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Le ministre du Cadre de vie et du Développement durable, José Didier Tonato, a présidé, ce mardi 5 juin, à la plage de Fidjrossè, la cérémonie marquant la commémoration de la quarante-quatrième Journée mondiale de l’environnement. Elle a été marquée par une séance de reboisement interforces, sous l’égide du chef d’état-major-général des Armées, Laurent Amoussou.
« Utilisons les sachets réutilisables ou biodégradables ! » C’est l’appel lancé, ce mardi 5 juin, à la plage de Fidjrossè, appel lisible sur les banderoles, à l’occasion de la célébration de la quarante-quatrième journée mondiale de l’environnement.
Modeste Toboula, préfet du Littoral, a déploré, à cette occasion, l’absence des élus locaux à la cérémonie. Il souligne que le prix du développement durable est au bout des efforts quotidiens. Pour lui, le défi du ministère du Cadre de vie et du Développement durable requiert de poser des actes forts et significatifs. « Nous sommes enclins à développer nos efforts afin que l’utilisation des sachets plastiques soit prohibée. Bientôt, je vais prendre mes responsabilités », a annoncé le préfet du Littoral, affirmant son engagement de faire en sorte qu’il n’y ait plus de sachets non biodégradables à Cotonou.
Il a salué les efforts des cadres du ministère en charge du Développement durable et ceux des partenaires techniques et financiers, notamment du Pnud qui s’échinent pour donner des ressources en vue du maintien d’un cadre de vie sain.
Le représentant résident adjoint du Pnud près du Bénin, Adama Bocar Soko, relève que l’institution de la Journée mondiale de l’environnement contribue à assurer le bien-être sur la terre et celui de l’humanité. Elle porte, selon lui, sur un thème qui est d’actualité, chaque pays prenant exemple sur le thème retenu pour la célébration dans un pays hôte. Saluant les efforts faits par le Bénin dans le cadre de la lutte contre la pollution, notamment lors des contrôles périodiques de gaz d’échappement, il a souhaité que le Bénin continue de demeurer « le pays le moins pollué et le moins polluant ».
Le général des Armées Laurent Amoussou, chef d’état-major général, saisit l’occasion pour saluer l’engouement créé depuis le lancement de la campagne de reboisement. « Pour que le développement soit véritablement durable, cela requiert la contribution de tous. Nous nous engageons dans cette action avec autant d’énergie », a promis le général. La sécurité environnementale semble plus importante, a-t-il poursuivi, car perdre cette bataille, c’est perdre la bataille pour la vie. Les Forces armées en sont conscientes, reconnaît le général, et se sont mises ensemble avec les autres composantes des forces de défense et de sécurité pour planter des arbres. Il s’agit, explique le général, de rendre nos plages plus propres, surtout que l’Exécutif a fait l’option de la valorisation du tourisme dans le programme d’actions du gouvernement. « Les Forces armées sont réconfortées dans cet engagement constructif pour planter des cocotiers et se lancer dans la lutte contre les sachets plastiques », a-t-il affirmé, lançant un appel à toutes les unités pour planter des arbres. Car il s’agit de construire un Bénin plus vert débarrassé des sachets plastiques pour lui assurer une sécurité environnementale, gage d’un développement durable, a-t-il insisté.
Le groupement de femmes «Gnonnou Agodjié», une Ong internationale, a présenté un sketch qui déplore les pratiques nuisibles à la santé et à l’environnement qui consistent à mettre la nourriture chaude dans les sachets. La même scène exhorte à cultiver beaucoup de manioc pour garantir la fabrication des sachets biodégradables. Un sketch qui a fait non seulement marrer mais aussi conscientisé l’assistance. « Dans quelques mois, nous nous lançons le défi de voir disparaître le sachet dans nos vies », s’est réjoui le ministre en charge du Cadre de vie. Car pour lui, la quarante-quatrième Journée mondiale pour l’environnement évoque une problématique qui impacte négativement nos écosystèmes, car l’accoutumance aux matières plastiques constitue une menace réelle aux milieux environnementaux et à l’espèce humaine. Il a invité à explorer des alternatives et à proposer des éléments inclusifs. « L’arbre, c’est la vie et nous sommes fiers d’accomplir cette action avec vous ; cela témoigne de votre engagement dans la confiance et la fidélité », relève le ministre José Didier Tonato. L’objectif est de sortir le sachet du cadre de vie pour gagner en santé et en qualité de vie, a-t-il indiqué.
Le reboisement inter-forces s’étend sur un domaine sablonneux de 2,5 ha qui sera planté de 695 cocotiers, avec du terreau et un espacement, selon Séverin N’Sia, directeur général des Eaux, Forêts et Chasse.
Martin Pépin Aïna, directeur général de l’Environnement et du Climat, a annoncé le lancement d’une caravane en instance de démarrage, pour le retrait des sachets plastiques à travers la ville, contre un sachet biodégradable et un sac en tissu.
Le ministre sortant Cyr Koty (à gauche) échangeant les documents avec l'entrant Alassane Séidou, après la passation de charge[/caption]Précédemment ministre de la santé, Alassane Séidou a pris dans la soirée de ce mardi 5 juin, les rênes du ministère des Infrastructures et des Transports. Son prédécesseur Cyr Koty quitte le gouvernement à la suite du remaniement technique intervenu hier, quelque sept mois après sa prise de service (le 30 octobre 2017).
À la suite d’un tête-à-tête entre les deux ministres, entrant et sortant, au cours duquel les dossiers les plus importants ont été passés en revue, les deux hommes ont signé et échangé les documents de passation de service, en présence des travailleurs, des parents et amis.
Le représentant du personnel a remercié le ministre sortant pour le travail abattu en peu de temps. Tout en souhaitant la bienvenue au ministre entrant, il n’a pas manqué de lui demander d’œuvrer à de meilleures conditions de travail au sein de ce département.
Le secrétaire général du ministère l'a présenté, ainsi que le niveau de réalisation des différentes activités sans manquer de présenter les défis à relever au nouveau venu.
Cyr Koty, le ministre sortant, a remercié le président de la République de lui avoir permis de s’essayer à l’exercice de cette fonction d’État. Il s’est réjoui que son passage relativement court soit riche en actions et leçons. Au nombre des chantiers démarrés sous sa conduite, il cite l’aéroport de Glo-Djigbé et le lancement des travaux de construction de plusieurs routes. Il n’a pas manqué de témoigner sa gratitude au personnel du ministère qui l’ont accompagné dans sa mission.
Tout en mesurant l’ampleur de la tâche à accomplir, Alassane Séidou, le ministre entrant, affirme que, quoiqu’elle soit difficile, elle sera exaltante. Il reconnaît que sa nomination intervient dans un contexte de grands défis. Au nombre de ceux-ci, il évoque la construction et la réhabilitation de plus de mille kilomètres de voies. Mais, pour atteindre ces objectifs, le ministre affirme que l’engagement et la résolution de tous s’avèrent indispensables. Il promet une collaboration en synergie et empreinte de convivialité.
Actualités 06 juin 2018
Me Séverin Quenum (au micro) désormais aux commandes de la Justice[/caption]Me Severin Quenum est désormais aux commandes du ministère de la Justice et de la Législation. Il a pris la charge des mains de Me Joseph Djogbénou appelé à une nouvelle fonction à la Cour constitutionnelle. La cérémonie de passation de service s’est déroulée, ce mardi 5 juin au siège du ministère à Porto-Novo.
Me Séverin Quenum se réjouit de succéder à Me Joseph Djogbénou à la tête du ministère de la Justice et de la Législation. Le nouveau garde des Sceaux place son mandat sous le signe de la continuité au niveau du ministère pour asseoir la vision du chef de l’Etat qui veut que les fondamentaux de l’Etat de droit soit rétablis au Bénin. A cet effet, Me Séverin Quenum entend travailler d’arrache-pied pour faire de la Justice un vecteur social mais également un facteur de développement. Pour y parvenir, il promet de s’atteler à éradiquer certains maux qui minent le secteur judiciaire ces dernières années à savoir le laxisme et la corruption. Il entend œuvrer par ailleurs pour traduire en acte concret une autre vision du chef de l’Etat, en l’occurrence le retour de la notoriété de l’Etat et le respect de la hiérarchie. Il s’agit, selon lui, des axes forts dans les actions à entreprendre pour assainir davantage le secteur de la Justice. Ce qui lui permettra de faire renaître la Justice pour garantir l’Etat de droit et le développement du Bénin. Toutes choses qui garantissent la noblesse de la Justice et rendra le Bénin fréquentable surtout aux investisseurs privés. Il s’engage à mener dans ce cadre une lutte implacable contre l’impunité mais également contre toutes sortes de criminalité notamment le grand banditisme.
Le nouveau ministre de la Justice et de la Législation compte sur le soutien de Joseph Djogbénou qu’il félicite pour lui avoir fait hériter d'une maison Justice pacifiée après quelques mois de mouvements de grève. Me Séverin Quenum appelle tout le personnel du ministère et des cadres à divers niveaux à l’accompagner pour l’atteinte des objectifs. Il entend maintenir avec eux le même enthousiasme que son prédécesseur pour une Justice saine et sereine au Bénin.
Passant la charge, Me Joseph Djogbénou dit garder un grand souvenir pendant les deux années qu’il a passées à la tête de ce ministère. Lesquelles ont été, selon lui, passionnées et passionnelles. Me Joseph Djogbénou rappelle les nombreuses réformes profondes qu’il a entreprises, notamment dans le cadre du fonctionnement de la justice, le renforcement du personnel des services judiciaires et le renforcement de l’arsenal législatif dans le secteur dont la dernière en date est le Code pénal adopté au petit matin de ce mardi 5 juin. Il assure son successeur de son soutien pour la poursuite des réformes et surtout pour la lutte contre certains maux qui minent la maison Justice de l’intérieur dont les manquements récurrents des magistrats.

A l’initiative de la Fondation Claudine Talon en collaboration avec Clinton Health Access Initiative, Cotonou abrite une table ronde sur l’élimination de la transmission mère-enfant (Etme) et la prise en charge pédiatrique (Pecp) au Bénin. La rencontre ouverte, ce mardi 5 juin, par le ministre d’Etat, chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, vise à accroître les efforts en faveur de l’Etme et de la Pecp.
La situation des femmes et des enfants vivant avec le Vih au Bénin préoccupe la Fondation Claudine Talon et ses partenaires. La table ronde ouverte dans ce cadre, ce mardi 5 juin, se propose de faire des plaidoyers en faveur du renforcement des actions dans le cadre de l’Elimination de la transmission de la mère à l’enfant (Etme) et de la prise en charge pédiatrique (Pecp).
La rencontre vise à « mobiliser et à sensibiliser tous les leaders politiques et de la société civile, nationaux et internationaux ainsi que les partenaires techniques et financiers intervenant dans la lutte contre le Vih pour qu’ils intensifient, réaménagent, réorientent et renforcent leurs interventions en faveur des cibles de la prise en charge pédiatrique du vih et de l’Elimination de la transmission de la mère à l’enfant (Etme) au Bénin ».
En matière de contamination du Vih/Sida, les statistiques que révèle la première dame, marraine du plan Etme au Bénin, Claudine Talon, sont sans appel. « Sur 100 personnes contaminées par le Vih au Bénin, on dénombre dix enfants âgés de 0 à 14 ans, dont seulement trois bénéficiant d’un traitement Arv. La mortalité des enfants infectés a quasiment triplé au Bénin entre 2015 et 2016 révélant ainsi que la couverture et la qualité de la prise en charge pédiatrique sont en deçà des objectifs 90-90-90 que le Bénin s’est fixés d’ici à 2020 », signale-t-elle.
La situation des femmes indique aussi l’urgence des actions à mener. « Quant aux femmes dépistées séropositives, 4 sur 10 ne bénéficient pas du protocole Etme ». A cette insuffisance, elle ajoute l’inexistence des statistiques des femmes enceintes suivies dans les structures sanitaires privées, qui sont faiblement engagées dans la riposte.
La maîtrise de la maladie devient dès lors un impératif. « Elle nous impose d’éliminer par tous les moyens toutes nouvelles infections et la transmission du virus de la mère à l’enfant ; la procréation perpétuant l’espèce, nous sommes tenus de préserver nos progénitures du Vih », lance-t-elle.
Le gouvernement a pleinement conscience des défis à relever. Selon le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, la question de la transmission du Vih de la mère à l’enfant est un obstacle à lever en faveur de la survie des enfants affectés. « Il s’agit pour nous de travailler pour nous assurer que chaque mère est fière de son enfant et que tous les bébés nés au Bénin ont les mêmes chances de survie quelle que soit leur lieu de naissance et quelles que soient les conditions de leurs parents », indique-t-il.
La lutte contre le Vih/Sida au niveau des cibles indiquées est aussi le cheval de bataille de ‘’Clinton Health Access Initiative’’(Chai). Dans le cadre de l’Etme et de la Pecp, Chai se propose de travailler avec le gouvernement et les acteurs à divers niveaux pour appuyer l’un des centres d’excellence en vue de l’amélioration de la prise en charge clinique et psychosociale des enfants et des femmes vivant avec le Vih. Chai fournira un soutien programmatique avec un accord de financement et une expertise de qualité à tous les niveaux, annonce sa représentante, Stella Zekeng.
Vih, Arch et atteinte des Odd
Au-delà des efforts du Bénin en matière de lutte contre le Vih/Sida, le gouvernement sait qu’il doit mettre les bouchées doubles en vue d’être en phase avec les Odd.
« Pour atteindre les Odd en matière de Vih, notamment dans ces cibles 3.2 et 3.3 respectivement sur la mortalité infantile et néo-natale et l’élimination du Vih/Sida, les analyses les plus crédibles concluent à développer la prévention, le traitement et les soins dont le dépistage est la principale porte d’entrée, explique le ministre d’Etat, chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané. « Il nous paraît essentiel de mettre l’accent sur cette prévention dans le cadre d’une réponse complète et holistique, favorable à un accompagnement efficace des personnes affectées ou vivant avec le Vih », développe-t-il. Il poursuit : « Nos interventions doivent être surtout basées sur une prévention efficace des nouvelles infections afin de mettre un terme à l’épidémie du VIH », indique-t-il.
La mise en œuvre du projet Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch) est l’une des réponses appropriées à la lutte contre le Vih. A l’occasion de la table ronde, le ministre a établi le lien entre le nouveau dispositif de protection sociale et la riposte contre le Vih Sida. « Nous avons la ferme conviction que la mise en place d’un nouveau système de protection sociale à travers l’Arch contribuera à atténuer la fragilisation des conditions de vie et par ricochet la diminution de la propagation du Vih », assure-t-il. Il explique que l’Arch vient répondre au besoin pressant de disposer d’un cadre d’action intersectoriel et cohérent, visant à soutenir la lutte contre des situations de handicap pour lesquelles les conditions sociales, légales et économiques jouent un rôle déterminant dans la dissémination?
L’expérience de Suru Léré
Les participants à la table ronde sur l’Etme et la Pecp/Sida ont effectué une visite de terrain sur le site de prise en charge de Suru Léré où ils ont pu apprécier l’expérience du Centre hospitalier et universitaire de zone de Suru Léré (Chuzsl) et les efforts de cet hôpital dans le cadre de l’Etme et la Pecp, en vue des actions à mener. Le dispositif mis en place ici renseigne sur l’amélioration et le suivi de la prise en charge des différentes cibles.
De la présentation faite par la pédiatre Annick Capo-Chichi Amoussou, il se dégage une fierté par rapport aux résultats du taux de prévention mère-enfant.
L’efficacité des dispositions mises en œuvre dans le cadre de la Transmission de la mère-enfant se mesure par la réduction du taux résiduel de la transmission qui est d’environ 2 % dans l’hôpital contre 6,7 % au plan national. Le système de réseautage installé favorise le dépistage d’un nombre important de femmes et le retour des perdues de vue.
Relativement aux difficultés du centre, elle évoque la faible rentabilité de l’activité de prise en charge, l’absence de prise en charge sociale des parents et des enfants et l’insuffisance du personnel. Elle plaide pour l’extension du service de pédiatrie, de la maternité, de la salle d’accouchement et des services d’hospitalisation. Des doléances bien notées par la marraine du plan Etme, Claudine Talon, qui n’a pas manqué de saluer les efforts du centre?

Le nouveau ministre de la Santé promu à la faveur du remaniement ministériel a pris fonction dans la nuit de ce mardi 5 juin. Benjamin Ignace Bodounrin Hounkpatin semble déjà bien mesurer l’ampleur de la tâche qui l’attend et promet d'être à la hauteur.
Le remaniement technique intervenu par décret 2018-198 du 5 juin 2018 a mis fin aux fonctions d’Alassane Séidou en tant que ministre de la Santé. Depuis vingt-six mois, il en était aux commandes pour relever les défis du secteur. Tout n’aura pas été rose sous lui, mais des pas de géant ont néanmoins été franchis, reconnaît au nom des travailleurs du ministère, à l’occasion de la cérémonie de passation de service, Adolphe Houssou.
La lutte contre certaines maladies par la vaccination, la lutte contre les maladies à potentiel endémique, la création du Centre des opérations d’urgences sanitaires, les programmes de lutte contre les maladies prioritaires, les maladies tropicales négligées, sont quelques actions engagées sous sa tutelle et pour lesquelles, Alassane Séidou a invité son successeur à maintenir le cap. Dans bien d’autres domaines comme la lutte contre les hépatites, le tabagisme, la traque aux faux médicaments et autres, des avancées ont été notées. Des avancées ont été également enregistrées dans le domaine des infrastructures et des équipements avec de nombreux travaux engagés ou à engager, comme c’est le cas avec le centre hospitalier de référence d’Abomey-Calavi. Outre ce bilan sommaire, le ministre sortant a légué à son successeur une liste de priorités qu’il l'a invité à étudier avec promptitude. La réforme des évacuations sanitaires, la poursuite du processus d’acquisition des antigènes pour la vaccination, la mise en concession de certains hôpitaux de zone devraient donc figurer parmi les priorités du Dr Benjamin Ignace Bodounrin Hounkpatin.
Le nouveau ministre de la Santé est un homme du sérail. Il est tout sauf un intrus. Et ce sont ses camarades de lutte, par le biais d'Adolphe Houssou, qui le révèlent. Ce dernier estime en effet que le nouveau ministre est « une fierté des lutteurs » et que leur lutte a payé car un syndicaliste a été nommé. « Nous avons l’obligation de vous accompagner », lance-t-il au nouveau ministre. Des lauriers, le nouveau ministre en a également reçu de son prédécesseur qui l’a présenté comme « un acteur infatigable de notre système de santé ».
Plutôt modeste, mais ferme et plein d’assurance, le ministre entrant Benjamin Ignace Bodounrin Hounkpatin « rassure de son engagement ferme à honorer la confiance placée en lui par le chef de l’Etat » pour que le secteur puisse jouer convenablement son rôle. « La santé est la base de tout développement humain. L’impact de la santé est une donnée importante pour l’évaluation du développement. Je suis conscient que les défis sont énormes, mais pas insurmontables », indique-t-il.
Agrégé en Gynécologie obstétrique, praticien hospitalo-universitaire au Centre hospitalier universitaire de la mère et de l’enfant Lagune (Chu-Mel) de Cotonou, Benjamin Ignace Bodounrin Hounkpatin était avant sa nomination, le médecin responsable du secteur des urgences et des références/contre-références du Chu-Mel de Cotonou?

Le chef de l’Etat, Patrice Talon, a procédé, ce mardi 5 juin, à un remaniement technique de son gouvernement. On note deux nouvelles entrées au gouvernement, une sortie et un ministre qui change de portefeuille.
Garde des sceaux, ministre de la Justice et de la Législation : Séverin Maxime Quenum ; ministre de la Santé : Benjamin Bodounrin Ignace Hounkpatin et ministre des Infrastructures et des Transports : Alassane Séïdou. Telles sont les modifications intervenues avec le remaniement technique effectué par le président de la République, Patrice Talon, ce mardi 5 juin 2018. Le reste de l’équipe gouvernementale est resté intact.
Ces changements ont été opérés par décret n°2018-198 en date du 5 juin 2018, précise le communiqué du secrétariat général du gouvernement y afférent qui indique, par ailleurs, que les passations de services ont eu lieu hier même.
Ainsi, le désormais ancien ministre de la Justice et de la Législation, Me Joseph F. Djogbénou, appelé à siéger à la Cour constitutionnelle, cède son fauteuil à un autre avocat également proche du chef de l’Etat qu’il a défendu dans certains dossiers.
Avec l’entrée au gouvernement de Dr Benjamin Hounkpatin, maître de conférences, agrégé en gynécologie, c’est également un changement poste pour poste : un médecin qui vient remplacer un autre à la tête du département de la Santé.
Au finish, on note deux nouvelles entrées au gouvernement, une sortie en la personne du ministre Cyr Koty remplacé par Alassane Séïdou qui gardait le portefeuille de la Santé. Un jeu de chaise musicale pour ce dernier qui, une fois encore, bénéficie de la confiance du chef du gouvernement. Le veinard avait été déjà ministre de la Décentralisation sous le président Boni Yayi?

L’Assemblée nationale s’est penchée, ce mardi 5 juin, sur le rapport de la chambre d’instruction de la Haute cour de justice relatif au dossier de poursuite de l’ex-ministre chargé des Relations avec les Institutions, la Société civile et les Béninois de l’extérieur (Mcri-Scbe), Alain François Adihou. Elle a estimé, par 21 voix pour, 1 contre et 1 abstention, qu’il n’y a pas lieu de le mettre en accusation.
Alain François Adihou n’est pas coupable des faits de détournement de deniers publics et de détournement de véhicule administratif à lui reprochés dans le dossier de gestion du projet d’élaboration de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) pour la présidentielle de 2006. C’est la conclusion à laquelle est parvenue la commission chargée des Lois de l’Assemblée nationale qui a présenté, ce mardi 5 juin, le rapport de la chambre d’instruction de la Haute cour de Justice sur le dossier. Lequel rapport s’est appesanti notamment sur la procédure, les faits reprochés, l’avis de la chambre d’instruction de la Haute cour de justice ainsi que les motivations sur lesquelles elle s’est fondée.
Prenant en compte tous les éléments du dossier, les travaux de la chambre d’instruction de la Haute cour de justice a conclu à la non constitution des infractions objet de l’instruction. La commission parlementaire trouve qu’il y a lieu de retenir que l’ancien ministre Alain François Adihou n’est pas auteur des faits qui lui sont reprochés. En d’autres termes, la commission chargée des Lois trouve qu’il n’y pas lieu de décider de la mise en accusation de l’inculpé, deuxième étape de la procédure devant la Haute cour de justice après celle de poursuite.
En effet, la chambre d’instruction de la Haute cour de justice, après examen des pièces du dossier, en conclut que les faits de détournement de deniers publics mis à la charge de l’intéressé ne sont pas constitués. La constitution de cette infraction suppose la réunion de quatre éléments cumulatifs. Il s’agit d’abord, de l’élément matériel qui consiste en une dissipation, une soustraction ou une approbation de la chose objet du détournement. Ensuite, la matière objet de détournement doit faire partie des choses limitativement énumérées par la loi, et dont l’inculpé était en possession et qu’il s’approprie. Le troisième élément exige que l’auteur des faits doive être un percepteur, un commis à la perception, un comptable ou un dépositaire public. Il y a enfin l’intention criminelle ou coupable de l’auteur des faits.
Pour la chambre d’instruction de la Haute cour de Justice, s’il a été démontré la matérialité des deux premiers éléments constitutifs de l’infraction, il n’en est pas de même pour les deux autres. Car, selon elle, Alain François Adihou n’aurait été ni comptable public ni comptable au moment des faits incriminés. Aussi, note la Haute cour de Justice dans son avis à travers sa chambre d’instruction, certains des faits qui sont reprochés à l’inculpé ne constituent que des détournements d’affectation des fonds ou des choses mises à disposition. Au sens de la loi, ces faits ne pourraient avoir pour effet que l’engagement de la responsabilité civile et disciplinaire de l’intéressé et non sa responsabilité pénale.
Sur le détournement de véhicule administratif, ces faits ne sauraient non plus être retenus contre Alain Adihou dans la mesure où il ressort du réquisitoire du procureur général près la Haute cour de Justice ainsi que des déclarations de l’inculpé que le véhicule BMW 4x4 acheté dans le cadre de la réalisation de la Lépi et que ce dernier avait gardé par-devers lui, a été déposé au garage central le 25 avril 2005.
Avec le vote de rejet intervenu hier, Alain Adihou est ainsi lavé de tout soupçon. Il devrait désormais avoir la conscience dégagée après plusieurs années de torture morale et de détention préventive.
Rappels
Il faut rappeler que tout est partie du projet d’établissement d’une Lépi en vue de l’élection présidentielle de 2006 confié à l’ex-Mcri-Scbe. Le coût estimatif du projet adopté par le Conseil des ministres du mercredi 15 octobre 2003 s’élève à la somme de 3, 5 milliards F Cfa. Le ministère de l’Economie et des Finances a remis en 2004 un montant de 793,356 millions F Cfa au profit de l’Ex-Mcri-Scbe plus précisément à la disposition du régisseur. Mais dans l’usage de ces fonds, il a été observé une certaine opacité qui a conduit à la mise sur pied, le 1er avril 2005, d’une commission de vérification de la gestion faite par le régisseur des fonds mis à sa disposition.
Les conclusions de ladite commission ont révélé de grandes irrégularités dont, le non respect des règles et procédures d’exécution des dépenses publiques, des achats et prestations de services réalisés sans appel à concurrence et sans bons de commande et des surfacturations.
Une question d’actualité a été adressée par l’Assemblée nationale au gouvernement dans le but d’avoir des éléments d’éclaircissement sur le dossier. L’Exécutif a apporté des éléments de réponse, le 2 décembre 2004. Puis, le 23 décembre 2004, a été mise sur pied une commission parlementaire sur les déclarations du Mcri-Scbe relativement à la Lépi dont le rapport a été examiné en séance plénière le 18 avril 2006. Les recommandations de la plénière ont conduit au vote de la décision n°2006-01/A/N du 18 juillet 2006 portant poursuite d'Alain Adihou, ex-Mcri-Sbce, ordonnateur du projet en question. Transmis à la Haute cour de Justice, le dossier a été soumis à l’examen de la chambre d’instruction de ladite Cour. Le procureur général, dans son réquisitoire en date de 22 juin 2012, a requis que la Chambre d’accusation prononce la mise en accusation de l’intéressé et le renvoie devant la Haute cour de justice pour y être jugé conformément à la loi.

Le nouveau gouvernement de la rupture vient d’être connu. Après une longue attente, suite à la désignation du ministre de la Justice, Garde des sceaux, Joseph Djogbénou pour siéger à la Cour constitutionnelle, les citoyens peuvent garder leur souffle. Au terme de la consultation, le bureau de l’Assemblée nationale a validé la liste du troisième gouvernement de Patrice Talon ce mardi 5 juin 2018. Il y a eu deux entrées et deux sorties. Au ministère de la Santé, Dr Alassane Séidou cède sa place à un autre spécialiste, gynécologue de formation comme lui. Il s’agit de Benjamin Hounkpatin, Maître de conférence, agrégé de Gynécologie promotion 2016 du Cames. Le nouveau ministre de la Santé est né le 31 juillet 1974. Dr Alassane Séidou, son prédécesseur remplace au ministère des Infrastructures et des Transports, Cyr Koty qui quitte quant à lui définitivement le gouvernement de la Rupture. Alassane Séidou a été précédemment ancien maire de la commune de Kandi et ministre de la Décentralisation sous le président Boni Yayi. La passation de charge va intervenir ce mardi 5 juin 2018, afin que le ministre Joseph Djogbénou soit totalement déchargé avant de prêter serment comme membre de la Cour constitutionnelle ce mercredi 6 juin 2018.
Actualités 05 juin 2018

D’inspiration féconde, la femme de lettres, Adélaïde Fassinou-Allagbada, vient de publier un nouvel ouvrage intitulé Un kilo de piments chez Zainab’s. C’est une nouvelle qui offre au lecteur des récits où se conjuguent harmonieusement humour, mélancolie, passion et mésaventure.
Brave femme, Maman Hônon (la mère des jumeaux) déborde de rêves mais aussi de soucis. Ses jérémiades sur la précarité de la vie, ses misères quotidiennes, son ambition d’offrir à sa dizaine d’enfants un avenir plus radieux, elle les impose à toute oreille. Dans le labyrinthe de ses nombreuses déceptions, elle n’envisage qu’un fil d’Ariane : immigrer pour Ouagadougou et y ouvrir un maquis pour faire fortune. Pour une destination, c’en est une ! La mère des jumeaux trouve dans son rêve burkinabé ce que la plupart des jeunes africains trouvent dans le rêve américain. "Maman Hônon", c’est le titre de la première histoire qui ouvre les lignes de la nouvelle promotion littéraire essai sorti des méninges d’Adélaïde Fassinou : Un kilo de piments chez Zainab’s. Une œuvre d’imagination faite de neuf histoires aux tons variés qui s’étendent sur 116 pages.Un enchaînement de récits d’inspiration réaliste, écrit dans un style qui se rapproche du lecteur et un registre à la portée de qui sait lire. Marquée par la concision, la proximité avec la réalité, les figures de style et une variété de tonalités…, chaque histoire présente les caractéristiques essentielles d’une nouvelle. Un kilo de piments chez Zainab’s, titre de l’ouvrage, est aussi l’histoire qui ferme les pages du recueil de nouvelles. L’auteure raconte ici une brûlante aventure au maquis Chez Zainab’s, où la troupe d’écrivains et de passionnés des lettres en séjour au Ghana a dégusté un repas made in Ghana, assaisonné d’une bonne dose de piment. Dans un registre courant et parfois familier, elle expose avec humour ce qu’un mets bien pimenté provoque dans l’organisme, la chaleur du moment et celle d’après-repas.
Paru en avril 2018 aux éditions Cnpms, l’œuvre contient sept autres nouvelles les unes aussi intéressantes et réalistes que les autres, notamment "Pour cinq indignes mille francs", "Le veilleur de nuit devenu banquier", "Le rêve réalisé", "Juste une cuillerée de trop", "C’est bien toi ma mère", "L’indigène au pays de Mandela", "Qui a tué Madame de la boutique". L’auteure a dédicacé ce recueil à feue Winnie Mandela et à toutes les combattantes des causes justes à travers le monde.
Professeur certifié de lettres, Adélaïde Fassinou-Allagbada a déjà publié plus d’une douzaine d’ouvrages dans plusieurs genres littéraires dont le roman Modukpè le rêve brisé en 2000, Enfant d’autrui, fille de personne en 2003, le recueil de poésies Mes exils, mes amours en 2010, l’essai Ma vie entre parenthèses paru en 2016. Elle est l’actuelle secrétaire générale de la Commission nationale béninoise pour l’Unesco.

L’usage abusif ou inapproprié du médicament constitue une préoccupation pour les instances sanitaires du monde. Dans un pays comme le Bénin où l’automédication est une pratique largement répandue, le médicament, mal utilisé, peut devenir un problème pour le consommateur. Dr Moutiatou Tidjani Toukourou, titulaire de la pharmacie de l’abattoir à Cotonou, explique dans cette interview qu’elle nous a accordé, les facilités qu’offrent les pharmaciens au consommateur pour un bon usage du médicament.
Propos recueillis par Reine AZIFAN
La Nation : Qu’appelle-t-on médicament ?
Dr Moutiatou Tidjani Toukourou : Le médicament de façon générique, c’est toute substance qu’on présente comme ayant des vertus ou des propriétés thérapeutiques, curatives, préventives, diagnostiques vis-à-vis des maladies humaines et animales. Le médicament sert donc à guérir, à prévenir et à faire le diagnostic d’une maladie. Il y a plusieurs formes de médicaments. Nous avons les formes solides comme les comprimés et les suppositoires ; nous en avons sous forme liquide, notamment les injectables, les collyres qu’on met dans les yeux et les oreilles, il y a aussi des liquides qu’on met dans l’anus pour faire les lavements ; nous avons les sirops. Parmi les sirops, on peut classer nos médicaments traditionnels que nous buvons sous forme de tisane. Nous en avons aussi sous forme de pommade et lait pour la surface de la peau.
A quel moment doit-on recourir au médicament ?
On doit prendre un médicament lorsqu’on est malade. Mais il y a plusieurs sortes de maladies. Il y en a qui sont passagers, par exemple un mal de tête ou un rhume, les yeux qui coulent, bref, vous avez un petit bobo. Ce sont souvent des signes qui annoncent quelque chose dans l’organisme. Quand vous avez ces genres de manifestations, vous avez deux solutions : soit vous vous dites je prends un calmant ou bien vous allez dans une pharmacie pour trouver une solution à votre problème. Il faut dire que ce que nous faisons en pharmacie est assez sommaire, nous ne faisons qu’orienter le patient en lui proposant un produit ou en lui disant franchement, si ça ne va pas, d’aller voir le médecin qui va pousser beaucoup plus loin son diagnostic et prescrire un traitement. Le mieux, avant tout recours au médicament, c’est de s’adresser à une personne qualifiée et la première personne qualifiée, là où vous rentrez sans même payer, c’est la pharmacie.
Quels sont vos conseils pour un bon usage des médicaments ?
Je demande aux populations de faire confiance à leurs pharmaciens, à leurs médecins. Ce sont des gens qui ont été formés et dans un environnement donné. Ils sont là pour les aider à se prendre en charge sans trop de risques. Il y a toujours un risque à prendre un médicament et tout le monde n’a pas la même sensibilité. Le médicament qui est bon pour X peut ne pas être bon pour Y. Le pharmacien est renseigné là-dessus et peut vous aider, vous orienter. Si vous n’avez pas les moyens d’aller voir un médecin, rapprochez-vous au moins d’un pharmacien avant toute prise de médicament. C’est un produit tellement spécial qu’il a une définition juridique donc c’est dans la loi. C’est un produit très important même dans un système sanitaire, car si vous avez le meilleur médecin, les meilleurs appareils pour faire les meilleurs diagnostics, si le médicament est mauvais, tout ce que vous avez fait avant est vain. Quand on prend l’ensemble d’un traitement pour d’un malade, le médicament représente 76 % donc il ne faut pas se tromper de médicament. Il faut prendre le bon médicament au bon moment. Il ne faut pas détenir beaucoup de médicaments à la maison, il faut avoir juste de quoi vous avez besoin et avoir un endroit où les entreposer. De préférence en hauteur pour que les enfants ne puissent pas y avoir accès facilement. De temps en temps, il faut regarder ces médicaments, en particulier les dates de péremption et jeter ceux qui sont périmés. Dommage que dans notre pays on n’ait pas encore de système de récupération de ces médicaments périmés. J’espère qu’on va y arriver un jour. Que chacun joue son rôle pour le bonheur de nos populations.
Le médicament ayant aussi un rôle préventif, dans quels cas peut-on en prendre à ce titre ?
A titre préventif par exemple, les médicaments que nous pouvons prendre sont les vaccins. Vous n’êtes pas malade mais vous vous faites vacciner pour prévenir certaines maladies. C’est l’exemple-type de médicament à visée préventive. Dans les temps anciens, on faisait la prévention contre le paludisme en prenant certains médicaments mais aujourd’hui, ce n’est plus conseillé sauf pour les femmes enceintes pour lesquelles un traitement préventif intermittent (Tpi) est mis en place. Si on laisse la femme enceinte contracter le paludisme, c’est très grave et pour elle-même et pour le bébé. C’est pourquoi dans ce cas aussi, on fait de la prévention.
Cette pratique des temps anciens ainsi que la dispensation des médicaments sans exigence d’une ordonnance ne favorisent-elles pas l’automédication, une pratique très répandue au Bénin ?
L’automédication est due à notre système sanitaire. Qui paye pour la santé ? Il n’y a pas de système de prise en charge de la population. Donc, on a peur d’aller voir le médecin et on s’adonne à l’automédication. Ce qui est très dangereux, car on peut traiter les symptômes d’une maladie pendant longtemps alors que la maladie est toujours là et s’aggrave. Or, si la maladie est prise en charge dès le début, on peut guérir facilement et sans séquelle. Ce n’est donc pas conseillé de faire de l’automédication et si on veut la faire, il faut se rapprocher des personnes autorisées.
Dans les pharmacies, il y a toujours deux sortes de médicaments. Il y a la médication familiale. Dans certains pays, quand vous allez dans les pharmacies, c’est le client même qui se sert. Ces médicaments n’ont pas besoin d’une ordonnance avant d’être servis. Il y a une deuxième catégorie de médicaments dispensés sur présentation d’une ordonnance. C’est vrai que dans notre pays il y a un peu de laxisme mais de plus en plus, il y a des médicaments que vous ne pouvez pas acheter sans ordonnance. Dans tout système quand il n’y a pas de contrôle, il y a toujours du laisser-aller. Chacun doit faire son travail. On ne peut pas laisser les gens faire ce qu’ils veulent dans un secteur aussi sensible. Les inspecteurs doivent passer et il faut que les dispositions prévues dans les textes qui encadrent le secteur soient appliquées.
Pour que le médicament ne se transforme en poison pour le consommateur, quel rapport devrait-il avoir avec ce produit ?
On dit souvent que le médicament est un poison parce que c’est un produit actif qui agit sur les organes et ça n’agit pas sans laisser de séquelle. Mais on étudie le rapport bénéfices et risques. Donc, en cas de maladie, la personne qualifiée à laquelle vous avez recours connaît la toxicité de tel ou tel médicament et sait que si le traitement dure tel nombre de jours, ce n’est pas nocif. Il vous pose des questions pour savoir si vous n’avez pas telle faiblesse ou telle autre maladie ou si vous ne prenez pas tel médicament. Donc, le spécialiste encadre la prise de médicaments même quand on est malade. Il précise à quel moment il faut prendre les médicaments : à jeun, avant, au milieu ou après le repas, tout ceci pour amoindrir les effets secondaires des médicaments. Mais le consommateur qui ne connaît pas tout ça et qui ne va pas voir le spécialiste ne peut pas encadrer cette prise de médicament.
Dans cette mission d’encadrement de la prise de médicament, quel est le rôle du pharmacien vis-à-vis du consommateur qui est en même temps son client ?
Le rôle du pharmacien, c’est celui d’un conseiller. Le pharmacien, dans son cursus professionnel, étudie non seulement les médicaments, mais il étudie aussi les organes, les maladies, tout au moins les maladies courantes et leurs symptômes. Donc, il peut déjà, à travers quelques questions et réponses du consommateur l’orienter et lorsque cela dépasse ses compétences, le référer vers un médecin généraliste ou un spécialiste ou lui conseiller d’aller faire un bilan. Il y a de petits tests que nous-mêmes nous faisons dans les pharmacies. Nous contrôlons la glycémie, la tension artérielle, le poids et avec tout cela on peut valablement l’orienter vers le spécialiste dont il a besoin.
Il se fait que les pharmaciens ne sont pas toujours disponibles ou accessibles pour le consommateur.
Ça, c’est dans l’ancien temps et cette époque est révolue. Avant on n’avait pas beaucoup de pharmaciens mais aujourd’hui et depuis une dizaine d’années, il y a chaque année des pharmaciens qui sortent de l’école de formation et nous avons ceux qui viennent de l’extérieur, donc il y en a assez dans le pays. Pour les pharmacies qui se respectent, il y a toujours des pharmaciens disponibles pour orienter le consommateur. Les gens viennent demander conseil, sans aucune obligation d’acheter quoi que ce soit et repartent. Le pharmacien est un professionnel de haut niveau qui est plus proche de la population. Dans la plupart des pharmacies, vous avez des pharmaciens assistants qui sont au comptoir.
Santé 05 juin 2018