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Nouvelles

Fort portugais : une marque indélébile de la traite négrière
C’est connu de tous ! Le Fort portugais de Ouidah est l’un des vestiges les plus en vue au Bénin et sur le continent noir s’agissant de la traite négrière. L’histoire douloureuse de l’esclavage renseigne que ce fort a été construit en 1721 par le capitaine de vaisseau Joseph de Torres, originaire du Brésil. A l’époque, le fort portait le nom de São-João-Batista-de-Ajuda. Au cours de la traite transatlantique, le joyau a servi d’administration coloniale pour les Portugais. Il fut une étape importante de la traite négrière qui s’est déroulée sur les côtes du Golfe de Guinée. De 1721 à 1759, le Fort portugais était constitué d’un corps de garde, d’une église, d’une poudrière, de la maison des officiers, d’une armurerie, d’une captiverie et d’une citerne pour servir aux fins militaires qui lui étaient conférées. En 1865, la caserne, la maison du gouverneur et un cimetière furent intégrés au site. Contrôlé par les Portugais, le fort permettait à ceux-ci de maintenir leurs relations diplomatiques et commerciales avec le pouvoir local du Danxomè. Sa fonction évoluait au gré des changements sur les plans social, religieux et commercial. Après la proclamation de l’indépendance, la République du Dahomey invite les étrangers à libérer des territoires sous leur tutelle. C’est ainsi que dans la nuit du 31 juillet au 1er août 1961, les administrateurs portugais ont mis le feu au fort avant de plier bagages. Ils ont ainsi détruit l’intégralité des documents qui renseignent sur leurs activités. Le 13 novembre 1964, le gouvernement du Bénin par le décret n°266/Pc-Menc classe le Fort portugais dans le patrimoine historique national. Il entame la reconstruction du site, qui prendra fin le 6 novembre 1967. Avant la réhabilitation effectuée par le régime de la Rupture, deux autres travaux de restauration ont été réalisés. La première a eu lieu de 1984 à 1986 grâce à la coopération française. La seconde fut l’œuvre de la fondation portugaise Calouste Gulbenkian, de 1988 à 1990. Actualités 10 nov. 2021


Dr Aliou Djialiri au sujet de l’Intelligence artificielle : « Les pays qui louperont le coche de cette révolution auront tort »
Tout le monde en parle et toutes les entreprises veulent être au rendez-vous de la quatrième révolution industrielle : l’Intelligence artificielle (Ia). Celle-ci couvre tous les secteurs d’activités et demeure un processus qui permet de booster les capacités de production à travers, entre autres, l’automatisation des tâches excessivement complexes ou répétitives. Dr Aliou Djialiri, médecin et acteur de l’Ia, revient ici sur l’importance et les enjeux de cette discipline pour le développement.
La Nation : De nos jours on parle de plus en plus de l'Intelligence artificielle (Ia). Qu'est-ce que c'est, et à quoi cela sert concrètement ?
Dr Aliou Djialiri : L'intelligence artificielle (Ia) est un processus d'imitation de l'intelligence humaine qui repose sur la création et l'application d'algorithmes exécutés dans un environnement informatique dynamique. En termes clairs, c’est la discipline qui regroupe l'ensemble des techniques mises en œuvre en vue de réaliser des machines capables d'imiter l'intelligence humaine. Le but de cette discipline, c’est d’abord l’augmentation de la capacité de production de l’homme et ensuite l’amélioration du confort et de l’environnement de ce dernier.
Quels sont les champs d'application de l'Ia, ses branches ou ses métiers ?
L'intelligence artificielle est une discipline transversale qui peut s’appliquer à tous les domaines et à tous les secteurs d’activités :
l’agriculture, la médecine, la mécanique, les finances, la communication, l’armée, la littérature, etc. Les branches de l’Ia sont, entre autres, le Machine leraning, le Deep learning, la Robotique, la Domotique, l’Electronique embarquée. Je ne voudrais pas prendre le risque de me mettre à dresser une liste des métiers de l’intelligence artificielle parce que c’est une discipline qui est en pleine évolution et dont personne ne saisit encore exactement les contours. Il y a quelques années, l’on se limitait aux data analysts, data scientists, data architects, concepteurs de robots intelligents et autres mais aujourd’hui, les métiers de l’Ia vont au-delà de ça puisque ce ne sont là que des métiers liés au volet technique de la discipline. Il y a bien d’autres dimensions qu’il est désormais important, voire nécessaire de prendre en compte. On parle aujourd’hui d’analyste financier en Ia, de juriste en Ia, et que sais-je encore ? En réalité, il faut le concours de tous ces spécialistes pour la réussite d’un projet Ia.
En quoi l'Ia constitue une opportunité pour les pays en voie de développement comme le Bénin ?
L’avènement de l’Intelligence artificielle est ce qu’on peut considérer aujourd’hui comme la quatrième révolution industrielle. Elle s’annonce plus foudroyante que toutes les trois autres réunies. Tous les pays qui, aujourd’hui, vont louper le coche de cette révolution, auront tort demain. Car, ils auront raté la dernière chance pour le développement. La bonne nouvelle est que contrairement aux précédentes, cette révolution est à la portée de tous les pays, étant donné qu’elle est basée essentiellement sur l’exploitation des données. Que vous soyez au Bénin, en Chine ou aux Etats-Unis, vous avez la possibilité de mieux vous découvrir, d’améliorer votre quotidien et d’accroître vos capacités de production… tout cela à partir de l’analyse des données qui vous sont propres. En partant du même principe, nous pouvons penser et concevoir des produits de l’Intelligence artificielle adaptés à nos propres réalités et à nos besoins qui, faut-il le rappeler, ne sont pas ceux des autres. Tous les pays peuvent tirer parti des opportunités que présente l’Ia. Grâce à elle, on peut développer des applications pour accroître le rendement des cultures agricoles ou assurer leur commercialisation. Ce sont autant de choses qui pourraient nous permettre de confirmer notre indépendance et de rattraper notre retard en matière de développement, comme il existe déjà des systèmes de tutorat alimentés par l’Intelligence artificielle qui aident de jeunes étudiants à rattraper des cours dans plusieurs pays africains.
Certains estiment que l'Ia vient mettre fin à certains métiers, et par conséquent entraînera des milliers de chômeurs. Êtes-vous du même avis ?
L’Intelligence artificielle est une science qui draine dans son sillage des enjeux économiques et sécuritaires importants. Il y a généralement deux inquiétudes que soulève l’avènement de cette science : le risque de la destruction de l’espèce humaine et celui de la destruction des emplois. C’est pour éviter le premier risque que l’Ia n’est pas et ne doit pas être l’affaire uniquement des mathématiciens, des informaticiens, des data scientists et autres techniciens. Pour la seconde inquiétude, il est clair que l’Intelligence artificielle va supprimer certains types d’emplois mais dans le même temps, en créera d’autres.
On entend dire que les programmeurs et informaticiens vont disparaître
Dans le cas des programmeurs et informaticiens, l’Ia  ne vient pas mettre fin à leur règne. Au contraire, elle va renforcer peut-être davantage leur présence parce que la programmation et l’informatique sont dans une certaine mesure les bases de l’Ia. En définitive, ce que l’Ia fera, c’est tout au plus, changer le paysage des emplois en remplaçant des anciens métiers par des nouveaux. Une étude réalisée par le cabinet britannique Pwc estime, par exemple, à 7 millions le nombre de jobs que va faire disparaître l’Ia, dans l’espace Union européenne, à l’horizon 2030 et à 7,2 millions le nombre de nouveaux emplois qui seront créés dans la même zone. Il faut déjà que les jeunes sachent orienter leurs études en tenant compte des nouveaux paradigmes du marché de l’emploi modelé par cette science qu’est l’Intelligence artificielle.
Sous d'autres cieux, l'Ia fait partie du programme scolaire national. Le Bénin a-t-il les atouts et moyens nécessaires pour vraiment promouvoir l'Ia dans les écoles ? Si oui, citez-nous quelques-uns de ces atouts et moyens 
La définition du contenu des programmes scolaires est une question de politique. Il en est de même pour l’introduction de  l’Ia dans l’enseignement. Si l’Etat béninois a la volonté d’insérer l’enseignement de l’intelligence artificielle dans le programme scolaire national, il y arrivera. Et on sent que le gouvernement du président Patrice Talon est animé par cette volonté. L’initiative du programme Learn en est l’expression manifeste. Quant aux moyens, il existe sans doute des centaines d'ingénieurs, de techniciens en informatique et des titulaires de licence en mathématiques formés dans les différentes universités publiques comme privées. Certes, ils ne sont déjà pas tous spécialisés en Ia, mais ils ont déjà les bases en mathématiques et en programmation. Il faut les solliciter et les soumettre à un programme intensif de formation en Ia. Cette formation des formateurs pourra donc donner les ressources humaines nécessaires  (professeurs d'Ia des lycées et collèges) pour le programme scolaire. C’est le plus important : la disponibilité des ressources humaines. Le reste (matériels et connexion internet, notamment) suivra. La société civile a également un rôle important à jouer en matière d’incitation et d’accompagnement de l’Etat. L’organisation, courant juillet-août 2021 dernier, de la première édition de l’Ecole d’été sur l’intelligence artificielle (Eeia) par la Fondation Vallet et l’Ong Bénin Excellence s’inscrit dans cette logique.
Il ne suffit pas d'intégrer l'Ia dans le programme scolaire pour que le rêve soit réalisé. Selon vous, quelle stratégie le Bénin pourrait-il mettre en place pour aiguiser l'appétit de ses apprenants afin qu'ils deviennent des indomptables en Ia, ce qui permettra au pays de faire partie des meilleurs en Afrique dans le domaine d'ici quelques années ?
L’Etat, ce sont des hommes, des techniciens et des spécialistes de toutes sortes de questions et donc de l’Ia aussi. L’Etat béninois envisage certainement  l’élaboration de sa propre stratégie Ia avec le ministère du Numérique et certains acteurs de la société civile. Nous pouvons faire des propositions qui pourraient inspirer en temps opportun. Il faut déjà que le gouvernement continue sur la lancée de la digitalisation du pays. Ensuite, il faut créer un environnement économique et juridique favorable aux start-up intervenant dans des projets d’application liés à l’Ia. Créer les conditions favorables à leur développement (réduction des taxes, exonération partielle ou complète des impôts sur les achats d’équipements et de matériels). Créer ou encourager la création des incubateurs de start-ups. Cela permettra de mettre en synergie les ressources. Pour passer à une dimension plus importante, il faudra faire la promotion des métiers du numérique et de l’Ia en leur réservant une place de choix au cours des recrutements.
Education 10 nov. 2021


Allocution du président Patrice Talon à l'occasion de la restitution des 26 œuvres : « Désormais, l'espoir est permis... »
Monsieur le président, Merci.
Merci à vous personnellement.
Merci au Parlement et au peuple français, pour ce geste combien symbolique et inespéré, avec toute sa charge d’émotions et de polémiques.
Par ma voix, c’est le peuple béninois tout entier qui vous exprime sa gratitude et ses
félicitations pour votre clairvoyance et votre courage qui ont permis de franchir le cap du tabou de la restitution.
Bravo, bravo Monsieur le président !
Mais, Monsieur le président, cher Président, convenez avec moi, que la restitution de vingt-six (26) œuvres que nous consacrons aujourd’hui, n’est qu’une étape dans le processus ambitieux d’équité et de restitution des patrimoines mémoriels, extorqués jadis aux royaumes du territoire du Bénin, par la France.
Monsieur le président,
Il est regrettable que cet acte de restitution, si pourtant appréciable, ne soit pas de portée à nous donner entièrement satisfaction.
En effet, comment voulez-vous, qu’à mon départ d’ici avec les 26 œuvres, mon enthousiasme soit total pendant que le dieu Gou, œuvre emblématique représentant le dieu des métaux et de la forge, la tablette du fâ, œuvre mythique de divination du célèbre devin Guèdègbé, et beaucoup d’autres, continuent d’être retenus ici en France, au grand dam de leurs ayants droit ?
Mais, est-ce que désormais l’espoir n’est pas permis ?
Si, Monsieur le président.
L’espoir de leur retour au pays, eux aussi, ces œuvres que je viens de citer, et les autres, l’espoir de leur retour au pays est désormais permis grâce à vous. C’est extraordinaire.
Pourquoi n’allons-nous pas nous congratuler franchement pour ce tout premier épisode, en attendant de nous retrouver à nouveau bientôt, sur ce même écran, pour la suite ? Je n’ai pas de doute.
Vous savez, l’émotion qui m’étreint ce matin est dévastatrice parce que j’ai espéré, j’ai désespéré, je me suis accroché et j’ai prié tous les dieux, tous nos ancêtres pour que vous soyez bien inspiré et ils l’ont fait. Vous aurez, monsieur le président, le retour. Vous le verrez bientôt, vous-même. Et la France aura toute la grâce qu’elle mérite par cet acte si élogieux qui permet à ces œuvres, si je ne voudrais pas utiliser le mot « symboliques» simplement, parce que les mots qu’elles m’inspirent, vous ne les comprendrez pas. Tout à l’heure j’ai entendu le maître de cérémonie dire les biens culturels du royaume d’Abomey, mais c’est beaucoup plus que ça, c’est notre âme, Monsieur le président.
Je voudrais donc par ce remerciement vous dire combien ce qui, pour nous, relève de notre patrimoine génétique profond, combien le fait de leur permettre de retourner chez eux, parmi les leurs, pour notre bien, pour notre tranquillité, pour notre sérénité désormais, combien ces patrimoines seront de toute grâce pour vous, pour la France. Parce que j’ai l’assurance que ça ne va pas s’arrêter là. J’ai l’assurance que très bientôt, puisque vous avez instruit les travaux législatifs pour définir un cadre plus général de restitution, j’ai donc l’assurance que par ce fait là, le reste connaîtra le même sort que les 26 œuvres que j’emporte avec moi.
A Cotonou demain à leur arrivée, elles seront célébrées, mais vous aussi. La France sera célébrée aussi parce que nous n’avons plus de doute que la suite viendra.
Merci.
Actualités 10 nov. 2021


Prise en charge des malades mentaux : l’Etat béninois soutient la cause
L’expérience de l’association Saint Camille de Lellis semble faire des émules. Depuis 2019, l’Etat béninois, à travers ses structures compétentes, organise dans certaines grandes villes du pays, la recherche et la prise en charge des malades mentaux errants. De 2004 à ce jour, plusieurs autorités de la République se sont rendues dans les centres d’accueil des malades mentaux de l’association Saint Camille pour s’imprégner du travail qui s’y fait et encourager les divers acteurs qui y interviennent. Ces centres qui ne vivent que de dons ne rechigneraient pas à recevoir une aide de l’Etat. A en croire le directeur du centre d’Avrankou, Innocent Amadji, les factures d’électricité des centres sont payées par l’Etat. Pour la prise en charge des malades, le centre d’Avrankou reçoit chaque année de l’hôpital de zone, un don de vivres et de matériels de soins. Par ailleurs, l’association a signé avec l’Etat béninois, un accord de siège qui lui permet de bénéficier de certaines exonérations. Depuis 2019, c’est un nouveau type de relation qui lie les centres Saint Camille à l’Etat béninois qui a entrepris de libérer les grandes villes du pays des malades mentaux errants. Dans le cadre de cette oprération, le ministère des Affaires sociales et de la Microfinance, à travers le Fonds d'appui à la solidarité nationale, a noué un partenariat avec plusieurs centres de traitement dont l'association Saint Camille de Lellis avec ses centres de Tokan, Avrankou, Bohicon et Djougou. Au titre de ce partenariat, les centres de traitement de l’association ont reçu et soigné en 2020, 53 malades contre 105 l’année précédente, au dire du promoteur Grégoire Ahongbonon. Des explications d'Alphonse Sogadji, directeur général du Fonds d’appui à la solidarité nationale, il ressort que « l’opération prise en charge des malades mentaux errants dans les villes a pour objectif principal de restaurer la dignité humaine des personnes atteintes de troubles psychiatriques, abandonnées par leur famille et la société ». Il s’agit d’une activité exécutée en synergie avec les forces de sécurité publique, les sapeurs-pompiers, les mairies, les préfectures et les centres de promotion sociale. Elle a permis d’offrir un traitement à ces malades et de travailler à leur réinsertion en famille ou sur le plan socioprofessionnel après leur stabilisation. « La durée du traitement est normalement de trois mois et le financement est assuré par le Fonds d'appui à la Solidarité nationale », précise Alphonse Sogadji. Au-delà du problème de santé, cette opération contribue à régler d’autres problèmes étant donné que l'errance des malades mentaux est, selon lui, une source d'insécurité et donne une image négative des villes en pleine urbanisation. « L'objectif final, c'est d'avoir zéro malade mental dans les grandes villes tout au moins. Nous y parviendrons dans la durée », rassure-t-il. Société 09 nov. 2021


Prise en charge des malades mentaux : la réinsertion comme thérapie
Il n’est pas rare de voir déambuler dans les rues des villes et campagnes du Bénin, des personnes souffrant de troubles mentaux, cherchant leur pitance sur des tas d’immondices. On les reconnait assez facilement, parfois nus, sales, parlant souvent seuls et faisant des choses jugées anormales. Généralement ignorés par les passants, certains malades mentaux sont récupérés par des associations pour être pris en charge. Au centre de réinsertion professionnelle d’Avrankou, à sept kilomètres de Porto-Novo, il est onze heures ce mercredi du mois d’octobre. Dans la section boulangerie, tout se met en place pour démarrer le pétrissage. Quelques dizaines de pains sucrés sortis du four tôt le matin trônent encore dans des bacs et paniers en attendant les derniers clients. De l’autre côté, les tisserands et couturiers aussi sont affairés. Tous les pensionnaires de ce centre sont des anciens malades mentaux qui ont retrouvé la joie de vivre grâce à l’association Saint Camille de Lellis. Premier centre de l’association Saint Camille de Lellis au Bénin, le centre d’Avrankou accueille depuis 2004, des centaines de malades mentaux et des personnes en détresse de tous horizons. Cette organisation s’est illustrée dans la zone par la recherche active de malades mentaux errants qui sont pris en charge dans le centre. A ce jour, l’association compte au Bénin quatre centres de traitement des malades mentaux à Avrankou, Bohicon, Djougou et Tokan. Dans lesdits centres, explique Innocent Amadji, directeur du centre d’Avrankou, le patient qui vient à la consultation repart avec un lot de médicaments pour un mois et paie s'il le peut, 2 000 francs Cfa comme frais de participation. Si c’est un cas à interner, le malade paye 5 000 francs Cfa pour toute la durée de son séjour dans le centre. Au-delà des soins médicaux dont bénéficient ces malades, issus pour la plupart de milieux défavorisés, ils sont nourris, logés et habillés durant leur séjour dans le centre et tout ceci, gratuitement, étant donné que beaucoup ont perdu les repères et sont souvent incapables de donner une quelconque indication sur leur famille ou milieu de provenance. Cette approche vise à redonner aux malades, leur dignité et pour y parvenir, l’association a mis en place un système assez innovant : permettre aux malades rétablis de se faire former au besoin, d’exercer un métier et s’occuper de leurs semblables. Des anciens malades à la manœuvre Une des particularités des centres Saint-Camille est que le personnel est constitué majoritairement de malades mentaux rétablis. A Avrankou, trois quarts du personnel est constitué d’anciens malades rétablis. A Tokan, confie le promoteur Grégoire Ahongbonon, « tous les infirmiers sont des anciens malades rétablis qui ont été formés pour s’occuper de leurs frères. Actuellement, sept personnes sont en formation à l’école d’infirmier au Burkina Faso et reviendront pour servir dans nos centres. C’est une main d’œuvre très importante à ne pas négliger». Innocent Amadji explique que les traitements et soins sont prodigués aux malades sous la supervision de médecins psychiatres expatriés saisonniers. Une fois rétablis, la majorité des malades réussit à se faire réinsérer en famille, d’autres n’y arrivent pas. Certains sont victimes de stigmatisation et de discrimination parfois au sein de leur propre famille. Rejetés ou dans l’incapacité de poursuivre les traitements, faute de soutien, ils renouent avec la maladie et se retrouvent à nouveau internés dans le centre. Face à cette difficulté, l’association offre à ceux qui le désirent, l’opportunité de se faire former et de travailler. Cette approche constitue, selon les bénéficiaires, la vraie thérapie qui leur permet d’avoir une vie tout à fait normale. A en croire Innocent Amadji, les formations octroyées aux malades rétablis se font dans divers centres : au centre Songhaï à Porto-Novo pour l’élevage, chez des maîtres artisans pour la soudure, la couture, le tissage et le travail du batik. Certaines de ces formations sont sanctionnées par le certificat de qualification professionnelle (CQP) qui est un examen organisé par l’Etat béninois. Pour ce qui concerne la boulangerie et le maraichage, ils ont été formés sur place par des professionnels. Pour la responsable du centre de réinsertion d’Avrankou, Léocadie Aïzonnou, tout semble aller pour le mieux. Par contre, l’avènement de la Covid-19 a quelque peu plombé les activités de tissage, de couture et de production de tissu batik : « nos clients sont constitués en majorité des visiteurs étrangers mais à cause de cette maladie, nous ne recevons plus beaucoup d’étrangers ». Des résultats édifiants En dehors des centres de traitement et des centres de réinsertion professionnelle des malades mentaux, l’association a mis en place 27 centres-relais. Ce sont des annexes des centres d’accueil où sont déposés des médicaments pour les malades déjà réinsérés en famille afin de réduire l’obstacle que constitue la distance. Dans ces centres opèrent des religieuses infirmières formées par l’association, qui assurent les services de soins et de distribution de médicaments. Le rapport 2020 de l’association renseigne à suffisance sur les activités menées en matière de prise en charge des malades mentaux au cours de cette année spéciale du fait de la Covid-19. Au total : 65 037 consultations ont été effectuées dont 4455 nouveaux cas ; 1 046 cas de rechute ont été enregistrés ; 83 malades ont été récupérés dans la rue ; 261 amenés par les sapeurs-pompiers et les forces de l’ordre ; 53 amenés par le ministère des Affaires sociales et de la Microfinance ; 5455 malades ont été internés ; 4352 sont sortis (4124 réinsérés en famille ; 52 dans les centres de réinsertion de l’association ; 176 cas de décès et évasions). « J’ai retrouvé une vie normale » (Témoignage de Raymond, chef boulanger) « J’ai été amené menotté dans le centre de traitement des malades mentaux d’Avrankou en 2007 par la gendarmerie. J’avais souffert de problèmes mentaux en 2004 et j’ai été soigné à Cotonou mais suite à une rechute, j’ai été amené dans le centre d’Avrankou. Au bout de quatre semaines de traitement, je me suis retrouvé. Le fondateur m’a demandé ce que j’ai appris comme métier et quand j’ai dit que je suis boulanger, il m’a demandé si je pouvais faire ce travail ici j’ai dit oui. J’ai constaté que dans le centre, les malades rétablis s’occupaient des nouveaux arrivants, j’ai décidé moi aussi d’aider le centre à former ceux qui veulent apprendre le métier de boulanger. Depuis 2007 à ce jour, j’ai déjà formé quatre boulangers qui travaillent dans d’autres centres de réinsertion de l’association et qui sont payés comme moi. Je suis arrivé ici célibataire, aujourd’hui, je suis marié et j’ai cinq enfants. Depuis que je suis là, je n’ai plus eu de rechute et je continue de suivre mon traitement. J’ai retrouvé une vie normale. On commence le travail à onze heures par le pétrissage de la pâte. Après 12 heures de temps, on passe à la cuisson vers 3 heures du matin et déjà à quatre heures, les dames qui sont nos clientes sont là pour prendre le pain. Je remercie le Tout-Puissant et ensuite celui qui a eu l’idée de créer ce centre car nous les malades mentaux, nous sommes des laissés-pour-compte, nous sommes ignorés alors qu’il suffit de nous soigner et quand nous sommes rétablis, nous pouvons travailler comme tout le monde. Alors, je demande à tous les malades mentaux qui ont recouvré leur santé de travailler car le travail libère l’homme. Je prie beaucoup pour le fondateur afin qu’il nous aide davantage. Les gens pensent que les malades mentaux n’ont plus d’espoir. Non; si on aide celui qui a recouvré sa santé, il va travailler ». Société 09 nov. 2021


7e revue annuelle des réformes et programmes de l’Uemoa : les efforts d’intégration du Bénin évalués
Experts du Bénin et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine procèdent à l’évaluation de la mise en œuvre des réformes et projets communautaires au Bénin. C’est dans le cadre de l’édition 2021 de la revue annuelle des réformes politiques, programmes et projets de l’Uemoa, ouverte hier lundi 8 novembre à Cotonou. Le Bénin accorde un grand intérêt à l’intégration régionale et cela passe par la prise en compte et la mise en œuvre des actes et programmes communautaires. La 7e revue annuelle des réformes politiques, programmes et projets de l’Union économique et monétaire ouest africaine en cours, va justement permettre d’évaluer les efforts d’intégration du Bénin. Les travaux se déroulent du 8 au 10 novembre avec une phase technique consacrée à l’évaluation de la mise en œuvre effective de 116 textes réglementaires ainsi que de huit projets communautaires pour un montant de près de 34 milliards de francs Cfa. A en croire Yawovi Batchassi, représentant résident de l’Uemoa au Bénin, il s’agira d’échanger sur la base de la grille de pondération retenue de commun accord afin de mettre en lumière les progrès faits par le Bénin dans la mise en œuvre des réformes politiques, programmes et projets communautaires. « Il est question de faire ensemble le point de la mise en œuvre des directives et programmes », a-t-il déclaré. Les experts du Bénin vont dans ce cadre, fournir à leurs homologues de l’Uemoa les éléments permettant de traduire et de certifier la transposition au plan national, des actes et directives de l’Union. A l’ouverture des travaux, Yawovi Batchassi a également exprimé la reconnaissance de l’Union aux autorités béninoises qui donnent la preuve de leur engagement et de leur adhésion. Un engagement réaffirmé par Hermann Takou, directeur de cabinet du ministre de l’Economie et des Finances. Il précise d’ailleurs que cette revue est d’une grande importance pour le Bénin qui reste très attaché à l’intégration régionale. Hermann Takou a alors invité les experts à une prise en compte effective des progrès réalisés par le Bénin, pour une notation transparente. Au cours de ces assises, les participants vont évaluer la mise en œuvre au Bénin des réformes, programmes et projets communautaires en 2021 notamment au niveau de la gouvernance économique et de la convergence dans les domaines de la passation des marchés, de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ; au niveau des marchés communs notamment dans les domaines de la fiscalité intérieure, de l’union douanière… Ils se pencheront aussi sur le point d’avancement des programmes et projets dans les domaines de l’agriculture, l’élevage, la pêche, l’environnement, l’eau, l’énergie, l’artisanat, le tourisme, l’industrie, les télécommunications, l’aménagement du territoire communautaire… Comme il est de coutume en de pareilles circonstances, les participants vont conclure leurs travaux par l’adoption et la signature d’un mémorandum. La revue annuelle, faut-il le rappeler, a été instituée par la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Uemoa en octobre 2013 pour favoriser et faciliter l’accélération de la mise en œuvre des réformes et programmes communautaires. Les résultats des six précédentes éditions ont suscité l’engouement des pays membres et attestent de la nécessité d’une telle initiative. Economie 09 nov. 2021


Marée haute à Agoué : le gouvernement en alerte, des sinistrés déplacés
Dans la commune de Grand-Popo, précisément à Agoué, à environ 500 m de la frontière Bénin-Togo, une marée haute a provoqué l’inondation de plusieurs habitations et met le gouvernement en alerte depuis ce dimanche. Le gouvernement vole, depuis ce dimanche, au secours des ménages touchés par l’inondation due à une montée inhabituelle de la marée au niveau de la façade littorale à Agoué, dans la commune de Grand-Popo. Toute une série de mesures sont prises pour soulager les sinistrés. En premier lieu, il y a eu la sécurisation du segment de la plage où les menaces sont prégnantes. Ensuite, une première vague des ménages touchés par l’inondation a été déplacée, dimanche dernier. En collaboration avec la mairie de Grand-Popo, d’autres sites d’accueil ont été recensés par une délégation de l’Agence nationale de protection civile (Anpc). Et pour y reloger le reste des sinistrés dans des conditions de vie saines, des cadres des ministères sectoriels se sont réunis de nouveau, ce lundi 8 novembre, à Agoué. A l’occasion, des actions urgentes ont été réparties entre les parties prenantes. A cette rencontre qui s’est déroulée sous la houlette du préfet du Mono, il y avait une délégation du ministère en charge du Cadre de vie et du Développement durable, des représentants du projet Waca ainsi que la direction de la lutte contre l’érosion côtière et le maire de Grand-Popo avec ses cadres techniques. La décision de reloger la population riveraine au-delà d’un kilomètre du sinistre, vise à lui éviter de se faire prendre au piège en cas d’un potentiel rebondissement. Vigilance ! La situation qui focalise les attentions, explique la directrice départementale du Cadre de vie et du Développement durable du Mono et du Couffo, Bernadette Ahouangbé-Fanou, est due à une haute marée qui a fait que des eaux marines ont pu submerger le petit cordon littoral situé entre la mer et un bras mort du fleuve Mono pour se retrouver au niveau des habitations. De ce qu’elle a observé dans la journée d’hier, la directrice départementale retient que la situation commence par se normaliser mais il y a lieu de rester vigilant. C’est pourquoi, souligne-t-elle, il est indiqué de libérer l'emprise, faire sortir les populations en vue de les installer ailleurs et baliser la zone. Aussi, paraît-il impérieux, à l’en croire, d’interdire la fréquentation du site aux curieux et riverains qui pourraient croire que la mer s'est totalement calmée. Elle insiste qu’une montée brusque du niveau d'eau ou de la hauteur de la vague est possible, à tout moment. Actualités 09 nov. 2021


Bopa : Deux personnes lynchées après un rapport sexuel
Une femme et un jeune homme ont été châtiés à Bopa pour avoir eu un rapport sexuel extraconjugal. C’est une barbarie qui ne dit pas son nom. Pour avoir eu des relations sexuelles extraconjugales, les mis en cause ont été châtiés par les gardiens de la tradition, plus précisément les dignitaires de Zangbéto. Les faits se sont déroulés le 9 novembre 2021 à la place publique du village de Oussa-Kpodji. « Ligotés, on les a mis à genoux, le torse-nu, au milieu d'une foule déchaînée et qui riait à gorge déployée. On pouvait voir sur leurs dos ensanglantés, les traces de chicotte et de lanière », renseigne une de nos sources. Selon les recoupements, il est reproché au jeune homme et à la femme qui serait une veuve d'avoir eu des relations sexuelles. Au-delà du châtiment corporel,  si la femme doit continuer à rester dans le village, elle doit se soumettre à des conditions. « Elle est interdite de parler avec quelqu'un, de sortir de chez elle si elle doit rester dans le village. Il a été également interdit à toute personne d'acheter chez elle ou de lui vendre un article ou une marchandise de quelque nature que ce soit », précise la source. Joint au téléphone, le chef d’arrondissement de Possotomè, Marcel Sossou, rassure que des enquêtes sont en cours avec la Police Républicaine. Pour sa part, le maire de Bopa, Abel Djossou, a dit qu’une séance est en cours pour clarifier la situation.   Société 09 nov. 2021


Election sénatoriale du 26 septembre 2021 : Jean-Damien de Sinzogan saisit le Conseil constitutionnel français
Jean-Damien de Sinzogan, alias Jean de Bourbon conteste devant le Conseil Constitutionnel français, en application de l’article 59 de la Constitution, l’élection partielle du 26 septembre 2021 des sénateurs des Français de l’étranger.
Il a accusé réception de sa requête enregistrée sous le numéro 2021-5730 Sen, à travers une correspondance à lui adressée par Jean Maïa, secrétaire général du Conseil constitutionnel.
Candidat à cette élection, cet entrepreneur, fondateur de la société Hello Juriste France, dénonce la validation de bulletins de vote non conformes au standard légal et s’en remet à la décision de l’institution. Une décision attendue dans un délai de six mois.
Le requérant est invité à communiquer son adresse électronique pour la notification des actes et pièces de procédure, ainsi que des avertissements ou convocations, une fois l’instruction en cours devant le Conseil constitutionnel.
Actualités 09 nov. 2021


Pendjari : Le grand retour des éléphants
Alors que les menaces planent sur les éléphants dans la sous-région du fait de la criminalité faunique, les nouvelles qui proviennent du Complexe W-Arly-Pendjari (WAP) sont plutôt bonnes. En deux ans, la population de pachydermes dans la Pendjari a augmenté de 20%. L’annonce a été faite sur la page Facebook du  Parc national de la Pendjari le 8 novembre 2021. "En 2019 la population des pachydermes était estimée à 1 729. Cette année nous sommes fiers de voir encore grandir la population avec une estimation de 2 083 éléphants ! Ce qui représente une augmentation de 20% depuis l'arrivée d'African Parks Network ! '', dévoile l'équipe de gestion. Cette satisfaction découle de l’inventaire aérien des grands mammifères réalisé cette année dans l’ensemble du Complexe W-Arly-Pendjari (WAP). Le constat est que les mesures de protection portent des fruits. « C'est un succès pour l’équipe du parc, mais nous devons œuvrer davantage pour protéger cette espèce en danger critique d'extinction », ajoutent les gestionnaires, comme pour dire que les menaces ne sont pas totalement éloignées.     Environnement 09 nov. 2021


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