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Nouvelles

Opérationnalisation de la Cour des comptes : encore des efforts à faire
Le Bénin peut se targuer d’être à la page en créant la Cour des comptes. Mais, les dispositions prises jusque-là sont loin de suffire à la rendre opérationnelle pour le contrôle juridictionnel des finances publiques. Et pour cause ! Des diligences sont accomplies mais sont loin de suffire à rendre la Cour des comptes opérationnelle, a fait remarquer Talahatou Garba, auditeur à la Cour des comptes, lors de la douzième revue sectorielle du système de gestion des finances publiques au Bénin, tenue le 15 décembre dernier à Cotonou. A en croire le communicateur, des difficultés perdurent et nécessitent la prise de mesures idoines concrètes en vue de la poursuite et de la finalisation de la réforme. Ces difficultés, précise-t-il, ont trait à la prise de textes législatifs et réglementaires complémentaires, à la nomination des membres de la Cour, notamment les présidents de chambre et conseillers, les conseillers référendaires, les auditeurs, les avocats généraux et autres collaborateurs du procureur général, le secrétaire général de la Cour, etc. Des questions relatives à la logistique devront être également réglées, en ce qui concerne l’exiguïté du bâtiment pris en bail pour servir de siège à la Cour, l’importance de la masse des archives, l’absence de matériel roulant pour les travaux de terrain. En termes de perspectives, le communicateur estime que les mesures doivent être prises pour opérationnaliser les cours régionales et doter la Cour d’un plan stratégique de développement, d’un plan de formation et de renforcement de capacité des acteurs, d’un plan de recrutement et de renforcement de l’effectif du personnel, d’un plan de communication. Au nombre des actions entre-prises dans le cadre de son opérationnalisation, il y a la prise de plusieurs textes, notamment les décrets portant nomination des premiers responsables de l’institution. Ainsi, Ismath Bio Tchané Mamadou, précé-demment présidente de la chambre des comptes de la Cour suprême, est nommée présidente de la Cour des comptes et a prêté serment le 27 mai dernier devant le président de la République. Joël Darius Eloge Zodjihoué, précédemment secrétaire général du ministère de l’Economie et des Finances, est nommé procureur général près la Cour des comptes et Clément Dassi Akouègnon, greffier en chef. Le personnel du cabinet du président : directeur de cabinet, personne responsable des marchés publics (Prmp), directeur de l’administration et des finances (Daf), etc., est également nommé. A ces nominations, s’ajoute la prise de l’ordonnance portant composition, organisation, fonctionnement et attributions du cabinet du président, de l’ordonnance mettant en place la Prmp et les organes de contrôles de la Cour ainsi que l’ordonnance portant reversement des agents en service à la Chambre des comptes à la Cour des comptes en application des dispositions transitoires de la loi organique. Pour ce qui est de la logistique, il faut noter la validation et l’adoption du premier budget de la Cour des comptes pour l’exercice 2022, la prise en bail d’un immeuble devant servir de siège à la Cour des comptes avant la construction de son siège. A point nommé ! La création de la Cour des comptes longtemps souhaitée pour consolider le contrôle juridictionnel des finances publiques au Bénin, a été actée par la révision de la Constitution intervenue en novembre 2019. Le Bénin venait ainsi de satisfaire à un vieux plaidoyer de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), faisant ainsi droit à ses engagements communautaires, conformément à la directive n° 01/2009/CM/Uemoa en date du 26 mars 2009 portant Code de transparence dans la gestion des finances publiques au sein de l’Union. Sur les huit pays de l’Union, seuls le Bénin et le Mali ne disposaient pas de cour de comptes. Avant l’acte de création, c’est la chambre des comptes de la Cour suprême qui jouait le rôle de contrôle juridictionnel des finances publiques. L’initiative vise à doter le Bénin d’un contrôle externe indépendant, aux pouvoirs étendus, une institution supérieure de contrôle des finances publiques. Elle est basée sur les dispositions de la résolution A/66/209 de l’Assemblée générale des Nations Unies, le préambule de la déclaration de Lima de l’Organisation internationale des Institutions supérieures de Contrôle des finances publiques (Intosai), de la directive portant code de transparence dans la gestion des finances publiques de l’Uemoa, puis de la loi n°2019-40 du 07 novembre 2019 portant modification de la loi n°90-032 du 11 décembre 1990 portant Constitution de la République du Bénin et de la loi n°2020-38 du 11 février 2021 sur la Cour des comptes. Conformément aux dispositions de l’article 134-3 de la loi fondamentale révisée, la Cour des comptes est la plus haute juridiction de l’Etat en matière de contrôle des comptes publics. Elle vérifie les comptes et contrôle la gestion des entreprises publiques et organismes à participation financière ou bénéficiant des fonds publics. Société 23 déc. 2021


Apaisement du climat politique : le médiateur de la République rencontre les confessions religieuses
Le médiateur de la République, Pascal Essou reste préoccupé par la promotion du dialogue politique, la paix et surtout zéro violence au cours des élections prochaines au Bénin. Il a échangé sur la question, mardi dernier, au siège de son institution à Porto-Novo, avec les confessions religieuses et les chefferies traditionnelles. La rencontre qui est la première d’une série s’inscrit dans le cadre du dialogue politique national en vue d’un apaisement du climat politique qui constitue une priorité pour Pascal Essou depuis sa prise de fonction. Il s’agit pour lui de voir avec ses hôtes ce qu’il faut faire pour la consolidation de la paix, surtout avant, pendant et après les joutes électorales prochaines. Les discussions ont été très riches, des propositions concrètes ont été faites pour permettre au Bénin de relever, mieux que par le passé, le défi d’un dialogue politique fécond devant conduire à des élections apaisées et avec zéro violence. La séance a connu la participation des représentants des religions endogènes, de l’Eglise catholique, de l’Union islamique du Bénin, de l’Union des évangélistes du Bénin, de l’Eglise du christianisme céleste, de l’Eglise protestante méthodiste du Bénin et des chefferies traditionnelles. Actualités 23 déc. 2021


6es Olympiades de Bountou : la réunion technique prévue pour ce jour
Les dix équipes retenues pour l’édition 2021 des Olympiades de Bountou sont attendues ce mercredi 22 décembre à Cotonou où aura lieu la réunion technique. Il s’agit de Eclaireur et Dragons du Littoral, de Sagesse et Best Team de l’Atlantique, de Scorpion du Mono, des Tigresses du Couffo, de Apache des Collines, des Caméléons de l’Ouémé, des Panthères du Plateau et des Amazones du Zou, championnes en titre. Les 10 équipes seront réparties en poules et la compétition se tiendra en quatre phases : les matchs de poule, les demi-finales, le match de classement et la grande finale. Organisée par l’Association Bountou Sport dirigée par Monique Dougbadji, cette 6e édition des Olympiades de Bountou démarre demain jeudi 23 décembre avec les 20 matchs de groupes, la cérémonie d’ouverture officielle et un match de démonstration au stade de l’Amitié général Mathieu Kérékou de Cotonou. Elle va connaitre son épilogue vendredi 24 décembre avec les demi-finales, les matchs de classement et la finale. A noter qu’au terme de la compétition, les meilleures équipes vont repartir avec des récompenses. Sports 22 déc. 2021


Adaptation aux changements climatiques : Place aux solutions locales au Bénin
Au lendemain d’une Cop 26 au goût d’inachevé, le Bénin ne démord pas. Le gouvernement accentue ses efforts dans la mobilisation de ressources et mise sur des solutions locales. Glasgow n’est pas loin d’être
un fiasco. La Cop 26 n’a pas tenu la promesse des fleurs, surtout par rapport à la finance climatique. Les pays vulnérables poursuivent au mieux leurs engagements pour la résilience climatique. Au Bénin, en attendant que les lignes bougent, les instruments locaux, dont le Fonds national pour l’Environnement et le Climat (Fnec) sont mis à contribution pour la mobilisation des ressources. « Le Fnec doit impérativement modifier l’échelle de sa vision, élargir la dimension de son ambition, sortir du confort de l’administration qui fonctionne tout court, pour relever rapidement de plus grands défis, tant au plan national qu’international, en mobilisant des ressources financières de plus en plus importantes auprès des institutions et mécanismes dédiés, ceci pour faire définitivement la preuve de sa capacité technique effective à transformer l’essai et se mettre à la hauteur des ambitions du Programme d’actions du gouvernement », martèle José Tonato, ministre du cadre de Vie et du Développement Durable. En réalité, la mobilisation des ressources internes concerne les éco taxes prélevées pour amener les populations à contribuer à la réparation des dommages causés à l’Environnement. La mobilisation de ces taxes permet de financer des projets d’adaptation au changement climatique à travers plusieurs modes, dont les initiatives locales. « C’est le financement de l’adaptation au changement climatique au niveau des communes. Nous avons commencé avec trois communes. Nous sommes ensuite passés à neuf communes. Avec l’accréditation du Fnec au Fonds vert pour le climat (Fvc), nous passerons désormais à 28 communes », explique Dr. Appolinaire Gnanvi, directeur général du Fnec. Le Bénin fait partie des pays ouest africains vulnérables face au changement climatique. Ces dernières décennies, les températures maximales, ont-elles accru d’environ + 1 °C et celles minimales ont augmenté d’environ + 2 °C. Non seulement les pluies sont mal réparties, mais les hauteurs sont en baisse. Dans ce contexte, s’adapter devient impérieux. Ainsi, depuis son adhésion à la Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements climatiques, le Bénin s’est résolument engagé dans la mise en œuvre des mesures.   Des stratégies intégrées Le contexte de réchauffement climatique avec ses revers sur les secteurs clés de développement a poussé le pays à élaborer divers documents stratégiques, dont les Contributions déterminées nationales (Cdn) et le Plan national d’adaptation au changement climatique (Pna) adopté en 2021. Mais bien avant, le Bénin dispose depuis le 6 août 2018 d’une loi et d’une politique sur les changements climatiques. L’enjeu est de permettre aux populations d'être plus résilientes. « Le gouvernement a intégré dans la planification de la budgétisation, les changements climatiques. Il n’y a plus de politique ou de stratégies au Bénin qui ne tiennent pas compte des changements climatiques. Ce sont des avancées énormes que nous avons effectuées en termes d’adaptation au changement climatique et en même temps en termes de réduction des gaz à effet de serre. Outre la loi sur les changements climatiques, le Bénin a défini sa politique nationale sur les changements climatiques, sa stratégie de développement à faible intensité carbone », expose Prof. Martin Pépin Aina, directeur général de l’Environnement et du Climat.   Dans le cadre du Pna, huit secteurs ont été identifiés par le Pna adopté en 2021 : Agriculture, Ressources en Eau, Santé, Énergie, Infrastructures et Aménagements urbains, Littoral, Foresterie et le Tourisme. Entre autres actions, il y a la construction de retenues d’eau pour permettre aux populations agricoles d’avoir de l’eau en permanence, la réhabilitation d’ouvrages de franchissement pour faciliter le transport des produits agricoles. Les appuis sont orientés aussi vers l’amélioration des variétés résistantes aux changements climatiques. De grandes mesures sont définies dans le nouveau plan national d’adaptation du Bénin. « Si on arrive à mobiliser les ressources dont nous avons besoin et que les projets identifiés, je crois que le Bénin va rentrer dans les pays qui s’adaptent effectivement au changement climatique », rassure Dr Oscar Tèka, consultant dans le cadre de l’élaboration du Pna. Avec les grandes inondations de 2010, les constructions dans les communes à risque ont été améliorées. Les pilotis sont plus remontés en milieu lacustre, tenant compte du niveau de montée des eaux. Les pratiques ancestrales entrent aussi en jeu. « Vous avez des pratiques magico-religieuses qui sont également utilisées comme stratégies d’adaptation au phénomène des changements climatiques qui bouleversent la vie des paysans. Il y a des cérémonies qui sont organisées pour faire appel à la précipitation pendant qu’on l’attend et que ça ne vient pas », fait remarquer Dr Akibou Akindélé, ethno climatologue. Pour 2022, le budget du ministère du cadre de vie et du Développement durable (Mcvdd) affiche 170,252 milliards de Fcfa. L’écart est considérable quand on fait une comparaison avec le précédent qui s’élevait à 101,302 milliards de F Cfa. La cagnotte a tout simplement connu une hausse de 68,06 % et dépasse toutes les prévisions budgétaires des exercices antérieurs. Le Bénin a de l’ambition. Environnement 22 déc. 2021


Ferme « Retour à la terre » : un modèle d’adaptation aux inondations à Athiémé
« Retour à la terre » est une ferme installée sur environ 10 ha à Athiémé, au Sud-ouest du Bénin. Il s’y développe, sous l’égide du promoteur Gilbert Comlan Gnanmé, une vie paysanne qui a réussi à s’adapter aux inondations cycliques dans la commune. Une ferme dénommée « Retour à la terre » sert de cadre d’expérimentation pour une bonne adaptation aux inondations qui touchent Athiémé, une commune située dans le Sud-ouest du Bénin. Athiémé est la collectivité territoriale du département du Mono où le débordement du fleuve Mono cause beaucoup de dégâts. Entre autres, les eaux fluviales inondent presque toutes les exploitations agricoles. La ferme « Retour à la terre » ne fait pas exception à ce phénomène. Mais dans le cas d’espèce, s’adapter au sinistre en le transformant en une opportunité de prospérité est le pari que s’est fixé le promoteur de la ferme, Gilbert Comlan Gnanmé, natif d’Athiémé. Pour pouvoir toucher du doigt cette expérience d’adaptation, il faut s’armer de détermination, chausser de longues bottes et se munir d’un troisième poumon. « Retour à la terre » se situe à Hounkponou, dans le village d’Atchountohoué, à l’autre bout de la commune d’Athiémé. Elle se laisse découvrir au bout d’une longue piste argileuse dont la traversée se fait en deux temps: une bonne partie à moto en faisant preuve de beaucoup de dextérité dans la conduite puis le reste du trajet à pied. A pied, il faut rester attentif aux bouses de vache ainsi qu’aux branches mortes des palmiers à huile traînant au sol. Il faut, avant de poser un pas, tâter, s’assurer de la solidité du sol à l’endroit où les pieds se posent de manière à ne pas subir des chutes brusques. « Retour à la terre » est un ensemble d’exploitations agricoles réparties sur une dizaine d’hectares. A son siège à Hounkponou, la production du palmier à huile, l’extraction de «l’huile rouge légère » et la pisciculture constituent les activités phares. Accessoirement, Gilbert Comlan Gnanmé et ses ouvriers cultivent du maïs, élèvent des petits ruminants et la volaille. Ils sont aussi dans le maraîchage. L’adaptation En matière de production de palmier à huile, la préférence de Gilbert Comlan Gnanmé est allée à la semence sélectionnée. L’adoption de cette semence est l’acte 1 du processus d’adaptation en ce sens que, selon le fermier, les palmiers à huile sélectionnés sont indiqués pour les sols hydromorphes d’Athiémé. Cette espèce de plant, après castration, est prolifique en régimes de noix de palme si elle est au contact de l’eau, explique-t-il. A l’en croire, la consistance des récoltes est tributaire des saisons. En saison pluvieuse, souligne-t-il, 12 à 15 tonnes de régimes sont récoltées par quinzaine et l’extraction de « l’huile rouge légère » se fait sur place. Conditionnée dans des bidons de 25 litres, l’huile rouge est commercialisée à travers le warrantage qui est un mécanisme de vente adopté par les producteurs d’Athiémé réunis dans un creuset dénommé l’Union communale des producteurs de palmiers à huile. Environ 2 000 producteurs de palmiers à huile sont recensés dans chacun des cinq arrondissements d’Athiémé. Après le retrait des eaux, le fermier projette de faire « deux ans de récolte au niveau des palmiers à huile ». « Sur un ha, je suis à quatre millions francs Cfa étant donné que le bidon de 25 litres d’huile rouge coûte 18 000 francs Cfa (le prix de vente actuel sur le marché, ndlr) », détaille Gilbert Comlan Gnanmé. Après le choix de la semence dans le processus d’adaptation, vient la technique culturale peu ordinaire qui permet aux plants de la ferme « Retour à la terre» de résister au débordement du fleuve Mono. En effet, la plantation se fait sur des buttes de terre à raison de 143 plants par hectare. Les bottes de sable réalisées à 9 m l’une de l’autre en quinconce permettent de tenir les jeunes plants au-dessus du seuil atteint par les eaux au cours de la précédente période d’inondation. Mais cette technique est encore à l’étape rudimentaire, notamment en ce qui concerne la détermination de la taille des buttes de terre. Le fermier confirme : « C’est à partir des traces laissées par l’inondation sur les plants que nous déterminons la taille des nouvelles buttes ». Ce tâtonnement est l’une des faiblesses de ce processus prometteur pour lequel l’attention des chercheurs pourrait se révéler utile à plus d’un titre. « Pour la première année de cette expérience, nous avons eu des difficultés à gérer la crue et nous avions perdu plus de la moitié de nos plantations», regrette le fermier. L’idée des buttes, à l’en croire, est une initiative personnelle inspirée de ses participations aux ateliers organisés par la Snv et bien d’autres structures qui interviennent dans le secteur agricole au Bénin. Le fermier se dit convaincu que les buttes sont incontournables en matière de plantation sur les sols de sa ville natale. Ceci, pour faire profiter aux diverses cultures les fertilisants que les sols reçoivent en période d'inondation, insiste M. Gnanmé. Pièges à poissons La pêche est le second pôle d’activité qui permet à Gilbert Comlan Gnanmé et à ses collaborateurs de tirer davantage profit du débordement du fleuve Mono sur le plan économique. Elle se pratique au niveau de cinq étangs dont le plus grand est d’une superficie de 500 m2, tous creusés sur la ferme tels des pièges pour les poissons entrainés par le courant des eaux fluviales. Ici, la pêche se pratique entre août et septembre, peu avant une nouvelle période d’inondation. Les recettes des ventes sont impressionnantes. « J’ai vendu plus d’un million cinq cent mille francs Cfa de produits halieutiques », confirme-t-il pour le compte de cette année. Ceci représente une belle cagnotte, surtout dans la mesure où l’équipe de Gilbert Comlan Gnanmé n’a déboursé au préalable aucun franc. « Ce n’est pas moi qui ai élevé les poissons et crevettes apportés par les eaux du fleuve qui sont, par ailleurs, riches en nutriments pour l’alimentation », reconnaît le fermier. Selon ses dires, ils ne sont pas nombreux à s’approprier cette approche des étangs dans la commune d’Athiémé. Avenir économique Grâce à la culture du palmier à huile et à l’extraction de l’huile rouge légère qui viennent s’ajouter à ses revenus tirés de la pêche, le fermier se dit comblé. Selon ce natif d’Athiémé, l’inondation n’est pas un sinistre, ni un malheur pour sa communauté. Pour lui, l’avenir économique de la commune est largement tributaire de l’agriculture, notamment, de la transformation et de la production du palmier à huile. « L’histoire du palmier à huile, souligne-t-il, a commencé ici, à Athiémé, depuis les temps coloniaux. C’est cette terre qui a abrité la phase expérimentale au niveau de la bretelle Zounhouè-Athiémé. Et quand l’expérience fut concluante, les colons sont allés réquisitionner des superficies plus grandes à Lokossa, précisément dans l’arrondissement d'Agamè pour y faire une exploitation à l’échelle industrielle. Athiémé n’étant pas un vaste territoire… Ce n’est qu’à partir de la période révolutionnaire que la filière a été ouverte à tout le monde ». Le promoteur de la ferme «Retour à la terre » est intarissable de détails sur l’évolution de la filière palmier à huile qu’il a embrassée depuis plus de 30 ans et ce, après son retour du Togo, pays voisin où il a passé son enfance. Pour lui, il est évident que les colons n’ont pas choisi sa terre natale par hasard pour introduire le palmier à huile au Bénin. « S’ils l’ont fait, soutient-il, c’est parce que Athiémé présente les facteurs de développement de cette culture ». « Chaque milieu doit être adapté à la culture qui lui convient », retient le fermier. Pour lui, les inondations cycliques auxquelles sa communauté est confrontée constituent pour elle une chance. « Je me réjouis d’être natif d’Athiémé dont le sol répond à n’importe quelle culture. Les vivriers sont cultivés pendant la grande saison. Mais la source de richesse de la commune demeure le palmier à huile», soutient Gilbert Comlan Gnanmé dont la ferme n’est pas à l’abri des dégâts, des pertes quand les inondations surviennent. Bien au contraire. « Si vous allez dans ma ferme, confirme-t-il, j’ai un champ de plus de 3 ha de maïs en floraison qui se trouve inondé. Mais je suis prêt à perdre le maïs parce que ce que les palmiers à huile vont générer couvre largement la perte. Et ça, c’est très sûr ! ». Dans le champ de maïs de M. Gnanmé, il est certain qu’aucune récolte ne sera possible cette année. Les feuilles des quelques tiges de maïs qui tiennent encore débout dans les eaux fluviales ont d’ailleurs entamé leur jaunissement. Le bilan des dégâts est sans appel. Pourtant, c’est tout souriant que le promoteur en parle. « Quand il ne pleut pas, on se plaint. Et quand l’eau vient, on ne doit plus se plaindre», ironise-t-il. Dans son entendement, « Si les gens se plaignent, c’est parce qu’ils ne veulent pas s’adapter ». Les motivations de ceux qui n’arrivent pas à opérer l’adaptation peuvent être de plusieurs ordres. « Soit, c’est qu’ils sont ignorants des pratiques en cette matière, soit ils n’ont pas le financement nécessaire pour se faire réaliser les buttes et acheter les semences sélectionnées », pense Gilbert Comlan Gnanmé. Société 22 déc. 2021


3e édition de « Karaté Noël des enfants » : des talents confirmés
Organisée par la Ligue départementale de karaté-do Atlantique-Littoral, la troisième édition du tournoi dénommé «Karaté Noël des enfants » au profit des enfants de 6 à 15 ans s’est achevée, dimanche 19 décembre à Cotonou. A l’issue de la compétition, des talents se sont confirmés et les meilleurs karatékas sont repartis avec des vélos, des médailles et des cadeaux de noël. Ayant réuni plus de 200 enfants de 6-15 ans, l’édition 2021 du tournoi « Karaté Noël des enfants » a connu son épilogue, dimanche 19 décembre dernier à Cotonou. Pendant deux jours, la relève du karaté béninois a émerveillé le public sportif lors de cette compétition organisée par la Ligue Atlantique-Littoral de Karaté. Sur le tatami, ils ont démontré le travail qui se fait dans les clubs. En témoignent les performances. En kumité dans la catégorie des cadets (14-15 ans), vainqueur chez les 12-13 ans lors de l’édition précédente, Audrey Aklé a confirmé son talent en décrochant la médaille d’or devant Josias Kpodohoun et Adjéran Abdallah respectivement deuxième et troisième. Chez les filles, Giovanna Aditi a gagné le tournoi face à Ornelly Loukpécohoun. Au niveau des 12-13 ans, chez les garçons, Joresse Kpadonou a damé le pignon à Blaise Wongla et Elie Lokossou. En tête de la compétition dans la catégorie des 10-11 ans chez les filles l’année dernière, Joressine Kpadonou a confirmé également en montant sur la plus haute marche du podium chez les 12-13 ans. Au niveau des 10-11 ans, Camélia Salou et Espoir Kpodonou ont été vainqueurs respectivement chez les filles et chez les garçons. En kata, au niveau des pupilles (6-7 ans), chez les garçons, Précieux Salou est vainqueur de la compétition tandis que chez les filles, Hosana Nononhou a enlevé la médaille d’or devant Divine Apovo et Marie-Carlia Nahum. Rolando Kidjassou, Auréole Nononhou et Immensité Hodonou ont arraché les trois prix dans la catégorie des poussins (8-9 ans) chez les garçons alors que chez les filles, Immaculée Anagonou, Erica Cossi et Expérentia Zanou sont les meilleures au terme du tournoi. Des cadeaux aux enfants Heureux du niveau des enfants, Rock Quenum, président de la Fbk se dit sidéré par leurs talents. « Nous sommes émerveillés par ces enfants qui nous ont épatés durant les deux jours», a-t-il confié. C’est le lieu pour lui de féliciter la Ligue Atlantique Littoral de Karaté qui permet aux enfants de fêter noël en beauté. Selon le président de la Ligue Atlantique-Littoral de Karaté, Eric Gbègbo, cette compétition s’est déroulée dans de bonnes conditions et a permis aux jeunes karatékas des deux départements de se retrouver et célébrer les fêtes de fin d’année ensemble. Avec le sentiment du devoir accompli, le président de la ligue a salué la participation des athlètes et de leurs parents qui ont contribué à la tenue de cette compétition. «Nous saluons les parents et les responsables de clubs qui ont joué leur partition pour la réussite de cet évènement », a-t-il poursuivi avant de leur donner rendez-vous pour l’année prochaine. « Nous savons que la Fédération béninoise de Karaté et la Ligue font un bon travail à la base et nous sommes ici pour les accompagner », a reconnu Bouraima Imorou, directeur du Fonds national pour le Développement des Activités, de Jeunesse, des Sports et des Loisirs, qui a félicité les enfants ayant pris part à cette compétition et leurs parents. Il salue cette initiative qui participe à la promotion de cette discipline et à l’épanouissement des enfants. Les meilleurs sont repartis avec des vélos et des cadeaux de noël remis par le grand maitre Benjamin Soudé, Rock Quenum, président de la Fédération béninoise de Karaté et Imorou Bouraima, directeur général du Fndajsl. Sports 22 déc. 2021


9e journée de la ligue pro de football du Bénin : Loto-Popo termine la phase aller en beauté
Resté sans succès depuis la 3e journée de la ligue pro de football du Bénin, Loto-Popo Football a pris un bol d’air le week-end dernier au stade municipal de Dogbo en se débarrassant d’Energie Fc par le score de 2-1. Ce succès permet aux Loto-boys de se relancer avant la phase retour qu’ils démarrent, en déplacement, ce mercredi 22 décembre face à Dynamo d’Abomey. Après deux matchs nuls et deux défaites, Loto-Popo Football club, sans succès depuis le 17 novembre 2021, a renoué avec la victoire le week-end dernier en s’imposant à Energie Fc par le score de 2-1 au stade municipal de Dogbo. Et pourtant, les Loto-boys avaient mal démarré cette partie en vendangeant plusieurs occasions de buts. Mais, avec comme objectif de finir la phase aller en beauté, les poulains de Abdeslam Ouaddou ne vont pas baisser la garde jusqu’à trouver la faille dans le camp adverse. Faïsal Bashir va réussir à conclure une belle phase de jeu en ouvrant le score à la 15e minute suite à un corner décomposé par Faïzou Kpara et Rodrigue Fassinou. A 1-0, Loto-Popo va conserver son avantage jusqu’à la mi-temps. A la reprise, les locaux vont revenir sur la pelouse avec de nouvelles intentions empêchant les visiteurs de dérouler leur jeu. Le match devient tactique. Le duo d’entraineurs Déguénon-Ouaddou change de cap et opère des changements. Faïsal Bashir cède sa place au Ghanéen Martin Dzilah en attaque. Les électriciens vont subir la pression offensive des hommes de la maison de la chance. Le nouvel entrant va surprendre le gardien de but d’Energie Fc sur une volée spectaculaire à la 77e minute. A 2-0, Énergie Fc va réagir et parvient à réduire le score grâce à Jules Elégbédé qui marque sur un corner. Abdeslam Ouaddou injecte encore du sang neuf à son effectif. Stéphane Vignigbè qui vient de faire son entrée, récupère un ballon au milieu, plante son vis-à-vis et tente une frappe. Le gardien est battu mais son tir choisit le poteau sortant. Le score ne changera pas jusqu'au coup de sifflet final. Au terme de la 9e journée, Loto-Popo sécurise sa quatrième place au classement avec 14 points +4 derrière, Tonnerre 15 points+1, Espoir de Savalou 17 points+4 et Dadjè, leader de la zone B avec 17 points+7. Auréolés par ce succès et invaincus à l'extérieur avec deux victoires et deux nuls, ils sont attendus pour confirmer face à Dynamo d’Abomey ce mercredi 22 décembre à Abomey lors de la première journée de la phase retour. Programme des matchs de ce jour Zone B Dynamo Abomey - Loto Popo à Abomey Hodio - Tonnerre à Comè Energie Fc - Dadjè à Dogbo Espoir - Soleil à Savalou Sports 22 déc. 2021


Mécanisation agricole au Bénin : la Fao dissémine le document de stratégie
Dans le cadre de l’appui à l’élaboration de la stratégie nationale de mécanisation agricole du Bénin et son plan d’action, la Fao a organisé, hier mardi 21 décembre à Bohicon, un atelier de dissémination du document de la Stratégie nationale de mécanisation Agricole (Snma). Un atelier qui a regroupé des acteurs impliqués dans la mécanisation agricole venus de tous les départements. La Fao appuie le Bénin pour la formulation d’une stratégie nationale de mécanisation agricole. Il s’agit d’un document qui donne au Bénin l’opportunité d’avoir une vision claire et globale sur les actions à mener en matière de développement durable de la mécanisation agricole. L’élaboration dudit document a été confiée à une équipe de quatre consultants nationaux et d’un consultant international dont les travaux ont conduit à l’élaboration du document provisoire de cette stratégie nationale de mécanisation agricole. En attendant sa transmission par le ministère chargé de l’Agriculture pour adoption en Conseil des ministres, il a été organisé, hier mardi 21 décembre, un atelier national de partage du contenu de cette stratégie nationale avec l’ensemble des acteurs du monde rural. Cet atelier vise à assurer une large communication sur le contenu du document de la stratégie de mécanisation agricole en vue de son appropriation par les acteurs parties prenantes. Les travaux se sont déroulés sous la houlette du représentant-résident de la Fao au Bénin, Isaias Angue Obama Oyana, et du directeur de la Programmation et de la Prospective (Dpp) du ministère chargé de l’Agriculture, Marius Sodjinou Aïna. On peut aussi noter la présence de Gaëlle Gnakadja-Didagbé, directrice départementale de l’Agriculture dans le Zou. Pour relever les prochains défis Pour le responsable de la Fao près le Bénin, Isaias Angue Obama Oyana, la nouvelle Stratégie nationale de mécanisation agricole, validée lors d'un atelier national et approuvée par le ministère du Plan et du Développement, contribuera à terme à relever les principaux défis dans ce domaine notamment promouvoir la mécanisation pour les activités des productions agricoles au sens large, promouvoir la mécanisation dans les activités de transformation des produits agricoles et les activités de recherche-développement et les nouvelles technologies en mécanisation. Il s’agit aussi de renforcer la capacité d'intervention des structures de l'Etat en charge de la mécanisation agricole et du capital humain et de promouvoir les mesures d'accompagnement à travers le financement de la mécanisation agricole et l'incitation du secteur privé dans ce domaine. Marius Sodjinou Aïna, s’est satisfait de ce que cet atelier permettra aux différents acteurs d’avoir une bonne connaissance du contenu du document qui présente les nouvelles ambitions du Bénin dans ce secteur à l’effet que chacun, en ce qui le concerne, jouera sa partition dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de mécanisation agricole. Pour lui, l’atelier constitue l’aboutissement du processus qui permettra au Bénin d’avoir une nouvelle boussole en matière de mécanisation agricole à savoir le document de stratégie nationale. L’adoption de ce document est un grand pas puisque pour la Fao, la mécanisation agricole constitue aujourd’hui une question urgente et un pilier indispensable pour réaliser la vision « Faim zéro », comme cela a été confirmé lors de la Déclaration de Malabo en 2014. Economie 22 déc. 2021


Relance économique post-Covid : 93 milliards de dollars mobilisés au profit des pays pauvres
La communauté mondiale a mobilisé 93 milliards de dollars en appui à une reprise résiliente dans les pays les plus pauvres du monde. C’était à la faveur de la quatrième réunion de la vingtième reconstitution des ressources de l’Ida, tenue mi-décembre à Tokyo au Japon. La dernière reconstitution des ressources de l’Association internationale de développement (Ida) a atteint 93 milliards de dollars. Entre autres, 48 pays donateurs - à revenu élevé et intermédiaire – ont apporté 23,5 milliards de dollars de contributions à l’Ida auxquels s’ajoutent des financements levés sur les marchés de capitaux, les remboursements sur les crédits antérieurs et les propres contributions de la Banque mondiale. Ces fonds seront alloués aux 74 pays les plus pauvres du monde où vivent un demi-milliard d’habitants, soit les deux tiers de la population en situation d'extrême pauvreté, au titre de la vingtième reconstitution des ressources de l’Ida (Ida-20). Ces financements permettront de les aider à surmonter les effets de la pandémie de Covid-19 et de construire un avenir plus vert, résilient et inclusif hypothéqué par la crise sanitaire. « La générosité dont font preuve aujourd’hui nos partenaires marque une étape essentielle dans le soutien fourni aux pays pauvres alors qu’ils s’emploient à se relever de la crise de la Covid-19 », a salué David Malpass, président du Groupe de la Banque mondiale. Le nouveau cycle d’Ida-20 portera ainsi sur la période allant du 1er juillet 2022 au 30 juin 2025. Le programme entend favoriser en priorité les investissements dans le capital humain, en lien avec l’éducation, la santé et la nutrition, les vaccins, les filets de protection sociale et l’appui aux personnes handicapées. Quelque 400 millions de personnes dans le monde bénéficieront de services de santé et de nutrition essentiels. Le développement des filets de protection sociale devrait par ailleurs permettre d’atteindre 375 millions de personnes. Le soutien sera dirigé plus particulièrement vers l’Afrique avec environ 70 % des financements. Les efforts seront intensifiés en matière de lutte contre les inégalités hommes-femmes, de création d’emplois ou les situations de fragilité, de conflit et de violence, en particulier dans la région du Sahel, autour du lac Tchad et dans la Corne de l’Afrique. Il est aussi question de renforcer la gouvernance, la soutenabilité de la dette, le développement des infrastructures numériques et de consolider l’inclusion économique et sociale. Ressorts de la croissance fragilisés La situation des pays durement touchés par la Covid-19 est rendue particulièrement délicate par l’effritement des recettes publiques, doublé d’un alourdissement de l’endettement, une aggravation des risques de fragilité, de conflit et d’instabilité et un recul des taux d’alphabétisation, précise le document. A cela s’ajoutent l’inflation et une crise alimentaire auxquelles font face nombre de pays. « Beaucoup de progrès accomplis durant la décennie écoulée et la moitié des acquis en matière de réduction de la pauvreté, d’éducation, de santé et de nutrition ont été balayés », fait remarquer M. Malpass. « En même temps, poursuit-il, les effets du changement climatique créent des difficultés supplémentaires partout.» D’où, une part conséquente des fonds mobilisés sera dédiée à l’adaptation face aux effets de plus en plus tangibles du dérèglement du climat et à la préservation de la biodiversité. La Banque mondiale prévoit de mobiliser 20 milliards de dollars de financement pour l'achat et le déploiement de vaccins contre la pandémie de Covid-19 pour plus de 50 pays à revenu faible ou intermédiaire, dont plus de la moitié sont situés en Afrique, jusqu’à la fin de l’année 2022. Depuis le début de la crise sanitaire, le Groupe a mobilisé plus de 157 milliards de dollars pour faire face aux répercussions sanitaires, économiques et sociales de cette crise dans plus de 100 pays. Ces ressources ont contribué à renforcer leur préparation à la menace épidémique, mais aussi à protéger les populations pauvres et les emplois, et à amorcer une relance respectueuse du climat. Depuis plus de 60 ans, l’Ida octroie des financements dans le but de stimuler la croissance économique, de réduire la pauvreté et les inégalités, et d’améliorer les conditions de vie des populations. Elle a déjà alloué au total plus de 458 milliards de dollars à 114 pays. Economie 22 déc. 2021


Situation des droits de l’homme au Bénin : les députés prennent acte du rapport de la Cbdh (Ils dénoncent un document à charge contre le Bénin)
Les députés ont pris acte, ce mardi 21 décembre, du rapport biennal sur l’état des droits de l’homme au Bénin sur la période allant du 3 janvier 2020 au 30 novembre 2021 que leur a présenté la Commission béninoise des droits de l’homme (Cbdh). Jugé à charge contre le Bénin, le document a essuyé de vives critiques de la part des parlementaires menaçant de réformer cette commission qui serait « prise en otage ». Composé de 132 pages, le rapport biennal 2020-2021 sur l’état des droits de l’homme au Bénin de la Commission béninoise des droits de l’homme (Cbdh) présenté à la Représentation nationale ce mardi, se veut une contribution à l’avancée des droits de l’homme. L’exercice a été assuré par le président de cette institution, Clément Capo Chichi, conformément aux dispositions de l’article 16 alinéa 3 de la loi n° 2012-36 du 15 février 2013 portant création de la Commission béninoise des droits de l’homme. Lesquelles dispositions obligent la Cbdh à faire cette présentation devant l’Assemblée nationale suivie de débat. Le rapport est intitulé «Covid-19 : Entre restriction et respect des droits de l’Homme au Bénin ». Il est articulé autour de trois axes principaux à savoir les grandes lignes sur l’état des droits de l’homme au Bénin couvrant la période allant du 3 janvier 2020 au 30 novembre 2021 ; le rôle que peut jouer le Parlement dans le succès du mandat du Bénin au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies et le rôle des parlementaires dans la promotion et la protection des droits de l’Homme. D’entrée de jeu, le président de la Cbdh, Clément Capo Chichi, a salué les avancées significatives du Bénin en matière des droits économiques, sociaux et culturels surtout en matière de droits à la santé, à l’éducation, à l’accès à l’eau potable et à l’électricité ainsi que d’accès à un réseau routier de qualité. Il a relevé que d’énormes progrès sont en train d’être faits dans ces domaines. Par ailleurs, la commission félicite également les députés pour l’adoption récente, en session extraordinaire, de certains textes importants tels que la loi n° 2021-11 portant mesures spéciales de répression des infractions commises à raison du genre et de protection de la femme en République du Bénin ; la loi n° 2021-12 modifiant et complétant la loi n° 2003-04 du 3 mars 2003 relative à la santé sexuelle et à la reproduction en République du Bénin et la loi n° 2021-09 portant protection du patrimoine culturel en République du Bénin sans oublier le retour des 26 trésors royaux de la France. Plus de 14 000 détenus au Bénin Clément Capo Chichi recommande au gouvernement de maintenir le cap car des efforts énormes sont toujours attendus pour la pleine jouissance des droits économiques, sociaux et culturels des citoyens. Seulement, le rapport estime que le Bénin a régressé en matière de droits civils et politiques. Des cas de violations de ces droits lors des processus électoraux de 2020 et 2021 ont été déplorés. La commission sollicite de ce fait un renforcement de la protection des droits civils et politiques par l’État. Le rapport relève par ailleurs l’impact de la crise sanitaire liée à la pandémie de la Covid-19 sur le quotidien de toutes les couches sociales principalement les plus vulnérables constituant les personnes âgées, les femmes, les enfants et surtout la population carcérale. Pour Clément Capo Chichi, la Covid-19 constitue une menace grave pour les droits humains principalement le droit à la vie et le droit à la santé. La Commission recommande que l’État puisse renforcer les mesures efficaces pour protéger le droit à la vie et le droit à la santé de tous. Le rapport biennal n’a pas passé sous silence la situation de la population carcérale du Bénin. La commission félicite la politique pénale du gouvernement qui consiste en des aménagements de peines à travers la grâce présidentielle et la liberté conditionnelle accordées à plusieurs détenus en 2020 et en 2021. Selon Clément Capo Chichi, à la date du 14 décembre dernier, la population carcérale s’élève à plus de 14 000 détenus. Ce nombre ne cesse de s’accroître. La Cbdh plaide pour une politique pénale et pénitentiaire qui viserait à prendre des textes, par exemple une loi pénitentiaire, une loi portant création d’un corps pénitencier et des mesures fortes afin de réduire la surpopulation carcérale constatée dans toutes les prisons civiles et maisons d’arrêt et d’améliorer les conditions de détention. Le rapport note, toutefois, que des efforts remarquables sont constatés avec la création de l’Agence pénitentiaire du Bénin et la commission invite le gouvernement à consacrer la place du genre dans la réforme pénale qu’elle souhaite ardemment. Menace de réformer la Cbdh Le rapport aborde dans sa seconde partie le suivi de la mise en œuvre des recommandations de l’Examen périodique universel et en dernier point le suivi de la mise en œuvre des recommandations sur l’état annuel des droits de l’homme au Bénin de l’année 2019. Pour cette dernière partie, la commission a fait le constat que sur les 38 recommandations seulement cinq sont exécutées soit un taux de 13,15 % ; sept sont partiellement exécutées soit un taux de 18, 42 % et 26 ne sont pas du tout mises en œuvre soit un taux de 68,42 %. Le président de la Cbdh appelle le Parlement à une complémentarité d’actions pour l’accompagner dans sa mission de protection et de contrôle des droits de l’homme au Bénin. Lors du débat qui a suivi la présentation du rapport, les députés n’ont pas fait de cadeau à la commission. Ils ont déploré le contenu du rapport qui ne reflèterait pas par endroits la réalité en ce qui concerne surtout l’état des lieux des droits civils et politiques principalement les violations des droits lors des processus électoraux de 2020 et 2021 et des exécutions extrajudiciaires dénoncées. Orden Alladatin par exemple a trouvé le rapport à charge contre le Bénin. « Ce sont ces genres de rapport qui contribuent à déclasser le Bénin à l’international », poursuit-il. Orden Alladatin sera appuyé dans sa critique par plusieurs de ses collègues dont Gildas Agonkan, Sédami Mèdégan Fagla, Patrice Nobimè Agbodranfo, Wallis Zoumarou et Boniface Yèhouétomè. Ils sont tous d’accord pour que soit réformée la commission pour plus de regard dans la rédaction du rapport qui doit être déposé aux Nations Unies. Néanmoins, ces observations n’ont pas empêché les députés de prendre acte du rapport présenté hier. Actualités 22 déc. 2021


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