La Nation Bénin...
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Baïonnettes au vent, les militaires béninois ont eu raison du groupe de terroristes et d’extrémistes sur le terrain[/caption]S’inscrivant dans le cadre de la défense opérationnelle du territoire et la poursuite de l’œuvre de consolidation de la capacité des Forces armées béninoises (Fab) au titre de l’année 2018, la manœuvre nationale interarmées « Ma Kon-Hin 2018 » a pris fin dimanche 2 décembre dernier à Ségbana. L'opération ayant débuté, lundi 26 novembre dernier, le clou des actions programmées a été l’assaut final organisé à Benseku, sur l’axe Kandi-Sègbana. Il a été ponctué d'un défilé militaire.
Les objectifs assignés à l’exercice militaire « Ma Kon-Hin 2018 » qui s’est achevé, dimanche 2 décembre dernier, ont été atteints. Une nouvelle fois, les Fab ont fait preuve de leur niveau opérationnel et tactique assez élevés. Le personnel constitué d’officiers, de sous-officiers et de militaires de rang a démontré son savoir-faire en état-major de brigade dans un environnement national et interarmées. La maîtrise des actes élémentaires du combattant, des mécanismes et procédés des missions, ainsi que le respect canevas de comptes rendus, sont les retombées de ces manœuvres.
En effet, engagée depuis 96 heures dans le cadre de cette manœuvre, la brigade a reçu pour mission de s’emparer de la forêt des trois rivières, lieu qu’un groupe armé terroriste et d’extrémistes, celui des Combattants de la Vraie Foi (Cvf) a investi, pour pouvoir déstabiliser le pays. Elle est également appelée à contrôler l’espace compris entre Sègbana, Warandji et Néganzi. Au terme des quatre jours d’engagement, la capacité de nuisance des Cvf a été fortement réduite depuis la ligne de débouchés N’Dali-Nikki jusqu’à la ligne finale Kandi-Sègbana. A l’issue de l’attaque conduite, samedi 1er décembre dernier à Korodji, les éléments résiduels des assaillants en fuite se sont alors emparés du campement peulh de Gbédarou. Localisée, la bande de fuyards a été traitée successivement par des tirs d’artillerie, ensuite par ceux des engins blindés. Les éléments de l’Infanterie se sont ensuite chargés d'en finir avec l’ennemi par un assaut.
Au regard de la réussite que l’exercice a connue, le ministre de la Défense nationale,
Fortunet Nouatin, et le chef d’état-major général, Jean-Baptiste P. Ahoyo, ont estimé qu’il n’y a pas de doute. « Ces manœuvres ont montré à quel point notre armée est prête à parer à toutes les éventualités et aux menaces de toutes sortes », ont-ils fait observer. Abondant dans le même sens, le préfet de l’Alibori, Mohamadou Moussa, tout en louant le caractère sécuritaire et social que revêt cette manœuvre, s’est réjoui du choix porté sur son département pour l’accueillir.
En effet, l’autre volet de l’exercice a été l’assistance aux populations de Sègbana et ses environs, à travers des actions civilo-militaires. Outre la réalisation d’un bloc de latrines à quatre cabines au profit du Collège d’enseignement général, elles ont également bénéficié de soins gratuits dans les domaines de la médecine générale, de la pédiatrie, de la chirurgie et de l’ophtalmologie.
Avec son statut de Général, Mathieu Boni a remercié le Haut commandement de l’armée, pour avoir invité les membres de l’amicale des militaires retraités qu’il préside. Par rapport au professionnalisme dont les officiers de l’état-major ont fait preuve, lors de l’exposé des thèmes et des scénarios, puis de l’exécution de la manœuvre sur le terrain, il a exprimé son satisfecit.
Mission accomplie donc pour le directeur de l’exercice, chef pôle des opérations et entraînements à l’état-major général des Fab, le colonel Tétédé Idjouola. Selon lui, la manœuvre a permis d’évaluer le niveau de compétence atteint par les hommes en armes. Il en est de même pour la capacité d’organisation logistique de la manœuvre depuis Cotonou, jusqu’ici dans l’Alibori.
Au total, 172 véhicules et engins militaires ont été mobilisés pour la cause. C’est pour un effectif de 1 050 hommes mis à contribution sur le terrain. Un défilé militaire auquel ont participé les différentes forces de l’armée de terre, de la marine et de l’armée de l'air engagées, est venu clôturer la manœuvre.
Farid Arab, gestionnaire de communauté et fondateur de Founder Family[/caption]Dans le cadre de la Semaine du numérique à Cotonou, les participants ont eu droit, mercredi 28 novembre dernier, à un partage d’expériences et à un panel respectivement sur l’importance de l’E-sport et le modèle que constituent les villes intelligentes pour l’Afrique. Les débats conduits par d’éminents communicateurs ont permis à l’assistance d’appréhender les sujets.
Deux thématiques ont tenu en haleine, le public ayant effectué le déplacement de la place de la réconciliation ce mercredi 28 novembre, dans le cadre de la Semaine du numérique à Cotonou. A travers le premier thème intitulé « Les villes intelligentes, quel modèle pour l’Afrique? », le panel de communicateurs a permis à l’assistance de comprendre l’intérêt pour les pays africains de développer des villes intelligentes. Selon Emmanuel Dusenge, chef de Projet Smart Cities à Inmarsat, l’économie numérique reste un défi majeur pour les villes africaines. Pour lui, les pays africains doivent continuer à numériser leur économie et faire des technologies de l’information et de la communication (Tic), un catalyseur du développement socio-économique. Car, le paysage technologique mondial est en pleine évolution et offre de ce fait, de nouvelles opportunités et de nouveaux défis. Prenant exemple sur Kigali, il estime que les villes africaines ont un grand intérêt à faire l’option des villes intelligentes, gage de développement durable. Abondant dans le même sens, Romarick Atoké, responsable Architecture et design urbain à l’Agence de Développement de Sèmè-City, a exposé le projet de la Cité de l’innovation et du savoir (Sèmè-City). Selon lui, à travers ce projet, le Bénin ambitionne de créer une cité intelligente. « Sèmè-City est un terrain fertile pour la recherche, la formation professionnelle, l’innovation entrepreneuriale dans les secteurs de l’habitat durable, les énergies renouvelables, l’agriculture urbaine, l’agro-industrie….. » a-t-il expliqué. C’est l’occasion pour Eugène C. Ezin, directeur de l’Institut de Formation et de Recherche en Informatique de rappeler l’intérêt pour les autorités à divers niveaux du pays de faire l’option des villes intelligentes et respectueuses de la protection de l’environnement. Pour Farid Arab, gestionnaire de communauté et fondateur de Founder Family, plus de doute que les Tic vont favoriser le développement des villes car plus de 50% des Africains seront citadins en 2050.
Un marché d’E-sport en progression
Le partage d’expérience autour du thème : « Le gaming et l’E-sport, les nouveaux eldorados du numérique en Afrique » a permis aux jeunes de comprendre la part de marché que constitue le sport électronique de nos jours. Selon Farid Arab, gestionnaire de communauté et Fondateur de Founder Family, cette discipline virtuelle qui fait intervenir les sens de l’homme suscite beaucoup d’engouement dans plusieurs pays. « Le jeu vidéo est une industrie en forte progression », a-t-il martelé. Le marché du Gaming et de l'E-sport est en forte croissance à travers le monde, selon Chris Kouassi Cokson, Tech reporter et directeur de Swyft Group. Pour lui, E-sport permet de se faire des capitaux. Selon ses propos, les chiffres d’affaires sont passés de 66 millions d’euros en 2014 à 4,3 milliards d’euros en 2017. Plusieurs emplois et stages sont créés dans le monde à travers le sport électronique. Les Etats-Unis caracolent en tête des pays où cette industrie se développe dans le monde tandis que l’Afrique du Sud reste le leader sur le continent. Le développement des industries culturelles et créatives sur le continent a permis la création des fédérations d’E-sport dans plusieurs pays. Errol Tony, conseiller technique juridique du ministre en charge des Sports a réitéré l’engagement du gouvernement à accompagner les initiatives de sport électronique au Bénin. Les communicateurs ont rappelé que le Bénin est un pays riche en culture et en héros. C’est pourquoi, ils proposent qu'une industrie du jeu autour de ces héros y soit développée.
Société 04 déc. 2018

Le président de la République a tenu un discours de vérité aux parlementaires participant aux travaux de la 52e session de l’Assemblée parlementaire Afrique Caraïbes Pacifique (Acp) et de la 36e session de l’Assemblée parlementaire paritaire Afrique Caraïbes Pacifique-Union européenne (Acp-Ue). Au regard des enjeux actuels de développement, il a fait part de ses suggestions quant au devenir desdites organisations.
Les parlementaires Afrique Caraïbes Pacifique-Union européenne (Acp-Ue) d’il y a dix ans et plus, c’est fini. Il faut une nouvelle race d’hommes et de femmes. Dans son adresse aux participants de la 52e session de l’Assemblée parlementaire Afrique Caraïbes Pacifique (Acp) et de la 36e session de l’Assemblée parlementaire paritaire Afrique Caraïbes Pacifique-Union européenne (Acp-Ue), le chef de l’Etat béninois, brisant ce qu’il appelle lui-même le « politiquement et le diplomatiquement correct » a servi un discours de vérité qui sonne, à vrai dire comme une exhortation pour un réveil de l’institution. Non pas qu’elle somnole ou sommeille, mais elle doit, de l’avis du président Patrice Talon, se tenir debout pour faire et opter pour la mise en œuvre d’un nouvel élan. La signature des accords de Cotonou II devrait établir, projette le chef de l’Etat, l’établissement d’un « modèle de coopération qui, sans remettre en cause les succès du passé, doit répondre aux défis à venir ». Pour le président Patrice Talon, l’état d’esprit, l’environnement global qui existaient autrefois et qui ont permis de construire ce bel instrument de coopération semblent désormais mis à l’épreuve. « Le multilatéralisme, la coopération n’ont plus, en ces temps, les bons jours qu’ils ont connus jadis et c’est dans ces conditions que se tiennent nos assemblées et vos sessions. Votre tâche est plus immense que ce qu’elle a été dans le passé. Chaque jour qui passe, renforce les difficultés des uns et des autres et met à l’épreuve la solidarité et le multilatéralisme », poursuit le chef de l’Exécutif devant les parlementaires en conclave à Cotonou. Son message d’exhortation ira encore plus loin pour « plus de réalisme et d’innovations dans la conception du rôle nouveau de la coopération Acp-Ue ».
Le chemin parcouru est appréciable, mais on peut constater depuis quelques temps que la dynamique s’essouffle. La coopération Acp-Ue semble manquer de plus en plus de contenu, relève-t-il. « Si nous gardons notre dynamisme et nos élans, notre façon de voir les choses, tels qu’ils l’ont été depuis plusieurs décennies, nous aurons le malheur de constater au fil des années à venir que la dynamique Acp-Ue s’estompera », analyse le président de la République. Son conseil à ce niveau, c’est qu’il faille prendre acte du recul et voir dans quelles mesures agir pour inverser la tendance.
Nouvel élan !
« Nous constatons chaque année que les peuples élisent des populistes. C’est de comprendre ce qui amène au populisme. Nous sommes interpellés à revoir notre façon de concevoir la coopération, le développement, la solidarité afin que nos sessions à venir proposent une gouvernance conforme à l’état d’esprit de nos peuples et de nos gouvernants », laisse-t-il entendre. Aussi, salue-t-il, la résolution envisagée par ces parlementaires pour la promotion des Pme, qu’il entrevoit comme un facteur important de développement. « L’aide au développement a montré ses limites », rappelle-t-il au passage.
Mieux, la coopération commerciale, jadis le principal objectif des parlements Acp-Ue doit faire place à la promotion du développement endogène, suggère le président Patrice Talon. Il se veut en effet formel sur le fait que « le développement de nos pays passe désormais par l’investissement privé, l’implantation et le développement des Petites et moyennes industries ». Le fait pour les sessions de Cotonou de s’y pencher est vu par lui comme « une avancée majeure et une innovation par rapport au rôle classique de l’Acp-Ue». Mais il faudra faire plus, lance le chef de l’Etat qui ne voudrait pas se contenter du peu. Il faut « exhorter à doubler d’énergies ». Les parlementaires d’il y a vingt ans et avant n’ont pas déployé beaucoup d’énergies parce que l’environnement était plus favorable, illustre-t-il. Puis, il indiquera que « désormais, dans un environnement aussi horrible ayant mis tant à l’épreuve la coopération », le rôle devient plus difficile.

Les participants aux travaux de la 52e session de l’Assemblée parlementaire Afrique Caraïbes Pacifique (Acp) et de la 36e session de l’Assemblée parlementaire paritaire Afrique Caraïbes Pacifique-Union européenne (Acp-Ue) ont jusqu’au 5 décembre prochain pour se pencher sur les défis actuels de leurs organisations. Le rendez-vous de Cotonou se veut un tournant décisif pour engager ces institutions sur de nouveaux défis en lien avec le développement.
« Si nous sommes en droit de nous féliciter de la volonté de nos deux parties, Acp et Ue, de poursuivre la coopération qui nous lie, après 2020, il nous faut aussi reconnaitre que de nombreux efforts restent encore à consentir pour que la paix, la sécurité, la stabilité et la démocratie, gages d’un développement durable, deviennent une réalité irréversible dans nos pays ». A l’ouverture des travaux des sessions Acp-Ue de Cotonou, le président du Parlement béninois n’y est pas allé du dos de la cuillère. Il a planté le décor en rappelant à ses pairs que les défis sont nombreux et que le temps presse. Face au nouveau contexte international, au processus de mondialisation et aux changements sociaux et politiques en cours marqués par la montée du protectionnisme, le repli sur soi, le populisme, la xénophobie… il appelle à la vigilance par rapport aux négociations qui se mènent à Bruxelles sur le nouvel Accord de partenariat Acp-Ue, car l’objectif est d’aboutir à un partenariat gagnant-gagnant.
Mais ce qui préoccupe Adrien Houngbédji, c’est davantage les défis de l’heure. Ils appellent, selon lui, « une nouvelle orientation de la coopération Acp-Ue, de ses finalités et de la manière dont elle doit s’organiser ». Avec le nouvel accord en cours de négociation, « l’accent doit être mis davantage sur la dimension politique du nouveau partenariat, et sur la nécessité de faire du dialogue, un véritable outil de développement pour identifier et surmonter les obstacles à la réalisation des Objectifs de développement durable, à la lutte contre les changements climatiques et à la prévention des conflits, espère-t-il. « Notre partenariat doit être constamment à l’écoute des aspirations de nos peuples.
Il conviendrait également, dans les négociations en cours, d’accorder une attention particulière aux modalités d’une meilleure prise en compte des résolutions de l’Assemblée parlementaire paritaire, par les organes exécutifs du partenariat Acp-Ue notamment le Conseil des ministres conjoint », indique-t-il. Pour ce qui concerne le Bénin, il compte s’investir dans ces négociations pour une coopération fructueuse après 2020, pour le bien-être des populations. La signature à Cotonou, le 23 juin 2000, de l’Accord de partenariat Acp-Ue a marqué un tournant historique dans les relations entre les Etats membres du groupe d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique et l’Union européenne et ses Etats membres.
Avant lui, Michèle Rivasi, coprésidente de l’assemblée parlementaire paritaire a, pour sa part, soutenu qu’il est du devoir de ces parlementaires de faire des projections qui apportent aux populations le développement qu’elles espèrent. Les travaux se poursuivent ce jour et demain, et seront faits de communications, de panels de discussions, de réunions des groupes politiques…
Actualités 04 déc. 2018

Après plus de dix heures de réunion à huis clos à Accra, la Confédération africaine de football a décidé de retirer l’organisation de la Can 2019 au Cameroun.
«Après de nombreux débats et à la suite des inspections menées ces dix-huit derniers mois, la CAF a noté que plusieurs conditions de conformité n’étaient pas remplies (…) et qu’il y avait un manque entre ce qui est nécessaire pour l’organisation d’une Can et la réalité sur le terrain » au Cameroun, a expliqué l’instance faîtière du football africain dans un communiqué. Selon Ahmad Ahmad, président de la Confédération africaine de football (CAF) lors d’une conférence de presse, un cabinet sera recruté pour déterminer un autre pays organisateur par appel d’offres. « Nous allons recruter un cabinet pour lancer un appel d’offres et déterminer un nouveau pays d’accueil pour la Can 2019 » a-t-il déclaré. A l’en croire, la Caf laissera le choix à ce cabinet d’évaluer, de faire des visites et de faire sortir avant la fin de l’année le pays organisateur de la Can».
Le président Adrien Houngbédji[/caption]Le président de la République, Patrice Talon, sauf contrainte d’agenda, procède ce lundi 3 décembre, à Cotonou, à l’ouverture solennelle des travaux de la 52e session de l’Assemblée parlementaire Afrique Caraïbes Pacifique (Acp) et de la 36e session de l’Assemblée parlementaire paritaire Afrique Caraïbes Pacifique-Union européenne (Acp-Ue).
Cotonou abrite depuis le 28 novembre dernier et ce jusqu’au 5 décembre prochain, la 52e session de l’Assemblée parlementaire Afrique Caraïbes Pacifique (Acp) et la 36e session de l’Assemblée parlementaire paritaire Afrique Caraïbes Pacifique-Union européenne (Acp-Ue). Les travaux seront officiellement lancés ce lundi. La cérémonie d’ouverture solennelle est placée sous l’égide du président de la République, Patrice Talon et connaîtra la participation de plus de 350 participants dont plusieurs hôtes de marque comme Joseph Owono Kono, co-président de l’Assemblée parlementaire paritaire (App) Acp-Ue ; Louis Michel, co-président de l’App Acp-Ue; Patrick Gomes, co-secrétaire général de l’App Acp-Ue et Javier Fernandez Fernandez, co-secrétaire général de l’App Acp-Ue. A la suite des interventions des co-présidents, suivront le discours du président de l‘Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji et l’allocution du président de la République, Patrice Talon à qui reviendra l’honneur de déclarer officiellement ouverte la 36e Session de l’Assemblée parlementaire paritaire Acp-Ue. Les présidents des institutions de la République ; les membres du gouvernement dont le ministre d’Etat chargé du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, le ministre chargé de la Justice, Me Sévérin Quenum, le ministre des Affaires étrangères, Aurélien Agbénonci et le ministre de l’Economie et des Finances, Romuald Wadagni sont également invités aux travaux de la cérémonie d’ouverture. Le président de la Commission électorale nationale autonome (Céna), Emmanuel Tiando, est aussi attendu tout comme le corps diplomatique accrédité près le Bénin qui sera représenté par sa doyenne, l’ambassadeur du Niger près le Bénin et le chef de la Délégation de l’Union européenne au Bénin. Le recteur de l’Université d’Abomey-Calavi ne sera pas aussi du reste pour représenter le monde scientifique béninois sans oublier certaines Ong pour le compte de la Société civile. La participation des députés béninois aux travaux est aussi filtrée. Seule la conférence des présidents du Parlement c’est-à-dire les membres du bureau du Parlement élargis aux présidents des commissions permanentes et ceux des groupes parlementaires sont autorisés à prendre part aux travaux. Ils vont rejoindre les 156 délégués Acp et Ue à raison de 78 membres au titre de l’Assemblée parlementaire Acp et 78 députés du Parlement européen. Des membres des assemblées des pays Acp, des fonctionnaires de nombreux pays ainsi que du Parlement européen prennent également part aux assises de haut vol qui s’achèvent mercredi prochain. Les travaux ont été précédés de la réunion du bureau et des trois commissions parlementaires permanentes Acp-Ue en l’occurrence : la commission des Affaires politiques ; la commission du Développement économique, des Finances et du Commerce et la Commission des Affaires sociales et de l’Environnement. Les trois commissions permanentes ont préparé les documents qui serviront d’intrants aux débats de la plénière de cette session.
Il faut signaler que cette assemblée parlementaire paritaire Acp-Ue est née du désir commun de rapprocher les représentants élus de la Communauté européenne, députés au Parlement européen et les représentants et élus des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique («pays Acp») signataires de l’accord de Cotonou. Elle est une institution unique au monde. C’est la seule assemblée internationale dans laquelle les représentants des différents pays siègent ensemble, régulièrement avec pour objectifs, la promotion de l’interdépendance Nord-Sud, la promotion des droits de l’homme et de la démocratie et des valeurs communes à l’humanité qui ont fait l’objet d’engagements communs dans le cadre des conférences des Nations Unies .
Actualités 03 déc. 2018

Pour qui connaît madame Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ministre de l’Economie numérique et de la Communication, qui a du respect et de l’admiration pour tous ceux qui ont contribué de leur pierre à la construction de la maison ministère en charge de la Communication et même de la maison médias, peut s’imaginer que ce moment fatidique ne peut passer inaperçu.
Pascal Adissoda fut un grand directeur du ministère. Il a été directeur de la Presse Ecrite. A ce titre, il a su marquer son passage de façon exceptionnelle. Il a énormément contribué à asseoir les bases essentielles pour l’assainissement et le professionnalisme au niveau du métier au Bénin.
Par ailleurs, le ministère, les associations professionnelles et même la nation entière lui doivent la célébration de la Journée internationale de la liberté de la presse au Bénin. En effet, celui que nous accompagnons ici aujourd’hui est l’initiateur d’une telle célébration au Bénin. Par ses notes, ses fiches et ses plaidoyers, il a fait adhérer le Ministre Gaston Zossou et au-delà tout le gouvernement à l’idée de célébrer une telle journée au Bénin. Il tenait à cette célébration parce qu’il y avait la déclaration de Windhoek en Namibie en 1993 qui a amené l’Unesco à instaurer la journée pour appeler les Etats à protéger et à promouvoir la liberté de la presse. Il a joué sa responsabilité de directeur de la Presse écrite jusqu’au bout afin que le Bénin ne soit pas cité en mauvais exemple en matière de liberté de la presse.
Pascal ne s’est pas arrêté à cette victoire. Il a repris son bâton de pèlerin pour aller à la recherche de partenaires pour soutenir la célébration. C’est ainsi qu’il a pu faire amener aux côtés du ministère le Pnud, l’Unicef, l’Oms et quelques ambassades pour un appui considérable en nature et en numéraires à la première édition célébrée en 2001.
Aujourd’hui, la liberté de la presse est brandie ici et là. Les associations des professionnels des médias sont très intransigeantes là-dessus. Elles sont promptes à s’élever contre tout geste tendant à lui porter atteinte. Tout cela, c’est grâce à Pascal. C’est lui qui a allumé ce flambeau. Rien que par cette initiative, Pascal Adissoda a déjà signé son immortalité.
A titre personnel, je voudrais saluer la mémoire de mon premier directeur. Dieu a mis sur mon chemin professionnel et administratif quelqu’un en qui j’ai pu contempler les vertus liées à certains caractères. De la race des journalistes rares que l’on recherche aujourd’hui et que l’on prend en exemple en citant les anciens, monsieur Pascal Adissoda est un homme calme, très simple, humble, effacé, pondéré, mais de grande rigueur dans la façon de penser, d’écrire et de travail. Aujourd’hui, quand j’ai une décision à prendre en matière de gestion des hommes, je me souviens de lui. C’est un homme méthodique et très attaché au travail impeccable. Pour dire que feu Pascal Adissoda est un grand professionnel dont les obsèques ne sauraient passer inaperçues au ministère.
Cher directeur,
Va, va. Que la terre te soit légère et que ton âme repose en paix.
Pour la ministre,
Le directeur général des médias
par intérim,
Lévy H. Ayéyémi
Société 03 déc. 2018

La ville de Dassa-Zoumè, dans le département des Collines a abrité, du 23 novembre au 2 décembre, la 5e édition de la Foire intercommunale des Collines (Fico). C’est une initiative pour promouvoir l’économie locale et la culture des communes du département des Collines dont le ministre de l’Agriculture, Gaston Dossouhoui, a procédé au lancement et en a profité pour convier les Béninois à faire une place de choix aux produits du terroir.
Placée sous le patronage du Groupement intercommunal des collines (Gic) et du programme d’appui au développement agricole des Collines (Padac), cette cinquième édition connaît la présence de plusieurs forains en provenance des six communes des Collines et même des pays voisins de Niger et du Burkina Faso venus prendre part à cette foire commerciale des produits exclusivement locaux qui dure dix jours. Ce qui permettra aussi aux exposants venus aussi de la sous-région de faire des affaires.
Les maires de Dassa et de Glazoué, respectivement, Nicaise Fagnon et Jacques Dagoué dans leurs mots de bienvenue ont salué leurs pairs des autres communes des Collines pour avoir maintenu allumé le flambeau de la Fico qui en est à sa cinquième édition dans les Collines. Pour eux, cette foire s'inscrit dans le cadre de la promotion des communes des Collines et mérite bien d'être davantage soutenue.
En procédant à l’ouverture de la foire, le ministre Gaston Dossouhoui a rappelé l’importance de l’agriculture pour un pays. Un secteur qui représente à lui seul une activité névralgique pour tout le pays. Plus millions de Béninois, soit un peu plus de 70 % de la population, tirent leur nourriture de ce secteur. L’agriculture a un apport de plus de 34 % du produit intérieur brut (Pib) national. Cependant, il faut encore plus d’effort pour soutenir les produits béninois. Les produits béninois ne sont pas toujours prisés par les Béninois qui, lors des cérémonies de mariage et autres font encore une place de choix aux produits venus d’ailleurs. Alors que, fait observer le ministre Dossouhoui, ce sont des occasions privilégiées pour faire plus confiance à notre propre production qui n’est pas de moindre qualité et qui sont même recherchés ailleurs pour leur valeur nutritive certaine.
La valorisation des produits locaux contribue fortement au développement social et économique. Elle se manifeste notamment par la satisfaction des besoins alimentaires locaux, des processus d'innovation technique et organisationnel en accord avec l'évolution de la consommation alimentaire, et l'émergence de petites entreprises de transformation ou de restauration. Pour faciliter la valorisation des ressources locales, il importe que les Béninois adhèrent à ce changement de comportement afin de contribuer d’une part à l'évolution de la consommation des produits locaux et, d'autre part, aux innovations des savoir-faire locaux de transformation des produits. Ceci redonnera une chance non seulement aux producteurs locaux mais aussi à l’économie du pays.
En donnant le top de la 5e édition de cette foire, les autorités ont invité le public à faire un tour à cette foire installée sur la place Egbakokou de Dassa pour découvrir la richesse de produits provenant essentiellement des communes des Collines. Cette foire a pris fin hier dimanche 2 décembre.

La commune de Comè a abrité ce samedi 1er décembre, la 30ème édition de la Journée mondiale de lutte contre le Sida. Placée sous le thème « connais ton statut », la campagne de cette année met l’accent sur l’importance du dépistage et appelle à la suppression des obstacles qui y sont liés.
Caravane gigantesque pour sonner la mobilisation et la riposte contre le Vih/Sida. Ambiance des grands jours. Sensibilisation à l’appui. Le décor qui accueille la célébration officielle de la 30è édition de la Journée mondiale de lutte contre le Sida à Comè renseigne sur l’enjeu. Pour cette édition, l’accent est mis sur l’importance de connaître son statut sérologique.
« Le dépistage du Vih est essentiel pour opérer les bons choix en termes de prévention et pour étendre la couverture du traitement antirétroviral ; il est la porte d’entrée pour atteindre les cibles des 90-90-90 », conçoit le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin.
Le coordonnateur résident du Système des Nations Unies, Siaka Coulibaly renchérit : « Si les personnes vivant avec le Vih (Pvvih) ne connaissent pas leur statut, elles ne pourront pas se protéger, ni protéger leurs familles ; si elles ne connaissent pas leur charge virale, elles ne seront pas sûres de l’efficacité du traitement pour protéger leur santé et mettre un terme à la transmission du Vih/Sida ».
Selon lui, le manque d’engagement contre la maladie est une démission. « Le chemin que nous choisirons d’emprunter décidera du combat contre l’épidémie. Soit nous l’éradiquons, soit nous laissons les générations futures continuer de porter le fardeau de cette terrible maladie », dit-il, citant le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres qui invite expressément les Nations à renforcer leur combat.
Cette exhortation revêt tout son sens pour les Pvvih. Car, selon elles, le Sida n’est pas une illusion. « De maladie mortelle voire dégradante, nous sommes passés simplement à une maladie chronique », conçoit le président du Réseau béninois des personnes vivant avec le Vih (Rebap+), Valentin Nassara. Cela ne suffit pas pour baisser la garde. D’où son cri de cœur.
«N’est pas Pvvih, qui veut mais qui peut l’assumer ; nous l’assumons en toute responsabilité. Malheureusement, les médicaments n’existent pas. Certains de mes pairs sont obligés de se rendre à Abidjan pour prendre leurs molécules », se désole-t-il.Sentiment de révolte en leur sein. « Laisser perdurer cette situation, c’est tuer les victimes moralement, psychologiquement et physiquement ; personne n’a voulu être séropositif », lance-t-il.
Assurance et engagements
Le ministre de la Santé est sensible à ces mots. Après avoir expliqué les difficultés des acteurs, il rassure : « Depuis plusieurs jours, les anti rétroviraux de 2ème et de 3ème ligne sont disponibles en quantité et en qualité à la Centrale d’achat des médicaments essentiels. Je vous rassure de mon engagement personnel pour que les problèmes organisationnels que vous avez soulignés soient résolus ».
En Afrique de l’Ouest, 6,5 millions de Pvvih ont été dénombrées en fin 2015 dont 500 mille l’enfants. Au cours de la même année, seulement 36% connaissaient leur statut sérologique, 28% avaient accès au traitement anti rétroviral et 12% recevant un traitement avaient une charge virale indétectable, révèle-t-il. La prévalence du Vih au plan national est de 1,2% soit soixante-neuf mille personnes. Dans le Mono où ce taux est de 2,1%, des milliers de personnes ignorent leur statut sérologique ; ce qui ne leur permet pas d’accéder au traitement, déplore le ministre de la Santé. Le choix de Comè pour abriter les manifestations officielles se justifie.
Le Bilan qu’a présenté la représentante du président de la République au sein du Conseil national de lutte contre le Sida, Valentine Kiki Mèdégan renseigne des efforts que déploie le gouvernement pour arriver à bout de la maladie. Cette dynamique doit être renforcée pour l’atteinte des trois 90 à l’échéance des Odd.

Gaston Kassogbé Azoua s’en est allé dans la nuit du vendredi 30 novembre dernier. Ancien secrétaire général de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (Cstb), de septembre 1992 à avril 2013, il laisse l’image d’un grand militant. Témoignages…
Anselme Amoussou, secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin (CSA-Bénin)
« Il était présent sur tous les fronts de lutte pour la liberté et la justice… »
Le monde syndical perd l'une de ses grandes figures en la personne de Gaston Agoua. Quels sentiments vous animent en ce moment de grande tristesse ?
De la tristesse bien entendu. Beaucoup de tristesse parce que c'est incontestablement une grande perte pour le monde syndical béninois en particulier mais également pour tous les citoyens attachés aux idéaux de liberté et de justice. Le camarade Azoua a été une icône dans le paysage de la veille citoyenne. Je sais qu'il avait été affaibli physiquement par la maladie et qu'il a courageusement lutté jusqu'au bout. Il va enfin profiter du repos du guerrier.
Je suis admiratif de la vie qu'il a vécue. Une vie pleine au service des travailleurs.
Que le Tout-Puissant l'accueille.
Héritier sans doute de son combat, vu votre position à la Csa, que vous inspire son parcours ?
Il a marqué l'histoire du Bénin. Il occupait vraiment l'espace public non pas pour lui mais parce qu'il était présent sur tous les fronts de lutte pour la liberté et la justice. Quand vous êtes un acteur social, vous ne pouvez que caresser le rêve de faire la moitié au moins de son parcours.
Mon admiration pour lui date de mon séjour à l'Ecole normale intégrée où il avait déjà joué sa partition pour nous aider à résoudre des situations difficiles.
Son courage et sa témérité (il en faut parfois), son franc-parler, sa conviction, son engagement et sa constante disponibilité pour impacter le bien-être des travailleurs sont une référence pour les leaders du mouvement syndical béninois.
D'aucuns estiment que la jeune génération n'est pas aussi pugnace que lui en son temps. Quels enseignements tirer de son militantisme ?
J'ai déjà entendu ces propos. Les époques ont changé et nous ne devons ni nous tromper d'époque comme certains, ni nous tromper d'interlocuteurs. Chacun de nous a son leadership qu'il exerce avec son vécu, son éducation et son tempérament.
Cela mettra du temps certes. Mais je suis persuadé que l'opinion publique comprendra que les comparaisons ont leur part de subjectivité.
Le leadership ne consiste pas à copier un style pour se dénaturer. Il faut d'abord être leader de son leadership pour espérer l'imposer aux autres. Ce trait de caractère nous a été enseigné aussi par quelqu'un comme le camarade Azoua qui ne ressemblait qu'à lui et non à ses prédécesseurs.
La jeune génération fait le combat qu'il doit faire avec ses armes et dans un contexte totalement différent. Et avec ce qu'on peut appeler son style à elle
Emmanuel Zounon, secrétaire général de l’Union nationale des syndicats des travailleurs du Bénin (Unstb)
«Il est très sociable et très conciliant...»
« Le camarade Azoua est un grand homme. Un grand syndicaliste et un combattant avec des convictions claires. C’est un homme de gauche qui croit que l’ouvrier peut transformer la société. Il a fait le bon combat avec nous.
Ce que je retiens particulièrement du camarade Azoua, c’est un homme à double nature. Tous ceux qui voient Azoua au front pensent que c’est un bouillant. Mais, en réalité, il est très sociable et très conciliant. Il recherche le compromis. C’était quelqu’un qui est pour l’unité d’action syndicale.
Malheureusement, les Africains n’écrivent pas. Je ne sais pas s’il a pu laisser un mémoire pour la postérité. Sinon, Azoua est une bibliothèque dans le mouvement syndical africain.
Comme vous le savez, il y a un temps pour tout. Un temps pour naître et un temps pour mourir. Qu’il repose en paix. »
Pascal Todjinou, ancien Sg Cgtb, camarade de lutte du de cujus
« C’est un véritable combattant de la liberté... »
« Il faut avouer que c’est avec douleur que je vous parle, pour la simple raison que le camarade Gaston Kassogbé Azoua et moi nous nous sommes connus depuis juin 1977. Je l’ai connu comme un grand combattant. Il a été combattant jusqu’à la révolution et pendant toute la durée de la révolution. Il s’est même infiltré dans le Parti de la révolution populaire du Bénin (Prpb) pour comprendre les fondements même du parti pour mieux l’utiliser contre le parti.
C’est un véritable lutteur. Il a lutté jusqu’à ce qu’on ait forcé la Conférence nationale, même si les politiciens l’ont récupérée rapidement. Mais, c’est la lutte des travailleurs qui a amené à la Conférence nationale.
Après la Conférence nationale, il est devenu secrétaire général de la Cstb, et ensemble, pendant que moi, je suis venu au syndicat finalement, nous avons mené le combat. Je peux vous affirmer que Gaston Kassogbé Azoua est un véritable combattant de la liberté. Et cela, je le dirai partout. Je ne le dis pas à titre posthume. C’est parce que je l’ai connu.
Paul Essè Iko, ancien Sg Cstb, collaborateur de premier rang et successeur du disparu
« Lorsque les problèmes se posent, Gaston Azoua les analyse… »
« La vie syndicale du camarade Azoua aux côtés duquel j’ai été dans les luttes ouvertes officielles, après qu’on ait arraché les libertés de hautes luttes, après que nous ayons fait les bureaux de liaison dans le combat politique et syndical, je puis vous dire que Gaston Azoua a été un homme de combat. Mais, généralement, il n’est pas impulsif comme moi. Lorsque les problèmes se posent, Gaston Azoua les analyse. Je peux dire qu’au moment où j’ai travaillé avec lui, j’ai beaucoup appris.
Des moments épiques dont je peux vous parler, c’est que Gaston est très discipliné. Lorsqu’on est dans la lutte, il peut te prendre comme chef de combat et il suit tes instructions.
Gaston Azoua est un exemple dans la fidélité à la lutte, la détermination de se battre à des moments donnés. Je me souviens que dans ces combats, nous nous sommes sacrifiés. Des discussions s’engageaient entre lui et moi en cours de route. On arrêtait l’engin et on se met à se chamailler. Chacun dit son point de vue, mais la personne qui se reprend, c’est encore Gaston Azoua. C’est lui qui me calme et me motive pour la lutte. Nous n’avons pas toujours été compris par les travailleurs de façon générale, mais aussi par d’autres confédérations. Mais tout le monde profite des fruits de ces luttes aujourd’hui.
Déjà dans la clandestinité, il a lutté pour le pays. Mais après cela, il a lutté ouvertement. Nous avons fait le congrès ouvert de la Cstb en 1992, parce que la Cstb était une organisation clandestine. Et, depuis, il a pris la tête de l’organisation.
Quand il a senti des faiblesses, il a décidé lui-même de partir. Il nous a dit qu’il n’avait plus le profil et ensemble nous avons organisé la transition. Il a donné sa démission et moi j’ai assuré son intérim pendant six mois avant d’organiser le congrès. Puisqu’il lui restait encore deux ans, j’ai dû achever son mandat.
Ce que je retiens de lui, c’est que Gaston Azoua a eu des éléments très positifs dans le combat. Il a servi de paravent pour la lutte syndicale, et même la lutte politique. Je puis dire qu’il faut se battre et continuer les œuvres positives de Gaston Azoua et faire en sorte que notre jeunesse s’en inspire et que le peuple puisse en bénéficier. Nous avons des combats encore à mener. La lutte pour les libertés est remise à l’ordre du jour.
On peut beaucoup dire sur le camarade Azoua, mais on ne peut pas tout dire sur lui. Nous avons perdu. Que nous reste-t-il? Il faut tirer leçon de sa vie et de son œuvre. Il s’est sacrifié depuis sa tendre jeunesse dans l’Ujed, dans toutes les organisations démocratiques, dans les comités d’actions, dans les bureaux de liaisons, dans les syndicats, etc. Et, à des moments donnés, des regroupements se font pour délivrer le pays. Il a fait partie de ces organisations-là. La jeunesse doit s’en inspirer.
Nous ne devons pas pleurer Gaston Azoua. Nous devons plutôt aider à ce qu’il y ait des Gaston Azoua plus étincelants que le de cujus. Tirons leçon et continuons le combat».
Moudassirou Bachabi, secrétaire général de la Confédération générale des Travailleurs du Bénin (Cgtb)
« Rechercher des gens qui ressemblent à Azoua, on va attendre longtemps… »
Comment accueillez-vous aujourd’hui la disparition du doyen Gaston Azoua ?
Il y a des morts qui vous écœurent pendant des vies. Azoua fait partie de ces cas là. Il a tout donné pour ce pays aussi bien politiquement qu'au plan syndical. Si nous revenons sur l'échiquier, syndical, vous savez qu'au Benin, il n'y a pas une école syndicale. Pour nous, ces doyens sont pétris d'expériences, sont des bibliothèques, ils sont des experts. Le doyen Azoua s’en est allé à un moment où nous devons l'exploiter. Mais vous savez, le mal a commencé par le ronger et a fini par avoir raison de lui. Je dis simplement que le baobab s'en est allé puisqu'il est un baobab. J'espère que les autorités de ce pays sauront lui rendre un hommage mérité. Gaston Azoua, de toute façon, mérite bien que ce pays lui fasse un témoignage. En ce qui nous concerne, au niveau de la classe ouvrière, je crois qu'on ne ménagera aucun effort jusqu'à l'accompagner à sa dernière demeure.
Quels enseignements tirez-vous de son parcours ?
Gaston Azoua est un homme d'engagement et de conviction. C'est un combattant de jour comme de nuit. Comme je l'ai dit, il a donné politiquement et au plan syndical. Sa vie est partie pour un idéal forcément social et cela fait partie des éléments que nous devons réécrire au niveau de la classe ouvrière, parce que nous devons laisser un testament. Il en a laissé et il appartient à la jeune génération au niveau de la classe ouvrière de s'en inspirer. Azoua, qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas, il a eu le mérite. Je ne sais pas s'il a réussi à écrire son mémoire sur le plan syndical. S'il ne l'a pas fait, c'est le moment pour sa confédération d’écrire quelque chose sur lui.
Pour certains observateurs de la vie sociopolitique béninoise, votre combat est loin d’être à l’image de celui de Gaston Azoua, vu sa pugnacité ?
Nous sommes des héritiers d'une école, et comparaison n'est pas raison. On doit savoir raison garder. C'est trop facile de juger les autres. Nous ne sommes pas de la même école. Azoua a son école et en tant qu'être humain, il a ses émotions, ses impulsions. Je crois que ce qu'on va rechercher, c'est que le combat syndical reste syndical. Mais rechercher des gens qui ressemblent à Azoua, je crois qu'on va attendre longtemps. Je crois que nous faisons ce que nous pouvons faire avec une méthodologie qui, certainement, n'est pas celle à laquelle les gens sont habitués. Mais ils finiront par se rendre compte que l'action syndicale reste plus efficace que par le passé.
Même si quelques fois, nous avons des points de vue divergents, on se retrouve toujours pour dire l’essentiel en ce qui concerne les travailleurs. »
Propos recueillis par Kokouvi EKLOU & Yêdafou KOUCHÉMIN (Stag.)
Société 03 déc. 2018