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Nouvelles

Coups et blessures volontaires ayant entraîné une infirmité permanente (4e dossier): Cinq ans de prison ferme pour Dègbédji Aholidji

Le quatrième dossier au rôle de la première session de la cour d’assises de la cour d’appel d’Abomey a été examiné, jeudi 17 mai dernier. La cour a prononcé une condamnation de cinq ans d’emprisonnement ferme à l’encontre de Dègbédji Aholidji accusé de coups et blessures volontaires ayant entraîné une infirmité permanente.

A l’annonce des cinq ans de prison ferme comme verdict donné par la cour, l’accusé Dègbédji Aholidji, 28 ans, a aussitôt fléchi les genoux pour remercier la cour pour sa clémence. En réalité, l’accusé est en détention depuis le 31 janvier 2013. Ayant donc passé cinq ans en détention, il est considéré comme libre de ses mouvements après le verdict. Après tout ce temps passé en prison, il est visiblement heureux de retrouver les siens à Kpakpassa dans la commune de Savalou. Mais pour en arriver là, l’accusé a dû traverser une journée bien chaude, arrosé de questions auxquelles il devait répondre pour permettre à la cour de comprendre le dossier.
Invité à la barre pour répondre aux questions de la cour, l’accusé Dègbédji Aholidji a du mal à être cohérent dans sa version des faits. A travers ses nombreuses questions, la cour a voulu comprendre tout ce qui a emmené aux coups et blessures volontaires portés au sieur Robert Tonassé, 32 ans, dans la nuit du 17 décembre 2012 et qui lui ont fait perdre à vie l'usage de son l’œil gauche. Des différentes déclarations faites donc à la barre, l’accusé reconnaît que le nommé Robert Tonassè est un ami qui l’a aidé à prendre son épouse en mariage en menant les démarches auprès du père de la fille. Et pour avoir la fille sous toit, il a dû débourser la somme de 80 000 F Cfa pour conclure le contrat d’apprentissage de la fille. Mais, chose étonnante, Dègbédji soupçonne une relation secrète entre sa compagne Nathalie et son entremetteur Robert. Celui-ci est allé jusqu’à proposer de lui rembourser les 80 000 F dépensés qui représentaient en quelque sorte la dot. Ce qui a davantage versé Dègbédji et confirmer ses soupçons. Ne comprenant plus rien, il n’a pas hésité à en parler aux deux, à sa compagne Nathalie comme à son ami Robert. La dame avoue à son mari avoir eu par le passé une intimité avec Robert. Mais, ce dernier nia catégoriquement toute relation avec Nathalie. Le fait est là qu’à la moindre dispute dans le couple, la dame accourt chez l’entremetteur Robert pour se confier et parfois avoir un refuge.
Et c’est ce qui s’est passé le 17 décembre 2012. Revenu du champ, Dègbédji demande à sa compagne de lui faire à manger. Celle-ci refuse et une dispute éclate entre les deux. Quelques instants après, la dame sort de la maison et prend la direction de la maison de Robert. Impuissant, le mari subit la honte de cette désertion conjugale.
Pour en finir avec ce mariage à trois, Dègbédji se rend aussi au domicile de son rival Robert, où il trouve sa femme en train de se faire consoler. Celle-ci prend peur et détale. Les deux rivaux se rouent de coups. Il sonnait environ 22 h. C’est dans cette confusion que Robert reçoit un coup fatal sur l’œil gauche. Au-delà d’un coup, il croit et soutient que c’est plutôt avec un objet contondant que Dègbédji lui a crevé l’œil ce soir-là. Malgré tous les soins, rien à faire. L’irréparable est fait. Conséquence, l’auteur de cet acte, Dègbédji est mis aux arrêts et inculpé.
A la barre, Nathalie, la compagne de Dègbédji ; Robert, l’entremetteur et le beau-père ont chacun donné leurs versions des faits. Robert ne reconnaît pas avoir eu une intimité avec la dame mais était juste un conseiller pour elle. Faux ! dira dame Nathalie. «J’étais sortie avec Robert avant d’épouser Dègbédji », rectifie-t-elle. D’ailleurs, raconte-t-elle, « Je ne savais pas qu’ils étaient des amis. Sinon, je n’aurai, pas permis à ce que ce soit Robert qui démarche pour Dègbédji en allant voir mon père ici présent. Je reconnais que je me confiais à Robert. Je cotisais chez lui et je l’informais aussi des cadeaux que mon mari me faisait sans savoir que les deux étaient des amis ».
Le beau-père aussi prend la parole pour remettre de l’ordre dans les diverses versions. Notamment, la version de Robert sera battue en brèche. Le père n’a jamais confié sa fille Nathalie à Robert comme il l'a fait croire. Au contraire, dit-il, la fille était en apprentissage quand il est venu demander sa main, pour son ami Dègbédji. Et j’ai exigé que la fille finisse l’apprentissage surtout qu’elle a vite quitté l’école. Mais, à sa grande surprise, il a constaté lors d’un voyage que sa fille a déjà rejoint le mari promis. Alors, il exige que la suite du contrat soit honorée par le mari. Ce qui fut fait par ce dernier qui paye 80 000 F pour permettre à la fille de poursuivre l’apprentissage.

L’excuse de la provocation

Dans ses réquisitions, Blaise Kissezounon, représentant le ministère public relève que « la société devient de plus en plus un théâtre de violence gratuite. Il constate que cette violence a gagné aussi les familles qui devraient être des repères de valeurs morales exemplaires. Et, fait-il observer, ce quatrième dossier inscrit au rôle de cette session des assises de la cour d’appel d’Abomey en est une preuve tangible. Les mœurs ont été ébranlées au point de mettre une ambiance fétide dans les relations amicales et fraternelles pour « finir par un œil crevé à Robert ».
L’avocat général note qu’après l’audition des différents personnages impliqués, le constat est là que les trois éléments constitutifs des faits sont bien rassemblés pour le chef d’accusation de coups et blessures volontaires ayant entraîné une infirmité permanente. Il évoque l’infraction de coups portés à quelqu’un et qui entraîne une infirmité qui constitue un acte de violence prévu et puni par la loi. Une infraction mentionnée par le Code pénal notamment en son article 309 alinéa 3. Il mettra l’accent sur les éléments matériel et moral. Le premier concerne les heurts, chocs, coups de poing. Le cas ici, c’est qu’au-delà des coups de poing, il y a eu, selon la victime, un coup de couteau. En ce qui concerne l’élément moral, il brandit l’élément intentionnel. Les coups de poing donnés à la victime et provoquant une infirmité intervient dans des circonstances aggravantes. Et l’auteur en porte la responsabilité criminelle. Pour étayer ses propos, l’avocat général fait référence au certificat médical de la victime qui parle de l’« éclatement du globe oculaire gauche avec une large plaie d’environ 5 cm ».
En tenant compte de la tournure des débats, le ministère public estime que, bien que convaincu du délit de coups et blessures volontaires, l’accusé peut bénéficier des circonstances atténuantes parce que vexé par le rapprochement entre sa femme et son entremetteur. Dègbédji Aholidji a donc l’excuse de la provocation qui entraîne par conséquent une modération de la pénalité. Invoquant les articles 309 et 303 du Code pénal, l’avocat général demande à la cour de condamner l’accusé à une peine de 4 ans de réclusion criminelle.
La défense assurée par Me Hyacinthe Houngbadji s’est dite admirative des « réquisitions honnêtes » de l’avocat général qui le rendent « fier de la justice béninoise avec des acteurs qui travaillent dur pour ne laisser aucune place aux lacunes ». Il salue l’humanisme de l’avocat général qui a rappelé les circonstances atténuantes dont bénéficie l’accusé. Il plaide l’ignorance de son client qui est poursuivi sur les dispositions 309 alinéa 3 du Code pénal pour avoir porté des coups à Robert parce que se sentant trahi et abusé par ce dernier. L’avocat demande la clémence de la cour afin de permettre aux personnes impliquées dans ce dossier d’« aller laver le linge sale en famille ». Car, tout est parti d'une incompréhension entre les membres d’une même famille.
Après une suspension, la cour revient pour délibérer. Il reconnaît Dègbédji Aholidji coupable de coups et blessures volontaires punis par plusieurs dispositions du Code pénal en ses articles 309 alinéa 3, 301 alinéa 3 puis elle le condamne à cinq ans d’emprisonnement ferme.
Statuant sur le volet civil, la cour revient et révise à la baisse la requête de la victime qui réclame 12 millions F Cfa pour dommages et intérêts. La cour délibère et condamne l’accusé à payer à la victime Robert Tonassé la somme de 2,5 millions F Cfa pour préjudice à lui causé.
Résumé des faits

Orpheline de mère, la nommée Nathalie Ahouandjinou a été confiée à Robert Tonassé par son père Tognissè Tossa. Intéressé par cette dernière, Dègbédji a fait des démarches auprès du tuteur et du père pour l’épouser.
Dans la vie quotidienne du couple, Dègbédji Aholidji aurait l’habitude d’exercer des violences sur sa compagne qui allait souvent se plaindre à son tuteur Robert Tonassé. Mécontent de ce rapprochement entre sa femme et Robert, Dègbédji s’est mis à soupçonner ce dernier de courtiser sa femme.
Le 17 décembre 2012, une fois encore, Dèdédji aurait porté des coups à sa femme qui est allée se refugier chez Robert Tonassé.
A la recherche de sa femme, Dègbédji se serait rendu au domicile de Robert où une bagarre s’éclata au cours de laquelle Robert Tonassé a eu l’œil gauche crevé.
Dègbédji aurait reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure. Le bulletin n°1 de son casier judiciaire ne porte aucune mention de condamnation antérieure. L’enquête de moralité lui est favorable et il n’était pas en état de démence au moment des faits.
Composition de la Cour

Président : Désiré P. Dato
Assesseurs : Serge
Hounmanakan, Mohamed Obonou
Jurés : Gérard Tossou,
Germain Ayinon, Marguerite Hortense Kossou,
Victor Agbémahouè

Avocat général : Blaise Kissezounon
Greffier : Etienne Ahonahin

Actualités 22 mai 2018


Bénin/Education : Maxime da Cruz expose les facteurs qui entravent la performance de l’Université

Le recteur de l’Université d’Abomey-Calavi fait un diagnostic inquiétant sur la faible performance de l’Université, haut lieu du savoir. A la faveur du lancement des travaux du 30ème congrès de l’Association internationale de pédagogie universitaire (Aipu) ce lundi 21 mai 2018, à l’amphithéâtre Idriss Deby Into à l’Uac, Maxime da Cruz a levé un coin de voile sur les difficultés qui constituent des obstacles à l’épanouissement de l’Université.

Notre université, résolument engagée dans le 21ème siècle, indique le recteur, vit des difficultés, des influences et des mutations qu’il faut gérer. Il a affirmé que : « des événements socio-politiques ou socio-économiques dont elle n’est pas souvent la source, l’impactent dangereusement. Ces événements remettent souvent en cause son organisation structurelle ; parfois ce sont les conséquences de ces événements qui altèrent le niveau de performance que notre université croyait avoir atteint ». En conséquence, Maxime da Cruz soutient que les enjeux de ce siècle exigent que nos universités soient proches de nos sociétés et œuvrent à répondre à leurs besoins de développement durable. Les travaux de ce congrès vont s’achever le 24 mai prochain et les réflexions vont porter sur le thème « L’enseignement supérieur et sa pertinence aujourd’hui ».    

 

Société 21 mai 2018


Lac Toho : les tilapias meurent par empoisonnement

Une substance déversée dans le lac Toho provoque actuellement la mort des poissons, notamment celle des tilapias. Le constat a été effectué ce lundi 21mai au niveau de Kpinnou, un village de l’arrondissement éponyme de la commune d’Athiémé, par le ministre Gaston Dossouhoui en charge de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche. Il a pu apprécier, par lui-même, les milliers de poissons ramenés sans vie des eaux du lac.

L’empoisonnement des produits halieutiques a commencé depuis vendredi dernier et constitue un don du ciel pour les pêcheurs et les revendeuses de poissons fumés ou frits de la localité. Face à cette attitude porteuse de menace sur la santé publique, la vigilance de tous les consommateurs est sollicitée. Ceci, d’autant plus qu’aucune clarification scientifique n’est encore disponible quant à l’origine et le degré de toxicité de la substance de cette destruction massive.

 

 

Actualités 21 mai 2018


2ème tour des éliminatoires de la CAN U-20 : Les Ecureuils juniors qualifiés pour le 3ème tour

En match retour du deuxième tour des éliminatoires de la 23ème édition de la Can U-20, Total Niger 2019, les Ecureuils juniors du Bénin ont dominé leurs homologues des Scorpions de la Gambie, ce dimanche au stade René Pleven d’Akpakpa à Cotonou sur un score de 2 buts à zéro et se qualifient ainsi pour le troisième et ultime tour de la compétition. Battus 2 buts à 1, il y a une semaine à l’Independance stadium de Bakau, à l’aller à Banjul, ils ont assuré l’essentiel en battant leurs adversaires du jour tout en offrant au public un beau spectacle. Les poulains de Valère Houandinou, Bruno Adoula et Rachad Chitou menés par Charbel Gomez, Rodrigue Kossi, Ibrahim Ogoulola ont fait montre d’une bonne maîtrise de jeu en marquant dès les dix premières minutes du match par Samson Akinyoola. Qui doublera par ailleurs la mise à la reprise de la 2ème mi-temps. Une sérieuse avance que les locaux ont préservée jusqu’au terme du match.  

Sports 21 mai 2018


Supposés liens avec l'Eglise de Gbanamè: Patrice Talon rompt le silence

Les agissements de l'Eglise de Gbanamè et les supposés liens entretenus par sa promotrice, Parfaite, avec le président de la République ont suscité l'intérêt du père Jean Pierre Bodjoko qui l'a reçu sur Radio Vatican, ce vendredi en marge de sa visite au pape François. Interpellé quant à l'exercice de cette confession religieuse dont les faits rappelleraient ceux de l'Eglise catholique et qui réclame un certain rôle dans son avènement au pouvoir, Patrice Talon a botté en touche toute relation avec ce courant religieux. Opposant à ces allégations sa foi catholique. "En tant que chrétien catholique je peux déplorer l'évolution des églises qui peut entraîner certaines confusions mais en tant que président de la République j'ai le devoir de protéger toutes les confessions religieuses ainsi que tous les courants religieux et j'essaie de satisfaire à cette mission en faisant abstraction de mes propres intérêts d'appartenance à une religion. Ce n'est pas facile mais nous agissons pour éviter les conflits, les affrontements de sorte que chacun puisse vivre sa foi en respectant l'autre", a-t-il confié sur les ondes de la radio. "Je suis né catholique. Je vis ma foi, je suis pratiquant mais il se fait que je suis président de la République et fort de cela il faut que tout le monde puisse se retrouver à travers moi", répond-il tout en s'exclamant vouloir bien être le fils de tous les courants religieux. Ce qui se passe au niveau de l'église citée relève, selon lui, de l'histoire des religions.

Société 18 mai 2018


Classement mondial Fifa/Coca-Cola: Le Bénin monte à la 84e place

L’instance faîtière du football mondial, Fifa, a mis à jour hier, ce jeudi 17 mai à son siège à Zurich en Suisse, le classement mensuel des pays qui lui sont affiliés. Comme celui du mois dernier, il n’y a pas eu de changements notoires. Toutefois, le Bénin a progressé de 6 places.

A défaut d’intégrer le Top 50 sur le plan mondial, le Bénin et son football peuvent se réjouir de ne plus quitter, depuis quelque temps, le Top 20 africain. De la 90e place qu’il occupait dans le classement établi par la Fifa le 12 avril dernier, le Bénin pointe depuis, ce jeudi 17 mai, à la 84e position sur les 207 associations nationales affiliées. Sur le plan africain, il s’est adjugé le 18e rang. Il devance le Congo Brazzaville, 89e ; le Gabon, 90e ; le Niger, 109e et le Togo, 128e.
En occupant ces rangs, y aurait-il pour le Bénin, des motifs de satisfaction ? La question paraît d’autant plus que paradoxale, qu’il y a plusieurs mois que les Ecureuils sont sans entraîneur. Il y a également longtemps, qu’ils n’ont plus joué. Lors des dernières journées Fifa, ils étaient au repos.
Pour le présent classement, il n’y a eu que sept matches internationaux "A" joués. Tous étaient amicaux. Ainsi, rien n’a bougé dans le Top 10. L’Allemagne, le Brésil et la Belgique composent toujours le trio de tête, tandis que leurs poursuivants immédiats se suivent dans le même ordre que le mois dernier.
Grâce à la progression du Cameroun et du Ghana, l’Afrique compte désormais huit représentants dans le Top 50 de ce classement de mai dévoilé hier. La Tunisie, 14e, est toujours en tête. Elle est suivie du Sénégal, 28e.

Sports 18 mai 2018


Troisième table ronde Osc-Etat sur le suivi des droits de l’enfant au Bénin: Evaluer le chemin parcouru
[caption id="attachment_29196" align="alignnone" width="1024"]Le ministre en charge des Affaires sociales, Bintou Chabi Adam Taro[/caption]

Le ministre en charge des Affaires sociales, Bintou Chabi Adam Taro, a procédé, ce jeudi 17 mai à Cotonou, à l’ouverture de la troisième table ronde Osc-Etat sur le suivi des droits de l’enfant au Bénin. Les assises visent à faire une rétrospection sur les droits de l’enfant au Bénin.

« L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur », dit un adage. La Maison de la société civile et Plan International Bénin l’ont si bien compris qu’ils se donnent la main pour promouvoir les droits de l’enfant au Bénin. La troisième table ronde ouverte, hier, dans ce cadre se veut un rendez-vous des acteurs pour évaluer le chemin parcouru en ce qui concerne la mise en œuvre des engagements du Bénin liés aux droits des enfants. 

« Le meilleur pour nous, c’est d’abord le respect des droits de l’enfant. Sur ce parcours, il y a tant d’initiatives qui se déploient avec leurs succès et leurs limites. Il est donc important qu’on marque une pause pour s’interroger sur la réalité à travers le respect des droits des enfants au Bénin », souligne le président du Conseil d’administration de la Maison de la société civile, Lawani Arouna.
Cette pause est d’autant plus importante que les défis à relever en matière des droits de l’enfant sont encore énormes au Bénin. L’analyse de la situation des enfants que présente le représentant de Plan international Bénin, Paul Fagnon, révèle un certain nombre de faiblesses à corriger. Sur ce point, il évoque le retard dans la soumission des différents rapports, le faible niveau de mise en œuvre des recommandations, la persistance des menaces graves sur les enfants telles que l’exploitation économique, les violences et abus sexuels, les mutilations génitales féminines, l’infanticide, les disparitions d’enfants, les crimes rituels, etc.
« Le Bénin n’a jamais produit un rapport sur la Charte africaine du bien-être des enfants ; il y a également le faible niveau de mise en œuvre des recommandations faites à l’égard des enfants par les comités de Genève et d’Addis-Abeba », note-t-il. Il relève également « l’absence d’un cadre de reddition de compte de l’Etat en direction des groupes organisés d’enfants sur la réalisation de leurs droits ». D’où la pertinence de ces assises qui permettront de faire le bilan du niveau de mise en œuvre des différentes recommandations dans tous les domaines relatifs aux droits de l’enfant.

Suivi des droits de l’enfant

Il s’agira pour les acteurs de mettre en lumière les défis et les perspectives en vue d’un meilleur suivi des droits de l’enfant au Bénin et de faire des propositions pour relever les défis relatifs au suivi des conventions qu’il a ratifiées.
La troisième table ronde Osc-Etat sur le suivi des droits de l’enfant au Bénin, entre dans le cadre du Projet de renforcement des capacités de la société civile pour le suivi des droits de l’enfant, soutenu par Plan international Suède et l’Agence suédoise de développement international (Asdi). Le projet vise à établir des systèmes et des procédures pour le suivi efficace de l’exécution des traités liés aux droits de l’enfant par les Osc et à conduire des plaidoyers en direction des garants de leurs droits pour faciliter la mise en œuvre des engagements auxquels le Bénin a souscrit.
Pour le ministre des Affaires sociales, Bintou Chabi Adam Taro, le suivi des droits de l’enfant constitue une priorité pour l’Etat béninois. A cet effet, le pays se fait accompagner par les Organisations de la société civile pour la mise en œuvre et le suivi des engagements internationaux relatifs à la protection de l’enfant.
Les assises offrent l’opportunité de raffermir le dialogue entre les acteurs étatiques et les Osc. Elles serviront à renforcer la collaboration entre l’Etat et les Osc dans une logique de complémentarité, soutient le président du Conseil d’administration de la Maison de la société civile, Lawani Arouna.
Pour que cette complémentarité soit effective, le ministre en charge des Affaires sociales, exhorte les acteurs à divers niveaux à une prise de conscience de leurs rôles en vue de l’atteinte des objectifs.

Société 18 mai 2018


Protection des droits de l’enfant au Bénin: Educo et Terre des hommes se donnent la main
[caption id="attachment_29195" align="alignnone" width="1024"]Echanges des documents entre Educo et terre des hommes[/caption]

Dans le but de mettre en place une collaboration efficace et efficiente pour la promotion et la réalisation des droits de l’enfant au Bénin, l’Ong Educo Bénin et le bureau Bénin de la fondation Terre des hommes ont signé, ce jeudi 17 mai, une convention de partenariat.

Faire en sorte que tous les enfants et adolescents aient accès à une éducation équitable, transformatrice et de qualité tout au long de leur vie ; œuvrer à la réduction du nombre d’enfants victimes d’exploitation à travers le travail et la facilitation de l’accès à leurs droits fondamentaux ; renforcer la protection des enfants concernés par les migrations à risques, réduire la vulnérabilité des enfants ; renforcer l’accès à leurs droits dans les systèmes de justice juvénile en valorisant l’approche restauratrice et faciliter l’exercice de leur citoyenneté. Ce sont les objectifs que se sont assignés l’Ong Educo Bénin et le bureau Bénin de la fondation Terre des hommes dans l’accord de partenariat qu’ils ont signé, ce jeudi à Cotonou, pour une durée d’un an. 

Toutes les zones d’intervention des deux institutions sont concernées et les zones non couvertes simultanément par les deux organisations bénéficieront d’un appui technique. Un comité permanent mixte a été mis en place pour assurer l’efficacité du partenariat. « Terre des hommes mène des actions de protection, avec des systèmes de protection qualifiés et Educo est plus engagée dans l’éducation. L’objectif, c’est d’établir une passerelle pour que Terre des hommes et Educo puissent avoir des actions complémentaires au profit des enfants du Bénin », a expliqué le directeur national d’Educo-Bénin, Souleymane Ouédraogo. A l’en croire, cette initiative est fondée sur l’analyse situationnelle des droits de l’enfant au Bénin. De nombreux enfants au Bénin sont, en effet, encore incapables de jouir pleinement de leurs droitsbien que le Bénin ait ratifié à la Convention des droits de l’enfant, signale-t-il. Des cas de violations persistent malgré les efforts du gouvernement dans l’amélioration des services sociaux de base. L’accord de convention s’inscrit donc dans la volonté de ces deux organisations intervenant au Bénin, de se renforcer mutuellement pour renforcer la protection des droits de l’enfant.

Deux organisations, une vision commune

L’Ong Educo est une organisation internationale dont l’aspiration est de bâtir un monde où tous les enfants jouissent pleinement de leurs droits et vivent en toute dignité. Elle a démarré ses interventions au Bénin en 2011 et développe des projets dans les domaines de l’éducation et de la protection en faveur des enfants, de leurs familles et de leurs communautés. Active au Bénin depuis 1974, l’Ong Terre des hommes mène plusieurs projets visant à réduire la vulnérabilité des enfants. Elle entend se positionner comme un acteur incontournable du développement et de l’urgence dans le domaine des droits de l’enfant d’ici 2030. Il s’agit donc de deux organisations qui sont engagées dans la protection de l’enfant au Bénin et dans le monde. « La signature de cette convention est, pour nous, une grande avancée dans la protection des enfants au Bénin. Car elle va permettre à Educo et à Terre des hommes de mener des actions complémentaires sur le terrain pour le bien-être des enfants dans la commune de Cotonou et également dans le nord du Bénin », a déclaré Souleymane Ouédraogo. Ce partenariat n’est, selon la cheffe de délégation Golfe de Guinée de la fondation Terre des hommes, Patricia Elisabeth Pierre, que le début d’une longue et fructueuse collaboration à l’instar de la volonté affichée des sièges des deux organisations. Les principales valeurs que les deux parties s’engagent à respecter dans le cadre de leur partenariat sont entre autres, l’intérêt supérieur des enfants, l’honnêteté et la transparence, le respect des droits des enfants, la collaboration et la complémentarité dans les actions, la reddition de comptes, la répartition des tâches et le partage de responsabilité dans le respect de l’autonomie de chaque structure.

Société 18 mai 2018


Distinction dans l’Ordre national du Bénin: Me Akuavi Marie Elise Christiana Gbèdo faite Grand officier
[caption id="attachment_29194" align="alignnone" width="1024"]Photo de famille lors de la cérémonie de décoration de Me Marie Elyse GBEDO[/caption]

La grande chancelière de l’Ordre national du Bénin, Koubourath Osséni, a reçu, ce jeudi 17 mai à Cotonou, Me Akuavi Marie Elise Christiana Gbèdo dans le grade de Grand officier de l’Ordre national du Bénin. La cérémonie de réception s’est déroulée en présence de personnalités politico-administratives et des ami(e)s de la récipiendaire.

« Vous avez fait de votre carrière une mission essentielle et exigeante. Vous avez manifesté toutes vos qualités et y avez investi toutes vos compétences, votre puissance de travail, votre sens de l’écoute et de l’échange, votre hauteur de vue, ainsi que votre volonté d’aboutir dans la finalisation de toutes les missions où vous vous êtes engagée. » Telles sont les qualités qui ont valu à Me Akuavi Marie Élise Christiana Gbèdo d’être élevée au grade de Grand officier de l’Ordre national du Bénin. C’est par le décret 2017/447 du 31 août 2017 que l’heureuse du jour a été nommée par le chef de l’Etat, Grand maître de l’Ordre national du Bénin. 

Pour la grande chancelière, Me Akuavi Marie Élise Christiana Gbèdo, c’est encore un parcours d’engagement sur plusieurs fronts parsemés de lauriers.
Si elle est restée incomprise, avoue-t-elle, son intrusion dans l’écosystème politique béninois en étant la première femme candidate à une élection présidentielle au Bénin, signifie que les femmes peuvent diriger au Bénin.
Avocate de renom, poursuit la grande chancelière, l’avocate s’est taillé une solide réputation sur la scène juridique béninoise. « Elle s’illustre en défendant des dossiers difficiles, comme lors de la dévaluation du franc Cfa où elle conseille des opérateurs économiques en difficultés », relève la grande chancelière.
L’heureuse du jour est encore une militante chevronnée des droits des femmes et des enfants, rappelle Koubourath Osséni. Elle s’est notamment investie dans l’adoption du Code la famille et de la loi, ajoute la grande chancelière.
S’adressant à ses invités après sa réception, Me Akuavi Marie Elise Christiana Gbèdo a témoigné sa gratitude à toute l’assistance et au chef de l’Etat. Elle a ensuite, en bon juriste et férue des questions judiciaires, fait un pertinent exposé sur la problématique des erreurs judiciaires dans le système judiciaire béninois. « Quand la justice se trompe et condamne un innocent, c’est ce qu’on appelle une erreur judiciaire», a-t-elle expliqué. Un dysfonctionnement qu’il importe de revoir. Elle a indiqué ne pas s’inscrire dans la critique mais a appelé les magistrats à la vigilance pour éviter de telles erreurs.

Société 18 mai 2018


Coups mortels et exercice illégal de la médecine /3e dossier): Félicien Adjérévo écope de deux ans de travaux forcés

Le troisième dossier au rôle de la cour d’assises de la cour d’appel d’Abomey a connu son troisième dossier, mercredi 16 mai dernier. Il s’agit d’un dossier de coups mortels et d’exercice illégal de la médecine impliquant le sieur Félicien Adjérévo. Au terme des débats, la cour a requalifié les faits en homicide involontaire et condamné l’accusé à deux ans de travaux forcés.

Maintenu en détention depuis le 13 décembre 2013, soit cinq ans et demi ans passés en prison, Félicien Adjérévo est désormais libre de ses mouvements. La cour a commué les chefs d’accusation de coups mortels et d’exercice illégal de la médecine pour lesquels il était poursuivi en homicide involontaire, pour condamner l’accusé à deux ans de travaux forcés.
Présenté à la barre, mercredi dernier, l’accusé Félicien Adjérévo a retracé le film des actes ayant conduit à la mort de son épouse Valentine Yéwa Djègui. Il explique que depuis sept ans, il vit avec sa petite famille à Abeokouta au Nigeria où il fait le jardinage pour subvenir à ses besoins. Tout allait bien jusqu’en décembre 2012 où la femme tombe malade avec l’apparition d’un abcès sur la cuisse droite. Mais ayant eu quelques notions de médecine, il fait coucher la femme et pratique une incision sans anesthésie sur l’abcès. Puis, ayant constaté qu’il n’y avait aucun pue à l’intérieur, il suture la partie incisée avec de fil du cordonnier. Il s’ensuit une hémorragie incontrôlée qui a provoqué la mort. Confus, Félicien Adjérévo déclare avoir par la suite fait traiter le corps à la traditionnelle afin de le conserver durant quatre jours avant de le convoyer sur Dassa-Zoumè.
Face aux questions de la cour sur ses connaissances en médecine, Félicien dit qu’il est en vérité cultivateur mais qu’il a reçu quelques notions en médecine au Togo ; ce qui lui permettrait de soigner des gens, ne serait-ce que les fièvres et autres maladies qui ne nécessitent pas grands soins. « Je fais de piqures aux gens à la maison », ajoute-t-il pour convaincre la cour de ses compétences pourtant non avérées.
A la question de savoir s’il a un parchemin qui lui permet de prodiguer des soins, il répond « Non ! », mais que tout le monde l’appelait ‘’Doto’’ avant qu’il ne rencontre sa femme et de partir avec elle en aventure au Nigeria.
Appelés à la barre, les parents de la victime sont surpris par ce qu’ils viennent d’entendre de la bouche de Félicien. Pour la mère de la victime et son oncle, l’accusé ne leur avait jamais dit ce qui s’est passé avec leur fille. Il leur a tout le temps caché la vérité sur la mort de leur fille au Nigeria. En effet, racontent-ils, Félicien n’est même pas connu de la famille. Quand il a engrossé leur fille Valentine, la mère lui a proposé d’aller voir la famille. Il ne l’a pas fait jusqu’à ce que la fille accouche. Ils en étaient là quelques mois après l’accouchement quand ils ont constaté la disparition du couple. Sans rien dire à qui que ce soit, ils partent on ne sait où.
C’est bien sept ans après que la mère apprend par les voisins qu’une fille portant le même nom que sa fille serait morte au Nigeria dans des conditions bizarres. C’est l’angoisse et la confusion dans la famille. Ils se rapprochent des voisins qui ont des parents au Nigeria. Puis la nouvelle est confirmée. Des négociations sont entreprises pour que le corps soit rapatrié au Bénin. Ce qui fut fait grâce à la générosité des membres de la communauté vivant dans le même quartier que le couple à Abeokuta. C’est ainsi que le corps est rapatrié à Dassa. La dépouille est là avec le mari et quatre enfants. C’est dire qu’en plus de celui que le couple a eu avant de partir, au Nigeria, la femme en a eu trois autres. En l’espace de sept ans, le couple a eu quatre enfants. Au moment du drame, l’aîné avait 7 ans et le benjamin, 7 mois. Un lit bien fertile !
A la vue du corps, les parents constatent des blessures et des hématomes. Pire, en plus de la plaie béante sur la cuisse, le corps porte des traces de sang sur les narines, les oreilles et par la bouche. Que s’est-il passé ? Félicien répond aux parents qu’il découvre ces anomalies au même moment qu’eux. Il feint ne rien comprendre. Le doute s’installe dans la famille. Les autorités sont saisies et le médecin légiste examine le corps.
Le président de la cour Désiré Dato interroge l’accusé Félicien, « Pourquoi aviez-vous caché la vérité aux parents ? » Et Félicien fond en larmes et sort un mouchoir blanc, s’essuie le visage avant d’expliquer qu’il avait manqué de courage devant le drame.
Après avoir écouté le récit de l’accusé, la cour rappelle les parents pour en savoir sur les conditions de vie des enfants. A ce propos, la belle-mère déclare que de leur retour du Nigeria, c’est elle qui a la charge des quatre enfants. Elle-même cultivatrice se débrouille pour subvenir à leurs besoins. A la question de savoir si la famille se constitue partie civile pour réclamer des dommages et intérêts suite au décès de leur fille, ni l’oncle ni la belle-mère de l’accusé n’en trouvent l’intérêt. Pour eux, la vie n’a pas de prix. Et visiblement, on pouvait sentir que la question agaçait. A la limite, c’était indécent pour eux de réclamer de l’argent en contrepartie du décès de leur fille.

Des infractions prévues et punies

Prenant ses réquisitions, l’avocat général Alain Sèmassou fait observer que l’accusé Félicien Adjérévo est bel et bien l’auteur de la mort de Valentine Djègui et l’a d’ailleurs reconnu à travers ses réponses à la cour. En clair, les trois éléments constitutifs des faits sont réunis pour les deux chefs d’accusation. Il évoque l’infraction des coups mortels qui constitue la violence exercée sur un individu peu importe l’état dans lequel il se trouve. Une infraction prévue et punie par l’article 309 alinéa 4 du Code pénal. Et les faits témoignent que la victime a beaucoup saigné du fait de l’accusé. En ce qui concerne l’exercice illégal de la médecine, il est sévèrement puni au Bénin par plusieurs textes en vigueur et tout comme le Code pénal qui le réprimande. Alors, tout le corps des délits étant constitué, l’avocat général demande à la cour de condamner l’accusé à 6 ans de travaux forcés.
A la suite de l’avocat général, la défense assurée par Me Hermann Yénonfan prend la parole pour saluer la volonté de membres de la cour à aller loin dans ce dossier pour comprendre les faits et surtout les circonstances du décès de dame Valentine Djègui. Il a surtout invité la cour à la clémence dans l’intérêt des enfants qui sont abandonnés depuis la mort de leur mère et le maintien en détention du père. Me Hermann Yénonfan dira qu’il y a des remords qui sont éternels et qu’il vaut mieux laisser l’accusé face à ses remords et à ses responsabilités de père. Pour lui, il n’est pas normal que la belle-mère avec son âge avancé continue de se battre pour nourrir et mettre à l’école les quatre enfants. « Il faut qu’il sorte pour assumer », lancera-t-il à la cour en lui demandant de le condamner juste à la durée de la détention.
A la délibération, la cour présidée par Désiré Dato a jugé juste de requalifier les chefs d’accusation. De coups mortels et exercice illégal de la médecine, elle retient plutôt l’homicide volontaire et condamne l’accusé Félicien Adjérévo à deux ans de travaux forcés. L’intéressé recouvre sa liberté n

Composition de la cour

Président : Désiré Padel Dato

Assesseurs : Jocelyn Gbaguidi, Appolinaire Hounkannou

Jurés : Victorine Agbémahoué, Ernestine Tonoukouin, Françoise Koukpaki, Albert C. Guèdègbé

Avocat général : Alain Sèmassou

Greffier : Robert John Houngbadji

Société 18 mai 2018


1209 - 1574