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Promotion des droits de la femme au Bénin: L’Etat s’implique et les lignes bougent
Malgré les résistances et toutes les formes de discriminations dont elles sont victimes, les femmes étudient, travaillent et s’imposent. Peut-être que nous sommes à l’ère d’une révolution tranquille sur fond de déclin de l’empire masculin mais avec une parfaite implication de certains hommes de pouvoir qui ont compris que le développement de la société se construit au prix des efforts de toutes les couches, sans distinction aucune. Le Bénin semble s’engager dans cette dynamique, en témoignent deux actes majeurs enregistrés au cours de ces derniers mois: une femme au poste de vice-président de la République et la rénovation de l’Institut national de promotion de la Femme avec des prérogatives importantes pour des actions en faveur de la femme. La volonté politique semble être au rendez-vous de la promotion et de la protection des femmes au Bénin. Et, la décision du Conseil des ministres en date du 21 juillet 2021 sur l’approbation des statuts de l’Institut national de la Femme (Inpf) en est un élément important de preuve. Il s’agit là d’un nouveau départ dans la vie de cet organe dédié à sa création en décembre 2009, à la promotion de la femme, servant de cadre de réflexions et d’études. Aujourd’hui, l’institut est entièrement réorganisé avec des missions et attributions clairement définies. Sous sa nouvelle configuration, il est rattaché directement à la présidence de la République. C’est désormais un organisme public doté d’une personnalité juridique, de l’autonomie financière et de prérogatives importantes pour mener des actions plus déterminantes en faveur de la femme. Sa principale mission: Œuvrer à la promotion de la femme, tant sur les plans politique, économique, social, juridique et culturel, aussi bien dans la sphère publique que privée. Il est aussi chargé de lutter contre toutes les formes de discriminations et de violences à l’égard de la femme. L’Institut national pour la promotion de la Femme nouvelle version servira de cadre de concertation avec les Organisations de la Société civile œuvrant à la protection et à la promotion de la femme. Il disposera également d’un service actif d’écoute pour recevoir les dénonciations de faits de discrimination ou de violences à l’égard des femmes avec le droit d’ester en justice et de se constituer partie civile pour ces faits. Le Bénin à l’instar de plusieurs autres pays africains est resté traditionaliste pendant longtemps avec une suprématie de l’homme sur la femme dans presque tous les domaines. Cet état de choses continue de freiner la pleine implication des femmes dans le développement de la cité. Quand bien même les femmes se démarquent et s’imposent dans les activités commerciales, très peu parmi elles réussissent à résister aux diverses formes de discriminations et de violences pour émerger dans des domaines apparemment dédiés aux hommes. Pourtant, la Constitution béninoise en son article 124 reconnait l’égalité entre l’homme et la femme. Et malgré cette importante disposition de la loi fondamentale, les femmes ont pendant longtemps assuré les seconds rôles et assistent impuissantes au non-respect de leurs droits. Les violences à l’égard des femmes persistent… Les violences subies par les femmes constituent l’une des violations des droits de l’homme les plus répandues dans le monde. Viol, harcèlement sexuel, violence physique, morale, mariage précoce et bien d’autres encore, les femmes subissent toutes sortes d’atrocités. Des cas enregistrés sur le territoire national : - Un viol collectif en date du 10 juillet 2021 sur une jeune fille de vingt (20) ans à Kansoukpa dans la commune d’Abomey-Calavi. Aux environs de dix-sept heures alors qu’il faisait encore jour, deux jeunes hommes profitent du calme qui règne dans la localité pour abuser d’elle en recourant à des actes d’intimidation orchestrés à l’aide d’un coupe-coupe. Une fois le forfait commis, ils font avaler à la victime une poudre au goût salé en lui intimant l’ordre de garder secret ce qui venait de se passer sinon, elle mourra. D’après les investigations, les auteurs de ce viol ne sont pas à leur premier forfait, ils sont des habitués du fait et jusqu’ici n’ont pas encore été démasqués. - Le harcèlement de rue perdure quand bien même on note une timide prise de conscience à ce sujet. En pleine circulation, au milieu des taxis motos parfois sous un soleil ardent, les femmes sont surprises par un coup dans le postérieur. Impossible de reconnaitre l’auteur. C’est aussi une forme de violence mais l’acte ne choque visiblement personne. - Une jeune femme recrutée au profit d’un programme de promotion des droits humains pour aider les victimes de violences basées sur le genre est victime de harcèlement sexuel de la part d’un directeur départemental de l’administration publique. Elle confesse qu’elle s’est prêtée au jeu durant la première année de son service mais qu’à partir de la deuxième année elle est tombée enceinte de son compagnon espérant ainsi décourager son harceleur. Mais ce dernier n’a pas désemparé et était prêt à entretenir des relations intimes avec elle bien qu’étant enceinte, si elle lui donne l’occasion. La jeune femme, grâce à la qualité de son travail a eu d’autres offres d’emploi et a préféré démissionner de la structure. Elle a gardé le silence et n’a pas porté plainte. (Histoire tirée du recueil de témoignages sur le harcèlement sexuel en milieu professionnel publié par Wanep-Bénin en novembre 2020). - 69 % des femmes béninoises disent avoir subi au moins une fois dans leur vie des violences basées sur le genre (Vbg). Avec l’appui de Médecins du Monde, les trois Centres intégrés départementaux de coordination pour la prise en charge des victimes de Vbg enregistrent une augmentation de leur fréquentation. En quatre ans, entre 2014 et 2017, 729 victimes sont accompagnées, 489 victimes en 2018, 622 en 2019 et 814 en 2020. - Le harcèlement en milieu professionnel, scolaire et universitaire bat toujours son plein. Les déballages sont légion, certains sont suivis des actions en justice afin que la loi soit dite car le pays dispose d’un arsenal juridique et institutionnel approprié pour promouvoir l’égalité des genres et protéger les droits des femmes et des filles. Les causes de la faible participation des femmes aux affaires politiques La Constitution, les lois et autres textes en vigueur au Bénin reconnaissent l’égalité des sexes. Du point de vue institutionnel, le terrain est balisé pour une parfaite implication des femmes dans les affaires publiques. Les obstacles se situent au niveau individuel avec des facteurs psychosociologiques. Certains hommes ne sont pas à l’aise lorsque les femmes évoluent. C’est à croire que ce faisant, elles sont dans une sorte de concurrence ou que des rapports de forces les opposent. Mais il y a lieu de s’interroger par exemple sur le comportement des femmes face à ces responsabilités qu’elles aspirent assumer ? Croient-elles véritablement en leurs ambitions? Des femmes constituent également des obstacles pour les femmes. Dans le monde du travail, il est rare de voir des femmes s’entraider, se soutenir pour de meilleurs résultats. Une méfiance permanente des femmes envers leurs paires est constatée. La formation et le statut professionnel comptent pour beaucoup car le niveau d’instruction est un critère d’éligibilité pour la nomination aussi bien des hommes que des femmes. Les obligations familiales, les travaux domestiques, le cumul des activités professionnelles et domestiques occupent largement la femme et l’empêchent de faire ses preuves sur le terrain politique. On note aussi chez la femme, le manque de confiance en soi, la timidité, la peur de prendre la parole en public, en bref des éléments structurels, situationnels et de socialisation constituent des facteurs inhibiteurs de la participation de la femme à la vie politique. Les femmes dans la vie politique nationale… Malgré ce plafond de verre qui constitue une barrière au plein épanouissement de la femme dans la société, il y a une marche inexorable de la gent féminine vers la gestion des affaires publiques. Les femmes sortent de leur timidité d’entre temps, les esprits s’éclairent et graduellement elles arpentent les marches des sphères du pouvoir et s’y stabilisent. - L’histoire renseigne que plusieurs femmes ont marqué la vie politique nationale par leur engagement et la qualité de leurs actions dans l’arène publique. La participation de la femme béninoise à la vie politique remonte au 19e siècle précisément sous le règne du roi Guézo. En son temps, les amazones, corps d’armée féminin, ont permis de gagner des guerres et d’étendre l’hégémonie du royaume de Danxomè. A l’avènement de la colonisation, on note la présence d’une femme, Madame Poisson, au sein du Conseil Général du Dahomey (1946) qui comptait 30 membres. - Depuis l’indépendance à nos jours, les femmes font parler d’elles en politique et dans les instances de prise de décisions. Elles se décident à assumer des responsabilités et occupent des fonctions majeures dans l’appareil étatique. En cette année 2021, une femme est vice-présidente de la République, on y est arrivé vingt ans après qu’une femme en la personne de Marie Élise Gbèdo s’est présentée pour la première fois comme candidate à l’élection présidentielle. - Depuis 1990, la Cour constitutionnelle, haute juridiction de l’Etat, a connu deux femmes présidentes pour trois hommes présidents. Elisabeth Pognon de 1993 à 1998 et Feue Conceptia Ouinsou de 1998 à 2008. De la toute première présidente de la Cour constitutionnelle, Elisabeth Pognon, l’on retient son rôle combien important dans la consolidation de la démocratie et l’Etat de droit au Bénin. Tout au long du processus de l’élection présidentielle de 1996 jusqu’à la proclamation des résultats. Elle avait été acclamée pour la rigueur et le courage dont elle avait fait preuve dans ces situations délicates. - Marie Cécile de Dravo Zinzindohoué préside actuellement les destinées de la Haute Cour de Justice, institution compétente pour juger le président de la République et les membres du gouvernement à raison de faits qualifiés de haute trahison, d’infractions commises dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions, ainsi que pour juger leurs complices en cas de complot contre la sûreté de l’État. - La Cour des comptes, la plus haute juridiction du Bénin en matière de contrôle des comptes publics, est devenue fonctionnelle sous sa forme actuelle le 7 mai 2021 et est présidée par une femme, Ismath Bio Tchané Mamadou. Sa création vient en réponse à l’obligation faite aux Etats membres de l’Uemoa de disposer d’une Cour des comptes nationale et autonome. Une combinaison de plusieurs initiatives utiles… La promotion de la femme est l’un des arguments qui avaient été évoqués lors du débat sur le premier projet de révision de la Constitution. La même préoccupation couplée cette fois-ci avec la création de la Cour des comptes a une fois encore fait l’actualité à l’occasion du deuxième passage de la révision de la loi fondamentale. La promotion de la femme est une lente marche évolutive. Des résultats positifs seront obtenus à la suite d’une combinaison d’initiatives bien pensées et ce n’est point l’affaire d’une seule personne. L’efficacité du fonctionnement de la chaine pénale et de l’appareil judiciaire semble importante à intégrer dans les stratégies. Des initiatives éducatives de la société civile visant à booster le leadership des femmes pourraient également être mises à contribution pour l’atteinte des résultats un peu comme la campagne pour la promotion de l’égalité du genre lancée en juillet 2021 au Togo dénommée « HEforSHE » entendez «lui pour elle ». La campagne promeut la sensibilisation pour l’implication des hommes, chefs d’entreprises, chefs d’Etat, en un mot tous les leaders du monde, dans la défense des droits des femmes. L’atteinte des objectifs dépendra aussi des ressources financières disponibles et de l’efficacité des activités. Dans le cas de figure de l’Institut national de promotion de la Femme, les ressources accordées et la célérité de chaque acteur à la tâche conditionneront la concrétisation de la volonté politique affichée. Zakiath LATOUNDJI Journaliste/Présidente UPMB Société 05 août 2021


Moumouni Imorou Karimou, chef de mission de la Composante Soja/Padefip: « Le Bénin tirerait mieux profit de la filière soja si les flux sont maîtrisés »
L’état des lieux de la commercialisation du soja n’est guère reluisant au Bénin. Il urge qu’elle soit mieux organisée à travers la mise en place d’un mécanisme au cœur duquel sera placé le producteur de soja, soutient Moumouni Imorou Karimou, chef de mission de la Composante 1 « Appui à l’essor de la filière soja » du Projet d’appui au développement des filières protéiniques (Padefip) dans cet entretien. Interview… La Nation : Réunis en atelier, jeudi 22 juillet dernier, les acteurs clés de la filière soja ont réfléchi sur la définition d’une stratégie de maîtrise des flux pour la commercialisation du soja-grain. Qu’est-ce qui justifie la nécessité d’un tel mécanisme ? Moumouni Imorou Karimou : Actuellement, la commercialisation du soja grain est au début de sa structuration, pour ne pas dire qu’elle ne l’est pas. L’Etat intervient à travers la fixation d’un prix plancher et le lancement de la campagne de commercialisation. On note une forte implication des acteurs du secteur privé. Au nombre de ceux-ci, nous avons les producteurs et les collecteurs primaires qui achètent pour transformer directement ou pour revendre sur un autre marché. A un deuxième niveau, il y a les collecteurs secondaires et semi-grossistes. Et c’est là le véritable problème de la commercialisation. Tout se joue à ce niveau : soit ce sont des gens qui sont à leur propre compte et qui se mettent en liaison avec les transformateurs ou les exportateurs. Après, nous avons les grossistes qui sont en liaison avec les exportateurs et les sociétés de transformation. Nous avons également les transformateurs/commerçants qui agissent selon que la transformation ou l’exportation les arrange ; ce qui fait qu’on n’arrive pas trop à maîtriser les flux réels en direction de la transformation. A un autre niveau, les exportateurs qu’on ne devrait attendre qu’à Cotonou se retrouvent parfois sur le terrain. Avec leur force financière, ils viennent parfois perturber le marché, ce qui fait que les prix planchers fixés ne sont pas respectés. De par la croissance soutenue de la demande du marché mondial de soja grain et ses dérivés et au regard des conditions agroécologiques favorables et du réel intérêt des exploitants agricoles et de leur engagement, le Bénin pourrait mieux tirer profit de la filière soja si des dispositions idoines sont prises pour mieux structurer la commercialisation. En résumé, quels sont les problèmes récurrents rencontrés dans la commercialisation du soja-grain ? Cinq grands problèmes sont notés dans la commercialisation du soja-grain au Bénin. Le premier problème, comme je l’ai souligné tantôt, c’est le non-respect du prix plancher (fixé par l’Etat) par les grossistes et autres acteurs qui interviennent dans les circuits de commercialisation. Le deuxième problème, c’est la faible démarcation des rôles entre acteurs. Des transformateurs deviennent commerçants ou des collecteurs deviennent exportateurs et vice versa. Le troisième problème, c’est la non-maîtrise des flux : on ne sait ce qui est vraiment transformé sur place et ce qui est réellement exporté. Les échanges avec le Nigéria se font via Nikki, Dassa ou Kétou. Ceux avec le Togo se font via Djougou, Bassila et Bantè. De fait, il y a une faible traçabilité des flux qui impacte la qualité des produits. Il faut améliorer la traçabilité pour répondre réellement aux exigences des exportateurs du soja. Cela permettra de ne plus vivre la malheureuse expérience des années 90 avec les noix de cajou. A l’époque, la non-maîtrise des échanges avec les voisins de l’Est et de l’Ouest a plombé la qualité et le prix à l’exportation des noix de cajou du Bénin. Enfin, il y a l’insuffisance des infrastructures de stockage, notamment les magasins de convergence et les magasins de pré-collecte. Que préconisez-vous alors pour une meilleure organisation de la commercialisation du soja ? Le premier élément pour mieux contrôler les échanges, c’est de mieux impliquer les collectivités locales des zones de production pour assurer une certaine traçabilité. La perception des taxes de développement local devrait nous permettre de savoir quelle est la production au niveau de chaque commune. Une collaboration entre les Agences territoriales de développement agricole (Atda), les directions départementales de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (Ddaep) et les collectivités locales permettrait d’avoir une certaine traçabilité des produits. Le deuxième élément, c’est l’implémentation des infrastructures de stockage dans les villes de concentration. Cela permettra de mieux maîtriser les flux par un meilleur contrôle au niveau des zones d’échanges. Il est également question de promouvoir et de développer les liens d’affaires entre les acteurs sous forme d’agriculture contractuelle. Cela veut dire qu’un groupement, une coopérative ou une union communale des producteurs se mettent en relation d’affaires avec des transformateurs ou des exportateurs. Pour développer ces liens d’affaires, il y a lieu de promouvoir les ventes groupées, le warrantage comme leviers de financement des exploitations agricoles. La rencontre du 22 juillet dernier est organisée dans le cadre de la composante Soja du Projet d’appui au développement des filières protéiniques (Padefip). Rappelez-nous les objectifs du projet ! La composante « Appui à l’essor de la filière soja » est l’une des deux composantes opérationnelles du Padefip qui vise à contribuer à l’augmentation des revenus des producteurs du Centre du Bénin (Zou et Collines) ainsi qu’à l’accroissement de la disponibilité en protéines accessibles financièrement en milieu rural. De façon spécifique, cette composante permettra d’améliorer la compétitivité de la filière soja à travers des actions de renforcement au niveau de chaque maillon de la chaîne de valeur : production, commercialisation, transformation. Le soja est une des principales cultures dans le monde et sa production dépasse 132 millions de tonnes. Cette légumineuse est remarquable de par sa grande richesse en glucides (33,9 %), protéines (33,7 %), vitamines (A, B, C, D, E, etc.), sels minéraux (fer, calcium, phosphate) et en lipides (20 %). En matière de production, le projet a pour but de mettre en place une filière semencière locale de qualité, de diffuser des itinéraires techniques adaptés, de renforcer les capacités des organisations de producteurs à développer des services économiques à leurs membres. En termes de commercialisation, il s’agit de mettre en place des systèmes de mise en marché des produits de la filière, notamment le warrantage pour atténuer les variations de prix intra-annuelles. Le projet vise également à apporter un appui aux transformatrices de soja locales pour répondre à la hausse de la demande en améliorant les techniques et conditions de transformation artisanales, la qualité, la diversification et la promotion des produits. Economie 05 août 2021


Enseignement secondaire général au Bénin: La stratégie nationale de relance du sous-secteur en élaboration
La dynamique des réformes dans le secteur de l’éducation prend également en compte l’Enseignement secondaire général. Acteurs du système, cadres, experts et partenaires techniques sont invités à réfléchir aux orientations profondes à donner au sous-secteur en harmonie avec la vision du gouvernement. A cette fin, Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’Etat chargé du Développement et de la Coordination de l’Action gouvernementale, a procédé hier mercredi 4 août au lancement officiel de l’élaboration de la Stratégie nationale de l’Enseignement secondaire général au Bénin. Dans son ambition de hisser le système éducatif du Bénin au rang des plus performants de la sous-région, le gouvernement ne veut laisser aucun sous-secteur à la traine. Après avoir réalisé la Stratégie nationale de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, le cap est désormais mis sur la Stratégie nationale de l’Enseignement secondaire général. Son élaboration a été lancée hier par Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’Etat chargé du Développement et de la Coordination de l’Action gouvernementale en présence de son collègue Yves Kouaro Chabi, ministre des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle. « L’amélioration des performances de l’éducation est l’une des priorités du gouvernement… Le gouvernement se donne comme ambition de doter chaque secteur du système d’une stratégie globale pour assurer un pilotage cohérent efficace et rationnel, en adéquation avec la vision du chef de l’Etat », a expliqué Yves Kouaro Chabi, lors de la cérémonie de lancement de l’élaboration de la Stratégie nationale de l’Enseignement secondaire général. Il s’agit, à en croire le ministre de tutelle, d’élaborer un document cohérent qui permettra d’assurer l’enseignement secondaire général en harmonie avec les politiques gouvernementales. Pour ce faire, les travaux sont confiés à une équipe compétente qui travaillera avec tous les acteurs du secteur. La mission est noble et l’attente est grande. Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’Etat chargé du Développement et de la Coordination de l’Action gouvernementale, l’a fait savoir aux membres de l’équipe. Il rappelle que le chef de l’Etat attache du prix à l’éducation et entend hisser ce secteur au rang des plus performants de la sous-région. Le ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané insiste sur les réformes déjà engagées dans le sous-secteur et attire l’attention sur l’arrimage nécessaire entre la formation technique et l’enseignement général quand bien même le gouvernement entend inverser la tendance des flux des apprenants dans le système scolaire. L’Exécutif, par la voix des deux ministres présents, a d’ailleurs salué l’Agence française de développement et la Banque mondiale qui soutiennent les réformes dans le secteur de l’éducation. Par ailleurs, le ministre d’Etat a réaffirmé la satisfaction du gouvernement pour les efforts faits par les acteurs du secteur de l’éducation; lesquels efforts se sont traduits par les résultats obtenus lors des différents examens nationaux en l’occurrence le Baccalauréat avec plus de 64 % de succès. L’élaboration de la Stratégie nationale de l’Enseignement secondaire général va s’inspirer des bonnes pratiques tirées de l’élaboration de la Stratégie nationale de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle. Wilfrid Djènontin, coordonnateur du Projet d’appui à l’enseignement secondaire au Bénin précise que la stratégie de l’Enseignement secondaire général s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Plan sectoriel de l’éducation qui est orienté vers une offre diversifiée et inclusive. Education 05 août 2021


Commercialisation de légumes au Bénin: La tomate signe son retour, avec des craintes
Dans les marchés du Bénin, la tendance du prix de la tomate fraîche est baissière. Cependant, au marché Dantokpa, les commerçantes ne s’en réjouissent pas trop. Le jour vient à peine de se lever sur Dantokpa. Mais déjà, aux encablures du collège d’enseignement général qui porte son nom, la tomate fraiche draine de la clientèle. Difficile de se frayer un chemin dans les couloirs. Vers 10 heures, les premiers acheteurs convoient sur taxi-moto leurs produits. Des véhicules lourdement chargés en apportent davantage, même dans l’après-midi. C’est le retour de la tomate locale, signale Justin Ahouinon, transporteur venu d’Allada, à 50 km de Cotonou. « Depuis un mois, nous avons la variété locale. Elle a connu un retard du fait des poches de sècheresse. Néanmoins, les producteurs peuvent maintenant sourire, même si le panier est vendu entre 3 500 et 4 500 F Cfa», confie-t-il. De son véhicule, des paniers de tomate attendent d’être livrés. Les grossistes saisissent l’occasion pour faire de bonnes affaires. « Le prix varie en fonction de la grosseur du panier. On en profite parce que la variété nigériane n’est plus disponible», selon Mariama Hounton, une grossiste. L’Institut national de la statistique et de la démographie confirme cette tendance baissière. C’est ce qui ressort de son bulletin hebdomadaire de la semaine du 19 au 25 juillet 2021 publié, lundi dernier. Le prix moyen du kilo de tomate fraiche a chuté de 30,5 % à Cotonou, 10,3 % à Porto-Novo, 25,3 % à Natitingou et 20,2 % à Bohicon. « La baisse des prix de cette denrée s’explique par l’abondance du produit sur le marché ; une abondance liée aux nouvelles récoltes », explique l’institut. Craintes d’une chute libre Le retour de l’or rouge devrait pouvoir réjouir les commerçants. Cependant, ils ne le sont pas pour autant. « On n’a pas la possibilité d’exporter comme par le passé vers le Nigeria. Si c’était le cas, on cède vite et on gagne un peu plus. A ce rythme, ce sera encore moins cher. On risque de vendre le panier à 1 000 F Cfa les prochaines semaines », se plaint Mariama Hounton. Une chute libre. Ce ne serait pas la première pour cette filière qui fait souvent face à des pertes post-récoltes. Les producteurs en ont déjà souffert en septembre 2019 avec la fermeture des frontières nigérianes. La Covid-19 et les contraintes liées à la circulation des denrées alimentaires pourraient peser cette fois-ci dans la balance. « Normalement, le coût devrait être élevé ces temps-ci, c’est-à-dire 7 000 F Cfa. Car, on l’exportait beaucoup plus au Nigeria. Maintenant que nous n’avons plus vraiment cette possibilité, le prix chute déjà de trop », s’inquiète Julien Ahouinon. Ingénieur agronome, spécialisé dans le maraîchage, Wilfried Yehouessi, voit la porte de sortie durable dans la transformation. « L’idéal pour mieux la conserver, c’est de la transformer en des produits consommés, en purée, en tomate pelée, séchée, etc. une fois transformée, il faut la distribution et surtout veiller au contrôle qualité », insiste-t-il. Avec une production de plus de 70 000 tonnes par an, la tomate est une filière à prioriser. Le gouvernement y travaille. De leurs côtés, les producteurs et les commerçants attendent d’être soulagés, enfin. Economie 04 août 2021


Modernisation du secteur agricole au Bénin: Une soif de crédit pour booster la production
Au Bénin, les producteurs ressentent de plus en plus le besoin de recourir à des crédits agricoles. En 2020, le gouvernement a dû mettre en place une ligne de 100 milliards de F Cfa pour des facilitations financières à cet effet. Plus de 4, 472 milliards de F Cfa ont été déjà accordés. Un crédit agricole est essentiel pour la vie d’une exploitation. C’est Claude Dénakpo qui le dit. Pour ce promoteur agricole résidant à Zinvié, à 35 km de Cotonou, tout comme l’argent est le nerf de la guerre, les moyens financiers apportent de l’oxygène pour la croissance agricole. Fort d’une décennie d’expérience dans la pisciculture, il a ses raisons. « Dans le sous-secteur piscicole, les installations sont coûteuses. Il y a un véritable besoin de fonds de roulement. Sans me tromper, c’est le sous-secteur qui demande le plus de moyens. Le crédit agricole est donc déterminant pour investir et faire face aux charges de l’exploitation », argumente-t-il. Et il n’est pas le seul à le croire. Dans une étude publiée en février 2021 dans les annales de sciences économiques de l’Université d’Abomey-Calavi, Augustin Chabossou et Armand Akpa ont réussi à faire le lien entre l’inclusion financière et la croissance agricole. « L’augmentation de l’accès des services financiers à partir de la multiplication des points de services conduit à une augmentation du crédit qui conduit finalement à une augmentation de la production agricole. Autrement dit, l’inclusion financière est un moteur important de la croissance agricole au Bénin », renseigne l’étude. Ainsi, pour beaucoup de promoteurs agricoles, le crédit est devenu le terreau pour booster la production. En juillet 2020, le gouvernement a décidé de mettre en place, au Fonds national pour le développement agricole (Fnda) « une ligne d’abondement de 100 milliards F Cfa ». Une partie permettra à l’institution de garantir à hauteur de 50 % les besoins de financement exprimés par les exploitants agricoles. Une autre servira à amortir le taux d’intérêt de ces exploitants qui ont des projets d’équipements à 2 %. Une forte demande Dans les locaux du Fnda à Akpakpa, les dossiers affluent. « Nous avons plus de 3 000 demandeurs. Parce que les producteurs sont restés assoiffés très longtemps de financements. Depuis la disparition de la Caisse nationale de crédit agricole (Cnca), il n’y avait plus d’instrument public dédié au financement de l’agriculture. Ce qui se fait aujourd’hui, c’est de l’inédit », confie Léonard Valère Houssou, directeur général du Fnda. A la date du 30 juin 2021, plus de 4,47 milliards de F Cfa de crédit ont été déjà accordés pour 54 projets. La filière de l’ananas est en tête avec 2,51 milliards F Cfa et un taux d’engagement de 65 %. Vient ensuite la filière des œufs de table pour 594,3 millions de F Cfa de crédit octroyé. Les filières maïs, maraichage, diversification et arboriculture fruitière sont encore loin du taux d’engagement de la filière ananas. Pourtant, à en croire Valère Houssou, les critères ne sont pas si complexes. Il faut être une Pme/Pmi agricole, une coopérative immatriculée ou un exploitant individuel fiscalement identifiable. Les bénéficiaires doivent disposer d’un projet transformé en « business plan» et identifier eux-mêmes une banque ou un système financier décentralisé. L’Agence territoriale de développement agricole (Atda) de la zone de production est implicitement associée. « Dans le montage de votre dossier, vous devez faire en sorte d’être reconnus par votre Atda d’origine. Leur rôle est de savoir que le projet existe pour apporter aux producteurs l’encadrement et les informations nécessaires. Le promoteur doit être en mesure de fournir un dossier complet. N’oubliez pas qu’il s’agit du crédit. Il faut connaître le client et son activité. Vous ne pouvez pas demander un crédit à une banque sans avoir des états financiers certifiés. Les premiers bénéficiaires sont ceux qui ont, soit les meilleurs dossiers ou ceux qui sont mieux préparés », martèle le Dg/Fnda. Cap sur l’inclusion financière L’engouement n’est pas prêt de baisser. Dans un contexte de changement climatique, les demandes de crédit pour créer des solutions d’adaptation et répondre aux besoins du marché devraient s’accroitre. Les producteurs et institutions financières en sont conscients. Les chercheurs eux aussi ne cessent de prévenir. « L’adaptation implique l’adoption d’un certain nombre de technologies, dont la maîtrise de l’eau. Ces technologies nécessitent l’apport de crédit. Pour la maîtrise de l’eau, il faut une action collective d’un ensemble de petites exploitations. Ce qui pose d’autres challenges. Pour rendre accessible le crédit agricole, il y a déjà le Fnda. Mais il faudrait mettre aussi en place l’assurance agricole», souligne Prof. Albert Honlonkou, économiste. C’est une occasion que le secteur des assurances devra saisir aussi pour diversifier ses offres et accroitre éventuellement son taux de pénétration. Economie 04 août 2021


Conférence grand public à Bohicon: La marque de Moele-Bénin pour les 61 ans d’indépendance du Bénin
Dans le cadre de la commémoration du 61e anniversaire de l’accession du Bénin à la souveraineté internationale, le parti Moele-Bénin a organisé, lundi 2 août dernier, une conférence grand public à Bohicon. Il s’agit de la 1re édition de l’initiative de Moele-Bénin qui a opté pour une ‘’célébration tournante de la fête de l’indépendance dans les départements’’. A l’une occasion, de fructueux échanges ont en lieu entre la jeunesse du parti et plusieurs personnalités et experts sur des questions de grand intérêt. C’est la ville de Bohicon, dans le département du Zou que le parti Moele-Bénin a choisie pour abriter la première édition de la célébration tournante de la fête de l’indépendance. Le but est de « donner un cachet spécial» à la célébration. C’était l’occasion pour les responsables de ce parti de revisiter l’histoire politique du Bénin et de passer en revue les chantiers ouverts sous le régime de la Rupture. Ainsi, un regard a été jeté sur les chantiers d’aujourd’hui et les perspectives d’avenir à travers des thèmes tels que «Les ressources humaines locales : rôle des collectivités territoriales dans le développement», animé par Dr Modeste Dehotin, expert en développement local et gestion des projets. «Le patriotisme économique: Impacts du consommer local sur le développement économique local» présenté par Rustique Akodogbo. «Le système sanitaire au Bénin du Pag1 (2016-2021) au Pag 2 (2021-2026)’’ présenté par Docteur Aristide Talon. Puis, «Développement ça y est ! Les chantiers d’avenir, quelles ressources humaines pour le développement national: Apports du Pag 2 2021-2026» qui a été animé par Wilfried Léandre Houngbédji, secrétaire général adjoint et Porte-parole du gouvernement. Les deux dernières thématiques ont retenu particulièrement l’attention de l’assistance. Dr Aristide Talon a présenté les chantiers réalisés dans le secteur sanitaire avec le Pag 1 et ce qui se fait aussi dans le cadre du Pag 2. Il a aussi rassuré l’assistance des efforts en cours pour le toilettage des textes qui régissent le secteur de la santé, afin d’assurer à chaque Béninois la protection sanitaire à laquelle il a droit pour vivre en bonne santé. Des réformes salutaires Dr Aristide Talon qui est l’un des acteurs clés, maîtrisant les dynamiques en santé publique actuellement, a abordé également, entre autres la gestion avec brio de la crise du Covid-19 grâce aux mesures qui ont permis au Bénin de maîtriser les cas, pris en charge dans un environnement immédiat. Quant à Wilfried Léandre Houngbédji, secrétaire général adjoint et Porte-parole du gouvernement, lors de sa présentation, il a fait le tour d’horizon des grands chantiers déjà bouclés et ceux en cours pour 2021-2026. On retient la mécanisation et la diversification des cultures agricoles pour accroître la production et les revenus des producteurs; l’emploi des jeunes à travers la promotion des filières de formation professionnelle et technique; l’accélération des investissements publics et privés dans les grands travaux; la production et la distribution à bas coût de l’énergie électrique pour accélérer l’industrialisation du pays; l’amélioration de la couverture sanitaire; l’exploitation d’une véritable économie numérique. Les réformes concernent aussi l’administration en bannissant toutes formes de gaspillage et en privilégiant la culture de l’excellence, du mérite et de la transparence; la réduction de la part de l’informel dans l’économie est un défi afin d’accroître les ressources de l’État et mieux assurer la sécurité humaine de chaque citoyen, etc. Satisfait des travaux de cette rencontre, Jacques Ayadji, président du parti, a rappelé la symbolique date du 1er août qui marque l’accession du Bénin à la souveraineté internationale. Date significative mais surtout un instant d’introspection et de projection. En effet, dit-il, la commémoration des 61 ans d’indépendance interpelle, à chaque fois, comme mus par un rituel utile. Une démarche qui doit conduire à se poser ces questions : « D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Et où allons-nous ? Des interrogations légitimes au regard de notre vécu ces 60 dernières années, marquées par des hauts et des bas et une dépendance insupportable à bien des égards ». Hommage à Patrice Talon Jacques Ayadji, tout au long de cette conférence, a mis en exergue les efforts faits au cours du premier quinquennat et ceux en cours du second qui vient d’être entamé. Aucun secteur n’est épargné, apprécie-t-il. De l’agriculture aux infrastructures routières en passant par l’éducation, les technologies scientifiques, la gouvernance locale, l’emploi des jeunes et le secteur sanitaire qui est mis à rude épreuve par la pandémie du Covid-19. Et, en raison de tous ces efforts faits par le régime Talon, Jacques Ayadji «rend hommage au président Patrice Talon qui, par son courage, fait bouger les lignes dans tous les domaines». A l’issue des échanges, les uns et les autres se sont réjouis de ce choix opéré par le parti de célébrer de façon tournante la fête de l’indépendance. Ceci, pour permettre à la jeunesse de s’imprégner des valeurs essentielles pour aller vers la reconversion des mentalités. Informer et transformer. Une opportunité que s’offre Moele-Bénin pour outiller la jeunesse du parti afin qu’elle comprenne les enjeux du développement en marche. Actualités 04 août 2021


Entretien avec Franck Kinnivo, expert en gouvernance locale : « La décentralisation est le meilleur système de développement »
Entre déconcentration et décentralisation, le choix de Franck Kinnivo, expert en gouvernance locale, est clair. La décentralisation est la meilleure option. Dans cet entretien, il fait l’historique des expériences en matière de décentralisation et précise les avantages de ce mode de gouvernance. La Nation : Depuis mars 2003, le Bénin a opté pour la décentralisation. Est-ce la première fois que le pays fait une pareille expérience depuis son indépendance ? Franck Kinnivo : Le Bénin, après l’indépendance, a connu des expériences de décentralisation avant 2003. Mais la différence de l’expérience actuelle avec celles antérieures, c’est que par le passé tout le territoire national n’était pas couvert par la décentralisation. Il y a aussi l’expérience de la période révolutionnaire qui n’était pas une vraie décentralisation. Donc c’est véritablement en 2003 que le Bénin a pu expérimenter une décentralisation démocratique qui couvre l’ensemble du territoire et qui crée une gestion des collectivités territoriales par des organes élus. C’est dans cette expérience que les communes ont beaucoup de compétences, des budgets propres, des ressources propres et une autonomie financière et de gestion. Quelles étaient les insuffisances relevées dans la gouvernance avec les sous-préfectures pour que l’option de la décentralisation soit faite ? La gouvernance des sous-préfectures et des circonscriptions urbaines n’était pas une vraie décentralisation. C’était ce qu’on appelle la déconcentration qui est un mécanisme permettant à l’Etat central de se faire représenter à l’intérieur du pays. Elle est marquée par des entités appelées circonscriptions administratives qui avaient à leur tête des autorités nommées. Ces dernières étaient dans une relation de subordination avec le pouvoir central qui pouvait les nommer et mettre fin à leurs fonctions, comme bon lui semble. Les compétences de ces circonscriptions administratives étaient une sorte de prolongation du pouvoir exécutif de l’Etat. C’étaient des administrateurs qui géraient au nom de l’Etat une portion du territoire. Les reproches faits à ces circonscriptions administratives, c’était d’abord le fait que les décisions étaient prises par l’Etat central et répercutées sur les préfets qui, à leur tour, les répercutaient sur les sous-préfets et les chefs de circonscriptions urbaines. De ce fait, les communautés ne pouvaient pas faire valoir leurs points de vue. Le deuxième reproche, c’est qu’il est impossible de rester à Cotonou pour décider pour des arrondissements à Bohicon, Banikoara, Natitingou, etc. On ne peut cerner de loin les enjeux de développement de ces communautés. C’est prouvé que cette approche ne marche pas. Le développement ne peut partir que de la base. L’Allemagne, la Suisse et autres sont de grands exemples de décentralisation. Alors, quels sont les avantages réels de la décentralisation ? De la même manière que nous rejetons les modèles de développement imposés de l’extérieur, c’est de cette même manière qu’à l’intérieur d’un Etat, il est difficile que le pouvoir central décide avec succès et efficacité de comment telle ou telle localité peut se développer. Avec la décentralisation, on crée des entités autonomes et complémentaires au pouvoir central. Elles disposent de la légitimité d’élection. Il y a un organe qui délibère au nom des populations. Le système de la décentralisation est organisé autour d’un certain nombre de compétences de proximité notamment la gestion des équipements marchands, des pistes rurales, de certaines catégories de voies urbaines, de l’économie locale, des questions de voirie et d’approvisionnement en eau, etc. Les mécanismes de la décentralisation permettent réellement de faciliter le développement de chaque localité. Et si toutes les localités sont développées, l’Etat l’est. Mais ce travail se fait dans le respect des orientations nationales. Ces mécanismes permettent la participation réelle des citoyens afin que leurs aspirations soient prises en compte. Les avantages, c’est qu’en faisant travailler les conseils de quartier, de village, d’arrondissement et communal, on permet au citoyen de faire l’apprentissage de la démocratie depuis la base, du respect du bien public, de la gestion de la cité, le civisme fiscal, etc. Les inconvénients viennent de la faiblesse de l’encadrement des hommes ; sinon la décentralisation n’a que des avantages. La décentralisation est le meilleur système de développement parce qu’elle permet de mettre en synergie toutes les forces vives de la commune dans une dynamique qui permet de faire avancer la localité. Elle permet de forger la citoyenneté. Société 04 août 2021


Réforme de la décentralisation: Les acteurs de la gouvernance locale apprécient
La réforme de la gouvernance locale est favorablement accueillie par les acteurs de ce secteur. Faire les réformes avec méthode et minutie. C’est le mode opératoire du gouvernement de la Rupture, dans chacun des domaines de la vie publique. Le président Patrice Talon vient d’annoncer les couleurs en ce qui concerne la décentralisation. Il envisage une « réforme ambitieuse de la gouvernance locale », en collaboration avec l’Association nationale des communes du Bénin (Ancb). Vieille de 18 ans, la décentralisation nécessitait bien d’être réaménagée. A l’unanimité, experts et élus communaux approuvent ce choix du gouvernement. « Je suis totalement d’accord avec la vision du chef de l’Etat de réformer la gouvernance locale. Les mairies sont très importantes dans le processus de développement. Après avoir expérimenté la décentralisation pendant un certain temps, il est normal de revoir les textes pour son amélioration. Je suis certain que la réforme annoncée apportera un mieux-être aussi bien aux populations qu’aux conseils communaux », apprécie Antoine Djédou, maire de la commune d’Abomey. Des fleurs, l’initiative de Patrice Talon en a reçues également de la part de Christian Houétchénou, maire de la commune de Ouidah. Pour cette autorité qui est aussi secrétaire chargé de l'Economie et des Finances locales à l’Association nationale des communes du Bénin, « la réforme de la gouvernance locale est opportune et importante ». A en croire ces acteurs, le changement de paradigme en matière de gouvernance locale était très attendu. L’hymne de la réforme entonné par le gouvernement ne pouvait donc que recevoir leur assentiment et adhésion pour le rayonnement des 77 communes du Bénin. Un diagnostic partagé « La décentralisation, effective depuis bientôt 20 ans, connaît des faiblesses qui impactent négativement le développement des communes », indiquait le communiqué du Conseil des ministres du 2 juin 2021. Selon des experts sur les questions de décentralisation, il y a des problèmes politiques au niveau des collectivités locales qui ne favorisent pas le développement. A cela s’ajoutent les problèmes de ressources humaines. « Les recrutements de personnels ne tiennent pas souvent compte de la compétence ni des besoins réels des mairies. Ainsi, en général, nos communes ne disposent pas de cadres ayant des compétences en adéquation avec les exigences techniques des postes qu’ils occupent », relevait le même Conseil des ministres. L’autre difficulté que pose le mode actuel de gouvernance locale et que soulignent les acteurs, c’est celle liée aux ressources financières. Selon les maires, la réforme doit aussi impacter les rémunérations des autorités communales. « Aujourd’hui, un maire n’a pas de salaire, mais des indemnités », clame Christian Houétchénou. Cette situation ne peut qu’impacter négativement la gouvernance locale. Administrateur de la planification du développement local, Moïse Dossoumou estime que « si on veut obtenir des résultats probants de la décentralisation, il est nécessaire de corriger la politisation à outrance qui y règne ». Le consultant indépendant « insiste également sur la participation citoyenne et le contrôle qui doit en découler. Car des communautés éveillées et conscientes de leurs droits et obligations exigeront plus de résultats de leurs élus». Quant à l’Etat central, l’expert pense qu’il doit davantage mettre les ressources financières à la disposition des collectivités. Des orientations essentielles Le gouvernement est bien déterminé à faire aboutir avec célérité la réforme. Selon le Conseil des ministres du 2 juin 2021, « l’instauration d’un nouveau cadre législatif et institutionnel au niveau de la gouvernance locale doit suivre quatre principes directeurs ». D’abord, il est nécessaire de renforcer la séparation des fonctions politiques et techniques pour améliorer la reddition de comptes et lutter plus efficacement contre l’impunité. La deuxième directive consiste à mettre en place un dispositif opérationnel de relai des services publics entre les niveaux central, communal et infra-communal. Quant à la troisième, elle vise l’amélioration des mécanismes de financement des investissements communaux. La quatrième directive conduira à des synergies d’actions entre le conseil communal, ses démembrements, les associations de développement et les Ong. Sur la base de ces orientations essentielles, le gouvernement a mis en place un comité de réforme appuyé de deux experts nationaux et un international.   Actualités 04 août 2021


Dr Karamatou W. Agbe à propos du contrôle des viandes de volaille importées: « Nous avons l’obligation de protéger la population… »
L’alerte de l’Union européenne au sujet de la viande de dinde infectée aux salmonelles et en provenance d’un pays européen, n’a pas laissé indifférents bon nombre de citoyens. En réponse aux préoccupations diverses, Dr Karamatou A. Wabi Agbe, chef division Contrôle aux frontières à la direction de l’Elevage, rassure du dispositif de contrôle au port et conseille les populations. La Nation : Qu’entend-on par salmonelles et quel est son mode de transmission aux animaux ? Dr Karamatou A. Wabi Agbe: Les salmonelles sont des bactéries du genre Salmonella enterica. Toutes les espèces animales peuvent être infectées par les salmonelles : les ruminants, les volailles, etc. Il y a deux modes de transmission : il peut y avoir des réservoirs, c’est-à-dire que ce sont d’autres animaux sauvages et domestiques qui sont porteurs de ce germe. Il y a l’homme qui est porteur de ce germe, et il y a aussi l’environnement. La contamination par ingestion d’aliment ou d’eau souillés par les déjections contenant les salmonelles est la plus fréquente. Les salmonelles sont sensibles aux désinfectants et à la chaleur. Donc, à travers un traitement thermique des aliments, l’effet pathogène du germe est réduit. Le plus souvent, les personnes infectées développent de la diarrhée, de la fièvre et des crampes abdominales dans un délai de 12 à 48 heures après l’infection. Et dans les 4 à 7 jours, la personne peut récupérer sans même un traitement. Je n’invente rien, c’est dans la littérature. Depuis l’alerte de l’Union européenne, quelles sont les dispositions prises au niveau de votre structure pour renforcer le contrôle au port ? Chaque fois que nous recevons une alerte, ça nous permet de redoubler d’ardeur au travail, et d’être toujours dans notre rôle de garant de la santé publique. Nous avons l’obligation de protéger la population dont nous faisons partie. Donc quand l’alerte vient, on renforce le contrôle au niveau du port et on ne s’intéresse pas seulement à un produit. L’alerte ne précise qu’un seul produit. Mais une fois qu’on la reçoit, on redouble de vigilance et on a notre regard sur tout produit venant du pays concerné. Donc, tous les produits venant de ce pays font objet de contrôle. C’est un contrôle de routine sauf que lorsqu’on reçoit l’alerte, on renforce la vérification au niveau du pays concerné et en même temps au niveau de tous les autres pays de provenance, parce que la viande de volaille importée ne vient pas d’un seul pays. Est-ce que le Bénin est suffisamment équipé pour détecter ce germe ? Le Bénin est bien équipé pour détecter ce germe. On dispose de plusieurs laboratoires dont le Laboratoire central de contrôle de la sécurité sanitaire des aliments qui est accrédité Iso 17025. Leur méthode de recherche des salmonelles est validée, ce qui leur a permis d’obtenir cette accréditation. Donc, le Bénin est suffisamment équipé pour détecter les salmonelles dans les viandes de volaille importées. Lorsqu’un conteneur de viande de volaille arrive au port, quel est le processus de contrôle ? Avant même que les produits ne soient embarqués, il y a tout un contrôle documentaire qui se fait. Ça veut dire qu’on n’embarque pas n’importe quoi pour le Bénin. Il faut d’abord avoir une autorisation d’importation. Donc, une fois que l’usager introduit son intention d’importer, la direction de l’Elevage délivre cette autorisation d’importation après un contrôle qui se fait sur le site de l’Organisation mondiale de la Santé animale. On vérifie l’état sanitaire du pays d’importation par rapport à certaines maladies à déclaration obligatoire. Lorsque ce travail préalable est concluant, on soumet ça à la signature du directeur de l’Elevage. Et il faut dire qu’il y a trois niveaux de contrôle dont deux avant que le directeur ne vérifie et signe le document. Donc, quand l’usager a cette autorisation, il embarque sa marchandise. On vérifie également sur la plateforme du Guichet unique du Commerce extérieur (Guce) si c’est un produit autorisé qu’il est en train d’amener. C’est quand ce contrôle documentaire est satisfaisant qu’on lui délivre à nouveau une autorisation vétérinaire de dépotage sans quoi, les inspecteurs douaniers ne vont pas liquider la marchandise. C’est une pièce préalable pour dire aux inspecteurs douaniers que les services vétérinaires de la direction de l’Elevage ont connaissance de cette marchandise destinée à la consommation. Et quand ils liquident la marchandise, les transitaires remplissent les formalités appropriées pour pouvoir positionner le conteneur. Et quand le conteneur est positionné, toutes les structures compétentes se réunissent pour faire l’inspection du conteneur. Donc, il n’y a pas que les vétérinaires qui font ce contrôle. A notre niveau, quand le conteneur est ouvert on voit si le produit est apparemment sain (absence d’odeur, d’anomalie de couleur, etc.). A la suite, on prélève un échantillon pour analyser au laboratoire parce que les germes ne sont pas visibles à l’œil nu. Ce n’est qu’au laboratoire qu’on peut détecter s’il y a présence de germe dans un aliment qui de façon organoleptique et visuelle ne présente aucune anomalie. Donc, on consigne ce conteneur, on envoie l’échantillon au laboratoire et on délivre un certificat de consignation. Si le résultat est négatif, on libère le conteneur et les produits peuvent être mis en vente. Il y a eu peut-être des cas positifs ! Jusqu’à présent on n’a jamais eu de cas positif de viandes importées contaminées par les salmonelles. La norme, c’est l’absence totale de ce germe dans 25 grammes de produit. A l’heure où je vous parle, on n’en a pas reçu. Ça peut arriver demain mais jusqu’à présent, il n’y a jamais eu de cas positif. Au cas où le test serait positif, cette marchandise devient impropre à la consommation. Dans ce cas, nous délivrons un certificat d’insalubrité et la marchandise est totalement saisie. On procède ensuite à la destruction de cette marchandise tout en se conformant à la règlementation en vigueur parce que depuis le drame de Tori-Avamè, la destruction des avaries est rigoureusement encadrée par des textes. Ça ne se fait plus comme avant, et au Bénin on dispose actuellement de deux sites agréés pour la destruction des avaries. Pour finir, je voudrais rappeler aux populations de toujours bien cuire les aliments avant de les consommer et de toujours respecter les règles d’hygiène élémentaires dans les ménages, car nos propres méthodes de conservation peuvent rendre les aliments sains, impropres à la consommation. Santé 04 août 2021


Cohabitation entre agriculteurs et éleveurs de Malanville : Le gouvernement sensibilise les acteurs concernés
Une délégation gouvernementale composée du ministre de l'Intérieur et de la Sécurité publique, Séidou Alassane et de son homologue de la Décentralisation, Raphaël Akotègnon, était à Malanville, hier mardi 3 août. C’est pour une séance de sensibilisation à la cohabitation pacifique entre agriculteurs et éleveurs de la commune. Dans sa nouvelle politique pour éviter les conflits entre agriculteurs et éleveurs, le gouvernement a fait l’option de les prévenir, plutôt que d’avoir à les gérer. N’empêche que dans la localité de Isséné et Gah-Béri, arrondissement de Guéné, à Malanville, des affrontements survenus en raison des dissensions liées à la gestion de zones délimitées pour les activités agro pastorales, ont fait des morts, des blessés et des personnes portées disparues, samedi 24 juillet dernier. Qu’à cela ne tienne, le chef de l’Etat, Patrice Talon, a tenu à dépêcher une délégation composée du ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Séidou Alassane, puis de celui de la Décentralisation, Raphaël Akotègnon, hier mardi 3 août à Malanville. En effet, les deux ministres avaient pour mission de sensibiliser les élus locaux, les agriculteurs et éleveurs de la commune de Malanville aux mesures prises par le gouvernement pour gérer au mieux la déplorable situation qui s’est produite à Isséné et au campement peul de Gah-Béré, tous dans l'arrondissement de Guéné. Ils ont également saisi l’occasion pour expliquer, à travers la nouvelle dynamique relative à la sédentarisation, les réformes entreprises par le gouvernement dans le secteur de l'agropastoralisme. L’objectif poursuivi, ont-ils insisté, est de voir les agriculteurs et éleveurs cohabiter pacifiquement. Pour l’atteindre, nul ne sera de trop. Ils souhaitent une réelle implication des élus locaux. Ainsi, les élus locaux de Malanville ont été invités à assurer leurs responsabilités. Ils ont également été appelés à démontrer leur capacité à anticiper sur les conflits, en collaboration avec les services de l'Etat, pour un dénouement rapide des situations de crises entre agriculteurs et éleveurs. Par ailleurs, les deux ministres ont averti que les auteurs des actes de violences enregistrés et qui ont malheureusement fait des victimes au nombre desquelles des morts et des blessés à Isséné et au campement de Gah-Béré, ne resteront pas impunis. Ils seront, ont-ils annoncé, recherchés et retrouvés pour répondre de leurs actes devant la justice, selon les lois de la République en vigueur. Pour ce qui est des principales victimes de cette situation déplorable, le gouvernement n’est pas insensible à leur cas. Il compte, ont-ils rassuré, les dédommager à l’issue d’une évaluation dont la mission sera confiée à des structures compétentes. Le maire de Malanville, Guidami Gado, a salué la promptitude avec laquelle le gouvernement a réagi, par rapport au conflit d'Isséné. A la fin de la séance, la délégation s’est rendue à Isséné et à Gah-Béri, les lieux du drame. C’est pour apporter, à travers l’Agence nationale de protection civile, le soutien du gouvernement aux sinistrés. L’appui est composé de 40 sacs de riz de 25 kg, de 20 bidons d’huile de 25 l, 60 cartons de pâtes alimentaires, 41 cartons de boîtes de sardines, 101 moustiquaires imprégnées, 14 cartons de savon, 101 nattes, des paquets de feuilles de tôles, 15 cartons de pointes galvanisées et autres, sans oublier une enveloppe financière. Société 04 août 2021


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