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Forum sur la Gouvernance mondiale 2026 à Xiong'an : Trois jours de réflexions sur la réforme de l'ordre international

International
Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi ouvrant les travaux du Forum sur la Gouvernance mondiale 2026 à Xiong'an Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi ouvrant les travaux du Forum sur la Gouvernance mondiale 2026 à Xiong'an

La cérémonie d'ouverture du Forum sur la Gouvernance mondiale 2026 a réuni ce vendredi 23 octobre à Xiong'an, de hautes figures politiques et des centaines de participants venus de divers pays et institutions internationales. Au cœur des interventions, plusieurs questions essentielles parmi lesquelles le rôle central de l'Onu, la voix du Sud global et une gouvernance inclusive et responsable de l'IA.

Par   Anselme Pascal AGUEHOUNDE, le 24 oct. 2026 à 01h22 Durée 3 min.
#Chine #Forum sur la Gouvernance mondiale 2026
Dans la nouvelle cité de Xiong'an, ville du futur, se dessinent les sillons du nouvel ordre mondial. Le Forum sur la Gouvernance mondiale 2026 a été officiellement lancé ce vendredi 23 octobre en présence de 400 participants de plus de 90 pays, dont des figures et responsables politiques de haut rang, des représentants d'organisations internationales, des universitaires, chefs d'entreprise et leaders de la jeunesse. Le président de l'Institut du peuple chinois pour les affaires étrangères (Cpifa), Wu Ken, a salué cette affluence comme la preuve de la pertinence de l'événement, qui ambitionne de devenir une plateforme de dialogue durable et de qualité au service de la gouvernance mondiale.
Lors de la cérémonie d’ouverture du forum, le ministre des Affaires étrangères Wang Yi a donné lecture d'un message du président Xi Jinping aux participants. Le chef de l'État chinois y réaffirme la disposition de la Chine à travailler avec toutes les parties prenantes à une gouvernance mondiale inclusive, fondée sur la concertation, la contribution et le partage des bénéfices, ainsi que sur le règlement des différends par le dialogue, en vue de bâtir une communauté d'avenir partagé pour l'humanité. Il a rappelé que l’Initiative pour la Gouvernance mondiale repose sur cinq principes : l'égalité souveraine, le respect du droit international, le multilatéralisme, l'approche centrée sur le peuple et l'orientation vers l'action.
Organisé par le Cpifa, en partenariat avec la province du Hebei et le Comité administratif de Xiong'an, le forum se tient jusqu'au 25 octobre sous le thème « Rebâtir la confiance et la coopération : réformer et améliorer la gouvernance mondiale dans un monde en mutation ».

Wang Yi détaille la feuille de route

A l’ouverture du Forum sur la Gouvernance mondiale 2026, le ministre chinois des Affaires Wang Yi a dépeint un contexte international marqué par des crises à répétition et des fractures croissantes du système international, face auxquelles l'Initiative pour la gouvernance mondiale ouvrirait, selon lui, une nouvelle voie.
Wang Yi a insisté sur la nécessite de préserver le rôle central des Nations unies et d’engager une réforme en profondeur de l'organisation. Il a également plaidé pour l'équité, la justice et l'égalité entre les États. Un autre axe fort de son discours concernait le Sud global. Il est question, précise-t-il, de considérer à juste titre le poids du Sud global, sa représentation et sa voix dans la gouvernance mondiale, de répondre aux aspirations de l'Afrique et de mettre son dynamisme au service de la réforme. Le ministre chinois des Affaires étrangères a enfin défendu un système économique et financier plus juste et plus inclusif, respectueux des règles de l'Organisation mondiale du commerce (Omc) et une gouvernance de l'intelligence artificielle inclusive, responsable, et qui place l'humain avant la machine.
Pour traduire cette vision en actes, Wang Yi a partagé neuf actions que la Chine entend mener : assurer le succès de la prochaine réunion de l'Apec ; soutenir les efforts de l'Onu pour mieux répondre aux défis contemporains ; faire du Groupe des amis de la gouvernance mondiale un espace de coordination ; promouvoir la mise en œuvre effective de l'Accord sur la biodiversité marine au-delà des juridictions nationales ; favoriser une orientation juste de la gouvernance internationale des droits de l'homme ; publier prochainement la position officielle de la Chine sur la gouvernance de l'espace extra-atmosphérique ; publier le rapport d'étape du Plan d'action pour le développement et la gouvernance de l'intelligence artificielle ; créer un Centre d'études sur la gouvernance mondiale ; et approfondir la réforme du système économique et financier international.

Cap sur les panels

Après cette cérémonie riche en messages politiques, place aux travaux de fond. Les 22 panels et tables-rondes, répartis en cinq sessions parallèles, Onu, développement durable, finance internationale, intelligence artificielle et dialogue des civilisations, débutent ce samedi et se poursuivront jusqu'à dimanche.
Parmi les thèmes à aborder, figure la réforme de l'Onu, avec un panel consacré aux moyens de la rendre plus efficace et un autre, dimanche, à l'adaptation des opérations de maintien de la paix aux réalités actuelles. Une autre table-ronde se penchera sur comment revitaliser l'Omc, tandis qu'un panel examinera le passage du système monétaire international d'une hégémonie unipolaire à une compétition et une coopération multipolaires. Dimanche, une session sera dédiée au Sud global, qui doit passer du statut de « consommateur de règles » à celui de « co-constructeur » des règles économiques et commerciales internationales ; une autre abordera son essor collectif et une plus grande démocratisation des relations internationales.
Les nouveaux champs de gouvernance occuperont aussi une place de choix : usage pacifique de l'espace extra-atmosphérique, développement inclusif et équitable de l'IA, utilisation sûre et responsable de cette technologie, ainsi que gouvernance du cyberespace à l'ère du numérique intelligent. Deux tables-rondes Chine-Asean sur la gouvernance de l'IA auront lieu dimanche, l'une sur l'harmonisation des approches et des réglementations, l'autre sur le renforcement des capacités et l'accompagnement des industries. Une attention particulière sera portée à la question du climat notamment l’accélération de la transition verte et bas carbone, et à la gouvernance mondiale des droits de l'homme.