La Nation Bénin...
A quelques jours de l’ouverture de la 31e
Conférence des Nations unies sur le climat (Cop31), prévue du 9 au 20 novembre
2026 à Antalya, en Turquie, les négociateurs africains veulent faire du
financement de l’adaptation une priorité des discussions. Leur objectif est
d’obtenir des engagements plus précis et des ressources suffisantes pour aider
les pays du continent à mieux faire face aux effets du changement climatique.
Les attentes africaines concernent
notamment les moyens financiers nécessaires pour protéger les populations, les
infrastructures et les activités économiques contre les inondations, les
sécheresses et les vagues de chaleur. Dans une lettre adressée à Simon Stiell,
secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les
changements climatiques, le Groupe africain des négociateurs, présidé cette
année par le Ghana, a demandé l’inscription de trois sujets à l’ordre du jour
officiel de la Cop31. Il s’agit du triplement des financements consacrés à
l’adaptation, du lien entre commerce et changement climatique, ainsi que des
mécanismes de financement du Fonds vert pour le climat.
Des engagements encore loin des besoins
Cette démarche intervient dans un contexte marqué par un important déficit de financement. Selon le rapport 2026 sur le déficit d’adaptation du Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue), les pays en développement ont reçu entre 28,2 et 31,7 milliards de dollars de financements publics internationaux pour l’adaptation en 2024. Pourtant, leurs besoins annuels pourraient atteindre 305 milliards de dollars d’ici à 2035.
A la Cop30, tenue en 2025 au Brésil, les États ont convenu de tripler les financements publics internationaux consacrés à l’adaptation dans les pays en développement d’ici à 2035. Toutefois, plusieurs questions restent sans réponse. Elles concernent notamment le montant de référence pour calculer cette hausse, la répartition des contributions et les modalités de mise à disposition des ressources. Selon le Pnue, même si cet objectif est atteint, les financements mobilisés ne couvriraient que 20 à 29 % des besoins estimés.
Pour les pays africains, l’enjeu ne se limite donc pas à obtenir de nouvelles promesses. Ils réclament des financements prévisibles, accessibles et adaptés à leurs réalités. Ces ressources sont indispensables pour soutenir des projets dans l’agriculture, la gestion de l’eau, la protection des zones côtières et la construction d’infrastructures capables de résister aux aléas climatiques.
La Cop31 sera un nouveau test pour la
coopération climatique internationale. Et pour l’Afrique, il ne suffit plus
d’annoncer des engagements. Il faut également que les ressources promises par
les pays développés parviennent aux États et aux communautés qui en ont le plus
besoin.
Cop31