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Transport aérien : l’Éthiopie lance le chantier du plus grand aéroport d’Afrique à Bishoftu

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Avec un investissement colossal de 12,5 milliards de dollars, Éthiopie vient de donner le coup d’envoi de la construction de l’aéroport international de Bishoftu. Prévu pour 2030, ce hub futuriste ambitionne de détrôner les plus grands aéroports mondiaux et de devenir le cœur battant du commerce intra-africain.


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Par   Christian Hounnongbé, le 24 avr. 2026 à 11h25 Durée 3 min.
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L’aéroport de Aéroport international de Bole, à Addis-Abeba, frôle la saturation ; l’Éthiopie voit désormais plus grand, beaucoup plus grand. Elle s’apprête à construire un géant pour connecter le continent. Le projet de Bishoftu, dont la première pierre a été posée en janvier 2026 par le Premier ministre Abiy Ahmed, est dimensionné pour accueillir 60 millions de passagers dès son ouverture en 2030, avec une capacité finale de 110 millions.

À titre de comparaison, ce chiffre dépasse le trafic de Aéroport international Hartsfield-Jackson d’Atlanta, actuellement le plus fréquenté au globe. Ce projet n’est pas seulement une question de prestige, mais une nécessité logistique pour Ethiopian Airlines, la première compagnie du continent, qui entend cimenter sa domination sur le ciel africain.

Une architecture signée Zaha Hadid

Le design du terminal a été confié au prestigieux cabinet Zaha Hadid Architects. Inspiré par les paysages de la Vallée du Rift, le futur aéroport se veut une vitrine de la modernité éthiopienne. Le terminal de 660 000 m² sera conçu pour faciliter les correspondances rapides, avec un hôtel de 350 chambres intégré et des espaces de détente en plein air profitant du climat tempéré de la région.

L’IA et le fret au cœur de la stratégie

Au-delà du transport de passagers, Bishoftu se positionne comme le moteur de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Avec une capacité de traitement de 3,73 millions de tonnes de fret par an, l’infrastructure répond à une demande de cargo qui croît en Afrique trois fois plus vite qu’ailleurs dans le monde (+16 % contre 5,5 % au niveau mondial).

L’aéroport bénéficiera également des investissements massifs d’Ethiopian Airlines dans l’intelligence artificielle pour optimiser la logistique et la maintenance, une transformation que le groupe juge essentielle pour rester compétitif face aux hubs du Moyen-Orient.

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Le défi du financement et de la logistique

Le coût total de 12,5 milliards de dollars reste le principal enjeu. Si Ethiopian Airlines finance 30 % sur fonds propres, des négociations sont en cours avec la Chine, les États-Unis et l’Italie, sous l’égide de la Banque africaine de développement.

Pour les experts, le succès de ce « méga-hub » ne dépendra pas seulement de ses pistes, mais de sa connexion avec le reste du pays : voies ferrées à grande vitesse, routes et approvisionnement électrique stable seront indispensables pour que Bishoftu devienne réellement la porte d’entrée de l’Afrique d’ici la fin de la décennie.