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Nouvelles

Éditorial de Paul Amoussou : L’éducation sexuelle
«Il est difficile de fermer les yeux sur les 200 Béninoises qui meurent chaque année des suites des complications des avortements non sécurisés et sur les centaines d’autres qui, chaque année en sortent mutilées à vie.» Cet argumentaire du ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin face aux députés est effarant, mais bien à propos. Et il est difficile de s’y montrer indifférent, car il met en relief les dégâts des avortements opérés par les faiseurs d’ange et autres. Dans son exhortation à voter les dispositions nouvelles réglementant l’interruption volontaire de grossesse, à travers la loi N° 2021-12 relative à la modification de la loi N° 2003-04 du 3 mars 2003 sur la santé sexuelle et la reproduction, il a su trouver les points d’ancrage, les mots justes pour exposer sur l’acuité du problème. Une question de santé publique face à laquelle la puissance publique ne pouvait se permettre de faire la politique de l’autruche, car faire comme si de rien n’était, c’est faire un choix irresponsable. Et l’on sait qu’il n’est pas dans l’Adn du gouvernement actuel de faire l’option de la démission, de reculer face à la difficulté, quitte à prendre l’opinion nationale, voire internationale à rebrousse poil pour mieux triompher d’elle à terme. En l’occurrence, ce n’est pas simple de choisir de légiférer sur une question aussi sensible que l’interruption volontaire de grossesse, dans une société comme la nôtre où ‘’vidôlé’’, l’enfant est pourvoyeur de plus-value. Une société qui, plus est, se veut puritaine...puritaine de façade et, sur la question, voue aux gémonies toute hardiesse libérale. Aussi, fallait-il un certain courage politique pour gratter le vernis de l’hypocrisie ambiante, entendue et attendue comme on l’observe actuellement. Hypocrisie car l’avortement, sujet très sensible mais surtout tabou, ne le devient plus lorsqu’il interpelle directement: du fait de l’inconduite ou de l’égarement d’une enfant, trop jeune pour porter une grossesse, ajouté à cela les cas de viol ou d’inceste ...Les consciences et croyances se dissipent vite lorsqu’on se trouve directement concerné, partagé entre le choix d’interrompre et de faire porter à son terme une grossesse à une enfant dont ni le corps ni les facultés ne sont encore aptes à l’éventualité de la gestation qui, dans le cas de la loi béninoise, ne peut être d’ailleurs interrompue que dans des conditions rigoureusement bien déterminées. C’est dire que la législation actuelle est opportune et est loin d’être la porte ouverte à toutes les libertés avec la gestation. Que ses détracteurs lui opposent leur foi, cela va de soi. Mais bientôt 50 ans après la loi Simone Veil, c’est la vision pragmatique de celle-ci qui a résisté au temps. Tout comme la détermination de Robert Badinter à bannir la peine de mort de l’arsenal juridique français contre vents et marées il y a de cela 40 ans. Cela étant, comme l’exprime bien Benjamin Hounkpatin, « Prenons la loi, mais éduquons ! Eduquons ! Eduquons !». Et il a là-dessus aussi raison. Une éducation sexuelle bien portée par les parents au profit d’une génération qui s’intéresse précocement au sexe, rendrait inutile le contenu de la loi qui fait actuellement débat. Actualités 22 oct. 2021


Dr Raphaël Totongnon au sujet de la loi sur l’avortement: « Les filles pourront désormais avoir droit à un choix responsable »
Dr Raphaël Totongnon, coordonnateur du projet Plaidoyer pour l’avortement sécurisé du Collège national des gynécologues obstétriciens du Bénin, se prononce sur la relecture de la loi 2003-04 du 3 mars 2003 relative à la santé sexuelle et à la reproduction, qui élargit les conditions d’accès à l’avortement. La Nation : Comment appréciez-vous la relecture de la loi 2003-04 du 3 mars 2003 intervenue au parlement dans la nuit du mercredi 20 octobre ? Dr Raphaël Totongnon : Ce n’est pas gagné d’avance. C’est un acte des députés qui ont appréhendé l’ampleur du problème, au même titre que le gouvernement qui a voulu donner cette chance à nos filles, qui meurent dans le silence pour des causes qu’on peut éviter. Elles pourront désormais avoir droit à un choix responsable. Le protocole de Maputo, de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, demande à tous les Etats membres de l’Ua de garantir aux femmes de leurs pays, l’accès au service d’avortement. Le Bénin a ratifié ce protocole, mais la loi de 2003 était restrictive et n’offrait cette chance qu’à une femme sur cinq. Que gagne le Bénin avec le vote d’une telle loi ? C’est une grande opportunité pour le pays. Nous devons commencer par remercier le gouvernement qui a apprécié l’ampleur de la situation. L’avortement est un fléau et lorsqu’il est clandestin, il peut causer la stérilité, des hémorragies non maitrisées entrainant la mort. Au Bénin en 2018, il a été révélé par une étude conduite par le ministère de la Santé que 200 femmes meurent pour raison d’avortement clandestin. Une autre étude qui date de 2016, effectuée toujours par le même ministère, révèle que 1 500 femmes meurent pour une cause liée à l’accouchement et à l’avortement. Alors que nous sommes tenus par les engagements internationaux. Les Nations Unies demandent à tous les pays, au titre des Objectifs de développement durable (Odd 3) relatifs à la santé et au bien-être pour tous, de ramener le taux de mortalité à 70 décès maternels sur 100 000 naissances vivantes d’ici 2030. A cette échéance, si le Bénin peut être déjà à 123, au lieu de 395 comme c’est le cas actuellement, selon l’Enquête démographique de santé 2018-2022, le pari serait gagné. Avec le vote de la présente loi, nous pensons que la réduction de la mortalité maternelle au Bénin va s’accélérer. Quelle est la part de l’avortement clandestin dans les taux de décès maternels ? Déjà, face à un tel tableau, vous êtes obligés en tant que gouvernants de prendre des mesures fortes, qui permettront de réduire la mortalité des femmes pour une cause qu’on pourrait éviter. Dans le plan opérationnel de réduction de la mortalité maternelle et néonatale 2018-2022, les décès par avortement clandestin ont été cités comme la troisième cause de décès des femmes en République du Bénin. La première cause l’hémorragie, la seconde l’éclampsie. Des efforts sont entrepris pour minimiser les décès liés à ces deux causes par les gouvernements successifs à travers la mise en place des Soins obstétricaux néonataux d’urgence (Sonu), mais nous n’avons pas réussi à tenir le pari. Le gouvernement a donc décidé d’agir sur la troisième cause. Mais l’environnement juridique sur l’avortement est caractérisé par les dispositions de la loi 2003-04 du 3 mars 2003 relative à la santé sexuelle et la reproduction. En son article 17, les conditions dans lesquelles une femme portant une grossesse non désirée, peut accéder à l’Interruption volontaire de cette grossesse (Ivg) ont été énumérées. Il s’agit notamment d’une grossesse issue d’un viol ou d’un inceste, un bébé malformé révélé par l’échographie, ou lorsque la poursuite de la grossesse va menacer la vie ou la santé de la mère. C’est pourquoi, cette loi ne résolvait le problème que pour une femme sur cinq portant une grossesse non désirée. Les quatre autres femmes qui n’y ont pas accès, se réfèrent aux charlatans, aux apprentis sorciers qui se font passer pour des agents de santé, des amis qui leur donnent des potions magiques à boire ou à introduire dans le sexe et les dégâts s’ensuivent. Lorsqu’on met ensemble le nombre de femmes qui meurent par an soit 1500 en voulant donner la vie, les 200 qui meurent pour cause d’avortement clandestin par an, on constate que dans notre pays, 4 à 5 femmes continuent de mourir par jour pour des causes évitables. Or, ce sont les restrictions de la loi sur l’avortement qui encouragent son caractère clandestin. Le gouvernement en initiant ce projet de loi qui a été voté a pris la mesure de la situation pour réduire la mortalité maternelle. Quelles sont les innovations de la loi ? En dehors des trois conditions qui étaient prévues, lorsque la femme est dans des conditions de détresse matérielle, professionnelle et éducationnelle non seulement pour elle-même mais pour l’enfant à venir, elle peut demander une Interruption volontaire de grossesse (Ivg). Et pour apprécier les caractères de la détresse, plusieurs acteurs vont intervenir. Donc, un avortement ne sera plus jamais l’affaire des seuls médecins ou sages-femmes qui vont rester dans leurs quatre murs pour opérer. Cela fera appel à plusieurs ministères sectoriels dont les cadres vont s’asseoir pour élaborer les décrets d’application de la nouvelle loi. Il y a eu également des innovations sur l’adoption d’une méthode contraceptive, et la contraception est rendue gratuite. Sur ce plan, la cible 7 de l’Odd 3 est celle qui va évaluer tous les pays, d’ici 2030 par rapport aux prouesses que nous avons faites en matière de prévalence d’adoption de méthode contraceptive. Malheureusement, dans notre pays jusqu’en 2019, le taux de prévalence contraceptive était encore en-dessous de 18 %, alors que les Nations Unies, selon l’agenda 2030, demandent à tous les pays d’être entre 55 % et 65 %. La Tunisie qui a ouvert l’avortement sans limite du terme de la grossesse, a un taux de prévalence en décembre 2020 qui est déjà de 62 %, dix ans avant l’échéance des Nations Unies. Nous avons encore une bataille à faire à ce niveau afin de multiplier les stratégies et permettre à un grand nombre de femmes d’adhérer aux méthodes contraceptives lorsqu’elles ne sont pas prêtes pour porter une grossesse. Parce que les décès par rapport à l’avortement clandestin, c’est qu’à l’origine, il y a une grossesse non désirée. Pourquoi ne pas prévenir la grossesse non désirée en allant adhérer en amont aux méthodes contraceptives. Actualités 22 oct. 2021


Code des personnes et de la famille : Onze articles et le chapitre 1er du livre III modifiés (L’enfant peut désormais porter les noms de famille de ses père et mère)
Les députés ont adopté ce jeudi, la loi n° 2021-13 modifiant et complétant la loi n°2002-07 du 24 août 2004 portant Code des personnes et de la famille en République du Bénin. L’avènement de cette loi vise à consacrer davantage l’égalité de droits entre l’homme et la femme et adapter le code des personnes et de la famille aux réalités sociologiques béninoises en matière de fiançailles. Il ressort des onze dispositions et du chapitre 1er du livre III du code modifié et complété que l’enfant peut porter désormais soit le nom du père, soit le nom de la mère, soit leurs deux noms accolés dans l’ordre choisi par eux, dans la limite d’un nom de famille pour chacun d’eux. En l’absence de déclaration conjointe à l’officier de l’état civil mentionnant le choix de l’enfant, celui-ci prend le nom de celui des parents à l’égard duquel sa filiation est établie en premier lieu et le nom de son père si sa filiation est établie simultanément à l’égard de l’un et de l’autre. En cas de désaveu de paternité, l’enfant porte le nom de sa mère. En cas de mariage, chaque époux conserve son nom ou prend celui de son conjoint ou adjoint le nom de celui-ci au sien. Il en va de même pour la veuve ou le veuf. Le conjoint divorcé peut continuer de porter le nom de son ancien époux. L’article 113 nouveau dispose que la connaissance mutuelle des familles par la présentation réciproque de celles-ci vaut promesse de mariage entre un homme et une femme. Au terme de la connaissance mutuelle des familles, les deux partenaires qui y ont consenti deviennent des fiancés. Chacun des fiancés, prévoit la loi, a le droit de rompre unilatéralement les fiançailles. Toute rupture abusive constatée par le juge peut donner lieu au paiement de dommages-intérêts conformément au droit commun. Mais en aucun cas, les dépenses occasionnées par la connaissance mutuelle des familles ne peuvent faire l’objet d’un remboursement ou d’une indemnisation. Chacun des futurs époux doit consentir personnellement aux fiançailles. Mais en aucun cas, le mineur ne peut être fiancé, nuance la loi. La femme divorcée ou veuve peut, sans délai, se remarier dès lors qu’elle administre la preuve qu’elle ne porte pas de grossesse de son précédent mariage. Aux termes de la loi, les actes de naissance établissant l’état civil des personnes avant l’entrée en vigueur de la loi peuvent, à la requête de toute personne intéressée, faire l’objet de rectification et d’adjonction de nom en vue du bénéfice des dispositions de cette loi. Autrement dit, le législateur a décidé de rendre le texte rétroactif. Aucun tort aux us et coutumes Les parlementaires ont jugé pertinente l’initiative du gouvernement qui a introduit le projet de loi pour réviser le Code des personnes et de la famille datant déjà d’une vingtaine d’années. Ils saluent surtout le renforcement du principe d’égalité des sexes que promeut le texte en permettant à l’enfant de porter également le nom de famille de sa mère lorsque celle-ci en exprime le besoin. L’honorable Nassirou Arifari Bako a émis quelques inquiétudes concernant notamment le fait de permettre à une femme divorcée de continuer à porter le nom de son ex-époux même après la rupture du mariage tant qu’elle n’a pas désiré le changer. Mais le président de la Commission des Lois, Orden Alladatin, qui a présenté le dossier, le ministre en charge de la Justice, Me Séverin Quenum, et sa collègue en charge de la Famille, Véronique Tognifodé, ont tenu à rassurer les uns et les autres. Pour eux, cette loi tient de la modernisation du Bénin qui doit se mettre au diapason des réalités de l’heure. La réforme ne crée aucun tort aux us et coutumes de la société béninoise. Bien au contraire, elle vient contribuer à une justice sociale au nom de l’égalité entre l’homme et la femme. Mais les explications n’ont pas certainement convaincu le député Nassirou Bako Arifari qui a exprimé un vote abstention. En dehors de lui, tous ses autres collègues ont voté en faveur de l’adoption du texte. La séance plénière a été dirigée par le président de l’Assemblée nationale, Louis Vlavonou?   Actualités 22 oct. 2021


Assemblée nationale : la loi sur les infractions à raison du sexe approuvée
L’Assemblée nationale a adopté ce mercredi 20 octobre, la loi n°2021-11 portant mesures spéciales de répression des infractions commises à raison du sexe et de protection de la femme en République du Bénin. Le texte a été adopté à l’unanimité des députés. (La Criet pour assurer la répression) Aux termes de la loi n°2021-11 portant mesures spéciales de répression des infractions commises à raison du sexe et de protection de la femme au Bénin adoptée ce mercredi par le Parlement, constituent une infraction à raison du sexe d’une personne, les infractions pour la commission desquelles le sexe de la victime est la considération préalable. Il s’agit des faits de harcèlement sexuel, d’agressions sexuelles, de viol, de mariage précoce, de mariage forcé, des mutilations génitales féminines, des violences aggravées sur la femme ou la fille. La répression de ces différentes infractions est confiée à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). La juridiction spéciale est compétente pour connaitre des cas de viol sur mineurs de moins de 13 ans ; l’atteinte sexuelle sur mineurs de moins de 13 ans ; le harcèlement commis par un enseignant sur son apprenant ; le mariage forcé et le mariage précoce. Il est prévu la création au niveau de la Criet, d’une chambre de jugement des infractions à raison du sexe des personnes et une chambre des appels des jugements rendus en matière d’infraction à raison du genre. L’Institut national de la Femme sera chargé d’assurer la promotion et la protection de la gent féminine. Doté de personnalité juridique et d’autonomie de gestion, cet établissement public peut dénoncer et suivre, seul ou concurremment avec les victimes, toute action pénale qu’il juge nécessaire en se constituant, le cas échéant, partie civile dans les procédures relatives aux infractions commises à raison du sexe, sans qu’il puisse lui être opposé un défaut de qualité ou d’intérêt. Plusieurs députés, dans le débat général, ont salué la pertinence de la loi en faveur des femmes qui constituent plus de 52% de la population. Car, le texte vient améliorer l’arsenal juridique qui protège cette catégorie de personnes. Toutefois, certains parlementaires dont Léon Aden Houessou se disent inquiets. Car, selon eux, cette loi va engendrer un engorgement de la Criet qui sera désormais inondée de dossiers de viol, de harcèlement et autres. Mieux, estiment-ils, il y a un risque de décrochage des élèves pour défaut de moyens. Des inquiétudes dissipées Car, les personnes généreuses qui avaient l’habitude de soutenir les apprenantes issues des familles pauvres peuvent être désormais prudentes de peur de voir leur action sociale retourner contre elles un jour. Des députés craignent aussi un risque de règlement de compte à travers l’adoption de cette loi. Tout en soutenant aussi la loi, le député Augustin Ahouanvoèbla a souhaité que la répression soit étendue aux autorités religieuses, notamment les prêtres, les imams, les responsables des cultes endogènes pour prévenir les déviances et autres abus sexuels qui peuvent avoir lieu également dans ces milieux. Rosine Dagniho embouche la même trompette pour voir la loi prendre en compte également l’Armée, la Police, la Douane et toute l’administration publique où il y a des liens de subordination professionnelle. Les députés ont recommandé la vulgarisation de la loi surtout envers les cibles pour son efficacité. Le président de la Commission des Lois, Orden Alladatin, précise que la loi en examen ne concerne pas que la femme. Elle prend en compte les deux sexes. Le texte réprime à la fois les infractions commises à raison du sexe masculin ou du sexe féminin. Il rassure qu’il y a la loi 2011-26 portant répression des violences faites aux femmes qui règle les autres cas d’abus sexuels non pris en compte par la loi en examen. Les victimes d’agressions sexuelles au niveau des autres secteurs professionnels aussi bien publics que privés ne doivent pas avoir de souci à se faire. Le ministre de la Justice, Séverin Quenum, salue l’accueil favorable réservé par les députés à ce dossier. Il a tenté de dissiper leurs inquiétudes surtout par rapport à l’engorgement éventuel de la Criet. Selon le ministre, le gouvernement s’emploie à étoffer la juridiction spéciale en magistrats, greffiers et autres afin de prévenir tout débordement. Séverin Quenum rassure que la Criet a un caractère national. Elle peut se déplacer de son siège à Porto-Novo pour aller tenir des audiences foraines dans d’autres communes pour connaître des dossiers du ressort de sa compétence, précise-t-il. Actualités 21 oct. 2021


Fact-checking : Cette photo montre-t-elle l’inauguration d’un dos d’âne ?
Relayée sur les réseaux sociaux depuis quelques jours, cette photo serait prise au cours de la cérémonie d’inauguration de dos-d’âne d’une valeur de 204 millions de francs Cfa. Les vérifications faites par La Nation révèlent que l’image prise le 1er juin 2021 a été sortie de son contexte. Juste au pied d’un dos-d’âne, sur une piste latérite, on retrouve plusieurs personnalités en costume. Les publications faites sur Facebook et WhatsApp à compter du 8 octobre 2021 ne précisent pas le pays dans lequel se déroule cette cérémonie, encore moins la date. Il est juste mentionné qu’il s’agit de « l’inauguration du dos-d’âne quelque part en Afrique ». En revanche, un tweet de
Panthère Lacustre le 8 octobre 2021 tente de donner des précisions. « Ce jour dans la commune de Ntoum, la ministre déléguée à l'éducation nationale @CameliaLeclercq et un ancien PM @Pm_JulienNkoghe ont inauguré un dos-d'âne en présence d'une foule ». Si on s’en tient à la publication de Panthère Lacustre, l’inauguration en question a eu lieu le 8 octobre 2021 à Ntoum, une ville du Gabon, chef-lieu du département du Komo-Mondah, à 38 km de Libreville. Mais certains commentaires en réponse à ce tweet donnent des indices sur la réalité. C’est le cas de la réaction de Junior MAKOTY, un Gabonais, le 9 octobre 2021. « Rien n'est pire que le mensonge qui occulte la vérité. Sur cette photo datant de 4 mois, on montre à Mme le Ministre que les nouvelles pompes publiques seront sécurisées pour le passage des populations. Il s'agissait de la politique RSE de #CIMAF à NTOUM ». Fact che Le contexte réel Des recherches d’images inversées sur Google renvoient à des publications de certains médias gabonais dont 7 jours Info, début juin 2021. La légende d’une autre photo de la cérémonie précise qu’il s’agissait du « Ministre délégué de l’Éducation nationale Camelia Ntoutoume, l’ancien Premier ministre Julien Nkoghe Bekale, du Maire de la commune de Ntoum Juste Parfait Biyoghé, le Directeur Général régional de la zone 5 de la société, Salim Kaddouri avec d'autres autorités de la localité ». Contrairement à ce que relayent les publications virales, les faits remontent plutôt au 1er juin 2021. « Dans le cadre de sa politique de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), la société marocaine Ciments de l’Afrique (CIMAF) a procédé à l’inauguration de la pompe publique réhabilitée d’Alarmitang dans la commune de Ntoum le 1er juin dernier pour mieux alimenter les habitants en eau potable. C’était en compagnie entre autres du ministre délégué de l’Éducation nationale Camelia Ntoutoume, de l’ancien Premier ministre et doyen politique de la commune Julien Nkoghe Bekale, tous deux natifs de la localité, du maire de la commune de Ntoum Juste Parfait Biyoghé », précise une publication du site gabonais 7 jours info. Le dos-d’âne retrouvé sur la photo n’était pas l’objet de l’inauguration. Mais, faisait partie des ouvrages réalisés en dehors de la pompe. « Les travaux livrés concernent la réhabilitation de la pompe publique avec la construction d’un abri, l’assainissement des lieux, le rajout de 3 points de puisard supplémentaires, le curage des caniveaux, la pose de dalots sur les caniveaux et la construction de 3 dos-d’âne de sécurité le long de la voie de cette zone très fréquentée », précise Direct info Gabon.       Actualités 21 oct. 2021


Infractions à raison du sexe : La loi votée à l’unanimité des députés
L’Assemblée nationale a adopté la loi portant mesures spéciales de répression des infractions à raison du sexe et de la protection de la femme en République du Bénin. C’est fait. Après les débats, les députés ont décidé de doter le Bénin de la loi 2021-11 portant mesures spéciales de répression des infractions à raison du sexe et de la protection de la femme en République du Bénin. Elle a été votée à l’unanimité des représentants. Bien avant, chaque parlementaire est allé de ses arguments pour défendre le projet et son importance. Le ministre de la Justice, Séverin Quenum, a salué cet « accueil favorable » avant de rassurer ceux qui ont émis des inquiétudes que le texte proposé vient compléter un texte préexistant, notamment la loi 2011-26 portant prévention et répression des violences faites aux femmes.  De même, a-t-il rassuré, quant à la crainte de dénonciations calomnieuses que les lois existent déjà pour combattre ces déviances. « Je peux vous donner l’assurance que les juges sauront faire la part des choses », a-t-il martelé. Le vote de cette loi est l’aboutissement d’une réforme qui vise le renforcement de la protection de la femme contre les atteintes dont elle est victime en raison de son genre. La loi propose des nouveautés en matière de répression desdites Infractions. Il y a aussi l'introduction de nouvelles circonstances aggravantes telles que l'existence du lien de parenté ou de subordination, la déficience mentale ou physique de la victime, une relation d'enseignant ou de formateur à apprenant, entre l'auteur et la victime. L'attribution de la répression de ces infractions à la Criet est l’une des innovations.   Actualités 21 oct. 2021


Bénin : Le « général Faleti » réclame une mise en liberté d’office
Interpellé le 23 janvier 2020 puis déposé à la prison civile d’Akpro-Missérété, Prudence Ayodélé Biaou alias « Général Faléti » a saisi la Cour Constitutionnelle pour qu’elle décide de l’inconstitutionnalité de sa détention provisoire. « Le Général Faleti » souhaite recouvrer sa liberté. C’est ce qu’il faut comprendre du recours enregistré à la Cour Constitutionnelle le 5 août 2021. Lequel recours fait partie des 15 dossiers inscrits au rôle le jeudi 21 octobre 2021. Il porte sur « l’inconstitutionnalité d’une détention provisoire et demande de mise en liberté d’office ». Aux sages de la Cour présidée par le Professeur Joseph Djogbénou d’examiner le recours et de décider de la suite à lui donner. Pour rappel, Prudence Ayodélé Biaou a été arrêté suite à des actes de violences perpétrés dans certaines localités dont Savè en janvier 2020.
Il est poursuivi sur le fondement de l’article 162 du Code pénal. Lequel réprime les actes de terrorisme que constituent notamment l’atteinte à la sûreté intérieure et/ou extérieure de l’État ; l’atteinte volontaire à la vie des personnes, à leur intégrité, ou à leur liberté, ainsi que l’enlèvement ou la séquestration des personnes, les infractions en matière informatique, les infractions à la sécurité de la navigation aérienne, maritime ou au transport terrestre ; la mise au point, la fabrication, la distension, le transport, la mise en circulation ou l’utilisation illégale d’armes, d’explosifs, de munitions, de substances explosives ou d’engins, fabriqués à l’aide de telles substances. Il y a aussi la fabrication, la possession, l’acquisition, le transport, la fourniture ou l’utilisation d’armes nucléaires, chimiques ou biologiques, ainsi que la recherche et le développement illégaux d’armes de destruction massive qui sont constitutifs également d’actes de terrorisme au sens de cet article.   Actualités 20 oct. 2021


En visite sur le continent cette semaine : la vision de Erdogan pour l’Afrique
A deux mois du sommet Afrique-Turquie, le président turc a posé ses valises depuis le 17 octobre 2021 sur le continent. De l’Angola au Nigeria, Recep Tayyip Erdogan confesse sa foi en l’avenir de l’Afrique et promet « un partenariat gagnant-gagnant ». Vis-à-vis de l’Afrique, sa foi est inébranlable : «le rôle du continent sera déterminant au 21e siècle ». Au nom de cette conviction, Recep Tayyip Erdogan a repris son bâton de pèlerin pour faire bouger les lignes avec l’Afrique, sur le principe, dit-il, d’un partenariat stratégique et gagnant-gagnant. « Nous ne sommes pas de ceux qui cherchent à poursuivre leur ancien ordre colonial par des nouvelles voies et méthodes. Nous souhaitons réussir et marcher ensemble avec nos frères et sœurs africains », a martelé le président turc, à l’aéroport d’Atatürk avant de commencer sa tournée qui l’a conduit en Angola, au Togo et au Nigeria. En effet, la Turquie travaille à être un partenaire stratégique de l’Afrique, avec son large réseau diplomatique. Depuis 2003, le volume des échanges entre la Turquie et l’Afrique a quintuplé, passant de 5 à 25 milliards de dollars. Les investissements turcs sur le continent ont aussi explosé. Quasi inexistants en 2003, les investissements montent maintenant à 6,5 milliards de dollars. Ankara est présente sur le continent avec une quarantaine d’ambassades et accueille de plus en plus de représentations diplomatiques de pays africains. Sa politique ascendante est illustrée aussi par l'implantation de mosquées, le développement d’œuvres caritatives et ses écoles. « Les activités de nos institutions comme les écoles de la Fondation Maarif, les centres culturels Yunus Emre, le Croissant-Rouge turc, Ytb et Tika consolident nos ponts de cœur avec nos frères et sœurs africains », a-t-il précisé. Après l’Est et la Corne de l’Afrique, Recep Tayyip Erdogan jette son dévolu sur l'Afrique de l'Ouest, où il visite le Nigeria et le Togo, après l’Angola en Afrique australe. À travers sa tournée, Recep Tayyip Erdogan semble préparer le terrain pour deux grands rendez-vous. En effet, le 3e forum d’affaires Turquie-Afrique aura lieu les 21 et 22 octobre 2021 et réunira 54 pays. Ensuite, ce sera le 3e sommet de partenariat Turquie-Afrique les 17 et 18 décembre à Istanbul, avec une quarantaine de chefs d'État africains. Des traits complémentaires En Angola, le président turc a discuté des relations économiques et commerciales entre les deux pays. Il a surtout salué la volonté dont les autorités font preuve pour porter les relations turco-angolaises au niveau désiré, dans tous les domaines. Cependant, il a mis un accent sur le commerce et l’investissement. « Nous avons confirmé que la Turquie et l’Angola avaient des traits complémentaires et nous avons constaté que nous avions des opportunités de coopération dans de nombreux domaines. Je crois que les décisions que nous avons prises avec M. le président avanceront davantage l’amitié entre nos pays », a-t-il laissé entendre en Angola. De son côté, la Première Dame Emine Erdogan a participé à un événement organisé par l'Agence turque de coopération et de coordination (Tika) dans la capitale angolaise Luanda dans le cadre du projet de soutien au centre de formation professionnelle des femmes de Rangel. Pour elle, le développement n’est possible qu’avec la participation des femmes à la vie sociale et économique. Ce sera, dit-elle, les femmes qui forgeront l’avenir de l’Afrique. Après l’Angola, Recep Tayyip Erdogan a posé ses valises à Lomé. Ankara et Lomé ont passé en revue leur partenariat ainsi que les perspectives de coopération. Au cœur des échanges, il y a la lutte contre les menaces sécuritaires en Afrique et la gestion de la pandémie du coronavirus. Plusieurs accords devraient être signés dans les secteurs du commerce, de l’agriculture, de l’industrie et de la défense. « Ces derniers temps, il y a eu un renforcement important de la coopération entre la Turquie et le Togo. Sur le plan économique, nous avions signé plusieurs accords. Nous sommes en train de diversifier les accords commerciaux avec certains de nos partenaires traditionnels et la venue du président turc doit permettre de faciliter les flux d'investissements de la Turquie vers le Togo », a souligné Robert Dussey, ministre togolais des Affaires étrangères. L’étape de Lomé a été marquée par la présence de deux autres chefs d’État d’Afrique. Il s’agit notamment de ceux du Libéria, George Weah, et du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré. Après Lomé, la dernière escale, tout aussi importante, est le Nigeria. Actualités 20 oct. 2021


Sextape : Benzema face à la justice
La star du Real de Madrid Karim Benzema est représenté par ses avocats, ce mercredi, au tribunal de Versailles (Yvelines). L'attaquant de l'équipe de France, candidat au Ballon d'or, devra faire face à la justice dans "l’affaire de la sextape". Le tribunal va juger à partir de ce jour les cinq hommes soupçonnés d'avoir participé, de près ou de loin à ce chantage au préjudice du footballeur Mathieu Valbuena. Sports 20 oct. 2021


Prise en charge gratuite des maladies dans le Littoral: Vers une santé publique égalitaire pour les couches vulnérables
Médecins du monde Suisse et Plan international Bénin s’investissent dans la santé des personnes vulnérables. C’est le sens de la Semaine sanitaire lancée, ce mardi 19 octobre, au profit des zones sanitaires 1 et 4. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet Safe and inclusive cities for girls (ville sûre et inclusive pour les filles). Semaine de bonheur pour les populations de Dantokpa et environs. Elles bénéficient d’une prise en charge gratuite en matière de soins de santé depuis ce lundi 18 octobre. C’est un acte d’amour de Médecins du monde Suisse et de Plan International Bénin. Il parie sur une santé publique forte et égalitaire pour les couches vulnérables. Sur place, un dispositif innovant et ambitieux qui réunit en un même lieu des prestataires de soins de santé de diverses spécialités est installé pour répondre aux problèmes de santé des cibles ; ceci avec la collaboration des élus locaux. Tout est parti d’un constat. «La situation des enfants et des familles au sein du marché et des quartiers déshérités ou bidonvilles autour du marché Dantokpa prouve une vulnérabilité particulière en termes de protection et de santé. Les habitants de ces quartiers sont sujets à des problèmes aigus d’accès aux soins de santé. Sur le marché, les enfants et les jeunes sont exposés à de nombreux risques en matière de protection et de santé, y compris la santé sexuelle », relève Pauline Sètondji Donhouédé, représentante de Plan international Bénin. Cette nouvelle approche vise à améliorer l’état de santé des enfants et des jeunes habitant les quartiers retenus. Elle comporte tout un paquet d’interventions. Premièrement, elle gage sur des soins gratuits pour les affections les plus courantes. Deuxièmement, elle vise à dépister, orienter et faire une prise en charge sanitaire du Vih/Sida, du cancer de sein et du col de l’utérus, des affections dermatologiques et de la malnutrition. Troisièmement, la campagne sanitaire permettra d’offrir un service d’écoute et d’accompagnement psychologique des bénéficiaires. Les prestations à offrir concernent la médecine générale, la gynécologie obstétrique, la dermatologie, la nutrition, les méthodes modernes de planification familiale et l’accompagnement psychologique. La santé publique, l’affaire de tous ! Si la pandémie actuelle a mis à mal les systèmes sanitaires du monde, elle a eu le mérite de mettre davantage les acteurs sanitaires devant leurs responsabilités. Au Bénin, les professionnels de la santé sont conscients des défis à relever. « La pandémie nous a rappelé que la santé publique est l’affaire de toutes et de tous, et que personne ne doit rester en marge de l’accès aux soins. La mobilisation mondiale pour vaincre le coronavirus a également eu pour conséquence une relégation au second plan des autres affections de santé. Il est temps à présent d’y reporter toute notre attention, car aucun enjeu de santé ne saurait être négligé », lance Virgile Dodoo, représentant du ministre de la Santé. La mairie de Cotonou se sent interpellée par cet élan de solidarité. « Pour le Conseil municipal de Cotonou, le bien-être de toutes et de tous est une priorité non négociable. Les déterminants de la santé sont multiples et interconnectés. Le logement, le revenu, le genre sont des facteurs qui influencent notre santé et nos chances d’accéder aux services de soins », argumente Gatien Adjogboni, deuxième adjoint au maire de Cotonou. « A cet égard, il est particulièrement important que nous puissions œuvrer à une synergie d’actions entre toutes les personnes qui s’investissent pour que la ville de Cotonou soit un cadre d’épanouissement pour ses habitants », suggère-t-il. Le cri de ralliement de Médecins du monde Suisse (« ensemble, changeons la donne ! », cadre bien avec cette recommandation. Nathalie Desautels, coordon-natrice générale de l’organisation, exhorte l’ensemble des acteurs à l’unité dans l’action : « La santé n’est pas un luxe et nous ne devrions jamais perdre de vue l’objectif qu’est la gratuité et l’accessibilité des soins pour tous. Ensemble, faisons en sorte que nous puissions arpenter les rues de notre ville, en notant que les obstacles et les inégalités sont derrière et que chaque être humain peut accéder à la santé ». Il est espéré qu’environ huit cents personnes soient impactées par cette campagne qui s’achève vendredi 22 octobre prochain. Société 20 oct. 2021


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