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Paix et sécurité en Afrique de l’Ouest et au Sahel : trois années d’engagement pour renforcer le rôle des femmes et des jeunes

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Paix et sécurité en Afrique de l’Ouest et au Sahel Paix et sécurité en Afrique de l’Ouest et au Sahel

Après trois années d’intervention dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et du Sahel, le projet « Pour des agendas féministes, Paix et Sécurité – Africaines de l’Ouest et du Sahel, solidaires pour la paix » arrive à son terme. La clôture des activités de cette initiative a été marquée, jeudi 5 novembre dernier à Cotonou, par un atelier régional de capitalisation consacré aux acquis, aux expériences de terrain et aux perspectives de pérennisation des actions.

Par   Isidore GOZO, le 08 nov. 2026 à 09h56 Durée 4 min.
#Paix et sécurité en Afrique de l’Ouest et au Sahel

Renforcer la participation des femmes et des jeunes à la prévention des conflits, à la consolidation de la paix et aux mécanismes de sécurité. C’est l’ambition poursuivie par le projet « Pour des agendas féministes, Paix et Sécurité – Africaines de l’Ouest et du Sahel, solidaires pour la paix », dont les activités ont pris fin après trois années d’intervention. La rencontre de clôture organisée à Cotonou, à l’issue de l’atelier régional de capitalisation, a permis de dresser le bilan des actions menées et de mettre en lumière les changements impulsés dans les communautés. Mis en œuvre au Bénin, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Niger, au Tchad, au Togo et au Sénégal, le projet s’inscrit dans une dynamique régionale visant à renforcer la contribution des organisations de femmes et de jeunes à la mise en œuvre et au suivi des résolutions 1325 et 2250 des Nations Unies, relatives respectivement aux femmes, à la paix et à la sécurité, ainsi qu’aux jeunes, à la paix et à la sécurité. Portée par un consortium composé notamment d’Equipop, de l’Ong Fad, de Gorée Institute et de Diakonia, avec le soutien financier de l’Agence française de développement (Afd), à travers le Fonds de soutien aux organisations féministes (Fsof), cette initiative a favorisé l’émergence d’initiatives locales et le renforcement des capacités des organisations partenaires.

Pour Romance Hounkpatin, chargée de programme à Equipop, l’un des principaux enseignements du projet réside dans la reconnaissance du rôle que jouent déjà les femmes et les jeunes dans la préservation de la paix et de la sécurité au sein de leurs communautés. « Grâce à ce projet, les femmes et les jeunes ont compris que les initiatives qu’ils prennent pour la paix et la sécurité ne sont pas nouvelles. Ils contribuent déjà à ces dynamiques par leur position stratégique et leur proximité avec les communautés », a-t-elle expliqué. Selon elle, les femmes disposent d'une capacité particulière à observer les réalités locales, à détecter certaines tensions et à accéder à des espaces parfois difficiles d'accès pour les forces de sécurité ou les autorités administratives. Le projet leur a ainsi permis de mieux connaître les instruments internationaux qui reconnaissent et légitiment leur contribution. Au nombre des résultats enregistrés, Romance Hounkpatin relève la constitution de comités et de groupements de femmes et de jeunes désormais capables de porter leurs préoccupations, de formuler des propositions et de participer aux échanges avec les acteurs locaux. Elle souligne également l'engagement croissant des autorités et des leaders d'opinion en faveur des agendas Femmes, Paix et Sécurité. Des décisions sont aussi prises aux niveaux national et régional pour renforcer non seulement la présence des femmes et des jeunes, mais surtout leur implication effective dans les processus décisionnels.

Des initiatives au cœur des communautés

 

Au Niger, l'intervention du projet a notamment permis de soutenir des organisations actives dans des zones confrontées à une forte insécurité. Samiratou Pambert, cheffe de projet chargée de l'accompagnement à l'Ong Fad, indique que sa structure a accompagné, au cours des deux dernières années, quinze organisations nationales et locales, sur les plans financier et technique. Cet appui a contribué au renforcement de leurs capacités d'intervention et à une meilleure reconnaissance de leurs actions sur le terrain. Dans les zones de Diffa et de Tillabéri, particulièrement affectées par l'insécurité, certaines organisations ont ainsi pu conduire des activités au profit de communautés souvent difficiles d'accès. Des femmes ont été regroupées en associations et ont mis en place leurs propres comités de paix. Ces structures interviennent dans la gestion des crises et bénéficient désormais d'une reconnaissance auprès des autorités locales. Pour Samiratou Pambert, ces résultats témoignent du renforcement de la légitimité des organisations féminines dans les espaces de dialogue et de prévention des conflits.

 

Au Bénin également, l'approche a été saluée par les acteurs institutionnels. Représentant le directeur départemental de la Famille et de l'action sociale du Littoral, Janvier Gaga a mis en avant la pertinence des interventions dans les zones exposées aux risques sécuritaires, notamment dans les départements du Nord. Il a relevé les actions menées en faveur des femmes et des jeunes pour prévenir les conflits, lutter contre les violences faites aux femmes et aux filles et promouvoir les comportements favorables à la paix.

 

Pérenniser les acquis

 

Si les résultats obtenus sont encourageants, les acteurs du projet appellent à maintenir la mobilisation. Romance Hounkpatin estime que les avancées restent fragiles face à la persistance des défis sécuritaires et à la contraction des financements à l'échelle internationale. Pour elle, les portes ouvertes grâce au projet pourraient se refermer si les alliances entre organisations, institutions et partenaires ne sont pas consolidées. L'enjeu est donc de poursuivre l'accompagnement des organisations féminines et juvéniles, de maintenir leur accès aux espaces de décision et de renforcer les soutiens institutionnels, des communautés jusqu'aux instances nationales et régionales. Au terme de cette initiative, l'atelier de Cotonou aura ainsi permis de valoriser les expériences acquises et de rappeler une exigence essentielle. Celle de faire des femmes et des jeunes des acteurs pleinement reconnus de la prévention des conflits et de la construction d'une paix durable en Afrique de l'Ouest et au Sahel.