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Nouvelles

Cotonou : Construction du monument Bio Guera et réfection de la place du Souvenir
Le gouvernement béninois envisage la réalisation d’études, de travaux et la conduite de mission de contrôle pour la construction du monument Bio Guera et la réfection de la place du Souvenir à Cotonou. Ce mercredi 5 mai, le Conseil des ministres a autorisé la contractualisation avec diverses structures ayant de solides références, en vue de la réalisation des prestations dans les délais prévus. Suivant le communiqué final du Conseil des ministres, le projet de conception, de réalisation et de contrôle des travaux du monument Bio Guera, de même que celui de réfection de la place du Souvenir, s’inscrivent dans le cadre du programme global des aménagements urbains. Ils sont destinés à rehausser l’attractivité de la ville de Cotonou tout en valorisant l’identité historique de même que l’histoire culturelle et politique de notre pays. « Dans une démarche globale d’aménagement d’envergure, poursuit le communiqué, il est apparu nécessaire de synchroniser la réalisation du projet avec ceux déjà en cours que sont le monument des amazones, le boulevard de la Marina, le jardin de Mathieu ». Tenant à la réalisation des prestations dans les délais impartis, le Conseil des ministres a donné son aval afin que la contractualisation soit faite avec diverses structures ayant de solides références dans le domaine. Actualités 05 mai 2021


Promotion des filières émergentes dans l’enseignement technique: Nouvelle option du gouvernement contre le chômage
A l'instar d'autres secteurs, le secteur éducatif connaît aussi des réformes ces dernières années. Pour ce secteur, les réformes en cours visent un renversement des tendances par rapport à l’enseignement général. Dans la perspective de lutter contre le chômage des jeunes, environ 70 % des apprenants doivent faire l’option des enseignements techniques contre 30 % seulement orientés désormais vers l’enseignement secondaire général. Une nouvelle option se prépare pour le secteur de l’éducation. L’enseignement technique est désormais une priorité et les jeunes apprenants seront orientés vers des filières techniques enseignées dans les lycées pour sortir avec un métier. C’est une option du gouvernement à travers des réformes en cours de mise en œuvre dans l’enseignement général et celui technique. Dans ce cadre, le gouvernement a envisagé la construction et l’équipement des lycées ainsi que la réhabilitation de certains lycées construits préalablement sans précaution. Selon les autorités du ministère des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle, les lycées doivent être mis aux normes pour offrir un cadre d’études adéquat aux apprenants. Désormais, les lycées doivent accueillir environ 70 % des apprenants contre 30 % pour les établissements secondaires d’enseignement général. Tout se met en place pour relever ce défi dans le secteur de l’éducation. A en croire le ministre des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle, l’amélioration de l’insertion professionnelle des diplômés se fait à travers l’opérationnalisation de la stratégie de l’enseignement secondaire et de la formation technique et professionnelle. Elle vise, poursuit-il, à inverser la tendance actuelle en orientant au moins 70 % des finissants du 1er cycle de l’enseignement secondaire général vers les spécialités de formation à l’Eftp. Lycées modernes, mise aux normes d’infrastructures Des lycées modernes construits et mis aux normes sont envisagés pour accueillir dans ce cadre des apprenants qui optent pour l’enseignement technique. Au total, trente lycées sont prévus pour être construits d’ici 2023 et vont s’ajouter aux infrastructures déjà existantes dans ce secteur. Le Bénin disposera ainsi des cadres formés dans le domaine de l’agriculture, de l’électricité, de l’élevage, du Btp, sans oublier les petits métiers qui emploient de la main-d’œuvre locale. Entre autres projets pour les lycées, figurent la modernisation du Lycée agricole Médji de Sékou ainsi que la construction d’un Lycée médico-social à Allada. On y entre à l’âge de dix-sept ans, selon les sources proches du ministère concerné, pour sortir avec un métier du domaine de la santé, donc prêt à exercer en tant qu’assistant social, aide-soignant, infirmier…Le projet de construction et d’équipement dudit lycée démontre combien le régime de la Rupture a de l’ambition pour le sous-secteur de l’enseignent technique, selon Amour Kpochémè, l’un des responsables du ministère des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle en charge du pilotage dudit projet. Le montant requis pour la construction de ce lycée médico-social est d’environ six milliards quatre cent quatorze millions six cent vingt-deux mille six cents (6 414 622 600) francs Cfa. Efforts reconnus Au regard des efforts du Bénin dans l’enseignement technique, Anselme Houndayi, responsable du département des Relations internationales de l’Université d’État de Kalmoukie, située au sud de la Russie, se dit admiratif des réformes éducatives en cours au Bénin. « J’encourage l’idée de créer des lycées d'où les gens vont sortir avec une pratique qui va leur servir sur le terrain. C’est très important de sortir avec un métier pour être apte à l'emploi», confie ce Béninois résidant en Russie. Selon lui, chaque pays qui veut aller au développement doit penser à comment s’auto nourrir. Il propose d’intensifier les actions dans la transformation et la mise en place du lait local avec la perspective de son exportation vers d'autres pays. « Il faut mettre en place des usines, créer de l’emploi. Mais pour le faire, il faut former des cadres », préconise-t-il, soutenant que son université peut accompagner le gouvernement dans ce sens et apporter sa contribution ainsi que son aide technique, les équipements qu’il faut pour contribuer à la formation des futurs cadres dans les domaines de l’élevage, de la pêche, de l’agriculture… qui sont des domaines dans lesquels la Russie a une grande expérience. Par ailleurs, Anselme Houndayi estime que, si le Bénin dispose d’une bonne base dans ces domaines, il lui sera plus facile de penser à comment commercialiser ses produits vers d’autres pays. A titre illustratif, il mentionne l’ananas, la mangue… sont des filières à encourager. Selon lui, en Russie, les mangues sont dix fois, voire quinze fois plus chères qu’au Bénin. Le Bénin et la Russie peuvent collaborer, pense Anselme Houndayi, sur des projets pour que les mangues produites au Bénin puissent être exportées en Russie. Il souhaite par ailleurs que les efforts se poursuivent dans le domaine du tourisme pour accroître les devises du pays. Selon lui, environ huit mille touristes russes séjournent dans un seul pays africain comme c’est le cas au Zimbabwe notamment. Avec les enjeux du secteur, il estime que le Bénin ne manque pas de potentialités pour drainer ces touristes afin de leur faire découvrir des endroits tels que Grand-Popo, Ouidah, Porto-Novo, Abomey… qui regorgent de merveilles et de curiosités. Société 05 mai 2021


Obligation de reconnaissance de grossesse avant la naissance: La nouvelle loi à la loupe
La loi relative à la déclaration de reconnaissance de paternité suscite des interrogations nécessitant des éclaircissements. La nouvelle loi est une loi d’application et d’adaptation à la donne de la digitalisation et du changement des documents d’enregistrement des actes de l’état civil. Avec le Code des personnes et de la famille (Cpf), on avait les registres d’état civil, maintenant dans le cadre de la digitalisation des actes de l’état civil, on a le registre national des personnes physiques, dans lequel est inscrit le numéro d’Identification Personnelle figurant sur un Certificat d’Identification Personnelle (Cip) dont le coût est de 2800 F Cfa et qui a valeur de pièce d’identité pendant deux ans. Et c’est cette pièce qui est exigée désormais pour faire les déclarations de naissance qui étaient déjà prévues dans le code de l’enfant. Une période de transition pour garantir l’accessibilité du numéro d’identification personnelle aurait été l’idéal L’idéal aurait été d’avoir une période de transition permettant que toutes les dispositions soient prises pour assurer la délivrance diligente et facile des Certificats d’Identification Personnelle ; que la déconcentration territoriale de l’Anip qui délivre cette pièce soit une réalité, que les agents qui vont délivrer les actes soient formés et rodés, etc. Légiférer pour l’avenir est une chose excellente ; cependant étant donné que cette loi est venue pour fixer des modalités actualisées qui vont permettre de faire appliquer des dispositions d’une loi qui est en vigueur depuis six ans, il faut que la conformité à ces modalités soit accessible à tous les papas potentiels. On va compter sur l’Etat pour qu’il prenne des dispositions rendant l’application de la loi possible et effective. La reconnaissance de la grossesse avant l’accouchement était déja prévue dans le code de l’enfant La formalité exigée n’est donc pas nouvelle. Dans l’intérêt supérieur de l’enfant, la reconnaissance de la grossesse avant l’accouchement était déjà prévue dans le code de l’enfant : Article 141 : Reconnaissance de l’enfant conçu Tout enfant conçu doit être reconnu par son géniteur dans les trois (03) premiers mois de la conception par les moyens d’une déclaration sur l’honneur faite devant l’autorité administrative la plus proche du lieu de sa résidence, faute de quoi l’enfant, à sa naissance, porte le nom de sa mère. Et le code de l’enfant ajoute : Article 148 : Nom de l’enfant Aucune mère ne peut attribuer à l’enfant nouveau-né, le nom d’un présumé géniteur que sur présentation d’un certificat de mariage ou d’une déclaration de reconnaissance de la grossesse établie par l’officier de l’état civil. Aucune sage-femme, aucun médecin accoucheur ne peut inscrire sur la fiche de naissance, le nom d’un quelconque présumé père si la femme n’apporte pas au moment de l’accouchement, la preuve du mariage ou de la reconnaissance de la grossesse. Cela ne veut pas dire qu’en l’absence de cette déclaration de reconnaissance de la grossesse, l’enfant n’aura ni nom ni acte de naissance L’enfant a besoin que son existence juridique prenne effet le plus tôt possible. Il y a plein d’enfants qui n’ont pas d’acte de naissance et dont l’existence est donc inconnue de l’État. Ce qui veut dire qu’ils ne peuvent bénéficier d’aucune protection, d’aucun soin de façon formelle, d’aucune mesure sociale formelle sauf par charité. La déclaration de naissance fait connaitre l’existence de l’enfant à l’état civil du pays de sa naissance. Et plus on a de précision sur ses auteurs, mieux ça vaut. Il vaut donc mieux que dès sa naissance un enfant porte le nom de son vrai père, pas celui d’un père hypothétique. Il faut que l’on soit sûr que le père reconnaisse sa qualité de père. Dans le cas contraire, l’article 141 indique bien ceci : « faute de quoi l’enfant, à sa naissance, porte le nom de sa mère ». Les contestations de paternité sont légion. On ne peut pas toujours attendre qu’un papa veuille bien reconnaître une grossesse ou un enfant né avant de pouvoir donner une existence juridique à cet enfant ; La vie juridique d’un enfant doit pouvoir être constatée aussi tôt que possible après sa naissance et à cet effet le code de l’enfant dispose : Article 19 CE (Code de l’enfant) : L’enfant, à sa naissance, doit être déclaré à l’officier d’état civil par son père ou sa mère. Article 25 CE : Chaque enfant a droit à une identité dès sa naissance. L’identité est constituée du prénom, du nom de famille, du sexe, du lieu et de la date de naissance ainsi que de la nationalité. Article 34 CE: Tout parent, père ou mère, a l’obligation de déclarer, dans un délai maximum de vingt et un (21) jours, au centre d’état civil le plus proche du lieu d’accouchement, la naissance de son enfant. Article 40 : Toute naissance doit être déclarée à l’officier d’état civil du lieu de naissance dans un délai de vingt et un (21) jours. Si le délai arrive à expiration un jour férié, la déclaration sera reçue valablement le premier jour ouvrable suivant. Les déclarations peuvent émaner du père ou de la mère, d’un ascendant ou d’un proche parent, du médecin, de la sage-femme, de la matrone, du chef de village ou de quartier de ville ou de toute autre personne ayant assisté à la naissance. D’ailleurs dans la nouvelle loi le délai de déclaration passe de 21 à 30 jours Il est normal que pour une déclaration aussi importante que celle de la grossesse ou de la paternité la loi exige la présentation d’une pièce d’identité On doit pouvoir avoir la preuve de la véritable identité de celui qui fait une telle déclaration, comme cela se faisait déjà ; si vous déclarez être le père d’un enfant comment pourrait-on attester de ce que c’est bien vous s’il n’y a pas de pièce d’identité? Le Certificat d’Identification Personnelle est en train de devenir selon l’Etat la pièce d’identité la plus basique; c’est dans cette optique que cette loi exige la mention du numéro d’identification personnelle du père reconnaissant la paternité comme on pouvait exiger la mention de la pièce d’identité de celui-ci ; Cependant il serait souhaitable de permettre qu’en attendant l’accessibilité du numéro d’identité personnelle on puisse autoriser l’usage des autres pièces courantes d’identité en état de validité. En conclusion la nouvelle loi reprend les deux situations juridiques possibles dans lesquelles un enfant est conçu et nait, et les actes requis pour chaque situation Soit l’enfant est né dans les liens d’un mariage, et la loi demande de produire un acte de mariage soit il est né hors les liens du mariage et la loi demande qu’avant sa naissance il puisse être déjà reconnu par son futur papa. Le fait pour la mère de ne pouvoir produire aucun de ces actes ne signifie pas que l’enfant ne sera pas déclaré ou n’aura pas un acte de naissance. Il en aura un et portera le nom de sa mère en attendant que se règlent les problèmes liés à la paternité ou la filiation. En cela la loi n’ignore pas nos réalités ou notre culture. Supposons que quelque chose arrive à l’un des parents, notamment au père d’un enfant dont la naissance n’est pas déclarée. Il ne pourra pas être compté au nombre de ses héritiers. Car sa filiation ne peut être prouvée que par l’acte de l’état civil de sa naissance. Ou si quelque chose arrive à cet enfant. Ses parents ne pourront même pas se faire délivrer un acte de décès. On ne peut donc fustiger l’exigence d’une reconnaissance de paternité a priori. Ce qu’il y a de nouveau c’est que la loi exige le numéro d’identification personnelle comme la pièce sur la base de laquelle l’enregistrement de la déclaration de reconnaissance d’une grossesse sera effectué. Et pour cela l’application de la loi suppose l’accessibilité pour tous du numéro d’identification personnelle nécessaire à l’enregistrement de la naissance de l’enfant dans le registre national des personnes physiques.   Huguette BOKPE GNACADJA, Avocate et Consultante en droits de l’homme et en genre Société 05 mai 2021


Réouverture totale des frontières bénino-nigérianes: La lourdeur administrative comme facteur du blocage
Les frontières entre le Bénin et son voisin de l’Est ne sont pas totalement ouvertes comme cela a été annoncé, il y a quelques mois, malgré la volonté des chefs d’État des deux pays. Au détour d’une interview accordée à France 24 et Radio France internationale (Rfi), vendredi 30 avril dernier, le président béninois a abordé la question. Le président Patrice Talon dans son interview à France 24 et à la Radio France internationale (Rfi), vendredi 30 avril dernier, a évoqué les actions menées et celles envisagées pour la réouverture totale des frontières entre le Bénin et le géant de l’Est, le Nigeria. « Les discussions sont en cours», a souligné le chef de l’État, Patrice Talon. Selon ses explications, entre deux États, les choses ne se passent pas du jour au lendemain. Le président de la République a relevé relief la lourdeur administrative qui pourrait éventuellement traîner dans l’aboutissement rapide de ce dossier devenu une préoccupation pour les citoyens des deux pays. Toujours est-il que le Bénin n’abandonne pas ce dossier si sensible, à s’en tenir aux propos de Patrice Talon. Il a rassuré que les équipes travaillent sur l’intégration économique réelle des deux pays et ce sera bientôt une réalité, sachant que le Bénin et le Nigeria explorent les voies et moyens pour endiguer et prévenir leurs travers, notamment la contrebande. «C’est pourquoi nous voulons que les services des douanes, de la police et consorts de nos deux pays soient plus en harmonie pour que ces choses n’arrivent plus », a souhaité Patrice Talon. Il faut en réalité une volonté des administrations des deux pays afin que la réouverture des frontières entre le Nigeria et le Bénin soit effective. Car les deux chefs d’État se seraient accordés sur le minimum en attendant de lutter contre la contrebande qui affaiblit l’économie des deux pays. Le Bénin réexporte en direction du Nigeria des produits dont le riz, la volaille et d’autres produits qui sont interdits d’importation vers le Nigeria. Pour rappel, les frontières entre le Bénin et le Nigeria ont été fermées sur décision du gouvernement nigérian depuis d’août 2019. Le Bénin, le Cameroun, le Tchad et le Niger sont, depuis lors, dans l’expectative d'une réouverture totale des frontières terrestres avec le Nigeria de l’Est. Ce qui se serait déjà fait, depuis le 16 décembre 2020, que le président du Nigeria, Muhammadu Buhari l'a annoncée, si la lourdeur administrative n’a pas eu d’impact comme l’a martelé le président Talon.
De fortes actions
Le gouvernement du Bénin n’est pas resté indifférent face à cette situation que d’aucuns qualifient de préjudiciable à l’économie du Bénin. Plusieurs délégations du Bénin ont été envoyées auprès de l’administration nigériane pour trouver une solution. Le chef de l’État, Patrice Talon, s'est lui-même rendu au Nigeria où il a échangé avec son homologue. Les deux personnalités se sont aussi rencontrées à des sommets en marge desquels la réouverture des frontières était débattue. Toujours au titre des actions menées pour une solution à la fermeture des frontières du Nigeria d’avec ses voisins, on note l’implication des organisations sous-régionales notamment la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) qui a plaidé la réouverture des frontières pour faciliter le trafic dans cet espace. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le Bénin a fait preuve de sa résilience durant cette période et son économie n’a pas été fragilisée, selon les informations rapportées par le ministère de l’Économie et des Finances. Certes, les populations ont éprouvé certaines difficultés du fait de l’interdiction de la contrebande qui reste toujours d’actualité.
Société 05 mai 2021


Nomination en qualité de chef de file de l’opposition: « Le chef de l’Etat a fait preuve de courage… », selon Paul Hounkpè
Le secrétaire exécutif national du parti Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), Paul Hounkpè, se réjouit de sa nomination par décret, en qualité de chef de file de l’opposition béninoise. L’ancien candidat au poste de vice-président à la présidentielle dernière, estime, dans l’une de ses premières prises de parole après sa nomination, que l’acte n’est pas un cadeau mais lui revient de droit. Il salue, par ailleurs, le courage du chef de l’Etat Patrice Talon qui a signé ce décret. Paul Hounkpè, chef de file de l’opposition politique au Bénin. Le secrétaire exécutif national du parti Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), s’est vu confier cette charge par décret n°2021-183 pris en Conseil des ministres le 28 avril dernier. Interrogé par nos confrères de la radio privée Capp Fm au lendemain de sa nomination, Paul Hounkpè salue la décision et rend hommage aux militants de son parti politique qui, à l’en croire, ont bataillé dur pour qu'il en soit ainsi. « La nouvelle est bonne et on ne peut que s’en réjouir parce que ce sont les lois de la République qui sont en application. C’est l’aboutissement d’un travail acharné des militants de notre parti », affirme-t-il. Paul Hounkpè précise par la suite qu’il doit « reconnaître tout de même que le pouvoir en place a fait œuvre utile en acceptant l’application de cette loi (sur le statut de l’opposition) ». En signant ce décret, Patrice Talon « a fait preuve de courage », analyse l’ancien candidat au poste de vice-président à la présidentielle du 11 avril dernier. A défaut de diriger le pays, il pense que l’opposition pourrait profiter de sa nouvelle casquette pour apporter sa contribution à la gestion du pays en vue de la paix et du développement. Si certains pensent que cette nomination est un cadeau, Paul Hounkpè, lui, ne l’entend pas de cette oreille. « Ça ne peut être considéré comme un cadeau. Ce n’est pas un cadeau, nous le méritons, c’est la loi qui nous le confère », justifie l’opposant. En sa qualité de chef de file de l’opposition, le secrétaire exécutif national du parti Fcbe veut être le porte-parole de tous les courants de l’opposition face au gouvernement. « Quand on parle de chef de file, cela veut dire que plusieurs autres sont alignés (derrière). Donc, ils sont concernés, ils doivent être impliqués. S’ils ont des idées à faire valoir, la décision qui est prise est une passerelle pour que ceux qui ont opté pour la violence, tentent d’abord de discuter, de dialoguer avant de trouver que les voies sont bloquées. Certainement que c’est parce qu’ils n’ont pas l’écoute, parce qu’ils ne savent pas par quelle voie s’adresser au pouvoir. Maintenant que le chef de l’Etat à désigné un chef de file qu’il peut écouter, qu’il peut rencontrer à tout moment, je crois que ça pourrait contribuer à atténuer les actes, les comportements de tous ceux-là », espère Paul Hounkpè. Il ajoute que « l’opposition est plurielle mais avec ce qui est décidé, il pourrait y avoir une conjonction des actions envers le pouvoir ».
Base juridique
La nomination de Paul Hounkpè en tant que chef de file de l’opposition, par décret n°2021-183 du 28 avril 2021, vient en application des dispositions de la loi 2019-45 du 25 novembre 2019 portant statut de l’opposition en République du Bénin. En effet, comme le stipulent les alinéas 1 et 2 de l’article 8 de cette loi, « Le chef de file de l'opposition est le chef du parti politique déclaré de l'opposition, ayant le plus grand nombre de députés à l'Assemblée nationale à l'occasion des dernières élections législatives. En cas d'égalité du nombre de députés, le chef de file de l'opposition est le chef du parti politique déclaré de l'opposition ayant le plus grand nombre d'élus communaux à l'occasion des dernières élections communales ». L’alinéa 6 de la même loi indique que « le chef de file de l’opposition est nommé par décret pris en Conseil des ministres sur proposition du conseil électoral de la Commission électorale nationale autonome (Cena)». Or, présentement, aucun parti politique de l’opposition ne dispose d’élu au parlement. Au niveau communal, seul le parti Fcbe en tant que formation politique déclarée de l’opposition dispose d’élus municipaux, communaux et locaux. Ce qui, du point de vue de la loi ci-dessus citée, confère à Paul Hounkpè, secrétaire exécutif national du parti Fcbe, le statut de chef de file de l’opposition béninoise. Comme privilèges, l’article 15 de la loi mentionne, entre autres, que le chef de file de l'opposition bénéficie des avantages protocolaires et dispose d'une liste civile fixée par décret pris en Conseil des ministres. Dans ses attributs de chef de file de l’opposition, il peut être sollicité par le président de la République pour des missions entrant dans le cadre de la défense des intérêts supérieurs de la nation. Lui et ses pairs de l'opposition peuvent être aussi consultés par le chef de l’Etat sur les questions importantes engageant la vie de la nation, notamment les menaces à la paix civile, les menaces d'atteinte à l’intégrité territoriale, l’engagement des forces de défense à l'étranger. Ils peuvent être aussi consultés sur toute autre question d'intérêt national et international.
Réforme politique
C’est la première fois depuis l’avènement du renouveau démocratique au Bénin qu’un président de la République en exercice nomme le chef de file de l’opposition à son régime. En signant le décret portant nomination de Paul Hounkpè, le chef de l’Etat, Patrice Talon, prouve une énième fois sa ferme volonté de changer le visage et la structuration de l’opposition béninoise. En effet, la nomination du chef de file de l’opposition est un vieux rêve des partis politiques de l’opposition. Un rêve qui ne s’est jamais réalisé sous les régimes précédents. Mais il devient réalité grâce au leadership éclairé du président Patrice Talon et à l’engagement des élus du peuple qui ont voté le texte de loi sur le statut de l’opposition en République du Bénin, le 25 novembre 2019. La loi permet ainsi à l’opposition béninoise en général de disposer des moyens nécessaires en vue de sa libre et pleine participation à l'animation de la vie politique nationale. Cette loi vient ainsi rehausser l’image de l’opposition béninoise. Elle figure au titre des réformes politiques mises en œuvre au prix de lourds sacrifices par l’ensemble de la classe politique nationale sous la conduite du régime du nouveau départ.
Actualités 05 mai 2021


30e édition de la Journée mondiale de la liberté de la presse: Les journalistes s’autocritiquent
Les journalistes et professionnels des médias, toutes catégories confondues, sont à l’honneur, ce lundi 3 mai, à l’occasion de la 30e édition de la Journée mondiale de la liberté de la presse. Au Bénin comme ailleurs, cette célébration leur offre l’opportunité de s’auto-évaluer en même temps qu’elle permet d’évoquer certains défis. Moussa Aksar, président de la Cellule Norbert Zongo pour le journalisme d’investigation en Afrique de l’Ouest (Cénozo) « Les journalistes doivent être conséquents… » Depuis la libéralisation du paysage médiatique dans les pays africains dans les années 1990, nous avons constaté une régression de la qualité du journalisme. Nous avons des démocraties en construction, les journalistes sont sous la menace des pouvoirs dans la majorité des pays africains. Les journalistes africains deviennent des joueurs de flûte des hommes au pouvoir en Afrique, à l’exception de quelques pays où l’on note des avancées. Les bailleurs de fonds dont les pays sont des exemples de démocratie en Afrique devraient contribuer à la liberté de la presse. Cela doit se traduire par des clauses entre eux et les Etats. Les journalistes eux-mêmes doivent être conséquents en respectant l’éthique et la déontologie, notamment les journalistes d’investigation qui mènent des enquêtes dans le domaine de la lutte contre la corruption. Si les journalistes se constituent en réseau, ils peuvent constituer une force inattaquable par les Etats.  
Daouda Lao Yérima, chef section Lokpa à Radio Bénin Alafia
« Nous devrions réorganiser cette profession noble »
Au plan national comme international, la presse n’est pas bien organisée pour s’imposer. Même après trente ans de service, les journalistes sortent de la profession, tels qu’ils y sont entrés. Pendant ce temps, un militaire qui entre dans l’armée en tant que soldat de classe peut en sortir avec le titre de général. Idem pour le secteur de l’enseignement. Celui qui entre en tant qu’enseignant peut sortir inspecteur. Le métier ne se limite pas au nom de grands journalistes. Les opportunités dans le métier sont de plus en plus rares. Nous devrions le penser autrement pour réorganiser cette profession noble.  
Souléymane Ali Sama, chef division production à Radio Bénin Alafia
« Tant que la presse fera de la communication, elle ne se développera pas »
Le grand défi de la presse est de faire en sorte qu’elle puisse informer. Nous faisons de la communication. C’est un handicap pour le développement de la presse. Quand on se met dans le jeu de la communication, il est facile de se faire corrompre. Tant que la presse fera de la communication, elle fera le jeu des autres et ne se développera pas.  
Nicanor Covi, journaliste, chef desk culture à la Télévision nationale
« Beaucoup de journalistes exercent le métier sans être professionnels »
Les défis de la presse béninoise sont exhaustifs. Nous pouvons nous attarder sur l’appropriation des textes qui régissent la profession. Il existe aujourd’hui une dualité entre le Code de l’information et le Code du numérique. Il faut savoir se retrouver entre les deux et savoir de quoi retourne chacun de ces textes. Il y a également le défi de la professionnalisation. Beaucoup de journalistes exercent le métier sans être professionnels. On ne demande pas nécessairement à tous de faire des écoles de journalisme, mais de suivre des formations pour disposer des bonnes capacités et techniques en vue d’exercer ce métier suivant les règles de l’art. Je voudrais évoquer également le défi de la censure et de l’autocensure. Le défi des nouveaux médias est aussi préoccupant. Nous sommes à l’ère de l’internet, donc des web Tv, réseaux sociaux,…. Il faut s’y adapter.  
Flore Nobimè, Journaliste Freelance
« Penser à l’organisation de grands groupes »
La presse béninoise est confrontée à des défis d’ordre économique. Certains périodiques ne paraissent plus, d’autres ont réduit leur tirage. Des journalistes vivent des fins de mois très difficiles. Les patrons de presse doivent penser à s’organiser en grands groupes en vue de lobbies en faveur de la presse. La presse est également confrontée aux dangers des réseaux sociaux avec la désinformation. Elle ne pourra surmonter ce défi qu’en produisant des contenus attractifs et responsables.  
Zakiath Latoundji, présidente de l’Union des professionnels des médias du Bénin (Upmb)
« l’Upmb invite les pouvoirs publics à se joindre à elle pour défendre la liberté de la presse » Née des entrailles de l’appel de journalistes africains qui, en 1991, ont proclamé la Déclaration de Windhoek sur le pluralisme et l’indépendance des médias, la Journée mondiale de la liberté de la presse est une heureuse occasion de réflexion sur l’état de la liberté de la presse à travers le monde, de célébration des avancées en faveur des médias et de sensibilisation aussi bien des gouvernants que des citoyens sur l’importance de l’indépendance des médias dans l’édification d’Etats démocratiques mais aussi de souvenir et d’hommage à l’endroit des journalistes censurés, emprisonnés, assassinés ou décédés au travail. Convaincue que l’information est un bien public, l’Upmb invite les pouvoirs publics et les partenaires au développement à se joindre à elle pour défendre la liberté de la presse, l’indépendance et la diversité des médias et garantir à la presse béninoise un environnement favorable à son essor véritable à travers le renforcement des capacités de ses acteurs, la mise en place de mesures de promotion et de protection de leurs droits et l’appui aux associations professionnelles.   Maxime Domègni, Journaliste et responsable Afrique francophone du Réseau international de journalisme d’investigation (Gijn) « Un journaliste, un média ne rend service à la communauté que lorsqu’il est libre de toute contrainte » Plusieurs contraintes restreignent la liberté de la presse en Afrique. Les plus fulgurantes sont les menaces ouvertes, les arrestations, les agressions physiques et meurtres. Il y a également les règlementations auxquelles on donne chaque fois des tours de vis pour des raisons qui ne servent que d’alibi à ceux qui ne supportent pas de voir les journalistes travailler librement. Ces règlementations qui rognent les espaces de liberté autour du journalisme sont autant nuisibles que les meurtres et agressions physiques de journaliste. Il faut mettre dans la même catégorie les stratégies qui visent à asphyxier les médias, les priver de justes recettes et les rendre tellement démunis de sorte à les contraindre à la soumission. Un journaliste, un média ne rend service à la communauté que lorsqu’il est libre de toute contrainte et en position de faire un travail indépendant. En Afrique, les responsables politiques et leurs soutiens devraient s’en rendre compte et se préoccuper plus de leurs responsabilités vis-à-vis des populations.    
Société 04 mai 2021


Actualisation du Fichier électoral national: Appel à valoriser le capital humain et les acquis du Cos-Lépi
L’actuel et dernier Conseil d’orientation et de supervision de la Lepi fait le point de ses actions. Après huit mois de travaux, l’institution a organisé en fin de semaine dernière à Grand-Popo, un atelier sur le bilan et les perspectives de l’actualisation du Fichier électoral national et en a profité pour tirer des leçons pour l’avenir. En prêtant serment le 6 août 2020, les membres du Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos-Lépi) avaient été investis pour définir les orientations stratégiques de l’Agence nationale de traitement, analyser et régler les difficultés d’application pratique pouvant résulter des dispositions légales et réglementaires relatives au Fichier électoral national (Fen). Ils étaient aussi attendus pour décider de toutes les questions permettant d’assurer la gestion et le fonctionnement effectif de l’Ant, adopter le document de faisabilité technique des opérations d’apurement, de correction et de mise à jour et aussi recevoir les plaintes des citoyens et lancer les enquêtes s’ils le jugent nécessaire. Au bout de huit mois d’exercice, l’institution semble se frotter les mains pour avoir tenu le pari. L’atelier bilan qu’elle a organisé du 28 avril au 1er mai dernier à Grand-Popo lui a donné l’occasion de revisiter le chemin parcouru. A l’ouverture des travaux, le président du Cos-Lépi, Gilbert Bangana, a rappelé que le défi à relever était d’actualiser le Fen en vue de générer la Lépi pour l’élection présidentielle d’avril 2021 à bonne date. A cet exercice, reconnait-il, ses pairs et lui se sont attelés avec pour principe de base, les exigences du législateur comme la transparence, l’exhaustivité, l’actualité, la fiabilité et la sincérité. Avant lui, le président du Cadre de concertation et de facilitation de l’actualisation du Fen, le président du Conseil économique et social, Augustin Tabé Gbian, a reconnu que cette mandature du Cos-Lépi a agi au-delà des attentes. La détermination, l’abnégation, l’efficacité, la célérité, la concorde, la pro-activité et le professionnalisme des membres et de leurs collaborateurs ont été relevés par lui comme des exemples dont devrait s’inspirer au quotidien l’administration. Satisfaction également de la part du régisseur général de l’Ant, Bonaventure Gagnon. L’actualisation de 2021 était aussi bien particulière que délicate, rappelle-t-il, puisque devant relever le défi triptyque caractérisé par la pandémie de la Covid-19, le vote des Béninois de l’extérieur et la problématique de la radiation des personnes décédées et figurant encore dans le Fen depuis dix ans. Ces défis ont été relevés grâce à son agence qui a su apporter des solutions techniques adaptées pour faciliter l’atteinte des objectifs fixés, salue-t-il, non sans reconnaitre au président du Cos-Lépi, « son leadership et son engagement » à cette cause.
Trouver la passerelle
Trois communications ont permis aux participants de revisiter le chemin parcouru par cette mandature, la dernière. Les participants issus aussi bien de l’administration du Cos et de son bras technique de la société civile, du milieu politique et autres se sont penchés, entre autres, sur le bilan technique de l’actualisation, le bilan politique, moral et social de l’actualisation et enfin, l’évaluation du plan de communication du Cos. Loin d’essuyer des critiques, le bilan a été largement approuvé par les participants qui ont reconnu à cette mandature de l’institution, le travail d’orfèvre abattu en très peu de temps avec des moyens limités. Les échanges ont consisté en des contributions, et surtout des témoignages édifiants sur la gestion du processus d’actualisation. Les participants ont également recommandé à l’Assemblée nationale de « veiller, dans le vote des lois, à trouver la passerelle appropriée et efficace entre la Lépi et la Liste électorale informatisée (Léi) ». Ils ont aussi demandé aux parlementaires de veiller à travers le contrôle de l’action gouvernementale à la conservation et à la valorisation du capital matériel, technologique et humain de l’Ant. Des recommandations pertinentes, soulignera le président du Cos-Lépi à la clôture des travaux, invitant toutes les parties concernées à faire en sorte que le capital accumulé par l’institution et ses bras techniques au cours des dix années de mise en œuvre soit valorisé et mis au service de la nation.
Actualités 04 mai 2021


Insertion professionnelle de jeunes vulnérables: De jeunes entrepreneurs ‘‘sociaux’’ sur le marché de l’emploi
24 jeunes dont dix-sept filles provenant des communes de Parakou, Abomey et Bohicon ont reçu, samedi 1er mai dernier à Abomey-Calavi, leurs attestations de fin de formation. C’est dans le cadre de la 3e édition du Programme d’appui à l’insertion sociale et professionnelle des jeunes vulnérables. Ils sont désormais des entrepreneurs ‘‘sociaux’’ prêts à jouer un rôle constructif dans la société. De jeunes orphelins issus de parents victimes d’accidents de route ont reçu, samedi 1er mai dernier, au Centre d’accueil et de formation Camset de Ouèdo, leurs attestations de fin de formation. Ceci dans le cadre de la 3e édition du programme d’appui à l’insertion sociale et professionnelle des jeunes vulnérables des communes du Bénin. Durant six mois, ils ont été formés dans les métiers du bâtiment, en élevage, en maraîchage, en préparation de savon liquide et sur les gestes de premiers secours en cas d’accidents de route. Ce programme, initié par l’Organisation non gouvernementale Alinagnon avec l’appui de ses partenaires, a aussi permis à ces jeunes d’être coachés pendant toute leur formation pour un changement de mentalité et d’attitude. Devenus aujourd’hui de véritables entrepreneurs, ils font leurs preuves sur plusieurs chantiers de construction, soit en tant que salariés, soit en tant qu’entrepreneurs réunis dans des coopératives. Liboire Michiaffo, directeur du centre, a fait savoir que Camset est un cadre de formation qui a pour vision de créer un monde meilleur peuplé de jeunes épanouis prêts à participer au développement de la société. Il se veut un centre d’autonomisation et d’insertion des jeunes par excellence. Priscille Biaou, représentante des récipiendaires, a noté qu’en tant qu’orphelins de parents victimes d’accidents de route, le centre Camset leur a donné la joie de vivre et l’amour paternel et maternel que certains parmi eux avaient perdu depuis des années. Elle indique que cette formation leur a permis de maitriser certains domaines sur le chantier, à savoir les gros œuvres, le traitement des murs, la peinture et l’étanchéité. « Nous nous sommes battus corps et âme en ayant en tête la réussite jusqu’à parvenir à la maitrise des techniques de construction à base des blocs hydraforms », a-t-elle souligné. Casimir Migan, coordonnateur de l’Ong Alinagnon, a affirmé que nul ne doit être heureux tout seul, raison pour laquelle son Ong, dans le cadre de son volet Assistance aux victimes des accidents de la route, a initié ce projet qui porte ses fruits grâce à la détermination et l’ingéniosité de l’équipe. « Vous pouvez avoir des idées, si vous êtes seul, cela ne pourra pas porter. Vous avez forcément besoin des jeunes qui partagent la même vision que vous », a-t-il noté. Casimir Migan a tenu à reconnaître à son équipe, aux autorités politiques et à tous les partenaires techniques et financiers leur soutien au quotidien. Aux jeunes récipiendaires, le coordonnateur de l’Ong Alinagnon demande de toujours creuser, fouiller et de ne laisser nulle place où la main ne passe et repasse, car dit-il, c’est en se donnant au travail qu’ils parviendront à atteindre leurs objectifs. En guise d’accompagnement, les vingt-quatre jeunes ont reçu des outils de travail tels que des pelles, machines à blocs hydraforms, brouettes, arrosoirs, seaux et bien d’autres qui leur serviront à mettre en pratique les connaissances reçues durant leur formation. Société 04 mai 2021


Généralisation de la facture normalisée: Un outil contre la fraude fiscale et la concurrence déloyale
A compter du 1er juillet, obligation est faite aux personnes assujetties à la Tps de délivrer une facture normalisée à chaque transaction. La réforme s’étendra désormais à tous les vendeurs de biens ou services et permettra de lutter contre la fraude et l’évasion fiscales et la concurrence déloyale. Le moratoire accordé aux personnes physiques comme morales assujetties au régime de la taxe professionnelle synthétique (Tps) pour l’utilisation des factures normalisées vient à expiration. A compter du 1er juillet 2021, obligation leur est faite de délivrer une facture directement tirée d’une machine électronique certifiée de facturation (Mecef) à chaque transaction, selon la direction générale des Impôts (Dgi). La généralisation de la réforme de la facturation normalisée à tout vendeur de biens ou services est lancée depuis le 2 décembre 2019. Le plan de mise en œuvre avait prévu son extension progressive aux différents secteurs d’activité. Après les entreprises relevant du régime réel d’imposition puis les professions libérales depuis le 1er novembre 2020, la réforme touchera désormais les entreprises relevant du régime du forfait, c’est-à-dire celles dont le chiffre d’affaires annuel est inférieur ou égal à 50 millions de francs Cfa. Conformément aux dispositions des articles 162 bis et 1084-40 du Code général des impôts, rappelle Nicolas Yènoussi, directeur général des Impôts, les personnes physiques ou morales, quel que soit le régime d’imposition auquel elles sont soumises, ont l’obligation de délivrer des factures normalisées à leurs clients à l’occasion des transactions qu’elles effectuent. Tout assujetti à la Taxe sur valeur ajoutée (Tva), qu’il soit redevable ou non, industriel, commerçant, artisan ou prestataire de services, qui livre un bien ou fournit un service à un autre professionnel ou à un consommateur final, est tenu de lui délivrer une facture normalisée dans le respect des dispositions de l’article 256 du Code général des impôts, aux termes de l’article 2 de l’arrêté n° 711-c/Mef/Dc/ Sgm/Dgi/Die/Dlc/070Sgg18 du 5 mars 2018.
Justice fiscale
Deux options s’offrent aux personnes concernées selon le type d’activité : soit elles achètent la machine physique auprès de l’un des fournisseurs ou elles créent un compte e-Mecef via la plateforme « e-mecef.impots.bj » pour émettre les factures normalisées en ligne sans machine physique. Les clients en relation d’affaires avec elles sont appelés à réclamer des factures normalisées à chaque transaction pour s’assurer ainsi que la Tva collectée par les entreprises est effectivement reversée à l’Etat. Cette réforme offre comme avantages la traçabilité des informations financières dans le but de formaliser le secteur informel et d’élargir l’assiette fiscale, les données étant enregistrées en temps réel sur le serveur de la Dgi dès que la facture est délivrée aux consommateurs. Ainsi, elle permettra une diminution drastique de l’évasion fiscale et un accroissement efficient des recettes destinées à la construction du pays. Les chefs d’entreprise, pour leur part, se mettent quelque peu à l’abri des situations de détournement de leurs recettes grâce à l’utilisation des Mecef qui réduisent considérablement les cas de vols, de surfacturation et autres manœuvres frauduleuses parfois observés au niveau des caisses. Ils évitent par la même occasion les tracasseries avec les inspecteurs des impôts. L’utilisation des Mecef facilite à l’entreprise la tenue de la comptabilité de l’entreprise et permet de sécuriser les revenus issus de la vente. Elle permet d’éviter la concurrence déloyale entre commerçants, en instaurant une justice fiscale pour les sociétés en règle qui reversent régulièrement la Tva comme cela se doit. La non-délivrance de facture électronique normalisée est passible d’une amende égale à 10 fois la valeur de la Tva éludée, ne pouvant être inférieure à 1 000 000 F Cfa par opération. En cas de récidive, l’amende est de 20 fois le montant de la Tva éludée avec un minimum de 5 000 000 F Cfa .
Société 04 mai 2021


Développement inclusif: La leçon de Patrice Talon
Au nombre des concepts en vogue chez les porteurs de normes, figure en bonne place celui de ‘’développement inclusif’’ qui met en lien le binôme développement et inclusion sociale. Il y a une telle obstination à ce propos que, dans les pays en développement notamment, un véritable procès en sorcellerie est fait, dirait-on, aux décideurs publics. Il leur est reproché de se contenter de faire du chiffre à travers la croissance économique dont ils s’enorgueillissent, sans se soucier de son partage équitable sur le plan national ! Le président Talon se démarque à ce propos et invite ainsi à faire un aggiornamento, une remise en cause de ladite norme. Le Bénin du président Patrice Talon n’échappe pas au procès sur le ‘’développement inclusif’’. Au détour de l’interview qu’il a accordée récemment à deux médias français, ses interviewers n’ont pu résister à l’envie d’y aller de leur tacle à propos de cette norme dont, semble-t-il, tout le monde doit faire sa religion. Ce à quoi répondant, passablement agacé par la tournure de la question, le chef de l’Etat béninois n’y est pas allé de main morte : « Dans quel pays au monde avez-vous vu la croissance profiter à tout le monde à la fois ? », lance-t-il à ses vis-à-vis. Et d’enchaîner : « Nous sommes dans un pays libéral donc chacun gagnera en fonction des efforts qu’il a fournis. C’est normal que les prouesses enregistrées en si peu de temps ne puissent pas impacter pareillement tout le monde », plaide-t-il, quand bien même « la croissance affiche de bons chiffres… », comme l’a affirmé le journaliste en face de lui. Il s’avère que 1 % des plus riches de la population mondiale possèdent environ 40 % des richesses mondiales, alors que la moitié la plus pauvre n’en possède pas plus de 1 %, selon les chiffres de l’Ocde. Que faire dans une telle condition, pour marquer ‘’l’inclusion’’ en question ? Vaste programme !
Une préoccupation obsessionnelle ?
En effet, les inégalités sont devenues un sujet de préoccupation majeure en économie politique du développement, depuis le Sommet mondial pour le développement social, tenu en 1995 à Copenhague, avec en pointe la problématique d’un développement économique et social inclusif indiqué comme un ‘’défi politique de premier plan’’. Aussi, en filigrane, la question formulée au cours de cette interview revenait à savoir si la croissance économique enregistrée au Bénin, ces dernières années, et saluée par les agences de notation et celles onusiennes comme la Banque mondiale ou le Fmi, a permis de générer un agenda cohérent de réduction de la pauvreté. Ce à quoi, Patrice Talon, sans détour, a répondu : « Notre espoir est que l’action publique permette à notre pays de se développer de manière plus large, car une manière inclusive ne veut rien dire. L’eau et l’électricité impactent tout le monde. D’ailleurs dans deux ans, tous les Béninois auront accès à l’eau potable et à l’électricité dans deux ans et demi. Nous faisons l’effort de faire un développement équilibré si vous êtes informés de ce qui se passe dans le pays. C’est une manière de faire profiter tous les Béninois de nos performances collectives », soutient l’homme du Nouveau départ qui vient de renouveler son bail pour le palais de la Marina.
L’Adn du Pag ‘’Bénin révélé’’
Et en cela, il a raison, car le Programme d’action du gouvernement qu’il a inspiré et porté en cinq ans a eu pour Adn les objectifs de développement durable, et jamais comme par le passé. Il lui est par conséquent aisé de soutenir que la croissance générée par son action à la tête du gouvernement répond aux défis relatifs aux inégalités criantes, aux faillites et aux barrières institutionnelles et aux vulnérabilités personnelles… Tableau de bord frôlant l’électrocardiogramme plat dont il avait hérité. Et par conséquent, la croissance économique qui a découlé de son action ne peut être qu’inclusive, de par les réalisations qui impactent tous les Béninois, du nord au sud, de l’est à l’ouest, ne serait-ce que par le projet Asphaltage, le programme d’adduction d’eau qui a atteint des régions comme Dassa ou Savè où on disait qu’il était quasi impossible d’apporter l’eau potable… Cela recèle un mérite indéniable, d’autant plus que, comme le soutient le chef de l’Etat, chose notable du reste, « …en 60 ans d’indépendance… le Bénin n’a réussi à donner aucun signe de développement… ». Mieux encore, à sa décharge, « Moins de la moitié des Béninois avait accès à l’eau potable en 2016 » lorsqu’il accédait à la fonction présidentielle : « …Le Bénin ne connait d’électricité que par épisodes et encore quelle qualité d’électricité... », apprécie-t-il, avant d’ajouter que des routes et des pistes « Le peu réalisé en 60 ans est mal fait... C’est une catastrophe. La santé, c’est pareil... », relève-t-il.
Au-delà des normes et concepts
Dans un tel contexte, et c’est en cela que la norme de ‘’développement inclusif’’ pèche, on ne saurait juger pertinemment de l’inclusion sociale dans un pays comme le Bénin en fonction de sa seule croissance économique. Et à Patrice Talon de rappeler, à raison une fois encore, que « Nous avons atteint un niveau de démocratie admirable selon ceux qui nous observent, mais catastrophique selon les constats de développement qu’on peut faire au Bénin ». La nécessité de lever les verrous de la pauvreté voire de l’inégalité par de la croissance économique est certes justifiée. Mais toute proportion gardée, n’est-ce pas déjà le cas au Bénin, avec par exemple le programme de microcrédit aux plus vulnérables ? Les programmes visant la protection sociale proprement dite, dans les politiques publiques les cinq dernières années sous la férule de Patrice Talon, sont loin donc d’être résiduels. Ce qui l’autorise à retoquer les propos de son interviewer tendant à laisser croire le contraire.
Actualités 04 mai 2021


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