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Santé, dignité et justice menstruelle : les meilleures contributions scientifiques récompensées dans plusieurs disciplines

Société

L’appel à soumission d’articles scientifiques lancé le 20 février dernier sur la thématique de la « Santé, dignité et justice menstruelle (Sdjm) », dans le cadre du projet « Sang pour sang uni.es pour la dignité », a officiellement pris fin. Ce mardi 28 avril, les auteurs des meilleures contributions ont été récompensés lors d’une cérémonie organisée à cet effet. 

Par   Isidore GOZO, le 29 avr. 2026 à 19h10 Durée 3 min.
#Hygiène menstruelle

Santé, études féministes et genre, droit, économie, sociologie ou encore innovation numérique et technologique : plusieurs disciplines étaient à l’honneur ce mardi lors de la remise de prix récompensant les meilleures contributions scientifiques sur la santé, la dignité et la justice menstruelle (Sdjm), dans le cadre du projet « Sang pour sang uni.es pour la dignité ». Une initiative qui met en lumière l’importance d’une approche multidisciplinaire pour mieux comprendre et agir sur les enjeux liés à la gestion menstruelle.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique régionale visant à améliorer les politiques publiques relatives à la gestion menstruelle, tout en renforçant les approches fondées sur les droits humains et l’égalité de genre. Elle ambitionne également de contribuer à la production de connaissances scientifiques susceptibles d’éclairer les décisions publiques et les actions communautaires. Les lauréats ont reçu des chèques d’un montant variant entre 100 000 et 200 000 francs Cfa, selon les catégories.

À l’ouverture de la cérémonie, Nadège Anago, représentante du consortium « Règle-moi ça », a salué l’engagement des participants et souligné la portée symbolique de cette rencontre. Selon elle, la cérémonie constitue un moment fort de reconnaissance des efforts fournis par les chercheurs et les acteurs engagés sur les questions menstruelles.

Elle a rappelé que le projet s’inscrit dans une dynamique de transformation sociale visant à briser les tabous liés aux menstruations, à améliorer l’accès à l’information et à promouvoir des approches inclusives adaptées aux réalités vécues par les filles et les femmes.

Au-delà de l’appel à contributions scientifiques, le projet développe plusieurs activités complémentaires, notamment des campagnes de sensibilisation communautaire à travers des flash mobs et la collecte de récits sur les défis menstruels auprès de différents groupes. Il prévoit également la création de contenus destinés à transformer les narratifs médiatiques, avec un concours prochainement lancé à l’intention des acteurs des médias.

Le projet inclut aussi l’élaboration d’outils pédagogiques destinés à divers corps de métier, ainsi que des actions de plaidoyer en faveur de l’évolution des politiques publiques liées à la gestion menstruelle.

Des connaissances pour nourrir l’action

Pour Merveille Ayihounton, Responsable Programmes à Ipas Afrique francophone, les contributions produites dans le cadre de cet appel représentent une ressource précieuse pour l’action publique et communautaire.

Elle a salué l’engagement des contributeurs, dont les travaux, selon elle, permettront d’alimenter les décisions politiques et de renforcer les initiatives menées sur le terrain par les organisations engagées dans la promotion des droits des femmes et des filles.

« Produire des connaissances, c’est produire du changement réel », a-t-elle affirmé, insistant sur le rôle déterminant de la recherche dans l’amélioration des conditions de vie des femmes et des jeunes filles. Elle a également exprimé sa reconnaissance aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’aux équipes impliquées dans la mise en œuvre de cette initiative.

Au nom des lauréats, Sèdjro Lihouenou a exprimé sa gratitude pour cette distinction qui, selon elle, constitue une reconnaissance du travail accompli et des réalités mises en lumière à travers les contributions scientifiques. Elle a souligné que cette récompense représente bien plus qu’un prix financier, car elle valorise les efforts déployés pour mieux comprendre les expériences vécues par de nombreuses filles et femmes confrontées à des défis liés à la gestion menstruelle.

Les lauréats ont également salué l’engagement du comité d’organisation et la rigueur des membres du jury, qui ont évalué les travaux avec attention et impartialité.

Représentant le jury, Brian Sossou a rappelé que la sélection des lauréats s’est appuyée exclusivement sur la qualité scientifique des travaux soumis. Il a insisté sur le fait que les évaluations ont été conduites dans un esprit d’équité, sans considération liée au genre ou à d’autres critères non scientifiques.

Selon elle, cette démarche garantit la crédibilité des résultats et valorise l’excellence académique dans un domaine encore encore insuffisamment exploré.

Cette cérémonie a également permis de valoriser les productions scientifiques issues du Colloque national scientifique sur les enjeux publics de la gestion menstruelle : Santé, Justice, Dignité et Égalité de genre, tenu du 16 au 19 décembre 2025 à Cotonou. Cette convergence a favorisé le renforcement des liens entre chercheurs et acteurs engagés sur ces questions, tout en encourageant la production de connaissances adaptées aux réalités locales.