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Nouvelles

Diabète : le dépistage pour freiner la progression de la maladie
Le diabète est une maladie chronique en nette progression dans le monde. Le Bénin ne fait pas exception à cette expansion du mal et le professeur Annelie Kérékou Hodé, Maître de conférences agrégée à la Faculté des sciences de la santé (Fss), plaide pour un large dépistage. Une prévalence mondiale de 9,3 % en 2019 et 463 millions de patients atteints. En 2021, le diabète affecte plus de 537 millions de personnes dans le monde, soit une personne sur 10. Au Bénin, la prévalence est passée de 1,10 % en 2001 à 2,60 % en 2008 puis 4,5 % en 2015. La nette progression de cette maladie qui constitue un problème de santé publique majeur doit interpeller. Selon le professeur Annelie Kérékou Hodé, chef service de la clinique universitaire d’Endocrinologie, métabolisme, nutrition du Cnhu-Hkm de Cotonou, les maladies chroniques tuent l’économie d’un pays, et le Bénin qui est au rang des moins développés ne dispose pas suffisamment de ressources pour y faire face. Aussi, le coût du traitement d’un diabétique n’est pas à la portée de toutes les bourses. L’ultime voie qui s’offre donc pour prévenir le pire, a indiqué le professeur, reste le dépistage. Ce dépistage permet de prévenir le diabète et une prise en charge précoce. En effet, le diabète est une maladie liée à l’augmentation du sucre dans le sang. Environ 10 % des patients sont atteints du diabète de type 1, lié à une absence de sécrétion d’insuline (hormone régulatrice de la glycémie) par le pancréas. Le diabète de type 1 survient chez des sujets jeunes, âgés de 0 à 30 ans. Le diabète de type 2 survient chez 90 % des patients, au-delà de 30 ans. C’est le plus fréquent. Dans cette deuxième catégorie, la cause à l’origine de la survenue du diabète peut être génétique (hérédité) et également provenir de facteurs environnementaux. Le professeur Annelie Kérékou Hodé relève la sédentarité, la mauvaise hygiène alimentaire (manger trop sucré, trop gras, trop salé), le surpoids, l’obésité. Le diabète de type 2 est dû à une insulinorésistance. En effet, les récepteurs d’action de l’insuline que sont le muscle et le tissu adipeux sont occupés par du gras dû au surpoids ou à l’obésité. Le rôle de l’insuline est de faire passer le sucre issu de l’alimentation du sang vers les cellules et les tissus, le sucre étant leur principal carburant. Mais face à l'insulinorésistance, on assiste à un <>, explique Annelie Kérékou Hodé. Ainsi, le sucre reste dans le sang et n’arrive pas à nourrir les cellules. A juste titre, le patient mange beaucoup mais maigrit, urine beaucoup et boit beaucoup d’eau, est fatigué, parce que les cellules et tissus manquent de ce carburant resté dans le sang. Le patient sera mis sous règles hygiéno-diététiques (un régime), interdit de consommation de sucres, sucreries, mais une alimentation riche en fruits et surtout en légumes peu salé, peu gras, pratiquer une activité physique, 30 min de marche cinq fois par semaine, soit 150 min par semaine ou 10 000 pas/jour. Selon le professeur Annelie Kérékou Hodé, il existe sur les smartphones un logiciel qui permet au patient de compter ses pas. Le diabétique doit s’adonner à une alimentation saine et équilibrée constituée de, 50-55 % de glucides, 25-30 % de lipides et 15-20 % de protéines. La prévention reste le meilleur moyen Le chef service de la clinique universitaire d’Endocrinologie, métabolisme, nutrition du Cnhu-Hkm de Cotonou, souligne que le diabète de types 1 ou 2 fait appel au respect des mesures hygiéno-diététiques. Mais au niveau du type 1 où l’insuline est absente et pourra causer la mort du patient, il faudra apporter de l’insuline. Dans le diabète de type 2, on donne des comprimés et parfois l’insuline en cas de complications. En réalité, fait observer Prof. Annelie Kérékou Hodé, le diabète peut causer une baisse de l’acuité visuelle, voire la cécité, des douleurs au niveau des membres pelviens (inférieurs), fourmillement, picotement, sensation de décharge électrique, engourdissement, sensation de marcher sur du coton, un accident vasculaire cérébral (Avc), une atteinte des reins pouvant conduire à l’hémodialyse, un dysfonctionnement érectile (impuissance) chez l’homme, un infarctus silencieux du myocarde avec mort subite, tout ceci dû à un diabète déséquilibré et de longue durée d'évolution. Le diabète est un problème de santé publique majeur et pour le Prof. Annelie Kérékou Hodé, la prévention reste le meilleur moyen de lutte contre cette maladie. Santé 03 déc. 2021


Distribution de kits scolaires / Projet Swedd-Bénin : le gouvernement œuvre au maintien de 30 mille filles à l'école
30 mille enfants vulnérables du Bénin vont bénéficier de kits scolaires au titre de l'année académique 2021-2022, dans le cadre de la mise en œuvre du projet d'Autonomisation des femmes et du dividende démographique au Sahel (Swedd Bénin). Véronique Tognifodé, ministre des Affaires sociales et de la Microfinance, a officiellement lancé la distribution desdits kits, hier jeudi 2 décembre, au Collège d’enseignement général Sainte Rita. Issues de familles extrêmes pauvres et non extrêmes pauvres, 30 mille apprenantes du primaire et du secondaire identifiées sur toute l'étendue du territoire vont bénéficier de kits scolaires pour l'année académique 2021-2022. Selon les niveaux d'étude, ces kits sont composés de livres et manuels au programme, de cahiers et stylos, de vrais dessinateurs, de crayons et taille-crayons, de tissus kaki, ..., de sacs à dos dotés de lampes solaires pour permettre aux bénéficiaires d'étudier même en l'absence de l'énergie électrique. Le tout pour une valeur estimée à un milliard trois cents millions. L'objectif du gouvernement à travers cette action sociale réalisée dans le cadre du projet d'Autonomisation des femmes et du dividende démographique au Sahel (Swedd Bénin) est d'encourager la scolarisation et de booster le taux de rétention scolaire des filles. A en croire Djaoudath Alidou, coordonnatrice du projet Swedd Bénin, il s'agit d'une activité de grande portée en faveur de l'autonomisation des femmes et filles béninoises. « A vocation hautement sociale, le projet Swedd accompagne la vision du chef de l'État », ajoute-t-elle. Alors que la première expérience a concerné 23 mille filles vulnérables, cette deuxième édition prend en compte 30 mille filles du niveau primaire des classes de Cm1 et Cm2 et du niveau secondaire, de la Sixième en Terminale. Lors de la cérémonie de lancement officiel de cette campagne de distribution de kits scolaires, Véronique Tognifodé, ministre des Affaires sociales et de la Microfinance, a attiré l’attention des bénéficiaires sur le défi qui est le leur : se battre pour réussir dans un contexte où les autorités béninoises œuvrent à renforcer le cadre légal qui protège la gent féminine. Elle a également exprimé la gratitude du gouvernement à tous les partenaires qui accompagnent les efforts de scolarisation des filles et leur maintien à l'école, notamment la Banque mondiale et l'Unfpa. Un message pour toutes les filles S'adressant aux bénéficiaires de kits scolaires, Yves Kouaro Chabi, ministre des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle déclare : « Ces kits cachent un message : celui de travailler, de réussir, de déployer des efforts pour être autonomes. Vous avez le devoir de faire honneur au Benin. Vous n'avez de choix que de réussir. Nous allons vous suivre à travers vos chefs d'établissements et vos enseignants… ». Véronique Tognifodé a ensuite exhorté les apprenantes à jouer leur partition en se montrant laborieuses, assidues et chalengeuses afin de réussir. Elle exprimera ensuite l'espoir de compter en leur sein les femmes influentes de demain, battantes et présentes dans les instances de décisions... Le projet Swedd-Bénin est une initiative du gouvernement béninois mise en œuvre avec l'appui financier de la Banque mondiale et l'appui technique du Fonds des Nations Unies pour la population (Unfpa). Il vise à accroître l’autonomisation des femmes et des adolescentes et leur accès à des services de santé reproductive, infantile et maternelle de qualité, et à améliorer la production et le partage des connaissances au niveau régional. La ministre Véronique Tognifodé précise que le maintien des filles à l'école reste au cœur des actions de ce projet. Pour Wilfrid Gbaguidi, secrétaire général de la préfecture du Littoral, la distribution de kits scolaires aux filles défavorisées à l'instar de la cantine scolaire, initiée par le gouvernement, est une action sociale de grande portée. Education 03 déc. 2021


Attaques enregistrées à Banikoara et à Porga : L’Armée clarifie et rassure
L’état-major général des Forces Armées Béninoises rassure les populations suite aux attaques des agents des Forces de Défense et de Sécurité à Banikoara et à Porga. « Les Unités des Forces de Défense et de Sécurité sont en alerte pour faire face à toutes velléités d’ennemis ».  Cette assurance vient de l’état-major général des Forces Armées Béninoises, à travers un communiqué en date du 2 décembre 2021. En effet, des soldats en position de surveillance dans la zone frontalière au Nord du Bénin ont été pris à partie par des individus non identifiés. Les attaques ont été enregistrées le 30 novembre 2021 et le 1er décembre 2021 respectivement dans les localités de Mékrou Yinyin et de Porga. Deux morts et des blessés ont été signalés dans le rang des militaires. En face, deux corps d’assaillants ont été abandonnés.  « L’état-major des Forces Armées Béninoises tient à rassurer la population béninoise qu’il met tout en œuvre pour assurer la défense du territoire national ainsi que la sécurité des personnes et des biens », souligne le communiqué. Actualités 02 déc. 2021


Dessin industriel et dessin archéologique : aberration ou indigence du vocabulaire technoscientifique ?
La présente réflexion part de l’examen de différents champs lexicaux dans lesquels on fait usage de termes et d’expressions spécifiques parfois incongrus. Des exemples de groupes de mots ou locutions y sont exposés dans le but d’apprécier leur convenance ou non. L’attention est portée sur le cas des locutions « dessin industriel et dessin archéologique » qui suscitent quelques interrogations. Celles-ci sont placées chacune dans leurs champs lexicaux dans le but de les évaluer et d’apprécier leurs pertinences. Ce qui a permis de se rendre compte de leurs faiblesses et de proposer au terme de l’analyse, des expressions plus congrues à notre avis. La réflexion se présente comme une démarche visant à démystifier la recherche et à décoloniser le français que nous avons en partage. En archéologie, en mathématique et dans beaucoup d’autres domaines du savoir, on fait usage de termes et d’expressions plus ou moins spécialisés appelés jargons. Il s’agit de locutions spécifiques et propres à des domaines de la science. En archéologie d’une façon générale et particulièrement en préhistoire, on fait usage de telles locutions. Ainsi, on entend dire et on écrit : industrie lithique ; industrie extractive ; dessin archéologique, etc. Dans la plupart des cas, ces locutions ne font l’objet d’aucune controverse a priori. Il en est ainsi parce qu'elles sont utilisées dans des contextes précis par des spécialistes des domaines concernés. Or, à y voir de près, certaines d’entre elles peuvent susciter des interrogations notamment chez le commun des mortels. C’est le cas de dessin industriel et dessin archéologique; groupe de mots abondamment utilisés dans des champs lexicaux précis. Bien que dessin industriel, dessin archéologique tout comme mobiliers archéologiques ne posent aucun problème de compréhension, une petite réflexion sur lesdites terminologies suscite tout de même quelques interrogations. Alors, dans un contexte de mondialisation des connaissances où nous avons le français en partage et dans la perspective d’une harmonisation du vocabulaire scientifique et technique, une analyse grammaticale desdites locutions s’impose. Cet exercice voudrait susciter chez des enseignants et des universitaires une réflexion. Celle-ci vise à attirer l’attention du monde des chercheurs sur la pertinence des terminologies que nous utilisons dans le but de les évaluer dans l’espace et dans le temps. C’est pourquoi, le présent document se terminera par des suggestions dans la recherche permanente de nos capacités à innover et à adapter la langue française que nous avons en partage. I. Exemples de champs lexicaux contenant des expressions congrues ou incongrues Comme nous le disions à l’entame de cette réflexion, l’expression « industrie lithique» est fréquemment utilisée notamment dans l’enseignement de la préhistoire. Industrie lithique désigne la série d’outils en pierre fabriqués et utilisés par les ‘’hommes ‘’ durant la préhistoire. Elle comprend donc les outils les plus grossiers depuis la pierre taillée jusqu’à la pierre polie en passant par les éclats et les galets aménagés. Son emploi fait en même temps allusion aux types d’Homo qui se sont succédé durant les différents âges de la pierre encore appelés paléolithique. Il s’agit entre autres d’Homo Erectus, d’Homo Habilis et de l’Homo Sapiens dont le volume de la boite crânienne est proche du nôtre… «Industrie extractive» est par contre utilisée dans un autre champ lexical, plus précisément en métallurgie ou travail des métaux. Dans ce même champ lexical, on parle de mobilier archéologique, d’objet archéologique ou artefact pour désigner tout outil récupéré dans un contexte archéologique donné. Dans d’autres champs lexicaux, les expressions ou locutions paraissent moins congrues. C’est par exemple le cas d’imagerie médicale ; de procès historiques; de dessin industriel ; etc. Ces derniers exemples paraissent moins convenables surtout lorsqu’on procède à l’analyse grammaticale des groupes de mots qui les construisent. Alors, à quel niveau se trouve leur incongruité ? II. Le niveau de faiblesse des locutions incriminées Dessin industriel : en procédant à l’analyse grammaticale de ce groupe de mots, on en arrive à définir industrie comme production massive d’objets standardisés à l’aide de machines en un temps record. En principe, on n’y fait pas usage de force ou d’énergie humaine. N’y a-t-il pas donc matière à controverse quand on se trouve dans ce champ lexical ?... Dessin archéologique : désigne la reproduction ou la représentation de l’objet ancien issu d’une fouille en archéologie. Il est une étape indispensable et indissociable du travail de fouille en archéologie. On le réalise à l’aide d’instruments appropriés appelés matériel de dessin... «Dessin archéologique» suscite donc une interrogation quand on s’évertue à une analyse grammaticale du groupe de mots. En effet, archéologique est incontestablement adjectif épithète de dessin. Il se rapporte à dessin et le qualifie. De ce point de vue, on est en droit de se demander en quoi le dessin, c’est-à-dire la représentation d’un objet peut être aussi vieux que l’objet, lui-même. Puisque, le dessin en tant que représentation de l’objet n’a même pas l’âge de l’archéologue ou du dessinateur. C’est là où réside l’impertinence de dessin archéologique. C’est d’ailleurs pour éviter de telles confusions qu’on fait une nette différence entre le préhistorien entendu comme spécialiste de la préhistoire et le préhistorique qui désigne l’objet ou l’animal appartenant à la période… De même, l’archéologue chargé de la fouille et dessinateur de l’artefact exhumé est-il d’un âge comparable à l’objet mis au jour? Serait-il exact de qualifier l’archéologue dessinateur d’archéologique du fait qu’il manipule les vieux objets ? Devons-nous nous mettre dans la logique d’autres expressions courantes telles que : procès historiques ; discours historiques; conférences historiques, etc. pour faire allusion à des évènements qui ont encore cours? On comprend aisément que l’évènement qualifié d’historique est celui-là que l’on voudrait faire frapper de caducité pour l’inscrire en lettres d’or dans la mémoire collective. Ce sont là autant de termes qui paraissent ambigus quand on ne les place pas dans leur contexte et leurs champs lexicaux précis. D’où la nécessité de proposer des terminologies innovantes dans le but d’échapper aux subtilités de la langue française. III. Proposition et suggestion de terminologies plus ou moins congrues ou convenables Au vu des interrogations que suscitent ou que pourraient susciter certaines locutions pour le commun des mortels, on peut suggérer des groupes de mots de compréhension meilleure; c’est-à-dire plus congrus ou plus convenables. Ainsi, en lieu et place de dessin industriel, on pourra utiliser par exemple et sans équivoque dessin en industrie. En effet, comme nous avons tenté de le démontrer plus haut, « dessin industriel » apparait comme un abus de langage. Il pourrait même susciter une confusion si chacun des mots du groupe est analysé séparément, puisque dans ce cas, industriel serait un adjectif épithète de dessin. Il qualifierait alors le mot dessin. Or, le contexte dans lequel il est utilisé ne lui attribue pas la fonction d’adjectif. Donc industriel ne qualifie point dessin. En intitulant alors un cours ou une situation d’apprentissage : «dessin industriel», on semble fausser la donne. Car l’expression ne signifie nullement technique de dessin ; technique de représentation d’objet lorsqu’on se trouve dans le domaine de l’industrie. C’est pourquoi, il nous parait plus convenable d’écrire et de lire plutôt dessin en industrie. C’est le même raisonnement que nous appliquons à la locution «dessin archéologique». En effet, dans le travail de l’archéologue, le dessin constitue une étape importante au terme des relevés de fouilles. Il est d’autant important dans la mesure où il apporte une autre dimension que le rapport de fouilles ne saurait préciser. En termes clairs, le dessin n’est pas qu’une simple reproduction de l’objet mis au jour. De par sa technique, le dessin apporte une explication sur les différentes caractéristiques de l’objet exhumé. C’est pourquoi l’archéologue dessinateur prend les précautions pour reproduire l’objet en le présentant sous toutes ses faces sur la base d’une échelle bien déterminée. En manipulant le conformateur, le compact, le crayon et la gomme sur papier millimétré, l’archéologue fait preuve d’une dextérité certaine … La problématique que soulève notre réflexion ici réside dans la forme dessin archéologique, car ainsi présenté, le mot archéologique reste absolument épithète de dessin. Ce qui, à notre avis, est sujet à caution. Dans le cas d’espèce, la question qui vient à l’esprit est de savoir si le dessin dans sa représentation la plus exacte possible peut se confondre à l’objet lui-même notamment du point de vue âge et ancienneté. Dans une analyse caricaturée, on pourrait se demander si le dessin est aussi vieux que l’objet reproduit. L’archéologue dessinateur peut-il s’identifier ou s’aliéner à l’objet dessiné dont il n’est pas le concepteur ou l’inventeur originel? On ne peut répondre à ces questions que par la négation. C’est pourquoi en lieu et place de dessin archéologique, on pourrait également faire usage dans nos enseignements de «dessin en archéologie». Le même raisonnement nous amène à proposer imagerie en archéologie. En entrant dans un autre champ lexical relatif à la médecine, on pourrait écrire et lire, imagerie en médecine en lieu et place d’imagerie médicale ; déontologie en médecine en lieu et place de déontologie médicale... Dans le champ lexical qui concerne l’histoire, il parait plus convenable par exemple de dire et d’écrire un procès pour histoire en lieu et place de procès historique. Il est important et utile de préciser que ce propos ne vise nullement à établir l’historicité de l’évènement procès. Bien qu’on parle de plus en plus d’une « histoire des temps présents », il s’agit là d’un discours qui s’adresse aux opinions publiques. Il n’a aucun rapport avec la mémoire collective des populations qu’il veut plutôt avertir et prévenir relativement aux enseignements ou leçons à tirer d’un procès qui démarre ou qui est en cours. Procès historique n’est donc pas comparable à ce que renferme l’historicité du procès de Nuremberg du 24 septembre 1946 établi comme un fait historique. Le même raisonnement pourrait être appliqué à « conférence historique » lorsqu’on évoque la conférence de Berlin du 15 novembre 1884 au 26 février 1885 également établie comme un fait historique en comparaison à une conférence vue comme un évènement qui marquera dans le futur les opinions des populations… A notre avis, il parait plus convenable de dire et d’écrire procès pour l’histoire et conférence pour l’histoire en tenant compte des objectifs visés par ces discours. La réflexion à laquelle nous nous sommes librement soumis est d’essence purement épistémologique. Nous en avons fait une préoccupation à partir des années 90 quand nous faisions nos premiers pas dans la recherche en archéologie. La réflexion s’est davantage imposée à nous depuis que, en qualité d’accompagnateur au sein des équipes de chercheurs et d’archéologues expatriés et/ ou nationaux, nous avons eu le besoin de procéder à des mises à jour de nos connaissances dans le domaine de l’archéologie. Le présent document nous a été inspiré en 2017 au cours du 14e Colloque de l’Association Ouest Africaine d’Archéologie (Aoaa) à Accra au Ghana. En effet, l’occasion nous a été offerte suite à une communication présentée par un collègue Burkinabé et intitulée « Dessin archéologique…» C’est alors que nous avons attiré l’attention des panélistes quant à l’usage de l’expression dessin archéologique dans ce qu’elle peut soulever comme interrogation. Notre remarque ne visait nullement à discréditer ladite communication. Loin s’en faut! Nous l’avions perçue comme une contribution visant à harmoniser l’usage des terminologies techniques et scientifiques surtout dans la perspective d’une archéologie sans frontière. Elle doit être perçue aussi comme le droit d’une intelligentsia dans son désir de démystifier la recherche et de décoloniser le français que nous avons en partage. Par Dr Oumarou BANNI GUENE* *Enseignant vacataire, Chargé de cours en Archéométallurgie au Dha à l’Université d’Abomey- Calavi (Rép. du Bénin) Chercheur indépendant Culture 02 déc. 2021


Financement du commerce : l’Omc et la Sfi s’engagent à réduire les déficits
L’Organisation mondiale du commerce et la Société financière internationale entendent renforcer leur coopération pour combler le manque de financement du commerce, en particulier en Afrique. En travaillant ensemble, les experts de l’Organisation mondiale du commerce (Omc) et la Société financière internationale (Sfi) seront en mesure d’étudier les moyens d’améliorer la disponibilité du financement du commerce dans les régions qui en ont besoin, surtout en Afrique. C’est ce que pense Ngozi Okonjo-Iweala, directrice générale de l’Omc. Makhtar Diop, directeur général de la Société financière internationale (Sfi), est également de cet avis. « En élargissant nos connaissances sur les déficits de financement du commerce et en renforçant les capacités des commerçants, la Sfi et l’Omc peuvent aider les petites entreprises des pays en développement à s'intégrer dans l'économie mondiale », conçoit-il. Dans une déclaration commune, lundi dernier, les deux personnalités se sont engagées à renforcer la coopération existante dans le but d’améliorer l’analyse, l’identification et la détection des lacunes dans le financement du commerce. En fait, le manque de financement du commerce dans les pays en développement est pointé du doigt comme un obstacle majeur à la participation au commerce mondial, fait savoir Mme Okonjo-Iweala. Plus de 40 % des demandes de financement du commerce des petites et moyennes entreprises (Pme) sont rejetées, voire 70 % lorsqu’elles émanent des Pme appartenant à des femmes, selon les études. Les écarts de financement du commerce mondial, principalement dans les pays en développement, se sont accrus pendant la pandémie de Covid-19, atteignant 1 700 milliards de dollars. Or, « Sans financement du commerce, estime M. Diop, il ne peut y avoir de commerce efficace. » D’où il importe de mieux comprendre l’écosystème du financement du commerce, orienter les formations et les ressources là où la demande non satisfaite est importante, en vue de combler les lacunes en la matière. Il s’agira de renforcer les capacités des petits commerçants et des institutions financières au niveau local à travers des programmes de formation au financement du commerce dans les marchés émergents, principalement en Afrique. Cela devrait permettre de réduire considérablement les écarts. Sur le continent africain, les coûts du commerce peuvent atteindre 300 % de la valeur des marchandises échangées. Pendant ce temps, le coût du financement du commerce, notamment les lettres de crédit confirmées, a augmenté pendant la crise sanitaire et économique, soit six à sept fois plus cher en Afrique que dans les pays de l’Ocde, mentionne la déclaration. Les exportateurs et les importateurs locaux seront sensibilisés à propos de l’aide au financement du commerce que proposent la Sfi et d’autres institutions financières comme la Banque africaine de développement, la Banque interaméricaine de développement, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, la Banque asiatique de développement. Economie 02 déc. 2021


Construction de la centrale photovoltaïque de Pobè : en route pour un mix énergétique responsable
En visite, mardi 30 novembre dernier, sur le chantier de construction de la centrale solaire photovoltaïque à Illoulofin dans la commune de Pobè, le ministre Dona Jean-Claude Houssou a réitéré la volonté du gouvernement d’opter pour une utilisation responsable de tous les types d’énergie pour la satisfaction des besoins des populations. Sur le site abritant la centrale solaire photovoltaïque de 25 Mw à Illoulofin dans la commune de Pobè, le compte à rebours a commencé. Fin avril 2022, l’infrastructure devant marquer le premier pas dans l’option du « mix énergétique responsable » annoncé par le ministre de l’Energie sera fonctionnelle. Sur place, ce mardi 30 novembre, même l’ardent soleil de midi n’a pu avoir raison de l’ardeur des ouvriers. Une vue panoramique des lieux laisse constater le fruit de leur travail qui, à terme, permettra de mettre l’énergie solaire à la disposition de 20 000 ménages. Côté statistiques, la centrale solaire, c’est 47 000 panneaux solaires entièrement livrés dans 77 conteneurs de 40 pieds. Une bonne partie de ces panneaux est déjà installée sur le site et s’étend à perte de vue. La centrale occupera 26 hectares sur les 96 hectares du domaine affecté à l’ouvrage. Six transformateurs de 3.515 Kva seront aussi installés. En termes de bilan, un taux de 60 % est relevé sur l’avancement de la centrale, 20 % sur la section de la ligne d’évacuation et 30 % au niveau de la ligne de la Communauté électrique du Bénin. Sans oublier que plus de 80 % de la main-d’œuvre provient des localités proches du chantier. Au ministre Dona Jean-Claude Houssou et à sa suite, Cinzio Bagri, gestionnaire du projet solaire « Defissol », Paul Assogba, chef d’agence de l’entreprise en charge du chantier, et Ludovic Duplan, venu spécialement de la France pour cette visite pour le compte de la même entreprise ont expliqué les différents travaux déjà effectués et les étapes qu’il reste à franchir pour l’aboutissement. Ils ont surtout insisté sur le fait qu’il n’y a eu aucun arrêt du chantier dû à un accident de travail depuis le 19 novembre 2020 où les activités ont commencé. Selon les clauses contractuelles, la mission a pour objectifs de construire la centrale et de moderniser des installations de la société béninoise d’énergie électrique. Satisfaction ! Tout en exprimant sa joie pour ce projet qui s’exécute avec célérité, Simon Adébayo Dinan, maire de la ville qui accueille l’infrastructure, a rassuré de la mobilisation de son conseil pour veiller au bon déroulement des travaux et à la bonne collaboration entre travailleurs et populations riveraines. Il est soutenu par Daniel Valère Sètonnougbo, préfet du département du Plateau. L’autorité confirme les mesures prises pour sécuriser cet ouvrage de haute portée aussi bien pour les populations de Pobè que pour toutes les personnes résidant sur le territoire béninois. « L’énergie est une denrée très importante dans le développement de toute communauté. Elle permet de développer les activités économiques et de prospérer », a ajouté le préfet pour montrer l’importance de cette centrale solaire photovoltaïque. Satisfaction, le ministre Dona Jean-Claude Houssou en déborde. Car il n’était pas évident d’obtenir l’évolution constatée et espérer la livraison à bonne date de la centrale, au regard des effets de la situation sanitaire mondiale sur la livraison des intrants. « La réalisation de cette première centrale d’envergure traduit la mise en œuvre effective de la transition énergétique selon la volonté du gouvernement d’avoir un mix énergétique responsable qui allie à la fois les énergies renouvelables, les énergies d’origine thermique et autres », a fait savoir le ministre. Il a profité de l’occasion pour annoncer d’autres projets imminents qui vont renforcer le système énergétique. Il s’agit notamment de la construction de centrales solaires de 50 Mw à Bohicon, Parakou, etc. et la densification de tout le réseau autour de la centrale de Pobè. Mais la meilleure nouvelle annoncée par le ministre de l’Energie, c’est la validation par l’Agence française de développement du dossier de doublement de la capacité de cette centrale en chantier. A Pobè, la fin du chantier de la première centrale solaire consacrera donc le début d’un autre chantier de même capacité. Actualités 02 déc. 2021


Protection sociale des travailleurs du secteur routier : la Caisse nationale de sécurité sociale veille au grain
Les droits des travailleurs du secteur routier préoccupent la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss). C’est pour échanger avec les principaux acteurs dudit secteur qu’elle a organisé, ce mercredi 1er décembre, un atelier sur «La protection sociale des travailleurs du secteur des transports terrestres en République du Bénin : enjeux et perspectives». La Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss), œuvre pour la reconnaissance et le respect des droits des travailleurs employés dans le secteur des transports terrestres. En initiant un atelier sur la protection sociale des travailleurs dudit secteur, elle ambitionne de mettre fin à la marginalisation dans les rangs des chauffeurs, apprentis et d’amener les propriétaires à respecter leurs droits. « Force est de constater que la majorité des travailleurs employés dans le secteur des transports terrestres, notamment les conducteurs, les apprentis et leurs familles ne bénéficient pas de la protection sociale offerte par la loi. Cette situation interpelle dans la mesure où les véhicules de transport et les marchandises sont couverts par une police d’assurance de fret et de responsabilité civile mais pas le travailleur », relève Apollinaire Cadete Tchintchin, directeur général de la Cnss. Raïmi Sikirou, chef service contrôle employeur à la Cnss, va au-delà de cet aspect en déplorant les comportements peu exemplaires des propriétaires d’engins vis-à-vis de leurs employés. « Les propriétaires de véhicules gros porteurs se soucient peu de leurs employeurs. Ils s’occupent plus de leurs engins et de leurs marchandises que de leurs employés. Ils souscrivent à une police d’assurance qui couvre leur responsabilité civile en oubliant celle de leurs chauffeurs et apprentis », dénonce-t-il. La prise en compte de ces travailleurs est d’autant plus capitale au regard du poids du secteur routier dans l’économie nationale. Les statistiques recensées au niveau du secteur sur une période de 16 ans renseignent sur sa vitalité. De 2001 à 2017, on dénombre soixante-six mille neuf cent quatre-vingt-neuf véhicules au niveau du parc automobile immatriculé de véhicules de marchandises poids lourds. Une réalité que confirme Apollinaire Cadete Tchintchin : «Le secteur routier est stratégique pour le développement économique de notre pays. Il assure le déplacement des personnes et des biens aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, contribuant ainsi à la croissance économique et à la création d’emplois salariés ». L’amalgame dessert les travailleurs du secteur routier Au regard de ces paramètres, les propriétaires de véhicules ne doivent pas se soustraire à leurs obligations. « Tel que défini dans le Code de sécurité sociale, les propriétaires des véhicules poids lourds doivent se rapprocher de la Cnss pour se faire identifier, déclarer leurs conducteurs et apprentis, verser les cotisations pour la protection de ceux-ci. Les conducteurs sont laissés pour compte en cas d’accident de la circulation. L’assurance paie un forfait pour certaines réparations, mais la vie du conducteur n’est pas prise en compte. C’est la Cnss qui prend en charge cette réparation. Or pour le faire, il faut que l’employeur puisse se faire connaître par la Caisse en affiliant ses travailleurs et en payant leurs cotisations à bonne date», poursuit-il. Pour Eugène Adédjoumon, administrateur des services de sécurité sociale, sur les droits des travailleurs, le mal est plus profond. Il relève les incohérences dans la déclaration sociale de cette catégorie d’employés. « Les travailleurs salariés du secteur des transports terrestres ne bénéficient pas des prestations de la Cnss, parce que beaucoup d’entre eux n’y sont pas déclarés. Certaines entreprises s’ignorent employeurs, par conséquent, elles ne déclarent pas leurs employés à la Cnss. Certaines personnes font la confusion entre travailleur salarié et travailleur indépendant. Beaucoup pensent également qu’ils sont travailleurs indépendants. Par conséquent, ils ne se font pas déclarer. D’autres savent bien qu’ils sont des travailleurs salariés, mais avancent comme raison que leur employeur a déjà souscrit à une police d’assurance qui les couvre », explique Eugène Adédjoumon. Or, développe-t-il, ces démar-ches ne suffisent pas à conclure que l’employé ne doit plus être immatriculé. « La police d’assurance est pour la route et la sécurité sociale protège le conducteur et sa famille en cas d’accident », éclaire-t-il. Les droits du salarié employé dans le secteur des transports terrestres ainsi que les obligations de l’employeur du secteur des transports terrestres à la lumière du Code de sécurité sociale ont été exposés aux participants. Dans les jours à venir, la Cnss s’investira davantage dans la sensibilisation pour la promotion et la protection des droits des conducteurs d’engins lourds et leurs apprentis. Si les employeurs du secteur routier prennent conscience de la démarche de la Caisse, leurs employés pourront jouir véritablement de leurs droits. Société 02 déc. 2021


11e édition de Water School : une croisade inédite contre la Covid-19
La 11e édition de Water School a été lancée, hier 1er décembre au Ceg Grand-Popo. A travers ce programme, les élèves sont mobilisés pour faire barrière à la Covid-19 et à l’Infodémie dans 30 communes. C’est la rentrée à Water School, mais une rentrée pas comme les autres. Répartis en plusieurs ateliers, une centaine d’élèves découvrent, sous des angles plus sûrs, la Covid-19. Au peigne fin, et de façon astucieuse, des encadreurs les aident à prendre connaissance des symptômes du coronavirus, les modes de transmission, les mesures barrières, et surtout à déconstruire les Infox qui circulent avec le virus. L’initiative s’inscrit en réalité dans le cadre de la 11e édition de Water School. L’exercice est si fascinant que le maire de Grand-Popo, Jocelyn Ahyi, et le directeur de cabinet du ministre de l’Eau, Prof. Emmanuel Lawin, n’ont pas tardé à se lancer dans le jeu de questions-réponses pour attirer l’attention sur des détails. « Au nombre des mesures barrières, on nous a recommandé le lavage des mains pour repousser loin ce virus. Ce que nous faisons pour préserver notre vie ne doit pas s’arrêter à ça. Nous devons nous engager totalement dans la dynamique pour protéger tous ceux qui sont autour de nous. Les protéger, c’est de leur dire ce qu’on nous apprend à faire ici pour lutter contre la Covid-19, les sensibiliser à se les approprier. Il faut que dans chaque foyer, cela devienne un réflexe. C’est une mission qu’on vous confie », a dit Jocelyn Ahyi aux apprenants. Cette action innovante est organisée avec l’appui du Programme Eau, Hygiène et Assainissement (Proseha/Giz), en collaboration avec Eau Afrique. Water School vise à doter les jeunes de connaissances et outils capables de faire d’eux des pairs éducateurs contre la Covid-19. Le thème de l’édition 2021 en dit long : « Les jeunes face à l’urgence sanitaire liée à la pandémie de la Covid-19 ». Plusieurs spécialistes ont été mobilisés pour animer les communications pour à la fois éclairer la l’antenne des apprenants, susciter leur détermination à mener la croisade contre la Cvid-19 et les amener à briser la chaine de l’Infodémie. 8 départements à sillonner La caravane Water School 2021 va sillonner 30 communes des départements de l’Atacora, Borgou, Alibori, Ouémé, Mono, Plateau, Atlantique et Littoral. « La 11e édition offre aux jeunes l’unique occasion de s’engager dans la bataille contre la Covid-19 et leur donne les moyens d’être des artisans de leur devenir. L’objectif est de développer une stratégie de communication et d’éducation à la vulgarisation des gestes barrières au Covid-19 chez les jeunes », a souligné Rodrigue Dossou, chargé de programme adjoint de Proseha/Giz. Pour sa part, le directeur de cabinet du ministre de l’Eau, a rappelé les efforts du gouvernement pour la disponibilité de l’eau potable, aussi bien en milieu urbain que rural. Il a ensuite invité les jeunes à s’engager résolument dans la riposte à la Covid-19. « Soyez des acteurs de changement à l’issue de votre formation de pairs éducateurs. Vous avez un grand rôle à jouer dans la lutte contre le Covid-19 », a insisté Prof. Emmanuel Lawin. Engagés, les élèves le sont déjà. A leurs hôtes, ils n’ont pas manqué de faire eux aussi un rappel : « Pour bien se laver les mains, il faut de l’eau potable, du savon et du temps ». Société 02 déc. 2021


Préservation de la mangrove au Bénin : « Nous devons tous agir », recommande Hugues Hector Zogo
Alors que la protection de l’environnement est devenue un défi planétaire, la lutte contre la dégradation au sein des écosystèmes de mangrove appelle à l’implication de tous. Un engagement auquel exhorte Hugues Hector Zogo, acteur de la société civile. La Nation : La préservation de la mangrove au Bénin, quels enjeux ? Hugues Hector Zogo : La mangrove joue un rôle majeur dans l’atténuation et la régulation des impacts du changement climatique. Elle est un rempart contre la violence des tempêtes en même temps qu'elle contribue à la séquestration et au stockage du carbone. Elle est aussi essentielle à l’équilibre des populations locales avoisinantes, notamment en tant qu’habitat et nurserie d’espèces exploitées pour le développement économique local. En deux décennies, les mangroves ont perdu près d'un tiers de leur superficie dans notre pays. Les mangroves constituent, dans le sud du Bénin, un réservoir naturel, riche en biodiversité. Les dégâts de la déforestation observés dans les communes d'Abomey-Calavi, Ouidah, Grand-Popo, Kpomassè, Bopa et Comè confirment cette réalité. A Ouidah par exemple, la superficie couverte par les mangroves est passée de 491,53 ha en 2005 à 430,12 ha en 2015, soit une perte de 12%. C’est ce qu’on note en termes de statistiques fiables. Pour répondre aux défis de restauration des mangroves, de la protection de la côte et dans le souci d’accompagner les efforts faits par le ministère du Cadre de vie et du Développement durable, l’Ong Paix Liberté avec l’appui du département d’Etat américain a initié un projet à travers lequel nous travaillons à la réduction de la dégradation au sein des écosystèmes de mangrove ainsi qu’au renforcement et à la conservation de la biodiversité. Par la même occasion, nous sensibilisons à la lutte contre l’érosion côtière sous toutes ses formes. Les localités de Djègbadji, Hiyo et Djondji dans la commune de Ouidah, Avlo et Nicoué Condji dans la commune de Grand-Popo, Couffonou et Hountoun dans la commune de Kpomassè, Kpétou dans la commune de Comé et enfin Séhou-Gbato dans la commune de Bopa sont les plus visées. Quelles sont les actions que vous menez dans ce cadre ? Nous avons pu constater que la décision du Conseil des ministres du 26 octobre 2016 qui interdit la coupe des mangroves et des cocotiers dans les zones humides est encore méconnue des populations. Conséquence, la coupe continue et les signes de dégradation sont encore perceptibles. Notre tâche, c’est d’aller au contact des populations pour leur faire prendre conscience des enjeux de la préservation de la biodiversité et pour les aider à faire face aux menaces. Notre organisation a réalisé deux documentaires sur le phénomène; occasion a été donnée aux populations mêmes de se prononcer sur ces différents faits environnementaux. Ces documentaires sont diffusés sur écran géant dans les localités ciblées. Nous savons que les autorités centrales et locales sont aussi face au défi de la protection de l’environnement. Notre démarche à travers ce projet, c’est d’appuyer leurs efforts. On ne peut plus laisser cette mission seulement au gouvernement de notre pays. Nous sommes à l’ère où le citoyen doit toujours se sentir impliqué en premier dans la gestion des affaires de son pays. C’est ce que nous essayons de faire à partir de la veille scientifique et technique qui participe inéluctablement à la valorisation de la mangrove. Tant sur le plan scientifique que sur celui de la communication, ce projet offre l’opportunité aux jeunes filles et jeunes gens, adultes, hommes et femmes de s’engager pour des causes nobles et justes. Le combat pour la préservation de la mangrove n’est pas nouveau ! Qu’est-ce qui rend la sensibilisation si difficile ? C’est une question assez pertinente. Les piroguiers, par exemple, coupent la mangrove parce que cette végétation marine obstrue leurs allées habituelles sur les eaux. Dans ces conditions, ils ont du mal à circuler sans arracher la mangrove, or il est interdit de couper. Pour les femmes cueilleuses et transformatrices de produits halieutiques, la mangrove est plus accessible et plus économique. Ce sont diverses raisons qui encouragent les protagonistes à détruire progressivement cette réserve naturelle. La sensibilisation doit donc être continue parce que les habitudes ont la peau dure. Mais les difficultés que nous rencontrons aujourd’hui sont plus liées à la montée des eaux. Face aux affres de la crue, les populations sont préoccupées par leur relogement. C’est difficile de les retrouver aux mêmes endroits. Le gouvernement de notre pays fait des efforts considérables; il faut le reconnaître, pour accompagner les sinistrés. Mais la nature n’est pas clémente. Quand on prend ‘’La Bouche du Roy’’ par rapport à ce qui s’est passé à Ouidah, Kpomassè et Comè, l’embouchure avait été libérée. C’est de lourds investissements; et pourtant, récemment, nous avons vu les dégâts du côté de Grand-Popo par exemple. Notre unique possibilité aujourd’hui, c’est de poursuivre la sensibilisation dans les écoles. On a une banque d’images assez riche sur les mangroves qu’on va exposer dans les mairies. Les populations pourront les regarder et apprécier le danger qui se profile du fait du silence de chacun. Nous devons tous agir, c’est le mot d’ordre. Acteurs à la base et communautés locales riveraines et autochtones, pêcheurs artisanaux, femmes cueilleuses et transformatrices de produits halieutiques, pêcheurs de crevettes, groupements et associations actifs dans la mangrove, piroguiers, groupements de jeunesse, élus et autorités à divers niveaux ; tous sont interpellés dans le combat pour la préservation de la mangrove au Bénin. Environnement 01 déc. 2021


Développement de la commune de Banikoara : les dix chefs d’arrondissement dotés de moyens roulants
L’esplanade de la mairie de Banikoara a servi de cadre, lundi 29 novembre dernier, à la remise de motos aux dix chefs d’arrondissement de la commune. C’était au cours d’une cérémonie placée sous la présidence du maire Bio Sarako Tamou. A Banikoara, la mairie est consciente de la portée de cette assertion qui voudrait qu’à un homme auquel l’on assigne une mission, des moyens soient mis à sa disposition. En témoigne la cérémonie de remise de motos à ses dix chefs d’arrondissement organisée, lundi 29 novembre dernier, sur son esplanade. C’est le maire Bio Sarako Tamou qui a procédé à la remise des clés des engins aux heureux récipiendaires. Il s’agit de moyens roulants qui leur permettront d’aider davantage l’équipe dirigeante de la commune, à atteindre les objectifs de développement de la cité des Banigansé. C’est sur fonds propres de la mairie, qu’ils ont été acquis. Le maire a également exhorté les chefs d'arrondissement à faire un bon usage de ces engins de fonction. Heureux, les bénéficiaires ont exprimé leur satisfaction à la mairie. Ils ont promis de se surpasser et de donner, plus que par le passé, le meilleur d’eux-mêmes à la tâche. Société 01 déc. 2021


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