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Kenya : Le pasteur Paul Mackenzie reconnu coupable du meurtre de 191 personnes

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Le pasteur Paul Mackenzie reconnu coupable du meurtre de 191 personnes Le pasteur Paul Mackenzie reconnu coupable du meurtre de 191 personnes

Paul Mackenzie, chef d’une secte apocalyptique kényane, a été reconnu coupable du meurtre de 191 personnes, presque exclusivement des enfants. À la tête de l’église « Good News International Ministries », fondée en 2003, ce pasteur prêchait une doctrine extrême interdisant l’éducation et la médecine moderne.

Par   Fortuné SOSSA (Coll.), le 21 oct. 2026 à 08h25 Durée 3 min.
#Le pasteur Paul Mackenzie reconnu coupable du meurtre de 191 personnes

La juge Diana Mochache a déclaré, lundi 19 octobre, Paul Mackenzie coupable de l’assassinat de 191 adeptes de sa secte, qui prône un jeûne mortel obligatoire pour atteindre le paradis et « rencontrer Jésus ».

L’affaire a éclaté en 2023 avec la découverte macabre de plus de 400 corps enterrés dans la vaste forêt de Shakahola, au Kenya. Des fosses communes géantes où les cadavres d’enfants, parfois âgés de quelques semaines à peine, étaient empilés les uns sur les autres comme des vêtements. De nombreuses victimes présentaient des membres ligotés et le corps enveloppé dans des draps, confirmant la cruauté de leurs derniers instants.

Les témoignages décrivent un système ultraviolent où ceux qui tentaient de résister à la privation de nourriture étaient forcés de jeûner à coups de poing et de pied. Même les femmes enceintes et les nouveau-nés se voyaient interdire d’allaiter, condamnant les nourrissons à une mort certaine en quelques jours.

Le traumatisme est immense pour les familles brisées, à l’image de Stephen Mwiti, qui a perdu ses six enfants dans la forêt et dont l’ex-femme figure parmi les condamnés. Les opérations de sauvetage menées en mars 2023 sont arrivées trop tard pour des centaines de personnes, trop fragiles pour survivre. Aujourd’hui encore, l’identification des restes humains s’avère extrêmement complexe en raison d’un état de décomposition très avancé, réduisant de nombreuses victimes anonymes à de simples numéros de dossiers judiciaires.

Malgré l’horreur des faits, impliquant des morts par étouffement, épuisement ou bastonnade, l’emprise psychologique de ce pasteur apocalyptique persiste chez certains survivants, qui continuent de le défendre et de nier toute violence. Cependant, son propre fils a publiquement dénoncé ses agissements, le qualifiant de « meurtrier de masse ». Déjà condamné pour ces meurtres, Paul Mackenzie fait face à d’autres procédures pour terrorisme et radicalisation, en attendant le prononcé final de sa peine le 6 novembre.

Vingt-neuf autres dirigeants de la secte ont également été condamnés pour ces homicides, malgré leurs dénégations continues et leurs affirmations selon lesquelles aucun disciple n’avait été contraint de mourir.