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Nouvelles

Enfants accusés de sorcellerie au Bénin: Des signaux préoccupants
A travers un rapport d’étude dévoilé la semaine dernière, l’Observatoire de la Famille, de la Femme et de l’Enfant (Offe) attire l’attention sur la situation des enfants accusés de sorcellerie au Bénin. Des doigts accusateurs de sorcellerie, il y en a de plus en plus pointés sur les enfants. La menace a évolué, ciblant non plus seulement les personnes ayant pris un coup de vieillesse, mais aussi les plus petits. A la suite de l’enquête réalisée à ce sujet dans neuf communes du Bénin, l’Observatoire de la Famille, de la Femme et de l’Enfant (Offe) voit venir de loin des signaux inquiétants. «?C’est une situation très préoccupante. Le rapport l’a démontré à suffisance. Il y a quelques années, la sorcellerie ne concernait pas les enfants, du point de vue des sachants que nous avons eus dans le cadre de l’enquête. Avec le temps, la dimension enfantine a commencé à être développée à travers des aspects d’accusation qui prennent de plus en plus d’ampleur dans les régions investiguées?», s’émeut Nassirou Kassoumou, directeur général de l’Offe. En effet, créé par décret 2013-454 du 8 octobre 2013, l’Offe est un office à caractère scientifique et social qui œuvre entre autres pour la conduite des études sur les phénomènes sociaux. Et pour le compte de cette enquête, il n’a pas été question de dénombrer le nombre d’enfants accusés de sorcellerie au Bénin. Cette étude qui a couvert principalement Allada, Abomey, Cotonou, Dogbo, Sô-Ava, Kétou, N’Dali, Pérèrè et Kérou a plutôt identifié les déterminants et analysé les causes, les manifestations et les conséquences des accusations de sorcellerie contre les enfants. En revanche, la proportion d’enfants accusés pris en charge par les structures de protection a été déterminée. Il en est de même du profil sociodémographique de leurs familles. De la peur à l’accusation Beaucoup d’enfants souffrent dans l’ombre du fait de cette accusation. L’enquête a révélé que les familles ne déclarent pas les enfants concernés. Ceux qui parviennent à être pris en charge par les structures d’accueil sont à 55 % dans la tranche d'âge de 10-15 ans. 25 % d’entre eux ont moins de 10 ans. 60 % sont des filles. Aussi, 70 % de ces enfants accusés de sorcellerie sont de religion chrétienne. 45 % d’entre eux ont un niveau d’instruction primaire, 30 % ont atteint le premier cycle de l’enseignement secondaire. En ce qui concerne les motifs d’accusation, ils sont liés aux cauchemars que font les membres de la famille, aux cris des enfants pendant la nuit et à la détention par ces enfants de certains objets ou êtres vivants tels que des margouillats, serpents. «?L’étude a fait ressortir que la plupart sont en réalité des enfants qui ont des comportements paranormaux, des troubles de comportements et des problèmes psychiques. Sur dix enfants accusés de sorcellerie, vous avez au moins huit à neuf dont, lorsqu’on les prend cliniquement en charge, on peut expliquer scientifiquement ce qui leur arrive. Ce sont des enfants sur qui pèse le poids de beaucoup de problèmes psychiques et psychologiques?», rapporte Nassirou Kassoumou. Les effets induits par cette accusation sont énormes, et accentuent la vulnérabilité des enfants. «?Cette accusation entraine un rejet systématique de la communauté, de leurs propres familles, et même de la part des structures qui sont appelées à les protéger. Nous avons constaté que la plupart de ces enfants sont victimes de violences physiques et psychologiques ainsi que d’autres types d’abus?», déplore le directeur général de l’Offe. Possibilité de poursuites Ce sont des traitements qui sont passibles de poursuites. Et il n’est pas exclu de les enregistrer au sein même des centres de prise en charge. L’étude a d’ailleurs passé au peigne fin l’efficacité des interventions en cours pour assurer la prise en charge et la réintégration des enfants accusés de sorcellerie. «?Même lorsque par crainte, les structures refusent de prendre en charge l’enfant et qu’il advenait qu’il ait de séquelles graves, on peut être poursuivi?», avertit-il. Le document recommande surtout la conception et la mise à disposition de modèle ou de protocole d’intervention face à ce phénomène. Un accent a été mis sur la nécessité d’impliquer dans les comités communaux un médecin, un anthropologue spécialiste des religions, un psychologue clinicien, un dignitaire, un chrétien (prêtre, pasteur évangéliste exorciste) et un imam. Ce phénomène vient se greffer à un autre déjà préoccupant : celui des «?enfants dits sorciers?» qui du fait de malformations ou des circonstances de naissance se retrouvent menacés, même de mort, dès la naissance. Société 24 août 2021


Steve Facia : L’enchanteur télé
Voix légendaire de la télévision publique béninoise, Steve Facia est unique dans sa façon de présenter, d’être, de penser et même d’agir. Quarante ans de métier dont dix dans le showbiz, plus de trente dans l’animation télé, une carrière exceptionnelle qu’il sied de revisiter. L’entretien avec lui a lieu au bout de deux rendez-vous. Un premier mal ficelé, puis un second qu’il confirme sans hésitation. « Tu es où jeune frère, viens qu’on en finisse ». De sa voix imposante de l’autre bout du fil, Steve Facia était disposé à s’ouvrir. Il nous reçoit dans les locaux de son entreprise à Aïbatin, dans le 12e arrondissement de la ville de Cotonou. Il y tient ses bureaux, aussi bien le siège de sa boite que ses studios, de même que des locaux dédiés aux activités de sa femme. Un duplex décoré avec glamour. On devrait y voir la main de son épouse, Inès Garoué, elle aussi grande figure de la télévision. La femme occupe le premier niveau et le second est réservé pour Steve Facia. Les échanges se déroulent en fin de soirée. Pourtant le patron de Média productions semble très affairé. Pour mieux se concentrer sur la finalisation d’une commande publicitaire et la préparation de son émission à venir, il accroche sa longue tunique en basin riche à un des sièges de son bureau. Sandalettes et débardeur, il est entre des navettes pour s’assurer que sa cliente sera satisfaite de ses propositions. Le local qui lui sert de bureau est sobre, mais bien décoré. Inutile d’en livrer tous les détails, mais sur son bureau, des photographies en petits formats de ses enfants et de sa femme. Au mur, juste derrière lui, le couple très enjoué en tenue locale. Steve Facia est le troisième enfant d’une fratrie de quatre. Son nom reste intimement lié à celui de l’animation télé au Bénin. Il y a fait la pluie et le beau temps avant de faire un break, mais reviendra plus imposant que jamais avec une émission à succès. S’il n’avait pas été animateur, il aurait été avocat. « Je serais sans doute avocat si je n’étais pas devenu animateur. J’aime la rhétorique, j’aime parler. Dans notre famille, nous adorons parler. C’est un art chez nous. J’aurais fait un travail qui aurait trait à la rhétorique. Je n’ai jamais appris à parler, j’estime aussi qu’on n'apprend pas à parler ». Mais cet homme qui ne révèle jamais son âge est un grand passionné de télévision. Hier maître à jouer d’émissions de grande audience comme «Stars music » ou encore « télé-millions », aujourd’hui animateur-producteur, chef d’entreprise et chrétien évangélique, le Bad-boy d’antan a cédé place à un homme de Dieu qui ne jure que par son travail et sa famille. Trois temps forts sur les écrans La vie d’animateur de Steve Facia se résume en trois temps forts. Il y eut d’abord la période entre 1991 et 1998. Il a fait les heures les plus glorieuses de l’animation télévision. Il a régné en maître comme il se plait à le dire. Ce fut la faste période de la célèbre émission « Stars music». Tous les samedis à partir de 21heures, le pays s’arrêtait pour se concentrer sur les écrans, à l’écoute de l’élancé et bien frêle animateur, caquette bad boy, jeans, baskets au point. « J’ai régné en maitre parce qu’il n’y avait aucune chaîne concurrente. La télévision nationale était en leadership avec un monopole absolu. Cela m’a permis de déployer mes ailes et mon talent, et d’imposer ma vision de la télé et du divertissement », reconnaît modestement Steve Facia. Ce fut, laisse-t-il entendre, « des moments formidables où nous avons réinventé la télévision au Bénin ». Des réalisations qui resteront pour la postérité, croit-il. « Quand j’ai commencé, je n’avais pas de mentor, personne n’avait encore rien fait, mais on est venu sur le tas pour créer et proposer », soutient, nostalgique, l’homme qui a fait la pluie et le beau temps sur les écrans de la chaine nationale. Mais « Stars music » ne sera pas la seule innovation de l’homme. Il y eut également « Télé millions » qu’il anima en duo avec Jocelyne Alladayè. Ce ne fut pas moins un grand moment de télévision. Cet autre pan de l’aventure n’a pas été moins révélateur du talent de l’homme. « Télé millions était un grand show télé. C’est la première fois qu’on voyait un duo quitter son studio pour rentrer dans un espace autre avec du public et ce fut aussi une émission à succès ». Ce succès de plus va introduire Steve dans le deuxième temps fort. Devenu célèbre avec tout ce qui va avec en termes de vices, le jeune animateur va vite sombrer. « Il y eut une mauvaise passe et j’ai fait un break », lâche-t-il. Cette étape représente sans aucun doute le gros trou noir de sa carrière et aussi de son existence. Il ne s’en cache pas et n’en a d’ailleurs pas honte. Droit dans ses bottes, il assume tout ce qu’on pouvait lui reprocher. Steve Facia a beaucoup changé. Ce qui est évident, à l’entendre, c’est qu’il ne sera plus jamais le même homme. En tout cas, le jeune homme de ces années-là a disparu pour faire place à un homme plus grand, ayant la criante de Dieu, mais avec les mêmes ambitions pour la télévision et l’animation. Secrets de réussite Depuis le trou dans lequel le succès, et dans une moindre mesure la gloire l’a précipité, il est resté tout de même proche de la télévision. Il l’a regardé de loin sans en être satisfait. Lui qui au sommet de son art a chuté brutalement et a été débarqué des écrans observe depuis son isolement que rien ne change, que la télévision manque encore de beaucoup de choses et qu’il a encore une place à y prendre. « Je rêvais de faire de nouvelles propositions… Je suis venu avec Week-end Matin, une émission de compagnie, détendue, qu’on peut suivre chez soi des heures durant sans s’en rendre compte». Nous sommes en 2001-2002. L’animateur vedette allait signer son retour. Les nouveaux dirigeants du service public n’y voient pas d’inconvénients. Steve Facia pouvait inaugurer l’ère 3 de sa carrière. Il y est depuis, prend de l’âge mais ne s’essouffle point. Si l’animation télé n’avait existé nulle part, il aurait eu le génie de l’inventer. Il ne se sent bien qu’à faire ça, même si ses vieux jours sont de plus en plus consacrés à la production. Désormais en couple, Steve ne reviendra plus seul à la télé. Pour son épouse Inès, il a conçu « Le club des fans», une autre émission à succès pour les enfants que cette dernière se chargera de conduire. Autant des vedettes du foot sont passionnées de leur discipline, autant Steve est « dingue » de la télévision. Il y excelle. Avec lui, point d’improvisation et d’à peuprès. Après plus de trente ans de télé, Steve Facia continue de préparer chacune de ses émissions comme la première. Il y met soin et rigueur. Autant ces vedettes s’entraînent pour être performantes, autant il en fait aussi. Son aire de jeu, le géant miroir témoin de ses exercices de gestuelle, de diction… Bref, un soin méticuleux est mis à l’œuvre pour que le résultat soit impeccable. « Quand vous ne vous exercez pas, vous perdez le don précieux que Dieu vous a donné. J’ai fonctionné pendant toutes ces années à coups d’exercices», déclare-t-il. Inès Garoué, sa « prisonnière » d’un soir ! Il y a de ces rencontres qui changent le cours de la vie des hommes. Celle de Steve Facia et Inès Garoué en avait bien l’air. Leur histoire, très peu ordinaire se résume en une seule soirée. Alors que l’homme sortait d’une visite chez son ami Christian Lagnidé, une des employées de ce dernier sollicite le galant animateur pour la déposer en ville. Elle allait répéter dans sa chorale au Collège Père Aupiais. « Elle m’a suggéré de la dépanner. Il n’y avait pas un attrait particulier. J’en avais vu d’autres ». L’exercice plait bien à Steve qui lui, s’exécute avec empressement. Il voulait juste partager un temps de route avec cette « petite fille à la petite voix ». La suite de l’histoire, on la connait. Mais comment en sont-ils arrivés là ? C’est Inès qui a manqué d’être sage, estime Steve. C’est que la jeune dame, aujourd’hui grande figure de la télévision au Bénin et ailleurs dans le monde, n’aurait jamais dû accepter l’invitation du piégeur à venir la chercher à la fin de sa répétition. C’était son erreur, la belle erreur. A la question de savoir comment un grand homme comme lui, charmeur par excellence succombe devant une frêle créature comme Inès, Steve révèle ce qui l’a fasciné chez celle qui deviendra son épouse. « J’aime ce qui est cérébral. Je n’aime pas la légèreté intellectuelle. J’ai trouvé tout de suite qu’elle avait de la contenance et du contenu. Elle était très belle aussi. Nous avons eu des échanges très soutenus. Elle parlait un français très raffiné, très racé. Je me suis proposé de revenir après sa répétition, elle m’a laissé venir la chercher, et on ne s’est plus jamais quittés », conte avec émotion l’animateur. « D’avoir rencontré Inès, c’est l’une des belles choses qui me soient arrivées », reprend-il, avec sourire. « Elle m’a beaucoup aidé dans ma vie, elle m’a donné envie de me battre, de devenir père, mari. Elle était dans son rôle d’épouse et de mère et c’était formidable », poursuit-il. Sur son épouse, il ne se lasse pas de parler. Il partage combien elle est femme forte, battante, pleine de rigueur, d’autorité avec une envie de réussir à tout prix. Si Steve Facia en parle avec amour et émotion, c’est parce que celle-là a quelque chose de particulier, quelque chose de plus que toutes les autres qu’il a pu croiser et dont certaines, à une époque, cultivaient les mêmes revers et vices que lui. Pour une fois, confesse-t-il, « je voyais quelqu’un qui m’aimait ». Elle est « une femme fragile, petit corps, petite voix, différente de tout ce que j’ai vu jusque-là. Je l’ai épousée et je n’ai pas regretté. Presque 22 ans de mariage et l’aventure continue ». Etonnant renouvellement de sentiment tout de même quand on sait que plus d’une fois, dame rumeur a annoncé la dislocation du couple et que dernièrement, le téléphone arabe a ventilé à grand renfort de publicité que Steve et Inès, c’est du passé, qu’entre les deux tourtereaux d’hier, la parallèle s’est installée et que le célèbre couple d’animateurs télé a brisé son union. « C’est complètement faux », reprend vigoureusement Steve. « Je ne mentirais jamais. Mon couple n’a jamais battu de l’aile, dans un sens comme dans l’autre. Mon épouse a dix mille raisons d’être fatiguée. Je ne suis pas forcément le garçon sage, mais nous sommes toujours ensemble», soutient incisif, l’époux heureux. Ces élucubrations, il dit les comprendre tout de même dans une moindre mesure. Désormais animatrice pour Canal+, Mme Facia n’est plus constamment au Bénin. Elle voyage beaucoup et doit passer une bonne partie de ses mois à Abidjan en tournage. « On la voit moins à Cotonou, mais cela ne veut pas dire que nous ne sommes plus ensemble», clarifie-t-il. « Je n’ai jamais été enprison… » Autant il est à l’aise pour évoquer ses succès d’antan, autant il l’est quand il évoque les trous noirs dans sa vie. « Je ne renie pas mon passé, ni rien de ma vie, j’assume », répond-il de tout son sérieux. « Je n’ai jamais été en prison, c’est une légende et je peux comprendre », dit l’animateur avec sourire. Ce qui est évident, c’est que dans les années 98, l’animateur à succès, alors qu’il faisait la pluie et le beau temps à la télévision, a chuté. Il avait disparu des écrans parce que sa vie a connu une grosse chute. 21 ans après, il revient sur cette partie de son existence sans se voiler la face. Avez-vous touché à la drogue ? Sa réponse ne se fit pas attendre. « Non, je n’ai pas touché à la drogue, j’ai toujours vécu avec la drogue et ce sont ces choses qui ont causé ma chute ». « Quand on a beaucoup de succès, on a besoin de béquilles, de soutien, physiquement et humainement. Mais c’était un leurre », lâche-t-il. Ces stupéfiants « nous aidaient à tenir, à continuer de rêver, de proposer des choses », mais la finalité est toujours évidente, c’est une chute. « J’ai fait de mauvaises choses et cela fait partie du showbiz. J’étais un homme à succès auprès des femmes, l’alcool, les cigarettes… beaucoup de choses m’ont fait tomber, mais je refuse qu’on croit que j’ai été en taule, jamais». Autant il n’a pas fait la prison, autant il n’a jamais été pasteur. La parole de Dieu, il l’a prêchée de toutes les manières possibles, allant jusqu’à évangéliser de maison en maison. Mais il n’a fait aucune formation pastorale et refuse qu’on le prenne pour tel. Tombé au fond de la gadoue, il lui fallait tout de même vivre et subvenir à ses besoins. Face à sa nouvelle condition sociale, l’animateur s’est tourné vers le monde des petits métiers. Tout y est passé, pour peu qu’il pouvait trouver de quoi vivre. Des vendeurs de bois à Kétou et à Manigri gardent encore à l’esprit le souvenir de ce « collègue » élancé, corps frêle qui, un matin, débarqua dans leur secteur d’activité pour arracher une petite place et se faire aussi son beurre. Ces choses, Steve confesse les avoir faites avec le même entrain et le même engagement qui caractérisent chacun de ses actes. Mais il n’y aura pas que du noir. Ce sera également l'occasion pour ce garçon de bonne famille, élevé dans un amour familial excessif avec une mère particulièrement protectrice de faire la rencontre du Christ. Sa vie devrait prendre un autre tournant. Quand vous êtes un homme public, un homme à succès alors que vous n’étiez pas forcément préparé à cela, vous chutez. «Je suis tombé dans beaucoup de travers et cela m’a fait traverser beaucoup de choses. Mais, j’ai fait ma conversion au Christ. J’ai appris à me redéfinir, à connaitre Christ et à le mettre au centre de ma vie », reconnait aussi l’animateur. Avec sa reconversion, indique-t-il, il a pu obtenir la rédemption et bénéficier de la thérapie qu’aucun homme ne peut offrir. Tout sauf bling-bling… S’il y a une chose que le temps et l’âge n’ont pas réussi à lui voler, c’est son charme, son humour légendaire et son abnégation au travail. Même dans la plus ordinaire des tenues, on peut noter chez lui l’élégance et le charme qu’il a toujours porté avec ses 1,96 mètre. Steve Facia en tenue traditionnelle sur son émission, cela arrivera-t-il ? La réponse de l’animateur ne se fait pas attendre. C’est non. Il vient sur ses émissions comme il irait à un mariage, costume bien dressé et soigné. C’est son look et il l’adore. « C’est sacro-saint. J’adore m’habiller et je me suis donné les moyens d’avoir des deals et des partenariats qui me permettent d’assumer mon look parce que c’est extrêmement cher. Ce que je porte pour faire une émission, c’est très cher, mais ce n’est pas mon argent », confesse-t-il sans hésiter. Pour lui, la télévision c’est d’abord de la prestance. C’est pourquoi il y a apporté l’élégance et le charme qui va avec. Mais chose curieuse, pour aller à des réceptions ou à son travail, il y va, habillé le plus simplement possible. Même quand il finit ses émissions, il enfile en même temps des tenues très simples. Mais il n’en sera jamais ainsi à la télévision. « Je veux être à la mode. Je connais tous les courants et styles vestimentaires, je connais toutes les marques. Je veux être à la page et je me donne les moyens. J’aime les costumes, c’est mon style. Je suis en boubou dans mon bureau actuellement, mais sur mon émission, je serais en costume, c’est un choix ». Pour lui, un plateau de télé n’est rien d’extraordinaire. «Je ne me sens pas sur un plateau de télé quand je fais mon émission, je me sens comme chez moi tout naturellement ». Autre élément caractéristique de l’homme, sa simplicité. Steve Facia est aussi un maniaque du travail bien fait. Sur la rigueur à l’œuvre, il est intransigeant. C’est d’ailleurs ce qui lui donne une longueur d’avance sur ceux qui font le même travail que lui. « Je veux que l’on garde de moi, l’image de l’homme qui a été meilleur parce qu’il a été plus rigoureux que les autres dans son travail. Je n’ai pas un talent extraordinaire, nous sommes tous les mêmes mais pendant qu’ils dorment ou s’amusent, moi je bosse c’est normal qu’il y ait une différence». La tête à fond dans le travail et mieux, à plein temps. « Mais je trouve le temps de faire mes conneries aussi », souffle-t-il avec sourire. Steve aime la nature. Il est attiré par la flore et la faune. Le béton ne le charme pas particulièrement. Il veut s’assurer l’essentiel pour ses besoins financiers, personnels et professionnels. Amasser l’argent ne l’intéresse pas. « En lieu et place d’un voyage de luxe aux Etats-Unis, il préfère mieux encore aller à Boukoumbé » pour bénéficier de la chaleur des gens simples mais grands de cœur. « Je ne suis pas du tout bling-bling », conclura-t-il sur ce chapitre. Avec sa barbe poivre sel de cinq centimètres, bien taillée à la circulaire, l’ancien manager de Nel Oliver s’est ouvert sans réserve sur sa vie privée et professionnelle. C’est un homme sûr de lui, solide sur ses appuis personnels et sur le Christ qui parle avec assurance. Sa vie est sans regret. Même les moments sombres ont eu leur côté positif. Les mauvais souvenirs, il en a accumulé beaucoup mais ne s’y attarde pas. Pour lui, c’est « personnel ». Il regarde beaucoup la télévision et a eu le temps de suivre les plus grands animateurs au monde. Il en est venu à la conclusion qu’à la télé, « on n’invente rien, on réajuste tout ». Mais il est convaincu que sous nos cieux, la télé se fait encore sans moyens. Deux grands souvenirs lui reviennent à l’esprit au bout de ses trois décennies sur le petit écran. Une émission grand public faite chez l’artiste de regrettée mémoire Stan Tohon dans des conditions inédites qui l’ont particulièrement fasciné et puis à Paris, son entretien avec MC Solar. Il peut aujourd’hui s’en vanter, à cette époque-là, aux heures glorieuses de cet artiste de renom, il fut le premier Africain à le prendre en interview. Il en avait eu l’envie, il s’est débrouillé, a payé son billet pour le voyage et cela lui a marché. Dans tous les cas, les bons moments sont plus nombreux que les mauvais dans sa carrière. « Il y a eu de moments trop noirs, mais Dieu nous a soutenu », témoigne-t-il. Plus de trente ans de métier, mais Steve estime humblement qu’il n’a pas déployé 20 % de son talent parce que « nous travaillons beaucoup sans moyens. On n’a pas donné assez de moyens au service public ». Avouant qu’au début de Week-end Matin, « il y a eu beaucoup d’adversités». Quelque peu dépité, il ajoutera « Nous passons plus notre temps à déjouer les pièges qu’à travailler ». Mais cela n’enlève rien à l’amour qu'il a pour le secteur public. Il en est un fan, un féru. Il en parle avec élégance et respect. Il vénère le média de service public et ne se sent bien qu’en y travaillant. Toutes les offres qui lui sont parvenues dans le privé ne l’ont pas intéressé. Il refuse d’en parler, mais admet juste que « très peu de privés sont sérieux». Au Bénin, dans la sous-région et même sur des chaînes régionales européennes, les opportunités n’ont pas manqué. Mais l’homme est resté collé à la télévision nationale. Pourquoi cette fidélité ? « Je suis amoureux du service public, je l’adore parce que c’est puissant, c’est l’État, le pays, le gouvernement». Une chaîne nationale ne peut pas tomber, reconnait-il. «J’adore la puissance, la force, j’ai atteint un niveau, excusez mon manque de modestie, où plus aucune chaine privée ne peut me contenir », admet-il. « Les privés peuvent chuter à tout moment comme moi-même. Ils peuvent suivant leur état d’âme, résilier un partenariat. Mais le service public est une continuité qui s’assume. C’est un service fort, puissant». Mais il y a une autre raison pour laquelle il refuse de s’en départir. « Le service public m’a fait, m’a donné ma chance et j’ai toujours voulu rester fidèle à la maison mère… Je suis un homme très fidèle en amitié et professionnellement ». Autre certitude, il ne reviendra plus jamais dans le showbiz. « Je suis repu, lassé depuis vingt ans, je n’ai plus jamais mis pied dans une discothèque ou une boîte de nuit », confie l’animateur. Même la télé qu’il fera dorénavant sera un peu plus légère. Il veut du temps pour lui et veut en consacrer à ses enfants et à sa famille. C'est désormais des activités simples qui l’intéressent, un peu de sport pour maintenir sa santé. En fait, Steve confie qu’il n’a pour tout loisir, divertissement et travail que la télévision. On ne le sait peut-être pas, mais c’est un solitaire qui adore être seul. « Pour entretenir mon image, j’avais choisi depuis toujours de vivre dans l’autarcie. On ne me voit nulle part et cela m’a beaucoup aidé », lâche-t-il. « C’est dans l’autarcie que vous entretenez la flamme dans ce milieu d’activité », note-t-il. Et quand il se veut prétentieux, il peut se permettre de se comparer à un ancien chef d’Etat. « Je suis un peu à l’image du président Kérékou, je ne m’accroche à rien, et je suis heureux ainsi ». Il adore son pays et veut vivre simplement. Mais cela ne l’empêche pas de beaucoup rêver pour la télévision de son pays. Et par ces temps où des dirigeants plus ambitieux et plus ouverts ont le gouvernail en main, il a envie plus que jamais de faire la télévision. « C’est aujourd’hui, après trente ans que je rêve de faire davantage la télé. Je serais à la télé jusqu’à ce qu’un animateur terrible vienne me terrasser», souffle Babatundé (son autre prénom). Mais quand raccroche-t-il alors ? « Je ne sais pas, je me laisse conduire par le Saint esprit. Le jour où le Seigneur me dit d’arrêter, je mets un point final ». Côté obscur ? Ses confidences, il ne les fait pas sans évoquer une fois encore sa vie de couple. Avec sa femme, deux personnages différents. L’épouse adore le beau, et elle se l’offre, pendant que le mari veut « vivre simplement ». Même rouler la grosse voiture ne l’intéresse pas. Modestie et modestie, clame l’animateur. Elle est «excentrique », mais il ne s’en plaint pas. Sa réussite notamment sur Canal + fait sa fierté. Il a lui aussi eu ses moments de gloire et reste une réussite à l’écran. « Aujourd’hui, c’est une grande figure. Quand elle va à Abidjan, elle est très célèbre. Chacun partage sa célébrité mais aujourd’hui, c’est davantage elle », se félicite l’époux. Sauf que les deux n’ont pas basé leur vie sur la célébrité. « Nous l’avons basée sur des valeurs, la simplicité et sur Dieu. Nous ne sommes pas riches, certes célèbres, mais c’est Dieu qui donne tout et nous gérons tout cela avec tolérance », souligne Steve. Mari jaloux de l’ascension fulgurante de son épouse ? Il en rit plutôt. Autant il aime son épouse, autant il est heureux de la voir réussir. « Je l’aide plutôt. Je suis tellement heureux de la voir réussir. Je sais qu’il n’y aura aucun problème, je lui fais confiance et en plus, cela génère de l’argent pour la famille». Ce que l’animateur assume tout de même, c’est qu’avec elle, ce sont deux personnalités différentes, même s’ils font le même job et partagent le même espace. C’est sans doute la raison pour laquelle ils ne vivent pas dans la même chambre. « On se subit tout le temps dans la journée, on se côtoie plus que quiconque, donc elle a ses dépendances et j’ai les miennes. Nous n’avons pas les mêmes loisirs et nous ne regardons même pas les mêmes choses à la télévision. Nous sommes deux choses diamétralement opposées ». Un choix de vie qui n’entache en rien la belle vie de famille. « Nous avons nos moments d’échanges, l’amour nous unit, les enfants nous unissent, le couple que nous sommes nous unit, les prières du matin et du soir nous unissent », dira-t-il aussi. D’ailleurs, si le couple tient, c’est grâce à elle car « elle tient son foyer avec beaucoup d’amour et de rigueur ». Autre confidence, Inès ne regarde pas ses émissions, lui non plus ne regarde pas les siennes, en tout cas pas à la diffusion. Peut-être après pour y faire des observations. « Nous ne nous regardons pas, chacun passe son chemin », lâche-t-il en riant. Cette double personnalité influe-t-elle sur les enfants ? Difficile de le dire. Tout ce qu’on sait, c’est que le fervent chrétien évangélique a laissé les deux garçons prendre le chemin religieux de leur génitrice. Là-bas, c’est une « institution millénaire » avec une structuration sans pareille, soutient Steve. Après ? ils feront les choix qu’ils veulent. Mais pour l’heure, les deux parents leur assurent une éducation religieuse stricte. Société 24 août 2021


Fédération béninoise de Tir à l’arc: Des entraineurs de niveau 1 formés et dotés de matériels modernes
Une quinzaine d’entraîneurs de niveau 1 international de tir à l’arc ont bénéficié du 18 au 20 juillet dernier à Cotonou d’une formation sur la fabrication des accessoires des matériels modernes et locaux. Au terme des trois jours de formation, Paul Zinsou, président de la Fédération béninoise de Tir à l’Arc a doté les participants de matériels. Au cours de la cérémonie de clôture de la formation des entraîneurs de niveau 1 international de tir à l’arc, vendredi 20 août dernier à Cotonou, Paul Zinsou, président de la Fédération béninoise de Tir à l’arc a procédé à la remise de matériels aux clubs et aux ligues. Il a affirmé que cette session de formation a permis d’outiller les encadreurs , pour préparer les archers à faire face aux matériels modernes lors des prochaines compétitions nationales et internationales. Pour Paul Zinsou, c’est une révolution qui est amorcée et qui permettra aux athlètes de passer un nouveau cap. « Par le passé, nous avons développé l’arc local et on fabriquait nos arcs et nos flèches avec du bambou mais aujourd’hui, nous passons à l’arc standard », a-t-il déclaré. A l’en croire, les archers vont se familiariser désormais avec les flèches modernes afin que le matériel ne leur soit plus étranger lors des compétitions internationales. C’est pourquoi, il annonce l’usage de ces matériels modernes lors des prochains championnats nationaux. « Seuls ceux qui sont de la catégorie minime vont utiliser l’arc local, les encadreurs sont aguerris pour permettre aux archers cadets, juniors et seniors d’utiliser le matériel moderne lors des prochains championnats. Au nom des participants, Daniel Mikpon a salué la fédération pour avoir initié cette formation au profit des entraineurs de niveau 1. Fier d'avoir bénéficié des notions pouvant leur permettre de fabriquer les accessoires de leurs matériels modernes et locaux, il pense que cette session de formation marque le début d’une autre aventure professionnelle et personnelle pour les participants. « Depuis trois jours nous sommes engagés dans cette formation avec détermination, endurance et force et les connaissances acquises ne sont plus à démontrer », a-t-il déclaré. Daniel Mikpon promet qu’un bon usage sera fait des matériels offerts par la fédération béninoise de tir à l’arc au niveau des différentes ligues et des clubs actifs pour le bonheur des archers béninois. « Nous sommes plus que jamais prêts et disposés pour le travail afin de combler les attentes de la fédération », a-t-il conclu. Sports 23 août 2021


Planification familiale au Bénin : Le veto persistant des hommes
Au Bénin, les femmes tendent à avoir plus d’enfants qu’elles ne le désirent. Beaucoup d’époux s'opposent encore à l’envie de certaines femmes de jouir de leurs droits en santé sexuelle et reproductive (Dssr). Difficile pour Simone (nom d’emprunt) d’évoquer le sujet. Cette nourrice de 26 ans, déjà même de trois enfants et résidant dans la commune d’Abomey-Calavi, craint que le vent emporte son aveu à des oreilles indiscrètes. « C’est un sujet qu’on n’évoque pas dans son ménage », avertit-elle. Il a fallu la persuader pour qu’elle décide de lâcher le morceau : « Quand j’ai accouché récemment, on m’en a parlé encore. Cependant, à peine j’ai évoqué cela dans une blague avec mon mari que le jeu est clos. J’ai compris sa position et celle de ma belle-sœur. J’ai alors abandonné, mais la crainte d’une nouvelle grossesse me hante ». Si Simone dit n’avoir pas pu concrétiser son ambition, Elisabeth (nom d’emprunt), 33 ans, a dû être radicale. Aujourd’hui mère de cinq enfants, elle devrait s’arrêter à trois. Mais à la demande de son époux, le 4e enfant est conçu, puis un 5e par surprise. C’est alors que cette revendeuse de produits vivriers a décidé de prendre les choses en main. « J’en ai discuté plusieurs fois avec mon époux et il s’y est opposé. Il disait surtout que si j’accepte le planning familial, ce serait le divorce. Mais, la charge des enfants me pesait dessus. J’ai donc fait l’injection à son insu », avoue-t-elle. De cas pareils foisonnent, en silence. Même à Cotonou, la grande métropole, ce n’est pas si aisé d’avoir l’accord des époux pour la planification familiale. Fort de son expérience, Dr Comlan Vidéhouénou Agossou, gynécologue-obstétricien, perçoit le consentement du compagnon ou de l’époux comme un nœud gordien. « Ça pose des problèmes dans bien des cas où si le consentement n’est pas obtenu de la partie masculine, la femme abandonne », fait-il remarquer. Échappée belle Droit dans leurs bottes, avec souvent la pression familiale dans le dos, les époux résistent encore à recourir à la limitation des naissances. Mais en face, les risques s’alignent pour les femmes sans jamais être exhaustifs : grossesses non désirées ou rapprochées, tentation d’avortement provoqué ou clandestin, mortalité maternelle, etc. Certaines finissent par pratiquer la contraception, en cachette. « Les hommes ne prennent pas en compte l’avis ou la vie de nous les femmes par rapport à la procréation. Ils se disent maîtres du foyer et veulent imposer leur volonté quoi qu’il en soit », fulmine Élisabeth. Face à cette attitude de prendre le contrôle de la régulation des naissances dans le foyer, Dr Charlemagne Codjo Tomavo, sociologue, ne veut pas jeter la pierre à ces femmes qui ne font qu’exercer leur droit et parfois préserver leur vie. « Il est difficile d’accuser les femmes qui agissent ainsi. Lorsqu’on sait qu’il y a des hommes qui ont totalement démissionné face à leurs responsabilités parentales, laissant seule la femme supporter les charges du ménage. Il est difficile d’exiger la transparence à la femme que l’on considère comme une usine à fabriquer des enfants », analyse-t-il. En réalité, la soif de la contraception, traditionnelle et moderne, n’est pas anodine. Elle est liée aux progrès relatifs aux droits en santé sexuelle et reproductive (Dssr) au Bénin. Selon les résultats de l’enquête démographique et de santé 2017-2018, la prévalence contraceptive moderne parmi les femmes en union a augmenté. Elle est passée de 3 % en 1996 à 12 %, deux décennies plus tard. Au fil des naissances, le désir devient manifeste, voire ardent. « Il y a une décennie, c’était beaucoup plus nous qui sollicitions les femmes. Aujourd’hui, ce sont elles mêmes qui choisissent une méthode parmi la panoplie qu’on leur présente », souligne Dr Comlan Vidéhouénou Agossou. Black-out En revanche, ce n’est pas toujours spontané. Beaucoup n’arrivent pas à aller au bout. C’est une réalité prise au sérieux par Dr Serge Kitihoun, directeur de programme de l'Association béninoise pour la promotion de la famille (Abpf). « On sait que notre pays est d’une tradition pro-nataliste basée sur l’hégémonie des hommes qui doivent décider de la taille de la famille. Quel que soit le niveau intellectuel de la femme, c’est l’homme qui doit décider. Cela se perçoit lors des consultations. Les femmes vous disent que l’époux n’a pas encore décidé du nombre d’enfants pour le ménage », fait-il remarquer. Ce poids masculin est très vite rattaché à des préjugés, selon des témoignages : la peur de l’infertilité des épouses, de l’infidélité et des effets secondaires. « Il n’y a pas que le regard de l’homme. Il y a aussi celui de la belle famille qui attend d’elle à 100 % la reproduction humaine, à grande échelle. Quand il n’y a pas la grossesse, c’est perçu comme un acte de non-productivité », martèle Dr Calixte Houèdé, sociologue. Le dictat des époux n’est pas que pour faire obstacle à la pratique de la contraception. C’est parfois pour l’imposer. Léocadie A., technicienne de laboratoire, se rappelle encore l’épreuve de sa sœur. « Son mari l’a forcée à adopter une méthode contraceptive au moment où il a perdu son travail. Il disait qu’il ne pourrait pas assumer ses responsabilités si une grossesse survenait. Ma sœur n’était pas d’accord, mais elle a été obligée de le faire », confie-t-elle. D’autres préfèrent prendre le contrôle de la planification familiale. Sylvain S., 35 ans, compte sur la bague qu’il porte : « Avec ça, je suis sûr que mon épouse ne tombera pas enceinte tout de suite. Elle est sceptique par rapport aux méthodes modernes ». Faire bouger les lignes Le Partenariat de Ouagadougou se fixe l’objectif d’atteindre 13 millions d’utilisatrices en 2030 dans l’ensemble des 9 pays membres, dont le Bénin. Pour doubler ainsi la prévalence actuelle, en moins de dix ans, il va falloir compter sur les hommes. C’est ce que fait au Bénin l’Abpf. « Nous discutons avec eux des avantages. Ils sont les premiers bénéficiaires parce que la planification familiale permet d’harmoniser les charges et revenus. L’homme n’est plus surpris et donc ne se crée pas de charges involontairement. Certains comprennent et accompagnent leurs femmes dans nos cliniques pour faire les choix. Nous travaillons aussi avec les leaders communautaires, à travers des plaidoyers. Jusque-là, on n’arrive pas à convaincre tout le monde. Mais le nombre convaincu n’est pas négligeable », se réjouit Dr Serge Kitihoun. Déjà, dans les rangs des couples intellectuels, le consensus n’est plus si difficile, surtout quand viennent s’imposer les contraintes professionnelles. « Les couples de travailleurs sont souvent en accord sur la question. De mon expérience, ils discutent beaucoup entre eux et convergent du point de vue sur une méthode, surtout les méthodes de longue durée comme le dispositif ultra utérin, les implants sous-cutanés », note Dr Comlan Vidéhouénou Agossou. Les organisations impliquées dans les services de planning familial redoublent d’ardeur pour accélérer les progrès en matière d’égalité entre les femmes et les hommes d’ici 2030 dans tous les domaines y compris celui des Dssr. C’est le moment de travailler, par le dialogue, à construire ainsi une société plus inclusive où les femmes sont autonomes et jouissent pleinement de leurs droits en matière de santé de la reproduction. C’est possible d’y croire avec l’hégémonie des hommes qui tend à faiblir, du fait, selon Dr Charlemagne Codjo Tomavo, de la modernisation et de l’autonomisation de plus en plus effective de la femme. Société 23 août 2021


5e arrondissement de Cotonou: Les pêcheurs de Xwlacodji appelés à vider les lieux
Le quartier Xwlacodji de Cotonou s’apprête à se métamorphoser, dans le cadre de la rénovation du centre administratif et commercial de Ganhi. La zone occupée par les pêcheurs sera libérée en septembre prochain. A Xwlacodji, nul ne sait ni le jour ni l’heure d’une opération d’envergure qui pourrait emporter ce quartier historique. Mais la crainte d’être rasé par des engins lourds est tenace dans les esprits. Cet après-midi du 20 août 2021, ça murmure à propos de la libération prochaine d’une «?zone?» de cette partie de la côte Est de Cotonou, adossée au chenal. Dans cette agglomération de constructions précaires, le communiqué diffusé la veille appelant les pêcheurs à libérer la zone de toutes formes d’occupations reste encore confus. «?Le communiqué n’est pas précis. Il y a deux Xwlacodji et nous sommes une communauté de pêcheurs. Je ne sais pas lequel est concerné. Sinon, il y a des pêcheurs installés vers la berge. À moins qu’ils veuillent casser aussi des habitations comme ça a été le cas, il y a quelques années?», confie Ezéchiel, la trentaine. Les souvenirs des opérations de déguerpissement de 2012 et de 2019 sont ressassés sans cesse dans ce bidonville. En effet, le communiqué en question s’inscrit dans le cadre de la relance du projet de rénovation et de modernisation du centre administratif et commercial de Ganhi. Il est signé du ministre du Cadre de vie, José Tonato, et du ministre de la Décentralisation, Raphaël Akotègnon. Le gouvernement y annonce la libération de la zone occupée par les pêcheurs de ce quartier, l’un des tout premiers de Cotonou. Les opérations vont démarrer à compter du 15 septembre 2021. Sur place, les élus se refusent pour l’instant à tout commentaire à ce sujet. Pendant ce temps, la démolition de certains immeubles est en cours à la sortie du quartier, vers le chenal. Un bulldozer est en action réduisant en gravats, ce vendredi après-midi, un édifice de plusieurs étages. Beaucoup observent la scène de loin. Peut-être s’imaginent-ils si l’engin ne se tournera pas vers eux les prochaines semaines. Les précisions ne tarderont pas à tomber.   Société 23 août 2021


Sélection des aspirants-enseignants du secondaire: Le registre des inscriptions ouvert
Le test de sélection des nouveaux aspirants au métier d’enseignant dans le secondaire général pour la rentrée scolaire 2021-2022, aura lieu vers mi-septembre. A cet effet, les candidats sont invités à prendre part aux opérations d’inscription qui ont commencé et se poursuivent. Le ministère des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle est à la quête de compétences complémentaires pour renforcer la base de données des aspirants au métier de professeur dans l’Enseignement secondaire général. L’opération s’inscrit au titre de la préparation de la rentrée scolaire 2021-2022. Par le truchement d’un communiqué de presse en date du 20 août 2021, le ministre Kouaro Yves Chabi a annoncé l’organisation d’un test de sélection des futurs aspirants par matière d’enseignement, le samedi 11 septembre prochain. La sélection se fera dans dix disciplines à savoir : français, mathématiques, physique-chimie-technologie, sciences de la vie et de la terre, philosophie, allemand, espagnol, économie, éducation physique et sportive, et économie familiale et sociale. Le ministre rappelle aux candidats que l’admission au test ne donne pas systématiquement droit au redéploiement. L’opération vise d’abord et avant tout à renforcer la base de données existante. Les inscriptions ont donc démarré depuis vendredi dernier et se poursuivent jusqu’au vendredi 27 août prochain. Elles se font obligatoirement en deux phases. La première consiste en une inscription sur la plateforme secondaires.educmaster.bj, et la seconde phase est celle du dépôt du dossier physique par le candidat dans les directions départementales des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle. Ledit dossier doit comporter la fiche d’inscription obtenue après la première étape, une photocopie légalisée des diplômes académiques et professionnels (s’il y a lieu), et une photocopie légalisée de l’acte de naissance. Seuls les candidats ayant suivi ces deux étapes d’inscription prendront part aux épreuves écrites, insiste le ministre Kouaro Yves Chabi. Les diplômes académiques et professionnels retenus pour être éligibles varient d’une discipline à une autre et peuvent être consultés sur l’avis. « Sont exclus de ce test, les agents de l’Etat encore en service et, sauf pour une nécessité de changement de corps d’appartenance, les aspirants déjà inscrits dans la base de données, même non redéployés», précise-t-il. Les matières à composer au cours du test de sélection sont celles de culture générale et de spécialité suivant les niveaux des candidats. Aspirants des années antérieures S’agissant des aspirants ayant servi dans les établissements secondaires au cours de l’année écoulée, le ministre Kouaro Yves Chabi invite ceux d’entre eux qui « consentent poursuivre le service, à confirmer leur disponibilité sur la plateforme secondaires.educmaster.bj ». Il convie également les aspirants régulièrement inscrits dans la base de données mais qui n’ont pas été déployés les années antérieures, à manifester leur volonté et leur disponibilité à servir, via la même plateforme. La période retenue pour cette opération est la même que celle des inscriptions des candidats au test de sélection des aspirants au métier d’enseignant, promotion 2021-2022. Le ministre encourage toutes les personnes concernées à faire preuve de diligence, car à la fin de la période impartie pour ces différentes opérations, « l’accès à la plateforme Educmaster ne sera plus possible ». Actualités 23 août 2021


Les Pepit’Arts de Medédjonou en France: Dignes ambassadeurs culturels du Bénin à Rosny Sous-Bois
Deux grandes dates, deux grands rendez-vous. Les prestations annoncées de la troupe d’enfants les Pepit’Arts de Medédjonou à Rosny Sous-Bois en France se sont révélées de grands moments de valorisation du patrimoine culturel béninois. Les gamins ont assuré et cela augure de nombreux autres rendez-vous à venir. Grande révélation de la dernière édition du Marché africain des arts et spectacles d’Abidjan (Masa), la troupe d’enfants les Pepit’Arts de Médédjonou était attendue en France pour deux prestations après sa tournée nationale. Ces deux rendez-vous en terre française se sont révélés de grands moments de valorisation du patrimoine culturel béninois. Michel Noudégbessi, directeur artistique et premier responsable de la troupe, ne s’est pas empêché à la fin de la seconde et dernière prestation, samedi 21 août, d’exprimer toute sa satisfaction. « Ça a vraiment cartonné, la dynamique continue!», s’est-il exclamé, joint par notre Rédaction par téléphone. Le patron des « Pepit’Arts » a été particulièrement enchanté par les émotions du public. Lesquelles, selon lui, résument bien la joie que ceux-ci ont pu ressentir en suivant les soixante-quinze minutes de prestations des jeunes enfants de Médédjonou. « Grand public et très beau spectacle », s’est exprimé une personnalité béninoise vivant en France qui, pour la première fois, a pu suivre une prestation de ces enfants dont les échos font le tour du monde depuis peu. Pour l’expédition française, le nombre des enfants a été revu à la baisse, sans doute pour des questions de logistique. Ils n’étaient que 19 sur scène, mais cela n’aura rien ôté à la qualité du spectacle. Bien au contraire, il était d’un niveau relevé, avec des enfants dont la détermination à battre le tambour, à exécuter les pas de danse, à exécuter de leur plus belle voix les chants patrimoniaux de leur terroir est notoire. L’occupation scénique a été revue et améliorée. Le costume pour sa part n’aura jamais été aussi valorisant pour le patrimoine culturel béninois. En somme, un tout en un qui n’aura laissé personne indifférent. Les spectateurs qui ont effectué le déplacement aussi bien de la salle des fêtes de la mairie de Rosny Sous-Bois (Paris) que pour la soirée inaugurale du festival « Danses patrimoniales du Bénin » ont eu droit à une belle visite des arts et culture du Bénin à travers les prestations de la troupe d’enfants. Le représentant de l’ambassadeur du Bénin en France, le maire de Servon en Seine-et-Marne, les dirigeants du groupe Evariste (Btp), grands amoureux du Bénin, les présidents des associations des Béninois en France… ont unanimement reconnu le talent exceptionnel des jeunes artistes. De quoi se frotter les mains, indique Michel Noudégbessi. Pour lui, le plus dur commence maintenant et le pari de la promotion et de la valorisation du patrimoine béninois aux quatre coins du monde reste plus qu’un défi. Culture 23 août 2021


1re édition de la Ligue Pro de Volley-ball du Bénin: Finances Vbc hommes et Etoile Filante dames sacrés champions
La première édition de la Ligue Pro de Volley-ball du Bénin s’est achevée le week-end dernier avec les matchs de l’ultime journée de la compétition. Victorieuse de Vesos par le score de 3-2, Etoile Filante s’est adjugé le trophée chez les dames tandis que chez les hommes, Finances Vbc a été sacré champion. Les amoureux du volleyball ont eu droit, samedi 21 août dernier, à une belle partie entre Vesos et Etoile Filante chez les dames lors de l’ultime journée de la première édition de la Ligue Pro de Volleyball du Bénin au Hall des Arts, Loisirs et Sports de Cotonou. En tête du classement avec 14 points, Etoile Filante a dû sortir la grosse artillerie pour venir à bout des dames de Vesos qui se sont vite lancées dans ce match. Vesos, 12 points au compteur avant cette rencontre décisive s’est vite donné les moyens en remportant les deux premiers sets du match (25-18, 25-22). Mais à partir du troisième set, Julienne Odjo Tanko, meilleure joueuse du tournoi, Adama Arouna, meilleur service dame de la compétition et leurs coéquipières vont changer le cours de la partie. Elles jouent le match de leur vie pour remporter respectivement les 3e et 4e sets (22-25 16- 25) avant de bénéficier du tie break qui leur a permis d’achever Vesos 10-15. Vainqueurs, elles sont reparties avec un trophée, des médailles et un chèque d’un million de F Cfa. Fortune identique pour Finances Vbc, sacré champion chez les hommes avant cette ultime journée. Deuxième au classement avec 18 points chez les hommes, Allada Vbc s’est imposé à Adjidja par 3-0 (25-18, 25-21, 25-23). Vice-champions, ils repartent avec un trophée, des médailles et une enveloppe de 500 000 F Cfa. Avant cette confrontation chez les dames, Allada Vbc n’a pas pu laver l’affront face à Adjidja Vbc 3e au classement avec 4 points. Il finit avec une défaite et reste la lanterne rouge de la compétition 3-0 ( 25-15, 25-22, 25-15). Respectivement troisième chez les dames et chez les hommes, Adjidja Vbc et Us Sakaré ont reçu une enveloppe de 250 000 F Cfa chacun tandis que Allada Vbc (Dames) et Energie (hommes) ont été récompensés pour leur fairplay. Récompenses individuelles Meilleur service dame : Adama Arouna de Etoile Filante Meilleur service homme : Moukaila Tidjani ( Finances ) Meilleure passeuse : Rafi baké Issa Idrissou ( Etoile filante) Meilleur passeur : Chabi Gafarou (Allada) Meilleure attaquante : Dame Julienne Odjo Tanko ( Etoile filante) Meilleur attaquant : Saleck Tabé (Finances) Meilleure Bloc dame : Marduyath Gnagbo Vesos Meilleur bloc homme : Hamid Baparapé ( Adjidja) Meilleure libero dame : Adjarath Barassounon ( Adjidja) Meilleur Libero homme : Denis Tovitchédé (Énergie) Meilleure joueuse chez les dames : Julienne Odjo Tanko ( Étoile filante) Meilleur joueur chez les hommes : Raoul Gaba ( USB Sakaré) Sports 23 août 2021


Championnat national Dames U16-U18; Main Magique leader, Ascec se relance
Lancées mardi 17 août dernier au stade Charles de Gaulle de Porto-Novo, les phases finales du Championnat national petites Catégories chez les Dames 2020-2021 vont s’achever ce week-end. En match d’ouverture, la formation d’Ibaad a été battue par Main Magique 8-58 en U16 tandis que 2A2B est difficilement venue à bout de Ascec 31-28 chez les U18. Au nombre des trois rencontres au programme hier, seulement deux ont pu se tenir pour le compte de la deuxième journée du tournoi. C’est ainsi que la formation de Main Magique s’est débarrassée de Réal sports Basketball Club par le score de 33-30 chez les U16. Chez les U18, Ascec s’est relancée dans la compétition en dominant Kabas qui faisait son entrée en lice par 39-31? Ch.H Résultats 3e Journée : mercredi 18 Août 2021 Réal Sports 65 # 15 Ibaad (U16) Kabas # 2A2B (U18) Associés # Asec (20) 2e Journée : mercredi 18 Août 2021 Réal Sports 30 # 33 Main Magique (U16) Kabas 31 # 39 Asec (U18) Associés # Asec (U20) (Match pas joué) 1re Journée : mardi 17 Août 2021 U16 : Ibaad 8 # 58 Main Magique U18 : 2A2B 31 # 28 Asec Sports 20 août 2021


Université d’Abomey-Calavi: La démolition des résidences en ruine entamée
Des coups de marteau s’abattent, depuis ce jeudi 19 août, sur le bâtiment Kim II Sung (Kis) du campus de l’Université d’Abomey-Calavi. Décidée en conseil des ministres, il y a deux mois, la démolition des deux résidences universitaires en état de délabrement a démarré. Portes et fenêtres du rez-de-chaussée éventrées. De jeunes ouvriers, casques et gilets au point, réduisent en caillasses les murs du bâtiment Kim II Sung (Kis). De ce bâtiment jouxtant le jardin universitaire du campus de l’Université d’Abomey-calavi, il ne reste plus de vie. Dehors, aux alentours, ses derniers occupants rangent leurs effets : sacs, tam-tams, cartons, ustensiles de cuisine, nattes, etc. Ils partent, pour la plupart, pour une destination inconnue. Assis près de ses bagages, Emmanuel H., étudiant en Linguistique, fixe son regard dans le vide. « Je suis triste. Nous n’avons pas encore un lieu où nous loger d’abord, le temps de finir les examens de rattrapage », confie-t-il. Pourtant, déjà en mars 2021, le Centre des œuvres universitaires et sociales (Cous) de l’Université d’Abomey-Calavi a intimé l’ordre de vider les lieux. Ceci, avant même que n’intervienne la décision du gouvernement en juin 2021 de démolir ces vieilles constructions. « Comme ce sont deux bâtiments qui sont concernés par la démolition, je pensais que le gouvernement allait commencer par Hassan 2 qui n’est pas occupé. Nous avons été surpris, cet après-midi, que les travaux aient démarré effectivement. Nous sommes obligés de sortir nos effets. Si on peut nous loger ailleurs, ce serait bien », se défend Emmanuel H. Enrayer le danger ! Du côté des ouvriers, on se concentre plutôt sur la mission: démolir le bâtiment comme en a décidé le gouvernement lors du Conseil des ministres du 16 juin 2021. La raison invoquée est qu’il n’offre plus de sécurité optimale d’habitabilité. « De sérieuses dégradations sont constatées sur le bâtiment dit Kis au regard desquelles le rapport d’expertise recommande sa démolition et la construction d’un autre immeuble», avait justifié le gouvernement. En ce qui concerne le bâtiment Hassan II qui connaîtra aussi le même sort, s’il ne présente pas de dégradations apparentes, il est cependant soumis à un phénomène vibratoire de plus en plus croissant qui ne permet pas son occupation. Ce sont des précautions sécuritaires que les associations d’étudiants ne contestent pas, mais plaident pour de nouvelles constructions. « On sait tous que le bâtiment constitue un danger. Avec cette démolition, le souhait ardent des étudiants est qu’il y ait de nouvelles constructions pour accroître la capacité d’accueil dans les résidences universitaires. Ça fait mal pour ceux qui sont là, mais on n'a pas le choix », déclare Ludger Zannou, président de l’Union nationale des scolaires et étudiants du Bénin (Unseb). En attendant, les occupants illégaux se cherchent des abris, pour ne pas dormir à la belle étoile. Actualités 20 août 2021


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