénéficient, sans discrimination.
Refonder la légitimité des institutions internationales autour de principes plus justes et plus équitables