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Hantavirus sur un navire de croisière : la Cedeao renforce l'alerte sanitaire

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Hantavirus sur un navire de croisière Hantavirus sur un navire de croisière

Un foyer de maladie à hantavirus détecté à bord d’un navire de croisière au large du Cap-Vert suscite l’inquiétude des autorités sanitaires internationales. Huit cas, dont trois décès, ont déjà été recensés parmi les passagers. Face à cette situation, la Cedeao appelle ses États membres à renforcer la surveillance épidémiologique et les capacités de détection aux frontières.

Par   Isidore GOZO, le 10 mai 2026 à 09h48 Durée 4 min.
#Hantavirus sur un navire de croisière

Selon les autorités sanitaires, l’alerte a été donnée le 2 mai 2026 par l’Institut National de Santé Publique du Cap-Vert après l’apparition de graves symptômes respiratoires chez plusieurs passagers du navire. Au total, 147 personnes de 23 nationalités différentes se trouvaient à bord. Aucun ressortissant d’un pays membre de la Cedeao n’a été identifié parmi les passagers.

Le bilan provisoire fait état de huit cas recensés, dont six confirmés et deux probables. Trois décès ont déjà été enregistrés, portant le taux de létalité à 37,5 %. Les analyses réalisées ont permis d’identifier le virus Andes (Andv), une souche de hantavirus principalement présente en Amérique du Sud et responsable du syndrome cardiopulmonaire à hantavirus.

 

Symptômes

 

Les premiers symptômes observés chez les passagers sont apparus entre le 6 et le 28 avril 2026. Les malades présentaient de la fièvre, des troubles gastro-intestinaux, puis une évolution rapide vers une pneumonie sévère, un syndrome de détresse respiratoire aiguë et des états de choc. Les quatre patients confirmés encore en vie sont actuellement hospitalisés en Afrique du Sud, aux Pays-Bas et en Suisse.

Les confirmations biologiques ont été effectuées par l’Institut national des maladies transmissibles d’Afrique du Sud, puis validées par l’Institut Pasteur de Dakar. Des investigations complémentaires, notamment des analyses de séquençage et métagénomiques, sont toujours en cours.

Les hantavirus sont des zoonoses virales transmises principalement à l’homme par inhalation d’aérosols contaminés par l’urine, la salive ou les excréments de rongeurs infectés. Bien que rare, une transmission interhumaine limitée du virus Andes a déjà été documentée dans certains contextes de contacts étroits et prolongés.

Éviter toute psychose

 

L’Organisation mondiale de la Santé estime actuellement le risque modéré pour les passagers et l’équipage du navire, mais faible à l’échelle mondiale. Le navire a quitté les eaux du Cap-Vert le 6 mai à destination des îles Canaries, en Espagne.

Face à cette situation, le Crscm recommande aux États membres de la Cedeao de renforcer la surveillance sanitaire, notamment aux frontières, de former le personnel médical à la prise en charge des cas suspects et d’améliorer les capacités de diagnostic des laboratoires. L’organisation appelle également à une communication régulière et fondée sur des données scientifiques afin de prévenir toute psychose au sein des populations.