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Nouvelles

Préliminaires aller de la Ligue des Champions de la Caf : Loto-Popo Fc contraint au partage des points à Cotonou
Loto-Popo Football Club de la Loterie nationale du Bénin a été tenu en échec, samedi 11 septembre dernier, par Nouadhibou Fc de la Mauritanie à Cotonou. Mohamed Mtchangama a ouvert le score à la 17e minute pour les visiteurs tandis que Faizou Kpara a permis aux parieurs d’égaliser à la 68e minute. Les joueurs de Nouadhibou, très en verve en début de partie, ont assiégé le camp de Loto-Popo. Ces premières options offensives de Nouadhibou Fc vont contraindre le gardien de Loto-Popo, Batori Douyèmè à sortir la grande classe pour annihiter les velléités des visiteurs. En témoigne, l’action menée par le capitaine du club mauritanien Hemeya Tandji à la 8e minute de jeu. Perdus dans le match, les coéquipiers de Patrick Sèdjamè vont tenter de réagir à la pression de la formation adverse. Rodrigue Fassinou va servir Faisal Bashir sur le côté gauche de la défense de Nouadhibou mais ce dernier se verra déposséder de la balle par Oumar Mangane de Nouadhibou. A la 13e minute, l’équipe de la Loterie nationale du Bénin va bénéficier de son premier corner de la partie mais personne n’était à la réception du coup de pied de Mohamed Sacca. Les poulains de Mathias Déguénon absent du banc de touche pour défaut de licence Caf A, vont multiplier les erreurs en milieu de terrain et en défense. Toutes choses qui vont profiter aux Mauritaniens. A la 17e minute, servi par son capitaine Hemeya Tandji, Mohamed Mtchangama ouvre le score pour les visiteurs. A 0-1, Nouadhibou Fc prend de l’ascendance dans le match et va dominer les protégés de Gaston Zossou dans tous les compartiments de jeu. Dépositaire du jeu des Mauritaniens, Hemeya Tandji va créer beaucoup de problèmes à la défense béninoise réunie autour d’Olympe Gantin et Imourane Ibrahim. Alors qu’il allait porter l’estocade à la 21e minute, il a été arrêté dans son élan par Kader Touré. Cinq minutes plus tard, n’eût été le pied d’Imrane Ibrahim sur la ligne de but, Loto-Popo aurait encaissé le deuxième but suite à une action offensive rudement menée par Khalil Moulay Ahmed, Hemeya Tandji et Mohamed Mtchangama. Il faut attendre la 30e minute de jeu pour voir une légère réaction de la formation béninoise. Rodrigue Fassinou réussit une belle descente sur le flanc droit de l’attaque mauritanienne mais Moussa Gary rate son contrôle et la balle retourne.

Un nul moins rassurant !

L’arbitre Salisu Basheer sanctionne la charge de Faouz Faidine Ali sur Faisal Bashir. Il va renvoyer les deux équipes aux vestiaires sur ce score de 0-1. A la reprise, les visiteurs reviennent avec l’intention de corser la note mais Patrick Sèdjamè et ses coéquipiers vont mieux s’organiser, bénéficiant du coup de quelques occasions de but. A la 58e minute, David Cosmos est descendu à la lisière de la surface de réparation mauritanienne. Le coup franc est exécuté et dans la foulée, Faizou Kpara envoie une balle qui percute la barre transversale. Face à cette avancée de la défense béninoise, les Mauritaniens vont procéder par des contres. Ainsi, à la 61e minute, Batori Bouyèmè sauve Loto-Popo à la suite d’un face-à-face avec le capitaine de Nouadhibou Fc. Mais, six minutes plus tard Loto-Popo va revenir dans la partie. Bien servi depuis la base arrière, Faisal Bashir se passe de la défense de Nouadhibou et envoie la balle sur la ligne de but. Dans le cafouillage, Faizou Kpara, égalise pour Loto-Popo. 1-1, le score reste inchangé en dépit de la domination des visiteurs jusqu’à la fin de la partie. Tenus en échec à domicile, les joueurs de Loto-Popo devront batailler dur au match retour pour espérer se qualifier le 18 septembre prochain pour le tour suivant ?
Sports 13 sept. 2021


Rentrée scolaire et universitaire 2021-2022: Le point des diligences
Dans une semaine, les classes vont s’ouvrir à nouveau. Et pour une rentrée apaisée, le gouvernement a rassuré les confédérations syndicales, vendredi 10 septembre dernier, des dispositions prises. De deux heures de débats, Adidjatou Mathys sort tranquillisée. La ministre du Travail et de la Fonction publique n’a pas de crainte quant à l’ouverture effective des classes dans une semaine. « Toutes les dispositions sont prises pour une rentrée apaisée », déclare-t-elle aux médias en attente du point des négociations Gouvernement-Syndicats. « Les ressources financières ont été mises en place, qu’il s’agisse des subventions ou des primes de rentrée. Les infrastructures ont connu de réhabilitation, même si à ce niveau il y a quelques problèmes qui vont être résolus d’ici là. Les confédérations syndicales sont assurées que la rentrée sera effectuée dans de bonnes conditions », dévoile Adidjatou Mathys. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des travaux de la 1re session ordinaire de la Commission nationale de concertation, de consultation et de négociations collectives. Étaient présents, huit ministres, deux confédérations syndicales sur trois et deux représentants du patronat. En procédant à l’ouverture des travaux, le ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané a rappelé combien le gouvernement accorde une priorité au social. Il a ensuite insisté sur le fait que le dialogue social reste et demeure un facteur de productivité et de promotion du développement équitable et durable. A l’ordre du jour, il y a les diligences effectuées pour la rentrée scolaire et universitaire 2021-2022 ; l’examen des doléances des travailleurs reçues le 1er mai 2021 ; et des questions diverses. Pas de signaux d’alerte Les débats ont été donc focalisés sur la rentrée. Il ressort du point des travaux que les actes ordinaires classiques de pré-rentrée ont été posés. Il s’agit entre autres des mutations, nominations, paiement des primes, organisation des journées pédagogiques. Très attendue, la question liée à la situation des Aspirants au métier d’enseignant (Ame) a été aussi évoquée. Selon le point fait par Anselme Amoussou, secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes (Csa-Bénin), une base de données de 2850 aspirants déployables est disponible au primaire en cas de besoin. Du côté du secondaire, il est envisagé le maintien au poste des Ame utilisés l’an dernier. « La priorité est donnée aux Ame qui sont déjà présents dans la base, à un nouveau recrutement pour des disciplines ciblées. Sur l’extension de la durée du contrat des Ame et la concrétisation de l’engagement à leur assurer la couverture sociale (Cnss), la réponse du gouvernement ne rassure guère, car il subordonne toute nouvelle mesure en leur faveur à une évaluation de l’expérience Ame. Toutefois, sur insistance de la Csa-Bénin, la question du contrat pourrait être examinée en Conseil des ministres », renseigne Anselme Amoussou. En ce qui concerne l’enseignement supérieur, la rentrée universitaire aura lieu début octobre 2021. La répartition des bacheliers dans les entités de formation sera connue sous peu. Le processus de sélection des recteurs et des chefs d’établissements des universités suit son cours. Si tout va pour le mieux du point de vue organisationnel, c’est la propagation des contaminations à la Covid-19 qui suscite des craintes. Cependant, là-dessus, la ministre du Travail se veut rassurante. « Le gouvernement a demandé que les enseignants se fassent vacciner et qu’ils mettent de la distanciation lors des cours. En ce qui concerne les élèves, ils ne viendront pas à la récréation à la fois. La distanciation sera observée. Il est recommandé que les parents puissent faire porter le masque à leurs enfants ». Pas question de repousser la rentrée, malgré la virulence de la Covid-19. C’est assuré qu’elle aura lieu dans une semaine. Actualités 13 sept. 2021



Animation de la vie politique : Peu d’engouement malgré le financement public des partis
Si ce n’est en période électorale, il est rare de voir les partis politiques animer véritablement la vie politique comme l’imposent les dispositions légales en vigueur. Même la mise en œuvre du financement public des partis politiques n’y change pas grand-chose. Silence radio des leaders des partis politiques sur l’actualité nationale. Et pourtant, ce ne sont pas les sujets qui manquent. Viols récurrents sur mineures, déguerpissements des populations des abords des trottoirs, délogement des habitants de Xwlacodji, opérations du Bénin sur le marché financier international… la liste des sujets qui attendent les avis des formations politiques est longue. Surtout pour un gouvernement engagé dans des réformes profondes sur plusieurs plans, il était logique d’attendre que les partis politiques, aussi bien de la mouvance que de l’opposition, montent au créneau pour faire savoir leurs positions et qu’ils aillent aussi vers les populations. Même sur l’épineuse question de la vaccination contre la Covid-19, ils sont à peine trois partis politiques à organiser quelques actions pour sensibiliser leurs militants. La plupart se limitent à des visuels graphiques diffusés sur les réseaux sociaux. Une option qui ne permet pas à la grande masse de bien comprendre les décisions du gouvernement. Ce qui pourrait laisser croire que les partis optent pour la facilité plutôt que d’organiser de véritables campagnes de mobilisation et de sensibilisation. Même sur leurs projets de société, c’est le calme plat. Difficile, voire impossible de connaître au moins les grandes lignes des projets comme le recommande la Charte des partis politiques. Des actions sporadiques C’est seulement en période électorale, soit quelques mois avant les scrutins, que des mobilisations se font constater au niveau des différentes localités à travers les meetings, l’assistance à diverses couches sociales, l’organisation de diverses compétitions, etc. Toutefois, quelques actions sporadiques s’observent à certains niveaux. C’est le cas des formations politiques comme le Parti du renouveau démocratique et le Bloc républicain qui organisent des universités de vacances. Le Mouvement des élites engagées pour l’émancipation du Bénin, pour sa part, mène des actions ciblées comme l’hommage à l’artiste Gbèmanwonmèdé en région Agonlin le 28 août dernier. De son côté, l’Union progressiste avait démarré récemment une compétition de football mais qui a été écourtée en respect des dispositions de l’arrêté interministériel en date du 25 août 2021 portant suspension des activités à caractère culturel, sportif et festif. Quid de la Charte ? Selon l’article 2 de la loi 2019 – 41 modifiant et complétant la loi n° 2018-23 du 17 septembre 2018 portant Charte des partis politiques en République du Bénin, « les partis politiques sont des groupes de citoyens partageant des idées, des opinions et des intérêts communs et qui s’associent dans une organisation ayant pour objectif de conquérir et d’exercer le pouvoir et de mettre en œuvre un projet politique… ». Projet politique souvent inconnu des militants et électeurs. Cette même loi en son article 7 garantit la liberté d’expression aux partis politiques. « Les partis politiques peuvent exprimer leurs opinions sur toute question d’intérêt local, national ou international », stipule la loi qui offre le maximum de protection aux leaders dans l’animation de la vie politique, y compris l’accès aux médias de service public. L’opposition aussi Dans une certaine mesure, le silence des partis soutenant les actions du gouvernement peut se comprendre. Dans le fond et dans la forme, ils ne pourront que soutenir, sauf circonstances particulières, les décisions de l’Exécutif. Encore qu’il faille bien que ces décisions jugées bonnes soient portées à la connaissance des populations qui en sont bénéficiaires. Un rôle que les partis politiques proches de la Rupture devraient jouer. Mais l’Opposition, elle, répond aux abonnés absents sur tous les sujets. En dehors de la stratégie de mise en place d’un cadre de concertation, le chef de file de l’Opposition, encore moins les responsables des autres partis de ce camp, n’interviennent pas pour mettre fin à la sécheresse dans l’animation de la vie politique. Une situation bien surprenante car Paul Hounkpè et autres ont normalement pour objectif de «conquérir et de gérer le pouvoir ». Une chose est certaine, ce n’est pas dans le silence constaté actuellement qu’ils y parviendront. Malgré le financement ! Le gouvernement de la Rupture a pleinement assumé sa partition pour que la vie politique soit animée par les acteurs concernés. Le cadre légal ainsi que les avantages devant leur permettre de répondre à cette exigence de la loi leur sont offerts. En dehors de la protection, des ressources financières publiques sont mises à la disposition du Bloc républicain, de l’Union progressiste et des Forces cauris pour un Bénin émergent conformément à la Constitution, à la Charte des partis politiques et à la loi 2019 – 44 du 15 novembre 2019 portant financement public des partis politiques en République du Bénin. Selon l’article 5 de la Constitution, « L'Etat concourt au financement des partis politiques aux conditions fixées par la loi. Le montant alloué à cette fin ne peut diminuer d'un exercice budgétaire à un autre. Toutefois, en cas de diminution des ressources propres du budget général de I'Etat, I ’allocation pourra être réduite dans les mêmes proportions ». L’article 5 de la loi sur le financement précise clairement les fins auxquelles les ressources sont destinées : « Le financement public des partis politiques concourt, entre autres : au fonctionnement des partis, à la promotion de leur programme politique, à leur participation aux consultations électorales, à la formation de leurs militants, à l'éducation civique et politique de leurs membres et des citoyens en général ». Mieux, à travers le décret 2020-362 du 22 juillet 2020 portant financement des partis politiques, une somme de 1,5 milliard F Cfa a été débloquée en faveur de l’Up, du Br et des Fcbe pour les deux derniers trimestres de l’année 2020. Chacun de ses partis a d’ailleurs encaissé depuis le 22 janvier 2020 la totalité de ce qui lui revient. Sauf que l’animation sur le terrain tarde à se faire sentir malgré ce financement. L’argument « Covid » Le prétexte tout trouvé pour justifier le désert concernant l’animation de la vie politique, c’est la Covid-19. Avec les restrictions imposées par le gouvernement pour contenir la pandémie, il est impossible pour les acteurs politiques d’organiser de grands rassemblements. « … Les mesures ci-après sont réactivées et/ou instituées pour renforcer la lutte contre la Covid-19 : … interdiction de rassemblements festifs dans les endroits publics, y compris les plages ; interdiction de rassemblements festifs dans les endroits publics, y compris les plages ; interdiction des rassemblements de plus de 50 personnes ». Certes, les rassemblements politiques ne sont pas cités puisqu’ils n’existaient presque pas, mais ils sont certainement concernés par les mesures. Cependant, plusieurs autres moyens s’offrent aux partis politiques. Entre autres, la limitation des effectifs, l’organisation des rassemblements au niveau local, etc. Mais il va falloir attendre longtemps pour voir une telle détermination. Actualités 10 sept. 2021


100 jours de l'Autorité de régulation des marchés publics: La nouvelle mandature pose ses marques
Célérité dans le traitement des plaintes, innovations et facilités dans le processus de passation, dématérialisation des processus d’achat, etc. En cent jours, la nouvelle mandature de l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) a fait bouger les lignes. Pas de répit depuis cent jours à l’Armp. Et la nouvelle dynamique pour accélérer les procédures, donner suite à temps aux plaintes et dénonciations, puis garantir un climat d’affaires rassurant n’est pas près de s’arrêter. Du moins, si l’on s'en tient aux propos des représentants de l'Autorité, hier, sur l’émission Focus de la télévision nationale. Francine Aïssi Houangni, membre du Conseil de régulation, n’a pas hésité à livrer le secret. « Ce qui se passe actuellement à l’Armp vient de la dynamique de son président, Séraphin Agbahoungbata. Une dynamique acquise certainement aux côtés du président de la République », a-t-elle avoué. Au fond, la réalité semble bien lui donner raison au regard des prouesses réalisées en peu de temps. Selon Ludovic Guedje, secrétaire permanent de l’Armp, il fallait que l’institution tranche les contentieux de la passation et de l’exécution des marchés publics dans les délais. « Depuis l’arrivée de la nouvelle équipe, on constate qu’un point d’orgue est mis à rendre les avis et décisions dans les délais réglementaires», a-t-il martelé. Ces résultats, poursuit-il, vont de pair avec une réorganisation des services de l’Institution, la mise au travail du capital humain, la création des valeurs de référence et des couloirs d’expression réelle de la motivation. Un nouveau souffle A ce rythme, ce sont les investisseurs qui gagnent le plus. «Cette diligence dans le traitement des recours apporte un souffle nouveau dans la compétitivité des entreprises. Pour participer à une procédure de passation de marchés publics, il y a une maitrise de risques qui est faite par les entreprises, soit au niveau des banques, des fournisseurs, des assureurs ou au niveau des ressources et du capital humain. En clair, le coût d’opportunité généré par la célérité dans la prise des décisions à l’Armp est énorme pour les entreprises », a martelé Francine Aïssi Houangni. Ainsi, dans le cadre de ses missions, l’Armp déploie assez d’énergies pour contribuer à sauvegarder les investissements au Bénin et améliorer le climat des affaires. L’autorité est présente dans tout le cycle de gestion des projets d’investissements publics et de fonctionnement. «Nous savons que plus de 60% des ressources affectées à ces investissements empruntent le circuit des marchés publics, on comprend aisément la place et les responsabilités de l’Autorité de régulation des marchés publics au Bénin. Ainsi, en mettant à la disposition des acteurs du secteur public comme du privé des politiques, des outils et des textes faciles d’application, et avec les réformes en cours, l’autorité crée la confiance et l’assurance. Des innovations Au cœur des débats, il y a eu aussi les innovations de la Loi N° 2020-26 du 29 septembre 2020 portant code des marchés publics. Plusieurs allègements ont été proposés par le gouvernement, favorisant une meilleure compétitivité des opérateurs économiques. Avec les nouvelles dispositions, les délais sont réduits. De même, les formalités de pièces administratives ne concernent que l’attributaire du marché public. On assiste donc à une souplesse dans l’appréciation de la capacité technique et financière des soumissionnaires. Sur un autre volet, une proportion de Mpme doit figurer dans les plans de passation des marchés publics. Par conséquent, selon les invités, cela rend compétitives les offres proposées par les entreprises et permet des économies d’échelles à l’acheteur public. «Nous sommes dans un contexte où les marchés publics favorisent véritablement la participation des entreprises aux opportunités d’affaires. Dans ce rôle, l’Armp y contribue parce qu’au sein du système, les intérêts de chaque partie sont sauvegardés. Il est important avec toutes les facilités offertes par la loi portant code des marchés publics que les entreprises respectent les règles établies dans le domaine. Qu’elles s’associent pour bénéficier des formations de qualité de l’Armp pour une participation plus active aux opérations de passation des marchés publics », plaide Francine Aïssi Houangni. Et ce n’est que le début des innovations. Il est envisagé la création d'un centre de formation, de recherche et de documentation de la commande publique. Ce centre est attendu pour faciliter l’éclosion des savoirs et des connaissances qui alimenteront la régulation des marchés publics dans notre pays. Actualités 10 sept. 2021


Législatives de 2023: Sacca Lafia reçoit les premières attentes de l’Opposition
Des élections inclusives ! C’est le premier dossier dont hérite le tout nouveau président de la Commission électorale nationale autonome (Cena), Sacca Lafia. Le sujet était au cœur de l’audience qu’il a accordée, mercredi 8 septembre dernier, au chef de file de l’Opposition, au siège de l’institution à Cotonou. Le chef de file de l’Opposition, Paul Hounkpè, poursuit sa tournée dans les institutions. Cette fois-ci, le pèlerin politique a posé ses valises à la Commission électorale nationale autonome (Cena), pour faire part de ses attentes au nouveau responsable des lieux. A la tête d’une délégation constituée des membres du bureau exécutif de son parti, Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), Paul Hounkpè a félicité le président Sacca Lafia et son bureau pour cette nouvelle mission à eux confiée, qui pour le moins, est empreinte de lourdes responsabilités. Et comme on pouvait s’y attendre, il ne s’est pas juste agi d’une rencontre de convivialité entre le Conseil électoral et la délégation conduite par le chef de file de l’Opposition. De sources dignes de foi, Paul Hounkpè a invité Sacca Lafia et ses pairs à travailler à garantir la paix en République du Bénin. Il fait un rappel des incompréhensions nées des élections communales de 2020 et de la présidentielle de 2021, du fait de certaines options de la Commission électorale nationale autonome (Cena), notamment en ce qui concerne les lois électorales. Pour le chef de file de l’Opposition, l’équipe dirigée par Sacca Lafia devra corriger le tir, en œuvrant pour des élections inclusives, libres et transparentes. A ce titre, Paul Hounkpè invite le Conseil électoral à clarifier à temps les conditions de participation des partis politiques aux prochaines élections. Il faut noter que les prochaines législatives se tiendront en 2023, et dans la perspective d’une large participation des partis de l’Opposition à ce scrutin, Paul Hounkpè mène une concertation pour aplanir les divergences en leur sein. Sacca Lafia qui préside le Conseil électoral, et de fait la Commission électorale nationale autonome (Cena) a salué la démarche de son hôte et de sa suite et promis de faire le nécessaire pour combler les attentes. Actualités 10 sept. 2021


Littérature et histoire: Micheline Adjovi révèle la vraie identité des Xwéda et l’histoire de Ouidah
Micheline Adjovi peut être désormais comptée parmi les rares natives de la cité de Kpassè à avoir mené des travaux de recherche assez poussés sur la vraie identité des Xwéda, leur origine et histoire. Au-delà de la littérature et de l’histoire, les trois ouvrages lancés, dimanche 5 septembre dernier par cette auteure inaugurent une ère nouvelle pour la connaissance du peuple Xwéda. « Ouidah, fille légataire de l’Égypte antique », « wéda vodoun dagbé, le python tutélaire du peuple Xwéda » et « Daath Kpa-Sê, le roi fondateur de Gléxwé et grande figure de la résistance à la traite négrière ». Ces trois ouvrages publiés sous la plume de Micheline Adjovi plongent dans l’histoire d’un peuple dont l’origine demeure peu connue à ce jour. « Je n’entends pas parler du peuple Xwéda dans les livres d’histoire, les chercheurs en histoire de nos universités en parlent peu… Beaucoup estiment que l’origine du peuple Xwéda est encore à chercher… » Autant de constats qui ont obligé l’auteure qui n’a de cesse de revendiquer ses origines à engager des recherches sur le peuple Xwéda. Au bout de nombreuses années de travaux, elle en vient à une série de conclusions consignées dans ses dernières publications. Une trilogie rendue publique dimanche dernier à l’occasion d’une cérémonie de lancement en présence de nombreux natifs de la cité des Kpassè. Avec « Ouidah, fille légataire de l’Égypte antique », on découvre que Ouidah, est devenue par la force de l’histoire, une ville cosmopolite et œcuménique, une cité historique et mémorielle. Ensuite, « Xwéda vodoun dagbé, le python tutélaire du peuple Xwéda » qui plonge le profane dans un univers fantastique pour lui enlever le voile de l’ignorance autour du python, présenté comme tout un symbole. Enfin, « Daath Kpa-Sê, le roi fondateur de Gléxwé et grande figure de la résistance à la traite négrière». Cette autre œuvre porte le nom du roi fondateur de Gléxwé, véritable résistant. Ce sont là, quelques commentaires du professeur Augustin Anignikin sur les publications de l’auteure. « Je suis fille du soleil. La Lune est ma mère. Le soleil, mon père et l’air m’a porté dans ses entrailles. La terre est ma nourrice, Xwéda Dagbé est mon totem, divine est mon identité». Ces notes introductives de Micheline Adjovi rappellent une fois de plus l’attachement de l’auteure à sa culture. Sauf que ses trois ouvrages vont au-delà de sa seule fierté de native de Ouidah. Elle les présente comme le fruit de ses recherches sur son identité. «Dans les grands livres d’histoire, on parle des autres peuples sauf des Xwéda, sinon très peu. Je me suis toujours demandé, mais qui sommes-nous ? Qui suis-je ? C’est pour avoir des réponses conséquentes et scientifiquement imbattables à mes questionnements que je me suis lancée dans la recherche». Désormais, elle dispose de réponses à la plupart de ses questionnements. Les Xwéda sont tellement puissants… Non seulement elle apporte des précisions, clarifications et informations, mais elle va au-delà pour rendre aux Xwéda une certaine fierté. Elle révèle surtout que ce peuple vient de l’Egypte antique. « Ils sont foncièrement des prêtres, des prêtres théurges. Ce qu’ils disent de leur bouche, ce qu’ils professent par leur parole, leur verbe devient réalité. Ils sont des maîtres du verbe, ils sont Dènon, ils sont des prêtres kabbalistes », revendique-t-elle d’un ton assuré. Micheline Adjovi soutient en effet que « les Xwéda sont tellement puissants que leur verbe est source de guérison ». Le culte du python royal qu’ils pratiquent est un culte thérapeutique. D’ailleurs tout dans le python royal est symbole, enchaine-t-elle. « L’inoffensivité du Python royal montre que la vie est inoffensive. L’homme devrait vaincre les difficultés qui surviennent sur son chemin pour mûrir et évoluer. Et c’est pour cela qu’il est dit que la morsure du python royal immunise », enseigne-t-elle sous le regard médusé du public. Pour elle, le Xwéda est consacré et divinisé et cette consécration est un prérequis qui lui assure l’exemption de certains rites initiatiques, en particulier, l’internement dans un couvent vodoun. « Nous portons le pentagramme dans le cercle du visage et nous avons l’hexagramme sur le corps. Personne ne nous apprend cela à l’école. Mais en tant que Xwéda, nous devons appréhender le sens intrinsèque de ces symboles, nous en approprier et nous comporter en tant qu’une référence », indique-t-elle. Malgré ces révélations, elle estime que « la problématique de l’origine des Xwéda est assez délicate et reste un vaste chantier où chaque chercheur doit apporter sa contribution afin que triomphe la vérité historique ». L’évidence, c’est que cette vérité historique si tant recherchée et jamais trouvée, les Xwéda l’ont minutieusement et précieusement archivée dans des supports immatériels, intemporels et immuables que seuls ne peuvent décoder que ceux qui ont la sagesse. La science incorporée dans la tradition Xwéda ne peut être perçue et comprise que par les initiés à partir de l’intérieur, tranche-t-elle. Les lignes des trois ouvrages en disent davantage et long... Culture 10 sept. 2021


Promotion des langues nationales: « Les communes ont un rôle à jouer», selon Coffi C. Codjia, directeur national de l’Alphabétisation
A l’occasion de la commémoration, ce 8 septembre, de la Journée internationale de l’Alphabétisation par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), Coffi Charles Codjia, directeur national de l’Alphabétisation et de la promotion des langues nationales, présente un bilan des efforts consentis par le Bénin dans ce secteur, et lève un coin de voile sur les actions à court, moyen et long termes. La Nation : Pourquoi le Bénin éprouve des difficultés à inclure l’alphabétisation dans le système éducatif formel ? La loi sur l’éducation est claire. On enseigne en français, en anglais ou en langues nationales. Le problème qui se pose, c’est à quoi serviraient nos langues, quel rôle joueront-elles, dans le système formel ? Est-ce qu’on fera un apprentissage de la langue pour connaitre la langue tout court ? A mon avis, c’est non. Est-ce qu’on fera l’apprentissage de la langue pour maîtriser la connaissance, c’est-à-dire la langue comme véhicule du savoir ? C’est oui. Mais c’est un processus qui est assez long. Et on l’a commencé avec le projet Elan. Ce projet a initié l’introduction de nos langues dans le primaire. Mais il a marqué un arrêt. A mon avis, c’est parce que à un moment donné, on s’est rendu compte que la langue n’était pas un véhicule du savoir, que c’était juste un apprentissage, tout comme on apprenait l’anglais. Même au niveau de l’anglais, il y a une réforme en cours qui va nous permettre de l’utiliser comme véhicule du savoir, et non plus comme savoir tout court. Qu’est-ce qui se fait pour que nos langues soient utilisées comme véhicule du savoir ? Au niveau de la Direction nationale de l’Alphabétisation, nous travaillons avec la stratégie Eftp, entendu Enseignement, formation technique et professionnelle (Eftp). Dans cette stratégie, il y a ce que nous appelons le plan d’urgence. On a eu la possibilité de mettre en place des modules de formation en langues, de traduire les modules qui existaient dans certaines matières comme la mathématique, l’éducation scientifique et technologique, l’éducation sociale, en langues nationales, si bien qu’aujourd’hui, certains modules peuvent être directement enseignés aux artisans en langues nationales. C’est ça ce qu’on recherche. On lui donne l’enseignement dans sa langue, et il a peut-être six mois pour être recyclé, formé et aller travailler dans son quartier ou dans son village. Mais, il a aussi besoin de maitriser un peu la langue française parce que c’est la langue la plus utilisée. Comment se déroule le cursus au niveau de l’alphabétisation? Au niveau de la Direction nationale de l’Alphabétisation, le cursus qui est retenu jusque-là est réparti sur 4 ans. Les deux premières années sont consacrées à la maitrise de la langue, la maitrise des connaissances générales et nous avons des ouvrages qui y sont dédiés. Et quand vous finissez ces deux premières années, vous êtes capable de vous exprimer dans votre langue maternelle et capable d’écrire la langue française. A partir du second cycle, vous pouvez écrire la langue française et avoir ce qu’on appelle être formé dans l’alphabétisation fonctionnelle, c’est-à-dire celle qui permet de bénéficier du vocabulaire indiqué pour le métier que vous apprenez. Au niveau de l’enseignement général, combien d’enseignants alphabétisés avons-nous ? Je peux vous dire que, s’il y en a d’alphabétisés, ce sont des autodidactes. Et j’aime bien dire qu’ils sont lettrés en langue française mais ce sont des analphabètes en langues nationales. Or, ce sont eux qui agissent sur tout cet effectif que nous voyons. Il faut alphabétiser ceux-là. C’est à eux qu’il faut montrer les éléments pour mettre en place ce que j’appelle un lexique spécialisé qui est propre à l’enseignement qu’ils donnent. C’est à partir de là qu’on pourra enseigner en langues nationales dans le système éducatif formel. Si l’on doit introduire nos langues comme véhicule du savoir, forcément ils ont besoin d’être alphabétisés. Avec un tel processus, pourrait-on atteindre de sitôt l’objectif ? C’est ce qui décourage. C’est pourquoi, je propose deux axes. On ne redresse pas le bois dur. Laissons ceux qui sont là actuellement et formons les gens qui progressivement vont les remplacer. A ce moment-là, on pourrait avoir l’enseignement en langues nationales. Parlant des acquis de l’alphabétisation, que retenir en ce qui concerne le Bénin ? Nous pouvons dire que le Bénin est sur une bonne voie. Je le dis face à cette reprise que nous avons constatée depuis 2016. Parce qu’il faut reconnaitre qu’en 2016, il y a eu une chute de l’effectif alphabétisé qui est tombé à près de 2 000, 3000. Aujourd’hui, nous sommes à 18 000, et si nous devons aller dans les statistiques détaillées, plus de 30 000 personnes sont impactées par les questions d’alphabétisation au Bénin. En outre, le ministère des Enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle en charge de l’alphabétisation a mis en place une stratégie pour faciliter l’enseignement de nos langues maternelles. Jusqu’à l’année dernière, nous étions à 44 communes impactées. Et cette année, nous allons impacter les 77 communes. C’est notre objectif. Cela suppose donc qu’il y ait plus d’engagement de la part de l’Etat. Nous voulons ouvrir un minimum de deux centres par commune. Reconnaissons qu’à côté de cela, nous avons initié avec la Coopération suisse un projet intitulé Projet de gestion décentralisé de l’alphabétisation. Pour le moment, il impacte les départements du Borgou et de l’Alibori. Grâce à ce projet, nous avons ouvert plus de 600 centres dans ces deux départements. Il y aura une extension du projet si les accords sont signés dans l’Atacora et la Donga, avec un engagement plus important. 30 000 personnes impactées sur le plan national, n’est-ce pas dérisoire ? Apparemment, c’est dérisoire. Mais c’est proportionnel aux moyens dont nous disposons. Quand nous faisons nos évaluations, nous avons plus de candidats que les candidats aux différents examens du Certificat d’aptitude professionnelle (Cap). C’est dire que quelque part, nous sommes sur la bonne voie. Mais je reconnais qu’il faut qu’on aille plus loin. Et pour aller plus loin, il faut avoir plus de moyens. Pourquoi le Bénin n’arrive-t-il pas à imposer une langue nationale ? Notre Constitution a été claire. L’Etat aide au développement des langues. Et la loi sur la décentralisation dit que les communes ont pour rôle de faire la promotion des langues. Cela veut dire que chaque communauté a l’accompagnement de l’Etat pour le développement des langues. Maintenant, choisir une langue est un idéal. J’ai du mal à distinguer une langue forte d’une langue faible parce que pour moi, une langue est une langue. Mais il y a des communautés qui n’ont pas une population assez importante. Or vous connaissez le Béninois dans son nationalisme, son micro-nationalisme. C’est pour éviter qu’on heurte des sensibilités que la Constitution a dit cela. Maintenant, si à un moment donné, l’Etat décide de choisir une langue, nous allons nous y conformer. C’est une décision politique. Elle est au-delà des décisions administratives que nous prenons. Qu’avez-vous à dire pour conclure cet entretien ? Je conclus sur une note d’espoir. Espoir que notre pays à un moment donné aura peu d’analphabètes ou n’aura pas d’analphabètes. C’est mon espoir. Education 10 sept. 2021


Audience au médiateur de la République: Pascal Essou et les Pays-Bas explorent des pistes de partenariat
Le médiateur de la République, Pascal Essou, a reçu en audience ce jeudi 9 septembre, à son cabinet à Porto-Novo, l’ambassadeur des Pays-Bas près le Bénin, To Tjoelker-Kleve, avec qui il s’est entretenu notamment sur la possibilité de réactiver le partenariat existant par le passé entre leurs deux structures. Les deux personnalités ont exprimé leur souhait d’approfondir ensemble les pistes de coopération dans l’intérêt du Bénin. Cette rencontre, la première entre Pascal Essou et son hôte, a été une occasion pour les deux de se connaitre. Elle a permis à la diplomate hollandaise de présenter de vive voix ses félicitations au médiateur de la République pour sa brillante nomination en mai dernier. To Tjoelker-Kleve se dit admirative des efforts du médiateur de la République dans le sens du renforcement de la paix, de la cohésion sociale et de la consolidation d’une bonne ambiance au Bénin. Elle a insisté dans ce cadre qu’il est important que tous les jeunes soient impliqués dans le développement du Bénin. «Si on veut un Bénin pacifié et positif, il est nécessaire que les jeunes prennent part au développement. Il faut leur donner les outils et la chance de se développer», a fait savoir l’ambassadeur des Pays-Bas près le Bénin. Selon elle, c’est à ce travail que s’attèle depuis des lustres la Hollande au Bénin à travers notamment l’encadrement des jeunes agriculteurs, producteurs et autres. Ce qui permet aux jeunes bénéficiaires des projets néerlandais de se prendre en charge et de gagner leur vie. To Tjoelker-Kleve note que cette vision de la coopération néerlandaise au Bénin rejoint celle du médiateur de la République qui œuvre pour une jeunesse béninoise pacifiée et positive. Les jeunes peuvent beaucoup apporter dans le cadre d’un changement positif du Bénin notamment sur les plans politique, social et économique, insiste-t-elle. To Tjoelker-Kleve a précisé qu’en dehors du secteur de l’entrepreunariat et de l’autonomisation des jeunes, son pays appuie également le Bénin dans les domaines de la sécurité alimentaire et de la santé de reproduction.   Actualités 10 sept. 2021


Toudonou Hounguè alias Patati : Grand latéral gauche de tous les temps
International béninois, Toudonou Hounguè, alias Patati, est une légende du football du Dahomey et du Bénin. Il incarne le défenseur intelligent, serein et hargneux recherché, de nos jours, dans le football moderne. Au commencement était un slogan. Et le slogan devient un surnom ! Plus qu’un simple cri de ralliement de supporters, les trois syllabes : « Pa- Ta- Ti », sont devenues un sobriquet. Elles renvoient à l’image d’un immense talent : celui de Toudonou Hounguè , l’un des plus célèbres footballeurs au Bénin. « Eh pataati !... « Clou Matanti … ! Eh pataatiiii…« Clou Matanti ! ». C’était un slogan fort, rassembleur, et véritable source de motivation, de communion entre supporters et joueurs à Porto-Novo dans les années 70 et 80. C’étaient les moments de gloire du club Bleu-Blanc de la capitale : Etoile sportive. Mais au fil du temps, l’un de ses plus brillants sociétaires a fini par s’adjuger un pan du slogan devenu pour toujours, un surnom fort, du moins ce qui s’apparente plus tard à un nom de vedette du football désormais gravé dans la mémoire collective. Aujourd’hui septuagénaire adulé et respecté dans la famille sportive nationale, Toudonou Hounguè aime à raconter, avec gaieté, l’anecdote ayant généré le surnom qu’il dit porter fièrement. « Des moments d’excitation ! J’étais presque aux anges à chaque fois que le slogan fuse des gradins pour nous encourager », raconte l’ancien latéral gauche de l’Etoile de Porto-Novo. Il s’empresse d’ajouter : « Posté souvent aux abords de la pelouse, le visage fendu de large sourire, bras levés vers le ciel, je le leur rends bien dans mes jacasseries souvent ponctuées de quelques pas de danse, le tout couronné par un tonnerre d’applaudissements». En somme, il s’agissait d’un rituel récurrent. Et à chaque fois qu’un quidam entonnait: « Pa-ta-ti», le jeune latéral donnait la réplique : «Clou Matati», synonyme d’un moment singulier de communion entre ce jeune homme noir longiligne et le groupe de supporters de la ville-capitale. C’est ainsi qu’à son corps défendant, cet arrière gauche redouté aux allures de sahélien s’est fait surnommer : ‘’Patati’’. Ce qui ne figure nullement sur les documents officiels du teigneux défenseur Toudonou Hounguè qui a, durant près de deux décennies, confisqué, à lui tout seul, le poste d’arrière latéral gauche aussi bien en club qu’en sélection nationale. Taille moyenne, le visage émacié, le jeune natif d’Adjinan à Porto-Novo, « venu au football par passion », était rugueux dans ses contacts sur une pelouse verte. Ce qui lui a valu l’affectueux surnom de « méchant gaucher ». Mais l’intéressé l’accepte juste comme un compliment. « On ne défend pas une équipe la fleur au fusil », riposte-t-il, soulignant que sa ‘’méchanceté’’ ne dépasse pas les limites d’une pelouse de foot. Il est vu donc comme un homme sympathique dans sa vie extra-sportive. Un trait de caractère du joueur que confirme Raoul Zamba, l’un des coéquipiers du ‘’doyen’’, comme il aime à appeler son ainé. Pour lui, « Toudonou a beau être rugueux, teigneux, il demeure un homme affable, jovial dans la vie ordinaire », renseigne-t-il, avant de lever un coin de voile sur le côté taquin, le sens de l’humour et …. bon viveur de son ainé. A l’égard de Toudonou, son filleul, et jeune co-équipier aussi bien en club qu’en sélection, Théodore Ahouassou ne tarit point d’éloges. «Patati a marqué sa génération. Fin technicien, son sens du placement sur l’aire de jeu et ses relances de balles lui ont conféré une certaine efficacité à son poste de latéral gauche à telle enseigne qu’après son départ de la sélection nationale, on a eu du mal à lui trouver un remplaçant efficace.», renseigne-t-il. Et pourtant, rien ne prédestinait Toudonou, gamin au quartier Ouenlinda, à Porto-Novo, à faire carrière dans ce domaine. Issu d’une fratrie nombreuse, il a manqué de peu d’assouvir sa passion de taper dans le ballon rond, en dépit de son appartenance à une famille de passionnés de football. Ses frères aînés : Marcellin et Noël évoluaient dans le club Postel Sports de la ville. Mais c’était contre l’avis de leur géniteur : Atawé Hounguè, un agent de la Poste et grand aficionado de foot qui ne « nourrissait pas le rêve de footballeur pour sa progéniture ». En somme, le jeune Toudonou a eu, à ses débuts, assez de peine pour aller taper dans le ballon. « Ruses, mensonges et autres subterfuges » l’ont souvent aidé à se dérober aux fins d’aller assouvir sa passion hors du cocon familial. « Parfois, je sollicitais la permission pour aller approvisionner en herbes fraîches l’enclos des ruminants élevés par la famille », confie- t-il, sourire aux lèvres. Ce sont souvent les seules occasions, pour l’écolier du Cours primaire public de Ouenlinda de se soustraire à l’attention parentale pour jouer dehors dans son petit club de quartier : Etoile Polaire de Ouenlinda, lorsque ce n’est pas dans la cour de son école. D’ailleurs, il garde encore en mémoire, avance-t-il, «les moments de correction de papa, lorsque le pot aux roses est découvert». Mais avec le temps, Toudonou ne redoutait guère d’éventuelles représailles. La passion a fini par prendre le dessus et le gamin peine à abdiquer. Mais son étoile n’a pas tardé à briller. Car, lancé dans une rencontre capitale, un après-midi ensoleillé par son coach Vincent Flacandji, de l’Etoile de Porto-Novo, la jeune recrue, jusque-là réserviste, saisit sa chance. Il tape dans le mille, sous le hourra du public. Une prestation moyenne mais séduisante au vu de l’âge de son auteur. Koffi Firmin, l’une des vedettes nationales de foot à l’époque s’en émerveille. Rendez-vous est donc pris pour que les ainés des Hounguè conduisent leur jeune frère à la prochaine séance d’entrainement de l’Etoile sportive de Porto-Novo. Toudonou qui rêvait d’évoluer au Postel Sports hésite avant de se laisser convaincre. Le football d’élite vient ainsi de frapper à la porte du jeune Toudonou dans la ville-capitale. Ame bien née… Un beau matin, une surprenante scène amuse plus d’un, dans la cour de la Poste à Porto-Novo. Etienne Pognon, responsable de la structure et grand dirigeant influent de l’Etoile de Porto-Novo, n’a pu retenir sa joie à la vue du père du jeune Toudonou au service. En des termes forts, il exprime une immense joie: « Ah, vraiment, monsieur Hounguè, sincère gratitude ! Qu’est-ce que ton petit nous a fait honneur hier. C’est un footballeur d’avenir. Veuille lui transmettre nos chaleureuses félicitations… », lui adresse-t-il, chaleureusement. Puis, le responsable étreint longuement son collaborateur. Instant solennel qui laisse pantois le géniteur de Toudonou. Ebahi, il était loin d’imaginer qu’en dépit de sa rigueur, son fils à qui il est interdit de sortir du cocon familial pour aller jouer, a pu passer les mailles pour endosser, déjà, l’étoffe de vedette d’une soirée avec tant d’éloges (venant) de la part d’un dirigeant du calibre de l’Etoile de Porto-Novo. Sur le coup, les yeux humides, un sentiment de fierté l’envahit. Papa Godonou Tèba Hounguè écrase quelques gouttes de sueur au front, et les instants d’après, il décide de faire contre mauvaise fortune bon cœur. De retour à la maison, il enlace à son tour son champion de footballeur, lui transmet les félicitations de la part de son patron. Ainsi, « Papa a lâché prise », indique Toudonou, plus d’une quarantaine d’années après les faits. Ce scénario a été le déclic d’une carrière précoce pour un jeune homme de 16 ans, au début des années 70. Une nouvelle aventure sportive débute pour ce gamin au pied gauche redoutable qui a déjà délaissé les classes. Il devient footballeur surclassé dans un club de football de grande envergure : Etoile sportive de Porto-Novo qui rivalise, dans la ville-capitale, avec Postel Sports, et Asso Porto-Novo. Dès lors, une autre vie commence pour Patati. Gamin, mais déjà talentueux, il se retrouve aux côtés de grands noms comme Germain Kpokpo-Ola, Cosme Tronnou, Dovi Lakoussan, Firmin Koffi, Jérôme Akakpo..., dans un championnat national, pourtant rude, que nourrissait une rivalité monstrueuse à l’époque. Talent confirmé, le gaucher ne tarde pas à taper dans l’œil du sélectionneur national. A 19 ans, Toudonou devient international. « Une grâce pour moi. Car jeune adolescent, j’ai partagé le vestiaire avec des sommités du foot de mon temps», soupire-t-il. Suite à la dissolution des clubs de foot au plan national, en 1975, et à la naissance des formations provinciales, le « méchant défenseur » rejoint le nouveau-né du département : Les Dragons de l’Ouémé. Cette formation le révèle davantage. C’est le couronnement. C’est bien au sein de cette formation que Toudonou écrit une nouvelle page de sa vie sportive en compagnie des individualités ayant marqué le football béninois : Saadou do-Rego, Marouf Adéchokan, Raoul Zamba, Adolphe Ogougnon, Blaise Codjia, Francis Yêkêdo, Victor Zêvounou….La belle époque des Dragons de l’Ouémé. La période de gloire des Orange-Noir dirigés par le richissime homme d’affaires Séfou Fagbohoun. Toudonou et sa génération « Dragons Wéémééé ! » ont raflé presque tout sur leur passage. « Les Dragons étaient un club de trophées. Nous nous sommes fait un nom sur le continent», confie Patati avec un brin de nostalgie dans la voix. Puis, il enchaîne : « Les grands clubs du continent nous respectaient. Notre demi-finale de la coupe d’Afrique des clubs vainqueurs en 87 en était le couronnement », se réjouit l’enfant d’Adjinan. Cette période avait enregistré, faut-il le rappeler, beaucoup de joueurs expatriés, et pas des moindres, dans les rangs de la formation de l’Ouémé : Papa Arko, Francis Koumi, Georges Gormashe, Kingston Asabir, Peter Rufaï et l’enfant prodige du football ghanéen Abédi Ayew Pélé. Aventures…. mésaventures ! La longue carrière de Patati a été également ponctuée d’une parenthèse d’aventures à l’international. En effet, au sommet de la gloire du n°3 des Dragons, de grands clubs du continent lui ont fait les yeux doux. Le défenseur n’a pas manqué à l’appel. Mais les périples en Côte d’Ivoire et au Gabon n’ont pas été fructueux… En 1981, le club ivoirien Africa Sports a manifesté un vif intérêt pour le joueur. Il répond à l’appel et rejoint Abidjan suite à des négociations de transfert. Mais à peine l’enfant de Ouenlinda a- t-il entamé le championnat ivoirien que son pays se met à ses trousses. Un courrier administratif provenant de la préfecture de l’Ouémé et signé de sa première autorité lui enjoint de « retourner au bercail sous peine d’être considéré comme un exilé volontaire », explique le joueur. Rentré précipitamment au pays dans les mêmes conditions que son coéquipier Saadou do-Rego, Patati avoue avoir craint les représailles du système politique de l’époque. Aujourd’hui, il jure toutes les divinités ancestrales de sa région que sa sortie du pays a bel et bien respecté toutes les clauses. « Ce sont des dirigeants du pouvoir politique révolutionnaire qui sont à la base. Certains parmi eux étaient contre l’évolution des sportifs, et ont travaillé contre leur expatriation», explique-t-il. Des années plus tard, après avoir servi à nouveau les Dragons et le Onze national du Bénin, Patati se retrouve au Gabon au sein d’une entreprise de Btp pour y travailler. Mais quelques séances de foot avec l’association des ressortissants du Gabon suffisent pour que son compatriote… Agueh le découvre et le propose aux Vautours Club Magougou. Grands moments de sa carrière, puisqu’il parle de « Football bien organisé et mieux payé ». Alors que le joueur croyait trouver enfin l’eldorado, la politique, encore elle, viendra briser son rêve. Patati sera victime de la politique de rapatriement collectif de ses compatriotes du Gabon. Il rejoint, une énième fois, son club de cœur : Les Dragons, au grand bonheur des dirigeants. Après ses mésaventures dans des clubs en Afrique de l’Ouest et Centrale, Patati n’a pas abdiqué. Il se retrouve en France, en 1984. Et y évoluera en 4e division dans le modeste club de Sisteron-Vélo. Mais l’aventure ne durera pas longtemps... « Aucun regret. J’ai été correct tout au long de ma carrière. Mon mérite m’a été reconnu partout et par tous », se glorifie le néo-retraité. Auréolé d’une riche et longue carrière de plus de deux décennies, marquée par de fortunes diverses, le plus célèbre des enfants Hounguè dans le foot a collectionné titres, trophées et honneurs. Plusieurs fois champion du Bénin, plusieurs fois vainqueur de la Coupe du Bénin et du trophée de l‘Indépendance. Patati a également participé à plusieurs campagnes africaines au cours des années de gloire des Dragons et des Vautours Club Magougou. De ses souvenirs marquants, Patati évoque, en prime, et non pas sans amertume, le penalty manqué à la fin de la rencontre Dragons-Canon de Yaoundé en 1983 à Cotonou. C’était la période où de célèbres joueurs camerounais sont fraîchement revenus du Mondial 82 en Espagne. « On était menés 0-1. Adolphe Ogouyon a tiré à côté, je me suis précipité auprès de l’arbitre pour lui signaler que le portier adverse a bougé. Dans la confusion, il m’a été permis de le reprendre. Malheureusement, je le mets, moi aussi, à côté.», regrette-t-il. Il se souvient que c’est au terme de cette rencontre qu’un parent à lui, fervent supporter des Dragons Fc, a perdu la vie suite à un accident de la circulation. « Il n’a pas supporté ce qui s’est passé sur le terrain, ce jour-là ». Homme de vie rangée, septuagénaire épanoui et discret, Patati passe aujourd’hui une paisible vie de retraité avec sa petite famille dans sa modeste villa au quartier Akonaboè à Porto-Novo. Son quotidien est rythmé de repos, visites à des amis et parfois des séances d’activités sportives, les week-ends. Il aime regarder des rencontres de football, mais très souvent à la télé. « Puisque le foot actuel n’est pas chatoyant comme au bon vieux temps ». Saluant les efforts fournis, ces dernières années, par les autorités pour faire remonter la pente, lui qui a servi quelques années au sein de l’encadrement des Dragons, regrette le sort fait aux anciens footballeurs dans son pays. « Ils sont très peu associés à la gestion de la chose footballistique. Ils n’ont pas souvent l’occasion de transmettre leurs vécus à la nouvelle génération », s’insurge-t-il. Ce qui sonne comme une révolte chez l’ex-international et motive son refus de voir sa progéniture évoluer dans ce secteur. Il n’y aura donc jamais d’héritier direct de ce svelte et athlétique défenseur des années 70 et 80 que l’histoire retient comme ayant été l’un des plus offensifs, technique et rugueux du football béninois. Sports 10 sept. 2021


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