De la diplomatie de voisinage à l’Élysée : le Bénin mobilise 65,5 milliards FCFA pour son développement
Politique
De la diplomatie de voisinage à l’Élysée
Électricité, agriculture et expertise médico-légale : la visite de Romuald Wadagni à Paris débouche sur une importante mobilisation de financements. Près de 100 millions d’euros, soit 65,5 milliards de FCFA, ont été engagés au profit de plusieurs projets structurants. Un résultat qui intervient après plusieurs mois d’une diplomatie béninoise d’abord tournée vers l’Afrique et ses voisins.
Par
Roméo TOSSOU (Coll), le 05 oct. 2026
à
14h31
Durée 3 min.
#De la diplomatie de voisinage à l’Élysée
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Le déplacement du Président de la République, Romuald Wadagni, à l’Élysée produit ses premiers effets concrets. En marge de son entretien avec son homologue français Emmanuel Macron, le Bénin a signé, ce lundi 5 octobre 2026 à Paris, deux conventions de financement avec l’Agence française de développement (Afd) et une lettre de mandat avec Bpifrance, pour un montant global annoncé de 65,5 milliards de FCFA.
Une enveloppe destinée à répondre à des besoins très concrets : améliorer l’accès à l’électricité, soutenir la production agricole et renforcer les capacités nationales en matière d’expertise médico-légale.
Le principal volet concerne l’électricité. Quelque 52,1 milliards de FCFA sont mobilisés pour l’extension du réseau de distribution de la Société béninoise d’énergie électrique. Le projet prévoit 120 000 nouveaux branchements dans 750 localités, réparties dans 15 communes du Mono, du Couffo et du Borgou. Selon les informations communiquées par l’Afd sur le projet Peder+, l’objectif est d’améliorer l’accès à l’électricité pour environ 600 000 personnes, notamment grâce au renforcement et à l’extension des réseaux de moyenne et basse tension.
L’agriculture bénéficie également de cette mobilisation avec 9,8 milliards de FCFA consacrés notamment à la pisciculture et aux filières agricoles de proximité. Une partie des financements ciblera ainsi des territoires ruraux et des chaînes de production susceptibles de générer revenus et emplois.
Autre innovation majeure : le financement de la Plateforme de recherche, d’investigation et d’analyse médico-légale (Priam). Le projet doit permettre au Bénin de se doter d’un laboratoire national d’expertise Adn capable de réaliser jusqu’à 30 000 analyses par an, avec l’ambition d’une accréditation internationale ISO/IEC 17025.
Plus de 500 professionnels devraient par ailleurs être formés et une filière universitaire dédiée créée. Une avancée qui réduirait notamment le recours systématique à des laboratoires étrangers pour certaines analyses génétiques à valeur probante.
Après l’Afrique, Paris
Cette séquence parisienne prend un relief particulier lorsqu’on observe les premiers pas diplomatiques du nouveau président béninois. Wadagni n’a pas commencé son mandat par les capitales européennes. Une semaine après son investiture, il effectuait sa première visite officielle au Nigeria, avant de poursuivre vers le Niger, le Burkina Faso, le Togo et la Côte d’Ivoire.
La dynamique s’est ensuite poursuivie avec le Sénégal, le Mali, la Guinée-Bissau et d’autres partenaires africains. La Présidence béninoise présente cette séquence comme une priorité donnée au dialogue avec les États de l’Afrique de l’Ouest, à la coopération économique, à la sécurité et à l’intégration régionale.
Le passage par Paris apparaît ainsi moins comme un point de départ que comme une nouvelle étape : après avoir consolidé les liens avec son environnement africain, le Bénin cherche désormais à convertir ses partenariats internationaux en investissements directement perceptibles dans les territoires et dans la vie quotidienne des populations.