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La recrudescence des accidents de la circulation à Natitingou, ville stratégique du nord-ouest du Bénin traversée par la Route nationale inter-États Cotonou–Porga (Rnie 3), place le fonctionnement effectif des feux tricolores au cœur des enjeux de sécurité routière. Installés aux principales intersections, ces dispositifs visent à réguler les flux de circulation, améliorer la fluidité du trafic et réduire les risques d’accidents, souvent lourds de conséquences pour les populations locales.
À l’instar d’autres centres urbains du pays, Natitingou a bénéficié de projets de modernisation de ses infrastructures routières, incluant l’installation de feux tricolores, parfois dotés de minuteurs, afin d’optimiser la gestion des carrefours. Ces initiatives, soutenues notamment par des partenaires techniques et financiers tels que la Banque africaine de développement (Bad), traduisent la volonté des pouvoirs publics de promouvoir des solutions durables en matière de sécurité routière.
Cependant, contrairement aux grandes agglomérations béninoises où ces dispositifs fonctionnent de manière relativement régulière, les feux tricolores de Natitingou connaissent des dysfonctionnements récurrents. Cette situation contribue à une régulation insuffisante de la circulation et favorise la multiplication des accidents, exacerbés par des comportements à risque tels que l’excès de vitesse, la conduite imprudente ou la conduite sous l’emprise de l’alcool.
Les feux tricolores installés notamment au carrefour des banques et à celui de l’École urbaine centre ne sont pas opérationnels de façon continue. Cette défaillance suscite l’inquiétude des populations, y compris les sages et notables de la ville, qui s’interrogent sur les causes de ces dysfonctionnements persistants d’équipements pourtant essentiels à la sécurité urbaine. Dans un contexte de modernisation des infrastructures, une gestion plus rigoureuse et l’intégration de technologies simples mais efficaces apparaissent comme une nécessité pour renforcer la sécurité routière dans cette ville du nord du Bénin.
La mairie mobilisée
Selon Charles Avadémè, directeur des Services techniques de la mairie de Natitingou, la commune dispose actuellement de deux dispositifs de feux tricolores situés le long de la Rnie 3 : un ancien système et un autre, plus récent, installé au carrefour des banques. Le premier présente plusieurs défaillances techniques nécessitant une remise en état globale, tandis que le second, bien que nouvellement installé, n’est pas encore pleinement fonctionnel.
« Nous sommes en discussions avec l’entreprise chargée de l’installation afin d’identifier les causes probables des dysfonctionnements et y apporter des solutions appropriées. À ce jour, malheureusement, aucun des deux dispositifs n’est opérationnel », précise le directeur des Services techniques.
Face à cette situation, la mairie a inscrit dans son Plan de travail annuel (Pta) pour la gestion 2026 des lignes budgétaires dédiées à l’entretien de l’éclairage public et des feux tricolores. Une procédure est en cours pour la sélection d’un prestataire chargé de diagnostiquer les pannes, de corriger les anomalies techniques notamment celles liées au circuit électrique et de procéder à la remise en service des équipements.
Charles Avadémè souligne que la majorité des accidents enregistrés sont liés à l’inattention des usagers et à l’excès de vitesse. « Le fonctionnement effectif des feux tricolores contribuerait sans doute à réduire de manière significative ces accidents. Nous invitons les usagers à respecter les limitations de vitesse en agglomération, car l’excès de vitesse demeure un facteur de risque majeur », souligne-t-il.
La consommation de stupéfiants, un facteur aggravant
Au-delà des défaillances infrastructurelles, les comportements individuels constituent également une cause importante des accidents de la circulation en milieu urbain. El Hadj Mouhamed Adam Soulé, chef d’antenne du Centre national de sécurité routière (Cnsr) de l’Atacora, indique que la consommation de stupéfiants provoque un déséquilibre chez les conducteurs et accroît considérablement les risques d’accidents.
À cela s’ajoutent l’ignorance ou le non-respect du Code de la route, l’excès de vitesse et le non-respect des couloirs de circulation. Autant de phénomènes contre lesquels le Cnsr intensifie ses campagnes de sensibilisation. Selon le responsable local, même parmi les conducteurs titulaires d’un permis, nombreux sont ceux qui s’éloignent progressivement des règles consignées dans le Code de la route, pourtant indispensables à la sécurité de tous.
Natitingou, à l’instar de nombreuses villes béninoises, présente un environnement urbain où la vitesse constitue un enjeu critique. « En agglomération, la vitesse recommandée est généralement de 30 km/h ou moins, conformément à la signalisation. Pourtant, de nombreux jeunes circulent à des vitesses excessives», observe-t-il.
Le chef d’antenne du Cnsr appelle ainsi à une prise de conscience collective : respect des règles de conduite, courtoisie sur la voie publique, abstention de stupéfiants et maîtrise de la vitesse. Il rappelle également que le Cnsr développe des approches innovantes de sensibilisation, en intervenant dans les écoles, les lieux de culte et les marchés, considérant que chaque citoyen est un usager de la route.
« Il est essentiel d’éviter de prendre la route sous l’effet d’émotions négatives, après une dispute ou une altercation, et de ne pas se précipiter inutilement. La sécurité routière commence par la responsabilité individuelle», conclut Mouhamed Adam Soulé.
Le fonctionnement effectif des feux tricolores au cœur des enjeux de sécurité routière