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Sahara : Le Front Polisario dans le viseur du Sénat américain

International

L’influence croissante de Téhéran en Afrique du Nord inquiète Washington. Lors d’une audition parlementaire décisive, le Sénat américain a pointé du doigt les connivences présumées entre le Front Polisario et l’axe iranien. Un tournant sécuritaire majeur pour la région sahélo-saharienne.


Par   Christian Hounnongbé, le 22 avr. 2026 à 22h12 Durée 3 min.
#Sahara

Le Capitole semble avoir brisé un tabou, mardi 21 avril 2026, lors d’une audience de la sous-commission sénatoriale consacrée à la lutte antiterroriste en Afrique. Le Front Polisario s’est retrouvé au cœur des débats, non plus seulement comme acteur d’un conflit territorial, mais comme une menace potentielle pour la sécurité nationale des États-Unis.

Le sénateur Ted Cruz, figure de proue de cette offensive parlementaire, a interpellé les responsables du Département d’État sur une réalité de plus en plus documentée : l’infiltration des intérêts iraniens dans les zones grises du Sahara. Ce qui n’était jusqu’alors que des soupçons diplomatiques prend désormais la forme d’accusations précises portant sur le transfert de systèmes d’armes, le soutien logistique aux groupes jihadistes et la coopération en matière de renseignement militaire.

L’offensive de Ted Cruz ne se limite pas à la parole. Le sénateur propose un arsenal législatif visant à contraindre l’administration américaine à agir si la collusion entre le Polisario, le Hezbollah libanais ou le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC) était formellement établie.

Face à cette pression, la réaction de l’administration américaine a été révélatrice. Monica Jacobsen, représentante du Département d’État, loin de rejeter ces allégations, a « salué le travail » du sénateur. Cette reconnaissance implicite souligne la porosité croissante entre le groupe armé basé à Tindouf et les réseaux de trafics qui déstabilisent le Sahel. En qualifiant ces préoccupations de légitimes, Washington admet que le Polisario est devenu un maillon vulnérable, exposé aux influences radicales de l’axe Téhéran-Alger.



Un tournant stratégique pour la région

Pour les capitales du Maghreb et du Sahel, le message envoyé par le Sénat américain est sans équivoque : la surveillance du flanc atlantique et saharien est passée au rang de priorité absolue. L’époque où le dossier du Sahara était traité uniquement sous l’angle de la décolonisation semble révolue ; il est désormais indissociable de la lutte contre l’expansionnisme iranien en Afrique.

Cette audition constitue sans doute le début d’une nouvelle ère où l’aide internationale et les relations diplomatiques dans la zone seront étroitement liées à la capacité des acteurs locaux à verrouiller leurs frontières contre l’influence de l’IRGC. Le Sahara n’est plus seulement une question de frontières, c’est devenu un front de la sécurité globale.