La Nation Bénin...
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Le remplaçant de Joseph Djogbénou à la tête de la Cour constitutionnelle est connu. Après avoir assuré l’intérim, Razaki Amouda Issifou a été élu président de l’institution, ce 11 octobre 2022. Sylvain Nouwatin est le nouveau vice-président.
La Cour constitutionnelle du Bénin a un nouveau président. Razaki Amouda Issifou est son nom. L’information a été dévoilée à la presse, ce mardi, par le secrétaire général de la Cour, Gilles Badet. Magistrat hors classe, le nouveau président de la Haute juridiction est une figure très connue de la «maison justice » et de l’institution qu’il préside désormais. Désigné par l’Assemblée nationale en qualité de magistrat, il a été élu Vice-président à la Cour constitutionnelle le 7 juin 2018. Il a alors assisté le président Joseph Djogbénou à ce poste, conformément à la loi organique de la Cour Constitutionnelle. A la démission de ce dernier, le 12 juillet 2022, Razaki Amouda Issifou a logiquement assuré l’intérim jusqu’à son élection, sans surprise, ce mardi à l’assemblée générale des conseillers.
C’est un homme au parcours édifiant. Originaire de Pehunco dans le département de l’Atacora, ce magistrat hors classe à la retraite a eu à exercer dans plusieurs tribunaux du Bénin et occupé des postes dans l’Administration publique. Par exemple, par décret en date du 4 septembre 1998, il a été nommé conseiller technique du ministre des Finances par le président Mathieu Kérékou. Le 23 juillet 1999, cumulativement avec ses fonctions de conseiller technique juridique, Razaki Amouda Issifou devient directeur du Contentieux et de l'Agence Judiciaire du Trésor. Ancien député à l’Assemblée nationale et ancien président de la commission des lois au cours de la 4e législature, il fut également maire de Ouassa-Péhunco. L’histoire de la Commission électorale nationale autonome (Céna) renseigne qu’il a été secrétaire général de cette institution en 1996 puis membre en 2011. L’ancien inspecteur général des services a été élevé à la dignité de Grand Officier de l’Ordre national du Bénin le 24 septembre 2021.
Actualités
10 oct. 2022
Communiqué du ministre de la Santé suite au décès de 4 patients au Cnhu[/caption]
Actualités
09 oct. 2022
Cotonou n'est pas restée en marge de l’édition 2022 de la Journée du volontariat français. L'évènement célébré ce vendredi 7 octobre 2022 a été une occasion d’échanges, de partages d’initiatives et d’impulsions pour de nouvelles ambitions.
« Développer le volontariat pour un monde plus solidaire ». C’est autour de ce thème que la Journée du volontariat français (Jvf) a été célébré ce vendredi 7 octobre 2022 à l’Institut Français de Cotonou. En effet, les Journées du volontariat français représentent un temps fort pour le volontariat international d’échange et de solidarité. Elles réunissent dans les pays dans lesquels France Volontaires est présente les volontaires locaux et internationaux et les acteurs du volontariat, structures d’accueil et d’envoi, partenaires ainsi que des décideurs et personnalités institutionnelles.
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La JVF a été célébrée à l'Institut Français de Cotonou[/caption]
En France, la JVF se tiendra à Paris au Centre de conférence ministérielle le 12 octobre prochain de 11h à 12h30, en présence de Chrysoula Zacharopoulou, Secrétaire d’État chargée du développement, de la francophonie et des partenariats internationaux, et d’un ou une ministre d’un pays partenaire. Lors de la table ronde interviendront également des organisations qui mobilisent du volontariat et des volontaires français et internationaux, représentant la diversité du volontariat.
Au nom de "gou"
Tout travail de forge commence par une brève cérémonie pour invoquer les mânes des ancêtres. Dah Dessè et tous les autres s’y emploient au quotidien dans leurs ateliers situés non loin de la concession du fétiche « gou », le dieu du fer. « Nous faisons cette prière pour que la journée se déroule bien et qu’on soit épargné des accidents de travail. C’est une obligation de s’adonner à cet exercice spirituel », soutient Dah Dessè. La dévotion à l’égard du dieu du fer ne s’arrête pas à la prière matinale. « Nous avons aussi une action de grâce que nous faisons chaque année. Nous nous cotisons et faisons des sacrifices à ce dieu qui est notre protecteur », ajoute le forgeron. D’ailleurs, poursuit-il, la puissance de cette divinité dépasse la caste des forgerons. Même des personnes qui ignoraient son existence ont été conseillées à aller lui faire des sacrifices pour sortir de certaines difficultés, souligne-t-il.
Finie l’allégeance à la divinité, place aux différentes activités selon les commandes reçues des clients. Entre autres, elles peuvent porter sur les houes, les serrures, les haches, les coupecoupes et autres. Si certains clients expriment des besoins en détail, d’autres par contre, les revendeurs notamment, font des commandes en gros. « C’est surtout le cas des agriculteurs qui viennent des Collines pendant la grande saison des pluies. Une seule personne peut demander plus de 100 houes et nous faisons l’effort pour la servir avec célérité », révèlent les forgerons. Le circuit de fabrication est classique. La matière première, tôle ou fer acquis dans les quincailleries ou auprès des collecteurs ambulants de ferrailles, est découpée soigneusement puis portée au feu pour être rougie. Toutes les dix minutes presque, le bout de fer ou de tôle est ressorti pour recevoir quelques coups de marteau jusqu’à refroidissement. Le scénario est repris autant de fois que possible pour obtenir la forme désirée. « Pour certains produits comme les serrures, il faut l’agencement de plusieurs fers alors que d’autres n’ont besoin que d’un seul », nuance Boris Bada, le jeune forgeron. Du fait de ces différentes étapes, le travail à la chaîne est conseillé. Sur le circuit, il est aisé de retrouver trois à quatre personnes. « Si vous tenez à le faire tout seul, vous vous esquinterez très tôt sans obtenir les résultats escomptés», laisse-t-il entendre.
Fierté !
Harassante, pénible, mais aussi dépassée pour certains modernistes, la forge n’a rien perdu de sa superbe pour ceux qui la pratiquent. C’est presque le défi de leur vie qu’ils relèvent au quotidien et ils en tirent bien d’honneur. « C’est une fierté pour nous de faire ce travail. Il est rentable, car il nous permet de subvenir convenablement aux besoins de nos familles », confie Dah Dessè.
En effet, à mains nues, jeunes et moins jeunes doivent tirer de la matière première, tout au long de la journée, plusieurs produits à mettre sur le marché. Certains parmi eux, en l’occurrence les jeunes, doivent concilier la forge et les études pour s’en sortir. Car pour eux, la forge est un travail prédéfini pour tout membre de leur famille. C’est le cas de Junior Dessè, Paoletti Aglété et Noël Aissè, tous trois élèves au second cycle du cours secondaire. En classe de troisième, Junior est ferme sur la question. « On ne peut être membre de ma famille et ne pas faire la forge. Sauf si on n’a pas grandi au village », soutient-il sous les applaudissements de ses pairs, attroupés autour d’un four artisanal, déterminés à fabriquer divers outils. Ils ne sont pour autant pas déconnectés des réalités de leur temps.
Les moins jeunes comme Dah Dessè gardent aussi entiers leur fierté et leur engagement. Conscient des effets négatifs du bruit sur l’ouïe et de l’exposition prolongée à la fumée sur l’odorat, les yeux et les poumons, ils ne sont pas hostiles à la modernisation de leurs outils de travail. « Nous sommes preneurs si nous avons un projet de modernisation du travail de la forge. Pour le moment, nous ne voyons rien venir », se désole le chef traditionnel. Mais même dans l’état actuel de la forge, elle reste inégalable. Selon ses praticiens, la soudure à laquelle elle est parfois assimilée n’atteint pas ses performances. « Malgré tous les équipements dont ils disposent, les soudeurs ne peuvent réussir la fabrication des gongs, serrures et autres comme nous. Ils réussissent très rarement la finition », se glorifie le chef de collectivité qui lance un appel pour la sauvegarde et la valorisation de ce qui pour lui est un véritable patrimoine national.
L’autre appui à apporter à cette couche professionnelle, c’est de la protéger contre les collecteurs ambulants de ferrailles. Tout en étant les fournisseurs de matières premières pour ces forgerons, ils sont les premiers à voler les mêmes matières premières dès que leurs utilisateurs manquent de vigilance. Ainsi, au début et à la fin de la journée, les travailleurs de la forge se doivent de veiller à ne rien laisser traîner dans leurs ateliers de fortune. Ce n’est pas tout. Les collecteurs de ferrailles constituent de farouches concurrents des forgerons. « Par le passé, il nous était possible de ramasser ce qui nous servait de matière première très facilement. Les carrosseries des véhicules et autres étaient facilement disponibles sur le marché ; ce qui nous permettait de faire des bénéfices plus importants », explique Boris qui s’étonne de la largesse dont bénéficie l’activité de collecte des ferrailles par des personnes qui sont pour la plupart des expatriés.
Accusés à tort ou à raison, les collecteurs de ferrailles ne se laissent pas faire. L’un d’eux, Aliou M, pratiquant de cette activité depuis environ six ans, estime que « c’est la loi du marché. Il revient à chacun d’user de ses capacités pour acquérir le produit désiré ». Dans ce contexte, toute accusation contre lui et ses pairs manque de pertinence.
Des interdits et avantages
Être forgeron comporte aussi diverses exigences. Certaines règles fondamentales sont à suivre rigoureusement par tout travailleur de la forge, au risque d’en subir les conséquences, qui du reste, sont parfois irréversibles. Le métier a, en réalité, une dose de mystères et de spiritualisme qui constituent à la fois des difficultés et la beauté de cet art. « L’une des règles de la forge, c’est qu’il est formellement interdit de tenir des relations intimes avec une femme mariée », informe Boris Bada. Une telle forfaiture n’est pas du goût des esprits protecteurs de la corporation qui ne tardent pas à faire tomber la sentence fatale, dans un délai relativement court.
De plus, les calomnies, les médisances et les concurrences déloyales entre forgerons sont proscrites. Du moins, sur les lieux de la forge, il n’est pas toléré des invectives et échauffourées entre des membres de la confrérie ni des vols dans les ateliers de la forge. « Certains voleurs en ont eu pour leur compte », se moque-t-il.
Mais il précise qu’il n’y a pas que des interdits. Pour illustration, l’eau utilisée dans le travail de la forge pour refroidir le fer aurait, dit-on, des valeurs thérapeutiques et protectrices contre les maladies et les esprits mauvais. Seulement, ajoutent les forgerons, son utilisateur ne doit pas être animé de mauvaises intentions.
Ce qui par contre nécessite une préparation spirituelle d’envergure et la maîtrise de certaines règles, c’est la fabrication des « asen », ces autels en fer représentatifs des personnes décédées et d’autres objets de cultes endogènes. Pour les réaliser, il est nécessaire de pratiquer l’abstinence sexuelle tout au long du processus de fabrication et de ne pas consommer du sel pendant certains jours de la semaine. « A la fin de la réalisation de l’autel, il faut aussi un rituel de bénédiction avant la remise au client », explique Dah Dessè, un fin connaisseur des pratiques endogènes. S’agissant du coût, il explique qu’il dépend de la complexité de l’objet et de la biographie du défunt.
S’érigeant en gardiens de la tradition, les travailleurs de la forge résistent encore aux assauts permanents de la modernité. Visiblement, pour longtemps encore, à moins que la chaîne ne se brise et que le dégoût s’installe au niveau des futures générations?
Actualités
06 oct. 2022