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Nouvelles

L'infox et les préjugés sexistes : des jeunes aguerris pour réduire la propagation
Le projet « Non au virus de l’infox et des préjugés sexistes» de l’Us_Bénin Women Alumni Association (Us-Bwaa) a été lancé, hier mercredi 24 novembre à Abomey-Calavi. Grâce à ce projet, des jeunes seront outillés pour déconstruire les fausses informations et les préjugés basés sur le genre. Par Mathilde ASSOGBA (Stag.) Initié par l’Us-Bwaa et financé par l’Organisation internationale de la francophonie (Oif), le projet «Non au virus de l’infox et des préjugés sexistes» vise à former les jeunes, premiers utilisateurs des réseaux sociaux sur la déconstruction des fausses informations et des préjugés basés sur le genre. Pour réduire la propagation des fausses informations, 200 jeunes seront formés dans les départements de l’Atlantique (Abomey- Calavi, Ouidah, Allada), de l’Ouémé (Porto-Novo, Adjarra, Avrankou), Borgou (Parakou, Tchaourou), du Zou (Bohicon) et des Collines (Dassa). « Une bonne information et vraie est une ressource, une richesse, voire une valeur ajoutée pour celui qui l’a. Par contre, une mauvaise information, un préjugé sexiste est un danger, car ils peuvent nuire et détruire », a déclaré Bibiane Ogué, secrétaire générale de l’Us-Bwaa. Avec l’éclosion spectaculaire des réseaux sociaux, les fausses informations ou les informations délibérément biaisées dans le but de détruire circulent à tout va. Aujourd’hui que les droits des femmes sont de plus en plus reconnus et promus, il est nécessaire de veiller à la déconstruction de ces infox qui contribuent au renforcement des clichés sexistes. Selon Théodore Gléssougbé, représentant du maire de la commune d’Abomey-Calavi, il est possible de sensibiliser à la diminution des fausses informations en se basant sur l’éducation des jeunes qui constituent les premiers utilisateurs des réseaux sociaux. « Nous devons ensemble trouver des voies et moyens pour réduire ces fausses informations qui sont de nature à compromettre les efforts déployés depuis des années par le gouvernement pour mettre la femme au cœur du développement de notre pays», a t-il souligné. Pour sa part, Passassim Atade Nanguit, représentant de l'Oif, reste convaincu que ce projet viendra renforcer les capacités des divers acteurs engagés dans la lutte contre les fausses informations et les préjugés sexistes? Société 25 nov. 2021


Michel Boko : une vie aux soins du climat
Sa rigueur précède sa notoriété dans le monde scientifique. Le Professeur Michel Boko, père de la climatologie béninoise, premier recteur de l’Université de Parakou, ne lâche jamais rien, au nom de sa conviction écologique. Peut-être qu’il l’ignore. Peut-être encore qu’il préfère ne pas en tenir rigueur. Mais Michel Boko est un homme craint. Il n’emploie la langue de bois avec personne. Président de l’Association internationale de climatologie, le Professeur Expédit Vissin relativise cette perception qu’on a de lui. « C’est un spécimen rare. Les gens ne le comprennent pas. Mais si vous analysez au fond, il ne cherche que le bien de l’étudiant. C’est grâce à lui que j’ai aimé la climatologie. Sinon, j’aurais détesté cette matière », confie-t-il. Partout où il est passé, le climatologue à la retraite a laissé dans les esprits, l’image d’un homme qui tient à la perfection. «Quand vous lui produisez un rapport, il tient à la qualité du document. Aucune faute ni virgule mal placée n’échappe à son bic rouge », dévoile Jeanne Hounkpè, qui a assisté pendant deux mandats Michel Boko au Conseil économique et social. Cependant, académicien, Michel Boko est avant tout un chercheur qui tente, sans relâche, de comprendre l’évolution du climat. Cette passion a germé, alors qu’il était étudiant à l’Institut de géographie de l’Université de Bourgogne à Dijon. Feu Professeur Pierre Pagney, l’une des figures mondiales de climatologie tropicale, a accepté sa proposition de faire une étude régionale sur la plaine côtière du Bénin, à l’ouest de Cotonou. C’est ce sujet qui a fait l’objet de sa thèse de doctorat de troisième cycle, soutenue le 20 décembre 1975. Et lorsqu’il a voulu démarrer ses travaux pour une thèse de doctorat d’Etat, il a décidé de récidiver à travers une étude régionale en géographie tropicale, sur la région s’étendant de l’embouchure du Niger à celle de la Volta au Ghana. Mais la densité du sujet l’a conduit sur le champ de la climatologie. « Après un premier séjour de six mois, je me suis rendu compte que c’était quasiment impossible. C’est comme cela que l’idée m’est venue de choisir un sujet moins étendu: « Climats et communautés rurales du Bénin : rythmes climatiques et rythmes de développement ». Au commencement Entre le professeur Boko et la climatologie, c’est une longue histoire. Elle a pris corps après qu’il a fait le tour du Bénin en 1978 dans le cadre du Projet Atlas linguistique et du Projet Gourma, aux côtés des géographes physiciens et cartographes Sikirou Kolawolé Adam, Emmanuel Sêwa Ako, des linguistes et des historiens. « J’ai donc pu observer que le paramètre physiographique le plus contraignant dans l’aménagement du territoire et la gestion durable des ressources naturelles est le climat. C’est donc ainsi que la nouvelle formulation du titre de ma thèse de doctorat d’Etat m’est venue», se rappelle-t-il. Certes, Michel Boko maitrisait les concepts et la méthodologie en géographie régionale, en géographie rurale et en aménagement du territoire. Mais, il lui fallait actualiser et renforcer ses connaissances en climatologie dynamique, en climatologie appliquée et en bioclimatologie. « J’ai décidé de faire un stage en météorologie spatiale à Lannion, puis un autre en programmation en informatique à Paris. Au Centre de recherche de climatologie de l’Université de Bourgogne que dirigeait mon professeur, il y avait une remise à niveau complète de tous les chercheurs : savoir lire et interpréter les cartes météorologiques et faire la néphanalyse, et puis avoir une bonne maîtrise de l’outil informatique, car faire des calculs d’évapotranspiration potentielle, établir un bilan hydrique et calculer un indice de confort ou de stress en bioclimatologie humaine, cela prend énormément de temps si vous le faites avec une calculette », confie-t-il. Jusqu’au-boutiste Se lancer sur ce terrain, encore vierge sur le continent, ce n’était pas chose aisée. Mais Boko a un but à atteindre, il se crée la route pour y parvenir. Boursier pendant deux ans du Fonds d’aide et de coopération du gouvernement français pour le premier cycle à Lomé, boursier du Bénin pendant trois ans pour le second cycle en France, les choses vont se compliquer après une première année au troisième cycle. « Quand le gouvernement du Dahomey nous a intimé l’ordre de rentrer au pays en 1974, j’ai refusé car je voulais finir mon troisième cycle. J’ai facilement trouvé du travail par intérim et même un poste de moniteur à la bibliothèque de l’Institut de géographie. J’ai donc pu finir mes travaux et soutenir ma thèse de doctorat de 3ème cycle avant de demander mon billet de rapatriement. Laisser sa famille, femme et enfants pendant plusieurs années et revenir bredouille, il n’en était pas question », souligne le Chevalier de l'Ordre International des Palmes Académiques du Cames. Sur le parcours du premier recteur de l’Université de Parakou, on retrouve bien souvent Sikirou Kolawolé Adam, son « frère jumeau» qui n’est plus. Les deux ont fait connaissance au Lycée Béhanzin et ont gardé de solides liens d’amitié jusqu’à l’Université de Lomé où ils ont fait le premier cycle de géographie. Ils n’ont laissé aucune circonstance refroidir cette amitié singulière : ni les caprices de jeunesse encore moins la distance quand l’un est allé faire le Service civique, patriotique, idéologique et militaire (Scpim) à l’Ecole des cadres de l’Armée de terre à Ouidah. « Sikirou était un autre moi-même, mon alter ego. On se disait tout, ce qui peut fâcher comme ce qui peut faire plaisir. C’était d’ailleurs lui qui a fait campagne, à mon insu, pour mon élection au poste de vice doyen de la Faculté des Lettres Arts et Sciences Humaines en 1981 », se souvient Michel Boko. C’est d’ailleurs Sikirou Kolawolé Adam qui introduisit Michel Boko dans le projet de rédaction d’un manuel de Géographie du Bénin, à la suite de celui rédigé en 1962 par Alfred Comlan Mondjannagni, Jean Pliya et André Journeaux. « Je l’ai rejoint au Département de Géographie où il a été mon vrai mentor. Il était ingénieur cartographe et moi jeune docteur en géographie tropicale et aménagement du territoire, je l’ai soutenu pour finir la rédaction et la soutenance de sa thèse de doctorat à Paris. Nos liens en sont devenus encore plus fraternels, plus profonds et plus sincères ». Un Nobel dans l’ombre Au département de Géographie de l’Université nationale du Bénin, le chercheur s’est vite imposé dans sa discipline. « Il était passionné, intéressant, parfois drôle lors de ses enseignements. C’est un véritable et infatigable défenseur de l’environnement», témoigne Alain Zoulin, Secrétaire général adjoint du Conseil économique et social, ancien étudiant de Michel Boko. « Le pape de la climatologie » comme certains s’amusent à l’appeler en sourdine, multiplie les initiatives, crée le Laboratoire Climat, Eau, Ecosystème et Développement (Laceede) du nom de son maître ‘’ Pierre Pagney ’’. Il est connu dans le monde scientifique à l’international pour son engagement pour la cause de l’environnement. Cette identité a été forgée tout d’abord lors de ses stages de terrain au laboratoire Erken de Nor Malma (Université d’Uppsala) où il s’est familiarisé avec les techniques de prélèvement et d’analyse physico-chimique des eaux des lacs de la Suède. C’est tout naturellement que les autorités rectorales l’ont nommé en 1998 pour gérer le programme de coordination des formations et des recherches en sciences de l’environnement, l’eau et le climat. C’est de ce programme qu’est né le Centre Interfacultaire de Formation et de Recherche en Environnement pour le Développement Durable (Cifred). « Si vous prenez le département de géographie à Calavi et à Parakou, les ¾ sont formés par le Professeur Boko. Ce qui veut dire que les gens ont opté pour la rigueur. Mais lorsque vous ne voulez pas travailler, vous allez penser qu’il est très rigoureux. Ça nous fait plaisir d’apprendre de lui. Il disait, qu’il n’a jamais formé pour que les gens viennent lui dire merci. C’est profond », souligne Dr Ernest Amoussou. En 2007, le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) et Albert Arnold (Al) Gore Jr. ont reçu le prix Nobel de la paix pour leurs efforts de collecte et de diffusion des connaissances sur les changements climatiques provoqués par l'homme, et pour avoir posé les fondements des mesures nécessaires pour lutter contre ces changements climatiques. Dans l’ombre, on retrouve Michel Boko. En effet, le chercheur a été sollicité par le professeur Martin Pary de l’université de Birmingham pour être «reviewer » dans le cadre du premier rapport du Giec/Ipcc. Il sera contributeur dans le deuxième rapport, auteur principal pour le troisième rapport et coordonnateur des auteurs principaux pour l’Afrique dans le quatrième rapport. Et c’est ce dernier qui a été récompensé, en partage avec Al Gore et qui fait de lui un Co-Prix Nobel. Cependant, ce n’est pas là sa plus grande fierté. « Ma plus grande fierté est la production scientifique de ceux que j’ai formés moi-même et de ceux qui ont su profiter de l’existence du laboratoire et de son équipement pour mener des travaux scientifiques qui les ont amenés aujourd’hui aux grades les plus élevés dans l’enseignement supérieur. J’ai l’habitude de dire, sans fanfaronnade, que je fais souvent cent pour cent de succès à chaque session des Cts/Cames, aussi bien au Bénin que dans les pays où j’ai eu à encadrer des jeunes chercheurs », déclare-t-il. Ce qu’ambitionne le maître Précurseur de la première des écoles doctorales pluridisciplinaires de l’Uac, l’histoire retient que c’est aussi Michel Boko qui a lancé l’université de Parakou dont il fut le premier recteur en 2001. Mais aujourd’hui, le Père de la climatologie béninoise a des inquiétudes sur l’engagement de la génération montante. « L’idéal qui m’a amené à faire le peu que j’ai pu, semble ne plus exister. La jeune génération ne pense que « argent », faire des consultations, même les plus bidons, voire parfois rançonner les étudiants, afin d’avoir de quoi briller socialement et de façon ostentatoire. Dans toutes les sociétés, chacun regarde autour de lui et au-dessus de lui pour se déterminer. Moi, je n’avais rien au-dessus de moi, car mon Père était un menuisier-charpentier et ma Mère préparait et vendait des aliments de toutes sortes. J’étais mon propre déterminant social », martèle-t-il. Son plus grand regret réside dans l’accueil réservé par la sphère politique aux travaux de climatologie appliquée réalisés au Bénin, travaux qui, dit-il, plaçaient le Bénin à l’avant-garde dans la lutte contre les impacts négatifs des changements climatiques. « Nous sommes allés, un jeune collègue climatologue et moi, présenter nos résultats au ministre de l’Agriculture, de la Pêche et de l'Elevage d’alors, en 1989. Nous avons été accueillis très poliment, puis rien d’autre. J’ai créé un laboratoire de climatologie, le premier dans toute l’Afrique francophone. Mais nous n’avons jamais reçu un faux centime troué des institutions publiques. Il fallait signer des accords de coopération interuniversitaire ou postuler à des consultations pour avoir de quoi faire tourner le laboratoire », insiste-t-il. A 71 ans, le Professeur Michel Boko ne cache pas son amertume. « Aujourd’hui, tous les chercheurs béninois sont devenus des climatologues, même s’ils ne connaissent rien des systèmes climatiques. Il ne suffit pas de savoir traiter les données hydrométéorologiques, agronomiques ou biogéographiques pour s’autoproclamer climatologue», déplore-t-il. C’est « une malhonnêteté intellectuelle » qu’il ne supporte pas. Toujours très actif, il continue ses activités scientifiques à l’Académie Nationale des Sciences, Arts et Lettres du Bénin dont il est membre fondateur. Il y occupe, sans surprise, le poste de président de la commission permanente «Climat et Environnement », à la grande satisfaction de ses confrères qui viennent de l’élire secrétaire perpétuel de cette grande institution scientifique pour les six prochaines années. Environnement 25 nov. 2021


Fragilité des systèmes agroalimentaires : 4 milliards de personnes menacées par la malnutrition
Le Rapport 2021 de la Fao sur la Situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture met en exergue la vulnérabilité des systèmes agroalimentaires. Face à l’insécurité alimentaire grandissante avec les chocs dont la Covid-19, l’institution préconise des mesures de résilience et d’efficience plus accrues. Quelque 3 milliards de personnes ne peuvent se permettre une alimentation saine et énergétique dans 143 pays pris en compte par l'étude. En plus, 1 milliard d’autres risquent de se retrouver dans la même situation si un choc vient à les priver d’un tiers de leurs revenus, dont 95 % se situent dans les pays à revenu intermédiaire des tranches inférieure et supérieure. Et, jusqu’à 845 millions de personnes pourraient voir le coût de l’alimentation augmenter si des itinéraires de transport d’importance critique devaient subir une perturbation. Ces chiffres révélés par l’édition 2021 du Rapport de la Fao sur la Situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture témoignent de la fragilité des systèmes agroalimentaires nationaux mise en évidence par la pandémie de Covid-19. Cette vulnérabilité peut avoir des répercussions sur un grand nombre de personnes, notamment dans les pays à faible revenu, souligne le document sous-titré « Rendre les systèmes agroalimentaires plus résilients face aux chocs et aux situations de stress ». Déjà avant la crise, le monde n’était pas en voie d’atteindre l’engagement commun qui a été pris, celui d’éliminer la faim et la malnutrition sous toutes ses formes d’ici à 2030. L’atteinte de cet objectif est davantage compromise. En fait, 720 à 811 millions de personnes sont touchées par la faim en 2020, soit jusqu’à 161 millions de personnes de plus qu’en 2019, selon l’édition 2021 de L’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde ; une situation largement due à la crise sanitaire. Pratiques durables L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) appelle à renforcer la capacité des systèmes et celle de leurs acteurs à prévenir, anticiper et absorber les chocs. Cela passe, estime l’institution onusienne, par deux éléments clés à savoir la diversification de la production et des sources d’approvisionnement et la redondance, c’est-à-dire la duplication d’éléments critiques des systèmes agroalimentaires. En fait, souligne le rapport, complétée par des stocks existants et des importations, une production intérieure diversifiée permet d’assurer des disponibilités alimentaires même en cas de perturbations. L’adoption de pratiques de production plus durables (agroécologie, agriculture climato-intelligente et conservation de la biodiversité) est importante, en plus de la création ou du renforcement de coopératives d’agriculteurs. En fait, les systèmes agroalimentaires sont de plus en plus menacés par des situations de stress au long cours, telles que le changement climatique, la déforestation, la dégradation des ressources naturelles et d’autres crises prolongées. La Fao préconise des moyens d’existence inclusifs et durables en faveur des ménages en milieu rural, par la réduction des contraintes qui pèsent sur le crédit, l’épargne et les liquidités. Les politiques devront particulièrement mettre l’accent sur les ménages principalement féminins qui sont les plus touchés par les chocs et les situations de stress, en raison, surtout, d’un manque d’accès à la terre et aux autres actifs. Toutes choses qui font subir aux nourrissons et aux jeunes enfants des dommages irréversibles, notamment le retard de croissance et l’émaciation, et un lourd tribut à la société à long terme. Protection sociale Le Rapport sur les objectifs de développement durable 2020 indique que les perturbations dans les services de santé et dans l’accès à une alimentation adéquate ont alourdi les bilans de mortalité infantile des moins de 5 ans et de mortalité maternelle. En somme, priorité devrait être accordée aux programmes de protection sociale, à l’éducation et à la diversification des revenus, à l’accès aux services de base tels que l’eau propre et l’assainissement, recommande la Fao. Un réseau de transport robuste est également nécessaire pour garantir un accès physique à la nourriture au niveau infranational face aux chocs : sécheresses, inondations, conflits armés. La fermeture de liaisons de transport d’importance critique se traduirait par une augmentation de 20 % au moins du temps de trajet, ce qui entraînerait une augmentation du coût des aliments dans plus de quarante pays analysés, indique le rapport de la Fao. La mise en place d’un réseau souple et efficace de distribution passe par des investissements conséquents dans les infrastructures et la recherche. Pour ce faire, l’appui des pouvoirs publics est indispensable pour créer un environnement favorable à une meilleure coordination des chaînes d’approvisionnement alimentaires. Leur bon fonctionnement permettra d’améliorer les moyens d’existence des agriculteurs et la situation des entreprises et d’assurer à tous l’accès à l’alimentation. Société 25 nov. 2021


Projet Fracture numérique au Bénin : booster la filière maraichage avec l’e-agriculture
Porto-Novo a abrité du 22 au 23 novembre dernier, le séminaire de lancement du projet Fracture numérique visant à faire un focus sur la filière maraichage au Bénin. Les travaux ont été lancés par Armèle Gayet Ahlinvi, représentant le ministre en charge de la Recherche scientifique en présence des autres acteurs du projet dont l’Université nationale d’agriculture et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement(Cirad). Le numérique peut beaucoup apporter au développement surtout de la filière maraichage au Bénin. Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique à travers l’Université nationale d’Agriculture (Una) œuvre pour que l’e-agriculture soit adoptée par les maraichers béninois. C’est tout l’intérêt du séminaire de lancement du projet Fracture numérique qui s’est déroulé les 22 et 23 novembre derniers à Porto-Novo. Ce projet vise à contribuer à réduire les inégalités dans l’usage et l’accès aux Technologies de l’information et de la communication (Tic) comme les téléphones portables, l’ordinateur ou le réseau Internet dans la filière maraichage au Bénin. Il est financé par le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères et mis en œuvre par le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) en partenariat avec l’Una et d’autres institutions du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. Le projet étudiera de manière quantitative les usages et capacités des producteurs et de manière qualitative le lien entre le bien-être, le succès de ces maraichers et leur usage du numérique à travers des enquêtes de terrain, des entretiens individuels et ateliers collectifs. Pour la représentante du ministre en charge de la Recherche scientifique, Armèle Gayet Ahlinvi, qui a lancé les travaux, le projet Fracture numérique est en phase avec les ambitions du gouvernement qui a inscrit le maraichage parmi les projets prioritaires dans le Plan stratégique du développement du secteur agricole (Psdsa). Elle estime que cette initiative est venue à point nommé pour aider la filière à l’atteinte des objectifs à savoir augmenter la production de 20 % à l’horizon 2025. La représentante du ministre souligne que le numérique qui s’est invité dans l’agriculture est un bon élan de développement. Les avantages de l’e-agriculture sont énormes. Elle a fait ses preuves dans plusieurs pays en dopant la productivité, la rentabilité et la résilience au changement climatique. Mieux, l’e-agriculture est capable d’inciter les femmes et les jeunes à se lancer dans l’agriculture et à créer des emplois dans la chaîne de valeur, indique la représentante du ministre. Armèle Gayet Ahlinvi salue l’existence aujourd’hui au Bénin de la connexion Internet haut débit avec le déploiement depuis 2016 du Projet de développement des infrastructures des télécommunications et des Tic. Le recteur de l’Una, Bruno Djossa, note que ce projet est le bienvenu dans son université qui a déjà accueilli, il y a deux ans, le salon des Tic dans l’agriculture. Il estime que c’est une priorité pour les chercheurs de s’intéresser au maraichage tout en travaillant à contenir le choc des ondes et des canaux digitaux dans le secteur. Bruno Djossa souhaite que les assises aboutissent à des résolutions pour recadrer au besoin le projet pour l’atteinte des objectifs. Pour sa part, Pascal Bonnet, représentant le Cirad, précise que le projet a ciblé trois pays d’Afrique de l’Ouest. Ainsi outre le Bénin, il prend en compte la Côte d’Ivoire et le Sénégal en ciblant respectivement les flières cacao et lait. Pascal Bonnet estime que ce séminaire de lancement est une étape importante pour une mise en œuvre efficace et efficiente du projet devant intégrer les réalités du terrain. Intervenant par visioconférence depuis la France, Marie Schill du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, a abondé dans le même sens. Elle a apprécié la tenue de ce séminaire qui permettra de définir les orientations de ce projet. Actualités 25 nov. 2021


Elections au Bénin : l’établissement de la Léi acté
La Liste électorale informatisée (Léi) verra le jour dans un an. Son plan de confection a été approuvé, ce mercredi 24 novembre, par le Conseil des ministres. La Léi est née sur les cendres de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) arrivée à expiration après la présidentielle d’avril dernier. Conçue à la veille de la présidentielle de 2011, la Lépi a servi aux grandes élections pendant 10 ans. Aux termes de la loi n° 2019-43 du 15 novembre 2019 portant Code électoral en République du Bénin, les élections doivent avoir lieu désormais sur la base d’une Liste électorale informatisée à extraire du registre national des personnes physiques. « En vue de la mise à disposition de ladite liste dans les délais impartis, le Conseil a approuvé le plan de réalisation qui projette à fin 2022, la disponibilité de la Léi pour sa remise à la Commission électorale nationale autonome (Céna) en janvier 2023 », précise le compte rendu du Conseil des ministres présenté à la presse par le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji. Les différentes parties prenantes sont alors instruites par le Conseil à l’effet d’assurer la conduite diligente du processus d’établissement de la Léi. Conformément aux dispositions de l’article 6 et au livre II du Code électoral, la confection de ladite liste est principalement assurée par l’Agence nationale d’identification des personnes (Anip). Actualités 25 nov. 2021


Entretien avec le sociologue Emile Comlan Badévou : « La prostitution soutient les économies locales… »
Elle est connue comme le plus vieux métier au monde. Désapprouvée, condamnée, rejetée, voire proscrite, la prostitution résiste au temps. Selon Emile Comlan Badévou, auteur d’une thèse sur la prostitution et assistant de recherche au sein du Laboratoire d’Analyse et de Recherche Religions Espaces et Développement, en dehors des travailleuses de sexe, cette activité nourrit bien d’autres acteurs. Le sociologue évoque les causes de ce phénomène, sa portée sociale, les bénéficiaires, les clients, les possibilités d’un cadrage… Interview ! La Nation : A quel moment peut-on parler de prostitution ? Emile Comlan Badévou : La prostitution est un concept polysémique. Lilian Mathieu dans son livre intitulé «Sociologie de la prostitution» a écrit : « Qui avec son mari, qui avec son patron, il n’y a pas que sur les trottoirs que les femmes sont amenées à se prostituer ». Cette phrase montre bien la complexité de toutes les tentatives de définition de la prostitution. Cependant, je m’aligne sur la définition d’Emmanuelle Bedard qui, en 2005, la définit comme étant non seulement le fait de fournir de l’argent en échange d’un rapport sexuel mais aussi celui d’utiliser le rapport sexuel comme moyen de garder un partenaire, un emploi, un statut. Ce faisant, le travail de prostitution ne se ferait pas que de manière régulière ou professionnelle mais aussi de manière occasionnelle, ponctuelle, voire clandestine. En résumé, d’un point de vue général, la prostitution est la fourniture de services sexuels contre rémunération, en nature ou en numéraire. Il faut différencier la prostituée de la travailleuse de sexe. La prostituée n’en fait pas un métier et donc la pratique occasionnellement pour régler un besoin ponctuel, tandis que la travailleuse ou la professionnelle du sexe en fait un métier et cela constitue sa principale source de revenus. Quels sont les motifs pour lesquels les hommes recourent aux prostituées ? La quête de satisfaction sexuelle conduit des clients sans qui la prostitution ne saurait exister et se développer à  passer le matin satisfaire leur libido avant de se rendre au service. D’autres passent entre 12 et 13 heures. D’autres encore passent avant de rentrer chez eux le soir. Les hommes mariés y font aussi un tour parce qu’à la maison leur conjointe est soit malade, fâchée, césarisée, soit en menstrues. Ces clients sont souvent à la recherche du plaisir sexuel, de la satisfaction de la libido et du fantasme qu’ils n’ont pas avec leur conjointe. Certains y vont parce qu’ils sont timides et n’arrivent pas à draguer une femme alors que sur les sites, ce sont des femmes qui se rapprochent d’eux et qui leur demandent ce qu’ils veulent. Ce faisant, ces hommes finissent par avoir de l’assurance et deviennent de bons dragueurs. Pour d’autres, c’est pour satisfaire leur curiosité. Quel rôle joue la prostitution dans une société africaine comme la nôtre ? Les hommes y ont recours parce que cette activité contribue au maintien de l’ordre social, car elle aide à éviter le viol, la pédophilie et par conséquent, la prison. Grâce à cette pratique, le désir du bas-ventre ne souffre pas de délai. Les travailleuses du sexe remplissent des fonctions de psychologues à partir d’une écoute attentive, de confidentes, de conseillères conjugales, etc. La prostitution assure également des fonctions thérapeutiques, de préservation des couples pour les mariés, pourvu que la femme ne sache pas que son mari se rend chez les travailleuses du sexe. Elle sert aussi de refuge, de survie pour certains et d’assistance sexuelle à d’autres catégories de personnes comme les handicapés. Est-ce que cette activité a aussi des facettes économiques ? Nous pouvons dire que ne nécessitant presque pas de qualification professionnelle particulière, la prostitution a cette facilité de procurer rapidement des moyens de survie, non seulement aux travailleuses du sexe, mais également à d’autres personnes et secteurs d’activités connexes comme les parents, les amis, les propriétaires des maisons de passe et bars restaurants, les proxénètes, les hôteliers, les commerçants, les salons de coiffure et d’esthétique, les établissements financiers, etc. Ce faisant, la prostitution soutient les économies locales, notamment morales et marchandes dont les prostituées ou travailleuses du sexe sont loin d’être les seules à profiter. Mais qu’est-ce qui peut pousser une femme à s’adonner au commerce de son sexe ?  Les raisons sont multiples et diffèrent d’une femme à une autre, mais elles sont surtout liées aux contraintes socioéconomiques. Nous pouvons citer des raisons contextuelles comme les violences familiales vécues dans l’enfance, le viol, l’inceste, la fugue. Il y a aussi des raisons structurelles telles que la gestion de la honte sociale, l’imitation des pairs, la présence permanente de la demande. Des raisons conjoncturelles ou contraignantes dont le décès du père, du conjoint ou de la personne pourvoyeuse de ressources, les maladies d’un proche, la satisfaction de l’essentiel des besoins vitaux peuvent conduire à la prostitution. Quelles catégories de personnes recourent souvent aux services des travailleuses de sexe ? Toutes les catégories sont représentées sur le marché prostitutionnel. Les artisans, les élèves et étudiants, les  fonctionnaires, les hauts cadres des institutions, les politiciens, etc. Petits et grands, riches et pauvres sont présents, pourvu que la personne ait son argent. En fonction de sa bourse, elle est satisfaite. Les rapports sexuels étant l’une des voies de transmission du Vih/Sida, les travailleuses de sexe n’en sont-elles pas des vecteurs à grande échelle ? Dans les années 1990 à 2000, le taux de prévalence de Vih/Sida enregistré chez les travailleuses de sexe et leurs clients était très élevé. Ce qui conduisait à la conclusion que c’est une population à risque. Mais aujourd’hui, la présence des Ong, associations et certaines structures de l’Etat dans le milieu et leurs interventions à travers les sensibilisations et les prises en charge en matière de dépistage et autres services ont contribué à réduire considérablement le taux de contamination aux Ist. Des études au Bénin et ailleurs ont montré que les travailleuses de sexe affichées prennent mieux soin de leur santé et respectent les mesures retenues dans le cadre de la réduction des Ist, notamment l’utilisation de préservatif et la visite médicale dans les centres de santé agréés où elles sont bien suivies par les agents de santé. Ces visites leur permettent de se faire régulièrement dépister mieux que les clandestines qui sont dans le multi-partenariat et qui ne respectent rien. En 2017, le programme Santé de lutte contre le sida a dénombré 16 219 travailleuses de sexe au Bénin. Cotonou  abrite à elle seule 4 926 dont 1 334 affichées et 3 592 clandestines réparties sur 1 127 sites. Parmi elles, il y a 51 % de Béninoises, 34,7 % de Togolaises, 7,3 % de Nigérianes, 3 % de Ghanéennes et 1,4 % de Nigériennes. Tout n’est pas beau chez les travailleuses de sexe. Il y a sûrement des déviances qui s’observent. Que pourriez-vous en dire ? Tous les secteurs ou domaines enregistrent des déviances. Au sein des travailleuses de sexe ou dans le milieu  prostitutionnel, nous observons la consommation massive de la drogue et d’autres stupéfiants, les bagarres, des coups et blessures réguliers, des violences verbales à tout bout de champ, les intimidations, pour ne citer que celles-là. Selon vous, peut-on réellement mettre fin à la prostitution ? Non, impossible de mettre fin à la prostitution. C’est un phénomène qui a traversé l’espace et le temps; raison pour laquelle il est qualifié du plus vieux métier du monde. Donc, c’est du « djowamon »; on est venu la trouver, on va mourir et la laisser, puis nos enfants et petits-enfants aussi la connaitront. Tout ce qu’on peut faire, c’est de trouver des mécanismes pour éviter aux mineurs de se retrouver sur le marché prostitutionnel. On peut aussi essayer de réduire ou de limiter son développement. Très peu de femmes se prostituent par plaisir. La majorité des femmes y est entrée par des contraintes socioéconomiques et donc par nécessité de survie. La solution à la réduction de la prostitution est de prendre contact avec les responsables des différentes associations des travailleurs et travailleuses de sexe, les écouter et prendre connaissance de leurs besoins. Puis, il faut mettre en place un système pouvant faciliter l’autonomisation des femmes à travers la mise en œuvre des formations et le financement des activités génératrices de revenus. Que dire pour conclure cette interview ? Bien qu’elle soit qualifiée d’institution bâtarde parce que dépourvue de légalité et de légitimité, la prostitution satisfait illégitimement des besoins légitimes ou satisfait des besoins qui sont qualifiés d’illégitimes. Elle soutient l’économie locale sur les plans moral et marchand dont les prostituées sont loin d’être les seules à profiter. Chercher à supprimer la prostitution créerait d’autres maux difficiles à gérer. Il faut trouver des mécanismes pour la recadrer. Pour cela, il  faut que les différents acteurs en présence s’accordent sur certains principes profitables aux parties et que l’Etat puisse  trouver son compte à travers la collecte des impôts et taxes. Société 25 nov. 2021


Coopération agricole Bénin-Nigeria : un mémorandum pour doper la filière riz
Le Bénin et le Nigeria se donnent la main pour booster la production, la transformation et la commercialisation du riz béninois. Un mémorandum a été signé, le 24 novembre 2021, avec l’Association des producteurs de riz du Nigeria (Rifan) dans ce cadre. Une production annuelle d’un million de tonnes de riz. C’est possible, et le Bénin met chaque jour toutes les chances de son côté pour y arriver. C’est ainsi qu’un mémorandum a été signé avec l’Association des producteurs de riz du Nigéria (Rifan) le 24 novembre 2021. Plusieurs ministres et personnalités ont marqué de leur présence cette cérémonie qui s’est déroulée au ministère de l’Economie et des Finances. Il s’agit de Aurélien Agbénonci des Affaires Etrangères, Gaston Dossouhoui de l’Agriculture, Shadiya Assouman de l'Industrie et du Commerce, Hamet Aguemon, Conseiller du président de la République chargé des Investissements, et Romuald Wadagni, ministre d’Etat en charge de l’Economie et des Finances. Dans le cadre de cet accord, il sera question d’échanges d'expertises et d'expériences pour améliorer la production locale et battre des records escomptés les prochaines années. Dans le même temps, la transformation du riz et sa commercialisation, sans oublier la réorganisation de la filière rizicole occupent une place prépondérante dans ce mémorandum signé entre Jean Gbeto Dansou, directeur général de l’Agence territoriale de Développement agricole de la Vallée du Niger et Aminu M. Goronyo, président du Rifan. Le ministre d’Etat en charge de l’Economie et des Finances, Romuald Wadagni s’est réjoui de la signature de cet accord historique qui va contribuer à promouvoir le riz paddy béninois. « Le gouvernement et moi principalement ferons tout le nécessaire chaque jour pour l'aboutissement de ce projet. Au Bénin, quand nous décidons de signer un accord, c'est que nous sommes prêts à agir et l'exécution ici sera importante», a-t-il martelé. Pour sa part, le ministre de l’Agriculture, Gaston Dossouhoui a rappelé les enjeux liés à la dynamisation de la filière rizicole avant d’insister sur les attentes de cette coopération avec le géant de l’Est. « Ce que nous faisons aujourd’hui portera des fruits et dynamisera la coopération entre nos deux Etats. C’est pour le commerce, l’alimentation, la sécurité et la paix dans notre région », a-t-il laissé entendre. Député de la 1re circonscription électorale, l’He Issa Salifou qui est aussi un acteur majeur de la promotion agricole dans la zone de Malanville a salué cet accord et souhaité que le Rifan joue sa partition en vue de la sécurité alimentaire au niveau des deux pays. En réponse aux différentes autorités, Al-Hadji Aminu M. Goronyo a promis le respect des clauses du mémorandum afin que chaque partie en sorte satisfaite. « Dans nos traditions, toute chose qui commence un mercredi est une chose bénie qui vivra au-delà des temps…Nous allons parfaire nos relations. Ce contrat sera pour la vraie unité africaine et l’autonomie alimentaire», a-t-il rassuré. L’essor de cette filière présente d’énormes opportunités économiques. Actualités 25 nov. 2021


Microcrédit Alafia en douze mois d’activité : 106 484 bénéficiaires pour 5, 984 milliards F Cfa
Le microcrédit Alafia basé sur la digitalisation des processus de déboursement et de remboursement a bouclé un an de mise en œuvre. Mercredi 24 novembre, au cours de son conclave hebdomadaire, l’Exécutif s’est penché sur le bilan de ces douze premiers mois d’activité. A la date du 30 septembre dernier, 106 484 bénéficiaires ont été impactés sur tout le territoire national dans le cadre de la mise en œuvre du Microcrédit Alafia. Ceci, pour un montant total de de 5,984 milliards de F Cfa. Ces indications sont mentionnées dans le compte rendu du Conseil des ministres présenté mercredi 24 novembre par le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji et traduisent une montée en charge progressive et satisfaisante du produit. A fin décembre 2021, il est projeté 177 484 bénéficiaires pour un montant global de 8,760 milliards de F Cfa. L’initiative Microcrédit Alafia a été lancée en octobre 2020 comme formule de microcrédit basée sur la digitalisation des processus de déboursement et de remboursement. L’ambition, c’est de « simplifier les formalités d’accès aux ressources et de s’assurer que celles-ci sont effectivement décaissées au profit des populations cibles ». Sur la période susmentionnée, le taux moyen de remboursement des systèmes financiers décentralisés vers le Fonds national de Microfinance est de 106,2 % tandis que celui des bénéficiaires vers les Sfd varie de 88 % à 99,8 % selon les départements. Pour consolider ces résultats et générer plus d’impacts au profit des bénéficiaires, a expliqué le porte-parole du gouvernement, il est déjà engagé l’intégration des numéros d’identification personnelle à la plateforme, le lancement de la phase II du microcrédit Alafia pour les crédits allant de 50 001 à 100 000 FCfa, l’implémentation du financement des artisans cibles de l’Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch). Actualités 25 nov. 2021


Protection et autonomisation de la femme : les innovations béninoises font écho au Congo
Une délégation ministérielle congolaise séjourne au Bénin pour s’approprier les innovations que met en œuvre le gouvernement de la Rupture dans le domaine de la valorisation et l’autonomisation de la femme. Les multiples décisions, actions et législations pour la protection, la valorisation et l’autonomisation des femmes n’ont pas tardé à faire écho au-delà des frontières nationales. Depuis lundi dernier, une délégation d’une dizaine de personnalités conduite par Ines Néfer Bertille Ingani, ministre congolaise chargée de la Promotion de la femme, de l’Intégration de la femme au développement séjourne au Bénin. La ministre et ses cadres sont venus s’imprègner de la dynamique de protection de la femme induite par le gouvernement de la Rupture depuis son avènement. Une dynamique marquée par la modernisation de la microfinance avec l’initiative de la microfinance Alafia qui permet aux femmes de développer des Activités génératrices de revenus puis intégrer progressivement le portefeuille des Systèmes financiers décentralisés. Au compteur des réalisations du gouvernement en faveur des femmes qui représentent plus de la moitié de la population mais constituent une couche vulnérable, figure également la rénovation de l’Institut national de la femme. Cette structure, plutôt symbolique et élitiste par le passé, dispose désormais de compétences réelles afin d’impacter le quotidien des femmes, notamment en matière de leur protection juridique. Parlant de protection juridique, une série de lois est votée ces derniers mois afin de sanctionner les violences faites aux femmes et rendre effective l’égalité homme – femme. Sur le terrain Pour être au parfum de toutes ces actions, la délégation a rendu visite à la ministre béninoise des Affaires sociales et de la Microfinance d’une part, puis le Fonds national de la microfinance où le dispositif opérationnel et les performances lui ont été présentés. Elle était aussi au marché Vèdoko où elle a échangé avec des femmes revendeuses et bénéficiaires du microcrédit Alafia sur leur mode de gestion des crédits et de collaboration avec les Sfd. La ministre congolaise et ses cadres ont aussi eu des séances de travail avec les responsables de Alidé, un Système financier décentralisé (Sfd), partenaire du Fnm dans la mise en œuvre du microcrédit Alafia et avec la présidente de l’Inf. La visite ne s’est pas limitée à Cotonou. Pour la deuxième journée, celle d’hier, la délégation était dans les locaux d’un groupement de femmes qui s’investit dans la production et la transformation de l’ananas à Attogon dans la commune d’Allada pour s’imprégner de leur mode de fonctionnement et surtout leurs rapports avec les structures de l’Etat dans le développement de leurs activités. Cap a été ensuite mis sur le centre Songhaï à Porto Novo, pour vivre son expérience et constater l’implication des femmes dans les activités. Note de satisfaction Face aux réformes structurantes du secteur du social et les résultats tangibles déjà obtenus, la ministre Ines Néfer Bertille Ingani dont le pays entend élaborer un dispositif analogue de protection de la femme a exprimé sa satisfaction. « Pour cette première partie, ce que nous pouvons retenir de ces descentes, c’est surtout l’aspect organisation. Les verrous ont été mis de telle sorte que les bénéficiaires de microcrédits ne puissent pas dérailler. L’aspect psychologie, l’aspect social, l’aspect formation… Tout est mis en place pour que tout marche bien », a-t-elle déclaré. Elle va plus loin en hissant l’expérience béninoise comme modèle sur le continent. « Les initiatives prises au Bénin sont exemplaires. C’est tout ce que je peux dire. Parce que là, nous avons des faits. C’est-à-dire que nous avons touché du doigt les faits, les actes et les actions que nous entendions de loin. Vraiment, je suis très contente d’avoir visité le système intégré de Songhaï. C’est pour nous, un grand honneur, une fierté. Félicitations aux autorités qui ne ménagent aucun effort pour créer les conditions de l’emploi pour les jeunes et les femmes », a-t-elle fait savoir à sa collègue béninoise. Actualités 25 nov. 2021


Inflation au Bénin : la tendance baissière des prix maintenue
La dynamique baissière du taux d’inflation, observée au niveau national ces derniers mois, s’est poursuivie au mois d’octobre 2021, selon le dernier rapport de l’Institut national de la statistique et de la démographie (Instad). Le taux d’inflation au niveau national au titre du mois d’octobre 2021, suivant la définition adoptée dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), poursuit la tendance observée depuis juin 2021 en ressortant à +1,4 %, soit une baisse de 0,1 point par rapport au mois précédent. Telle est la substance du dernier rapport mensuel de l’Institut national de la statistique et de la démographie (Instad). Avec ce repli continuel du taux d’inflation au niveau national, le Bénin maintient ses indicateurs économiques sous la barre des seuils fixés et peut se targuer d’être un bon élève dans l’espace Uemoa. Il faut noter que suivant les critères de convergence dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), le taux d’inflation au niveau national au titre du mois de juillet 2021, est ressorti à +2,0 %, soit une baisse de 0,1 point par rapport au mois de juin 2021. Cette tendance a été maintenue en août 2021 avec un taux d’inflation stabilisé à +1,7 %, soit une baisse de 0,3 point par rapport au mois précédent, soit le mois de juillet 2021. Et au mois de septembre 2021, ce taux est ressorti à +1,5 % avant de passer à +1,4 % en octobre. En effet, l’Indice Harmonisé des Prix à la Consommation du mois d’octobre 2021 a enregistré une baisse de 0,3 % par rapport à celui du mois précédent pour ressortir à 107,3. Selon l’Insae, ce repli de l’indice est imputable essentiellement à la diminution des prix des biens des fonctions « Produits alimentaires et boissons non alcoolisées » (-0,9%). Et les groupes de biens dont les prix ont essentiellement contribué à cette baisse sont entre autres, les produits à base de tubercules et de plantain (-4,2 %), en raison de la saison de l’igname, du manioc et du plantain; les légumes frais en feuilles» (-4,2%), liée à la disponibilité du chou vert, de la laitue et d’autres légumes en feuilles de grande consommation ; les céréales non transformées » (-3,5 %), à cause de la disponibilité progressive des nouvelles récoltes du maïs séché. Mais cette évolution observée sur le mois d’octobre a été modérée par la hausse des prix des groupes de produits tels que, les carburants et lubrifiants» (+2,4 %), liée à l’application de la nouvelle structure des prix des produits pétroliers décidée par la Direction du Commerce intérieur et de la Concurrence du ministère de l’Industrie et du Commerce ; les poissons frais (+2,3 %), en raison de la période de crue qui n’est pas favorable à la pêche; ainsi que le sel et les épices (+1,4 %), en lien avec la période de rareté du piment. Il est à rappeler que l’inflation est la perte du pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation générale et durable des prix. Elle doit être distinguée de l’augmentation du coût de la vie. Et la perte de valeur de la monnaie est un phénomène qui frappe l’économie nationale dans son ensemble (ménages, entreprises, etc.). Economie 24 nov. 2021


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