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Nouvelles

Ministère du Numérique et de la Digitalisation : la campagne Alertesextorsion réactivée
A quelques jours des fêtes de fin d’année, le ministère du Numérique et de la Digitalisation a réactivé la campagne ''Alertesextorsion'' sur ses canaux digitaux. Il invite les populations à la vigilance et à suivre les recommandations de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) en collaboration avec l'Office central de répression de la cybercriminalité (Ocrc). Les populations sont exposées à toutes sortes d’arnaque et de chantage dont la sextorsion en cette veille des fêtes de fin d’année. C’est la raison qui a motivé le ministère du Numérique et de la Digitalisation (Mdn) à réactiver la campagne ''Alertesextorsion'' sur ses canaux digitaux. A travers cette campagne, le ministère appelle les populations à la vigilance contre cette forme d'arnaque qui fait de plus en plus de victimes au Bénin et dans la sous-région. Il tire la sonnette d’alarme en encourageant les populations à dénoncer leurs bourreaux. Les internautes béninois sont appelés à adopter les bonnes pratiques sur internet afin d’éviter ce chantage à l'image ou à la vidéo compromettante. « Evitez de vous mettre en situation compromettante sur les réseaux sociaux même si vous pensez être en privé, de partager des images ou vidéos intimes de vous, même à vos amis. Une fois sur internet, il est presque impossible de les supprimer », recommandent l’Anssi et l’Ocrc. En cas d’attaque, l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) et l'Office central de répression de la cybercriminalité (Ocrc) recommandent aux victimes de rester calmes et de conserver les preuves, copies d'écran et messages pouvant aider à signaler cette tentative d'extorsion aux autorités compétentes. Il leur est conseillé également de déposer une plainte à l'Office central de répression de la cybercriminalité (Ocrc) qui a déjà traqué plusieurs auteurs de cette forme d’arnaque. Société 07 déc. 2021


Projet de loi de finances 2022 : focus sur la maîtrise des risques budgétaires
Les risques devraient être maîtrisés en vue de l’atteinte des prévisions budgétaires en 2022, selon le ministère de l’Economie et des Finances. Le gouvernement assure un état de veille permanent quant au suivi et à la gestion des menaces à travers des mesures de mitigation. Plusieurs facteurs pourraient impacter les prévisions budgétaires mais globalement, ces risques seront maîtrisés en raison des diverses actions de réforme engagées pour assainir et moderniser les finances publiques d’une part, et renforcer la confiance des investisseurs d’autre part. Cette assurance est donnée par le ministère de l’Economie et des Finances, à travers le document d’Analyse des risques budgétaires adossé au projet de loi de finances gestion 2022. Au nombre des risques macroéconomiques analysés, le risque lié aux fluctuations du cours du coton, principal produit d’exportation du Bénin et donc source de devises (65,3 % des exportations officielles de biens en 2019), présente une probabilité de survenance de 18 %, soit un risque moyen. Pour 2021, la Banque mondiale table sur un cours qui s’afficherait à 1,9 dollar/kg, soit une hausse de 22,6 % par rapport à 2020. Afin de prémunir les producteurs contre un choc sur le cours du coton sur le marché international, l’Association Interprofessionnelle du Coton (Aic) a mis en place un fonds de réserve stratégique, financé par un prélèvement sur les égreneurs. La promotion d’autres filières, dans le cadre de la diversification de l’économie, contribue à renforcer la résilience du secteur agricole aux chocs exogènes. Comme le coton, le risque lié aux fluctuations du cours du pétrole est influencé par l’environnement économique international, les aléas géopolitiques et les anticipations financières. Là aussi, le risque reste moyen, certes avec une probabilité de survenance plus forte : 40 %. La Banque mondiale table sur un prix du baril de pétrole de 60,0 dollars en 2022 contre 56,0 dollars en 2021, soit une progression de 7,1 %. Cette hausse pourrait impacter les finances publiques à travers un effet dépressif sur les recettes des Impôts, mais affecterait faiblement la croissance. Equation nigériane La politique commerciale du Nigeria et le taux de change de sa monnaie à régime flexible, le naira, influencent les prévisions budgétaires du Bénin. En fait, le géant voisin de l’Est reste le partenaire commercial privilégié qui absorbe environ 70 % des exportations totales, selon la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), et y convoie plus de 20 % des importations nationales. Le risque de la fermeture des frontières comme celle intervenue en août 2019 et qui a complètement ralenti les flux commerciaux entre les deux pays durant plusieurs mois, est moyen, avec une probabilité de 30%, selon le ministère de l’Economie et des Finances. Des simulations réalisées, il en ressort globalement une perte de 0,5 point de croissance du produit intérieur brut (Pib) et une baisse de 2,3 % des recettes totales en comparaison avec une situation de frontières ouvertes. Pour ce qui est de l’évolution du cours du naira, la probabilité de survenance des fluctuations est estimée à 29% (risque moyen). L’accent est mis sur sa dépréciation qui affecte souvent les prix des produits nigérians et par conséquent favorise les importations du Bénin en provenance du Nigeria au détriment de la production nationale et des autres importations. Avec l’hypothèse d’une baisse de 15% du taux de change nominal du naira, il ressortirait une contraction de 0,73 % de la production et ainsi un recul de la croissance dû à la perte de compétitivité des entreprises béninoises. La réduction des activités de réexportations entrainerait une baisse des recettes fiscales de 1,13 % par rapport à la situation de référence. Pour y remédier, des discussions sont engagées en vue du renforcement de la coopération entre les deux pays, aussi bien au plan douanier qu’au plan économique, particulièrement dans le secteur agricole. Risques financiers Le patrimoine national peut être également affecté par les risques financiers. Mais la probabilité de leur survenance reste faible en ce qui concerne le système bancaire. Au 31 décembre 2020, ledit système compte 14 banques et un établissement financier. Dominé par les établissements de crédit, sa solidité s’est améliorée sur les cinq dernières années : le ratio des fonds propres sur les actifs des banques a quasiment doublé, en passant de 3,71 % en 2016 à 6,77 % en 2020. Le total des crédits rapporté au total des actifs qui avait enregistré une augmentation continue entre 2016 et 2019 pour atteindre 48,51 %, affiche une baisse à 42,52 % en 2020, selon les données de la Bceao. On note une baisse de l’exposition du système financier aux risques provenant des principaux emprunteurs. En fait, le ratio des crédits aux cinq plus grands emprunteurs sur les fonds propres des banques ressort à 63,83% à fin décembre 2020 contre 95,51% en 2019 et 99,57% en 2016. Le ratio des créances en souffrance affiche une baisse tendancielle depuis 2018, passant de 21,64 % à 16,81 % en 2020, grâce à l’assainissement du portefeuille des banques enclenché depuis quelques années. Néanmoins, le secteur bancaire au Bénin reste sensible aux conditions économiques régionales, les groupes bancaires internationaux contrôlant plus de 61,9 % du capital social agrégé des banques. Les banques commerciales détenant des bons de Trésor, les chocs affectant le secteur bancaire pourraient donc se répercuter sur l’État. Une faible capacité d’absorption des emprunts publics par les banques de la place renforcerait le risque de refinancement de la dette. A cela s’ajoute le risque lié à la garantie des dépôts des épargnants au sein des établissements de crédit. Selon les estimations du Fonds monétaire international (Fmi), rapportées dans le document du ministère des Finances, la survenance de ce risque pourrait induire une hausse des dépenses publiques comprise entre 0 et 5 % du Pib. En ce qui concerne le risque lié à la recapitalisation d’une institution financière, il pourrait ressortir à 0,3 % du Pib. En la matière, le fonds de garantie des dépôts et de résolution de l’Union monétaire ouest-africaine (Umoa) constitue un moyen d’atténuation au niveau communautaire. Résilience Le respect des normes prudentielles, des exigences de capitaux propres ainsi que l’analyse régulière et rigoureuse de la stabilité du secteur financier, la migration vers les normes Bale II et Bale III, sous l’égide de la Banque centrale, sont des éléments qui contribuent également à renforcer la résilience du système bancaire. Au plan national, la transformation du permis d’habiter en titre foncier et autres réformes liées au cadastre faciliteraient la réalisation des garanties pour les créances en souffrance du secteur bancaire. L’État veille à la bonne application de la réglementation pour pallier la survenance des risques techniques et de placement ou d’investissement dans les secteurs de l’Assurance et du Système financier décentralisé (Sfd). Une éventuelle assistance de l’État aux institutions, en cas de faillite due à la mauvaise gouvernance, serait une source de risques budgétaires. En ce qui concerne la microfinance, il est globalement noté une bonne performance des activités traduite par plusieurs ratios conformes aux normes. La moyenne du ratio de limitation des risques auxquels est exposée une institution, est évaluée à 103,3 %, inférieur au seuil de 200 % au plus fixé. Le ratio de couverture des emplois à moyen et long termes s’est établi à 193,04 %, traduisant une bonne couverture des emplois des Sfd du secteur par leurs ressources, en conformité avec la norme réglementaire. Quant au ratio de financement des immobilisations, il s’est établi à 35,19 %, témoignant d’une bonne tenue des immobilisations rapportées aux fonds propres dans le secteur de la finance décentralisée.   Dette et catastrophes Les risques liés à la dette publique à savoir le risque de refinancement de la dette venant à échéance, le risque de taux d’intérêt et le risque de taux de change, paraissent mineurs et donc maîtrisés, à en croire le ministère de l’Economie et des Finances. Environ 7,19 % du portefeuille de la dette totale projetée à fin décembre 2021 (soit 3,53 % du Pib) devrait être remboursé au cours de l’année 2022. La probabilité de survenance du risque lié à la hausse des taux d’intérêts qui entraîne la vulnérabilité des coûts, est estimée à 9,1%. La quasi-totalité de la dette publique, soit 99,8 %, est à taux d’intérêt fixe conformément aux projections à fin décembre 2021. Le risque de taux de change est aussi faible, la dette du Bénin étant dominée par l’Euro qui a une parité fixe avec le F Cfa. La part des emprunts exposés aux risques de change (emprunts libellés en devises hors Euro) est projetée à 22,57 % du total de la dette à fin 2021 et reste essentiellement concessionnelle. D’autres risques existent mais sont aussi faibles, notamment le risque de crédit lié à la perception du marché, le risque de liquidité, le risque lié à la viabilité de la dette, la garantie souveraine délivrée par l’État, les indicateurs de solvabilité et de liquidité de la dette extérieure restant en deçà des seuils applicables. Les risques de catastrophes naturelles (inondations, sécheresses, épidémies) sont immanents au regard des événements survenus ces dernières années, comme prévu dans le Plan national de contingence. Ils pourraient amener à solliciter les ressources budgétaires de l’Etat en cas de survenance mais la probabilité reste moyenne : autour de 20 %. Actualités 07 déc. 2021


Session criminelle à la Criet : 10 ans de prison pour Joël Aïvo et deux de ses coaccusés
La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), statuant en matière criminelle, du lundi 6 décembre au petit matin de ce mardi, a condamné Joël Aïvo, candidat recalé à la présidentielle du 11 avril dernier à 10 ans de détention criminelle et à 45 millions F Cfa d’amende, Issiakou Boni Sarè et Moudjaïdou Ibrahim Bachabi également à 10 ans de réclusion criminelle et à 5,7 millions F Cfa d’amende chacun pour les faits de complot contre la sûreté de l’Etat et de blanchiment de capitaux. Le quatrième accusé Alain Gnonlonfoun, mandataire financier de Joël Aïvo, a été acquitté au bénéfice du doute. Terminus ! Joël Aïvo et ses coaccusés sont désormais fixés sur leur sort par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). L’opposant politique et deux de ses coaccusés à savoir Issiakou Boni Sarè et Moudjaïdou Ibrahim Bachabi ont été condamnés chacun à 10 ans de réclusion criminelle et à 45 millions F Cfa d’amende pour le premier et 5,7 millions F Cfa d’amende pour les deux derniers. Le quatrième accusé Alain Gnonlonfoun, mandataire financier de Joël Aïvo, a été acquitté au bénéfice du doute pour les faits de complot contre la sûreté de l’Etat et de blanchiment de capitaux. La cour a déclaré coupables les trois autres accusés de ces chefs d’accusation. Elle a rendu son verdict après plus de seize heures de procès. La cour, dans sa sentence, est restée relativement en phase avec les réquisitions du représentant du ministère public, Mario Mètonou, procureur spécial près la Criet. Ce dernier avait requis 10 ans de réclusion criminelle et 50 millions F Cfa d’amende contre chacun des quatre accusés. Il a démontré la constitution des chefs d’accusation à leur égard au triple plan légal, intentionnel et matériel. Selon lui, les faits de complot contre la sûreté de l’Etat sont prévus et punis par les dispositions des articles 194 et suivants du Code pénal et l’article 7 de la loi sur le blanchiment de capitaux et financement du terrorisme en République du Bénin. Mario Mètonou explique, à la lumière de la loi, que le complot contre la sûreté de l’Etat est constitué dès son acceptation morale avant qu’il ne se concrétise. Sur ce, il a démontré que l’intention de coup d’Etat est clairement établie chez l’accusé Issiakou Boni Sarè né le 20 octobre 1973 à Gogounou, ancien militaire de la Garde républicaine et ex-chauffeur de l’ex-président de la République, feu général Mathieu Kérékou, désormais reconverti en opérateur économique. Le ministère public en veut pour preuve au titre d’éléments matériels un montant de 1,9 million F Cfa qu’Issiakou Boni Sarè a reçu au total des mains de Gilbert Zinsou. Ces fonds ont été remis à Gilbert Zinsou, un proche de Joël Aïvo, par l’opérateur économique Arnaud Houédanou qui serait demandeur d’un projet de coup d’Etat militaire. Ce qui semble être plausible au regard des documents compromettants retrouvés chez lui dont celui dit de la ''Déclaration de la junte''. Cette déclaration dont un extrait a été lu par la cour renseigne que si le projet réussissait, l’Armée devrait prendre le pouvoir et le remettre ensuite à un civil, un intellectuel chevronné, de grande probité et reconnu à l’international. Pour la présidente de la cour de céans et le procureur spécial près la Criet, ce portrait-robot peint par le fameux document dit de Déclaration de la junte laisse penser au profil du professeur Joël Aïvo. Mieux, le procureur spécial poursuit que le sieur Arnaud Houédanou a contribué au paiement de la caution de 50 millions F Cfa pour la candidature du professeur de droit constitutionnel à la présidentielle d’avril 2021. Un montant qu’Alain Gnonlonfoun, mandataire financier du candidat recalé, a versé au Trésor public. Au regard des éléments du dossier et des débats à la barre, Mario Mètonou conclut que Joël Aïvo devrait être le bénéficiaire du complot financé par le sieur Arnaud Houédanou si le projet avait marché. Tous plaident non coupables A la barre ce lundi, l’accusé Issiakou Boni Sarè a été le premier à déposer. Il a dit ne pas connaitre Joël Aïvo ni Alain Gnonlonfoun. Mais il a été approché par un ami de Joël Aïvo, le sieur Gilbert Zinsou, un soutien du professeur. Celui-ci a pris contact avec lui afin qu’ils escroquent ensemble l’opérateur économique Arnaud Houédanou qui serait demandeur d’un coup d’Etat pour faire partir le président de la République le 6 avril. Mais selon lui, ce putsch n’avait rien de réel. Il s’agissait d’une manœuvre qu’il a bien ficelée de concert avec son ami Gilbert Zinsou pour soutirer un peu d’argent à Arnaud Houédanou. Issiakou Boni Sarè reconnait avoir réussi à aider Gilbert Zinsou à escroquer l’opérateur économique à hauteur de 1 900 000 F Cfa. Il dit avoir reçu ce montant en trois tranches. La première fois 400 000 F Cfa devant servir à acheter une moto pour les courses sur le terrain, ensuite 800 000 F Cfa pour la location de véhicule et 700 mille F Cfa pour l’achat de téléphones portables avec des cartes Sim nigérianes et autres. Dans ce projet, Issiakou Sarè Boni approche son jeune frère, le sieur Moudjaïdou Ibrahim Bachabi, né le 5 juillet 1980, militaire de profession et chef secrétariat de l’Hôpital de l’instruction des Armées au Camp Guézo à Cotonou. Il le met dans le jeu du coup d’Etat. A la demande du représentant du ministère public, Mario Mètonou, de faire le point des objets retrouvés à son domicile lors de la perquisition le 10 avril 2021, Issiakou Boni Sarè cite un treillis militaire neuf, une paire de chaussures, un pistolet automatique (Pa) neuf avec emballage mais sans munitions, des effigies du professeur Joël Aïvo et des déclarations de soutien au candidat ; une déclaration de la junte militaire et des pancartes sur lesquelles il a été écrit " Talon quitte le pouvoir. L'Armée au pouvoir.... ». Il précise que ces équipements militaires découverts à son domicile lui ont été remis par son frère Moudjaïdou Ibrahim Bachachi. Il déclare avoir demandé ces équipements dans le dessein de rassurer et d’encourager Arnaud Houédanou par rapport à l’évolution du projet de coup d’Etat afin qu’il continue d’escroquer ce dernier avec son ami Gilbert Zinsou. « Dans aucun pays au monde, on ne peut faire un coup d'Etat avec un million neuf cent mille F Cfa ni avec deux personnes», indique Issiakou Sarè Boni. Il persiste et signe à la barre : « Il n'y a jamais eu de projet de coup d'Etat, mais un projet d'escroquerie ». L’ex-chauffeur de feu général Mathieu Kérékou précise qu’il n’a jamais rencontré le professeur Joël Aïvo ni son financier Alain Gnonlonfoun. Il ne les a rencontrés pour la première fois qu’à la Criet. Ibrahim Moudjaïdou Bachabi, pour sa part, avoue avoir été effectivement présenté à Gilbert Zinsou par son frère Issiakou qu’il a perdu de vue depuis plusieurs années. Il a été mis au courant par ce dernier du projet de coup d’Etat. Mais très tôt, en sa qualité de militaire, il l’en a dissuadé parce que c’est un projet perdu d’avance. Et mieux, le temps des coups d’Etat est déjà révolu au Bénin. Il aurait menacé de dénoncer son frère s’il poursuivait l’initiative. Mais il informe avoir reçu au total 340 mille F Cfa auprès d’Issiakou Boni Sarè dans la période sans savoir l’origine des fonds. Ibrahim Moudjaïdou Bachabi dit ne pas savoir ce qui l’a amené à remettre ses équipements militaires retrouvés par la suite chez son frère Issiakou Boni Sarè. Alain Gnonlonfoun, consultant financier et né le 7 septembre 1974, à la barre. Il ne connait ni Issiakou Boni Sarè ni Ibrahim Moudjaïdou Bachabi. Il ne les a vus pour la première fois que lorsqu'ils ont été déférés ensemble devant le procureur spécial près la Criet le 16 avril dernier. Deux éléments en fuite En revanche, Alain Gnonlonfoun dit avoir connu Gilbert Zinsou dans le cadre des activités politiques en vue de la présidentielle 2021. Ce dernier s’est fait remarquer par sa capacité de mobilisation politique dans la commune d’Abomey. Mais il dit qu’il connait Joël Aïvo depuis une trentaine d’années avec qui il a des relations de fraternité et d’amitié. Aux côtés du professeur, Alain Gnonlonfoun déclare être son touche-à-tout et son mandataire financier. C’est à ce titre qu’il est allé verser au Trésor public la caution de 50 millions F Cfa dans le cadre de la présidentielle du 11 avril 2021. « On n’a jamais financé un coup d’Etat », a martelé Alain Gnonlonfoun qui ajoute que c’est lorsqu'ils ont été déférés qu’il a entendu parler des faits de coup d’Etat et de blanchiment de capitaux à eux reprochés. Joël Aïvo est agrégé des Facultés de droit et professeur titulaire de droit public. Il est né le 18 juillet 1973. Tout comme ses trois coaccusés, il plaide aussi non coupable. Il ne se reconnait pas dans les faits mis à sa charge. D’abord, il ne connait ni Ibrahim Moudjaïdou Bachabi ni Issiakou Boni Sarè. Il assure n’avoir jamais vu le sieur Arnaud Houédanou que le Parquet spécial considère comme l’un de ses soutiens financiers. Il a entendu parler de ce dernier, suite à un meeting politique à Abomey-Calavi par les organisateurs comme étant l’un des artisans de la grande mobilisation. C’est la seule fois qu’il a vu Arnaud Houédanou. Il martèle que ce dernier n’a jamais contribué à la mobilisation de sa caution de 50 millions F Cfa. « La caution que j’ai payée provient de mes ressources propres et de l’aide que d’autres personnes m’ont apportée de l’extérieur », se défend Joël Aïvo pour tenter de battre en brèche les faits de blanchiment de capitaux mis à sa charge. Mais le président de la cour de céans trouve cette déclaration du professeur en contradiction avec sa déposition à l’enquête préliminaire où il confiait avoir bénéficié également de l’aide du sieur Arnaud Houédanou. Ce dernier est aujourd’hui en fuite tout comme Gilbert Zinsou. Les deux sont introuvables depuis l’éclatement de l’affaire. La direction générale des Impôts a fait constater à la barre les manœuvres de fraude fiscale du sieur Arnaud Houédanou, évaluée à 1 444 305 085 F Cfa après redressement de ses trois sociétés pour lesquelles il n’a jamais fait de déclaration de chiffre d’affaires. Joël Aïvo et ses trois coaccusés ont été accusés d’avoir bénéficié d’une partie de ces 1 444 305 085 F Cfa. Ils ont été défendus par un collège d’avocats dont Maitre Boubacar Baparapé constitué aux intérêts d’Issiakou Boni Sarè et Moudjaidou Ibrahim Bachabi et Maitres Nadine Dossou Sakponou, Jacques Bonou, Carlos Agossou, Barnabé Baglo, Sédjro Didè et Robert Dossou pour la cause de Joël Aïvo et Alain Gnonlonfoun. Ils ont plaidé l’acquittement pur et simple de leurs clients. Car, pour eux, le dossier est vide et il n’y a aucune preuve d’imputabilité contre leurs clients. Résumé des faits En prévision à sa participation à l’élection présidentielle d’avril 2021, Joël Aïvo a entrepris une tournée dans les 77 communes du Bénin. Pour cette entreprise, il a bénéficié du soutien financier de Arnaud Houédanou (rendu coupable de fraude fiscale) et de Gilbert Zinsou. Au cours des différentes étapes de sa tournée, Joël Aïvo a plusieurs fois déclaré publiquement que le mandat du chef de l’État prenait fin le 6 avril 2021. Ainsi, pour le compte du professeur Joël Frédéric Aïvo, ils vont par la suite solliciter d’anciens militaires pour l'acquisition de matériel et d’uniformes dans le but de perpétrer un coup d’État. Des réunions ont été tenues, dont au moins une au bureau du Professeur Joël Aïvo, au cours desquelles même le discours de prise de pouvoir de la junte a été préparé. Composition de la cour de céans Président : Christelle Adonon Assesseurs : Bienvenu Sohou et Desville Gbédji Ministère public : Mario Mètonou, procureur spécial près la Criet Greffier : Christophe Chéou, greffier en chef près la Criet Actualités 07 déc. 2021


Sécurité des espaces frontaliers au Bénin : la bataille de l’ombre
En dehors du déploiement des forces de défense et de sécurité, le Bénin mise aussi sur les investissements socioéconomiques pour faire barrière à l’extrémisme violent. La sécurité se construit, pas seulement avec les armes, mais en complicité avec les hommes à protéger. Et avec la dégradation du contexte sécuritaire au Sahel, le Bénin s’est imposé comme défi d’enrayer a priori un quelconque sentiment d’abandon qu’il pourrait y avoir dans les espaces frontaliers. De lourds investissements ont été consentis dans ces milieux sensibles. Dr Marcel Ayité Baglo, directeur général de l’Agence béninoise de gestion intégrée des espaces frontaliers (Abegief) l’a rappelé récemment, lors de la table ronde virtuelle organisée par Wathi et la fondation Konrad Adenauer. Il a insisté sur le besoin de faire des zones frontalières des espaces de mobilité, de production et d’échanges commerciaux et des zones où la présence de l’État se manifeste auprès des populations par une offre de services publics. « C’est pour éviter que les zones frontalières ne tombent dans les mains de l’extrémisme violent. Toutes les zones qui nous entourent sont en ébullition. Quand vous avez le sentiment d’appartenance à une nation, vous n’êtes pas enclin à accepter les exportateurs de violences pour mettre votre pays en difficulté », a-t-il déclaré. Ainsi, dans sa politique de développement des espaces frontaliers, le Bénin y a consenti de nombreux investissements. Plusieurs projets et programmes sont par exemple en cours avec l’appui des partenaires financiers dont la Banque mondiale pour créer la cohésion sociale dans les régions défavorisées, prendre en charge les personnes vulnérables et les jeunes en vue de créer l’inclusion. Pour Dr Marcel Ayité Baglo, cela permet, par ailleurs, de développer le renseignement territorial pour sécuriser le territoire. « Le chef de l’Etat est dans cette perspective. Ce n’est pas seulement nous qui devons investir dans les espaces frontaliers, mais toutes les structures. Le gouvernement a instruit certains ministères pour qu’ils investissent une partie de leurs budgets dans ces espaces. Ça permet le développement du renseignement territorial qui est à la base de la lutte contre l’extrémisme violent », défend-il. Investir, mais aussi sécuriser Au-delà du développement des infrastructures, l’enjeu est aussi de garantir une sécurité de proximité. « Aujourd’hui, nous avons des casernes le long des frontières, qui permettent de donner plus confiance aux populations », rassure Dr Marcel Ayité Baglo. Le Général Célestin Guidimey, qui a aussi pris part à cette table ronde virtuelle a insisté également sur les efforts de sécurisation et de dissuasion. Pour le vice-président du comité chargé du contrôle des missions de sécurisation du territoire national, la réforme ayant abouti à la création de la Police Républicaine et à la déconcentration des unités est guidée par la philosophie de la coproduction de la sécurité. A ceci, viennent s’ajouter la mise en place des Unités spécialisées de la sécurité des frontières (Ussf), le redéploiement des forces armées au niveau des zones frontalières sensibles, le renforcement de la marine et la spécialisation des unités de police contre le crime organisé transnational. «Nos services de renseignement aujourd’hui sont montés en puissance », a-t-il souligné. Mais la population reste après tout au cœur de tout le mécanisme. La collaboration entre les forces de défense et de sécurité et les comités locaux de sécurité a été renforcée. « Il y a quelques problèmes, mais tout ça est en bonne voie aujourd’hui. C’est la diplomatie préventive locale. La coopération décentralisée transfrontalière permet de régler les problèmes, les menaces au plus proche des échelons», a fait savoir le Général Célestin Guidimey. Le défi, c’est d’avoir une coordination de toutes ces capacités pour les rendre plus efficaces. « Il y a eu la création d’un comité de haut niveau rattaché directement au chef de l’Etat », a rassuré Célestin Guidimey. Agir en synergie et avec intelligence Les défis sont grands, et pour Dr Oswald Padonou, de l’Association béninoise d’étude stratégique et de sécurité, il faut optimiser les moyens d’interventions, au niveau des pays. Pour lui, même si le droit de poursuite est possible pour les armées sur le territoire voisin, sur 10 à 20 km, dans l’opérationnel, cela n’apporte pas de grands résultats, à voir le mode opératoire des groupes armés terroristes. Dr Oswald Padonou préconise des échanges d’officiers de liaison entre les armées, aussi bien au niveau central qu’au niveau des unités déployées au niveau des espaces frontaliers. « Au-delà du droit de poursuite, il faut créer des unités mixtes frontaliers au niveau des pays voisins pour une riposte optimisée. Il faut agir avec intelligence, en optimisant les moyens. Nous sommes dans la même barque contre le même ennemi. Cela demande des réponses coordonnées », suggère Oswald Padonou. Ce qui est sûr, le terrorisme est sans frontière. Les bornes érigées entre les pays ne devraient plus continuer à être des obstacles à la synergie des forces. Actualités 06 déc. 2021


Coproduction de la sécurité dans l’Alibori : Les populations exhortées à une franche collaboration
A la maison des jeunes de Kandi où il était, vendredi 3 décembre dernier, le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité publique, Alassane Séïdou, a eu des échanges avec les chefs d'unités de la police républicaine, les élus communaux et locaux de l’Alibori. C’est sur la coproduction de la sécurité dans le département, ainsi que la lutte contre l'extrémisme violent. Le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité publique, Alassane Séïdou, était à Kandi, vendredi 3 décembre dernier, après l’incident survenu, il y a quelques jours, non loin du pont du Mékrou, à Banikoara. Pour une coproduction de la sécurité et la lutte contre l’extrémisme violent, il a appelé les populations de l’Alibori dont de nombreuses communes sont frontalières avec des pays où la présence des djihadistes et terroristes est manifeste, à s’impliquer davantage. La collaboration des élus et des populations est attendue aux côtés des forces de sécurité et de défense. En effet, selon le ministre, la nouvelle menace à laquelle le Bénin et la plupart des pays de la sous-région font face aujourd’hui, doit être prise au sérieux. La lutte ne doit pas être laissée à la seule charge des forces de sécurité et de défense. Il va falloir l’implication de tous à leurs côtés. « Quand vous êtes dans un village ou un quartier et qu’il y a un étranger qui cherche à s’y installer, il faut chercher à l’identifier, à connaître d’où est-ce qu’il vient », a recommandé le ministre. Un peu plus loin, il invite également les propriétaires des maisons, ainsi que les co-habitants de ces personnes à les surveiller, et puis, si elles sont suspectes, à ne pas hésiter à les dénoncer aux forces de sécurité. « L’ennemi est dans nos maisons, fréquente les mêmes églises, mosquées et lieux de culte que les populations », a également alerté le ministre. Afin de mettre à nu les signes de radicalisation qui font souvent basculer dans l’extrémisme violent et le terrorisme, le ministre estime qu’il y a lieu que les élus et les populations collaborent avec les forces de sécurité. Surtout que l’Alibori compte plusieurs communes frontalières, les unes plus exposées aux menaces que les autres, il les a appelés à s’investir dans la production de cette sécurité, gage de quiétude. Actualités 06 déc. 2021


Criet : le procès Joël Aivo s’ouvre ce lundi
Le prévenu Joël Aïvo, professeur titulaire de droit constitutionnel et candidat recalé à la présidentielle du 11 avril dernier, sera fixé sur son sort à l’issue de son procès qui s’ouvre, ce lundi, à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Ce sera à la faveur de la session criminelle de cette cour qui a inscrit cette affaire comme le premier dossier de son rôle. Le procès sera l’occasion pour l’opposant politique de donner avec force détails sa part de vérité sur les faits de « complot contre la sûreté de l’État et blanchiment » mis à sa charge. Des infractions pour lesquelles il a clamé son innocence à toutes les autres étapes de la procédure. L’ouverture du procès fait suite au renvoi, 25 novembre dernier, par la commission de l’instruction de la Criet du dossier du constitutionnaliste pour jugement. Celle-ci a définitivement clôturé son travail d’instruction préparatoire. Mais elle n’a pas conclu à un non-lieu qui pouvait l’obliger à prendre une ordonnance de mise en liberté d’office à l’égard de Joël Aïvo. Le renvoi en jugement du dossier suppose donc que la commission de l’instruction a trouvé qu’il y a des points d’ombre dans le dossier et qu’il faut que la cour démêle l’écheveau. Ainsi, le procès qui s’ouvre ce matin, fixera le prévenu Joël Aïvo, interpellé le 15 avril dernier sur sont sort.   Actualités 06 déc. 2021


International Africa Gaming Cup : un évènement sans précédent à l'échelle du continent
International Africa Gaming Cup. Tous les passionnés du jeu, en Afrique et même dans le monde, devront désormais compter avec ce challenge que leur lance Mike M. HESSABI, président directeur général de NiceCactus, pour magnifier leurs talents et leur procurer, au-delà de l’adrénaline, des gains à la hauteur de leur ingéniosité au gaming. Initié par les joueurs les plus talentueux et passionnés du continent, cet événement s’adresse à la communauté internationale tout entière pour soutenir les communautés locales et conforter ces dernières dans le gotha international du gaming. International Africa Gaming Cup est, en effet, une fenêtre ouverte pour de grandes opportunités, afin d’optimiser, de valoriser et de consacrer les atouts majeurs dont l’Afrique dispose dans cette industrie stratégique du gaming et du numérique en termes d’impact social, de développement et de croissance durable. C’est l’œuvre de NiceCactus qui, par son positionnement unique, et mû par son ambition de produire un impact social par le biais de ses activités, use de son expertise internationale auprès des Digital Natives pour lancer International Africa Gaming Cup.  NiceCactus, une plateforme « tout-en-un » qui aide les joueurs à participer à des compétitions, à des formations et à suivre leurs performances. Il fédère déjà plus de 1,5 million de personnes sur ses plateformes de competitive gaming. Et surfe sur cet acquis et son expérience, qui fondent toute sa légitimité en la matière, pour mettre au service des aficionados du gaming, International Africa Gaming Cup.   Enjeu de développement Disposant de de la technologie esports notamment une arena esports de pointe pour des événements gaming, une plateforme et des outils de business intelligence communautaire qui offrent des analyses de données dynamiques, ainsi qu’un immense réseau de joueurs, NiceCactus Gamer prend en charge les jeux sur PC, consoles et appareils mobiles, accueillant plus de 2000 tournois en ligne par mois.  Par de milliers de tournois organisés avec remise de prix, il offre notamment une visibilité continue aux équipes esports. Ainsi, Mike M. HESSABI entend « Relier les communautés locales, nationales, régionales, continentales et internationales entre elles » par le renforcement des liens sociaux à travers un projet à fort impact sociétal. Mais plus encore, sa vocation est d’« Accompagner le développement pour favoriser l’emploi et l’éducation par la création de cette infrastructure de gaming, de esports, et à terme de e-learning à l’échelle du continent. » Ceci par la création d’une compétition annuelle d’envergure internationale accompagnant le développement ainsi que l’éducation des nouvelles générations de citoyens à l’échelle du continent. Le Bénin ne sera pas du reste, à en croire les organisateurs de l’évènement, lors d’un cocktail de lancement tenu ce vendredi dans un hôtel huppé de Cotonou. Cette initiative qui vise à soutenir la croissance durable du gaming en Afrique et permettre aux marques de se connecter avec les Digital Native de l’Afrique tout entière, connaitra, selon Mike M. HESSABI, sa finale physique au Bénin au palais des congrès en 2022, avec l’annonce de la compétition et le début des activations en janvier ; la phase qualitative qui aura lieu de mars à juin 2022 permettra à chaque pays et région de faire émerger ses talents; puis la finale continentale courant juin-juillet 2022 qui permettra de rassembler les meilleures équipes d’Afrique lors d’un weekend de show et d’animations unique devant sacrer le premier champion de l’International Africa Gaming Cup.   Le phénomène esports Au centre de la vie des jeunes, le Gaming est une industrie en très forte croissance, ayant reçue une impulsion supplémentaire depuis l’apparition du Covid. A titre illustratif, avec plus de 300 milliards de dollars de recettes au niveau mondial l'industrie du jeu vidéo pèse désormais plus lourd que celles du cinéma et de la musique réunies.  La taille relative du marché du gaming en 2020 est de 175 milliards de dollars tandis que l’industrie de la musique digitale pèse 12 milliards de dollars, celle cinématographique 20 milliards de dollars…C’est dire l’importance désormais du gaming en termes économiques.  Et si les fans de sports dans le monde sont de 2,2 milliards, les gamers les talonnent avec une communauté de 2,1 milliards. Le phénomène esports bouscule les habitudes avec la proportion la plus jeune des fans de moins de 35 ans comparé aux sports traditionnels. Gamers du Bénin et d’Afrique, à vous de jouer, afin que l’Afrique ne rate pas ce train aux gains avérés !   Société 04 déc. 2021


Attaques au Nord du Bénin : La réaction des Etats-Unis
Au lendemain des attaques contre des soldats béninois dans des localités de Banikoara et de Porga, l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique près le Benin, Patricia Mahoney, a fait une déclaration. Les Usa ont réaffirmé leur engagement aux côtés du Bénin pour lutter contre l’insécurité.

DÉCLARATION DE L’AMBASSADEUR PATRICIA MAHONEY

 
J'exprime mes condoléances les plus attristées aux familles des soldats tués dans l'attaque intervenue à l’aube du 2 Décembre contre les forces militaires béninoises près de Porga. Les Etats-Unis condamnent cette violence. Nous nous engageons à soutenir le Gouvernement du Bénin dans ses efforts de promotion de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme, notamment à travers une assistance aux Forces Armées Béninoises dans le but de mieux sécuriser les frontières du pays. Nous sommes également engagés aux côtés du gouvernement et de la société civile pour empêcher l’insécurité de prendre racine, notamment à travers la prestation de services de santé, le développement économique et les programmes de résilience communautaire. Tous les actes de violence sapent ces efforts ainsi que d'autres visant à améliorer les moyens de subsistance et la sécurité du peuple béninois, des populations voisines et des habitants de la sous-région.
Actualités 03 déc. 2021


Consommation de manioc : Un remède pour traiter le cancer de la prostate ?
Une publication de 2018 ramenée sur les réseaux sociaux depuis quelques semaines préconise la consommation de manioc pour traiter le cancer de la prostate. La Nation a vérifié pour vous.   La recette-miracle est détaillée au milieu d’un long texte comme une bonne nouvelle pour ceux qui ont des problèmes de prostate. « Faites cuire le manioc au feu de charbon ou de bois. Ne pas couvrir la casserole. Laissez la vapeur s’évaporer librement. Vous pouvez manger le manioc cuit avec n’importe quel ragoût de votre choix », précise la publication relayée sur de nombreuses pages Facebook.

D’où vient la publication ?

Le message a été même repris par certaines personnalités béninoises en
2018 et 2021. Les recherches effectuées révèlent que c’est une vieille publication datant de 2018. Elle est souvent accompagnée de ce témoignage : « M. Pereira, un homme de 70 ans, a reçu un diagnostic de cancer de la prostate. (…) Après avoir mangé du manioc pendant une semaine, sa situation a commencé à s’améliorer. Et après un mois de consommation de manioc chaque matin, le résultat de son test de Psa est passé de 280-290 à 5,89 ».

La B17, un anti cancer ?

Les auteurs de la publication mettent en exergue la B17, appelée Amygdaline. Ils soutiennent que « Lorsqu’elle est combinée à une enzyme de cellule cancéreuse, la B17 se transforme en 1 sucre, 1 benzaldéhyde et 1 acide cyanhydrique. Cet acide cyanhydrique tue les cellules cancéreuses localement. Les graines d’abricot et de manioc contiennent toutes deux de la vitamine B17 ». C’est vrai. La B17 est le nom d’un composé semi-synthétique apparenté à l’amygdaline, un glycoside cyanogène (producteur de cyanure) des noyaux d’abricots. Selon cette publication de Cancer Association of South Africa (Cansa), « le laetrile et l’amygdaline sont promus sous divers noms pour le traitement du cancer bien qu’il n’y ait aucune preuve de son efficacité ».

Attention !

Dans la même publication, le Cansa émet des réserves. En raison d’empoisonnement possible au cyanure, le laetrile et l’amygdaline ainsi que la soi-disant vitamine B17 peuvent être dangereux », renseigne le Cansa. Dans une autre publication en date du 13 avril 2021, des chercheurs de l’Université de Californie mettent en garde dans leur étude. « Il a une activité anticancéreuse d’une part et peut être toxique via la dégradation enzymatique et la production de cyanure d’hydrogène d’autre part. Malgré de nombreuses contributions sur les lignées cellulaires cancéreuses, les preuves cliniques de l’activité anticancéreuse de l’amygdaline ne sont pas entièrement confirmées. De plus, l’exposition à de fortes doses d’amygdaline peut produire du cyanure toxicité », préviennent-ils  

L’avis d’un cancérologue

Contacté par La Nation, Dr Serpos Dossou, Oncologue et Radiothérapeute émet des réserves. Après avoir pris connaissance de la publication qui circule, il fait remarquer qu’il faut distinguer le cancer de la vessie du cancer de la prostate. « La prostate peut être aussi source d'infection dont la conséquence, c'est des urines fréquentes. On ne saurait confondre des urines fréquentes à un cancer de la vessie ou de la prostate », a-t-il souligné. En ce qui concerne la consommation de manioc pour traiter le cancer de la prostate, il n’est pas encore démontré, dit-il, que le manioc serait un remède. « Le traitement du cancer de la prostate est bien codifié et répond à des règles précises. Le mécanisme physiologique de destruction des cellules cancéreuses par la vitamine B17 décrit dans ce texte n'est pas vrai et n'est pas validé. Du coup, il n'est pas conseillé d'user de ce traitement », conseille l’oncologue aux internautes. Il finit en invitant les hommes à se faire dépister, à partir de l'âge de 45 ans, pour un cancer de la prostate par le toucher rectal et le dosage du Psa qui sont les normes actuelles de dépistage.

Verdict :

Il n’est pas scientifiquement démontré que la consommation de manioc est un remède contre le cancer de la prostate.

Société 03 déc. 2021


Marcel Zounon : le pèlerin du patrimoine immatériel
La soixantaine, Marcel Zounon déborde d’énergie pour la promotion du patrimoine béninois. C’est une route qu’il s’est tracée depuis sa tendre enfance. Une quarantaine de pays déjà parcourus pour la promotion du patrimoine immatériel du Bénin. Rien ne semble émousser ce piquant plaisir qu’il ressent à l’idée de porter les couleurs culturelles de son pays au-delà des frontières. Affairé à préparer une nouvelle mission, il accepta cependant de nous recevoir dans son bureau, au siège de l’Ensemble artistique national, situé au quartier Minnontin de Cotonou. Marcel Zounon est un amoureux de l’identité culturelle de l’Afrique en général et du Bénin en particulier. « Je travaille beaucoup sur le patrimoine culturel immatériel de ce pays. A ce titre, le groupe de danse Towara-Bénin dont je suis actuellement le président est la seule Ong du Bénin à être accréditée à l’Unesco, sur les fonctions consultatives du patrimoine culturel immatériel de l’humanité », explique-t-il. L’aventure a démarré pendant ses études primaires à Porto-Novo, sous le régime révolutionnaire où le système de l’école nouvelle faisait de l’unité de production une exigence. Les élèves, en dehors des activités académiques, devraient aussi participer aux rencontres sportives ou culturelles. « Le goût était parti de l’envie de pouvoir faire du théâtre amateur dans les écoles. Nous avons profité du système de l’école nouvelle pour nous affirmer et le talent qui sommeillait en nous a été révélé », indique-t-il. La mayonnaise a pris, la passion sera affinée au fil des ans. Au Lycée Béhanzin, les livres au programme étaient réécrit et mis sous forme d’actes de scène. Il garde en mémoire la mise en scène du Cercle des tropiques, un roman d’Alioum Fantouré, la secrétaire particulière de Jean Pliya. A l’Université d’Abomey-Calavi, il a été question pour Marcel de s’inscrire dans une forme de théâtre critique, afin de dénoncer la violation des libertés individuelles sous le Parti de la révolution populaire du Bénin (Prpb), de faire des propositions pour l’amélioration de la vie sociopolitique. A l’Ensemble artistique et culturel des étudiants (Eace), où il fut responsable de la section Danse nationale, Marcel Zounon a joué dans plusieurs œuvres théâtrales mais va ensuite s’investir davantage dans la danse. L’envol avec Towara « Dès que je suis sorti de l’université vers les années 90, j’ai dû créer le groupe Towara avec des amis. Je peux dire que le volet professionnel de mes actions a véritablement démarré en 1992 avec la mise en place de ce groupe où nous avions commencé à participer aux rencontres internationales en 1996 », se rappelle-t-il. En effet, les origines de la création du groupe qui a parcouru tous les continents, remontent à 1989. Alors étudiants, Marcel Zounon et ses pairs, dont feu Théodore Béhanzin, le ministre Lazare Sèhoueto et le député Orden Alladatin avaient pris part au dernier festival du bloc socialiste en 1989 en Corée du nord. En 1990, le bloc a chuté, les Murs de Berlin sont tombés, et la Russie a opté pour l’économie du marché. Les étoiles dans les yeux, Marcel Zounon raconte qu’à ce festival, ce fut une rencontre des cultures. Chaque pays y était représenté à travers ses couleurs, la danse, la musique, la mode. « Ça a créé un déclic dans ma tête, et dès qu’on est rentrés en 1989, je suis resté aux côtés des étudiants et dès la sortie, on a créé notre groupe privé avec d’autres acteurs plus connaisseurs que nous à l’époque », explique Marcel Zounon. Sorti de l’université avec une maîtrise en Sciences économiques en 1995, puis un Diplôme d’études spécialisées (Dess) en finances et contrôle de gestion en 2007, il démarre ainsi une carrière professionnelle. Il aurait aussi pu devenir médecin, un rêve qu’il a nourri après son Bac série D, ou biologiste après un court séjour à la Faculté des sciences et techniques (Fast). «Je revis tous ces moments que j’ai passés ensemble avec les artistes à Towara-Bénin. Tous les ans, on était partis pour trois mois en dehors de la famille, pour aller défendre les couleurs du pays et pas pour grand-chose. On le faisait par passion. Dans tous ces voyages, celui de 2011 où nous avons passé un mois au Brésil m’a marqué. Ça a forgé mon admiration pour ce travail », confie le Directeur de l’ensemble artistique national. Ces années d’expériences avec le groupe Towara ont aidé Marcel Zounon à tenir, depuis bientôt 11 ans, les rênes de l’Ensemble artistique national pour le rayonnement des danses patrimoniales du Bénin. Il bat le record de longévité à ce poste et peut se prévaloir d’être le doyen des directeurs techniques du secteur de la culture au Bénin. Son quotidien, travailler à accompagner le Bénin dans sa politique générale de développement du secteur des arts de la scène, à exporter le patrimoine culturel immatériel en termes de participation aux festivals, aux conférences et rencontres scientifiques. A l’Université d’Abomey-Calavi (Uac), il contribue à la formation de la jeune génération, à Institut national des métiers d’art, d’archéologie et de la culture (Inmaac). Ce qui caractérise Marcel Zounon, c’est la rigueur, la vérité, la sincérité, le travail bien fait et le courage face aux difficultés. Très attaché à sa culture, il n’admet pas qu’on lui demande d’enfiler un costume. Car pour lui, l’habillement, la langue, la danse, sont des éléments identitaires. Il croit dur comme fer que les danses patrimoniales constituent un maillon essentiel du développement. A juste titre, il occupe le poste de secrétaire permanent Afrique du Conseil international des organisations de festivals, de folklores et d’arts traditionnels (Cioff-Ong internationale en relation formelle avec l’Unesco). Réussite à l’épreuve des railleries « Je faisais partie de ceux qui réussissaient à la deuxième session parce qu’au cours de l’année académique, on était dans les répétitions, les créations et cela donnait même lieu aux railleries de la part de certains camarades. Aujourd’hui, quand bien même j’ai fait mes études supérieures en finances et contrôle de gestion, je me nourris de mes connaissances dans les arts, la culture, la promotion du patrimoine culturel immatériel », explique-t-il. Les préjugés sur le secteur culturel, Marcel Zounon n’y a pas échappé. Il confie qu’un jour, en 2e année à l’Université nationale du Bénin (Unb), au retour d’un spectacle, il a dû faire face à la colère de sa mère. Pour les gens de cette génération, et même encore aujourd’hui pour certains, le secteur culturel est un milieu de pourriture, d’analphabètes, d’inconséquents. Heureusement l’intervention de son grand-père, lui a épargné le châtiment de sa génitrice. Mais d’autres obstacles sont inhérents au milieu. Les coups bas, les médisances, les calomnies, les mensonges, l’expert en développement culturel en a été victime, et c’est sans compter avec l’autre paire de manches, la question de la gestion des ressources humaines dans les groupes. A l’en croire, le plus important pour transcender les divers obstacles, c’est d’avoir un mental fort, savoir ce qu’on fait et où l’on va. Et si madame n’était pas là Marcel Zounon, c’est également une vie de couple épanouie. Bien que né d’une famille polygame, où il doit son éducation à sa mère, il fait le choix de la monogamie. Marié et père de deux filles, il doit une fière chandelle à son épouse. Celle-là qui a supporté l’insupportable, selon ses dires. Sa fille aînée poursuit ses études à la Faculté des sciences de la santé (Fss) à Cotonou, pendant que la cadette évolue en Statistiques appliquées à la médecine à l’Université Sorbonne à Paris. La prise en charge et le suivi de l’éducation des enfants par son épouse, lui ont permis de se consacrer à cette carrière pour le moins prolifique. « Au Bénin, on dit que ce sont les hommes qui font la cour aux femmes mais à l’international, c’est tout le contraire, et il faut être fort mentalement pour ne pas abandonner son foyer. Et si madame n’était pas là pour veiller sur l’éducation des filles, alors que papa est toujours parti, c’est compliqué. Elle a beaucoup contribué à mon rayonnement», reconnaît-il. Originaire de Guézin, dans le département du Mono, il a trouvé le véritable amour à Savè dans le département des Collines. La rencontre se fit dans la fièvre estudiantine. Il revenait de Porto-Novo après l’examen du baccalauréat, elle de Savè après le même examen. Cette année-là, ils se sont rencontrés et cela dure depuis 1984. Mais pourquoi, les enfants n’ont pas épousé la fibre culturelle de leur père ? Ce père affectueux répond qu’elles ont suivi leur mère. Bien entendu qu’il n’était pas souvent au pays du fait de son métier. Aujourd’hui, loin de s’en plaindre, il passe des moments heureux avec sa fille aînée et la femme de sa vie. Il mesure à sa juste valeur cette chance qu’il a d’avoir rencontré une femme qui l’a compris très tôt, en raison de l'éducation religieuse forte qu'elle a reçue. D’ailleurs, Marcel croit que tout cela a pesé dans la balance pour que son épouse reste fidèle aux idéaux, au maintien de l’unité familiale. « Aujourd’hui, c’est notre fille aînée qui nous chérit ? Elle invente des repas. Des fois, maman dit, c’est moi qui fais la cuisine à papa. Je puis dire que je suis épanoui en famille, en dehors des difficultés inhérentes à toute vie commune», indique-t-il. Au soir de sa vie, il nourrit le rêve d’une carrière d’opérateur agricole. Il veut sentir de l’air frais, vivre dans la nature, avec les animaux, les oiseaux domestiques, les poissons dans les étangs, loin de la ville. « J’ai envie de vivre en harmonie avec la nature, avec mes petits-enfants, si c’était possible, alors que je n’ai que des femmes qui doivent partir (sourire). Donc, mon rêve le plus cher, c’est de vivre le soir de ma vie en campagne », confie Marcel Zounon. Culture 03 déc. 2021


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