La Nation Bénin...
Une somme supérieure au revenu annuel de nombreux Béninois, simplement pour espérer obtenir un visa de tourisme ou d'affaires.
Depuis le 3 août 2026, les États-Unis ont rendu permanent un dispositif qui permet aux agents consulaires d'exiger une caution pouvant atteindre 20 000 dollars pour certains demandeurs de visas de tourisme (B-2) ou d'affaires (B-1). Le Bénin figure parmi la cinquantaine de pays concernés, dont une trentaine en Afrique. Washington présente cette mesure comme un moyen de lutter contre les dépassements de durée de séjour, les fameux visa overstays.
Une caution, pas des frais de visa
Contrairement aux frais de dossier, cette somme n'est pas systématiquement exigée. L'agent consulaire décide, au cas par cas, si une caution de 10 000, 15 000 ou 20 000 dollars est nécessaire, en fonction notamment du profil du demandeur et du risque estimé de non-respect des conditions du visa.
Cette caution est remboursable si le voyageur respecte les conditions de son séjour et quitte les États-Unis dans les délais prévus. En revanche, elle peut être confisquée en cas de violation des règles du visa. Si le visa est refusé, la caution n'a pas à être versée.
Pourquoi le Bénin est-il concerné ?
Le programme vise les pays que les autorités américaines considèrent comme présentant un risque plus élevé de dépassement de séjour ou pour lesquels les informations de contrôle sont jugées insuffisantes. Le Bénin a rejoint cette liste lors de son élargissement en janvier 2026, aux côtés du Sénégal, du Nigeria, du Togo, de la Guinée, de la Guinée-Bissau et de la Gambie.
Selon le Département d'État américain, l'expérimentation a entraîné une baisse de 83 % du nombre de visas délivrés dans les pays concernés, près de la moitié des demandeurs ayant renoncé à déposer la caution. Les autorités américaines estiment que cette mesure favorise le respect des conditions de séjour. À l'inverse, plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent une barrière financière susceptible d'écarter des voyageurs pourtant en règle.
Pour de nombreux candidats béninois, cette caution représente désormais un obstacle financier majeur. Même si elle est remboursable, réunir une telle somme avant le départ sera tout simplement impossible pour beaucoup, transformant l'obtention d'un visa américain en un pari financier autant qu'administratif.