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Le ministère du Plan et du Développement et l’Agence française de développement (Afd) ont conjointement tenu, ce mardi 15 mai à Cotonou, la traditionnelle revue trimestrielle des projets financés par l’Afd. Les travaux ont été ouverts par le ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané en présence de l’ambassadrice de la France près le Bénin, Véronique Brumeaux.
Un portefeuille d’un montant global de 186 milliards de F Cfa avec une vingtaine de projets répartis substantiellement dans les secteurs prioritaires d’intervention de l’Afd, notamment l’énergie, le développement urbain et l’aménagement, l’agriculture, l’éducation et la formation professionnelle et subsidiairement dans d’autres secteurs tels que la santé, le secteur privé, le renforcement de capacité et l’appui à la bonne gouvernance. Ainsi se présente la nomenclature de l’appui de l’Agence française de développement au Bénin.
Réunis au ministère du Développement et du Plan, hier, les acteurs impliqués dans la chaîne ont passé en revue les différents projets financés par l’Afd. Taux d’exécution matérielle, taux de décaissement, difficultés rencontrées, solutions envisageables, prévisions. C’est sur la base de cette grille que chaque projet a été apprécié. Pour le ministre d’Etat en charge du Plan et du Développement, l’organisation trimestrielle des revues conjointes vient compléter les mesures de suivi mises en œuvre par le gouvernement pour que les projets s’exécutent de façon optimale et dans les délais prévus.
Saluant tous les acteurs impliqués dans l’organisation de la revue, l’ambassadrice de la France près le Bénin Véronique Brumeaux a présenté l’envergure actuelle de l’appui de l’Afd au Bénin. Un appui qui s’est sensiblement accru passant de 10 milliards d’investissements à 43 milliards F Cfa par an depuis 2014. « Cet accroissement des investissements nous impose une obligation de résultats… L’enjeu majeur est celui de la mise en œuvre, de l’exécution financière, du respect des délais et de l’obligation de résultats », fait savoir le directeur de l’Afd Adrien Haye.
Pour l’ambassadrice Véronique Brumeaux, l’augmentation des interventions de l’Afd au Bénin témoigne de la densité des relations entre les deux pays. « Je suis convaincue que cette revue qui répond au souci d’efficacité et de redevabilité permettra d’accélérer la mise en œuvre des projets », a-t-elle assuré.

Joseph Djogbénou, Razacky Amouda, Fassassi Moustapha et Rigobert Azon seront les représentants du bureau de l’Assemblée nationale au sein de la sixième mandature de la Cour constitutionnelle. La liste rendue officielle, ce mardi 15 mai à Porto-Novo, a reçu l’avis consultatif de la Conférence des présidents du Parlement.
Plus de doute ! Joseph Djogbénou, Razacky Amouda, Fassassi Moustapha et Rigobert Azon sont les quatre représentants du bureau de l’Assemblée nationale au sein de la prochaine mandature de la Cour constitutionnelle. Conformément au Règlement intérieur du Parlement, le bureau de l’Assemblée nationale qui les a désignés, lundi 14 mai dernier, a requis hier l’avis consultatif de la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale. La réunion a été tenue dans la matinée au palais des Gouverneurs à Porto-Novo. Elle a été présidée par le président de l’Assemblée nationale en personne. Me Adrien Houngbédji a dévoilé à ses collègues membres de la Conférence des présidents la liste proposée par son bureau.
Le ministre de la Justice et de la Législation, Me Joseph Djogbénou, a été désigné pour siéger au titre de juriste de haut niveau ayant une expérience de quinze années au moins, Razacky Amouda et Moustapha Fassassi en qualité de magistrat. Quant à Rigobert Azon, ancien directeur général de l’ex-Organisation commune Bénin-Niger des chemins de fer (ex-Ocbn), il a été choisi au titre de personnalité de « grande réputation professionnelle ». Les quatre nouveaux membres remplacent ainsi Théodore Holo, Marcelline Gbèha Afouda, Bernard Dégboé et Zimé Yérima Kora-Yarou, tous reconduits, le 31 mai 2013, par le bureau de l’Assemblée nationale d’alors pour siéger au sein de la mandature sortante de la Cour constitutionnelle. La communication de la liste aux membres de la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale regroupant le bureau, les présidents des commissions techniques et ceux des groupes parlementaires rendent officielle cette désignation. Ce qui coupe court désormais à toute équivoque et à la multitude de listes qui circulent sur les réseaux sociaux à propos de cette désignation.
Mais selon des sources proches de la conférence des présidents du Parlement, le président Adrien Houngbédji a déploré que la liste des quatre personnes ait fuité dans la presse avant la tenue de la conférence des présidents. Il aurait dit avoir pris toutes les dispositions requises pour que cela n’arrive pas. Mais hélas ! Il condamne cette fuite qui relance la problématique de la gestion de la confidentialité et du secret de délibéré au sein du bureau du Parlement.
Les quatre représentants de l’Assemblée nationale au sein de la prochaine mandature étant désormais connus, les regards sont désormais tournés vers le président de la République pour la désignation de ses trois représentants qui lui reviennent de droit à savoir un magistrat, un juriste de haut niveau et une personnalité de « grande réputation professionnelle ». Les choses ne devraient plus tarder de son côté vu l’imminence de la fin de la mandature actuelle de la Cour constitutionnelle prévue pour le 5 juin prochain à minuit. Il est fort probable que le chef de l’Etat nomme, ce mercredi 16 mai, ses trois représentants, certainement à la faveur du Conseil des ministres de ce jour?

La première session de 2018 de la cour d’assises de la cour d’appel d’Abomey a démarré ses travaux, lundi 14 mai dernier. Après une cérémonie officielle de revue de troupes par le président de la cour d’appel, Daniel d’Almeida, la cour a connu de la première affaire inscrite au rôle. Un dossier d’assassinat qui a conduit dans le box des accusés le sieur Rachidou Aboudou Idrissou. A l’issue des débats, la cour l’a condamné à 12 ans de prison.
Rachidou Aboudou Idrissou debout à la barre retient son souffle. Il écoute religieusement le verdict de la cour après ce procès qui aura duré toute la journée. Il est condamné à 12 ans de prison ferme pour homicide commis avec préméditation. Après six ans passés en détention, il est retourné en prison pour purger le reste de sa peine. Il avait 20 ans au moment des faits.
Malgré toutes démonstrations juridiques faites par Me Théodore Zinflou pour montrer les insuffisances qui caractérisent la procédure afin d’obtenir ne serait-ce que la requalification du chef d’accusation pour sortir d’affaire son client, la cour est restée accrochée aux éléments du dossier pour dire sa religion.
A la barre, l’accusé Rachidou Aboudou Idrissou a reconnu les faits mais préfère les mettre sous le coup d’un envoûtement.
Né le 8 avril 1995, il était élève en classe de Terminale D au Ceg 2 de Dassa-Zoumè. Il déclare qu’en classe, il ne voyait pas au tableau et ne comprenait donc pas ce qui lui arrivait. Il se propose d’aller consulter et chercher la solution auprès d’un féticheur. Ce dernier lui aurait demandé un crâne, un bélier, et autres produits. Quelques jours, après Rachidou Aboudou débarque chez le féticheur avec la tête d’un enfant fraîchement décapité. Surpris et pris de peur, le féticheur cria et alerta le voisinage pour maîtriser le jeune Rachidou Aboudou. Ce dernier dans une dernière tentative de fuite se mesure au féticheur avant d’être maîtrisé et conduit à la gendarmerie.
Pour le féticheur, il n’a jamais été question de tête d’homme entre eux. Mais pour le jeune Rachidou, c’est une incompréhension alors. Il aurait confondu crâne de cadavre au crâne humain.
S’il avait bien compris l’ordonnance du féticheur, il ne se serait pas levé le dimanche 21 octobre 2012, même s’il ne savait pas ce qu’il faisait, pour se mettre à couvert dans une brousse attendant qu’un individu passe pour obtenir ce qui allait faire son "bonheur". Il affirme que quand il a vu un enfant du nom de Séraphin Ayékowo Kabo qui allait voir son père à quelques kilomètres, il l’a surpris en lui donnant un coup à la nuque. Après avoir constaté que le corps était inerte, il l’a traîné dans la brousse pour le décapiter et mettre la tête dans son sac au dos laissant le reste dans la brousse.
Aveux
Après avoir été conduit à la gendarmerie par le féticheur, il refuse en indiquant que c’est quelqu’un qui lui a envoyé la tête depuis Cotonou. Emmené à Cotonou par les gendarmes pour identifier l’expéditeur, il finit par passer aux aveux. Il retourne à Dassa pour montrer là où il a caché le tronc de l’écolier Séraphin Ayékowo Kabo, en classe de CM2.
Il a reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure mais se dit victime d’un envoûtement. Me Théodore Zinflou est aussi convaincu que cet acte bien qu’ignoble est un envoûtement. Il donne plusieurs exemples qui sont des réalités sociologiques africaines que la cour devrait prendre en compte.
L’avocat général, Pierre D. Ahiffon n’est pas de cet avis. Il peint le tableau des crimes rituels basés sur le sacrifice humain notamment des enfants. Il revient sur la psychose des sacrifices humains que vivent actuellement les Béninois. « Des jeunes qui ne veulent pas travailler et qui croient pouvoir s’enrichir en sacrifiant des humains comme eux. Nous sommes dans la banalisation, la chosification et la déshumanisation de l’espèce humaine », regrette Pierre D. Ahiffon qui invite la cour à sévir en frappant fort pour donner l’exemple. Et il requiert 20 ans de prison. Car, selon lui, la matérialité de l’infraction ne fait aucun doute. L’enfant est mort atrocement et les images en disent long sur l’expression de son visage. Il est mort décapité?
Bref résumé des faits
Le dimanche 21 octobre 2012, à la recherche de divers ingrédients pour conjurer le mauvais sort et pour réussir dans sa vie, Idrissou Aboudou Rachidou, armé de couteau se rend dans le village de Daho dans la commune de Dassa-Zoumè, à plus de 25 km de son lieu de résidence où il tend une embuscade à l'écolier Séraphin Ayékowo Kabo, écolier âgé d’environ 10 ans, à qui il a assené des coups à la nuque avant de le décapiter et d'emporter sa tête emballée dans un tee-shirt dans son sac au dos.
Interpellé et inculpé d'assassinat, l'accusé a reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure?
Djogbenou Joseph à l'assemblée nationale[/caption]Le projet de loi modifiant la loi n° 2001-37 du 27 août 2002, modifiée, portant organisation judiciaire en République du Bénin et modifiant et complétant la loi n° 2012-15 du 18 mars 2013 portant Code de procédure pénale en République du Bénin ne sera pas examiné en l’état tel que transmis par le gouvernement à l’Assemblée nationale. Les députés ont décidé de le scinder en deux.
Les députés ont opté pour la séparation du projet de loi modifiant la loi n° 2001-37 du 27 août 2002, modifiée, portant organisation judiciaire en République du Bénin et du projet de loi modifiant et complétant la loi n° 2012-15 du 18 mars 2013 portant code de procédure pénale en République du Bénin, avant leur examen.
Comme son intitulé l’indique, le premier texte vise à modifier la loi portant organisation judiciaire en République du Bénin et le second le Code de procédure pénale. Les députés ont pris cette décision à la faveur de leur séance plénière de ce mardi 15 mai à l’hémicycle. Ils ont entamé l’étude du dossier par l’adoption du rapport général présenté par la Commission chargée des Lois. Mais ils ont été confrontés à une grande difficulté à l’étape des discussions particulières sur le dossier. Plusieurs parlementaires estiment que c’est préparer une salade russe que de vouloir modifier en une seule loi, deux textes de lois portant des objets distincts. Ils ont souhaité l’examen loi par loi pour plus de rigueur dans le déroulement des travaux. Mais ce souhait n’a pas été approuvé par le président de la Commission chargé des Lois, Alexis Agbélessessi. Selon lui, il est bien possible d’examiner ensemble les deux textes de loi. Cette jonction est bien faisable en matière de procédure législative, selon lui. Alexis Agbélessessi sera soutenu par le ministre chargé de la Justice, Me Joseph Djogbénou. Pour le garde des Sceaux, la modification du texte portant sur l’organisation judiciaire ne concerne que des questions de forme et non de fond. Il plaide pour la poursuite de l’examen du projet de loi tel que le gouvernement l’a envoyé. Les débats ont été ensuite houleux à la plénière. Le président de l’Assemblée nationale, président de céans, Me Adrien Houngbédji, a fait suspendre les travaux pour permettre aux membres de la commission chargée des Lois de se concerter pour proposer à la plénière la meilleure formule.
Au retour de la concertation, le président Alexis Agbélessessi a rendu compte de ce que la commission a décidé de faire la volonté des députés qui souhaitent la disjonction des deux projets de lois. Il suggère à la plénière d’accorder à la commission jusqu’à demain jeudi 17 mai pour qu’elle revoie la nouvelle restructuration des deux textes telle que souhaitée par la plénière. C’est ainsi que l’examen de ce dossier a été suspendu pour reprendre vendredi 18 mai prochain.
Il faut rappeler que ce projet de loi modifiant la loi n° 2001-37 du 27 août 2002, modifiée, portant organisation judiciaire en République du Bénin et modifiant et complétant la loi n° 2012-15 du 18 mars 2013 portant Code de procédure pénale en République du Bénin renferme plusieurs innovations. Parmi celles-ci, on note la création de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) et la suppression de l’organisation des cours d’assises au profit désormais d’un double degré de jugement des crimes par les tribunaux de première instance avec la création d’une chambre de l’instruction. Des réformes que saluent les députés prêts à doter le Bénin de ces deux lois?

Deux start-up ont accueilli la ministre de l’Economie numérique et de la Communication, Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ce mardi 15 mai, dans le cadre d’une visite qu’elle entreprend aux fins de mieux les connaître. Une occasion pour les responsables de ces structures exerçant à Cotonou d’exprimer leurs préoccupations à l’autorité qui rassure de sa disponibilité à les accompagner.
La ministre de l’Economie numérique et de la Communication, Aurélie Adam Soulé Zoumarou, s’est montrée favorable et disposée à accompagner les start-up, des entreprises innovantes créatrices de richesse. Ce mardi 15 mai, la ministre a entrepris une visite dans le cadre de la Semaine des start-up dont l’objectif est de mieux les connaître, comprendre leurs besoins et identifier avec eux des pistes de solutions aux problèmes qu’elles rencontrent.
Pour le compte de la première journée, hier, deux start-up ont accueilli Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ministre de l’Economie numérique et de la Communication. La première structure visitée, c’est Open Si installée au quartier Zongo à Cotonou qui s’emploie à accompagner les organisations et les entreprises dans la construction de systèmes d’information personnalisés et cohérents avec leurs préoccupations métier. Cette entreprise intervient dans le conseil au développement d’applications, l’audit et l’urbanisation du système d’information, l’alignement stratégique et la mise en conformité de besoins informatiques avec les objectifs business de l’entreprise. D’après Gilles Kounou, directeur général d’Open Si, plusieurs applications sont à l’actif de sa structure. Le service phare par ailleurs est ‘’gomédical’’, un service de gestion de la relation patient-médecin au Bénin. La ministre a exprimé sa satisfaction et a insisté pour que les Start-ups créent des solutions aux citoyens.
La seconde start-up visitée hier par la ministre est la société Zéxpress située au quartier Fifadji. Selon son directeur général, Maxime Adanzounon, Zéxpress prend en charge la corvée de course des Béninois pour leur permettre de se consacrer à leur emploi, à leurs loisirs... « Avec notre application Zéxpress téléchargeable sur Playstore, nous avons créé un écosystème dans lequel toute leur commande de course ainsi que leur paiement mobile money sont dématérialisés pour une livraison dans un délai record par une équipe de vingt-huit livreurs actifs jour et nuit du lundi au dimanche », a-t-il expliqué à la ministre.
Après une présentation de sa structure, le directeur général s’est dit honoré d’accueillir la ministre. Aurélie Adam Soulé Z. a marqué la différence, selon ses propos, en se déplaçant vers des structures minimes qui aspirent à grandir comme les grandes sociétés de la place.
Soutien
A Open Si, la préoccupation était beaucoup plus l’allègement des mesures fiscales, l’exonération des matériels informatiques, l’accès au financement. A Zéxpress, Maxime Adanzounon évoque des difficultés financières et plaide pour l’accès à l’internet à moindre coût, un appui à la communication, une garantie aux services bancaires pour venir au secours des start-ups lorsqu’elles iront auprès des institutions bancaires pour des prêts, un appui institutionnel, le rétablissement de la confiance avec les citoyens qui craignent les affres de la cybercriminalité…
Le passage de la ministre augure d’un bel avenir pour les start-up. Elle a découvert l’univers de ces jeunes entreprises innovantes dans le secteur technologique au Bénin et s’en réjouit. « Il était important d’aller vers leur environnement de travail afin d’échanger avec elles, leur personnel, écouter leur rêve, leurs préoccupations, leurs difficultés et aussi de les assurer de ce que l’Etat, le gouvernement les considère, considère ce qu’elles font. L’Etat est très conscient de leur valeur dans notre économie, et est aussi désireux de booster l’écosystème numérique », a affirmé la ministre. Mieux, elle a notifié que lorsqu’on soutient ces entreprises, elles deviennent une entreprise capable de générer et d’employer beaucoup de jeunes. « Nous avons 90 000 emplois à créer dans le secteur de l’économie numérique et donc ce sont ces entreprises qui vont le faire. C’est important que nous soyons là pour pouvoir les accompagner dans ce cadre », poursuit-elle. La ministre de l’Economie numérique poursuit sa visite ce jour dans d’autres start-up?
La cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou[/caption]La cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou a entamé, ce mardi 15 mai, l’examen du vingt-huitième dossier inscrit à son rôle. Quatre accusés au départ, ils sont finalement cinq à comparaître pour des faits de violences et voies de fait et meurtre mis à leur charge.
Florent Kakpo, Félix Montcho, Sébastien Ahouandjinou, Justin Hinlidé et Séraphin Ahouandjinou sont poursuivis pour violences et voies de fait et meurtre dans la vingt-huitième affaire de la première session 2018 de la cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou. A la barre hier, ils ne reconnaissent pas les faits qui leur sont reprochés, même s’ils disent avoir rencontré la victime. Certains avouent simplement avoir été mandatés par la communauté pour la conduire au commissariat parce qu’il présentait des signes d’un sujet agité et enclin à agresser l’entourage.
Florent Kakpo soutient qu’il n’a pas touché la victime ; bien au contraire, que c’est elle qui l’a bousculé et l’a fait tomber.
Quant à Séraphin Ahouandjinou, il a reconnu avoir porté des coups à Augustin Bossou, mais juste pour qu’il laisse le guidon qu’il lui disputait.
En ce qui concerne Félix Montcho, il a expliqué ne lui avoir porté aucun coup. Il ignore également l’endroit où la victime et ceux qui l’avaient amenée sont tombés.
Justin Hinlidé dit qu’il n’a fait aucun mal à la victime dans la mesure où ils partagent la même concession et qu’il serait l’enfant de son grand oncle paternel.
Sébastien Ahouandjinou, pour sa part, avance que personne ne lui a porté de coup sur la place publique et que lui seul se serait opposé à la décision de la communauté de le conduire au commissariat.
Après la lecture des pièces, l’audience est renvoyée à ce jour pour les réquisitions du ministère public et les plaidoiries des cinq avocats qui ont été commis d’office pour les défendre?
Composition de la cour
Président :
Hubert Arsène Dadjo
Assesseurs :
Christophe Atinmankan
Georges Gbaguidi
Jurés : Sidonie Yétondji Dégila épouse Gbédji, Pierre Magloire Nagnonhou, Coffi Prosper Gbèdandé, Mariette Ahouansou.
Ministère public : Marc Robert Dadaglo
Greffier : Louis Houngbo
Le récit des faits
Le samedi 21 janvier 2012, aux environs de 14 h, à Agbotagon, dans la commune de Toffo, à la réunion des membres de la tontine dite "Petit bar", sur la place publique, Augustin Bossou aurait dénoncé le nommé Sébastien Ahouandjinou comme étant l’auteur de la grossesse que porte dame Gbétomè épouse de Pierre Ouandokpossi, leur chef collectivité. Suite à cette dénonciation, les nommés Félix Montcho, Sébastien Ahouandjinou, Florent Kakpo, Justin Hinlidé, Jules Aïzan et Mathias Houessou se seraient mis à porter des coups de poing à Augustin Bossou avant de décider de sa conduite au commissariat de Ouègbo, sous la direction de Séraphin Ahouandjinou et Florent Kakpo.
En cours de route, en direction du commissariat, Augustin Bossou aurait résisté sur la moto conduite par Florent Kakpo au point même de les faire tous tomber. C’est alors que Séraphin Ahouandjinou et Florent Kakpo auraient porté des coups à Augustin Bossou avant de l’abandonner sur les lieux.
Evacué d’urgence à la clinique "Oasis" de Houègbo, Augustin Bossou a rendu l’âme lors de son transfert à l’hôpital de zone d’Abomey-Calavi.
Séraphin Ahouandjinou interpellé et inculpé de meurtre a reconnu les faits tant à l’enquête préliminaire que devant le magistrat instructeur. Il est renvoyé devant la cour d’assises pour être jugé conformément à la loi pour des faits de coups mortels.
Félix Montcho, Sébastien Ahouandjinou, Florent Kakpo et Justin Hinlidé, interpellés et inculpés de meurtre n’ont pas reconnu les faits mis à leur charge par le ministère public.
Florent Kakpo est renvoyé devant la cour d’assises pour des faits de meurtre. Quant aux nommés Sébastien Ahouandjinou, Félix Montcho et Justin Hinlidé, ils sont renvoyés devant la cour d’assises pour répondre des faits de violences et voies de fait.
L’enquête de moralité est favorable aux accusés. L’expertise médico-psychologique révèle que les accusés étaient au moment des faits, en possession de toutes leurs facultés mentales et intellectuelles?
Assemblée Nationale[/caption]Le ministre en charge des Affaires sociales, Bintou Taro Adam, a présenté aux députés, ce lundi 14 mai, le document conceptuel du projet Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch). Cette présentation qui s’est déroulée à l’hémicycle à Porto-Novo, s’inscrit dans le cadre du dialogue inclusif engagé par le gouvernement autour de ce vaste programme social au profit des plus démunis.
Le projet Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch) entre dans sa phase pilote effective courant le dernier trimestre de l’année 2018. L’information a été annoncée aux députés, ce lundi 14 mai, à la faveur d’une présentation du document conceptuel du programme. Selon le ministre en charge des Affaires sociales, Bintou Taro Chabi Adam, le projet Arch a été élaboré par le gouvernement du président Patrice Talon pour apporter une réponse à l’état des lieux critique en matière de protection sociale pour les acteurs du secteur informel. En effet, ceux-ci représentent 94,3 % de la population active pour une contribution au Produit intérieur brut (Pib) estimée à environ 68 %. Ce secteur est caractérisé par le manque de qualification des acteurs, la précarité des emplois offerts et la prévalence de l’auto-emploi. Les choses sont aussi graves dans le domaine de la couverture des risques sanitaires. Ici, les mécanismes de prise en charge du risque maladie dont dispose le Bénin ne fonctionnent pas en synergie et enregistrent des résultats très mitigés. Moins de 10 % de la population est couverte actuellement par l’assurance maladie. Et selon le recensement général des entreprises (Rge) effectué en 2010 par l’Insae, plus de 98 % des entreprises recensées évoluent dans le secteur informel et ont un accès très limité au financement par des banques, explique le ministre Bintou Taro Chabi Adam.
Les opportunités qui sont ouvertes aux entreprises installées dans l’informel restent, pour une grande part, limitées aux interventions des Services financiers décentralisés (Sfd) mais à des taux d’intérêt relativement élevés. Mieux, il existe une grande inégalité d’accès entre les travailleurs du secteur formel et ceux du secteur informel. Ces derniers, à en croire le ministre chargé des Affaires sociales, n’ont quasiment pas accès aux systèmes de retraite en dehors de quelques initiatives de mutuelles sociales qui fonctionnent à une échelle trop réduite pour prendre en compte l’ensemble des personnes concernées. D’où l’élaboration du dispositif Arch en vue d’améliorer la protection sociale au Bénin et qui est nettement meilleure au Régime d’assurance maladie universelle (Ramu) lancé sous le régime précédent. Il tient compte des engagements internationaux notamment pour l’atteinte des Objectifs du développement durable (Odd), précise Bintou Taro Chabi Adam. Pour sa réussite, le gouvernement a adopté une nouvelle stratégie intégrée et plus inclusive d’extension de la protection sociale pour améliorer le bien-être des populations.
4,3 millions de bénéficiaires ciblés
Cette stratégie est mise en œuvre à travers le projet Arch qui est un paquet de quatre services, à savoir l’assurance maladie, la formation, l’accès au crédit et l’assurance retraite. L’organisation de la séance de sensibilisation au profit des députés s’insère dans le cadre de ce dialogue inclusif autour de cette initiative. Un dialogue qui permettra au gouvernement d’imprimer un nouveau dynamisme au processus de conception et de mise en œuvre de ce dispositif en y assurant tous les acteurs concernés. Cette approche permettra donc de faire participer l’ensemble des parties prenantes à la réflexion afin de bâtir un dispositif consensuel, inclusif et cohérent. Toutes choses qui faciliteront l’opérationnalisation du projet et par conséquent l’atteinte des nobles objectifs que le chef de l’Etat entend atteindre en prenant cette initiative novatrice. Le ministre a été appuyé par le coordonnateur de l’Unité de coordination du projet Arch, Venan Quenum qui a présenté le contenu de ce programme aux députés. Selon lui, le projet cible 2 468 254 bénéficiaires reconnus pauvres extrêmes répartis dans 375 458 ménages. Ils seront pris en charge intégralement par l’Etat qui va leur accorder des primes afin de leur permettre d’accéder au paquet de soins de base de l’assurance maladie. Les populations pauvres non extrêmes estimées à 1 895 810 répartis dans 321 737 ménages seront partiellement pris en charge, souligne Venan Quenum.
L’Etat, les employeurs du secteur privé, les professionnels individuels sont tenus de souscrire au minimum de leurs employés une assurance maladie de base. L’Etat souscrit à l’assurance maladie pour les fonctionnaires, les élus, les membres des institutions de la République et les retraités de la Fonction publique auprès des assureurs recrutés par appel concurrence. Ainsi, l’assurance maladie se veut le seul mode de prise en charge sanitaire des ayants droit de l’Etat, a insisté Venan Quenum. Il plaide pour l’adoption de la loi sur l’Arch devant permettre de faciliter la mise en œuvre de ce projet évalué à 313 milliards F Cfa pour les cinq premières années d’exécution.
Les députés félicitent le gouvernement pour cette vision sociale. Mais ils se disent inquiets par rapport à la densité de ce projet qui prend en compte quatre produits aussi bien colossaux les uns les autres. Ils ont peur que le projet Arch subisse le même sort que le Ramu qui ne prenait en compte que l’assurance maladie mais qui n’a pas pris. Les députés appellent le gouvernement à tirer leçon des échecs et insuffisances du Ramu dans la mise en œuvre du projet Arch pour sa réussite.
Marie Odile Attanasso[/caption]Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a réuni les promoteurs d’établissements privés d’enseignement supérieur à une séance d’information et de sensibilisation, ce lundi 14 mai 2018 à Cotonou. Au menu des échanges, une mesure du gouvernement visant à mettre fin aux annonces et publicités mensongères des Epes en direction des parents et des étudiants.
Le gouvernement du Bénin réglemente désormais les annonces et les publicités des Etablissements privés d’enseignement supérieur (Epes). La nouvelle mesure prise en Conseil des ministres, selon Bienvenu Koudjo, directeur de cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur, a été notifiée aux promoteurs d’établissement, ce lundi à la faveur d’une séance d’échanges.
Répondant favorablement à l’appel du ministère de l’Enseignement supérieur et de la
Recherche scientifique, les promoteurs des Epes savent désormais ce qui les attend dans le domaine de la publicité et de la communication sur leurs prestations qu’ils donnent aux enfants dans leurs établissements. Sur les affiches publicitaires mises à la disposition du public, les promoteurs d’Epes continuent d’écrire qu’ils délivrent des diplômes de licence et de master, ce qui est en contradiction avec l’article 1er du décret qui institue les examens de licence et de master. Selon Bienvenu Koudjo, les Epes ne peuvent délivrer qu’une attestation de réussite après la validation des crédits et la soutenance du mémoire. « Le gouvernement a pris la décision d’interdire les publicités mensongères qui ne font pas la clarté sur les diplômes que les Epes délivrent », a expliqué le directeur de cabinet du ministre. Le gouvernement exige dorénavant que les promoteurs d’établissement mettent clairement sur leurs affiches publicitaires qu’ils forment à la licence et au master. Ils ne doivent plus mettre des renseignements qui peuvent semer la confusion, ni tout ce qui tend à induire le public en erreur. La transparence et l’honnêteté doivent déterminer les mesures commerciales des Epes. Les informations abusives sur les prestations et les usurpations de titres, c’est-à-dire des instituts qui se font passer pour des universités n’auront plus droit de cité, selon la nouvelle mesure du gouvernement. Par ailleurs, les établissements ont jusqu’au mercredi 16 mai 2018 pour se conformer, en apportant des corrections appropriées aux affiches publicitaires. Tout contrevenant est passible d’une amende allant de 500 000 à 100 millions de francs Cfa et d’une privation de liberté qui va, selon les cas, de trois mois à cinq ans d’emprisonnement.
Des promoteurs d’Epes ont estimé à la fin de la séance que le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique aurait pu envoyer une note circulaire plutôt que de les faire déplacer.
le presidium à l'ouverture de l'AG-FEBECAD[/caption]Dans le cadre de la professionnalisation de leur secteur, les acteurs de l’économie maritime réunis au sein des associations des commissionnaires agréés en douane ont mis en place une fédération.
C’est à la faveur d’une assemblée générale constitutive qui a eu lieu, ce lundi 14 mai à Cotonou, et qui a abouti à l’élection d’un bureau directeur de quinze membres présidé par Mouphtaou Yessoufou
Les commissionnaires agréés en douane du Bénin sont décidés à mettre de l’ordre dans leur secteur pour mieux le professionnaliser. Pour y parvenir, les différentes associations qui existent au niveau de cette profession, se sont mises ensemble pour créer la Fédération béninoise des commissionnaires agréés en douane (Febecad). Au cours de l’assemblée générale constitutive qui a eu lieu ce lundi à Cotonou, les différents intervenants ont expliqué le bien-fondé de la mise en place de cette fédération qui, selon eux, jouera un grand rôle dans la perspective de la relance de l’économie béninoise.
Selon le président du comité d’organisation, Mouphtaou Yessoufou élu par la suite président du bureau directeur, la Febecad a été créée en dépit des difficultés liées au chantage et à toutes les péripéties. Avec plus de 200 sociétés agréées et enregistrées, il regrette qu’à peine quelques-unes exercent effectivement. C’est pourquoi, il estime que l’heure de la réorganisation du secteur a sonné.
« Le Bénin est à l’heure des grands bouleversements. Il revient aux membres du bureau de la Febecad de profiter des grandes réformes engagées par le gouvernement », souligne-t-il. Pour lui, le plus grand défi à relever par le bureau mis en place sera sa capacité managériale à défendre les différents acteurs du secteur.
Mouphtaou Yessoufou a également souligné que le bureau de leur fédération devra être au-dessus de tout pour travailler en toute sincérité. Car, réfléchir et travailler ensemble, estime-t-il, permet de déplacer les montagnes.
Le directeur général des ports, Isidore Codo, représentant le ministre des Infrastructures et des Transports, dira qu’au Bénin comme ailleurs, le statut de commissionnaires en douane est réglementé par un code. « Votre activité est une profession, un métier. Et les conditions techniques qu’il faut en la matière sont une exigence », rappelle-t-il. Estimant que cette exigence seule ne suffit plus, il a invité les différents acteurs à mieux s’organiser autour de cette fédération pour professionnaliser le secteur.
Ces deux intervenants seront appuyés par le directeur général des Douanes et des Droits indirects, Charles Inoussa Sacca, qui déplore le manque de professionnalisme de nombre de sociétés agréées en douane. Il salue alors l’avènement de la Febecad qui permettra de corriger le tir.
Abondant dans le même sens, le secrétaire général du ministère de l’Economie et des Finances, Joël Zodjihoué, a rappelé les conditions exigées par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) pour qu’une société soit agréée commissionnaire en douanes. « Les commissionnaires en douane occupent une place de choix dans la chaîne des dédouanements », indique-t-il avant de rappeler les difficultés du secteur. Et au nombre de celles-ci, il cite : le manque de recyclage des différents acteurs, la non maîtrise des textes, puis la multiplicité des sociétés dans le secteur.
Joël Zodjihoué a invité les différentes associations qui se sont mises ensemble pour créer cette fédération à s’engager pour les réformes entreprises par le gouvernement béninois en vue d’une meilleure professionnalisation de leur secteur.
Au terme des travaux, un bureau directeur de quinze membres présidé par Mouphtaou Yessoufou a été élu n

Spécialiste en qualité de service et des questions de santé et de l’environnement, Sandra Idossou alerte depuis août 2017, sur les dangers de l’utilisation des sachets plastiques sur la santé. Elle s’inscrit beaucoup plus dans la sensibilisation des citoyens aux fins d’un comportement responsable et respectueux de l’environnement. Dans cet entretien réalisé à la suite d’une campagne dénommée « Plage sans sachets » qu’elle a initiée, dimanche 13 mai dernier, elle présente un état des lieux de la pollution des plages par les déchets plastiques du fait des hommes et femmes qui s’y rendent. A la longue, la conséquence sera le manque de poissons.
La Nation : Pourquoi avoir initié une campagne dénommée « Plage sans sachets plastiques» ?
Sandra Idossou : C’est aussi simple que ça : le sachet tue et le sachet détruit notre environnement. Le sachet tue parce qu’on mange dans le sachet et donc c’est important de sensibiliser nos populations, surtout celles qui viennent à la plage et qui mangent énormément dans le sachet plastique. Les gens qu’on croise ici sont des gens qui ont le yaourt, le pain, les beignets… c’est d’abord les sensibiliser pour qu’ils se rendent compte que c’est dangereux pour leur santé. Maintenant, le sachet est dangereux pour notre environnement parce qu’une fois que l’on a fini de l’utiliser et qu’on le jette, pendant quatre cents ans, le sachet est là et ne se détruit pas. Ce qui est dangereux surtout quand on est à la plage, le vent va les emporter dans les océans. Et tout ce qui est emporté dans les océans va rester au fond de l’eau et évidemment ça agit sur la faune marine, les animaux aquatiques... C’est pourquoi, on s’est dit qu’il faut sensibiliser les gens pour qu’ils fassent attention et surtout qu’ils adoptent des comportements responsables. C’est bien de venir à la plage, mais ce n’est pas une raison de polluer la plage, ce n’est pas une raison de s’intoxiquer.
Est-ce que le message est passé ?
Je pense que oui, parce que les gens que nous avons croisés étaient très contents. Nous sommes environ quarante personnes engagées à sensibiliser les gens sur des questions qui touchent leur santé et notre environnement à nous tous. Il faut dire que ceux avec qui on a échangé y sont très sensibles; c’est un peu ça la récompense de nos efforts, d’avoir des gens qui disent : moi, je ne savais pas; dorénavant je ferai attention.
Vous disiez que si on ne fait rien, d’ici 2050, il n’y aura plus de poissons dans la mer ?
Tout à fait. Il y a une étude qui a été menée qui dit que tel que nous polluons la mer et que si nous ne faisons rien, si nous ne ralentissons pas tous ces comportements négatifs que nous avons par rapport à la mer, d’ici 2050, nous n’aurons plus de poissons. Avec cette propension de pollution des plages, en 2050, nous aurons plus que les plastiques dans les océans en guise de poissons. Et donc c’était important de sensibiliser les gens sur cette préoccupation. Surtout moi, je viens souvent à la plage et ça me fait de la peine parfois. J’ai vu des pêcheurs tirer leur filet et je vous jure que la moitié du contenu n’est que des déchets plastiques. Quand je vois toute leur peine et qu’en réalité ils ne ramènent que des déchets plastiques, je me dis que c’est grave. Il urge de sensibiliser pour que les gens ne jettent pas tout et n’importe quoi dans la mer.
Avez-vous impliqué les autorités dans cette lutte ou bien elle est restée une initiative personnelle ?
Nous menons ces activités à notre niveau parce que c’est d’abord un mouvement citoyen. Maintenant nous sommes une association et notre objectif, c’est de contribuer à l’amélioration de notre environnement. Tout ce que nous faisons, nous essayons de partager avec les autorités. J’avoue que pour l’instant nous n’avons pas de soutien des autorités pour accompagner cette initiative. Nous nous cotisons pour mener nos activités. On se dit que nous sommes responsables aussi et même si l’Etat n’arrive pas à tout faire, il y a des actions que nous en tant que citoyens, nous pouvons mener. C’est vrai qu’on aurait aimé être soutenu, avoir des moyens financiers pour pouvoir toucher plus de monde. Même si ce n’est pas encore le cas, on fait ce qu’on peut avec le peu de moyen.
Quel est votre regard sur la loi relative à l’usage des sachets plastiques votée par le Parlement ?
C’est une bonne chose. C’est vrai que la loi telle qu’elle est stipulée, elle aurait pu être améliorée parce que la loi autorise les sachets biodégradables. Alors que l’idéal aurait été de dire non tout court aux sachets. Le fait de dire qu’on peut accepter les sachets biodégradables, peut conduire à ramener des sachets non biodégradables. Or on n’aura pas de moyens pour vérifier leur biodégradabilité. Pour revenir à la loi, c’est une bonne chose, une très bonne loi parce que c’est d’abord pour notre santé à nous. Mais il faut rester vigilant, parce que dans certains pays en Afrique où la loi a été votée, rien n’a changé par la suite. Donc, il faut tout faire pour que tous ces efforts ne s’arrêtent pas et qu'au moment de l'application, on soit sûr que les conteneurs de sachets plastiques ne rentrent plus dans le pays. Le gros lot du travail commence maintenant. C’était bien d’avoir la loi mais il faut tout faire pour fermer tous les canaux par lesquels les conteneurs de sachets pourraient entrer sur le territoire.
Dans quelques semaines, la période transitoire prendra fin et l’Etat passera à la répression. Qu’en dites-vous ?
C’est bien la répression, mais avant, il faut sensibiliser pour que les gens comprennent de quoi il s’agit. On ne peut pas voter une loi et mettre en place la répression tout de suite. Il faut absolument informer les gens. Nous sommes en pleine sensibilisation. C’est important. Il faut que des gens sachent que nous sommes responsables de notre santé, donc les amener à adopter des comportements sains et responsables. Je veux dire qu’on peut vivre sans sachets plastiques.
En quoi faisant donc ?
On peut réduire la consommation des sachets. Par exemple, si au lieu d’aller au marché et de ramener vingt sachets à la maison : un pour l’huile, un pour le crincrin, un pour la tomate, le piment, l’oignon, le sel, le crabe, … chaque femme dispose d’un panier dans lequel elle met tout, ça fait vingt sachets de moins. C’est un comportement très simple qui peut avoir des impacts positifs sur nous et sur notre environnement. Que nos populations fassent attention et soient responsables?
Environnement 15 mai 2018