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À cinq jours du second tour de la présidentielle brésilienne, Luiz Inácio Lula da Silva et Flávio Bolsonaro se sont affrontés dans un débat télévisé marqué par les accusations personnelles. Interrogé sur le vote des détenus, le président sortant a répliqué en évoquant Jair Bolsonaro, le père de son adversaire, condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État. Une séquence révélatrice d’une campagne où la criminalité, la corruption et l’héritage politique de l’ancien président occupent une place centrale.
La confrontation était attendue, mais l’échange a rapidement pris un tour personnel. Dimanche 18 octobre, lors du premier débat télévisé de l’entre-deux-tours, organisé par la chaîne Band à São Paulo, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva et son adversaire de droite, Flávio Bolsonaro, se sont livrés à une succession d’attaques et de répliques.
Le candidat du Parti libéral a notamment mis en cause le bilan sécuritaire du gouvernement. « Vous pouvez expliquer pourquoi 73 % des prisonniers ont voté pour vous au premier tour de la présidentielle ? », a-t-il lancé à Lula, sans fournir de source pour étayer ce chiffre, selon CNN Brasil.
La réplique du président sortant n’a pas tardé. « Je veux atteindre les 100 %, jusqu’à ton père ! », a-t-il répondu, en faisant allusion à Jair Bolsonaro, ancien président brésilien et père de son adversaire. Cette formule, devenue l’un des moments marquants du débat, renvoie directement à la condamnation de l’ex-chef de l’État à 27 ans de prison pour avoir participé à un projet de coup d’État après sa défaite électorale de 2022. Il purge sa peine sous assignation à résidence pour des raisons de santé, selon Reuters.
Au-delà de la provocation, l’échange porte sur une question électorale sensible au Brésil. La législation brésilienne permet aux personnes en détention provisoire, qui n’ont pas fait l’objet d’une condamnation pénale définitive, de voter. En revanche, les personnes condamnées définitivement voient leurs droits politiques suspendus pendant la durée des effets de leur condamnation.
L’épisode s’inscrit dans une campagne particulièrement tendue. Flávio Bolsonaro accuse Lula de corruption et critique son bilan en matière de sécurité et d’économie. Le président, de son côté, questionne les relations de son adversaire avec le banquier Daniel Vorcaro et le financement envisagé d’un film consacré à Jair Bolsonaro. Ces accusations et interrogations ont également marqué le débat du 18 octobre, rapporte Reuters.
Le scrutin oppose ainsi deux projets politiques, mais aussi deux héritages contestés. Lula cherche à défendre son bilan et à mobiliser son électorat, tandis que Flávio Bolsonaro entend capitaliser sur le mécontentement envers le gouvernement et sur le soutien des partisans de son père.