La Nation Bénin...
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Le séjour à Copenhague du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Aurélien Agbénonci, n’a pas été de tout repos. Outre les intenses échanges avec ses homologues du Danemark, de la Suède, de la Norvège et de la Finlande au cours de la conférence, le ministre a été désigné par ses pairs de l’Afrique pour s’adresser en leur nom aux hommes d’affaires des pays nordiques, au cours du dîner offert par ces derniers aux participants de la 17e Conférence des ministres des Affaires étrangères des Pays nordiques et d’Afrique.
Dans ce cadre, le ministre Agbénonci a souligné le changement de paradigme en cours dans les pays africains, avec la place de choix accordée aux investissements privés comme moteur de la croissance économique.
Cette nouvelle vision, également privilégiée par les pays nordiques à travers des appuis conséquents aux interventions de leurs investisseurs privés et Ong dans les pays en développement, se traduit par les nombreuses réformes et mesures incitatives proposées par les différents pays du continent pour attirer les investissements directs étrangers. Cette préférence accordée au secteur privé et aux échanges économiques et commerciaux, justifie la mise en place d’une zone de libre-échange continentale (Zlec) africaine, le 21 mars 2018 à Kigali au Rwanda, visant à favoriser la libéralisation des échanges commerciaux et une plus grande intégration commerciale.
S’agissant du Bénin, le ministre Agbénonci a précisé que le Bénin est l’un des pays africains à l’avant-garde de ce changement de paradigme et de la création d’un climat des affaires attractif pour les investisseurs privés, avec la priorisation du secteur privé dans la réalisation des projets-phares du PAG 2016-2021 (61 % contre 39 % pour le public), la création des Zones économiques spéciales (Zes), qui offrent de nombreuses facilités telles que les exonérations fiscales et douanières, la possibilité de transfert des profits, la possibilité d’écouler les biens et services produits dans ces Zones sur le marché de la Cedeao avec ses 300 millions de consommateurs.
Il a enfin informé les hommes d’affaires des pays nordiques que le Bénin, toujours dans cette nouvelle vision, œuvre à une meilleure intégration régionale et continentale, ainsi qu’à une ouverture vers le tourisme d’affaires, de plaisance ou médical. C’est ainsi que tous les Africains sont aujourd’hui exemptés de visa pour un séjour n’excédant pas 90 jours au Bénin et, à l’intention des non-Africains, a été institutionnalisée une plateforme de visa électronique (e-visa), pour l’obtention en ligne en 24 heures d’un visa de séjour au Bénin,
Rappelons que le dîner regroupait outre les ministres des Affaires étrangères des pays nordiques et d’Afrique, les présidents-directeurs généraux des grandes entreprises et institutions de financement des pays nordiques comme A. P Moller, Arla Foods, Bluetown, BWSC,COWI A/S, Frontier Energy, Grundfos, Haldor Topsoe, HB Grandi, IFU, Kamstrup A/S, Klofningur, Danish Agriculture and Food Council, NIRAS A/S, Ramboll Group A/S, Savosolar Oyj, Scania, Scatec Solar ASA, State of Green, Vaisala Oyj?
Source : MAEC

Le Parlement a adopté, ce lundi 11 juin, le projet de loi portant lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme dont l’examen a démarré vendredi 8 juin dernier. L’avènement de cette loi permettra surtout au Bénin d’harmoniser et de renforcer sa réglementation nationale par rapport aux nouvelles mesures en cours dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine afin de se prémunir contre la criminalité financière.
Composé de 165 articles répartis en sept titres, le projet de loi portant lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme adopté, ce lundi 11 juin, par l’Assemblée nationale est une fusion actualisée de la loi n°2006-14 du 31 octobre 2006 portant lutte contre le blanchiment de capitaux et la loi n°2012-21 du 27 août 2012 portant lutte contre le financement du terrorisme en République du Bénin. Les deux textes communautaires ont montré leurs limites après quelques années d’application obligeant les Etats de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), de concert avec la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), à procéder à leur relecture, actualisation et fusion pour leur internalisation dans chacun des huit pays de l’Uémoa. La loi uniforme adoptée hier vise à prévenir et à réprimer le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive ainsi qu’à faciliter les enquêtes et les poursuites y relatives.
Ainsi, aux termes de l’article 8 du texte, sont considérés comme blanchiment de capitaux, certains agissements intentionnellement commis tels que la conversion ou le transfert de biens, par toute personne qui sait ou aurait dû savoir que ces biens proviennent d'un crime ou délit ou d'une participation à un crime ou délit, dans le but de dissimuler ou de déguiser l'origine illicite desdits biens, ou d'aider toute personne impliquée dans cette activité à échapper aux conséquences juridiques de ses actes ; la dissimulation ou le déguisement de la nature, de l'origine, de l'emplacement de la disposition, du mouvement ou de la propriété réelle de biens ou des droits y relatifs, par toute personne qui sait ou aurait dû savoir que ces biens proviennent d'un crime ou délit ou d'une participation à un crime ou délit et l'acquisition, la détention ou l'utilisation de biens, dont celui qui s'y livre, sait ou aurait dû savoir, au moment où il les réceptionne que ces biens proviennent d'un crime ou délit ou d'une participation à un crime ou délit. Il y a aussi blanchiment de capitaux même si l’acte commis par l'auteur de l'infraction a procuré des biens à blanchir ; ou si les activités qui sont à l'origine des biens à blanchir sont exercées sur le territoire d'un autre Etat membre ou celui d'un Etat tiers.
Quant au financement du terrorisme, il s’entend tout acte commis par une personne physique ou morale qui, par quelque moyen que ce soit, directement ou indirectement, a délibérément fourni ou réuni des biens, fonds et autres ressources financières dans l'intention de les utiliser ou sachant qu'ils seront utilisés, en tout ou partie, en vue de la commission notamment d'un ou de plusieurs actes terroristes ; d'un ou de plusieurs actes terroristes par une organisation terroriste et d'un ou de plusieurs actes terroristes, par un terroriste ou un groupe de terroristes. La tentative de commettre une infraction de financement du terrorisme ou le fait d'aider, d'inciter ou d'assister quelqu'un en vue de la commettre, ou le fait d'en faciliter l'exécution, constitue également une infraction de financement du terrorisme.
La loi retient l'infraction commise, que l'acte en question se produise ou non, ou que les biens aient ou non été utilisés pour commettre cet acte. L'infraction est commise également par toute personne physique ou morale qui participe en tant que complice, organise ou incite d'autres à commettre les actes susvisés.
Appel à la vigilance des banques
En fait, le texte adapte et actualise le cadre juridique de façon à accroître l’efficacité des mesures de lutte contre la criminalité financière. Il prévoit une approche tenant davantage compte des risques. A ce titre, la loi renforce notamment les obligations de vigilance à l’égard de la clientèle, plus claires et plus transparentes, afin de disposer de procédures et contrôles adéquats, garants d’une meilleure connaissance des clients et d’une meilleure compréhension de la nature de leurs activités. Elle introduit plusieurs innovations touchant notamment l'insertion d'un volet portant sur la lutte contre le financement de la prolifération des armes de destruction massive, par la prise en compte des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies relatives à la prévention, la répression et l'interruption de la prolifération des armes de destruction massive et de son financement, l'introduction de dispositions relatives à l'évaluation des risques en vue de la mise en œuvre de mesures proportionnées de prévention, l'inclusion de dispositions spécifiques visant à limiter l'utilisation des espèces dans les transactions. A ce titre, il est prévu que le prix de la vente d'un bien immobilier dont le montant est supérieur à un seuil fixé par l'autorité compétente, c’est-à-dire la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), ne puisse être acquitté qu'au moyen de virements ou de chèques. Les personnes assujetties sont tenues de déclarer à la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) les transactions en espèces d'un montant égal ou supérieur à un seuil fixé par une institution de la Bceao qu'il s'agisse d'une opération unique ou de plusieurs opérations qui apparaissent liées. Le texte précise les mesures de vigilance spécifique à mettre en œuvre par les institutions financières dans le cadre de leurs relations de correspondant bancaire transfrontalier ; insère de dispositions interdisant explicitement aux institutions financières de nouer ou de maintenir une relation avec une banque fictive définie comme un établissement de crédit constitué dans un Etat où il ne dispose d'aucune présence physique effective permettant l'exercice des activités de direction et de gestion. Il donne par ailleurs de précision sur des méthodes et moyens de recherche ainsi que de constatation de l'infraction de blanchiment de capitaux ou de financement du terrorisme par l'administration des douanes. A ce titre, il est prévu que les agents des douanes puissent procéder à l'immobilisation et à la perquisition des moyens de transport ainsi qu'à la visite et à la retenue des personnes soupçonnées, conformément aux missions qui leur sont assignées dans leur zone d'action?
De lourdes sanctions pénales
La loi insiste sur la surveillance particulière de certaines opérations. C’est ainsi qu’aux termes de l’article 32, il est prescrit que doivent faire l’objet d’un examen particulier de la part des institutions financières, tout paiement en espèces ou par titre au porteur d’une somme d’argent, effectué dans des conditions normales dont le montant unitaire ou total est égal ou supérieur à 50 millions de francs Cfa ; toute opération portant sur une somme égale ou supérieure à 10 millions de francs Cfa, effectuée dans des conditions inhabituelles de complexité ou injustifiées ou paraissant ne pas avoir de justification économique ou d’objet licite.
A cet effet, les institutions financières sont tenues de se renseigner auprès du client, et/ou par tous autres moyens, sur l’origine et la destination des fonds ainsi que sur l’objet de l'opération et l’identité des acteurs économiques de l'opération. Un rapport confidentiel écrit comportant tous les renseignements utiles sur les modalités de l'opération est établi ainsi que sur l'identité du donneur d'ordre et, le cas échéant, des acteurs économiques impliqués. Une vigilance particulière doit être également exercée à l'égard des opérations provenant d'institutions financières qui ne sont pas soumises à des obligations suffisantes en matière d'identification des clients ou de contrôle des transactions. L’institution financière doit s’assurer que ses obligations sont appliquées par ses bureaux de représentation, ses succursales, ou ses sociétés filiales dont le siège est à l’étranger, à moins que la législation locale n’y fasse obstacle, auquel cas, elle en informe la Centif.
Les mêmes vigilances et surveillances particulières concernent aussi les virements électroniques. Selon l’article 33 de la loi, les institutions financières qui effectuent des virements électroniques sont tenues d'obtenir et de vérifier, concernant le donneur d'ordre, son nom complet, son numéro de compte, lorsqu'un tel compte est utilisé pour effectuer le virement de fonds, son adresse ou, en l'absence d'adresse, son numéro d'identification nationale ou le lieu et la date de sa naissance ainsi que, si nécessaire, le nom de son institution financière. L’établissement financier du donneur d'ordre requiert également le nom du bénéficiaire et le numéro de compte de ce dernier, lorsqu'un tel compte est utilisé pour effectuer le virement de fonds. Les informations visées supra doivent figurer dans le message ou le formulaire de paiement qui accompagne le virement. S'il n'existe pas de numéro de compte, un numéro de référence unique doit accompagner le virement.
Les dispositions précédentes ne s'appliquent pas aux virements de fonds effectués au moyen d'une carte de crédit ou de débit ou d'un téléphone portable, si la carte ou le téléphone sert à payer des biens ou des services et si le numéro de la carte ou du téléphone accompagne, tous les virements découlant de la transaction, précise le texte uniforme. Elles ne s'appliquent pas non plus aux transferts pour lesquels le donneur d'ordre et le bénéficiaire sont tous deux des institutions financières agissant pour leur compte, ni aux virements effectués au profit d'autorités publiques, pour le paiement d'impôts, d'amendes ou d'autres prélèvements.
Les manquements à toutes ces dispositions liées aux infractions en matière de blanchiment de capitaux sont punies d’une peine d’emprisonnement de trois à quatorze ans, selon le cas, et au paiement d’une amende égale au triple de la valeur des biens ou des fonds sur lesquels ont porté des opérations de blanchiment de capitaux avec possibilité d’interdiction de séjour. La peine d’emprisonnement est de dix ans au moins et d’une amende égale au moins au quintuple de la valeur des biens ou des fonds sur lesquels ont porté les opérations de financement du terrorisme. Des sanctions pénales sont également applicables aux personnes morales poursuivies pour les infractions de blanchiment de capitaux ou de financement du terrorisme.
Les députés saluent l’avènement de cette loi communautaire qui manquait à l’arsenal juridique béninois pour réussir la lutte contre la criminalité financière au Bénin. Ils recommandent le renforcement des capacités de l’administration douanière appelée à jouer un rôle important dans cette lutte aux côtés de la Centif, placée sous la tutelle du ministre chargé des Finances, dotée désormais d’autonomie financière et d’un pouvoir de décision autonome sur les matières relevant de sa compétence, notamment le traitement et la transmission d’informations en vue de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme?
Casimir Kanakin, président de la Commission électorale (à droite), recevant les documents des mains du président Moucharafou Anjorin[/caption]Le président de la Fédération béninoise de football, Moucharafou Anjorin, a procédé, vendredi 8 juin dernier à Porto-Novo, à l’installation des membres de la Commission électorale et de celle de recours. Le processus électoral devant conduire au renouvellement du Comité exécutif de la fédération peut désormais entrer dans sa phase active.
Chargés de superviser le processus du renouvellement du Comité exécutif de la Fédération béninoise de football, les membres de la Commission électorale et celle de recours ont officiellement été investis de leurs missions, vendredi 8 juin dernier à Porto-Novo. Du sens de responsabilité élevé dont ils feront preuve, dépendra la crédibilité qui sera accordée au nouveau bureau attendu.
Le président de la Fbf, Moucharafou Anjorin, les a exhortés à se mettre au-dessus de la mêlée, en ne perdant pas de vue qu’ils ne sont pas au-dessus de la Fifa. En cas de dérapage, a-t-il prévenu, l’instance suprême peut intervenir pour mettre de l’ordre.
Le président de la Commission électorale, Casimir Kanakin, a rendu hommage aux membres du Comité exécutif de la Fbf et au ministre des Sports, Oswald Homeky. Il a rappelé aux clubs, leurs engagements à ne jamais porter leurs soucis d’interprétation des textes devant les tribunaux ordinaires. « Nous devons enterrer nos querelles et renforcer le consensus voulu par tous », a insisté Casimir Kanakin.
Le président de la Commission de recours, Laurent Houngnibo, a tenu à réaffirmer la volonté de ses membres à accomplir leur mission dans l’intérêt du football béninois.

Dans notre précédente analyse de la filière anacarde, nous avons vu comment les planteurs béninois, qui viennent de connaitre une campagne exceptionnellement profitable, vont pouvoir bénéficier du programme en cours, mis en œuvre par le ministère de l’Agriculture pour accroître leur production et atteindre des niveaux de rendement et de rentabilité financière très avantageux quand, demain, ils utiliseront le meilleur matériel végétal disponible, dans le cadre des meilleures pratiques culturales.
Au cours de la campagne, le planteur béninois d’anacardiers a pu généralement dégager, bord champ, une marge nette d’au moins 600 000 F Cfa par tonne de noix brutes. Il n’en est malheureusement pas de même pour le transformateur béninois qui connaît, lui, une campagne particulièrement désastreuse. Lorsqu’il charge sur un navire au port de Cotonou les amandes blanches qu’il a produites au terme d’un long processus de décorticage impliquant l’utilisation de machines particulièrement onéreuses et un personnel nombreux, essentiellement féminin, il enregistre une perte d’environ 140 000 F Cfa par tonne de noix brutes qu’il a achetées à ce planteur.
Chacun sait que le marché mondial du cajou est dominé par deux pays : l’Inde et le Vietnam. L’Inde a décortiqué, en 2017, 1 315 000 tonnes de Noix de cajou brutes (Ncb) pour une production locale de 725 000 tonnes ; la différence, 485 000 tonnes, provient d’Afrique. De son côté, le Vietnam a décortiqué 1 600 000 tonnes de Ncb pour une production locale de 260 000 tonnes ; la différence, 1 340 000 tonnes, provient aussi d’Afrique.
Cette quantité de plus de 1 800 000 tonnes, représentant plus de 90 % de la production africaine de Ncb, a pu être achetée en offrant des prix insoutenables pour les transformateurs africains.
Comment expliquer cela ?
L’Inde, qui est le plus grand pays de consommation de noix de cajou, s’adresse plutôt à son marché local plus rémunérateur que le marché mondial. Dans ce pays, les amandes vendues sur le marché local attirent une prime allant jusqu'à 20 % par rapport à celles vendues aux Etats-Unis ou en Europe. Ainsi, le produit phare – l’amande de qualité supérieure (WW 320)- se vend localement au-dessus de 5 720 F Cfa/Kg contre 5 390 F Cfa à 5 610 F Cfa/Kg en Europe ou aux Etats Unis.
Dans le deuxième pays le plus peuplé du monde (plus de 1,2 milliard d’habitants), il existe également un marché très important (pâtisserie, gâteaux secs) pour les brisures vendues à un prix rémunérateur, de sorte que les transformateurs de cajou peuvent tolérer une moindre efficience en pourcentage de noix entières.
De son côté, le Vietnam arrive maintenant en tête du marché mondial des exportations d’amandes avec une part de marché de 76 %.
Ce pays qui, en 2017, a tiré jusqu’à 1 milliard de dollar US (550 milliards de F Cfa) de valeur ajoutée (recettes d’exportations nettes) de la transformation de Ncb, dispose d’un atout majeur : la grande dextérité de la main-d’œuvre et son faible coût avec, in fine, un rapport amandes entières/ amandes cassées et brisures de 85 % - 15 %, alors qu’il est le plus souvent de l’ordre de 50 % - 50 % en Afrique. Par ailleurs, pour traiter un sac de Ncb, lorsqu’il faut un travailleur au Vietnam, il en faut 2 à 4 en Afrique.
Ces deux facteurs, vaste marché intérieur pour l’Inde et main-d’œuvre extrêmement productive pour le Vietnam, compensent très largement les coûts de transports des noix de cajou brutes africaines vers ces deux pays. Ceci leur permet de se livrer une concurrence féroce sur le prix qu’ils sont prêts à payer sur les noix africaines. On est ainsi passé, en quelques années, de 1 200 USD Fob à 2.200 USD la tonne de Ncb, en position Fob.
Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que l’on voie les pays africains accroître leur verger d’anacardiers sachant que les débouchés sont assurés, avec une marge de profit importante par rapport à d’autres spéculations. La Côte d’Ivoire, pour ne citer qu’elle, est devenue, en quelques années, le premier producteur et le premier exportateur mondial de noix de cajou brutes et ambitionne maintenant de faire passer sa production actuelle de 72 500 tonnes/an à 100 000 de tonnes/an, dans les deux prochaines années.
Mais, dans le même temps, il est significatif que cette même Côte d’Ivoire peine à transformer sur place, plus de 6 % de sa production nationale. En 2017, les 29 usines de transformation de noix de cajou installées dans ce pays ont traité seulement 44 628 tonnes de noix brutes, un volume bien inférieur à la capacité installée qui est de 109 500 tonnes.
Obstacles
Quels sont les obstacles qui empêchent l’Afrique de tirer parti de son potentiel, d’autant que cela pourrait générer énormément d’emplois sur place (le dépelliculage et le tri demeurent extrêmement gourmands en main-d’œuvre) et des recettes d’exportations bien plus substantielles que celles tirées de l’exportation des noix de cajou brutes, en l’état ?
Malgré l’indéniable avantage géographique dont dispose l’Afrique, les différents obstacles affectant la transformation sur place de la noix de cajou africaine comparés à l'Asie sont les suivants :
1. les usines indiennes et vietnamiennes, amorties de longue date, ont des coûts de production beaucoup plus bas que les industries africaines plus récentes. Celles-ci ont dû faire venir leurs machines de haute technologie et de dernière génération d’Asie voire d’Europe, soit un surcoût d’installation et de maintenance de l’ordre de 40 % par rapport aux unités asiatiques ;
2. en raison d’une main-d'œuvre expérimentée, d’un coût de l’énergie inférieur, de programmes de mécanisation et d'automatisation soutenus par l'État, le coût de transformation au Vietnam est inférieur de 50 % au coût de transformation en Afrique ;
3. comme l'Asie s’approvisionne en noix d'origines différentes tout au long de l'année, elle ne doit pas porter de stocks importants, de sorte que leur coût financier est inférieur de 50 % à celui des transformateurs africains, qui ne s’approvisionnent que dans leur propre pays et doivent donc porter leurs stocks sur toute l’année ; par ailleurs, les transformateurs asiatiques peuvent ainsi bénéficier, le cas échéant, des variations de prix sur des marchés qui fluctuent tout au long de l’année.
L’Inde et le Vietnam, à force de se faire une concurrence effrénée, ont amené les prix de la Ncb, à leurs propres seuils de rentabilité : à preuve les 750 usines indiennes, sur un total de 824, qui ont fermées au cours des deux dernières années en raison de contraintes financières1 et les pertes essuyées l’année dernière par nombre d’opérateurs vietnamiens.
Dès lors, quelle marge reste-t-il aux transformateurs africains pour exister ?
Sans une forte implication des Etats africains pour permettre à la transformation locale, génératrice de plus-value et créatrice d’emplois, de se développer et s’épanouir, elle disparaitra.
Sans l’impulsion d’un Mahatir Mohamad pour l’huile de palme, en Malaisie, sans l’élan donné par Houphouët-Boigny au cacao en Côte d’Ivoire et sans l’intervention de l’Etat vietnamien pour le café et le cajou, ces pays n’auraient pas la position dominante qu’ils ont, dans leurs spéculations respectives.
Il ne saurait qu’en être de même pour la filière anacarde en Afrique où déjà les initiatives sont nombreuses et significatives.
En ce qui concerne le Mozambique, grâce au travail du projet Moza Cajú - le grand-frère de Bénin Cajú - le gouvernement soutient fortement les transformateurs locaux en interdisant toute exportation, pendant deux mois au moins, tant que les usines de transformation ne sont pas pleinement approvisionnées.
En Tanzanie, le gouvernement a décidé de réagir en privilégiant lui aussi la valeur ajoutée localement par la transformation. Aucun exportateur n’est autorisé à acheter les noix de cajou brutes directement aux producteurs. L’Etat, à travers une centrale d’achat, achète toute la production qu’il répartit ensuite entre les transformateurs et les exportateurs.
La Côte d’Ivoire a institué une taxe spécifique de 30 F Cfa/kg sur les exportations de noix brutes, reversée intégralement à la filière ; ceci permet, entre autre, de payer aux transformateurs, une subvention de 400 F Cfa par tonne d’amandes blanches exportée. A cela s’ajoute une taxe de 10 % ad valorem, en position Caf, soit actuellement environ 100 F Cfa/kg de Ncf, reversée au Trésor. De plus, pour maximiser le taux de transformation locale de Ncb, le gouvernement ivoirien a tout récemment pris la décision de mettre en œuvre un mécanisme qui prévoit de réserver une partie de la production nationale de Ncb (on parle de 15 %) pour la transformation locale.
En ce qui concerne le Bénin, le gouvernement a fait un gros travail pour formaliser les exportations qui jusque-là étaient entre les mains de petits exportateurs étrangers lesquels, échappant le plus souvent à toute fiscalité, allaient jusqu’à faire exporter leurs produits au nom de transitaires.
Désormais, une vérification vigoureuse permet de contrôler ces exportateurs qui doivent se faire enregistrer et déposer une caution importante pour être autorisés à exporter.
Par ailleurs, une taxe à l’exportation de 60 F Cfa/kg de Ncb a été instituée2.
Par contre, malgré l’installation en février 2017 par le président de la République, d’un comité Karité-Cajou composé d’opérateurs des deux filières, les besoins des transformateurs de noix de cajou n’ont toujours pas été pris en compte. Il faut espérer que les autorités sauront retenir les leçons du désastre de la campagne 2017-2018 pour redresser la barre en s’inspirant des mesures prises par les autres pays, en particulier la Côte d’Ivoire :
• Alignement des taxes à l’export sur ce pays.
• Subvention pour les amandes blanches exportées, financée sur une partie des taxes à l’exportation.
• Priorité à l’approvisionnement des transformateurs avant toute exportation.
Ceci permettrait aux unités de transformation béninoises, à défaut d’éponger les pertes abyssales connues dans cette campagne, de préparer avec sérénité la campagne prochaine?
Par Roland RIBOUX*
Société 11 juin 2018
des subventions aux Ong partenaires intervenant dans le secteur de l'assainissement et de l'eau[/caption]
Jeannette de Regt, directrice de la Snv, organisation néerlandaise de développement a signé, jeudi 7 juin dernier, des contrats de subventions avec des organisations non gouvernementales au siège de l’organisation à Cotonou. C’était en présence du coordonnateur du programme Omidelta Fonds acteurs non étatiques, Ibrahim Ousmane.
L’hygiène, l’assainissement et la gestion intégrée des ressources en eau sont privilégiés dans la signature d’accord qui a eu lieu, jeudi 7 juin dernier, entre l’organisation néerlandaise de développement, Snv représentée par sa directrice, Jeannette de Regt et les représentants des organisations non gouvernementales sélectionnées. Les propositions soumises par ces dernières, selon la directrice de la Snv, méritaient d’être valorisées, car l’impact visé par le programme Omidelta Fonds acteurs non étatiques est que d’ici à 2021, au moins 150 000 personnes (hommes et femmes), aient accès aux services d’eau potable durables et de qualité. De même, au titre des défis dudit fonds, d’ici à 2021, au moins 275 000 personnes des deux sexes ont accès aux services d’hygiène et d’assainissement améliorés et que dans la même période, au moins 300 000 personnes bénéficient d’une meilleure gestion des bassins versants et de la sécurité des deltas.
Pour la directrice de la Snv, les propositions soumises ont de la valeur. Compte tenu de l’expérience des organisations non gouvernementales qui s’investissent et de l’accompagnement d’Omidelta, il n’y a pas de doute que le succès soit garanti. Même si le changement de comportement a la peau dure, Jeannette de Regt compte sur l’engagement et l’expérience dont jouissent les Ong signataires des contrats de subventions.
Selon Vincent Ategui, directeur exécutif de l’Association pour étude et réalisation des aménagements en milieu rural (Aeramr), le but visé est d’améliorer les infrastructures des villages et d’amener les habitants des communes de Djidja, Abomey et Agbangnizoun (environ 25 920 personnes) à adopter les bonnes pratiques.
Quant à Raoufou Souleymane, directeur exécutif de l’Association nationale d’amitié avec les peuples (Anap), chef de file du consortium Nimburam (eau potable en baatonu), l’Ong travaille dans trois communes : Kalalé dans le Borgou, Gogounou dans l’Alibori et Ouessè dans les Collines pour impacter environs 34 000 personnes.
Appréciant le programme Omidelta Fonds acteurs non étatiques, Mathurin Bonzi, directeur d’Oxfam éligible en tant que grand projet et qui intervient dans les communes de Ouidah, Tori-Bossito et Kpomassè, relève que c’est une expérience enrichissante tant dans la démarche que par rapport aux négociations. Il est conscient que quelques difficultés ont jalonné le respect des délais. Toutefois, tout est expérience et le processus itératif permettra de s’en sortir, espère-t-il.
En ce qui concerne Salomon Balogoun, directeur de Sian Son Ong éligible à Omidelta Fonds acteurs non associés, c’est un projet interactif. Il apprécie les feed back et se réjouit d’avoir été renforcé. « Nous avons été accompagnés et espérons devenir de grands projets ».
Charles Ahouandjinou, directeur des études et stratégies à la direction générale de l’Eau a témoigné sa gratitude à l’ambassade du Royaume des Pays-Bas d’avoir permis au secteur de l’assainissement et de l’eau de bénéficier du programme Omidelta. Il n’a pas tari d’éloges à l’endroit de la Snv pour le travail sérieux et méticuleux qui a conduit à la sélection des acteurs non étatiques?
Omidelta Fonds acteurs non étatiques en question
Le programme Omidelta constitue une réponse de l’ambassade du Royaume des Pays-Bas à la préoccupation du gouvernement du Bénin dans le cadre de la réalisation de l’objectif de développement durable (Odd VI) : « garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau ».
Le Fonds acteurs non étatiques vise à financer les Ong /Osc et le secteur privé pour la mise en œuvre de projets ayant pour objectif l’amélioration de l’accès, de l’utilisation et de la qualité des services d’approvisionnement en eau potable, hygiène et assainissement (Aepha) durables ainsi que l’opérationnalisation de la gestion intégrées des ressources en eau (Gire) dans la basse et moyenne vallée de l’Ouémé.
Le ministre Marie Odile Attanasso et L'ambassadeur de Russie près le Bénin, Igor Evdokimov[/caption]La coopération entre le Bénin et la Fédération de Russie est au beau fixe. Des autorités des deux pays ont salué la dynamique imprimée, depuis peu, aux relations bilatérales, vendredi 8 juin dernier, à la faveur de la commémoration anticipée de la Fête nationale de la Fédération de Russie à Cotonou.
« Un nouveau souffle a été donné à la coopération entre le Bénin et la Russie », a laissé entendre, vendredi dernier, le ministre Marie Odile Attanasso qui assurait l’intérim de son collègue des Affaires étrangères et de la Coopération. C’était à l’occasion de la commémoration anticipée à Cotonou de la Journée de la Russie célébrée le 12 juin de chaque année.
Elle n’en veut pour preuve que la tenue, le 4 juin dernier à Cotonou, de la sixième session des consultations politiques bénino-russes et la visite au Bénin, de Mikhaïl Bogdanov, vice-ministre russe des Affaires étrangères. Les conclusions de ces assises qui ont coïncidé avec le cinquante-sixième anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques, devraient rendre la coopération entre les deux pays plus dynamique, visible, active et diversifiée, espère-t-elle. Ces consultations ont permis d’élargir la coopération à d’autres domaines prioritaires pour le Bénin tels que la recherche de partenaires pour la réalisation de certains projets phares du Programme d’action de gouvernement (Pag) auprès du secteur privé ou des sociétés d’Etat russes ; les négociations en vue de la suppression des droits de douane sur certains produits tropicaux béninois en particulier l’ananas en vue de son accès au marché russe.
L’état des relations témoigne d’une « amitié exemplaire » et rend « légitimement fières » les deux parties, se réjouit Marie Odile Attanasso. Elles « sont très amicales » et la coopération est « vraiment fructueuse », renchérit, pour sa part, Igor Evdokimov, ambassadeur de la Russie près le Bénin.
A l’occasion de la célébration de la Fête de la souveraineté de la Fédération de Russie à Cotonou, l’accent a été mis sur les actions diverses qui rendent compte de la vitalité des relations bénino-russes. Sur le plan politique, Marie Odile Attanasso note la visite du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération à Moscou en novembre 2016, la participation du président de l’Assemblée nationale au Forum des affaires de Saint-Pétersbourg en 2017 en qualité de membre du Groupe parlementaire d’amitié avec la Russie.
Sur le plan économique et commercial, elle rappelle la signature, le 13 mai 2015 à Moscou, du Mémorandum d’entente entre les chambres consulaires des deux pays et qui contribue depuis lors au renforcement des relations à travers la participation des opérateurs économiques béninois aux différents fora économiques tenus en Russie.
Autres domaines de coopération
Sur le plan culturel et scientifique, souligne le ministre Marie Odile Attanasso, la coopération entre le Bénin et la Russie a connu une avancée significative caractérisée par l’augmentation appréciable des bourses de stage de formation octroyées dans divers domaines. A preuve, une quinzaine de bourses de formation vient d’être attribuée aux diplomates béninois qui seront à Moscou du 28 octobre au 10 novembre 2018. Déjà, au cours de l’année 2017-2018, une soixantaine d’étudiants béninois ont bénéficié de bourses et font leurs études actuellement dans des universités russes, rappelle l’ambassadeur russe. « Nous sommes prêts à travailler à l’augmentation des bourses d’Etat pour le Bénin », promet Igor Evdokimov.
Sur le plan juridique, les deux parties se félicitent de l’entrée en vigueur, le 31 mai dernier, suite à l’échange de notes, de l’accord de coopération militaire et technique signé entre les deux Etats, le 5 octobre 2010.
Et avec la détermination des deux pays, assure Marie Odile Attanasso, les consultations ouvrent des perspectives radieuses et les relations diplomatiques se renforceront davantage dans un avenir proche. En guise d’illustration, elle salue la révision convenue des accords de coopération datant de la période soviétique pour les adapter au nouveau contexte de coopération des deux pays et aux ambitions de développement des présidents Patrice Talon et Vladimir Poutine.
La célébration de la Fête nationale de la Fédération de Russie à Cotonou, occasion pour le Bénin de partager la joie du peuple « ami » russe, a connu la participation de plusieurs personnalités dont le ministre Fortuné Nouatin, l’ancien ministre des Affaires étrangères et député à l’Assemblée nationale, Nassirou Arifari Bako, le maire Georges Bada d’Abomey-Calavi.
Saisissant l’occasion, le diplomate russe a invité les amateurs du football à suivre la Coupe du monde qui se déroulera du 14 juin au 15 juillet prochain dans onze villes de la Russie. « Nous sommes sûr que ce sera un événement spectaculaire, inoubliable qui restera longtemps gravé dans les mémoires de tous les participants », affirme-t-il.

La Haute cour de justice procède, mercredi 20 juin prochain, à l’élection de son nouveau président qui succèdera à Marcelline-Claire Gbèha Afouda dont le mandat est arrivé à terme à la Cour constitutionnelle et par ricochet à la tête de l’institution compétente pour juger le président de la République et les membres du gouvernement.
La Haute cour de justice présente désormais une nouvelle physionomie après l’installation des sept nouveaux membres de la Cour constitutionnelle.
En effet, à l’exception du président de la haute juridiction, Joseph Djogbénou, les six autres membres de la Cour constitutionnelle, sixième mandature, à savoir Dr Cécile Marie-José de Dravo Zinzindohoué, Rigobert Azon, André Katari, Sylvain Nouatin, Razacki Amouda et Moustapha Fassassi sont d’office juges à la Haute cour de justice. Ils siègent aux côtés du président de la Cour suprême, Ousmane Batoko et des six députés-juges en l’occurrence Janvier Yahouédéou, René Bagoudou, Edmond Zinsou, Adam Bagoudou, Valentin Djénontin et Benoît Dègla.
Les treize membres de la Haute cour de justice se retrouvent, mercredi 20 juin prochain, au siège de l’institution à Porto-Novo. Ils sont attendus pour procéder à l’élection de leur nouveau président qui s’impose suite au renouvellement partiel des membres de l’institution. Et cela, conformément à l’article 5 du Règlement intérieur de la Haute cour de justice. Lequel dispose que : « La Haute cour de justice, composée des membres de la Cour constitutionnelle à l’exception de son président, de six (06) députés élus par l’Assemblée nationale et du président de la Cour suprême, élit en son sein son président ».
L’élection a lieu en présence des treize membres de l’institution, à la majorité absolue, au scrutin uninominal, secret et écrit. Le vote est présidé par le doyen d’âge des juges assisté du plus jeune qui joue le rôle de secrétaire de séance. De sources bien introduites, le plus âgé des juges, Ousmane Batoko, a déjà adressé à cet effet, une correspondance à chacun des membres pour les convoquer pour le mercredi 20 juin prochain. « En cas d’absence d’un ou de plusieurs membres, le président convoque à nouveau dans les huit (08) jours l’ensemble des treize (13) membres. Dans tous les cas, l’élection a lieu en présence d’au moins neuf (9) membres », prévoit le Règlement intérieur de la Haute cour de justice. Le même texte fait par ailleurs obligation au président de séance de notifier le président de la Haute cour de justice élu au président de la République, au président de l’Assemblée nationale et au président de la Cour constitutionnelle. Ainsi, le successeur de Marcelline-Claire Gbèha Afouda sera connu mercredi 20 juin prochain. La seule femme présidente d’institution au Bénin, en fin de mandat, devra céder son fauteuil après cinq années d’exercice à la tête de cette haute juridiction. Qui va hériter du prestigieux poste parmi Dr Cécile Marie-José de Dravo Zinzindohoué, la seule femme de l’équipe, et ses douze autres collègues ? Les regards sont tournés vers le conclave électif de la nouvelle mandature de la Haute cour de justice compétente pour juger le président de la République et les membres du gouvernement à raison « des faits qualifiés de haute trahison, d’outrage à l’Assemblée nationale, ou d’atteinte à l’honneur et à la probité et d’infractions commises dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions ».

Le directeur général de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee), Laurent K. Tossou, et ses collaborateurs sont montés au créneau, vendredi 8 juin dernier, à Cotonou, pour rappeler aux clients de leur société, leurs obligations contractuelles. A la faveur d’une conférence de presse, ils ont annoncé une opération de recouvrement des créances de la Sbee avec tous les moyens possibles dont la procédure pénale.
Les clients qui ne paient pas dans les délais les factures d’électricité sont désormais dans le collimateur de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee). Le directeur général de la société, Laurent K. Tossou, et ses collaborateurs sont décidés à tout mettre en œuvre pour recouvrer les dettes de la société à partir de ce lundi 11 juin. Ils menacent de passer de la procédure commerciale de recouvrement à la procédure pénale. L’annonce a été faite au cours d’une conférence de presse qu’ils ont animée vendredi dernier à Cotonou.
« Jusqu’ici, nous avons l’habitude d’utiliser les procédures commerciales pour obliger les clients à payer les factures. Mais nous avons constaté que malgré les moratoires qu’on donne, il y a des clients qui ne veulent toujours pas rembourser leurs dettes », regrette le directeur juridique de la Sbee, Benjamin Koudoli. Pour lui, il est temps de faire pression pour le recouvrement des dettes des clients vis-à-vis de la société. « Nous avons choisi maintenant des voies juridiques », ajoute-t-il. Autrement, la Sbee veut associer ses avocats-conseils pour commencer par recouvrer tout ce que les clients lui doivent, explique-t-il.
Selon le directeur général de la Sbee, le gouvernement du président Patrice Talon, depuis deux ans, a mené des actions pour mettre fin au délestage dans le pays. C’est ainsi qu’il a appuyé la société avec le démarrage de la construction des centrales thermiques pour la fourniture d’énergie électrique en quantité suffisante. Comme exemple, la centrale de 120 MW en construction à Abomey-Calavi, les projets d’éclairage public, la modernisation du réseau électrique.
Parallèlement à ces efforts du gouvernement, la Sbee dans son propre budget a initié des projets dont la rénovation de certaines centrales thermiques comme celles de Natitingou, de Parakou et de Porto-Novo, ainsi que la construction des barrages et la modernisation des réseaux électriques régionaux.
Pour assurer les travaux dans le cadre de ces différents projets, la Sbee a besoin des financements autres que ceux provenant des partenaires techniques et financiers. Mais les fonds propres de la société qui devraient provenir des clients, selon le directeur général, ne sont pas payés à temps. Pour le compte de l’année 2017, par exemple, souligne-t-il, les dettes des clients vis-à-vis de la Sbee s’élèvent à 1/5 de son chiffre d’affaires. La Sbee prend la décision de mener une opération qui puisse contraindre les uns et les autres à vite payer lesdites dettes.
Benjamin Koudoli dénonce également des actes de fraude et de vandalisme enregistrés au niveau des réseaux de la Sbee. Ceux qui seront désormais coupables de tels actes risquent la prison et des amendes, menace-t-il.
Dès cette semaine donc, les clients qui sont dans des situations irrégulières sont invités à se rapprocher des guichets de la société pour remplir les formalités d’obligations contractuelles jusqu’à la fin de cette semaine. Passé ce délai, les contrevenants seront exposés à la rigueur de la procédure pénale.
Au-delà du directeur juridique, le directeur général de la Sbee a été appuyé dans ses explications par le directeur commercial et de la clientèle, Raymond Okpéicha, et le directeur de la gouvernance d’entreprise, Fatiou Colès?
Caroline HOUNKPETIN AVOHOU et Pascal BIED CHARRETON DG-SGB à gauche plante un arbre[/caption]La Société générale Bénin (Sgb), institution bancaire de renom, s’impose depuis six ans de contribuer à la préservation de l’environnement à travers le reboisement de grands périmètres. Samedi 9 juin dernier, responsables et employés de l’institution financière, dans un élan citoyen, ont contribué à la mise en terre de 125 000 plants sur le périmètre reboisé d’Okoun Sèmè, commune de Sèmè-Podji.
Pascal Bied-Charreton, directeur général de la Société générale Bénin (Sgb) et ses collaborateurs mettant en terre des dizaines de plants de jeunes eucalyptus sous une fine pluie, dans la matinée du samedi 9 juin dernier. L’image, loin d’être symbolique, est plutôt le témoignage de l’engagement citoyen de cette banque qui a fait de la préservation de l’environnement et de la lutte contre le réchauffement, ses chevaux de bataille. Avec l’appui de l’inspection forestière du département de l’Ouémé, ils ont procédé à la mise en terre de 125 000 plants sur un espace de cinq hectares retenu sur le périmètre reboisé de Sèmè, à raison de 2 500 plants par hectare. Ils y sont allés à cœur joie, accompagnés par le son des tam-tams et castagnettes d’un groupe folklorique du coin, venu leur doper le moral et les encourager dans cette action citoyenne qui projette la localité de Sèmè-Podji comme une commune toute verte bientôt. C’est là l’objectif visé par cette activité particulièrement appréciée par les forestiers qui ne se sont pas fait prier pour appuyer la banque. L’activité est dénommée « Reboisement Sèmè 2018 » et est placée sous le thème « Arbre, économie verte, villes durables ».
Le capitaine Caroline Hounkpétin, représentant le directeur général des Eaux, Forêts et Chasse, ne leur a d’ailleurs pas caché son admiration pour cet exercice devenu annuel que la commune de Sèmè-Podji accueille pour la seconde année consécutive. C’est ensemble avec elle que Pascal Bied-Charreton, directeur général de la Sgb, a mis en terre le tout premier plant, donnant ainsi le top de cette activité citoyenne. Chaque employé de la Sgb présent aura ainsi mis en terre plusieurs plants après avoir suivi la démonstration faite par les forestiers. Laquelle vise à bien planter pour permettre au jeune pied d’eucalyptus de vivre et de bien grandir. C’est sans doute dans cet élan de les voir grandir et servir la communauté que les autorités locales d’Okoun Sèmè et celles de la commune de Sèmè-Podji se sont joints à la Société générale Bénin pour l’accompagner dans l’exercice.
Engagement citoyen
La Société générale Bénin aurait pu se contenter de son activité bancaire et faire son profit sans jamais penser à s’engager au plan social. Mais cette banque a une philosophie, expliquera à la fin de l’exercice de plantation, Pascal Bied-Charreton son directeur général. « Pour le développement et la réussite des activités et projets des clients, il faut un environnement sain », soutient-il, faisant observer que l’ensemble des activités de sa banque vise d’abord à apporter de la valeur au pays.
Pour lui, en effet, contribuer au bien-être général, non pas seulement en accompagnant les clients, mais aussi à travers des actions qui impactent leurs vies est un partenariat gagnant-gagnant bien cher à la Sgb. « Notre souci, c’est que le Bénin soit prospère dans tous les domaines avec une qualité de vie et un environnement sain », précisera-t-il.
Au-delà de la pérennité de cet exercice de mise en terre de plants, l’engagement de la Sgb pour le suivi des périmètres reboisés contribuera davantage à des villes plus belles et plus vertes, apprécie pour sa part, le capitaine Caroline Hounkpétin. « Qui plante un arbre a sauvé une vie », dira à la fin de l’exercice, Landry Ahomadikpohou, secrétaire général de la mairie de Sèmè-Podji représentant le maire.
Les mots du chef du village d’Okoun Sèmè, Dr Aristide
Paraïso Chakirou, sont allés également dans le sens de l’encouragement « Vous avez décidé d’oublier l’argent au profit d’œuvres utiles », s’est-il réjoui en témoignant sa gratitude à l’endroit des responsables et employés de la banque pour cet honneur renouvelé à l’endroit de sa localité.
Fierté !
Il y a un an, sur le périmètre reboisé de Sèmè Podji, la Société générale Bénin avait déjà procédé à un exercice de mise en terre de plants d’eucalyptus. Les fruits ont tenu la promesse des fleurs et douze mois après, les planteurs ont découvert avec joie et fierté, que les plants ont survécu et grandi. Le vaste espace vert à perte de vue qu’est devenu l’espace reboisé d’il y a un an, a été visité et parcouru par Pascal Bied-Charreton. « Ils sont déjà plus élancés que nous », ont apprécié la plupart des travailleurs de la banque, contemplant et caressant au cours de la randonnée, les feuilles vertes des plants.
Environnement 11 juin 2018
Le président de la Cour suprême et la délégation du nouvel ambassadeur du Ghana près le Bénin [/caption]Le président de la Cour suprême, Ousmane Batoko, a reçu en audience, ce jeudi 7 juin, plusieurs délégations dont les préoccupations ont porté notamment sur des questions de coopération et d’enseignement.
L’ambassadeur du Ghana près le Bénin, Alowe Leo Kabah, est la première personnalité reçue en audience, ce jeudi 7 juin, par le président de la Cour suprême. Ayant nouvellement pris fonction au Bénin, après la présentation de ses lettres de créance au chef de l’Etat, le diplomate a jugé utile de faire le tour des présidents des institutions de la République pour une visite de courtoisie. Alowe Leo Kabah est allé se présenter à Ousmane Batoko et s’imprégner un tant soit peu de la mission de la haute juridiction.
Selon le diplomate ghanéen, la Cour suprême du Bénin comme celle du Ghana, joue un grand rôle. Elle est le pilier de la démocratie et de l’Etat de droit. Alowe Leo Kabah assure le président Ousmane Batoko de sa détermination à approfondir les relations entre les Cours suprêmes de nos deux pays, notamment sur le plan judiciaire. Car, selon lui, le Bénin et le Ghana, sont deux peuples frères et unis par la culture et l’histoire, en dépit des barrières linguistiques créées par la balkanisation coloniale. Les deux pays entretiennent des relations de fraternité confortées par l’ouverture en 1962 au Bénin de l’ambassade du Ghana, rappelle-t-il. Alowe Leo Kabah justifie la bonne santé de cette coopération par la visite du président Patrice Talon à son homologue ghanéen en 2017. Une rencontre au cours de laquelle, les deux présidents ont décidé de réactiver la commission mixte de coopération entre le Bénin et le Ghana. L’hôte d’Ousmane Batako promet de poursuivre les efforts de ses prédécesseurs pour dynamiser davantage les relations séculaires entre les deux pays.
Le président de la Cour suprême s’est entretenu ensuite avec une délégation des stagiaires de la dix-huitième promotion de l’Ecole normale supérieure de Porto-
Novo en formation pour l’obtention du diplôme de Certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement secondaire (Capes). Ils ont été renvoyés de l’Ens pour n’avoir pas complété, dans le délai requis, leurs dossiers d’inscription avec leur attestation de Maîtrise donnant accès à cette formation au Capes. Leurs dossiers ont été donc purement et simplement rejetés. Les stagiaires interdits de cours à l’Ens depuis plus d’un mois sont au nombre de 202. Ils crient à l’injustice et sollicitent la médiation du président Ousmane Batoko auprès des autorités de l’Ens et de l’Université d’Abomey-Calavi pour être réintégrés dans la formation.
Les responsables de l’Ong « Ma contribution citoyenne » constituent la dernière délégation reçue par le président de la Cour suprême. Solange Odjo Ahlonsou et sa suite sont venues solliciter le soutien d’Ousmane Batoko dans le cadre de l’organisation de la douzième édition de remise de prix et de lots aux candidats reçus aux différents examens nationaux. Cette édition aura lieu en septembre prochain, informe Solange Odjo Ahlonsou qui se réjouit de la qualité des échanges avec Ousmane Batoko qui a gratifié la délégation de ses conseils avisés.