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Nouvelles

Partenariat Bénin-Unfpa: Le directeur régional Mabingue Ngom en visite à Cotonou

Pour la consolidation du partenariat entre le Fonds des Nations Unies pour la population (Unfpa) et le Bénin, Mabingue Ngom, directeur régional Afrique de l’Ouest et du Centre de l’institution, séjourne à Cotonou depuis le lundi 6 mai dernier.

Reconnaître et appuyer les efforts du Bénin pour la poursuite de la mise en œuvre de l’agenda issu de la conférence internationale sur population et développement. Voilà l’une des nombreuses raisons qui justifient la visite de travail, à Cotonou, du directeur régional Afrique de l’Ouest et du Centre du Fonds des Nations Unies pour la population (Unfpa). D’après un communiqué de l’institution onusienne, Mabingue Ngom séjourne en terre béninoise depuis le lundi 6 mai dernier et ce jusqu’à demain jeudi. Outre les travaux sur la conférence internationale sur population et développement, sa visite a également pour but de lancer officiellement le rapport 2019 sur l’état de la population mondiale. Lequel rapport est intitulé « Les droits et choix pour tous, une tâche inachevée ». Aussi, sa présence au Bénin est-elle l’occasion de renouveler l’engagement de l’Unfpa à contribuer à la consolidation des acquis du pays par rapport à la réalisation du bénéfice du dividende démographique. Sans oublier la réduction de la mortalité maternelle et néonatale et le repositionnement de la planification familiale.
Hier, selon l’agenda divulgué, Mabingue Ngom a participé à l’ouverture de la rencontre régionale de haut niveau sur la santé reproductive maternelle néonatale, infantile et des adolescents (Srmnia) en Afrique de l’Ouest et du Centre. Des assises organisées par plusieurs institutions du Système des Nations Unies en collaboration avec les gouvernements béninois et français. Mais avant son départ de Cotonou, il projette, entre autres, échanger avec des représentants, à divers niveaux, de la jeunesse béninoise sur le thème « Investir dans les filles du Bénin pour la capture du dividende démographique ». Mabingue Ngom a également prévu faire une visite dans un collège de la capitale économique du Bénin, aux côtés de plusieurs autorités béninoises et membres des corps diplomatiques accrédités au Bénin. Ceci, pour toucher du regard les progrès considérables du programme d’éducation à la santé sexuelle mis en œuvre par le Bénin.

Actualités 08 mai 2019


Violences sur les stades au Bénin: Quand le hooliganisme frappe à la porte

Il se note de plus en plus d'actes de violence lors des différents matchs des championnats nationaux de football. De Parakou à Avrankou en passant par Comè, Abomey-Calavi et Dogbo, le hooliganisme est en train de s'installer à une échelle inquiétante. Joueurs, entraîneurs, dirigeants et supporters sont au cœur des tensions sur les stades.

Les stades du Bénin sont de plus en plus le théâtre d’actes de violence lors des matchs des championnats nationaux de football. Les supporters, les joueurs, les encadreurs et parfois les dirigeants des clubs sont prêts à en découdre avec les arbitres ou leurs adversaires sur l’aire de jeu ou dans les gradins. Les violences s’enchaînent au fil des compétitions, avec toutes sortes de dérives : bagarres, coups et blessures. Les cas sont légion. Sur le terrain de l’Université d’Abomey-Calavi, samedi 4 mai dernier, une mésintelligence est suivie d’une envolée de bois vert et d’une bagarre généralisée. Lors du match entre Energie Football Club de la Société béninoise d’Energie électrique (Sbee) et l’Association sportive Vallée omnisports (Asvo), le joueur
Nassifou Xavinho Paraïso, dossard n°10 de l'Asvo, s’en est pris à l'arbitre central de la partie, Marcel
Mevognon, lui portant un violent coup de poing. Blessé au visage, le juge lui inflige un carton rouge, synonyme de son exclusion de l’aire de jeu. Et c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Des contestations fusent de partout. L’entraîneur de l’Asvo, Roger Janvier Énama, proteste avec véhémence contre la décision. Les dirigeants d’Energie Football club font pareil en intimidant le commissaire au match. La fin de cette rencontre a été tumultueuse avec l’entrée en scène des supporters qui s’illustrent par des jets de pierres.
Sur le même stade le lendemain, les supporters des Panthères de Djougou ont failli en venir aux mains avec les arbitres au terme de leur match contre Upi-Onm. Tout comme la veille, les éléments de la Police républicaine ont sorti le grand jeu pour protéger les arbitres contre la fureur des contestataires lors du match Dragons # Asos au cours duquel des supporters des deux clubs se sont battus au stade Charles de Gaulle de Porto-Novo avant d'être embarqués.

Trop passionnés

Comme en Ligue 1, les matchs de la Ligue 2 sont également marqués d'actes de violence. Les équipes les plus en vue ne voulant pas descendre en division inférieure, dirigeants et supporters se montrent très passionnés et n’hésitent pas à semer le désordre sur les stades. C’est le cas lors du match As Tado # Hodio comptant pour la vingt-septième journée de la Ligue2. Après avoir donné un carton rouge à un joueur de Dadjè, un responsable de l'As Tado monte sur le terrain pour prendre l'arbitre central, Lookman Alao à partie. Menacés par le public de Dogbo, lui et ses assistants ont dû arrêter prématurément la partie pour prendre leurs jambes au cou. N’eût été la diligence de la Police, le pire serait survenu. Comme lors de cette rencontre, plusieurs dirigeants de clubs se sont déjà montrés très passionnés lors des différents matches.
Ces actes de hooliganisme sont dénoncés par l’Association pour la promotion des valeurs sportives (Apvs). « Nous condamnons avec rigueur ces situations devenues récurrentes et qui ne présagent pas d'une bonne sécurité sur nos stades et qui vont à l'encontre des règles qui régissent le football », a fait savoir la présidente de l’Apvs, Rafiatou Sitou.
Les dirigeants du sport béninois et notamment ceux du football doivent prendre la question des violences sur les stades au sérieux afin que le pire n’arrive pas. Cela passe par la formation des acteurs à différents niveaux. Comme la plupart du temps, les actes de violences proviennent des contestations des décisions des arbitres, il faut davantage aguerrir ces derniers à travers des formations et recyclages réguliers. Autant les arbitres ont besoin de formations, autant les dirigeants, les entraîneurs et les supporters doivent faire preuve d’un minimum de fair-play afin que les matchs de football sur nos installations sportives n'aboutissent pas à des dégâts corporels ou matériels. Il va falloir renforcer la sécurité autour des aires de jeu afin que des individus ne montent plus facilement sur le terrain lors des contestations. La Ligue de football a donc intérêt à associer la Police républicaine à toutes les rencontres pour la sécurité des joueurs, des arbitres, des dirigeants et des supporters. Aussi, est-elle tenue de sanctionner ces actes, en appliquant de manière rigoureuse les textes en vigueur. C’est la condition sine qua non pour éviter que les supporters béninois ne sèment la terreur dans nos stades comme les Bushwackers de Millwall, la Casual Firm Paris du Psg et les Head hunters de Chelsea, ces grands groupes de hooligans qui font parler d’eux en Europe.

Société 08 mai 2019


Nouvelle cimenterie du Bénin: Trois nouveaux bus mis à la disposition du personnel

Soucieuse du transport dans les meilleures conditions de son personnel, la Nouvelle cimenterie du Bénin (Nocibe) a procédé, 30 avril dernier à Massè (Commune d’Adja-Ouèrè), à la mise à sa disposition de trois nouveaux bus. Ses travailleurs résidant à Covè, Pobè, Kétou et environs n’ont donc plus de souci à se faire pour leur déplacement en tout confort.

Trois bus flambant neufs de marque Volvo, de 60 places chacun, pour un coût total de près de 370 millions F Cfa, c’est le cadeau de la fête du travail offert au personnel de la Nouvelle cimenterie du Bénin (Nocibe). La remise des clés de ces autocars acquis auprès de la société Smt Bénin, distributeur officiel de Volvo au Bénin, a eu lieu, mardi 30 avril dernier dans les locaux de la cimenterie sise à Massè, commune d’Adja-Ouèrè.
Pour le directeur général adjoint de la Nocibe, Sylvain Casalis, l’acquisition de ces bus est le témoignage de ce que les meilleures conditions de travail du personnel tiennent à cœur la direction générale de la cimenterie et particulièrement son président-directeur général, Latfallah Layousse. Ce dernier « pense toujours à la santé, à la sécurité, au bien-être et à l’épanouissement de tous les salariés de la société et même quand les temps sont difficiles », a-t-il laissé entendre. Il n’en veut pour preuve que le contexte économique «morose et difficile sur le plan national » dans lequel intervient l’investissement pour l’achat de ces trois autobus réceptionnés. Trois autres de 30 places sont en instance de sortir du port de Cotonou, a-t-il annoncé.
Le parc auto de Nocibe comptait jusque-là 15 minibus de 30 places. Les nouveaux bus augmentent la capacité de transport du parc automobile de l’entreprise de 431 à 615 sièges par rotation, soit plus de 42 %, améliorant ainsi la qualité du transport au grand bonheur du personnel qui ne cache pas sa satisfaction.
Recevant les clés de ces cars, la responsable du transport du parc automobile de Nocibe a témoigné sa « profonde gratitude » à la direction générale de la société pour sa sollicitude constante envers le personnel. La mise en service de ces bus permettra de transporter dans de meilleures conditions les agents, a souligné Faoziath Yaya, avant de promettre, au nom de ses collègues, qu’un usage à bon escient sera fait du matériel mis à leur disposition, en réponse au souhait du directeur général adjoint. Une formation des conducteurs a été assurée à cet effet par la Smt-Bénin, a-t-elle indiqué.
Sylvain Casalis a saisi l’occasion pour exhorter les travailleurs à prendre la mesure des efforts déployés par la Nocibe pour l’amélioration continue des conditions de travail et à accomplir en retour leurs tâches comme cela se doit,chacun à son niveau. Le seul gage pour assurer la pérennité des activités de la société, a-t-il martelé, c’est la recherche de l’amélioration continue du rendement et du résultat de chacun. L’entreprise jouant sa partition, il revient alors aux agents d’honorer leur engagement avec dévouement et professionnalisme.

Société 08 mai 2019


Complicité de vol à main armée (8e dossier): Hyppolite Bocovo acquitté au bénéfice du doute

Mis en détention depuis le 6 mai 2016 pour complicité de vol à main armée, le sieur Hyppolite Bocovo a été acquitté hier mardi 7 mai 2019, soit trois ans après. C’est le dénouement du huitième dossier dont a connu la première session criminelle du Tribunal de première instance de Cotonou. Une affaire pour laquelle a subsisté le doute constant de l’implication réelle de l’accusé.

Mêlé ou non au crime, Hyppolite Bocovo est désormais libre. L’accusé du huitième dossier au rôle de la première session criminelle du Tpi de Cotonou a été acquitté au bénéfice du doute, au terme d’une audience qui n’aura pas permis d’établir manifestement sa culpabilité. Il était en effet poursuivi pour complicité de vol à main armée. Est-il vraiment innocent ? Comment s’est-il retrouvé dans une telle posture ?

Les faits !

Dans la matinée du 14 mars 2014, le nommé Achille Bocovo s’est introduit à l’agence Boa de Aïdjèdo, armé d’un pistolet de fabrication artisanale, obtenu avec le concours de son neveu Hyppolite Bocovo. A l’entrée de la banque, il a tiré un coup de feu sur le vigile qui gardait l’accès en le blessant au bras. Après s’être introduit dans la banque et mis au respect tout le personnel, il a réussi à se faire remettre la somme de dix-neuf millions six cent trente-neuf mille cinq cent quatre-vingt-trois (19.639.583) F Cfa. A la sortie de la banque, il a immobilisé un véhicule de marque Mazda dont il a extrait le conducteur et à bord duquel il a pris la fuite avec son butin. Aussitôt poursuivi par la police, l’aigrefin a abandonné le véhicule et a tiré des coups de feu. Mais c’était sans compter avec la dextérité des forces de l’ordre. Leur riposte a été prompte de telle sorte que le filou a été atteint mortellement d’une balle.
Les recherches aux fins de découvrir l’origine de l’arme utilisée par Achille Bocovo pour le cambriolage, ont permis d’interpeller son neveu Hyppolite Bocovo. Celui-ci a d’ailleurs reconnu avoir conduit son oncle successivement à Sèhouè et à Klouékanmè pour l’achat de deux pistolets à munitions. Arrêté, écouté puis auditionné par le juge du cinquième cabinet du Tpi de Cotonou qui a instruit l’affaire, le nommé Hyppolite Bocovo a été mis en détention le 6 mai 2016 pour complicité de vol à main armée. C’est ainsi qu’il se trouva pris au piège d’un crime auquel il jure ne pas avoir participé ni de près, ni de loin, malgré certains faits préjudiciables.

Quand le doute devient salvateur !

A la barre hier, l’accusé nie sans ambages son implication dans le cambriolage orchestré par son oncle. Il dit ne même pas avoir été mêlé à la formation du dessein criminel. Voilà qui est bien surprenant quand l’accusé lui-même reconnaît avoir accompagné son oncle pour l’acquisition d’une arme. Comment le nommé Achille Bocovo, dépanneur de métier, aurait-il pu réussir à manier si facilement une arme sans le concours professionnel de son neveu Hyppolite Bocovo, un radié de l’armée. Il est donc difficile de croire en l’innocence de l’accusé qui jure à en pleurer, ne pas savoir ce à quoi était destinée l’arme acquise par son oncle en sa présence. En outre, l’accusé a fait preuve d’une inconstance déconcertante avec des déclarations aux antipodes de celles qu’il a tenues devant le magistrat instructeur et à l’enquête préliminaire. Il avait en effet affirmé que son oncle lui avait confié sa volonté d’en finir avec la souffrance et de devenir riche, et c’est ainsi qu’il a souhaité que lui, son neveu, qui sait manier les armes, l’accompagne pour qu’ils aillent s’en procurer. Des déclarations que l’accusé Hyppolite Bocovo a entièrement niées hier.
Pour le ministère public, la manœuvre est bien connue : se dérober en l’absence de témoins. Mais certains faits permettent de conclure à la culpabilité de l’accusé. Il s’agit en l’occurrence de son implication active dans l’acquisition de l’arme qui a servi au cambriolage. Dans son réquisitoire, le ministère public a insisté sur l’existence de l’élément intentionnel. Il a martelé que
Hyppolite a aidé Achille à se procurer l’arme en parfaite connaissance de l’intention criminelle de son oncle. C’est pourquoi il a requis que l’accusé soit condamné à la peine de 15 ans de réclusion. Le conseil de la partie civile, Me Simplice Dato, représentant la Boa, est allé dans le même sens et a réclamé 3 millions en termes de dommages-intérêts pour les préjudices de tous genres (psychiques et physiques) subis par les victimes. Mais la défense a démontré magistralement l’absence d’élément pouvant emporter la culpabilité de l’accusé. Me Julien Aplogan a plaidé non coupable après avoir démonté les démonstrations de la partie civile et du ministère public. A l’en croire, rien n’établit que son client Hyppolite a participé au dessein, formé une quelconque entente ou fourni son concours dans le cadre du braquage proprement dit.
Le doute a royalement plané sur cette affaire. Or, l’un des principes de droit stipule qu’il vaut mieux laisser en liberté mille coupables que de condamner un seul innocent. Sans preuves tangibles emportant la culpabilité de l’accusé, le tribunal, après en avoir délibéré, a alors acquitté le nommé Hyppolite Bocovo au bénéfice du doute.
Composition du Tribunal

Président : Sosthène Agbowaï

Assesseurs :
Clotaire Zounho
Eric Ahéhéhinnou
Sandrine Mongbo
David Anani

Ministère public : Rodrigue Ago

Société 08 mai 2019


Xavier René Pérrin, gynécologue-obstétricien au Chu-Mel: « La ménopause n’est plus un frein à la procréation de nos jours »

Contrairement au passé, une grossesse est encore possible après la ménopause. La fertilité chez la femme est naturelle, certes, mais elle peut être aussi suscitée médicalement. Le gynécologue-obstétricien, Xavier René Pérrin, directeur des Affaires médicales au Centre hospitalier universitaire de la Mère et de l’enfant Lagune (Chu-Mel) Cotonou, explique ici les merveilles en la matière.

La Nation : Qu’entend-on par la ménopause chez la femme ?

Xavier René Pérrin : La ménopause est une question physiologique et un phénomène naturel. Elle est une étape normale de la vie de la femme, de la même manière qu’à l’adolescence elle a commencé par avoir ses premières règles, quand elle atteint un certain âge le cycle menstruel change jusqu’à s’éteindre. Pendant que la ménopause s’installe, la femme a des signes qui la dérangent parce que les hormones qu’elle secrète chutent, entraînant beaucoup d’effets secondaires ou de désagréments. Ces effets aussi finissent par s’estomper pour laisser la ménopause complètement s’installer. Au cours de cette période, on assiste à l’arrêt de l’activité des ovaires qui produisent des ovocytes, c’est-à-dire des cellules qui permettent la grossesse. Donc, c’est un phénomène tout à fait naturel qui permet à la femme qui a 45 ou 50 ans de se reposer et de s’occuper de ses enfants ou de ses petits-enfants. Il arrive cependant qu’elle apparaisse beaucoup plus tôt, avant 40 ans, chez de jeunes femmes souhaitant avoir encore des enfants. Les ovaires, s’ils sont encore présents, ne possèdent plus assez de follicules pour parvenir à maturation et donner lieu à une ovulation. Sans cette dernière, les règles disparaissent. Les ovaires ne sécrètent plus d’œstrogène ni de progestérone. Quel que soit l’âge ou la cause de la ménopause, les conséquence biologiques sont les mêmes. Elle peut être d’origine génétique quand la femme a des problèmes à la suite de traitement ou si elle a été opérée pour une autre maladie comme le cancer, et qu’on ampute les ovaires. Donc quand les ovaires ne produisent plus des ovocytes avant 40 ans, il y a la ménopause précoce. C’est la carence hormonale caractéristique de la ménopause qui engendre des symptômes divers comme des bouffées de chaleur, la sécheresse vaginale et des troubles du sommeil.
Cela peut sans doute avoir une influence, puisque ce sont l'hypothalamus et l'hypophyse, deux régions situées à la base du cerveau, qui contrôlent le fonctionnement des ovaires et les sécrétions hormonales. Les révélateurs d'une paresse des ovaires chez des femmes qui ont subi un traumatisme important comme un deuil ou un accident peuvent être à la base de la ménopause chez une femme de 40 ans. En plus, chez les plus jeunes, un choc psychologique ou une anorexie sont susceptibles de provoquer la disparition des règles dont les mécanismes ne sont pas les mêmes que la ménopause, mais uniquement de façon transitoire.

La procréation est-elle encore possible après la ménopause ?

On entend souvent dire qu’une grossesse après la ménopause est impossible. Bien que cela soit vrai par le passé, dans de très nombreux cas, la médecine actuelle permet de restaurer la fécondité des femmes, dans des limites qui touchent à la biologie et à l’éthique. Grâce aux Procréations médicalement assistées (Pma) et plus précisément au don d'ovocytes, la fertilité ne chute plus avec l'âge. Cette méthode consiste à manipuler un ovule et un spermatozoïde pour procéder à une fécondation afin de répondre à certaines difficultés à concevoir, sans pour autant traiter la cause de l’infertilité. La Stimulation ovarienne, insémination artificielle, la fécondation in vitro(Fiv), l’injection intra cytoplasmique (Icsi), le don de sperme, la préservation de la fertilité, le diagnostic préimplantatoire sont autant de stratégies découvertes pour répondre aux besoins des femmes âgées désireuses de faire d’enfant.
Un traitement à base de facteurs de croissance permettrait de relancer les règles et la production d'ovules viables après la ménopause. Avoir un enfant passé 40 ans, c'est de plus en plus fréquent. De nouvelles stratégies repoussent, aujourd’hui, les limites de la conception tardive. Elles ont permis de relancer les règles et de restaurer la production par les ovaires d'ovules viables après la ménopause. Avec le recours à ces méthodes, la possibilité d’une grossesse dans la ménopause a augmenté de manière significative pour les femmes. Alors qu’il y a dix ans, on parlait de « grossesse tardive» pour les futures mamans âgées de 40 ans.
Les techniques de préservation de la fertilité offrent la possibilité à toutes les femmes qui le souhaitent pour des raisons sociales ou parce qu’elles sont atteintes d’un cancer de reporter leur maternité. Elles permettent, quant à elles, de reporter la maternité ou de mettre à l’abri ses ovocytes avant un traitement du cancer par exemple. La méthode la plus commune consiste à cryopréserver les ovocytes obtenus après stimulation ovarienne, afin qu’ils puissent être utilisés plus tard, quand la patiente le choisira. Les femmes atteintes d’un cancer ou d’une autre maladie nécessitant un traitement par chimiothérapie ou radiothérapie peuvent aussi avoir recours à la congélation du tissu ovarien, la transposition des ovaires, la protection médicale des gonades ou la maturation in vitro des ovocytes. Ces traitements de préservation de la fertilité ne garantissent pas infailliblement une grossesse, mais permettent à minima d’en envisager une.

Quelles sont les autres méthodes de fécondation chez la femme ménopausée ?

La fécondation in vitro (Fiv) consiste à provoquer la rencontre d’un ovule et d’un spermatozoïde en laboratoire. Cette technique peut être réalisée avec des gamètes provenant d’un don de sperme ou d’un don d’ovocytes, ou avec celles des conjoints. Le protocole débute par la stimulation des follicules, puis se poursuit avec leur prélèvement lorsqu’ils sont matures.
La fécondation in vitro avec l’intracytoplasmicsperm injection(Icsi) vise à injecter un spermatozoïde directement dans l’ovocyte. Cette technique répond avec efficacité aux problèmes de stérilité masculine. Cette étape mise à part, le déroulement du protocole reste identique à celui de la Fiv classique. Même si les différentes méthodes utilisées ne sont pas sans danger, la ménopause n’est plus un frein à la procréation de nos jours.

Quels sont les dangers de ces méthodes ?

Les inconvénients sont surtout relatifs aux coûts onéreux et tous les centres qui la pratiquent ne garantissent pas toujours le succès. Il arrive que les traitements aient des effets secondaires. En outre, la Fiv augmente les taux de grossesses multiples et les grossesses extra-utérines. Finalement, il faut rappeler que la Fiv n’empêchera pas la transmission à la descendance des anomalies génétiques qui peuvent expliquer l’impossibilité de procréer naturellement.
Les patientes présentant un risque de perte de la fonction ovarienne sont les patientes atteintes de cancer qui doivent subir un traitement de chimio ou radiothérapie comme les maladies auto immunes qui exigent une chimiothérapie, les transplantations de moelle osseuse ou femmes avec risque de chirurgie ovarienne à répétition, comme l’endométriose par exemple.
Les avantages de la fécondation in vitro sont multiples. La Fiv permet une grossesse lorsque les trompes de la femme sont bouchées ou lorsque la qualité du sperme est insuffisante pour une grossesse spontanée. Si la Fiv est combinée au don d’ovule, elle permet à des femmes avec des ménopauses précoces de porter une grossesse à terme. Dans le cas de maladies génétiques héréditaires graves, et dans les pays où cela est permis, la Fiv permet d’avoir accès à une cellule embryonnaire, de l’analyser pour voir si l’embryon est atteint par la maladie, et de ne transférer dans l’utérus de la mère que des embryons sains.

Comment vivre sa ménopause ?

L'effet de la ménopause précoce le plus prégnant chez les femmes en âge d'avoir un projet parental est généralement l'infertilité. Toutefois, à plus long terme, l'Insuffisance ovarienne prématurée (Iop) a d'autres répercussions sur la santé. Ainsi, elle peut favoriser les fragilités osseuses et les fractures dues à l'ostéoporose, ainsi que les maladies cardiovasculaires.
Disons qu’il y a des femmes qui ont la ménopause sans problème et certaines femmes qui sentent certains troubles dont le plus connu est cette fameuse bouffée de chaleur et ses transpirations. Au bout d’un certain temps normalement, ça passe mais il y a des traitements qui peuvent être donnés pour calmer ces bouffées de chaleur.
La femme peut avoir recours au gynécologue pour l’aider à mieux supporter si elle ressent les effets secondaires dont j’ai parlé tantôt. Ce sont des signes qui dérangent parce que les hormones chutent et cela peut causer beaucoup d’effets secondaires. C’est le moment de refaire tous les bilans de santé notamment le dépistage du cancer du sein, du col de l’utérus qui se fait au cours de la consultation elle-même et aussi des mesures telles que faire un peu de sport et surveiller son alimentation, car vous entassez pas mal de problèmes de santé. Donc vous devez mieux faire attention à votre alimentation qui est le premier médicament de l’homme. Il faut faire attention à ce qu’on mange, diminuer tout ce qui est gras, glucidique pour préférer les légumes, les fruits, et faire du sport. La ménopause s’accompagne souvent d’une chute de calcium. Donc c’est bien de se focaliser un peu sur les produits qui sont riches en calcium.Les femmes qui sont souvent suivies par leur médecin sont renseignées. Maintenant, c’est une consultation de routine où des conseils sont donnés et où on peut poser des questions et avoir plein d’informations.

Santé 08 mai 2019


Contamination des aliments: Les métaux toxiques font des ravages

L’environnement est menacé par diverses pollutions auxquelles s’ajoute la contamination par des métaux toxiques avec ses conséquences sur le cadre de vie et la santé. Selon les spécialistes, celle-ci est due à l’alimentation. Face à la persistante dégradation qu’elle occasionne sur la santé des populations, les autorités sont appelées à intensifier des actions de sensibilisation aux fins d’une meilleure espérance de vie.

Les métaux toxiques, éléments chimiques dangereux pour la santé humaine sont partout dans l’environnement ; dans les eaux, les aliments de consommation notamment les produits bruts et puis les produits transformés, par les processus industriels et agricoles, donc du fait des activités humaines. Les métaux particulièrement préoccupants au regard des effets nocifs sur la santé sont le mercure, le plomb, le cadmium, l’étain et l’arsenic. Le mercure et le plomb sont appelés métaux lourds en raison de leur poids atomique élevé au même titre que d’autres métaux potentiellement toxiques. C’est le cas du chrome et l’uranium qui sont pour la plupart présents dans l’alimentation ou dans l’eau. Un certain nombre de métaux sont associés à des effets sur la santé des personnes exposées au lieu de travail. Il s’agit du béryllium et le nickel dont les effets nocifs sont associés à l’inhalation de poussières métalliques, provoquant des lésions pulmonaires. La toxicité de ces métaux est en partie due au fait qu’ils s’accumulent dans les tissus biologiques, à travers un processus connu sous le nom de bioaccumulation. Il se produit chez tous les organismes vivants du fait de l’exposition aux métaux présents dans les aliments et dans l’environnement, y compris les animaux destinés à l’alimentation tels que le poisson et les bovins ainsi que chez les humains. « Nous devons faire l’effort de contrôler nos produits et notre alimentation par rapport à ces éléments chimiques », conseille Mathias Abléto, chef département de la physicochimie et des formulations du Laboratoire central du contrôle de la sécurité sanitaire des aliments.

Potentielle source des métaux toxiques

Les métaux toxiques peuvent se retrouver dans les aliments par diverses sources. Il y en a qui proviennent de l’environnement dont les gaz d’échappement, les odeurs dégagées par les usines, notamment les déchets que les industriels déversent dans les eaux dont les huiles des vidanges qui sont contaminées par des métaux. Ils déversent ces eaux dans les caniveaux qui vont dans les rivières, les lacs et la mer et contaminent les poissons et les crabes très prisés des humains. La liste n’est pas exhaustive, selon Mathias Abléto. Il explique également que des machines utilisées pour la fabrique de différents produits de consommation étant faites à base de ferraille, chaque fois que les produits passent, elle s’y dégrade et contamine l’homme. « Même les casseroles et les louches que nous utilisons en aluminium sont contaminées. Par exemple, une bonne dame qui achète une casserole et l’utilise pendant deux ans, cette casserole va se dégrader. L’aluminium se repartit dans la sauce et la pâte que nous consommons au jour le jour. Lorsque la concentration dans l’organisme va atteindre un seuil donné, on commence par tenir le ventre et la tête », a expliqué le chef département de la physicochimie et des formulations du Laboratoire central du contrôle de la sécurité sanitaire des aliments.

Quelles solutions ?

Certains effets des métaux toxiques peuvent être évités, en revanche d’autres ne peuvent pas l’être d’après les explications de Mathias Abléto. « Ceux qu’on peut éviter, ce sont les parties culinaires, c’est-à-dire nos habitudes alimentaires. On peut changer de temps en temps les ustensiles de cuisine ou ils doivent être en inox, même les moulinettes », a-t-il expliqué. « Au niveau de l’environnement, s’il y a une bonne politique de surveillance et de protection, on peut éviter les impacts de la pollution. Par exemple, les décharges des déchets généralement versés dans les eaux et les tas d’ordures qui sont des sources de contamination potentielle », insiste Mathias Abléto. Il revient aux dirigeants, rappelle-t-il, de prendre les dispositions pour éviter ces genres de contamination. Les populations doivent également s’habituer aux matériels en inox ; cela permettra de réduire les contaminations par des métaux toxiques. Il faut par ailleurs, soutient-il, que les importateurs fassent de l’analyse, une priorité avant de déverser leurs produits sur le marché. Car, l’analyse permet de déterminer si le produit est contaminé ou pas. La contamination est un phénomène naturel et chimique qui se produit au moment de la production, du stockage, du transport… que nul ne maitrise. « Le produit fini doit être systématiquement contrôlé au laboratoire pour être sûr de la qualité. Même si ce sont des produits bio, la nature elle-même ajoute des choses que nous ignorons. Ceux qui disent que les produits sont bio ne font pas des analyses or ils doivent le faire parce qu’il n’y a pas de produit bio », a détaillé le technicien. Il y a des substances chimiques qui rentrent dans les plantes par des mécanismes rationnels. On doit prendre le thème bio avec beaucoup de réserves, a martelé le chef département physicochimie et des formulations du Laboratoire central du contrôle de la sécurité sanitaire des aliments.

Société 08 mai 2019


Gestion des risques liés au transport des matières radioactives: La rédaction de l’acte réglementaire amorcée

Le Bénin accueille du mardi 7 au vendredi 10 mai, les experts de l’Agence internationale de l’énergie atomique (Aiea), dans le cadre de l’atelier national sur la rédaction d’un règlement relatif à la sécurité du transport des matières radioactives. Cet atelier qui mobilise également les cadres de différentes structures du Bénin sera une occasion de renforcement de capacité, pour la maîtrise des risques et menaces des effets de la radioactivité.

La rédaction d’un règlement relatif à la sécurité du transport des matières radioactives mobilise les experts de l’Agence internationale de l’énergie atomique (Aiea) et des cadres de différentes structures du Bénin, sous la conduite du professeur Martial TiburceZannou, point focal Inssp du Bénin.
Il sera question pour les participants d’élaborer un outil indispensable à la fois juridique et technique qui vient renforcer les mesures déjà prises sur le plan national, en vue de garantir la sûreté et la sécurité nucléaire du Bénin, a informé le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération, l’ambassadeur Hervé Djokpé, représentant le ministre Aurélien Agbénonci au lancement de l’atelier. Selon ses explications, la rencontre permettra de rédiger et de finaliser le projet de décret relatif à la sécurité de transport de matières radioactives, sur la base des recommandations internationales. Ainsi, les participants auront l’opportunité de se familiariser davantage avec la thématique de transport des matières radioactives pour mieux évaluer les besoins du pays, en vue de l’élaboration, à terme, d’un document de référence pour une gestion efficace des risques liés aux transports de ces matières. Un texte qui va renforcer le régime de sécurité nucléaire du Bénin, d’après David Ladsou, expert Aiea de la division de la sécurité nucléaire. Ce dernier a invité chaque participant à contribuer à l’élaboration d’un texte qui sera applicable par les transporteurs et les installations qui détiennent des matières radioactives ou qui les reçoivent. « L’utilisation pacifique des matières radioactives apporte beaucoup de bénéfices dans le domaine médical, industriel, de l’agronomie et dans les différents domaines qui visent le développement d’un pays », a-t-il affirmé. Néanmoins, poursuit-il, le risque ou la menace que des personnes malveillantes pussent prendre ces radioactifs pour porter atteinte à la population, à la société et à l’environnement existe. « La menace terroriste existe et l’une des missions d’un état est de développer un régime de sécurité nucléaire qui vise à réduire cette menace et à en réduire les effets avec succès », a souligné l’expert de l’Agence internationale de l’énergie atomique.
Ces différentes menaces demeurent une source d’inquiétude surle plan international et continuent d’être considérées comme une menace pour la sécurité régionale et internationale a soutenu l’ambassadeur Hervé Djokpé, officier national de liaison avec l’Aiea. « Il est largement admis que la responsabilité de la sécurité nucléaire incombe entièrement à chaque Etat. Les systèmes nationaux appropriés, efficaces et performants de sécurité nucléaire sont essentiels pour faciliter l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire et renforcer les efforts mondiaux de lutte contre le terrorisme nucléaire », confie-t-il. Il conseille de maintenir une veille stratégique permanente et un dispositif national très soutenu en vue d’une réaction énergique face aux incidents et accidents qui pourraient survenir lors des transports des matières radioactives.
Le Bénin prendra de l’avance avec ce texte, pour mieux assoir l’autorité de réglementation, a précisé pour sa part, le professeur de droit des universités, Martial Tiburce Zannou point focal Inssp du Bénin. Son souhait est que l’Aiea continue d’appuyer le Bénin dans la mise en œuvre de la réglementation et la rédaction des textes subséquents. Toutes choses qui visent à inscrire le Bénin dans le palmarès des états membres de l’Agence internationale de l’énergie atomique qui ont déjà leur autorité de réglementation. Rappelons que l’atelier sera sanctionné par la délivrance de certificat à chaque participant, parmi lesquels l’on retrouve la Douane, la Police républicaine, les sapeurs-pompiers…

Actualités 08 mai 2019


Coups mortels sur mineur de moins de 15 ans (Suite du 5e dossier): Issa Hafizou condamné à 7 ans de prison ferme

Renvoyé au lundi 6 mai, le cinquième dossier de la première session criminelle du Tribunal de première instance de Cotonou, portant sur les faits de coups mortels sur mineur de moins de 15 ans a connu son épilogue hier. Bien que l’accusé soit resté constant dans sa dénégation des faits, le tribunal l’a déclaré coupable et condamné à sept ans d’emprisonnement ferme.

7 ans de réclusion criminelle pour Issa Hafizou, soit environ 2 ans encore de prison pour le jeune homme en détention depuis novembre 2014. Il a été reconnu coupable de coups mortels avec pour circonstance que ces coups donnés sans intention de donner la mort l’ont pourtant occasionnée.
A l’audience d’hier, l’accusé ne se reconnaît toujours pas dans les faits qui lui sont reprochés. Poursuivi pour avoir battu à mort une fillette de 4 ans environ, dont il avait la garde, l’accusé a de façon constante nié les faits et ce, en présence du témoin qui a comparu hier, son colocataire Fidèle Fabiyi. D’ailleurs les déclarations de l’unique témoin sont en sa faveur. Donnant sa version des faits, ledit témoin a décrit l’accusé comme un tuteur généreux et un compagnon aimable. Il est alors difficile de penser que celui-ci ait pu battre à mort la petite fille qu’il chérissait et comblait de cadeaux. Néanmoins, il y a des constances dans le dossier, des faits qui sont irréfutables.
Ce sont ces faits que le ministère public va arborer dans ses plaidoiries. Notamment, le rapport d'examen clinique réalisé le jour même du drame, qui fait état de lésions cicatrisées. Il s'agit donc d'une fille régulièrement battue. Le ministère public évoque le témoignage de l'un des voisins de l’accusé, Mohamed Abdoulaye, qui fait savoir qu'il a entendu, le jour des faits, un bruit ressemblant à celui d'un corps qui a été projeté contre le mur. A la charge de l’accusé, le ministère public fait également référence au rapport du médecin légiste qui indique que la victime a reçu un coup qui a eu un effet contondant. Pour le ministère public, l’infraction de coups mortels est constituée. Il rappelle qu’au moment des faits, c’est l’article 312 du Code pénal qui prévoit et punit cette infraction de la peine de travaux forcés à perpétuité lorsque l'auteur est père, mère ou avait la garde de l'enfant. Le nouveau code pénal en son article 515 alinéa 4, prévoit pour cette infraction la réclusion criminelle à perpétuité. Mais prenant en compte les circonstances atténuantes que constituent le soin et la tendresse donnés par l’accusé à l’enfant selon les témoignages, le ministère public a requis que Issa Hafizou soit condamné à 15 ans de réclusion criminelle.

Bien coupable !

Le Conseil de l'avocat, Me Roméo Godonou, ne démord pas. Il a clamé l’innocence de son client et plaidé non coupable. Il note que les enquêtes diligentées par la police sont dirigées dans le sens d’accuser coûte que coûte la première personne soupçonnée. Il s’agit, selon lui, d’une mauvaise habitude de la police. « La police ne cherche pas à savoir s'il y aurait le moindre doute. Elle concentre tout sur le premier accusé. Les enquêtes ne sont pas approfondies, ce sont des enquêtes uniquement à charge », va soutenir la défense. Il souligne que le rapport de la police fait état d'une inimitié permanente avec le voisinage et pourtant la police a donné foi aux témoignages du voisinage qui accablent l’accusé. Me Roméo Godonou dénonce en outre le témoin Abdoulaye comme ayant fait un faux témoignage en déclarant qu'il a associé les autres voisins au constat. Ce qu'un des voisins a réfuté. Pour le conseil de l’accusé, il s'agit d'un montage. C'est, selon lui, un dossier rempli de doutes. « L'accusé vivait dans un environnement malsain où le voisin était jaloux de lui, parce qu'il était apparemment le plus nanti. Il était le seul à avoir une moto. Et comme si cela ne suffisait pas, il a acheté un vélo à cet enfant après 5 mois », a ajouté la défense. La mère de la fille décédée a elle-même déclaré : « Mon mari ne peut jamais faire ça ». S'il y a coups, l'accusé n'est pas l'auteur des coups, selon Me Roméo Godonou ; et il n’existe aucun lien de causalité entre les coups et la mort survenue. « Le rapport d'expertise stipule que la fille est morte d'une hémorragie interne au niveau de l'abdomen. Ce rapport n’informe pas sur le lien de causalité entre les coups et la mort survenue », va-t-il préciser. A l’en croire, un doute épais persiste. C'est pourquoi, il a plaidé pour que l'accusé soit relaxé au bénéfice du doute.
Après en avoir délibéré, le tribunal a déclaré le nommé Issa Hafizou coupable d’avoir volontairement porté des coups et des blessures à la petite fille Filoss avec pour circonstance que ces coups donnés sans intention de donner la mort l’ont pourtant occasionnée. Des faits prévus et punis à l’article 312 du Code pénal applicable au moment des faits. Le tribunal l’a alors condamné à la peine de 7 ans de réclusion criminelle. Il a quinze jours pour relever appel.

Rappel des faits

Le drame remonte à novembre 2014. Au moment des faits, l’accusé Issa Hafizou et dame Hodalo Djakate vivaient en concubinage depuis environs six mois au quartier Sainte Rita à Cotonou. Le 19 novembre 2014, alors que dame Hodalo Djakate était, comme à son habitude, sortie très tôt de la maison pour son activité commerciale, les pleurs de son enfant âgé de 4 ans environ se font entendre. Quelques instants après, Issa Hafizou est sorti précipitamment de la chambre et s’en est allé après avoir avisé une cohabitante de ce que l’enfant est malade et couché à l’intérieur. Mais une fois dans la chambre, il a été constaté que la fillette était apparemment sans vie. C’est alors qu'Issa Hafizou sera rappelé et, à son arrivée, conduit au commissariat de police de Fifadji avec dans les bras, la fillette enveloppée dans un pagne. Emmenée immédiatement à l’hôpital, cette dernière a été déclarée morte après un examen clinique. Soupçonné d’avoir battu l’enfant à mort, Issa Hafizou a été gardé pour les besoins de l’enquête avant que sa compagne Hodalo Djakato soit arrêtée le même jour pour complicité. A toutes les étapes de la procédure, l’accusé Issa Hafizou avait reconnu les faits pour lesquels il est poursuivi. Sa compagne, quant à elle, a bénéficié d’une ordonnance de non-lieu à l’instruction.

Composition du tribunal

Président : Eric Marcel Ahehehinnou

Assesseurs :
Jules-Clotaire Zounho
Edibayo Joanna Dassoundo-Gnacadja
Ambroise Adjiboye
Islamiath Moustapha Noukpo

Ministère public : Jules Ahoga

Société 07 mai 2019


Indice harmonisé de la production industrielle: L’industrie alimentaire enregistre une bonne performance en 2018

L’Institut national de la statistique et de l’analyse économique (Insae) vient de publier son bulletin trimestriel de l’Indice harmonisé de la production industrielle. Pour ce premier trimestre 2019, le bulletin a mis l'accent sur le secteur de l’industrie alimentaire. Ce secteur, après avoir été en baisse jusqu’en 2015, a renoué avec la croissance depuis 2016.

Au titre de l’année 2018, le secteur de l’industrie alimentaire a connu une nette progression, soit une croissance de 12,5%. Cette performance, selon une synthèse de la cellule de communication de l’Insae, est le reflet de la bonne tenue de l’activité dans la production de sucre (+39,7%), de maïs (+60,2%) et de bières (+24,4%).
En effet, l’embellie observée au cours de l’année sus-référencée a été atténuée par la morosité dans les branches d’activité de la fabrication d’huile raffinée de coton (-2,0%), de boissons non alcoolisées (-4,0%) et d’eau minérale (-10,3%).
La bonne performance du secteur devrait, selon la synthèse de la cellule de communication de l’Insae, se poursuivre avec l’encouragement des promoteurs des industries à utiliser des intrants locaux.
Il faut indiquer que le bulletin trimestriel de l’Indice harmonisé de la production industrielle (Ihpi) de l’Institut national de la statistique et de l’analyse économique (Insae) offre des possibilités d’analyse de l’évolution et du développement des activités industrielles au Bénin.

Bruno SEWADE

Economie 07 mai 2019


Perspectives économiques 2019 de la Banque africaine de développement: La croissance économique du Bénin bonne, mais vulnérable aux chocs exogènes

Les perspectives de croissance économique du Bénin comme d’autres pays de l’Afrique subsaharienne sont bonnes. Mais, elles restent vulnérables aux chocs extérieurs, en particulier les pluies, les prix mondiaux du coton et du pétrole, et l’évolution de la situation économique du Nigeria. C’est ce que révèle le rapport du premier trimestre 2019 de la Banque africaine de développement (Bad).

Pour cette année 2019, les perspectives économiques de la Banque africaine de développement (Bad) examinent les récentes évolutions macroéconomiques et les perspectives sur le continent. Le rapport du premier trimestre de l’année de l’institution de développement panafricaine met l’accent sur les implications des déséquilibres extérieurs sur la croissance et les défis financiers et monétaires de l’intégration. Le rapport fait aussi cas de la création d’emplois à travers l’analyse du dynamisme des entreprises. Puis, explore les enjeux économiques de l’intégration régionale en Afrique et les politiques susceptibles d’apporter la prospérité.
Selon le rapport, la croissance du Produit intérieur brut (Pib) réel du Bénin devrait être de 6,3 % en 2019 et de 6,8 % en 2020. La croissance du secteur de l’extraction de matières premières devrait atteindre 5,7 % en 2019, tirée principalement par le secteur du coton. La croissance industrielle devrait augmenter de 13,3 % en 2019, grâce aux secteurs du bâtiment et des travaux publics (croissance de 25 %) et de l’électricité et de l’eau, qui devraient croître de 8% lorsque la centrale électrique Maria-Gléta de 120 M W entrera en production. Le déficit budgétaire devrait se stabiliser à 2,6% du Pib en 2019 et à 1,9 % en 2020. La dette publique totale devrait tomber à 53, 3 % du Pib en 2019 et 48,9% en 2020.
Dans le cadre du Plan stratégique de développement du secteur agricole 2017-2025 et du Plan national d’investissement agricole, de sécurité alimentaire et nutritionnelle 2017-2021, sept pôles de développement agricole ont été créés en 2017. La stratégie de promotion de plusieurs sous-secteurs à savoir, maïs, riz, coton, noix de cajou, manioc et ananas, se poursuit.

Intégré au marché régional

Le rapport mentionne que les procédures de création d’entreprises se sont améliorées. Les réformes du secteur de l’électricité engagées en 2016 devraient améliorer la gouvernance et doubler la capacité installée à 500 M W d’ici 2021. Le taux brut de scolarisation a été estimé à 124,82 % en 2015, et la mise en œuvre de la Politique nationale de l’éducation 2018-2021 devrait améliorer le secteur. Des progrès sont visibles dans la lutte contre le Vih/sida avec une prévalence estimée à 1 %.
Membre de l’Union africaine, de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest
(Cedeao) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), le Bénin est fortement intégré au marché régional. Ainsi, 70% de ses exportations sont destinées à l’espace
Cedeao (principalement le Nigeria). Cependant, les opportunités commerciales régionales ont été réduites depuis 2015 en raison des réformes économiques au Nigeria qui ont supprimé les subventions du secteur pétrolier et gazier et interdit la réexportation de riz, de voitures et de vêtements usagés. Le port de Cotonou reste un couloir de transit pour les pays de l’hinterland comme le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
Le Bénin est également intégré aux marchés de capitaux régionaux et accueille des filiales de groupes bancaires régionaux. La libre circulation des personnes reste entravée par des obstacles non officiels aux frontières, qui augmentent les coûts de transaction. Les principaux défis pour le pays sont la diversification des exportations et la modernisation des services commerciaux et des services de commerce et de transport.
Pour ce qui est du déficit budgétaire (dons compris), il a été ramené à 4,7 % du Pib en 2018, contre 5,9 % en 2017, grâce à la mobilisation des recettes (1,2% du Pib) et à la réduction des dépenses courantes.

Au niveau des régionsde l’Afrique

La croissance économique de l’Afrique continue de se renforcer, atteignant 3,5 % en 2018 selon les estimations, soit un niveau comparable à 2017 et en hausse de 1,4 point de pourcentage par rapport aux 2,1 % enregistrés en 2016. L’Afrique de l’Est est en tête avec une croissance du Pib estimée à 5,7 % en 2018, suivie de l’Afrique du Nord à 4,9%, de l’Afrique de l’Ouest à 3,3%, de l’Afrique centrale à 2,2% et de l’Afrique australe à 1,2%. À moyen terme, la croissance devrait s’accélérer pour atteindre 4 % en 2019 et 4,1 % en 2020. Bien qu’inférieure à celle de la Chine ou de l’Inde, la croissance de l’Afrique devrait être supérieure à celle d’autres pays émergents et en développement. Elle est toutefois insuffisante pour réduire le chômage et la pauvreté.
Sur les 4 % de croissance projetés pour l’Afrique en 2019, l’Afrique du Nord devrait représenter 1,6 point de pourcentage, soit 40 %. Cependant, la croissance moyenne du Pib en Afrique du Nord est irrégulière en raison de l’évolution rapide de la situation économique de la Libye. La croissance de la région de l’Afrique de l’Est, qui est la plus rapide, devrait atteindre 5,9 % en 2019 et 6,1 % en 2020. Entre 2010 et 2018, la croissance a atteint en moyenne près de 6%, Djibouti, l’Éthiopie, le Rwanda et la Tanzanie enregistrant des taux supérieurs à la moyenne. Dans plusieurs pays, notamment le Burundi et les Comores, la croissance du Pib reste faible en raison d’incertitudes politiques. La croissance en Afrique centrale se rétablit progressivement, mais elle reste inférieure à la moyenne de l’Afrique dans son ensemble. Elle est soutenue par le redressement des prix des produits de base et une meilleure production agricole. En Afrique australe, la croissance devrait rester modérée en 2019 et 2020, après une légère reprise en 2017 et 2018. Cette croissance modeste de la région est principalement due au faible niveau de développement de l’Afrique du Sud qui affecte les pays voisins.

Economie 07 mai 2019


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