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Entretien avec Océane Mylène Ganiero[/caption]Ceinture noire, 3e dan de karaté-do, Océane Mylène Ganeiro, 1m56, pour 54kg est athlète de l'équipe nationale du Bénin. Championne d'Afrique en 2017, quintuple championne ouest-africaine et championne du Bénin en titre, elle vient de bénéficier d’une bourse de la Solidarité olympique en prélude aux Jeux olympiques Tokyo 2020. Dans cet entretien, l’élève de Georges Eric Agbégninou parle de son parcours et de ses ambitions.
La Nation : Vous avez gagné la bourse olympique, quels sont vos sentiments ?
Océanne M. Ganiero : Je suis vraiment contente. C’est le rêve de tout athlète de participer aux Jeux olympiques, c'est l'occasion pour moi de réaliser un de mes plus grands rêves.
Quel est ce rêve ?
Je pense aller loin. Je veux être la première Béninoise à remporter une médaille d'or olympique à Tokyo pour le Bénin et pour l'Afrique en karaté. Cette bourse est une opportunité pour moi de travailler et d’aller décrocher cette médaille olympique. Cela paraît super ambitieuse mais j'y crois fermement et c’est ce que le public sportif, les autorités à divers niveaux et surtout mes fans attendent de moi.
Parlez-nous de votre parcours?
J'ai débuté le karaté à l’âge de 4 ans. J’ai commencé mes premières compétitions nationales à l’âge de 8 ans. En réalité, mon maître, Georges Eric Agbégninou m’a donné le goût au challenge très tôt en m’amenant voir les autres combattre. J’ai participé à ma première compétition internationale à 14 ans. C’était la coupe du roi Mohamed VI à Rabat au Maroc. Et depuis lors, j’y suis resté jusqu'à aujourd'hui.
Quel sont vos meilleurs souvenirs ?
C’était lors du championnat d'Afrique 2017 Yaoundé où à cause de mes performances et de ma petite personne, l'hymne national du Bénin a retenti et toute l'Afrique s’est levée pour le drapeau du Bénin. Il faut ajouter, ma nomination en tant que meilleur espoir féminin africain à Abidjan en 2011, et mes titres sous-régionaux. Mon titre de vice-championne d’Afrique en 2014 m’est resté aussi inoubliable.
Comment avez-vous atteint le haut niveau ?
D’abord, mon environnement de travail. J’avoue que je suis bien entourée. Ensuite, le travail, la motivation, la prière et surtout la détermination y sont pour beaucoup dans mon évolution.
Quelle est votre plus grande motivation et votre plus grand soutien ?
Ma motivation reste cette force interne qui me pousse de l’avant. Je veux être la meilleure. Cette voix qui me demande de prouver que je suis capable du meilleur. Mon plus grand soutien est mon géniteur, Fortuné Ganiéro. Ensuite ma famille, mon maître Georges Eric Agbégninou et le sensei Rock Quenum.
En dehors du karaté, Océane a-t-elle d'autres passions ?
Bien sûr. J’aime la musique, la danse et les voyages.
Comment conciliez-vous étude et sport ?
Je pense que c’est une organisation personnelle. Il faut se donner une certaine règle et surtout s’auto-discipliner. Je suis étudiante en fin de formation en Master 2 de Gestion des projets, mais je continue avec le karaté.
Comment êtes-vous perçue dans votre environnement ?
Rires. Comme une personne normale. Parfois j'inspire certains, et d'autres ont envie de faire comme moi, d'être aussi des championes. Pleins de gens m’apprécient et cela me fait juste plaisir que je sois perçue comme un exemple.
Quels conseils avez-vous pour les jeunes filles qui veulent faire comme vous ?
Je voudrais leur dire qu’elles ont tout à gagner en se lançant dans une discipline sportive. Seul le travail paie. Après tout le sport n'est qu'un jeu, il faut que les jeunes filles travaillent à l’instar des hommes pour côtoyer le sommet?
Sports 02 mars 2018
Maladies tropicales négligées[/caption]Commencée depuis le mardi 26 février dernier, la première étape de la cinquième revue du projet de lutte contre les maladies tropicales négligées (Mtn) a pris fin à Parakou. Mais les travaux vont se poursuivre à Lokossa et à Kétou, jusqu’au 6 mars prochain. Par rapport aux couvertures thérapeutiques et géographiques, il ressort une nette amélioration, malgré quelques disparités constatées au niveau des zones sanitaires.
Après les acteurs du septentrion, c’est au tour de ceux des autres départements de procéder à la cinquième revue du projet de lutte contre les Mtn. L’objectif général de cette revue est d’améliorer la mise en œuvre des activités du Programme national de lutte contre les maladies transmissibles (Pnlmt), pour une meilleure performance.
Ce fut l’occasion pour procéder à la présentation des résultats de l’évaluation de la transmission de la filariose lymphatique, de l’étude d’impact des traitements sur la prévalence des géo-
helminthes en milieu scolaire et des résultats de la surveillance épidémiologique et entomologique dans le cadre de la lutte contre l’onchocercose. La mise en œuvre des activités de lutte contre les Mtn menées dans les zones sanitaires au cours de l’année 2017 a également été soumise à l’appréciation des participants. Ces derniers ont également mis à jour les données des différents traitements de masse réalisés en 2017, identifié les difficultés et proposé des approches de solutions. Le contenu du plan de travail annuel au titre de 2018 leur a aussi été fourni.
Au total, grâce à l’appui du Rti, 1 230 055 personnes provenant de 37 communes ont été traités contre les géo-helminthiases ; 1 094 757 de 32 communes, contre les schistosomiases ; 1 083 924 personnes de huit communes contre le trachome ; 4 353 157 de 51 communes contre l’onchocercose, et 1 980 880 personnes de 25 communes contre la filariose lymphatique.
Ces résultats ont été obtenus non sans quelques difficultés en rapport avec le retard dans l’expédition et la réception des kits, ainsi que l’insuffisance de formation au niveau des infirmiers.
L’espoir permis
La bonne nouvelle, c’est que l’élimination de la filariose lymphatique est en bonne voie au Bénin. Ainsi, le Pnlmt peut désormais concentrer ses efforts sur les unités d’identification qui sont encore sous traitement.
Il y a également eu une réduction de la prévalence des géo-helminthes dans 13 communes cartographiées en 2014. En ce qui concerne les schistosomes et les géo-helminthes en milieu scolaire, l’évaluation a été effective dans les 24 communes ciblées parmi lesquelles, 22, soit 92 %, ont pu atteindre la couverture cible de 75 %. Les faibles taux de couverture ont été enregistrés à Kandi et à Ségbana. Les couvertures de l’expérimentation en communauté implémentée à Kérou, Bassila, Djougou et Malanville se sont révélées meilleures.
S’agissant des résultats de la surveillance épidémiologique de l’onchocercose en 2017, l’évaluation s’est avérée utile en termes d’impact à Kandi, Sègbana, Kalalé et Pèrèrè, les quatre communes endémiques sous traitement depuis dix-neuf ans. Sur un échantillon de 2651 enfants inclus dans l’étude, les anticorps de l’onchocercose ont été retrouvés sur 203 échantillons. Ce qui donne une prévalence de 7,65% et indique que la lutte contre l’onchocercose au travers des diverses activités, doit continuer au sein de chaque zone endémique afin de pouvoir l’éliminer d’ici 2025. Quant à son évaluation entomologique, la collecte des simulies s’est faite sur huit sites identifiés dans les communes de Dassa, Savè et Kandi. Il en ressort que la lutte contre la maladie doit continuer malgré les résultats encourageants atteints, surtout dans les zones endémiques afin de maintenir la stabilité sanitaire au sein des populations.
Des statistiques encourageantes
En dehors de la zone sanitaire de Kandi-Gogounou-Ségbana où les objectifs de couverture thérapeutique et géographique ne sont pas atteints, les résultats auxquels les autres ont abouti, sont globalement satisfaisants. Toutefois, ces résultats cachent des disparités. Ainsi, au niveau de l’onchocercose où l’objectif souhaité est de 80 %, Bassila, Natitingou, Matéri, N’Dali, Nikki, Kalalé, Karimama et Kandi sont les communes ayant réalisé des contre-performances. Pour les schistosomoses et les géo-helminthes où l’objectif souhaité est de 75 %, seules Ségbana et Kandi ont fait une contre-performance avec respectivement 53 % et 74% de couverture thérapeutique.
Par ailleurs, la gestion des intrants utilisés au niveau des zones sanitaires lors des activités est loin d’être rassurant. Elle a conclu à des médicaments périmés, des comprimés avariés, des discordances entre le stock mentionné sur le bordereau et le stock physique, au retard ou, à la non-transmission des stocks restants et à la non-prise en compte des stocks restants des campagnes antérieures.
Rencontre du président Patrice Talon avec le Caeeb[/caption]Le président de la République, Patrice Talon, a échangé, ce jeudi 1er mars, avec le bureau national du Collectif des associations des églises évangéliques du Bénin (Caeeb) élargi à d’autres fédérations conduit par le révérend pasteur Nazaire Hounkpadodé, vice-président du Caeeb. Les échanges ont porté sur les relations qu’entend établir le chef de l’Etat avec les confessions religieuses et l’actualité sociopolitique.
« Votre rôle dans la cité et son importance nous confortent dans notre décision de vous rencontrer », a déclaré le président Patrice Talon. Le chef de l’Etat entend recevoir leur approbation, leur disponibilité afin que comme, il l’a signifié aux autres confessions religieuses, lui et ses collaborateurs puissent bénéficier de leur assistance pour accomplir les tâches qui sont les leurs.
« Vous êtes attachés au bien-être de vos fidèles ; si vous savez que je suis attaché au bien-être de nos concitoyens, nous avons donc un objectif commun; nous allons donc agir ensemble », a-t-il expliqué à ses hôtes.
En ce qui concerne la situation actuelle consécutive aux remous suscités par les réformes mises en œuvre, le président Patrice Talon estime que ses hôtes se sont rendu compte, par le biais des médias, des effets que lesdites réformes ont pu avoir, notamment des tensions qu’elles ont générées.
« Nous sommes animés de bonnes intentions ; même si nous avons manqué de pédagogie, je voudrais vous assurer que nous avons mûri ces choix et que notre seul objectif est de trouver les voies et moyens par lesquels nous allons davantage mettre nos concitoyens au travail pour obtenir d’eux, plus de solidarité et d’équité sur le partage du bien commun », développe le chef de l’Etat. Pour lui, le pays est pauvre matériellement et pourtant l’effort est partagé.
L’église, selon lui, prône l’équité, la solidarité et la justice, des vertus qui fondent les choix qu’il a faits, indique-t-il. « Toutes les fois que nos choix s’écartent de ces biens, nous sommes disposés à revoir notre copie », admet-il. Au lieu des critiques faciles et de l’intoxication, le président Talon affirme qu’il attend qu’on lui indique les erreurs qu’il a faites dans ses choix et qui empêchent l’adhésion au sacrifice.
« Nous espérons que dans les jours à venir, l’Esprit-Saint leur apportera la lumière si c’est cela qui manque. Si c’est faute de compréhension qu’ils sont rigides, on peut leur accorder la bonne foi et souhaiter que la grâce de la compréhension leur parvienne. », espère bien le chef de l’Etat.
En cela, le président Patrice Talon croit en la capacité de persuasion des membres du Caeeb, pour convaincre les fidèles sur le bien-fondé de ces choix et son option de ne pas donner satisfaction de façon systématique les revendications.
Prôner la paix !
« Les réformes que nous initions sont de nature à changer l’ordre des choses, des réformes qui vont modifier nos acquis, nos comportements ; ce qui nous paraît normal et ordinaire. Si nous ne réussissons pas à les faire définitivement adopter, nous aurions échoué ; c’est maintenant ou jamais si nous ne parvenons pas à faire aboutir ces réformes nécessaires et fondamentales pour nous », déplore-t-il.
« Nous sommes heureux et honorés d’être là », déclare Nazaire Hounkpadodé.
Il se réjouit de la mise sur pied du conseil consultatif devant rassembler les grands courants religieux.
Le Caeeb trouve le président très courageux et les réformes, pertinentes. Cependant relève-t-il, si le temps de réformes n’est pas adéquat, cela va se sentir très durement, pense Nazaire Hounkpadodé. Raison pour laquelle il suggère que certaines réformes pourraient être mieux "avalées" ou moins difficilement avalées si ces mesures étaient assorties de plus de concertations.
Louant le courage du chef de l’Etat, il a déclaré saisir sa main tendue pour apporter la persuasion et l’accompagnement nécessaires.
Par rapport à la situation sociale actuelle, le Caeeb a exhorté le gouvernement, le président de la République et les concitoyens ou travailleurs en grève à ne considérer aucune concession trop grande pour le dégel. Diriger des hommes et un pays comme le Bénin n’est pas une tâche aisée. Le Caeeb a promis de prendre langue avec les grévistes et toucher leur fibre patriotique.
Nazaire Hounkpadodé a sollicité l’indulgence du chef de l’Etat pour qu’il y ait décrispation, et que la paix revienne. Une demande que le chef de l’Etat n’écarte pas même s’il déclare être attaché à la conduite pédagogique des réformes qu’il a entreprises?
Vérification des diplômes et de la gestion des finances publiques: L’assainissement, cheval de bataille du gouvernement[/caption]La Commission nationale de vérification et d’authenticité des diplômes poursuit sa mission. Lors du point de presse de ce mercredi 28 février, le garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la Législation, a réaffirmé la détermination du gouvernement de la Rupture de poursuivre les efforts d’assainissement des effectifs de la Fonction publique et des finances publiques.
« Il est évident que la situation au niveau de la Société béninoise d’énergie électrique illustre parfaitement ce besoin d’assainissement. La situation de la contractualisation du marché en vue de la délivrance de compteurs mérite un approfondissement », relève Me Joseph Djogbénou. Le Conseil des ministres pense qu’il était indiqué de prendre des mesures conservatoires : la suspension de l’exécution du contrat de marché et la saisine de l’autorité de régulation. Il précise qu’après que l’autorité de régulation se serait prononcés, des mesures seront prises.
Sur un autre plan, la commission nationale de vérification et d’authentification des diplômes est plus qu’active, souligne Me Joseph Djogbénou. Le travail fait par la commission démontre, selon le ministre de la Justice, la situation de déliquescence dans laquelle le pays végète. Lors de ses travaux, poursuit-il, elle a relevé que 40 personnes détentrices de diplômes non authentifiés sont au service prétendu de l’Etat. Ces personnes devront subir les mesures qui s’imposent et qui devront être prises par les ministres sectoriels, explique-t-il. Il y aura la suspension des salaires et des mesures disciplinaires notamment l’intervention de la justice dans ces différents cas. Le gouvernement, déclare-t-il, fait en sorte qu’au sein de l’Administration, il y ait des cadres ayant des compétences et mérites nécessaires pour accomplir les tâches à eux dévolues. Pour lui, sans doute, les prestations requises ne sont pas obtenues des agents parce qu’ils n’ont pas les compétences qu’il faut.
Actualités 01 mars 2018
Comment immortaliser les déléguées ?[/caption]Deux jeunes femmes leaders tiennent à l’honneur des 3% des déléguées féminines ayant pris part à la Conférence nationale. Pour elles, il est urgent de reconnaître la bravoure de ces quinze dames en les immortalisant.
Mireille Agossou, femme leader : « Du haut de mes 20 ans à cette époque, je ne percevais pas la participation des femmes à la Conférence nationale sous l’aspect du genre mais plutôt sous l’aspect du courage, du mérite et de la chance, car il y avait beaucoup d’autres femmes compétentes qui n’ont pas eu la chance de participer à ces assises. Les quinze déléguées m’inspirent respect et admiration. La nouvelle génération de femmes et surtout la couche juvénile féminine n’a pas été éduquée avec les mêmes valeurs que ‘’nos amazones en 1990’’. La rigueur et la discipline ont fait place aujourd’hui au laxisme et à un manque d’intérêt pour les problèmes familiaux. L’engagement et le sens de responsabilité se sont émoussés. Il faut donc agir sur ces leviers à travers la sensibilisation et la formation des femmes et des jeunes dans les milieux ruraux communautaires. Il importe de réaliser un film documentaire qui retrace la contribution des quinze déléguées avec les morceaux choisis de leurs interventions et insérer dans le compendium des femmes leaders un lien qui retrace leurs histoires. »
Corine Azanhouè, experte en genre et élections
« De la Conférence des forces vives de la nation, je retiens le souvenir de la participation active et dans l’ombre d’une quinzaine de braves et vaillantes femmes béninoises. Quoique leur nombre soit insuffisant, ces femmes ont pu s’exprimer en prônant les libertés individuelles, les libertés d’association et d’expression et l’Etat de droit. Ces revendications trouvent leur fondement dans les articles 9 et 34 de la Constitution du 11 décembre 1990. La bravoure et la témérité de ces femmes en cette période où le concept genre était méconnu et inacceptable sont d’une rareté absolue. La nouvelle génération de femmes doit avoir pour leitmotiv la persévérance, le courage et le travail bien fait. Un effort de capitalisation des acquis de la participation des déléguées devrait faire ressortir leur degré d’activisme depuis les couloirs de la préparation de ladite conférence jusqu’à sa clôture. »
Culture 01 mars 2018
Conférence nationale des forces vives de la Nation: Ces femmes du Renouveau démocratique[/caption]Grand tournant de l’histoire sociopolitique et économique du Bénin, la Conférence nationale des forces vives de février 1990, a enregistré également la participation de quinze femmes sur quelque cinq cents délégués au total. Quoiqu’en nombre insuffisant, elles ont pesé aussi dans la balance des décisions. Parcours et souvenirs de cinq déléguées, témoins de la grande messe nationale.
Feue Grâce d’Almeida
Adamon, déléguée de l’Afjb: Grâce d'Almeida fut l'un des treize représentants légaux pour établir une nouvelle Constitution béninoise démocratique suite à la Conférence nationale en février 1990. Déjà, elle était la seule femme membre du présidium. Cette même année, elle a cofondé l'Association des femmes juristes du Bénin (Afjb) qui favorise l'accès des femmes aux services juridiques et défend les droits des enfants et des femmes. Ses efforts ont contribué à l'ouverture des femmes dans le droit et le développement au Bénin et en Afrique.
Bouriana Daguia, déléguée de l’Ofrb : Femme politique très engagée de la période révolutionnaire, Bouriana Daguia conserve toujours son sens élevé du patriotisme. Quoique relativement âgée, elle ne ménage aucun effort à aller à la rencontre des populations, contribuant ainsi à sa manière à la restauration des valeurs et à la construction de l’édifice que représente le Bénin. Elle a représenté l’Organisation des femmes révolutionnaires du Bénin (Ofrb), aux assises nationales de février 1990. Elle se remémore la qualité des quinze déléguées. «Chaque déléguée à la Conférence nationale y avait participé avec sa bonne volonté et sa bonne foi. Lorsque les décisions devraient être prises dans les couvents, chacune de ces femmes a été utile à toutes les étapes », se souvient-elle. Elle souligne qu’il a fallu une sélection rigoureuse sur toute l’étendue du territoire national pour désigner les représentantes. Vingt-huit ans après ces assises, Bouriana Daguia estime que les acquis démocratiques sont jetés aux oubliettes. « On a jeté le bébé et l’eau de bain. Il y a trop de laisser-aller dans les conduites aujourd’hui au point que l’engagement politique est conditionné par l’intérêt individuel, la recherche du gain facile » regrette-t-elle. Elle exhorte par ailleurs les femmes à l’engagement politique en vue de la sauvegarde des acquis démocratiques. « Pendant que le nombre de femmes intellectuelles s’accroît, l’engagement politique diminue. Les femmes doivent aller au-delà de leur mission première, celle de s’occuper du foyer pour s’imposer en politique», recommande-t-elle.
Gisèle Adissoda, déléguée de l’Apac : Gisèle Adissoda a représenté l’Association des professionnelles africaines de la communication (Apac) aux assises marquant le Renouveau démocratique. Devenue plus tard Conseiller technique du premier ministre de la Transition, puis du président de la République
Nicéphore Soglo, sa participation à la Conférence nationale des forces vives a contribué au changement de la perception négative que les populations avaient de la presse publique. Vingt-huit ans après ces évènements, l’ancienne directrice générale adjointe de l’Office national d’édition de presse et d’imprimerie (Onépi devenu Onip), dit avoir l’impression que le combat des délégués n’a pas prospéré. «Nous avons le sentiment que les gens ont perdu de vue les enjeux que nous avions défendus à la Conférence nationale, en dépit des risques énormes que nous avions pris pour notre vie. Aujourd’hui, c’est l’intérêt individuel qui guide toutes les actions. « Il faut plus de patriotisme dans les faits et le respect du bien public», suggère-t-elle. L’ancienne journaliste au quotidien ‘’Ehuzu’’ (‘’La Nation’’ aujourd’hui), se préoccupe notamment de la situation de la femme.
Peu de femmes sont promues parce que les hommes politiques le veulent ainsi. «La démocratie doit rimer aussi avec l’amélioration du statut de la femme », indique-t-elle. Au-delà des défis à relever pour corriger le statut de la femme, il faudra également penser à honorer tous les acteurs des assises nationales en immortalisant leurs noms dans du roc sur une place que l’on pourrait baptiser « La Place de l’indépendance», plaide la déléguée de l’Apac. Selon elle, la décoration de ces acteurs dans les différents ordres de mérite national, est insuffisante au regard de l’œuvre en faveur de la démocratie qu’ils ont accomplie.
Hélène Aholou Kêkê, ancien bâtonnier de l’ordre des avocats : Au nombre des quinze déléguées féminines ayant pris part à la Conférence nationale, figure Hélène Aholou Kêkê. L’avocate et politicienne y était au titre du bâtonnier de l’Ordre national des avocats du Bénin. Depuis, elle ne cesse de mettre ses compétences d’avocate au service de la nation. Elle sera élue plus tard députée à l'Assemblée nationale du Bénin au cours des cinquième (2007-2011) et sixième législatures (2011-2015). Elle a été présidente de la Commission des lois et des droits de l'homme de l'Assemblée nationale. Hélène Aholou Kêkê est connue pour son franc-parler et son sens élevé du patriotisme. Elle est au premier rang pour dénoncer les actes attentatoires à la démocratie. C’est ainsi qu’en février 2016, elle a soulevé des irrégularités électorales à la presse et aux autorités à l'approche de l'élection présidentielle de mars 2016, y compris l'enregistrement de «51 bureaux de vote de plus que ce qui était autorisé par la loi ». En mai 2016, elle a été nommée parmi les trente membres de la Commission nationale pour la réforme politique et institutionnelle par le président, Patrice Talon.
Feue Rafiatou Karimou, ancienne ministre de la Santé publique : De regrettée mémoire, Rafiatou Karimou a sans doute donné le meilleur d’elle-même à son pays avant de rejoindre la félicité éternelle le 4 janvier 2018 à l’âge de 72 ans. Elle restera dans le cœur des Béninois comme l’une des figures féminines ayant fait prendre conscience aux hommes politiques de la vraie place de la femme au Bénin. Elle a été la première femme ministre au Bénin dans un contexte politique révolutionnaire où la situation de la femme n’était guère reluisante. Seule dans un gouvernement de quinze membres, l’ancienne professeure de lycée a occupé le portefeuille de la Santé publique de 1989 à 1990, à la suite d’un remaniement ministériel effectué par feu président Mathieu Kérékou.
Elle a pris part à la Conférence nationale des forces vives de la nation au titre du ministre de la Santé. Elle n’a rien perdu de son engagement politique jusqu’à sa mort. Les Béninois, en l’occurrence les femmes, n’ont de cesse de la féliciter pour ses efforts en faveur de la création du ministère de la Famille (Affaires sociales aujourd’hui) au lendemain du Renouveau démocratique?

A l’occasion du point de presse hebdomadaire après le Conseil des ministres, le ministre de la Justice et de la Législation, Me Joseph Djogbénou, a expliqué aux hommes des médias que le président de la République procède aux consultations nécessaires en vue de pourvoir au remplacement du conseiller démissionnaire, Me Simplice Dato.
Il faut considérer que le président de la République, Patrice Talon, ne peut pas éviter de mettre en œuvre la Constitution ou la loi organique sur la Cour constitutionnelle ; il entend user de ses prérogatives, a laissé entendre le ministre Me Joseph Djogbénou. La question, déclare-t-il, est de savoir s’il y a des personnes qui sont disponibles pour siéger à la Cour constitutionnelle, dans les conditions ou circonstances actuelles. « Je pense que le président de la République ne cesse de consulter; je considère que lorsque les consultations vont aboutir, il procèdera à ce que de droit, à ce que la Constitution demande, à ce que la loi organique sur la Cour constitutionnelle prescrit », avance-t-il.
Il faut rappeler que la démission du conseiller à la Cour constitutionnelle est intervenue le 26 janvier 2018. Mais jusqu’au 26 février dernier, rien n’a été fait pour procéder au remplacement du conseiller Simplice Dato qui a démissionné de ses fonctions à la Cour constitutionnelle. Alors que la Constitution prévoit qu’il faut pourvoir à son remplacement dans le mois où la vacance est intervenue.
Affaire Cissé: Sylvain Akindès révèle les combines du ‘’marabout’’ du président[/caption]Le dimanche 11 février dernier, le Bénin apprend avec émoi la disparition de Mohamed Amadou Cissé. Celui qui a été ministre occulte du président Mathieu Kérékou et impliqué dans plusieurs dossiers de malversations et de détournement de deniers publics a laissé à son pays d’accueil un lourd passif sur lequel revient l’ancien ministre Adékpédjou Sylvain Akindès.
Presque dans l’anonymat Mohamed Amadou Cissé s’est éteint dans la nuit du samedi 10 au dimanche 11 février sur sa terre natale. Au Bénin, pays qui l’a adopté un moment et banni pour ses impairs par la suite, sa disparition n’est pas passée sous silence. L’émoi a été grand. Et des témoins privilégiés de l’histoire politique du pays ne se sont pas privés de revenir sur le passé de l’homme fort de la période révolutionnaire.
Si l’ancien ministre Adékpédjou Sylvain Akindès ne s’est pas prononcé publiquement sur la mort du célèbre marabout du Grand Caméléon, il s’est épanché sur le rôle non moins majeur qu’il a tenu au cours de la période révolutionnaire à travers son livre Essai d’histoire du temps présent au Bénin postcolonial : Problématique d’un engagement politique Tome II.
Pour ce dernier, Mohamed Amadou Cissé était considéré comme le ‘’charlatan’’ du président Kérékou. Et à ce titre, il bénéficiait de tous les passe-droits. « Il régna en maître sur le Bénin, au centre des promotions aux très hauts postes de l’Etat : ministres, directeurs généraux des sociétés d’Etat (notamment du secteur économique et surtout du secteur financier), etc.»
Son action la plus importante et la plus néfaste a été le pillage de la Banque commerciale du Bénin, souligne l’ancien ministre. La principale banque des petits épargnants béninois a en effet connu le détournement de leurs avoirs au profit du marabout. Quoique l’on note un clair-sombre autour des montants exacts soutirés des comptes de la banque, il est toutefois admis qu’une somme totale de 1 825 000 000 francs Cfa a été frauduleusement versée par la banque sur des comptes en France ouverts au nom de Cissé Mohamed Amadou, en une seule année, de novembre 1987 à novembre 1988.
Par ailleurs, le ministre révèle dans son ouvrage que pour avoir eu la faveur d’être nommé ministre des Finances et de l’Economie, Barnabé Bidouzo, s’est engagé le 2 mars 1986 à tout mettre en œuvre pour que les projets économiques et financiers qu’il sera amené à réaliser en République populaire du Bénin engendrent d’ici cinq ans à compter de sa date de nomination, un profit cumulé de 4 milliards de francs Cfa dont 3,5 milliards seront remis au fur et à mesure de leur production au camarade Cissé M. Amadou, en espèces ou par virements bancaires dans des comptes à désigner par le bénéficiaire.
Autant de faits qui ont conduit à son extradition le 27 juillet 1990 de la Côte d’Ivoire où il retrouvait une nouvelle vie à l’avènement du Renouveau démocratique au Bénin. Condamné à une peine d'emprisonnement de dix ans et d'interdiction de séjour pendant 20 ans au Bénin pour ses crimes, l'homme responsable de la faillite de nombreuses banques du pays, libéré le 8 juin 2001 sur ordonnance de la Cour suprême, s'est définitivement retiré de la scène. Après une longue procédure judiciaire engagée contre Moustapha Niasse,
actuel président de l’Assemblée nationale sénégalaise avec qui il était en affaires à une certaine époque. Une bataille qu’il a fini par perdre, débouté par la justice sénégalaise.
ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche[/caption]
Le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche effectue, depuis ce mercredi 28 février, une visite de terrain dans plusieurs localités du pays. Plusieurs infrastructures financées au profit des populations et particulièrement des producteurs par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) seront visitées à l’occasion.
Dans la commune d’Adjohoun dans le département de l’Ouémé, le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Gaston Dossouhoui aux côtés du directeur général de l’Agetur et des autres membres de la délégation qui l’accompagne, est allé constater l’état du magasin de stockage réalisé au profit des producteurs par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Déjà fini et provisoirement réceptionné, selon les techniciens de l’Agetur, l’ouvrage flambant-neuf se dresse majestueusement et bien estampillé du sceau du bailleur. Il a une capacité de stockage de 2000 tonnes. Pour le maire d’Adjohoun, Léon Bokovè, c’est un énorme besoin des populations et des producteurs de la Vallée de l’Ouémé qui vient ainsi d’être comblé. « Ce magasin est venu à point nommé pour servir à stocker les produits cultivés et les intrants et pour desservir les populations. Maintenant que la vallée a commencé à être aménagée, il nous faut de ces genres d’ouvrage. Nous verrons comment mettre sur pied les structures adéquates pour mieux gérer ce magasin, explique le maire à la délégation. Simon Goudou, directeur technique de l’Agetur, maître d’ouvrage délégué, précise de son côté que ce magasin est réservé exclusivement au stockage des produits agricoles et est le fruit d’un programme régional de construction de magasins de conservation des récoltes au profit des populations des huit pays membres de l’Uémoa. Pour le Bénin, indique-t-il, au total 24 magasins de différentes capacités seront construits.
Après Adjohoun, le ministre et sa suite ont mis le cap sur les périmètres aménagés de Bamè et Ayogo dans la localité d’Agonlin Houégbo. Autour du maire de Zagnanado, Symphorien Misségbétché, populations, sages, producteurs, femmes et jeunes du village ont tenu à témoigner toute leur gratitude pour ce projet d’envergure qui, disent-elles, « vient mettre un terme à la misère ». Au total, 54 hectares ont été aménagés au profit des populations autochtones. « Le projet n’avait pas été bien perçu mais les travaux qui ont commencé ont laissé place à beaucoup de joie », apprécie le maire. « Ce projet d’aménagement qui sera gracieusement mis à la disposition des populations fait la joie des populations qui se montrent très intéressées. Les terres s’y prêtent et nous en avons besoin », poursuit l’élu. Seulement, prévient-il, il faudra trouver une solution au problème de transhumance afin que les bœufs ne viennent mettre à sac autant d’efforts. Là encore, il s’agit d’une initiative financée par l’Uémoa et dont la portée et l’impact permettront au Bénin d’accomplir des bonds qualitatifs en matière de sécurité et d’autosuffisance alimentaires. « Désormais, vous ne subirez plus les aléas climatiques. Avec la maîtrise de l’eau, vous cultiverez selon votre vœu. Sur ces périmètres aménagés, vous aurez un rendement de six tonnes au lieu de trois. Vous pouvez ici avoir deux cultures de l’année, sans oublier les autres cultures de contre-saison et les produits maraîchers », a expliqué aux populations le ministre Gaston Dossouhoui, ovationné. Au nom des populations, sa majesté Bamèhossou, grand notable de la localité a exprimé son émotion et promis qu’il renouait de plus belle avec les travaux champêtres. Pour lui, c’est une aubaine qui allège l’effort physique et mérite qu’on y prenne une part active. A Dovi-Zounon dans la même localité, les périmètres rizicoles ont été désenclavés toujours sur financement de l’Uemoa. Près de 62 hectares de culture de riz étalés sur 255 parcelles confrontés par le passé à des difficultés d’accès sont desservis grâce à une piste de 1455 mètres linéaire, explique le directeur technique de l’Agetur. De quoi faire la joie du chef village de Dovi, Bienvenu Sossi pour qui, « l’arrivée de ce projet a changé l’aspect de notre village et a permis de souder davantage les liens entre les populations notamment les groupements de producteurs de riz ». La localité de Laïnta-Cogbé a été la dernière parcourue par le ministre et sa suite pour constater l’état d’avancement des travaux d’aménagement d’une infrastructure de maîtrise d’eau. La délégation poursuit sa visite ce jour dans les localités de Dassa Zounmé, Glazoué, Parakou et Gogonou?
Actualités 01 mars 2018
70 % du financement de l’Ue dans l’appui budgétaire[/caption]Le nouvel ambassadeur de l’Union européenne près le Bénin, Oliver Nette, a fait une descente sur le terrain, les 20 et 21 février derniers. A l’occasion, il a pu toucher du doigt les réalisations concrètes des projets financés par son institution et souligné que 70 % du financement de l’Union européenne vont dans l’appui budgétaire.
La coopération entre le Bénin et l’Union européenne repose essentiellement sur la base d’un appui budgétaire. Le nouvel ambassadeur de l’institution près le Bénin, Oliver Nette, l’a souligné, la semaine écoulée, lors de sa visite sur le terrain dans les communes d’Abomey-Calavi, de Dassa-Zoumè et de Toffo. « Nous signons un contrat avec le gouvernement central du Bénin sur un certain nombre de projets précis. Une fois le contrat rempli, l’Union européenne verse directement les sommes au budget du Bénin », a rappelé Oliver Nette.
En général, à la date d’aujourd’hui, l’Union européenne a accordé au Bénin près de 250 milliards de francs Cfa pour une durée de sept ans. Mais plus de 60 % de cette somme sont sous forme d’appui budgétaire. Le reste est sous forme de mesures d’accompagnement de ces appuis dans différents secteurs.
A l’occasion d’une séance de travail entre la ville d’Albi en France et la mairie d’Abomey, il a saisi l’occasion pour déclarer que le gouvernement est libre d’utiliser ces ressources financières dans ses projets prioritaires. Ce qui requiert de la part des autorités locales à savoir les maires de tout mettre en œuvre avec des projets convaincants pour avoir leur part des autorités centrales. L’argent qui est versé au budget du Bénin mais pas forcément à travers des projets spécifiques.
L’Union européenne, toutefois selon l’ambassadeur Oliver Nette, est aussi impliquée dans des projets spécifiques, notamment dans l’énergie et la formation.
La décentralisation comme point essentiel
Le nouvel ambassadeur de l’Union européenne souligne que la décentralisation est l’un des axes clés de la coopération au niveau national avec le Bénin. A ce sujet, un des appuis budgétaires dont le montant avoisine 45 millions d’euros de l’Ue, selon Oliver Nette, est lié à la décentralisation. Et des indicateurs pour l’institution, en vue de mesurer cet appui au niveau de l’Etat central est le Fonds d’appui au développement des communes appelé Fadec affecté et Fadec non affecté.
Pour l’ambassadeur, l’un des objectifs de l’Union européenne est de voir augmenter le Fadec non affecté par l’Etat central et de voir le lien avec la performance des communes et de leurs besoins en formation ; autrement dit, de les soutenir de cette manière là. « Au fait, nous avons un dialogue technique mais aussi politique avec le gouvernement du Bénin », a indiqué Oliver Nette qui a manifesté la volonté de son institution de continuer la coopération avec le Bénin dans la décentralisation. Et justement dans ce domaine, l’Union européenne, selon son ambassadeur, est en train de réfléchir à comment faire pour réorienter cet appui. Cette décision ne dépend pas de l’Union européenne, mais du Bénin à travers le ministre de l’Economie et des Finances qui est l’ordonnateur du Fonds européen pour le développement (Fed).