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Tribune: Cotonou veut faire de l'eau une trajectoire de croissance (À Londres, Cotonou présente un nouveau pacte urbain avec l’eau)

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A Londres, rencontre avec la présidente de la Berd à l’occasion de la conférence Green Cities 2026 A Londres, rencontre avec la présidente de la Berd à l’occasion de la conférence Green Cities 2026

La ville de Cotonou a franchi une étape décisive lors de la Conférence Green Cities 2026 de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (Berd) tenue à Londres les 22 et 23 juin 2026. En portant une vision ambitieuse au cœur de cet événement international, la capitale économique du Bénin s'est affirmée comme un laboratoire africain de la résilience, démontrant qu'une métropole peut réconcilier son développement avec les impératifs climatiques. Cet échange avec les acteurs mondiaux de la finance durable marque le début d'une ère nouvelle pour la cité : celle de la transformation par la maîtrise et la valorisation de son patrimoine naturel.

Par   Luc GNACADJA, le 24 juin 2026 à 10h09 Durée 3 min.
#Luc GNACADJA

Engagée avec détermination dans l’agenda de transformation « Cotonou 2026–2033 : Changer d’échelle», la municipalité déploie une feuille de route rigoureuse avec une ambition claire : devenir, à l’horizon 2030, année du bicentenaire de la ville, une métropole africaine résiliente, verte, productive, attractive et bien gouvernée. À Londres, le message porté devant les maires, les investisseurs et les partenaires internationaux a été sans équivoque, brisant le mythe du choix impossible entre économie et écologie : « La résilience n’est pas le contraire du développement. Elle en est la condition », a martelé Luc Gnacadja devant le gotha mondial des experts en développement urbain durable.

Ce changement de paradigme est fondamental. Il ne s'agit plus de concevoir la résilience comme un frein ou une contrainte coûteuse imposée par le changement climatique, mais comme le socle indispensable sur lequel on peut bâtir une prospérité durable. Pour Cotonou, l'enjeu est de croître sans accroître ses vulnérabilités, en transformant chaque défi urbain en une opportunité de modernisation.

Un nouveau pacte urbain : réconcilier la ville avec l’eau

Façonnée par une géographie unique, enserrée entre l’immensité de l’océan Atlantique, la lagune et le lac Nokoué, Cotonou a trop longtemps perçu l’eau sous le seul prisme de la vulnérabilité et des risques d'inondations.

Le « nouveau pacte urbain avec l’eau » que le maire de Cotonou vient de présenter à la Berd marque une rupture historique avec cette approche défensive. Comme Luc Gnacadja l’a souligné lors de la conférence : « Plutôt que de tourner le dos à l’eau, nous voulons faire de l’eau une trajectoire de croissance pour Cotonou. »

Cette stratégie repose sur une approche holistique et innovante, une approche de rupture visant à faire désormais de l’eau, non plus une menace, mais une composante centrale de la valeur urbaine. C’est une stratégie en quatre étapes à savoir :

• la restauration des zones humides : il s'agit de sanctuariser ces espaces, véritables éponges naturelles, pour réguler les crues et assainir durablement l’environnement urbain.

• la protection des corridors naturels de drainage : la ville s’engage à préserver les voies naturelles d’écoulement, essentielles pour prévenir la stagnation des eaux et les inondations.

• des solutions fondées sur la nature : le végétal et l'eau sont désormais intégrés comme des infrastructures critiques au même titre que le béton ou l'acier.

• la valorisation des territoires lacustres : le projet ambitionne de reconnecter les habitants au lac, transformant les zones côtières et lagunaires en espaces de vie de haute qualité, propices au tourisme, à la cohésion sociale et à une économie productive.

La gouvernance comme levier invisible de la transformation

Si la vision technique est indispensable, Cotonou a tenu à rappeler à cette conférence que la solidité des projets dépend avant tout de la méthode. Dans un domaine où les investissements sont lourds, Luc Gnacadja a martelé un message tout aussi lourd de conséquences : « une ville peut financer des infrastructures. Mais seule une bonne gouvernance peut produire la transformation. »

Cotonou a ainsi mis en avant les réformes structurelles que son maire a engagées en interne. La transformation repose sur une administration municipale repensée, centrée sur la gestion par objectifs et le pilotage par la donnée. La culture de la redevabilité et l’exigence de l’exécution sont devenues les piliers de cette nouvelle gouvernance. Cette discipline institutionnelle est le gage de confiance nécessaire pour rassurer les partenaires internationaux et garantir que chaque investissement se traduise par des impacts mesurables, durables et bénéfiques pour chaque citoyen.

Vers un partenariat stratégique avec la Berd

Les rencontres tenues à Londres avec la présidente de la Berd, ainsi qu’avec les équipes dédiées aux infrastructures et au programme Green Cities, ont permis de confirmer une forte convergence entre la vision de l’équipe municipale de Cotonou et les standards d'excellence de la banque. Les discussions ont ouvert la voie à une coopération de long terme qui dépasse la simple logique de financement.

La ville travaille désormais activement à son intégration structurée au programme Green Cities et collabore étroitement avec les experts de la Berd pour identifier un premier investissement structurant. Ce projet pilote aura pour vocation de servir de vitrine à la transformation de Cotonou, démontrant par les faits que l’alliance entre une vision urbaine audacieuse et une expertise financière internationale peut transformer les défis environnementaux en un puissant levier de croissance. En se positionnant ainsi sur la scène internationale, Cotonou confirme sa volonté de ne plus simplement subir le changement climatique, mais de bâtir, dès aujourd'hui, la métropole africaine de demain.

 Maire de la ville de Cotonou