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Nouvelles

Lutte contre l’essence de contrebande: En finir avec le commerce du ‘’kpayo’’ tout en sauvant ses acteurs

L’option prise par le chef de l’Etat de mettre un terme à l’essence de contrebande sans renvoyer au chômage ses acteurs est déjà saluée par certains de la chaîne de commercialisation illicite des produits pétroliers. Pour eux, la mesure est certes tardive, mais salvatrice à plus d’un titre.

Le président Patrice Talon a profité de son entretien avec la presse, à la veille de la célébration de la fête nationale, pour révéler au grand jour son ambition de voir les acteurs de la commercialisation de l’essence de contrebande se reconvertir. « La vente du carburant au bord des voies est devenue une activité importante au Bénin, car elle concerne des centaines de milliers de Béninois. Aucun gouvernant ne peut décider de tirer un trait sur une telle activité. Ce qui est fondamental, c’est de la réorganiser… Cette réorganisation ne pourra pas être faite du jour au lendemain mais en accompagnant les acteurs qui sont déjà recensés de façon discrète », a indiqué le président de la République au cours de ce débat télévisé largement suivi. 

C’est justement cette reconversion qui est déjà applaudie par certains qui y voient une meilleure solution pour les sortir d’affaire. Aurélien Avocègamou, un des responsables d’association de revendeurs dans la ville de Cotonou, trouve que « Le président Talon est en train de réussir là où ses prédécesseurs ont échoué ». « Les autres présidents n’ont pas trouvé la solution au ‘’kpayo’’ parce qu’ils ont voulu envoyer au champ ou au chômage les revendeurs », estime-t-il.
« Le gouvernement est en train de mettre en place un programme de fourniture de mini-stations mobiles de sorte que leur activité n’impacte pas négativement leur environnement et leur santé. Nous allons les faire entrer dans le formel. Après, nous allons formaliser les sources d’approvisionnement. Cela permettra d’agréer leurs fournisseurs afin qu’ils se ravitaillent par voie légale. Nous devons faire les concessions possibles pour que les nouveaux prix ne soient pas loin des prix pratiqués actuellement. En d’autres termes, nous allons combattre la contrebande et non l’activité », a expliqué le chef de l’Etat.
Aurélien Avocègamou trouve en tout cas que le président Patrice Talon vient ainsi de déceler la formuler magique pour casser le puzzle du ‘’kpayo’’.
Symphorien Dantondji qui importe l’essence du Nigeria vers le Bénin par voie lacustre depuis des décennies, partage lui aussi l’option prise par le chef de l’Etat. Pour y avoir fait fortune, ce commerçant qui se disait soucieux de l’avenir de son activité se dit déjà « prêt » pour l’installation du dispositif de redistribution ou même l’implantation des mini-stations. « Il faut faire en sorte que nous puissions tirer un bénéfice consistant », plaide également Symphorien Dantondji. Une chose est sûre, « le sujet est sensible et donne beaucoup de stress », admet le chef de l’Etat lui-même.
Quid des petits vendeurs et autres revendeurs aux abords des voies ? Sont-ils tout aussi favorables à l’option du président de la République ?
Herman Edah qui occupe un petit étalage au quartier Gbégamey à Cotonou est plutôt dubitatif à ce propos. Il dit avoir entendu parler de la mesure du chef de l’Etat sur une radio privée de la place « sans trop y croire ». Saint Thomas sur les bords, il attend de se voir relogé dans une mini-station un de ces jours pour s’assurer de l’effectivité de la mesure annoncée. La seule crainte de ce revendeur, c’est de se retrouver à la rue du jour au lendemain et pour cette raison, il jure de « trouver à chaque fois des astuces pour se ravitailler et vendre l’essence ».

Société 07 août 2018


Justice: Trois notaires et autres prêtent serment à Abomey
[caption id="attachment_30257" align="alignnone" width="1024"]Vue partielle des nouveaux auxiliaires de justice ayant prêté serment[/caption]

Au cours d’une audience spéciale qui s’est tenue, ce lundi 6 août à la cour d’appel d’Abomey, cinq nouveaux huissiers de justice et trois notaires ont prêté serment et ont été renvoyés à l’exercice de leurs fonctions.

La grande salle de la cour d’appel d’Abomey était pleine comme un œuf, ce lundi 6 août. L’événement qui a mobilisé une impressionnante foule est la cérémonie de prestation de serment de cinq nouveaux huissiers de justice et de trois notaires. Une cérémonie qui a mobilisé avocats, magistrats, huissiers, notaires, commissaires-priseurs et autres acteurs du secteur justice au Bénin ainsi que des parents et amis des nouveaux auxiliaires de justice. 

Ces nouveaux bras exécutants des décisions de la justice auront à exercer à Dogbo pour Me Déodat Covi ; Savalou pour Me Djoudiath A. Badarou et Savè pour Me Alain Alohou en ce qui concerne les trois notaires.
S’agissant des huissiers de justice, Bohicon pour Me Jérôme Godo et Casimir Ahouandé ; Abomey pour Me Carmelle M. Anihouanou ; Lokossa pour Me Gildas E. O. Assogba et Rodrigue G. Anagonou.
Devant la cour présidée par Daniel d’Almeida, ils ont levé chacun la main droite pour prononcer la formule classique : « Je jure de remplir mes fonctions avec exactitude et probité » avant d’être renvoyés à l’exercice de leurs nouvelles fonctions.
Cet acte de prestation de serment, loin d’être banal, est une obligation légale pour ces nouveaux acteurs de la maison justice d’honorer la corporation qu’ils ont choisi librement de servir. Un geste qui permet de rentrer ainsi solennellement dans la grande famille judiciaire.
Au cours de cette cérémonie, les différents intervenants ont rappelé tour à tour aux récipiendaires le caractère sacré de leurs missions. Des missions qui exigent surtout loyauté et probité. Sans oublier la connaissance et le respect des règles déontologiques fondamentales de la corporation.
Aux trois nouveaux notaires, il a été rappelé que « le notaire doit éviter d’être au cœur des ventes, faire des spéculations à la gestion des créances, s’intéresser dans aucune affaire qui implique son ministère ».
Quant aux huissiers, ils ont le devoir et l’obligation de se rappeler aussi que « bien qu'étant un professionnel indépendant, l'huissier de justice doit faire preuve de rigueur morale et intellectuelle, de dignité et observer le respect vis-à-vis des juges, des parties et des confrères ».
A l’issue de cette cérémonie de prestation de serment, aussi bien les nouveaux huissiers de justice que les nouveaux notaires ont été invités à agir, une fois sur le terrain, avec professionnalisme, rigueur et indépendance en cette période si particulière où les institutions judiciaires subissent de profondes mutations, où l'environnement juridique et judiciaire connaît des évolutions sans précédent, en même temps que les professions connaissent des réformes.
En clôturant cette audience de prestation de serment, le président de la cour d’appel d’Abomey, Daniel d’Almeida et le procureur général près la cour, Pierre D. Ahiffon, convaincus de la qualité intellectuelle de ces nouveaux serviteurs de la justice, ont surtout insisté sur les valeurs comme la probité, la courtoisie, la délicatesse, la compétence et le respect envers les justiciables, toutes choses indispensables pour bien réussir sa carrière
Par cette cérémonie de prestation de serment de nouveaux huissiers de justice qui s’est tenue simultanément à Cotonou, à Abomey et à Parakou, la Chambre nationale des huissiers de justice s'agrandit de sept nouveaux (7) membres, portant ainsi à quarante-neuf (49), l'effectif des huissiers de Justice au Bénin.

Société 07 août 2018


Gauthier Amoussou à propos du dragage du Lac Ahémé: « On peut manquer de poisson entre six mois et un an et demi »
[caption id="attachment_30255" align="alignnone" width="1024"]Gautier Amoussou[/caption]

Le projet de dragage du Lac Ahémé prendra corps, après les différentes mesures du gouvernement pour lutter contre le comblement des fleuves. Par conséquent, à la fin du processus, le lac sera dépourvu de poissons sur une période de six mois à un an et demi. Approché, Gautier Amoussou, coordinateur national de l’Ong Eco-Bénin spécialisée dans l’écotourisme et la protection de la biodiversité, expose les tenants et les aboutissants de ce projet.

La Nation : Comment percevez-vous le projet de dragage du Lac Ahémé initié par le gouvernement ?

Gautier Amoussou : Je pense que le gouvernement a déjà mis le cadre et les dispositifs qu’il faut. Et même les projets et programmes sont déjà élaborés. Il y aura la validation de l’étude d’impact environnemental du projet de dragage du Lac Ahémé et ses chenaux. Je pense que tout est réuni aujourd’hui pour aller maintenant et rapidement à l’effectivité de ce dragage. Le gouvernement a tous les outils déjà pour aller mobiliser les fonds et les partenaires nécessaires pour que l’Agence pour le développement intégré de la zone économique du Lac Ahémé et ses chenaux (Adelac) commence à faire le dragage qui est attendu depuis plusieurs années. Etant de Possotomè, donc riverain du Lac Ahémé, on subit les affres de ce comblement du Lac Ahémé depuis au moins une trentaine d’années.

Quelle est l’implication des Organisations non gouvernementales dans ce projet ?

De notre côté, pour appuyer ce que le gouvernement fait, nous aussi nous sommes en train de voir comment nous pouvons trouver de petites initiatives de dragage pilote. Et on peut tirer leçon de cette expérience pour aller au grand dragage que le gouvernement a envisagé. On espère qu’avant la fin de cette année, le gouvernement pourra commencer quelque chose pour réhabiliter vraiment le Lac Ahémé dont dépend un grand nombre de personnes.

La réalisation de ce projet va perturber le milieu de vie des poissons qui pourraient manquer. Combien de temps cela peut-il durer ?

Je pense que les études disent qu’on peut manquer de poisson entre six mois à un an et demi selon les zones prévues pour être draguées. C’est un dragage sectoriel qui est prévu, ce n’est pas toutes les zones du Lac qu’on va draguer au même moment. Si on va dans la zone de Guézin par exemple, il y a une zone qui est délimitée et ciblée. Il faut draguer cette zone d’abord. Pendant qu’on drague cette zone, le milieu va devenir insupportable pour un certain nombre de poissons qui vont fuir de cette zone pour aller ailleurs. Les pêcheurs vont se concentrer dans ces zones pour pouvoir pêcher. Et après cette zone-là, un autre secteur va être dragué, le temps que le milieu se reconstitue au niveau de la zone qui a été draguée et ainsi de suite. C’est un dragage sectoriel qui est envisagé pour cette opération.

Peut-on réussir le dragage sans causer de dégâts ?

Ça va créer une perturbation mais cette approche et les techniques de dragage prévues à savoir un dragage par aspiration, pourraient réduire les dégâts.. Maintenant après ça, il y a plusieurs autres contours. Nous, Organisations non gouvernementales, nous continuons à regarder avec l’Agence qui est mandatée pour faire le dragage, pour que les intérêts de tout le monde soient pris en compte pendant ce dragage-là. Parce qu’il n’y a pas que la pêche qui se fait autour du Lac Ahémé. Il y a aussi le tourisme. Tous ces acteurs doivent s’asseoir pour échanger sur un certain nombre de modalités qui arrangent tout le monde pendant et après ce dragage.

Environnement 07 août 2018


Rapprochement de la justice des citoyens: Sept huissiers prêtent serment ce jour

Ce lundi 6 août, sept nouveaux huissiers prêtent serment dans les trois cours d’appel du Bénin. Leur entrée en fonction participe du rapprochement des services judiciaires des justiciables. 

Après être reçus au concours de recrutement, le gouvernement, à la faveur du Conseil des ministres du 24 mai dernier, a adopté le décret portant leurs nominations. Depuis lors, ils attendaient de prêter serment de servir avec "exactitude et probité" leurs missions. Ce sera chose faite ce jour. Cotonou, Parakou reçoivent respectivement un serment. Abomey reçoit les cinq serments restants. Deux seront déployés à Lokossa comme Bohicon et un sera installé sur place à Abomey.
L’huissier de justice est un auxiliaire de justice. Il est appelé à constater des actes, à dresser des procès-verbaux qui vont servir de preuves devant le juge. En outre, il est appelé à notifier les actes de justice et à établir des actes extra-judiciaires.
L’huissier de justice est surtout appelé à intervenir dans les actes de justice, notamment les jugements qui ont été établis, l’exécution des actes notariés dans lesquels des gens ont exprimé leur volonté. L’huissier de justice procède également au recouvrement à l’amiable lorsque des décisions doivent être exécutées.

 

Société 06 août 2018


Poursuivi pour coups mortels (14e dossier): Georges Boco, roi des K.O., condamné à 48 mois d’emprisonnement ferme

Dans le cadre de la session supplémentaire de la cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou, le boxeur professionnel Georges Boco était poursuivi pour coups mortels. Lors du jugement, vendredi 3 août dernier, il a été reconnu coupable d’avoir volontairement porté des coups sans intention de donner la mort et a été condamné à 48 mois d’emprisonnement ferme.

Quarante-huit mois d’emprisonnement ferme. C’est le verdict rendu, vendredi 3 août dernier, par la cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou qui s’est penchée sur le dossier de Georges Boco qui y était poursuivi pour coups mortels. Au cours de l’instruction à la barre, Georges Boco a reconnu avoir porté des coups mais déclare n’avoir eu aucune intention de donner la mort. 

Des faits très simples mais qui ont abouti à un drame. Selon les explications de l’accusé, il a rencontré sur son chemin, des gens qui voulaient en découdre avec lui. Mais l’inattendu étant survenu, il a craint d’être pris à partie ; c’est ce qui explique qu’on ne l’ait pas vu trois jours après la survenance des faits. Toutefois, l’accusé reconnaît avoir remis 50 000 francs puis 400 000 francs qu’il a dû porter à la brigade suite au refus des parents de la victime d’encaisser lesdites sommes.
Par rapport aux faits qui lui sont reprochés, l’accusé les attribue au diable, la voix remplie d’émotion. Il explique avoir aperçu quatre personnes, au lieu de deux rappelés par le président. Pour le président de la cour d’assises, on attend une maîtrise de soi de la part d’un professionnel de sa trempe. Il en a déduit qu’une pareille réaction venant d’un boxeur professionnel laisse à désirer.
A défaut de la présence physique des témoins, le président a fait donner lecture des procès-verbaux d’audition des témoins et de confrontations faites par le juge d’instruction.
Dans son réquisitoire, le représentant du ministère public relève qu’une petite affaire peut aboutir à une grande tragédie. La discourtoisie a entraîné un drame, retient-il. Il s’appesantit sur le rapport d’autopsie qui révèle un hématome du cerveau et une fracture crânienne. Ce qui a eu pour conséquence, selon lui, la souffrance cérébrale ajoutée à l’état pathologique qui est à l’origine de la mort. Voilà les faits qui justifient le renvoi de l’accusé devant la cour d’assises, fait remarquer le ministère public. Des faits qualifiés de coups mortels prévus par l’article 309 alinéa 4 du Code pénal. Ce qui signifie en d’autres termes des coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
Pour le ministère public, les coups s’analysent comme toute impression faite sur le corps de quelqu’un en la choquant ou la heurtant violemment.
Georges Boco a-t-il porté des coups et fait des blessures, la victime des coups est-elle décédée ? s’interroge le ministère public, avant de souligner que pour retenir les coups mortels, il faut la réunion des éléments légal, matériel et intentionnel.
Par rapport à l’élément légal, le ministère public soutient que le siège de l’infraction est l’article 309 alinéa 4. Il rappelle que si les coups portés et les blessures faites ont pourtant occasionné la mort sans intention de la donner, le coupable est puni d’une peine de travaux forcés à temps.
Le ministère public déclare que l’élément matériel se déduit du légal. L’élément matériel, selon lui, est l’acte matériel de violence exercée par l’accusé sur la victime. Il suffit qu’il y ait eu des coups portés, des blessures faites et des violences. Sur la base des lésions sur le corps de la victime Frégiste Djègbénagnon, de l’hématome du cerveau, des contusions hémorragiques et frontales, point n’est besoin d’être médecin légiste pour reconnaître les coups et blessures volontaires, retient le ministère public.
S’agissant de l’élément intentionnel, l’infraction de coups mortels, selon le ministère public, exige la volonté coupable qui se déduit de la volonté libre et de la responsabilité morale. Par rapport à la responsabilité de l’accusé, il ne souffrait d’aucune lésion, rapporte le ministère public. L’accusé a garé sa motocyclette, a enlevé son casque dont il s’est servi pour asséner des coups à ses supposés agresseurs. « Il sait frapper sur le corps humain pour faire mal ; en agissant, son intention ne fait l’objet d’aucun doute », conclut le ministère public. Car c’est un boxeur professionnel qui a été douze fois champion, qui aurait pu se maîtriser.
Le ministère public demande à la cour de considérer la qualité de boxeur professionnel multi-champion comme circonstance atténuante de même que les injures qui ont été proférées à son endroit. De plus, étant donné que l’enquête de moralité lui est favorable, le ministère public a requis 7 ans de réclusion criminelle à l’encontre de Georges Boco.
Face à de pareilles réquisitions, Me Louis Fidégnon a rassuré l’accusé qu’il a la chance d’être jugé par une composition dirigée par le premier président de la cour d’appel de Cotonou, avec des assesseurs qui ont dirigé des juridictions non moins importantes avant d’être dans les positions actuelles. La défense déclare nourrir une admiration pour ce citoyen d’un calme olympien qui a été douze fois champion. Il venait soit s’entraîner soit combattre à quelques encablures de son cabinet, justifie la défense. Pour Me Louis Fidégnon, des gens de bonne foi pourraient-ils entreprendre d’aller acheter un portable de nuit vers 23 heures? « A cette heure, je dors déjà de même que les enfants ; c’est des badauds, des voyous qui se promènent pour insulter », analyse-t-il.
Ce qui est certain, poursuit la défense, lors de l’accident, il a fait preuve de compassion pour avoir proposé 50 000 francs aux parents de la victime qui ont refusé. De plus, ajoute la défense, lorsqu’il s’est agi de scanner au Cnhu, il a encore proposé 400 000 que les parents du de cujus ont refusé.
La défense a raconté comment il a fait la connaissance d’un cousin fonctionnaire souffrant de gros cœur qui prend des comprimés depuis vingt ans pour survivre.

La victime était malade

Selon la défense, si la victime était un homme bien portant, il aurait survécu. Le côté gauche du cœur est petit, il y a une dilatation de la cavité, le côté droit est vaste ; la victime était souffrante ; son cœur était malade, développe-t-il. Georges Boco sera-t-il le bouc émissaire de quelqu’un qui est malade ?, s’interroge la défense qui demande à la cour de disqualifier les coups mortels en en blessures involontaires.
C’est le cœur défaillant et pathologique qui a entraîné la mort de la victime, retient la défense. Selon lui, il a déjà fait deux ans de détention préventive pour des faits qu’il a reconnus. « Dans le secret de votre délibéré, je vous demande de faire en sorte qu’il rentre ce soir », a soutenu Me Louis Fidégnon, car pour lui, chacun de nous est un malade qui s’ignore. Il y a eu de courtes répliques et contre répliques.
Après délibérations, la cour a retenu contre Georges Boco d’avoir volontairement porté des coups et fait des blessures à la victime et l’a condamné à 48 mois d’emprisonnement ferme. Ayant déjà fait deux ans, il retourne en prison pour environ deux ans?

Résumé des faits

Le lundi 21 mars 2016, aux environs de 22 h, le nommé Georges Boco, boxeur professionnel, se rendait avec sa motocyclette au quartier Haie-Vive où il officiait en tant qu’agent de sécurité privé à Calypso Night Club. Arrivé à hauteur d’Agontinkon, il a été surpris par la présence brusque des sieurs Hervé Hèkpo et Frégiste Djègbénagnon qui traversaient la voie. Il a failli ramasser les deux jeunes hommes qui se sont adressés à lui de manière peu courtoise ; ce qui a provoqué la colère du boxeur qui est descendu de sa motocyclette pour assener des coups à la tête successivement d'Hervé Hèkpo et de Frégiste Djègbénagnon. Le nommé Hervé Hèkpo a aussitôt perdu connaissance tandis que Frégiste Djègbénagnon, tombant a cogné sa tête contre le rebord du trottoir et est entré dans le coma. Admis d’abord au centre de santé Saint Luc de Sainte Rita, il a été transféré au Cnhu Hubert Maga de Cotonou où il a rendu l’âme.
Interpellé et inculpé de coups mortels, le nommé Georges Boco a reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure.
L’extrait du bulletin n°1 du casier judiciaire de l’accusé ne porte mention d’aucune condamnation antérieure.
Le rapport de l’expertise médico psychiatrique ne révèle aucun trouble mental au moment des faits. L’enquête de moralité effectuée lui est favorable.


Composition

Président : Arsène Hubert Dadjo
Assesseurs :
Georges Toumatou et Aboudou Ramanou Ali
Jurés :
Pierre Magloire Nagnonhou
Michel M. Lètchécon
Gaston O. Adekambi
Fatondji Hyacinthe Ezin Wota
Ministère public : Séidou
Boni-Kpégounou
Greffier : Christophe Franklin Chéou

Société 06 août 2018


Hygiène et assainissement de base à Kandi: Près de 203 localités renoncent à la défécation à l’air libre

Les populations de 203 localités de Kandi ont pris l’engagement, vendredi 3 août dernier, de ne plus s’adonner à la défécation à l’air libre. C’est le 1er arrondissement de la commune qui a servi de cadre à la cérémonie consacrant l’évènement.

L’hygiène et l’assainissement de base constituent une priorité pour la commune de Kandi. Son deuxième adjoint au maire, Orou Boun Dogui Maré O., et son secrétaire général, Loukmane Salami, étaient aux côtés des responsables de l’Ong Autre Vie, vendredi 3 août dernier dans le 1er arrondissement. Ils ont ensemble célébré la fin de la défécation à l’air libre dans 203 localités de la commune. 

Pour témoigner la reconnaissance du Conseil communal à l’Ong Autre Vie de Romuald Djivoéssoun et ses partenaires, c’est la localité de Kourou qui a été choisie. Les populations des 203 localités concernées se sont désormais engagées à abandonner leurs vieilles habitudes. Elles n’entendent plus faire leurs besoins à l’air libre. Pour ce faire, près de 4 000 latrines ont été construites en matériaux locaux et sans subvention aucune, suivant l’approche « Assainissement total piloté par la communauté (Atpc).
Le deuxième adjoint au maire, Orou Boun Dogui Maré O., a loué cette initiative de l’Ong soutenue par le gouvernement, l’Unicef et l’ambassade des Pays-Bas. Il a ensuite exhorté les populations à maintenir l’état de la fin de la défécation à l’air libre dans leurs différentes localités respectives afin que d’autres puissent leur emboîter le pas.

Société 06 août 2018


Mise en œuvre du projet Asphaltage: Remise des sites à Parakou samedi dernier
[caption id="attachment_30239" align="alignnone" width="1024"]Présentation des rues concernées par le projet à Parakou[/caption]

L’entreprise chinoise Sinohydro, adjudicataire retenue pour les travaux, s’est vue remettre, samedi 4 août dernier, les sites du projet Asphaltage des rues à Parakou. C’est au cours d’une cérémonie qui a eu pour cadre l’hôtel de ville. Pour cette première phase, 20 km sur un linéaire total de 70 km de rues primaires, secondaires et tertiaires prévues dans la ville, seront aménagés.

Le projet Asphaltage des rues à Parakou est entré depuis, samedi 4 août dernier, dans sa phase de réalisation. Des 600 km de routes urbaines prévues sur toute l’étendue du territoire national, 70 km ont été retenus pour la cité des Koborou. Après la remise de sites effectuée à l’entreprise chinoise Sinohydro, samedi 4 août dernier, la première phase de l’exécution des travaux consistera en la réalisation de 20 km. Sont concernées, huit rues primaires, secondaires et tertiaires de la ville dont quatre seront bitumées et les quatre autres pavées avec toutes les commodités requises.

« C’est un projet emblématique cher au président Patrice Talon », a indiqué son chef à l’Agence du cadre de vie, François Agomadjè. Il constitue, selon lui, un vaste projet d’aménagement du cadre de vie des villes bénéficiaires qui va significativement transformer leur visage et accélérer leur développement socio-économique. « Le projet Asphaltage vise à assainir le cadre de vie à travers le bitumage et le pavage des rues, la construction d’ouvrages d’assainissement et l’aménagement urbain », a-t-il poursuivi.
Ce projet dont bénéficie Parakou à l’instar de huit autres villes, est inscrit dans le Programme d’action du gouvernement en son pilier 3 intitulé « Amélioration des conditions de vie des populations» et son axe stratégique n°6 titré «Renforcement des services sociaux de base et protection sociale ». Il permettra non seulement de réaliser un aménagement équilibré du territoire à travers la création des pôles de croissance urbains, mais également d’améliorer le cadre de vie des populations, ainsi que les conditions de circulation et de transports urbains.
Ainsi, Parakou se modernisera avec des équipements d’éclairage solaire sur ses rues et avenues, des feux tricolores modernes et des panneaux d’adressage, l’installation des espaces verts, puis des bancs et poubelles publics. D’autres commodités sont également prévues pour embellir tous les axes concernés par le projet. Ce sera dans tous les 3 arrondissements de la ville.
Le maire Charles Toko est heureux et fier de voir Parakou faire partie des neuf villes appelées à bénéficier d’un projet d’une telle envergure. Il dit être convaincu que sa réalisation battra tous les records des projets d’infrastructures routières au Bénin. « De tous les projets contenus dans le Programme d’action du gouvernement, le projet Asphaltage est sans nul doute celui qui prend le mieux en compte l’attractivité des grandes villes de notre pays », se réjouit-il. Le projet Asphaltage à Parakou, rappelle Charles Toko, c’est un investissement d’environ 100 milliards de francs Cfa. Soit, plus que le total des routes pavées et bitumées depuis 1960 à nos jours et qui s’élèvent à 58,6 km, sans compter les 17 km de contournement de la ville qui relèvent des charges de l’Etat central, insiste-t-il. « Cinq années donc pour battre des records étalés sur 56 ans », ironise le maire qui souligne que le président Patrice Talon confirme ainsi sa volonté de marquer Parakou, au cours de son mandat.
La plupart des villes africaines dont celles du Bénin, regrette le préfet du Borgou, Djibril Mama Cissé, sont restées, plus de 60 ans après les indépendances, à l’étape d’agglomérations ou de bidonvilles dans lesquelles cohabitent la pauvreté, l’insalubrité, les maladies et la misère. Cela, estime-t-il, faute de politique réelle d’aménagement. Se joignant au maire, il sollicite l’implication des élus locaux afin que le projet ne rencontre, au cours de sa réalisation, aucune difficulté.
Le préfet et le maire ont exhorté les populations qui sont encore dans les emprises des rues concernées à les libérer. Ce qui permettra à l’entreprise chinoise de se mettre très vite à l’œuvre afin de livrer des ouvrages de qualité dans le délai imparti et de donner un visage plus attrayant à Parakou.

Société 06 août 2018


Mise en œuvre du projet Asphaltage: 31 km de rues à aménager à Porto-Novo et Sèmè-Podji
[caption id="attachment_30238" align="alignnone" width="1024"]Les officiels donnant les premiers coups de pioche pour lancer travaux[/caption]

Le projet Asphaltage est entré dans sa phase de réalisation physique à Porto-Novo et Sèmè-Podji. Les travaux ont été officiellement lancés, vendredi 3 août dernier, dans les deux villes où seront réalisés au total 31 km de rues pour le compte de la première phase du projet.

Porto-Novo et Sèmè-Podji présenteront un nouveau visage d’ici là. Et cela grâce au projet Asphaltage initié par le gouvernement pour faciliter la mobilité humaine dans les grandes villes du pays. Les travaux sont désormais entrés dans leur phase effective depuis vendredi 3 août dernier. 

Au total, 31 km de rues sont prévus pour être réalisés dans les deux villes à raison de 22 km à Porto-Novo composés de 9,2 km en voies primaires, 6,5 km en voies secondaires et 6,5 km en voies tertiaires à réaliser dans un délai de vingt-quatre mois. Les 9 km de Sèmè-Podji sont prévus pour être achevés au bout de quinze mois. Les différents sites concernés ont été officiellement remis à l’entreprise adjudicataire, Ofmas, en charge de l’exécution des travaux de cette première phase du projet.
A la cérémonie de lancement des travaux à Porto-Novo, le maire Emmanuel Zossou, a exprimé toute la joie des populations de la ville capitale et dit ses remerciements au gouvernement principalement au président de la République, Patrice Talon pour avoir élaboré ce projet et recherché le financement pour sa réalisation. Selon lui, ces équipements majeurs de voirie viennent redonner vie et un visage radieux à la ville capitale. Le conseil municipal de Porto-Novo a pris la mesure de l’enjeu en insérant dans son Plan de développement municipal les programmes relatifs à l’assainissement et la construction des réseaux structurants de voirie à cause du rôle charnière que doit jouer la ville de Porto-Novo, en tant que ville locomotive et ville phare de la République du Bénin, a-t-il souligné.
L’avènement de ces infrastructures dans la cité des Aïnonvis permettra que le réseau routier urbain soit remis à niveau pour faire face aux véritables enjeux d’émergence qu’imposent l’explosion démographique et l’étalement urbain que connaissent Porto-Novo et ses environs, conçoit le maire de Porto-Novo. Emmanuel Zossou estime que l’aboutissement du projet d’asphaltage conjuguera au passé les douloureux souvenirs des inondations et les difficultés liées à la mobilité urbaine. Il nourrit l’espoir que la seconde phase du projet soit aussi lancée dans un futur proche pour que les 96 km de rues prévues au total par le projet en ce qui concerne la ville capitale soit une réalité. L’édile de Porto-Novo assure de son implication personnelle et sans faille dans le suivi régulier des travaux. Lesquels travaux vont générer des centaines d’emplois pour les jeunes, note Fabrice Babatoundé, représentant l’Agence chargée du Cadre de vie du ministère en chargé du Cadre de vie qui a présenté le projet Asphaltage dans sa globalité et dans sa singularité concernant le volet Porto-Novo. Ce projet est le résultat d’un long processus qui a conduit à la signature de contrat avec les entreprises adjudicataires, a indiqué le représentant du ministre chargé du Cadre de vie, Djamal Gbian. Il a exhorté Ofmas à exécuter les ouvrages dans le délai contractuel tout en respectant les coûts, la qualité et l’environnement. Le représentant du ministre chargé du Cadre de vie assure de ce que le gouvernement jouera sa partition pour le bon aboutissement du projet.

Société 06 août 2018


Proclamation des résultats du Bepc: Une contre-performance du système éducatif dans l’Atacora
[caption id="attachment_30235" align="alignnone" width="1024"]Denga Sahgui, directeur départemental de l’Enseignement secondaire de l'Atacora, (au micro) analysant les résultats[/caption]

L’Atacora n’a pas brillé en tenant le 10e rang dans le peloton des départements du pays à l’examen du Brevet d’études du premier cycle (Bepc). Une contre-performance déplorée par les autorités politico-administratives, samedi 4 août dernier, au Collège d’enseignement général I de Natitingou, lors de la proclamation officielle des résultats.

De la 7e place avec 47,96 % en 2017, le département de l’Atacora se retrouve au 10e rang avec 20,84 % cette année, sur le plan national. 1766 candidats seulement sur les 8474 ayant effectivement composé ont été déclarés admissibles. Une contre-

performance qui n’est pas du goût des autorités politico-administratives. La proclamation officielle des résultats de l’examen du Brevet d’études du premier cycle (Bepc) a donné lieu à un cinglant réquisitoire contre les différents acteurs du système éducatif.
Antoine N’da, maire de la commune de Natitingou, n’a pas mâché ses mots en appréciant ces résultats. « J’ai le sentiment que nous reculons», a-t-il déploré, tout en invitant les acteurs à un sursaut de conscience pour conjurer la mauvaise passe qui s’annonce. Disposer de ressources humaines bien formées pour le développement de l’Atacora passe, à son avis, par de bons résultats. La relève de qualité ne peut être préparée qu’aujourd’hui, pense-t-il, très amer.
Ces résultats, selon Maguidi Kora Gbéré, chargé de mission du préfet, sont symptomatiques de l’état du système éducatif et donnent à réfléchir. Au-delà des faits de grève, un diagnostic profond s’impose pour l’avenir du système éducatif de l’Atacora, fait-il observer. Le fort taux d’absentéisme (755 candidats absents lors de l’examen) noté par ailleurs dans le département à cette session du Bepc a été dénoncé par le chargé de mission représentant le préfet.
Denga Sahgui, directeur départemental de l’Enseignement secondaire, a indiqué toutefois que ces résultats sont de loin préférables à l’année blanche évitée de justesse avec les grèves perlées connues. Et de reconnaître aux différents acteurs leur sens du sacrifice qui a triomphé des revendications syndicales tous azimuts.

Education 06 août 2018


Professeur Hygin Kakaï, agrégé de science politique: « Il faut former des politistes pour le développement »
[caption id="attachment_30234" align="alignnone" width="1024"]Professeur Hygin Kakaï[/caption]

Quelques années après la création d’un département de Science politique à la Faculté de Droit et de Science Politique (Fadesp) de l’Université d’Abomey-Calavi, il a été initié un Master recherche en Science politique fondamentale (Spf). Professeur Hygin Kakaï, agrégé de Science politique, directeur du Centre d’études sociologiques et de science politique (Cespo) qui coordonne cette formation, nous parle dans cette interview des motivations, des opportunités qu’elle offre ainsi que de l’apport de la Science politique au développement.

Professeur Hygin Kakaï, vous avez œuvré à l’avènement de la Science politique fondamentale (Spf) comme discipline à part entière à la Fadesp. En quoi est-elle importante dans les curricula de formation de l’Université d’Abomey-Calavi ?

Hygin Kakaï : La science politique existait puisqu’on parle de la Faculté de Droit et de Science politique et bien avant cette dénomination, c’était la Faculté des Sciences juridiques, politiques, économiques et de gestion. Mais cette science politique était un droit public hybride, c'est-à-dire que les étudiants étaient outillés à faire la Science politique certes, mais une science politique très dépendante du droit public. Cela se comprenait parce qu’à l’époque, même au niveau du Conseil africain et malgache pour l'enseignement supérieur (Cames), les deux sciences étaient interconnectées. Avec l’ouverture du Cames, le concours d’agrégation a été scindé et on fait désormais une différence entre les deux disciplines. Depuis 2009, le Cames a institué un concours de Science politique et un autre de droit public. Ce qui a favorisé, entre autres, l’autonomie de la Science politique dans plusieurs universités africaines dont le Bénin et précisément au sein de la Faculté de Droit et de science politique de l’Université d’Abomey-Calavi. Nous avons désormais un département de Science politique qui a développé une Licence en science politique.
La pertinence d’une telle réforme s’explique par le fait que nous disons que le Bénin est un laboratoire de la démocratie. Or, des pratiques politiques ne sont pas toujours analysées par des spécialistes de science politique, tout simplement parce que notre pays ne produit pas de politistes. Du coup, on est obligé de faire souvent appel aux étrangers. Face à tout cela, vous convenez avec moi que logiquement, il est nécessaire de penser à une telle initiative.

Après la Licence, il y a désormais un Master de recherche en Science politique. Quelles en sont les motivations ?

La création de la Licence en Science politique est une œuvre institutionnelle. C’est la Fadesp, avec le concours des enseignants de Science politique, qui l’a créée. En ce qui concerne le Master, il répond à un besoin et suivant la logique du système Licence - Master - Doctorat (Lmd). C’est le système d’enseignement en Afrique francophone. Aujourd’hui, c'est un défi pour toutes les universités. Partant de cette base, on ne doit plus former seulement en Licence. Autrement, ce serait un travail inachevé. Or, nous sommes dans un espace concurrentiel. Dans les autres pays de la sous-région, les universités forment jusqu’au doctorat et pourquoi pas nous aussi ? Nous devons faciliter la tâche à nos étudiants qui vont au Niger, au Cameroun, au Togo, au Sénégal alors que des ressources pédagogiques existent dans notre pays. Autant d’éléments qui ont amené le Centre d’études sociologiques et de Science politique (Cespo) à proposer un programme de Master en Science politique fondamentale. L’autorité rectorale a validé le programme qu'elle juge comme une réponse à un besoin spécifique.

Au Bénin, la Science politique est une discipline nouvelle. Alors, qu’est-ce que cela apporte de nouveau aux étudiants ?

Je ne parlerai pas d’une discipline nouvelle mais je dirai plutôt un nouveau programme parce que nous avons des diplômés de Science politique depuis des années certes, mais telle que la discipline se pratique maintenant et telle qu’elle est envisagée, elle est récente. C’est une discipline des sciences humaines et sociales à l’instar de la sociologie, l’anthropologie, la philosophie, la psychologie, etc. Elle est plus proche de ces sciences sociales que du droit même si on est d’accord qu’elle en tire des ressources juridiques. Mais la méthodologie et la façon de concevoir l’analyse d’un fait politique ne sont pas normatives. L’approche est réaliste.
L’autre élément qui nous a motivés est qu’au Bénin lorsque vous vous présentez comme spécialiste de Science politique, on pense directement à la politique politicienne, que vous êtes uniquement utile en politique ou que vous êtes un homme politique. Or, un politiste a des compétences pluridimensionnelles. Les directions de planification et de la prospective, la construction des routes, des centres de santé, aéroports et autres infrastructures intéressent le politiste qui peut analyser la rationalité de l’action publique. La Science politique est une science qui aide à comprendre les comportements politiques mais elle est aussi au service du développement.

Pourquoi l’option d’un Master recherche et non un Master opérationnel ?

Nous sommes partis de l’idée selon laquelle, notre université n’avait pas un Master de Science politique, qu’il soit professionnel ou recherche. Donc, il fallait innover en créant un Master, ce que nous avons fait.
Nous avons en effet fait le choix du Master recherche pour plusieurs raisons. La première est que depuis la création de l’université, seulement deux personnes ont reçu leur diplôme de doctorat en Science politique made in Uac. Deuxièmement, tout le département de Science politique de l’université ne dispose que de neuf enseignants. Donc, nous avons une pénurie d’enseignants, alors il faut former les acteurs disposant d’un capital culturel.
Sur le plan institutionnel, pour accompagner l’Etat, nous avons besoin de spécialistes, pas forcément des professionnels, nous avons besoin des chercheurs, des gens qui, par leurs connaissances théoriques, peuvent aider les gouvernants à divers niveaux comme à l’Assemblée nationale, à la Présidence de la République, dans les ministères, etc. Dans ce processus d’accompagnement, je pense qu’il vaut mieux former des chercheurs, car ils sont capables de faire preuve de professionnalisme.

Le Master est récent mais le Cespo a déjà fait du chemin. Quelle contribution ce centre apporte-t-il à l’enseignement de la Science politique ?

Le Cespo date de décembre 2015. Sa création est aussi récente. L’Ecole doctorale des Sciences juridiques, politiques et administratives est le maître d’ouvrage de ce programme de Master recherche en Science politique que j’appelle affectueusement Spf. Mais, le Cespo en est le maître d’œuvre. Le Cespo coordonne le programme en collaboration avec l’Ecole doctorale. Pour répondre à ces besoins dont nous venons de parler, il faut que dans les années à venir, on dispose de spécialistes de Science politique, notamment de spécialistes de Relations internationales, de spécialistes de Sociologie politique, de spécialistes de Politique publique... C’est d’ailleurs pour cela que le profil d’entrée est divers et varié. Comme je le disais, la Science politique est une discipline ouverte. La preuve, il y a des journalistes qui sont auditeurs du Master, des historiens, des philosophes, des spécialistes de développement communautaire, des sociologues, des gens qui ont une Licence en Science politique. Le profil est ouvert à tout spécialiste des sciences sociales et humaines. Nous avons aussi des économistes, des spécialistes des sciences de gestion. Ils deviennent politistes de par leur formation de base.

Quels sont les domaines de spécialisation de la Science politique ?

On peut parler de spécialités ou de sous-disciplines. Dans l’espace Cames, notamment en ce qui concerne les Sciences juridiques ou politiques, il faut souvent éviter une spécialisation précoce. La Sociologie politique est par essence une discipline fondamentale de la Science politique. Nous avons demandé à chaque auditeur de tenir compte de sa formation de base pour devenir politiste. On peut devenir politiste tout en étant sociologue à la base. On n’est pas obligé de réfléchir comme le philosophe ou l’historien, à partir du moment où la discipline permet de tenir compte de sa formation de base. C’est pourquoi nous avons parlé de Science politique fondamentale. Fondamentale pour dire que quelqu’un qui fait ce master a les prérequis, les fondamentaux, c’est-à-dire les bases fondamentales et cela lui permet, à l'avenir, d’affronter le marché de l’emploi et de s’affirmer comme un spécialiste.

Quels sont alors les débouchés qui s’offrent aux auditeurs de ce Master aujourd’hui?

Pour toute personne qui fait un Master de Science politique, les débouchés sont pluriels, divers et variés. On peut devenir consultant politique, concepteur de projets de développement, gestionnaire de projets de développement, diplomate, journaliste politique, enseignant, etc. Au Bénin, nous avons par exemple beaucoup de journalistes, mais nous avons très peu de journalistes spécialistes des questions politiques. Dans le domaine de la santé, de l’économie et des services sociaux de base, il faut des diplômés qui comprennent mieux les politiques publiques. Or pour mieux saisir les politiques publiques, il faut être politiste.
On peut aussi devenir un assistant de recherche à l’université, un spécialiste des politiques publiques dans nos ministères. Regardez ! Dans notre pays où l’on parle de ministère en charge de l’évaluation des politiques publiques, on n’y retrouve pas de politistes. On n'a que des économistes, des planificateurs. Comment arrive-t-on à identifier les problèmes publics ? La science politique offre ces avantages. Je crois que les débouchés sont pluriels ; chacun peut trouver son compte en faisant un tel Master.

Quelles sont les conditions pour accéder à cette formation ?

Pour être admis à cette formation, il faut avoir une Licence en sciences sociales et humaines, c’est-à-dire une Licence en Droit ou en Science politique, une licence en Sociologie, une Licence en journalisme, en communication, une licence en science économique, en science de gestion, une licence en philosophie, en géographie, en histoire….ou quelqu’un qui a un diplôme Bac+3 ou Bac+4 en développement communautaire, en Administration publique, etc. C’est la condition de base. Il faut faire l’anglais, c’est une exigence de notre université, ce que la Cour constitutionnelle a confirmé très récemment. Le diplôme doit être vieux d’au moins un an, c’est aussi une condition de notre université. Si l'étude de dossier atteste que ces conditions sont réunies, nous faisons un test oral pour nous assurer que les performances intellectuelles sont acquises.

Education 06 août 2018


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