La Nation Bénin...

Nigeria : Le financement de la flotte maritime entre enfin dans sa phase décisive

International

Après plus de deux décennies d’attente, le Nigeria accélère enfin la mise en œuvre de son fonds destiné au financement de sa flotte maritime. Le président Bola Ahmed Tinubu a autorisé le décaissement du Cabotage Vessel Financing Fund (Cvff), tandis que le ministre de la Marine et de l’Économie bleue, Adegboyega Oyetola, a demandé à l’administration maritime et aux établissements financiers partenaires d’accélérer le traitement des dossiers.

Par   Dossi Wêsinka Nonfon (Coll.), le 08 sept. 2026 à 17h36 Durée 3 min.
#flotte maritime

Le Cabotage Vessel Financing Fund (Cvff), créé en 2003 dans le cadre du Coastal and Inland Shipping (Cabotage) Act, doit permettre aux opérateurs nigérians d’obtenir des financements à long terme et à taux réduit pour acquérir des navires. L’objectif est de renforcer la propriété nationale de navires, de développer le transport côtier et de réduire la dépendance à l’égard des opérateurs étrangers.

Le processus reste toutefois à ses débuts. Selon le gouvernement nigérian, 92 demandes ont été enregistrées. Vingt ont déjà été transmises aux établissements prêteurs et une seule a été examinée puis envoyée pour approbation finale. Le dispositif mobilise désormais 12 établissements financiers agréés, contre cinq auparavant.

Abuja présente cette relance comme un levier de développement de l’économie bleue. Le gouvernement estime que le programme pourrait contribuer à créer plus de 30 000 emplois directs et indirects dans les chantiers navals, l’ingénierie maritime et la logistique. Cette estimation demeure toutefois une projection et non un résultat acquis.

Pour l’Afrique de l’Ouest, l’enjeu dépasse le seul Nigeria. Une flotte nationale plus compétitive peut permettre à une économie de mieux capter la valeur générée par ses échanges maritimes. Dans une région où les ports, le transport de marchandises et la logistique structurent une part importante du commerce, la question du financement des opérateurs locaux reste donc stratégique.

Le Nigeria dispose désormais du mécanisme financier. Son véritable défi sera de transformer cette décision politique en financements effectivement accessibles aux armateurs et, à terme, en capacités maritimes supplémentaires.