La Nation Bénin...
Toute personne coupable
d’atteinte à la pudeur peut se retrouver devant la justice et écoper de peines
d’emprisonnement et d’amendes pécuniaires. La loi n° 2018-16 portant Code pénal
punit la pratique en ses articles 544 à 547.
En République du Bénin, tout acte, geste, écrit ou image offensant les bonnes mœurs commis publiquement est une atteinte à la pudeur. Il est puni d’un emprisonnement de 3 mois à 2 ans et d’une amende de 50 000 à 250 000 francs CFA, selon l’article 544 du Code pénal.
Le socio-anthropologue Patrick
Hinnou explique qu’il s’agit là d’une sanction pédagogique. Elle vise à
décourager ceux et celles qui s’adonnent à la pratique. Il souligne : « Les
attentats à la pudeur sont des actes qui, dans le public, heurtent la sensibilité
humaine. » C’est « tout acte d’exhibitionnisme sexuel qui, dans le public, met
mal à l’aise », analyse-t-il ensuite. L’atteinte à la pudeur peut être aussi
bien commise par un jeune que par une personne âgée.
Situations aggravantes
Le Code pénal, en son article 546, dispose que quiconque a commis ou tenté de commettre un attentat à la pudeur, consommé ou tenté avec violence contre des individus de l’un ou de l’autre sexe, est puni de (02) ans à cinq (05) ans d’emprisonnement et d’une amende de cent mille (100 000) francs CFA à cinq cent mille (500 000) francs CFA. La peine est portée au double si l’atteinte à la pudeur est contre un mineur de moins de treize (13) ans.
Plus grave, si les coupables sont les ascendants de la victime de l’attentat, s’ils sont de ceux qui ont autorité sur elle, s’ils sont de ceux qui sont chargés de son éducation ou ses serviteurs à gages, ou serviteurs à gages des personnes ci-dessus désignées, en l’occurrence ascendants, personnes d’autorité et éducateurs, s’ils sont fonctionnaires ou ministres d’un culte, ou si le coupable, quel qu’il soit, a été aidé dans son crime par une ou plusieurs personnes, la peine sera celle de la réclusion criminelle à temps de dix (10) ans à vingt (20) ans.
Eu égard à la gravité de la
situation, le socio-anthropologue Patrick Hinnou invite les éducateurs à leur
travail de dialogue avec les jeunes pour leur conscientisation. Les éducateurs
sont ici les parents en premier lieu et les enseignants et responsables
d’ateliers d’apprentissage ensuite. « Ce travail d’éducation revient également
aux organisations de la société civile à travers des actes de sensibilisation
sur le terrain », insiste-t-il parce que l’État joue déjà sa partition à
travers la prise des lois.
Les attentats à la pudeur sont des actes qui, dans le public, heurtent la sensibilité humaine.