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L’utilisation des pesticides a un effet sur les espèces non-ciblées[/caption]L’environnement est menacé par l’utilisation des pesticides devenus objets de crainte et de grande méfiance pour leurs effets néfastes et pervers sur l’écosystème et la santé de l’homme.
Doit-on craindre le pire avec l’utilisation des pesticides ? L’on peut répondre par l’affirmative, au regard des explications des spécialistes de l’environnement sur l’usage que les citoyens font de ces substances chimiques. Le professeur titulaire Michel Boko, membre du Conseil économique et social (Ces), alerte sur des dangers liés à l’usage de ces substances sur la santé et sur l’écosystème.
C'est un tableau plus noir que vert, selon l’Agence européenne pour l'environnement citée par le professeur Michel Boko qui fait état d’une biodiversité en déclin, des écosystèmes dégradés, des sols et ressources naturelles sous pression, des milieux aquatiques souillés, des déchets mal recyclés.
L’utilisation faite actuellement des pesticides et des herbicides dans des aires de cultures au Bénin suscite des inquiétudes, souligne le professeur. Les ressources en eau et les écosystèmes dont dépendent les individus et les sociétés sont exposés à une insécurité sociale et économique, indique-t-il. Il fait constater une profonde dégradation des rivières, lacs et réserves souterraines ainsi que des conflits de plus en plus graves en période de pénurie. La pollution avec à la clé la perturbation du cycle de l’eau, l’intoxication, le développement de certaines maladies chez les troupeaux, la féminisation des espèces, sont quelques impacts relevés par l’enseignant.
Quant aux effets sur les écosystèmes naturels, à savoir les eaux, les sols et l’air, le professeur Michel Boko met l’accent sur l’épandage des pesticides et le ruissellement de composés toxiques ainsi que l’épandage d’engrais d’origine organique ou minérale et ruissellement des nutriments. Les effets des pesticides sur l’environnement comprennent aussi les effets sur les espèces non-ciblées, parce qu’ils sont pulvérisés ou épandus globalement sur les parcelles cultivées. Ainsi, plus de 98 % des insecticides pulvérisés sur les cultures et 95 % des herbicides atteignent une destination autre que leur cible, selon Michel Boko. « En outre, les eaux de ruissellement peuvent transporter les pesticides vers les milieux aquatiques, tandis que le vent peut les transporter vers d’autres parcelles, vers des pâturages, des établissements humains et des zones non aménagées, affectant potentiellement d’autres espèces », explique le professeur. Il indique aussi que d’autres problèmes sont liés à des mauvaises pratiques en matière de production, de transport et de stockage. Au fil du temps, l’application répétée de pesticides augmente la résistance des ravageurs, tandis que leurs effets nocifs sur d’autres espèces peuvent faciliter la résurgence des ravageurs. Ceux qui sont appliqués sur les cultures peuvent se volatiliser et être soufflés par les vents vers les régions voisines, ce qui présente une menace potentielle pour la faune et la flore sauvages.
Toutefois, les risques liés à l’utilisation des pesticides sont à des degrés divers, selon d’autres spécialistes qui estiment qu’il n’y a pas matière à s’embarrasser. La polémique, ces derniers jours, sur les méfaits du glyphosate, source probable de cancer, pourtant figurant parmi les pesticides homologués au Bénin a fait réagir le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Gaston Dossouhoui. Ce dernier, lors d’une conférence de presse qu’il a animée, jeudi dernier à son cabinet, a rassuré les citoyens. Entre autres, il a affirmé que cette substance ne crée aucun dégât sur l’environnement. « Le débat qui se mène n’est pas un débat technique. Je voudrais rassurer les Béninois que l’Etat veille… », a indiqué le ministre Gaston Dossouhoui. Le glyphosate serait inoffensif d’après les explications du ministre, même si le Centre international de recherche sur le cancer, une agence spécialisée de l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) pour la recherche sur le cancer, créée en mai 1965 par une résolution de l’Assemblée mondiale de la Santé, a démontré que cette molécule est cancérigène.
De toute façon, prudence est mère de sûreté, dit l’adage.

« Au fur et à mesure que l’âge avance, on constate une certaine détérioration de la vision. A partir de 40 ans, il y a la presbytie qui s’installe et qui fait que la vision de près est difficile chez la plupart des gens ». Ce constat de l’ophtalmologue Yazid Savage amène de nombreuses personnes à recourir aux lunettes à verres optiques.
Comme l’ensemble du corps humain, les yeux aussi subissent le vieillissement. A un moment de la vie, le recours aux verres optiques pour améliorer la vue s’impose à certaines personnes. En tant que dispositif médical, les verres optiques sont en principe prescrits par un spécialiste de la question, c’est-à-dire l’ophtalmologue. Le constat est que très souvent, dès la première consultation, quel que soit l’âge, le spécialiste ‘’s’empresse’’ de prescrire les verres optiques.
Pour Dr Yazid Savage, ophtalmologue à Cotonou, il ne s’agit nullement d’un quelconque empressement. En effet, explique-t-il, « Lorsque vous venez en consultation, on évalue votre acuité visuelle. Si elle est inférieure à 10/10, on va chercher à l’améliorer en l’amenant à 10/10 en mettant les verres optiques, les lentilles». Aussi, ajoute-t-il, « Des gens peuvent venir en consultation avec une acuité visuelle de 10/10 et repartir avec une prescription de verres optiques parce qu’ils se plaignent de maux de tête ou autre, chaque mal avec sa solution ».
Malgré le port de verres optiques appelés « verres correcteurs», la capacité visuelle ne fait que baisser d’année en année. Pourquoi parler alors de verres correcteurs ? se demandent certains patients. Il s’agit de toute évidence d’un quiproquo que relève le spécialiste. Le port de lunettes optiques est dû, la plupart du temps, à la forme des yeux. « Si on prend un myope, c’est que ses yeux sont plus gros que la normale de sorte que quand il regarde, l’image qu’il voit se forme avant la rétine. Ce qui fait qu’il ne voit pas bien de loin. On met les verres, juste pour repousser l’image sur la rétine. Les hypermétropes, par contre, ont des yeux plus petits que la normale. Donc quand ils regardent, l’image se forme en arrière de la rétine. Alors on met les verres pour que l’image se forme sur la rétine afin de leur permettre de bien voir », explique Dr Yazid Savage.
Dans ces conditions, le port de verres optiques ne vient pas changer la forme des yeux. Lorsqu’on parle de verres correcteurs, cela ne signifie pas que les verres viennent corriger le mal qui est à l’origine de la baisse d’acuité visuelle, mais plutôt améliorer la vision, donc ils viennent corriger la qualité de la vision. « Les verres optiques ils viennent corriger la vision et non les yeux », martèle-t-il.
Quand faut-il changer les verres optiques ?
De façon générale, les lunettes optiques sont portées jusqu’à ce qu’elles ne permettent plus de bien voir. Pour certains utilisateurs, les verres doivent être changés tous les deux ans ou tous les trois ans. Qu’en disent les spécialistes ? Dr Savage recommande la consultation chez l’ophtalmologiste au moins une fois l’an. A cette occasion, précise-t-il, l’ophtalmologiste dira s’il est temps de changer les verres ou non. « Au fur et à mesure que l’âge avance, on constate une certaine détérioration de la vision. A partir de 40 ans, il y a la presbytie qui s’installe et qui fait que la vision de près est difficile chez la plupart des gens. A cause de cette presbytie, on peut être amené à changer de verres tous les deux ans », ajoute Dr Yazid Savage.
Ce que confirme Grégoire
Antoine, opticien et directeur du magasin Tchi Tchi Africa: « De façon générale, la durée de vie des verres optiques est à peu près de deux ans si on en fait un bon entretien ». Il précise qu’il y a des lunettes qu’on porte à partir de 40-45 ans, des verres progressifs, pour des personnes qui sont presbytes. Dans ce cas, c’est dû au vieillissement de l’œil tout simplement.
Contrairement aux temps anciens, les verres optiques les plus utilisés aujourd’hui sont des verres en matière organique (en plastique). « La différence majeure entre le verre minéral (en verre) et le verre organique, c’est le poids déjà. Avec le verre minéral, lorsqu’il s’agit d’une correction un peu élevée, les lunettes étaient super lourdes. Avec le verre organique, on a quelque chose d’un peu plus léger », souligne Grégoire Antoine. Et en termes de qualité optique, ça ne change pas grand-chose. Par rapport à la rayure, précise-t-il, « Le verre minéral se raye moins que celui organique; par contre, si vous le faites tomber sur un caillou pointu, ça va s’exploser. En termes de sécurité pour les enfants par exemple, un enfant qui met un verre minéral, c’est strictement interdit parce que si l’enfant tombe et s’il y a un bout de verre qui va dans l’œil, ce n’est pas bon alors qu’avec l’organique, on a des verres incassables ». En clair, le verre organique est un verre léger qui résiste mieux aux chocs. Du coup, c’est moins dangereux pour les yeux. Donc il y a plus de points positifs que négatifs en ce qui concerne le verre organique.
Quid de l’entretien des verres ?
Pour sa part, Grégoire Antoine ne recommande pas l’utilisation des lingettes imbibées pour nettoyer les verres optiques parce qu’on ne connaît pas ce qu’ils mettent sur le papier. S’il y a par exemple du chlore, à force de nettoyer le verre avec, cela peut détériorer l’antireflet. Pour nettoyer les verres de lunettes, conseille-t-il, il faut les passer sous l’eau de robinet et les nettoyer ensuite avec un chiffon sec et propre. « Il ne faut pas le faire avec les habits ni avec le pagne, au risque de rayer les verres », ajoute-t-il. Ces petits chiffons offerts souvent au moment de l’achat des verres peuvent être lavés sans problème à la machine ou à la main. Le nettoyage des verres peut se faire également chez l’opticien au moins une fois par mois.
Il souligne qu’ici au Bénin, il y a le facteur environnemental qui intervient notamment la poussière et le sable qui se déposent sur les verres. Dans un tel environnement, quand on ne met pas les lunettes sous l’eau avant de les nettoyer et qu'on met le chiffon, ça raye. Et contrairement à ce que soutiennent certains opticiens, Grégoire Antoine affirme qu’il n’existe pas de traitement anti-rayure.
Selon l’opticien, les lunettes à verres optiques sont comme des prothèses. Un dispositif médical qui aide à voir mieux. On s’habitue à bien voir avec, si bien qu’on ne peut plus les enlever. Il faut donc en assurer un bon entretien et en cas de renouvellement, passer d’abord chez l’ophtalmologue.
Grégoire Antoine recommande de consulter l’ophtalmologue une fois tous les ans ou tous les deux ans ne serait-ce que pour un contrôle intérieur de l’œil surtout qu’ici au Bénin et en Afrique, le soleil fait qu’on a la possibilité d’avoir une cataracte un peu plus tôt, vers les 45 ans alors qu’en Europe, c’est plutôt vers les 60 ans. Il faut donc se protéger du soleil.
Benjamin Hounkpatin, ministre de la Santé[/caption]L’injonction faite aux acteurs de santé de rester dans le secteur public ou de choisir de se consacrer exclusivement à leurs activités dans le secteur privé entre dans sa phase répressive dès le 1er septembre 2018 sur le territoire national. Tout contrevenant s’expose à la rigueur de la loi, a rappelé le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, vendredi 24 août dernier lors d’une conférence de presse animée à son cabinet à Cotonou.
Conformément à l’article 3 du décret 2018-342 du 25 juillet 2018 portant suspension d’autorisation et révocation d’autorisation qui dispose qu’en application des dispositions des articles 20 et 84 de la loi n° 2015-18 du 1er septembre 2017 portant statut général de la fonction publique, tout exercice en clientèle privée au mépris dudit décret est réputé faute professionnelle grave passible de la révocation ou de la résiliation du contrat de travail avec perte de tout droit sans préjudice des sanctions pénales réprimant l’exercice illégale des professions médicales et paramédicales. Ces dispositions issues du Conseil des ministres du 25 juillet dernier ont été rappelées par le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, au cours d’une conférence de presse qu’il a animée vendredi dernier à Cotonou. De plus, tout agent révoqué ou licencié en application du présent décret ne peut être autorisé à exercer à titre privé, a-t-il indiqué.
Bien qu’elles soient pénibles, ces nouvelles mesures visent à assainir le secteur de la santé, c’est-à-dire soulager les peines des populations en veillant à ce qu’elles disposent d’une bonne santé. Benjamin Hounkpatin estime que, passé le 1er septembre prochain, les acteurs ciblés concernés devraient avoir fait l’option de se conformer aux nouvelles dispositions légales en matière d’exercice de la profession médicale. Toutefois, les agents anesthésistes ne sont pas concernés par cette disposition en raison de la nécessité de leur prestation et de leur effectif réduit.
Le ministre a appelé ceux des agents de santé qui s’y livrent à dorénavant se départir des mauvaises pratiques de rançonnement, de vente illicite de médicaments et consommables médicaux, de vol et de sabotage du matériel médico-technique mis en place à grands frais par l’Etat. Car, il sera appliqué une « Tolérance zéro » par rapport à ces déviances et les responsables des formations sanitaires à divers niveaux ont été instruits à cet effet.
Il a également rappelé à l’attention des prestataires du secteur public qu’ils sont tenus d’être régulièrement à leur poste afin de vaquer à leurs activités. A cet effet, les dispositions nécessaires sont prises pour encadrer leur présence effective au poste. Aussi, les a-t-il invités à s’acquitter de leur mission avec zèle, passion, dévouement, en gardant à l’esprit les fondamentaux du serment d’Hippocrate.
Des mesures pour assainir le secteur privé
Plusieurs dispositions sont également prises pour assainir totalement le secteur privé, a-t-il ajouté. Il s’agit notamment de la définition d’une feuille de route, de la mise en place d’un cadre de concertation regroupant toutes les parties prenantes et d’une série de mesures visant à finaliser avec diligence le processus de délivrance des nouvelles autorisations d’exercice en clientèle privée et d’ouverture d’établissements privés de santé.
Par ailleurs, il a lancé un appel à tous ceux qui se livrent à l’exercice illégal des professions médicales et paramédicales notamment dans des habitations et autres locaux clandestins, afin qu’ils mettent fin à cette pratique avant la descente sur le terrain des équipes de contrôle. « La loi sera appliquée avec la dernière rigueur à tous les contrevenants», a insisté le ministre. Ainsi, les populations ne seront plus exposées à l’existence des formations sanitaires non autorisées qui leur dispensent des soins de mauvaise qualité préjudiciable à la vie. Dès lors, le gouvernement prendra toutes les dispositions de sorte que les formations sanitaires soient totalement disponibles et disposées à apporter des solutions à leurs préoccupations. Il s’agira d’améliorer l’écoute des citoyens afin que toutes leurs difficultés en matière de santé soient signalées pour recevoir les réponses les plus appropriées et les plus urgentes qu’appelle chaque cas et ce, le plus promptement possible.
Jean-Baptiste Elias, président de l'Anlc lors de la conférence de presse, ce lundi 27 août à Cotonou[/caption]Tous les membres des institutions de la République ne sont pas en règle avec les exigences de l’article 3 de la loi n°2011-20 du 12 octobre 2011 qui leur impose la déclaration de leurs biens et patrimoine avant et après les fonctions auxquelles ils ont été appelés. Ce lundi 27 août au cours d’une conférence de presse, le président de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption (Anlc) a déploré cet état de choses et a mis en garde les retardataires sur les diligences que son institution entreprendra sous peu pour faire respecter la loi.
A la date du 28 juin dernier, le président de la République et seulement 22 membres du gouvernement mis en place par le décret n°2018-198 du 5 juin dernier ont déclaré leur patrimoine, conformément aux exigences de la loi n°2011-20 du 12 octobre 2011 portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes. Les trois restants, à savoir les ministres en charge de la Défense nationale, de la Santé et de la Justice ne l’ont fait qu’après cette date, a martelé le président de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption (Anlc), Jean-Baptiste Elias, au cours d’une conférence de presse, ce lundi 27 août au siège de l’institution.
Toujours en ce qui concerne le gouvernement, seulement trois anciens ministres : Ange N’koué, Rafiatou Monrou et Hervé Hêhomey ont déclaré leurs biens et patrimoine à la cessation de leurs fonctions au sein de l’Exécutif, a indiqué le président de l’Anlc.
Au niveau du Parlement, seulement 58 des 82 députés siégeant actuellement ont satisfait à cette obligation légale. Les 24 restants ne l’ont toujours pas fait, ou du moins, n’ont pas apporté la preuve de l’accomplissement de ce devoir à l’Anlc.
Les sept sages de la nouvelle Cour constitutionnelle installée le 6 juin dernier n’avaient pas déclaré leur patrimoine à l’entrée en fonction en cette qualité. Mais après la date du 28 juin dernier, ils l’ont tous fait, bémolise le président de l’Anlc. Au niveau de cette institution, cinq des sept sages de la dernière mandature ont déclaré leur patrimoine en fin de mandat. Au niveau de la Cour suprême, de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac), de la Commission électorale nationale autonome (Cena), de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption (Anlc) et de la Haute cour de justice (Hcj), tous les membres sont en règle vis-à-vis de la loi n°2011-20, selon Jean-Baptiste Elias. Idem pour le médiateur de la République et la grande chancelière et le vice-grand chancelier de l’Ordre national.
Dernier délai : 17 septembre
Au niveau du Conseil économique et social (Ces), 22 conseillers sur les 30 sont en règle et huit autres ne se sont toujours pas conformés à la norme. Même situation pour quatre des douze membres de l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) qui, à la date du 28 juin dernier, n’étaient toujours pas en règle.
Contrairement à ses huit autres collègues, le conseiller Hakim Akpiti de l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (Arcep-Bénin) n’a pas satisfait à l’obligation de déclaration de patrimoine jusqu’à la date sus-citée, relève le président de l’Anlc.
A ces membres d’institutions de la République qui peinent à satisfaire à cette obligation, pourtant exigée quinze jours après leur entrée en fonction, le président de l’Anlc lance un appel à la promptitude. Ils sont invités à le faire au plus tard le 17 septembre prochain. « Passé ce délai, l’Anlc va saisir le président de la Cour suprême pour la mise en application de l’article 4, alinéa 6 de la loi n°2011-20 du 12 octobre 2011 », a expliqué Jean-Baptiste Elias au cours de sa conférence de presse. Rappelons que ledit article stipule que le refus de déclaration est « puni d’une amende dont le montant est égal à six mois de rémunération perçue ou à recevoir dans la fonction occupée. Ceux qui ont fini leurs missions et qui n’ont toujours pas procédé à la déclaration de fin d’exercice, il les a aussi exhortés au respect de la loi pour ne pas en faire les frais?

Les membres de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) ont officiellement pris fonction, ce lundi 25 août. C’est à la faveur d’une audience solennelle tenue à la Cour d'appel de Cotonou que le président de la Cour suprême Ousmane Batoko a procédé à l’installation du président de la Criet, Cyriaque Dossa, et du procureur spécial près ladite cour, Gilbert Togbonon, en présence du ministre de la Justice et de la Législation, Séverin Quenum, et d'autres personnalités administratives et judiciaires.
Nommés par décret pris en Conseil des ministres du mercredi 25 juillet dernier, les seize magistrats, membres de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), entrent en fonction. Leur installation fait suite à la promulgation de la loi 2018-13 du 2 juillet 2018 modifiant et complétant la loi n° 2001-37 du 27 août 2002 portant organisation judiciaire en République du Bénin et création de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). La cérémonie d’installation des membres de ladite cour s’est déroulée en trois audiences.
Lors de la première audience ouverte par le président de la Cour suprême, Ousmane Batoko, il a été procédé à l’installation du président de la nouvelle juridiction, Cyriaque Dossa, et du procureur spécial près la Criet, Ulrich
Gilbert Togbonon, sur réquisition du procureur général près la Cour suprême. Dans son réquisitoire, celui-ci a rappelé l’ancrage légal de l’installation des membres de la Criet. Il s’agit non seulement de la loi portant création de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme mais aussi de l'article 10 de la loi portant statut général de la magistrature qui stipule : «Les magistrats du Parquet sont installés en audience solennelle de la juridiction pour laquelle ils sont installés. Les magistrats ne peuvent accomplir aucun acte de leur fonction qu’après avoir été régulièrement installés ». La nouvelle loi n’ayant pas prévu les modalités d’installation des membres de la Criet, l’avocat général près la Cour suprême fait savoir qu’en l’absence d’une telle disposition, le président de la Cour suprême est la personne la plus habilitée à les installer. Insistant sur l'indépendance du juge et sa loyauté à l'égard de l'intérêt général, il a énoncé : « Monsieur Cyriaque Dossa et Monsieur Ulrich Gilbert Togbonon, quel juge et quel procureur voulez-vous être ? Celui d'une démocratie où l'intérêt général et l'indépendance priment ou celui d'une dictature où la loi passe en obéissance au prince de l'heure ?», une interrogation du ministère public qui ne trouvera réponse que dans l'exercice des fonctions des deux autorités de la Criet. Au terme de son réquisitoire, le ministère public a requis que soit déclaré installés les sieurs Cyriaque Dossa et Gilbert Togbonon respectivement président de la Criet et procureur spécial près la Criet et que soit dressé procès-verbal de la présente cérémonie.
Réquisitions auxquelles le président de céans, Ousmane Bataoko, a satisfait, après avoir félicité les deux nouvelles autorités de la Criet et leur avoir prodigué des conseils.
Membres et substituts installés
Une deuxième audience s'est ensuite ouverte ; celle de l'installation des membres de la Criet par le président de la Criet, Cyriaque Dossa, sur réquisition du procureur spécial, Gilbert Togbonon. Au nombre de douze, ceux-ci ont été nommés par le même décret pris en Conseil des ministres du 25 juillet dernier. Il s'agit des magistrats : Richard Tchognon Limoan, Adamou Moussa,
Guillaume Lally, Cyprien Tchibozo au titre d'assesseurs avec pour suppléants Édouard Ignace Gangny et Rodolphe Azo; des magistrats Edibayo Dassoundo au titre de président de la chambre des libertés et de la détention avec pour assesseurs Fortunato Kadjègbin et Essowê Batamoussi puis des magistrats Lucien Déguénon au titre de président de la commission d'instruction avec pour assesseurs Geneviève Sohou et Islamiath Moustapha.
La troisième audience a été consacrée à l'installation officielle des deux substituts du procureur spécial, notamment les magistrats Célestin Kponon et Edwige Aklou Tangni.
Avant de les renvoyer à l’exercice de leurs fonctions, le président de la Cour suprême, Ousmane Batoko, a appelé le président de la Criet et le procureur spécial près la Criet à un devoir de professionnalisme et de responsabilité. Il les a conviés au sens de devoir et de responsabilité. « La Criet sera ce que vous en aurez fait, vous et tous les autres membres, premiers magistrats de la Criet. Vous en récolterez, en premier, le respect mais aussi le blâme ou la couronne d'épines en cas de faillite... A la science, il faut que vous alliez la conscience. Bien de juges oublient leurs fonctions d'arbitres et se confondent en accusateurs. Trouvez le juste équilibre entre la nécessité de réprimer les crimes économiques et la nécessité de respecter la présomption d'innocence jusqu'à ce que soit établie la culpabilité des poursuivis. Et vous, procureur spécial, tâchez à rester dans votre rôle de représentant du ministère public », leur a-t-il conseillé.
Pour le président Ousmane Batoko, la tâche ne sera pas aisée mais il ne doute pas que les personnes appelées à l’accomplir en seront à la hauteur. Selon lui, la preuve de la volonté politique d'en finir avec l'impunité et la corruption à tous les degrés est donnée à travers la promulgation par le chef de l’Etat de la loi 2018-13 du 2 juillet 2018 modifiant et complétant la loi n° 2001-37 du 27 août 2002 portant organisation judiciaire en République du Bénin et création de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme. « L'installation de cette cour intervient dans un contexte particulier marqué par la lassitude sur le plan national de l'impunité et la multiplicité des crimes économiques et de la corruption d'une part et des menaces de plus en plus proches de terrorisme d'autre part », a-t-il rappelé en leur assurant que la Criet ne manquera ni de matières ni de clients.
Une certitude partagée par le ministre de la Justice et de la Législation Séverin Quenum. Avant qu'il soit procédé à l'installation des membres de la Criet, il a rappelé la vision du chef de l'Etat pour le renforcement du modèle de démocratie du Bénin. S’adressant aux membres de la nouvelle juridiction, il a indiqué : « La Criet n'est pas un accident de parcours. C'est un devoir de conscience, un devoir de conscience citoyenne. Vous n’êtes pas et ne serez pas des juges soumis... Travaillez à sauver la nation des mains des prédateurs, des fossoyeurs de l'économie nationale… ».
Compétence et composition de la Criet
La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) est, conformément à l'article 5 de la loi qui la crée, une cour pénale spéciale chargée de la répression du crime de terrorisme, des infractions à caractère économique telles que prévues par la législation pénale en vigueur ainsi que de la répression du trafic de stupéfiants et des infractions connexes. Elle a une compétence nationale et siège à Cotonou. Néanmoins, son président peut ordonner la tenue des audiences en tout autre lieu du territoire sur réquisitions conformes du procureur spécial. Outre la voie de flagrance, la Criet est saisie par un arrêt de renvoi de la commission d’instruction instituée par la même loi.
La Criet est composée d’un président et de quatre assesseurs. Le président est nommé parmi les magistrats de grade hors classe en fonction ou à la retraite. Les assesseurs sont nommés parmi les magistrats de grade A1-8 au minimum en fonction ou à la retraite. Tous les membres de la Criet, à l'exception du président, accomplissent leur mission cumulativement avec les fonctions qu’ils exercent par ailleurs. Les magistrats à la retraite nommés membres de la Cour ne doivent avoir fait l’objet d’aucune sanction disciplinaire au cours de leur carrière. Les membres de la cour sont tous nommés par décret pris en Conseil des ministres après avis du Conseil supérieur de la magistrature.
La loi organise aussi le greffe et le ministère public de la Criet. Le greffe est tenu par un greffier en chef et deux assistants nommés par arrêté du ministre chargé de la Justice. Le ministère public près la Criet est exercé par le procureur spécial, un magistrat nommé par décret pris en Conseil des ministres après avis du Conseil supérieur de la magistrature. Il a les mêmes compétences dans l’exercice de ses fonctions que celles que la loi confère au procureur de la République. Le procureur spécial est assisté de deux substituts. Il peut aussi être assisté de toute autre personne dont la compétence est avérée nécessaire à l’enquête. En dehors du procureur spécial, les substituts accomplissent leurs fonctions cumulativement à celles qu’ils exercent par ailleurs. Le procureur spécial se saisit de toute affaire relevant de sa compétence prévue par la loi. Il est informé de toute infraction relevant de sa compétence, notamment le crime de terrorisme, des délits ou crimes à caractère économique tels que prévus par la législation pénale en vigueur ainsi que le trafic de stupéfiants et des infractions connexes.
La Criet est accompagnée dans sa mission par une commission d’instruction composée d’un président et de deux magistrats en fonction ou à la retraite. Cette commission est chargée de l’instruction des affaires relevant des compétences dans les conditions prévues par la loi. Elle clôture l’instruction du dossier des arrêts notamment de renvoi devant la Criet pour jugement. Les ordonnances de la Cour d’instruction sont frappées d’appel. Y compris même les arrêts de non-lieu qui peuvent faire l’objet d’appel devant la Criet soit par le procureur spécial, soit par la partie civile dont, selon la loi, l’Autorité nationale de lutte contre la corruption (Anlc) pour les affaires relevant des compétences de cette dernière.
Par ailleurs, la loi institue aussi la chambre des libertés et de la détention composée de trois membres nommés par année judiciaire parmi les magistrats en fonction ou à la retraite, par le président de la Criet.
Georges Ayaovi Raymond, (au milieu 2ème position à partir de la droite) entouré[/caption]Georges Ayaovi Raymond, adjoint au maire et chef du 11e arrondissement de Cotonou, a été gratifié, vendredi 24 août dernier à Cotonou, par un diplôme d’honneur en reconnaissance de ses actions pour accompagner non seulement l’émancipation de la jeunesse, mais aussi le développement du Bénin. Cette distinction est l’œuvre du Réseau panafricain des enseignants pour la paix, l’unité et le développement (Répepud).
Georges Ayaovi Raymond, chef du 11e arrondissement de Cotonou, a reçu, vendredi 24 août dernier à Cotonou, le grand prix panafricain de l’excellence et le développement Docteur Kwame N’Krumah. Une délégation de trois membres du Réseau panafricain des enseignants pour la paix, l’unité et le développement (Répepud), conduite par professeur Godefroy Boko Sodjinou lui a transmis le diplôme d’honneur y afférent.
Ce diplôme d’honneur est une reconnaissance à l’endroit des acteurs du monde entier dont les actions militent en faveur de la solidarité, de la paix, de l’excellence et du développement. La réception de ce diplôme d’honneur, qui porte le signe de l’Unesco, consacre la reconnaissance du mérite de ses actions, notamment tout ce qu’il fait pour accompagner, non seulement l’émancipation de la jeunesse, mais aussi le développement du Bénin en général.
Le récipiendaire s’est dit touché par cette reconnaissance qui est une surprise pour lui. « Ce n’est pas du tout quelque chose que j’attendais », déclare Georges Ayaovi Raymond qui remercie le réseau de l’avoir observé, suivi puis nominé à cette distinction. Il dédie cette distinction au pays, notamment à la ville de Cotonou et particulièrement à ses administrés du onzième arrondissement.
Godefroy Boko Sodjinou affirme que le récipiendaire est suivi à travers ses actions bien avant qu’il soit élu local, puis municipal. « Il a été suivi dans ses actes, tant du social, tant de la promotion du genre, tant de l’encadrement de la jeunesse pour la sortir des sentiers battus qui conduit droit à la délinquance. Et, surtout pour la bonne gouvernance qu’il fait de son administration », souligne-t-il. L’universitaire affirme que c’est fort de cela qu’il a été proposé et retenu par le jury parmi les propositions des huit pays retenus en Afrique pour la nomination cette année.
Pour Imorou Ibrahim, secrétaire administratif au plan national du Réseau panafricain pour l’éducation et enseignant au département de sociologie anthropologie à l’Université d’Abomey-Calavi, « beaucoup d’atouts ont milité en faveur du Ca », notamment ses actions sur le plan local et sa jeunesse qui ont milité en faveur de sa nomination.
La transmission de ce diplôme de reconnaissance est le préambule d’une distinction officielle qui aura lieu le 7 septembre prochain à Cotonou. Au cours d’une soirée dénommée « La nuit des héroïnes méconnues », le récipiendaire sera inscrit à l’Ordre du mérite panafricain, une distinction qui lui sera décernée par Abdul Fulgence Tanga Kaboré, secrétaire général exécutif du Réseau panafricain.
Outre le Ca 11 de Cotonou, une quarantaine de personnes seront honorées au cours d’une soirée placée sous le haut parrainage du ministre d’État, Abdoulaye Bio Tchané. Elle sera exclusivement dédiée aux premières des douze départements au Baccalauréat et au Bepc cette année, pour récompenser leur mérite et leur excellence. Des femmes du gouvernement, de l’Assemblée nationale, de femmes leaders, etc. sont attendues à cette soirée.
Pierre Mèhoué présentant sa plaidoirie devant le jury et l'assistance[/caption]Organisé dans le cadre de la deuxième édition de la Semaine du jeune avocat, le concours de plaidoirie des jeunes avocats du Bénin a connu son épilogue, vendredi 24 août dernier à Cotonou. Au terme des différentes présentations, c’est Pierre Mèhoué qui a décroché le 1er prix Alfred Pognon de plaidoirie.
« Dieu existe-t-il ? ». C’est autour de ce thème que les trois candidats que sont Me Pierre Mèhoué, Me Marie-José Gnonhoué et Me Jacques Codjo ont développé leur plaidoirie devant un jury composé du bâtonnier Yvon Détchénou, de Me Angelo Hounkpatin et du conseiller Malick Cossou.
A l’entame, le président du jury, Me Yvon Détchénou, a énuméré les critères d’évaluation qui sont, entre autres, l’éloquence, l’originalité des exposés, les moyens de persuasion, les figures de style, les expressions du visage...
Pierre Mèhoué est le premier candidat à passer. Il développe la thèse selon laquelle Dieu existe vraiment. A l’en croire, c’est une question inutile lorsqu’on observe le monde de par les créatures et que l’homme qui se pose la question ne doute pas lui-même de son existence. « Si l’être qui a pu créer l’homme est plus grand que lui parce que c’est lui qui a créé l’univers, il n’a plus besoin de se poser la question de savoir si Dieu existe vraiment », soutient-il. Tout individu qui est en situation de détresse, a toujours recours à un Etre suprême plus fort que lui. D’autres diront qu’à la limite des pouvoirs humains, commence la sagesse de Dieu.
Pour sa part, c’est un sujet d’abord philosophique puisque beaucoup de théoriciens à savoir Kant, Anselme de Cantorbéry et d’autres comme Saint Thomas d’Aquin ont pu aborder la question. Mais l’autre pan, c’est la religiosité. « Et si l’homme, par sa raison, est incapable de démontrer que Dieu existe, cela ne voudra pas dire qu’il n’existe pas, puisque par la foi, par la croyance, l’homme peut réaliser l’existence de Dieu dans sa vie », a-t-il clarifié. Pierre Mèhoué conclut alors qu’au-delà de toutes ces thèses et de leurs véracités, l’homme doit se confier à un Etre suprême qui est Dieu et qui existe.
A sa suite, parole a été donnée à Me Jacques Codjo qui a développé la thèse et l’antithèse du sujet. Il affirme donc qu’en ce qui concerne l’existence de Dieu, les avis sont partagés. Il a démontré au prime abord que Dieu existe en partant de la question de savoir celui qui a pu façonner ce monde avec autant de créatures. Encore que la Bible dit que Dieu créa l’homme à son image. Et pour démontrer que Dieu n’existe pas, il fait référence aux philosophes et à certains scientifiques qui ont rejeté l’existence de Dieu et affirmé que Dieu n’est qu’une création de l’esprit humain. Il fait savoir que devant des incompréhensions aussi flagrantes où certains groupes disent tuer au nom de Dieu, on ne saurait accepter l’existence de cet Etre suprême. « L’existence de Dieu découle de la croyance de chaque être humain », a-t-il conclu.
Pure imagination
Quant à Me Marie-José Gnonhoué, il a démontré avec des arguments soutenus que l’existence de Dieu ne relève que d’une pure imagination de l’homme. Si non, Dieu allait déjà changer le cœur des hommes suite aux multiples exactions orchestrées par certains groupes en son nom. Il se pose plusieurs questions. Comment expliquer qu’en Cisjordanie, il existe un conflit israélo-palestinien alors qu’il s’agit de la Terre promise où Jésus-Christ de Nazareth qui incarnerait Dieu serait né ? Comment expliquer les deux guerres mondiales qui ont décimé le monde alors que Dieu était supposé le préserver ? Autant de questions qui ont amené Me Marie-José Gnonhoué à conclure que Dieu n’existe pas.
Les membres du jury, après s’être concertés, ont classé Me Pierre Mèhoué 1er, Me Marie-José Gnonhoué 2e et Me Jacques Codjo 3e. Le premier gagne une tablette avec un abonnement Dalloz d’un an ; le deuxième rentre avec un ordinateur portatif et le troisième reçoit un bon de 200 000 F d’ouvrages à la librairie Chez Rachel.
Me Pierre Mèhoué reconnaît la qualité de ses autres concurrents et les félicite parce que, pour sa part, c’est grâce à eux qu’un rang a pu être déterminé.
Mission accomplie donc pour l’Union des jeunes avocats du Bénin (Ujab) qui a organisé avec succès ce concours de plaidoirie dans le cadre de la deuxième édition de la Semaine du jeune avocat?
Emmanuel Opita, procureur général près la Cour d'appel de Cotonou (au micro), faisant le point de la session supplémentaire[/caption]A travers un point de presse tenu, vendredi 24 août dernier, le procureur général près la cour d’appel de Cotonou, Emmanuel Opita, a fait le point du déroulement de la session supplémentaire de la cour d’assises. Prévue pour se tenir du 16 juillet au 24 août 2018, la session qui s’est achevée un jour plus tôt a enregistré trente-quatre condamnations et un acquittement.
Au terme de la session supplémentaire de la cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou du 16 juillet au 23 août 2018, 34 accusés ont été condamnés à diverses peines et un a été acquitté.
Au cours du point de presse qu’il a animé, vendredi dernier à Cotonou, Emmanuel Opita, procureur général près la cour d’appel de Cotonou, a fait observer que la session était prévue pour examiner vingt-cinq dossiers mais neuf s’y sont ajoutés, faisant passer le rôle à trente-quatre affaires. L’autre spécificité, à l’en croire, est liée au fait que la session s’est achevée un jour plus tôt. Il a expliqué que cet état de choses est dû à l’arrêt de renvoi pour complément d’informations concernant le dossier de disparition d’Urbain Pierre Dangnivo. Ce dossier annoncé pour durer quatre jours a plutôt duré trois pour cette raison.
S’agissant des statistiques des condamnations, il mentionne que sur les 34 dossiers examinés, 26 ont abouti à des condamnations, un à l’acquittement. Trois dossiers ont débouché sur l’internement des accusés pour des soins adéquats alors que quatre ont été renvoyés à une session ultérieure contre un dossier où l’extinction de l’action publique a été constatée. En termes de typologie des condamnations, le procureur général en a distingué deux : les travaux forcés et la réclusion criminelle. Il a aussi fait état de cinq pourvois en cassation faits par les accusés et les parties civiles?
L'auteur Lionel Yanick Montcho (au milieu) au cours de la présentation de l'ouvrage[/caption]L’univers littéraire s’est enrichi d’un ouvrage intitulé Gbè kpo do nukon- Tout est encore possible lancé, samedi 25 août dernier à Cotonou. Cet opuscule de vingt-cinq poèmes signé Lionel Yanick Montcho, a été présenté par Carmen Toudonou, en présence du parrain de l’auteur, Adadé Messan Folly-Bébé, chef du 13e arrondissement de Cotonou.
Gbè kpo do nukon-Tout est encore possible, c’est le titre du recueil de poèmes que vient de publier Lionel Yanick Montcho, une ode traduisant une note d’espérance et d’optimisme qui s’adresse à tous les vivants.
Avec un peu de passion, un peu de conviction, on parvient toujours à ses objectifs, déclare le représentant du préfacier Anselme Pascal Aguéhoundé.
Pour le parrain de l’auteur, Adadé Messan Folly-Bébé, chef du 13e arrondissement de Cotonou, il n’est pas facile d’écrire. Ce faisant, l’on contribue au développement de la nation. Raison pour laquelle il a encouragé l’auteur et la jeune génération à ne pas baisser les bras comme le traduit si bien le titre de l’ouvrage qui stipule que tout est encore possible tant que l’on vit.
Carmen Toudonou, présidente du comité d’organisation de Miss littérature, s’est réjouie de présenter l’ouvrage structuré en trois parties. Elle relève quelques éléments de forme, notamment le titre en fon mais toute la suite en français, une œuvre qu’elle qualifie d’« ode à l’espoir ». Sur la première de couverture, elle relève le bleu qui symbolise la Vierge Marie, le vert traduisant l’espoir, la nature, en somme, une œuvre d’art, reconnaît-elle. Cette couverture illustre le contenu et pourrait offrir la certitude de croire en une espérance, retient-elle.
Elle présente ensuite des éléments de fond, à savoir les vingt-cinq poèmes de deux à quatre pages en vers pour la plupart rimés, de véritables odes à l’espoir. Morceaux choisis pêle-mêle : "Mon frère, tu peux", " Le malheureux", "Plaidoyer entre l’homme et Dieu", "La femme stérile", "Délivre nous du mal" et "Mon rêve". L’auteur, selon elle, peint un monde triste et désolé, abordant des thèmes comme l’infidélité, la mort.
Elle montre enfin dans la troisième partie des traits de biographie de l’auteur, qu’elle qualifie d’ancien futur prêtre, d’ancien séminariste, auteur de deux autres ouvrages. « A défaut d’être prêtre de Jésus-Christ, il s’intronise maître de la parole », qualifie Carmen Toudonou.
Pour l’auteur, les vingt-cinq textes symbolisent les noces d’argent d’un être cher à découvrir dans l’une des dédicaces, un cadeau pour le réconforter. Selon Lionel Yanick Montcho, « Nous avons tous été premiers par le mystère de la fécondation où il a été enseigné que c’est le spermatozoïde le plus habile qui arrive à féconder l’ovule ». Pour traduire que sur terre, tous les humains peuvent faire beaucoup de choses afin de gagner leurs vies. L’ouvrage sonne, selon l’auteur, comme une sorte de thérapie qu’il conseille vivement à une sœur découragée et ou à un frère qui se plaignent des problèmes de la vie. Il demande aux désespérés de s’en remettre à la vie de Sarah ou à l’histoire de la mère de Samuel dans la Bible. Il retient que « Dieu a toujours le dernier mot et lui seul peut nous délivrer de nos maux ».
La poésie de Lionel Yanick Montcho est aux antipodes de celles d’Aimé Césaire ou de Charles Baudelaire. Un choix motivé de l’auteur qui entend non seulement bien se faire comprendre, mais également élargir et intéresser son lectorat. Un style qu’apprécie bien Carmen Toudonou qui estime que la poésie est rythme, musicalité et émotion. Ce qui lui fait dire : « Si vous lisez un poème et que cela vous a communiqué de l’émotion, cela veut dire que le poète a bien fait son travail »?
Ouvrir les palais royaux au public pour préserver le patrimoine et revitaliser les pratiques culturelles[/caption]Les responsables de l'Ecole du patrimoine africain (Epa) ont réuni les notables et têtes couronnées d’Abomey, vendredi 24 août dernier sur l’esplanade du palais Houégbadja à Abomey, dans le cadre du lancement de la participation des communautés à la gestion du site des palais royaux d’Abomey.
L'Ecole du patrimoine africain (Epa), en collaboration avec le Centre du patrimoine mondial (Cpm) de l'Unesco et la direction du Patrimoine culturel du Bénin, travaille à l'implication effective des communautés d'Abomey dans la gestion des palais royaux, à travers des actions concrètes. Une démarche qui se traduit désormais en acte avec l’ouverture des palais royaux d’Abomey aux communautés. Cet acte a été rendu officiel par l’Epa, vendredi dernier, lors d’une cérémonie symbolique qui a réuni devant l’esplanade du palais de Houégbadja à Abomey, des dignitaires, des familles royales, des cadres de la mairie et autres acteurs de cette cité historique.
Le représentant des dignitaires d’Abomey, Dah Agbohessou ; le représentant du maire d’Abomey, Guillaume Hollo et le gestionnaire des musées, Urbain Hadonou, saluent cette initiative qui donnera, à coup sûr, une nouvelle vie à ces sites qui tombent chaque jour un peu plus en ruine. En effet, le temps des royautés est bien révolu chez nous et les vestiges du passé sont à l’abandon malgré des efforts pour les sauvegarder.
Désormais, ces palais peuvent accueillir des visiteurs et de petits spectacles de danses d’Abomey. C’est la solution proposée aujourd’hui pour sauver ces palais royaux qui sont sujets aux intempéries et aux incendies répétés, comme c’est le cas du palais de Houégbadja qui a accueilli la cérémonie.
Samuel Kidiba, directeur de l’Epa, au cours de cette cérémonie, a rappelé que l'état de ces sites qui sont bien des patrimoines de l’Unesco, résulte en partie de l'absence de leur réaffectation d'usage au profit des communautés locales, alors qu’il faut leur implication dans le processus de valorisation de ces sites. Désormais, il faut corriger cette façon de faire pour impliquer effectivement les communautés afin de renforcer l'état de conservation des palais royaux d'Abomey en améliorant leur gestion. Aussi, cette démarche pourra contribuer à la revitalisation des pratiques culturelles et des espaces en vue de la gestion participative et durable des palais royaux.
Cette démarche d’ouverture des palais au public est un pas pour en finir avec l’image des murs en décrépitude, des toits en ruine, des façades et cours envahies par les herbes et les reptiles parce qu’il n’y a pas de vie dans ces lieux pourtant chargés d’histoires?