La Nation Bénin...
En Afrique subsaharienne, la maternité
revêt une importance capitale. Dès qu’une femme atteint un certain âge, une
vive pression sociale s’exerce sur elle pour qu’elle fonde une famille. Les
allusions des proches, et en particulier de sa mère, se font plus insistantes à
l’approche de la trentaine.
Dans la société traditionnelle africaine,
la maternité est perçue comme l’un des premiers accomplissements de la femme.
Passé 30 ans sans enfant, le regard de la société change : critiques et
sous-entendus reviennent constamment. Pour justifier cette pression, il est
avancé l’argument des difficultés à enfanter après 35 ans. Face à cet
acharnement, certaines femmes s’empressent de tomber enceintes, parfois au
détriment des conditions nécessaires à leur propre épanouissement, se
retrouvant par la suite à élever seules leurs enfants.
Mais que dit la science ?
Selon les publications médicales de la
Société africaine de gynécologie-obstétrique (SAGO), issues notamment des
travaux de recherche coordonnés par le Pr René Xavier Perrin et les
enseignants-chercheurs de la sous-région :
« La période de fertilité maximale chez la
femme se situe entre 20 et 29 ans, phase durant laquelle le taux de conception
mensuel spontané avoisine 25 %. Une première diminution modérée s’observe dès
30 à 34 ans. Le véritable tournant clinique intervient à 35 ans, marquant une
accélération de la baisse du capital folliculaire et une chute de la
fécondabilité (sous la barre des 10 % par cycle), pour devenir très faible
au-delà de 40 ans. »
De leur côté, les Dr M. S. Cissé, Pr A. Diouf, Dr A. Gaye et leurs collaborateurs du Département de gynécologie-obstétrique de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar rappellent :
« La grossesse chez la femme de 35 ans et plus est considérée comme une grossesse à risque élevé. Elle est caractérisée par une fréquence accrue de complications maternelles telles que la survenue d’une hypertension artérielle, de la pré-éclampsie, du diabète gestationnel, ainsi qu’un taux élevé d’accouchements par césarienne et de morbidité périnatale. »
S’il apparaît cliniquement pertinent de
concevoir avant 35 ans pour minimiser les risques, le dilemme reste entier :
faut-il céder aux attentes sociales et faire un enfant sans ressources
suffisantes, ou attendre d’être financièrement stable au risque d’affronter des
complications médicales ?
Sur ce point, l’équipe de
gynécologie-obstétrique du Pr René Xavier Perrin (Bénin) apporte un éclairage
rassurant :
« Si la grossesse après 35 ans est classée
parmi les grossesses à risque, ce risque reste largement contrôlable. Grâce aux
progrès du dépistage prénatal, de la surveillance tensionnelle et
échographique, une femme de plus de 35 ans ou 40 ans bien suivie a toutes les
chances de mener sa grossesse à terme et de donner naissance à un enfant en
bonne santé. La clé réside dans la précocité et la régularité de la
consultation prénatale. »
Faire un enfant est une décision majeure et une grande responsabilité. Offrir un cadre stable, serein et épanouissant à son enfant doit demeurer la priorité absolue. Grâce aux avancées de la médecine moderne, les femmes n’ont plus à choisir entre leur épanouissement personnel et leur future maternité. Un suivi médical rigoureux permet aujourd’hui d’envisagerla maternité après 35 ans en toute sécurité.