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Condylomes génitaux : ces « crêtes de coq » qu’il ne faut pas banaliser

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Condylomes génitaux Condylomes génitaux

Souvent indolores, les condylomes génitaux peuvent être confondus avec de simples imperfections de la peau. Pourtant, ces excroissances liées au papillomavirus humain (HPV) nécessitent une prise en charge médicale pour limiter leur propagation et les récidives.

Par   Mariama SALIFOU (Coll.), le 28 oct. 2026 à 14h24 Durée 4 min.
#Condylomes génitaux

La honte d’exposer ses parties intimes, la peur des critiques des proches ou d’être soupçonné d’infidélité peuvent dissuader certains hommes de consulter. Au Bénin, une étude publiée en 2017 par des dermatologues-vénérologues, dont Fabrice Akpadjan et Hugues Adégbidi, illustre les difficultés du suivi : sur 69 patients traités, 40 n’ont pas été revus après la première consultation.

Des lésions parfois indolores

 

Les condylomes, également appelés verrues génitales ou « crêtes de coq », sont provoqués par certains types de HPV. Ils se transmettent principalement lors de contacts sexuels, notamment vaginaux, anaux ou oraux, ainsi que par contact intime de peau à peau dans la région génitale. Un partenaire peut transmettre le virus sans présenter de lésions visibles.

Les excroissances peuvent être petites ou volumineuses, isolées ou regroupées, lisses ou rugueuses, de couleur chair, rosée ou plus foncée. Elles apparaissent notamment sur la verge, la vulve ou autour de l’anus. Des démangeaisons, une gêne ou de légers saignements sont parfois observés.

La dermatologue-vénérologue burkinabè Fagnima Traoré souligne : « Une fois que la lésion apparaît sur la peau, le malade ne sent rien, car elle ne fait pas mal. » Cette absence de douleur peut retarder la consultation.

Des récidives possibles

 

Au Bénin, l’étude menée à Cotonou entre 2013 et 2016 a recensé 74 cas. La forme acuminée, caractérisée par des excroissances évoquant une crête de coq, représentait 82,4 % des cas. Parmi les 69 patients traités, 11, soit 15,9 %, ont présenté une récidive.

Sans prise en charge, les lésions peuvent grossir et se multiplier. Elles peuvent également réapparaître après traitement. Pendant la grossesse, elles peuvent augmenter de volume et compliquer l’accouchement dans certains cas.

Prévenir et traiter

 

Face à une excroissance inhabituelle, une consultation médicale permet de confirmer le diagnostic. Selon les cas, le traitement repose sur des médicaments locaux, la cryothérapie ou une intervention médicale. L’automédication est à éviter.

Le préservatif réduit le risque de transmission sans l’éliminer totalement. La vaccination contre le HPV protège contre plusieurs types du virus. Le dépistage du cancer du col de l’utérus reste également important, car les types de HPV responsables de la majorité des condylomes sont généralement différents de ceux responsables de ces cancers.

Même indolore, une excroissance intime ne doit pas être banalisée. Consulter sans honte permet de bénéficier d’un traitement adapté et de limiter les risques de transmission.