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Problématique de l'inexistence d'une musique porteuse de l'identité culturelle nationale: Le Tchink System, bouée de sauvetage
Contrairement à d'autres pays de la sous-région où les dirigeants, au lendemain des indépendances, ont très tôt perçu la musique comme un outil d'affirmation de l'identité nationale, au Dahomey (devenu Bénin), les gouvernants n'ont pas mené une politique qui permettrait de déboucher sur l'émergence d'une musique pouvant apparaître comme le reflet idéal des rêves et des douleurs des Béninois. Des années 60 à 70, le pays était fortement influencé par le high-life ghanéen, la rumba congolaise, et la musique afro-cubaine. Tout naturellement, les répertoires et les productions des orchestres de l'époque en étaient fortement influencés. Dans les années 70 et 80, Cotonou était devenue "la plaque tournante de la musique africaine." Les orchestres béninois accompagnaient les vedettes étrangères pour leurs concerts à Cotonou. Les jeunes groupes de musique de l'époque tels que les Jheksfav, les Kasseurs, les Sphinxs, les Super Kwass, rivalisaient eux aussi dans l'interprétation des chansons étrangères en vogue pour satisfaire l'envie des jeunes mélomanes. Il y avait très peu d'effort de créativité soutenu. Résultat, 60 ans après les indépendances, le Bénin est demeuré un paisible consommateur des musiques d'ailleurs. Il y a lieu d'agir. Le high-life est apparu dans les années 1900 au Ghana. Au lendemain de l'indépendance de ce pays, le président panafricaniste déclare le high-life comme musique officielle de la nouvelle Nation, l'épine dorsale des musiques ghanéennes, tout comme à Cuba où Fidel Castro a valorisé la salsa. E.T Mensah fait de longues tournées en Afrique de l'Ouest, instituant ainsi le high-life comme "son africain le plus stylé". La Rumba congolaise est apparue dans les années 1930. Mais elle a connu son éclat à partir de 1960 après les indépendances avec la chanson "Indépendance Cha-Cha" de l'orchestre African Jazz. "Indépendance Cha-Cha fut l'hymne de l’indépendance qui sera ensuite repris par de nombreux pays africains. Le président Mobutu Sésé Seko s'est par la suite investi dans un lobbying diplomatique pour promouvoir la rumba et asseoir l'hégémonie de cette musique un peu partout en Afrique. Franco et son orchestre l'Ok Jazz, Rochereau, Pépé Kalé et Papa Wemba, Koffi Olomidé et bien d'autres noms porteront la Rumba bien loin. Ce n'est donc pas un hasard si le high-life et la Rumba ont conquis la plupart des pays africains au sud du Sahara. Au commencement, il y avait une histoire et une volonté politique forte de faire de la musique un outil culturel d'affirmation de l'identité nationale. Avec le temps, le besoin de se construire leur propre identité musicale a amené les pays à s'affranchir progressivement de la trop forte influence de ces deux genres musicaux. Ainsi, au Nigeria, Fela Kuti, grâce au batteur Tony Allen, a introduit la charleston dans le high-life pour en sortir l'afrobeat. "Tony Allen aura un rôle déterminant dans cette pulsation unique, mélange de high-life ghanéen, de rythmes yoruba, de funk américain et de jazz" révèle Patrick Labesse dans Le Monde du 1er mai 2020. Cette musique a évolué à travers les générations pour devenir une sonorité planétaire avec les célébrités de la nouvelle génération tels 2 Baba, Flavour, P Square, Davido. Au Cameroun, le makossa s'est popularisé en 1950 avec Nelli Eyoum. Ce rythme s'est révélé au reste du monde avec la chanson "Amio" de Ebanda Manfred interprétée par Bebey Manga. En 1972, Manu Dibango lui donne une dimension planétaire avec son tube "Soul makossa". Le Mbalax a été créé dans les années 50 au Sénégal par des maîtres de tambours comme Mada Seck et Doudou Diongue. Le rythme a été modernisé par le groupe Xalam 2 fondé en 1962. Mais le Mbalax a émergé surtout grâce à la politique culturelle du président Léopold Sédar Senghor des années 1960-1980. La notoriété de Youssouf Ndour va faire connaître le mbalax dans le monde entier. Quant au Zouglou ivoirien, il est le fruit d'un long processus qui a commencé dès les indépendances. Il se dansait sur des rythmes Zouk ou Makossa. Au milieu des années 80, Christian Gogoua alias "Joe Christy" invente des pas de danse inhabituels. Plus tard Serge Bruno Pregnet alias "Opokou N'Ti" améliore cette danse et la nomme Zouglou. Les artistes musiciens ivoiriens ont façonné ce rythme pour lui donner une identité. Aujourd'hui, le Zouglou "défend l'honneur et la dignité de la musique ivoirienne." Existe-t-il un langage musical qui identifie le Bénin et le caractérise ? Existe-t-il au Bénin une musique ayant le pouvoir de toucher le cœur des Béninois dans leur ensemble, de leur parler ? Où est-elle cette musique béninoise en capacité de revendiquer une place ne serait-ce qu'en Afrique de l’ouest ? Qu'on nous montre cette musique porteuse de l'identité culturelle béninoise, qui se pose comme emblème et est perçue comme étiquette marquant le Bénin. Qu'on nous montre ce rythme musical du Bénin qui a passé des générations, qui peut se raconter, cette musique béninoise qui a évolué en puisant son inspiration dans une combinaison de musiques traditionnelles à l'instar du high-life qui a sécrété l'Azonto ou l'afrobeat nigérian qui se perpétue et actuellement remis au goût du jour par Flavour, P Square, 2 Baba, Davido et autres célébrités nigérianes de la nouvelle génération. Aucune musique porteuse de l'identité nationale Dans les années 60-70, le Tout-puissant Poly-Rythmo de Cotonou mélange l'afrobeat nigérian, la rumba, le high-life et les rythmes vodouns. Comme on pouvait s'y attendre, aucune musique n'a pu émerger de ces expériences comme porte-flambeau du Bénin musical. Le Poly-Rythmo était en effet un orchestre de variétés, un groupe polyrythmique donc, un ensemble qui touchait à plusieurs styles musicaux à la fois. Vers la fin des années 1970, Roger Stanislas Tohon alias Stan Tohon, natif d'Abomey (sud du Bénin), après un séjour d'une année à Savalou (centre du Bénin, berceau du rythme traditionnel Tchingounme) trace une voie en créant le Tchink System (ou Tchink tout court). Le Tchink s'est révélé avec la chanson "Yallow" qui évoquait la situation socioéconomique du pays. Ce titre a été repris par le célèbre musicien camerounais Sam Fan Thomas. Le Gangbé Brass Band, un groupe de fanfare créé en 1994 s'investit également dans une démarche de promotion des valeurs culturelles béninoises. Le groupe réussit à trouver une symbiose entre les percussions vodouns et des instruments modernes. C'est une fanfare unique avec des sonorités Jazz et Funk. Cet ensemble est sans doute le groupe de musique béninois le plus populaire au monde actuellement. Le répertoire reste cependant fortement inspiré de l'afrobeat. Le style musical séduit énormément le public européen, français notamment. Mais en créant le Tchink, Stan Tohon a voulu affirmer la souveraineté musicale du Bénin. Le "Roi du Tchink" rêvait assurément d'un Tchink porteur de l'identité nationale. Stan Tohon voulait donner une réponse aux musiques étrangères qui envahissaient (et qui continuent d'envahir) le Bénin. Mais les générations d'après n'ont pas pris le relais. Actuellement, ce que les jeunes musiciens béninois proposent dans leur ensemble souffre cruellement d'un manque de créativité. La plupart font l'option de la facilité avec de grotesques imitations ou du plagiat tout court, du déjà entendu ou du déjà-vu. Globalement, le tableau n'est pas prometteur et aucune carrière ne peut se construire sur de l'imitation ou du plagiat, parce qu'on n’est pas l'autre. Quand on ne sait pas où l'on va on doit savoir d'où l'on vient. Le Bénin musical doit retourner à ses origines pour être en capacité de revendiquer une place dans l'arène des musiques porte-étendards. Le pays doit s'investir dans la construction d'un rythme musical qui porte véritablement son identité. Dans cette perspective, le Tchink doit être mis sur orbite. L'ethnocentrisme, le mal béninois On entend déjà fuser de part et d’autre " Et les rythmes du nord ?" "Et les rythmes du sud ?" "Où mettez-vous ceux du nord-est ?" "Le nord-ouest aussi a des rythmes non ? "Pourquoi pas les rythmes du sud-est?" "Et ceux du sud-ouest ?" L'Afrique noire se caractérise par sa complexité ethnique, et les raisons en sont rattachées à l'histoire coloniale du continent. Cette complexité ethnique n'a pourtant pas empêché l'émergence d'un rythme musical national ailleurs. La Rumba congolaise tire ses origines du royaume du Kongo. Les deux rives (Congo Kinshasa et Congo Brazzaville) totalisent plus de 300 ethnies. Le Makossa est originaire du peuple Sawa, un petit peuple du Cameroun habitant les régions du littoral. Le Cameroun compte 250 ethnies. Le high-life tire sa source du peuple Akan vivant au sud du Ghana. Ce pays totalise 110 ethnies. Le Zouglou a vu le jour chez les Bétés, une ethnie du centre-ouest de la Côte d'Ivoire. La Côte d'Ivoire regroupe 60 ethnies. Le Mbalax est originaire de l'ethnie des Sérères, un peuple présent au centre-ouest du Sénégal. Ce pays compte 42 ethnies. L'Afrobeat est créé à Lagos par le Yorouba Fela Kuti. 250 ethnies composent le Nigeria. Le Bénin regroupe 46 ethnies, mais paradoxalement, presque autant de rythmes ethniques qui revendiquent la place de porte-étendard du Bénin musical. Incroyable ! Entre les rythmes du sud Bénin tels que l’Eyo, l’Adjahou, le Zinli, le Houngan, le Sato, ceux du sud-est, le Massè gohoun, le kaka, le Kouloumbo pour ne citer que ceux-là, les rythmes du sud-ouest tels l’Agbadja, l’Avivi, l'Agboka, entre le Tchingoumè, le Toba, le Goumbé du centre Bénin, le Têkê, le Kunya, le Sinsinnou du nord-est, le Tinpinti, le Dikamberi ou le War du nord-ouest, quel est le rythme sur lequel un travail de recherche et de modernisation a été déjà fait et reconnu aussi bien au plan local qu'à l'international en tant que tel? Quel rythme a déjà gagné des points en notoriété aussi bien au plan local qu'à l'international ? Dans le Dictionnaire de la Francophonie, le Tchink system et le Gogbahoun constituent les deux référents du Bénin musical. Stan Tohon et Angélique Kidjo sont les deux artistes musiciens béninois cités. La Francophonie, c'est une population de 300 millions de personnes... Le sentiment ethnique est un sentiment légitime. Vouloir faire valoir son appartenance à une communauté sociolinguistique spécifique n'est pas condamnable. Mais lorsque l'ethnocentrisme devient pernicieux et menace l'unité nationale, la cohésion sociale et constitue un obstacle à l'affirmation de l'identité culturelle, il y a lieu d'agir. Guy Landry Hazounmè aborde la question de l'ethnocentrisme dès la fin des années 1960 et début 1970 dans son livre "Idéologies tribalistes et nations en Afrique : le cas du Dahomey ". L'auteur souligne que le pays était de façon cyclique confronté à des troubles et agitations sociopolitiques débouchant toujours sur des coups d'État militaires. Dans son article paru dans le quotidien La Nouvelle Tribune du lundi 20 juillet 2013, Simon Poty se fait l’écho de Hazounmè et rapporte que "la cause de cette situation doit être cherchée dans la manière insidieuse dont les acteurs de la vie politique font appel à des sentiments d'appartenance tribale pour se positionner auprès des électeurs". "Beaucoup d'individus aux intérêts diffus font du champ politique un terrain de manœuvres dangereuses pour l'unité nationale", poursuit Simon Ponty en citant Hazounmè. Jouer sur la fibre de l’ethnocentrisme chauvin pour se garantir une survie politique, voilà le mode opératoire des politiciens béninois. Très tôt au lendemain des indépendances ou juste un peu plus tard, les dirigeants des autres pays ont compris que la promotion du patrimoine culturel constitue le fondement de l'affirmation des identités culturelles qui conditionne tout développement. La construction d'une musique identitaire faisait partie de leurs priorités. Les gouvernants dahoméens de l'époque s'occupaient eux à faire de la politique à la dahoméenne, en opposant leurs concitoyens les uns contre les autres, en jouant sur la fibre de l'ethnocentrisme. Donner une âme à la musique béninoise Si des pays qui comptent 300 ethnies ont pu faire émerger un rythme musical, il n'y a pas de raison que le Bénin qui n'est composé que de 46 ethnies n'en soit pas capable. Fraternité-Justice-Travail, telle est la devise du Bénin. Face aux enjeux de l'affirmation de l'identité nationale, le ralliement contre tout ce qui constitue un obstacle à la fraternité devient un impératif. Le Bénin doit se donner les moyens de promouvoir son Tchink. Bien évidemment, il ne sera pas question de décréter le Tchink comme musique porte-étendard du Bénin. Les acteurs de la filière musicale du Bénin peuvent s'inspirer de l'exemple des Camerounais (Makossa) ou celui des Ivoiriens (Zouglou). Les acteurs de la musique au Bénin, de la création artistique jusqu'à la commercialisation doivent s'organiser pour porter le Tchink à l'affection de tous les Béninois, des peuples et du monde. Les opérateurs économiques seront associés à cette initiative dans un partenariat gagnant-gagnant. Parallèlement, l'État béninois encouragera les jeunes artistes musiciens à travailler sur le Tchink en organisant périodiquement des festivals et concours musicaux dotés de prix, en prenant à charge l'édition des œuvres primées et en facilitant la participation des artistes aux manifestations artistiques et culturelles internationales, tel que le prévoit l'article 32 de la loi 91-006 du 25 février 1991 portant Charte culturelle en République du Bénin. De nouvelles sonorités devront être incorporées au Tchink pour le rendre encore plus exportable, mais ceci devra se faire dans le respect des formes originelles et authentiques du Tchingounme de Savalou. Préserver ce qui constitue son âme. Par ailleurs, l'État béninois devra mener un lobbying diplomatique de réseautage international pour promouvoir le rythme et la danse en Afrique et dans le monde. "Stan Tohon a eu la révélation de revenir aux racines avec ces percussions traditionnelles du centre du Bénin ", déclare Julien Lebrun, fondateur de Hot Casa. L'artiste a légué un patrimoine au Bénin. Les Béninois doivent en prendre conscience et l'entretenir. En l'absence d'une musique béninoise qui porte les couleurs nationales, dans un Bénin où se ressent de plus en plus un besoin d'affirmation de l'identité nationale à travers une musique, un Bénin musical qui se noie chaque jour un peu plus dans l'océan d’influence musicale étrangère, le Tchink constitue la bouée de sauvetage. Ce style musical original constitue une grosse opportunité pour les jeunes musiciens. Ceux parmi eux qui veulent sortir du lot pour se construire une vraie carrière, ceux qui veulent se donner plus de chance d'intéresser les grosses boîtes de production devraient investir le Tchink. Le comprendront-ils ?. Par Hector HOUEGBAN (Coll. ext) Sociologue communicateur, acteur du développement culturel et sportif Actualités 14 janv. 2021


Protection de l’environnement: Grand-Popo fait son bilan
La commune de Grand-Popo se positionne comme celle qui regorge de plus de ressources naturelles qu’il est nécessaire de protéger pour l’équilibre de l’écosystème. Pour ce faire, plusieurs actions sont menées de concert avec diverses organisations de la société civile opérant dans le delta du Mono, pour préserver les différentes ressources naturelles de la commune. Dans une récente présentation du maire de la commune de Grand-Popo, Henrico Jocelyn Ayicoué Ahyi, l’on en sait davantage sur les ressources naturelles dont la préservation est nécessaire pour l’équilibre de l’écosystème. Dénommée ‘’Bilan des activités de protection de l’environnement et de promotion de l’écotourisme dans la commune de Grand-Popo de 2015 à 2020’’, cette présentation du maire situe sur les actions ainsi que les activités menées dans le cadre de la préservation de l’environnement. Selon le maire, la commune de Grand-Popo regorge d’importantes ressources naturelles renouvelables dont la gestion rationnelle est une nécessité pour son équilibre écologique. Elle offre à la vue une réelle esthétique environnementale sauvage et naturelle et dispose d’un cadre naturel caractérisé par un important plan d’eau, une lagune, de vastes plaines et zones marécageuses, une importante et splendide façade littorale. « La problématique de gestion de l’environnement et des ressources naturelles est d’importance majeure pour le développement durable du territoire de Grand-Popo et la survie des populations dans un contexte où les changements climatiques et le tourisme non responsable constituent aujourd’hui une menace majeure pour l'environnement et le développement durable », fait-il constater. Le document présenté, le 30 décembre 2020, indique que de 2015 à 2020, plusieurs activités sont menées pour protéger l’environnement dans la commune de Grand-Popo. Entre autres, la création de l’Aire communautaire de conservation de la biodiversité (Accb) Bouche du Roy, la gestion de l’embouchure la Bouche du Roy, la protection des tortues marines, la mise en place du conseil de gestion des ressources naturelles du chenal Gbaga. L’inventaire des sites touristiques de la commune et l’analyse de leurs pathologies, l’élaboration du plan stratégique du secteur du tourisme et autres projets intégrant l’environnement figurent aussi parmi les actions menées. Des projets intégrant l’environnement En plus de ces actions de préservation, le document met l’accent sur des projets de protection côtière conjointe du segment frontalier Togo-Bénin en cours de réalisation. Les projets de nettoyage du littoral, de protection du coude du fleuve Mono à Gbècon, de reboisement de 100 ha à Kpèko et de 25 ha à Hèyi Gbadji, de construction du bureau d’accueil de la réserve de la biosphère transfrontalière ainsi que le projet de construction des sièges des Accb Bouche du Roy et chenal Gbaga sont envisagés par la commune. La mairie projette aussi de reboiser 45 ha de fruitiers, de palmiers à huile et de cocotiers. Le maire annonce, au détour de sa communication, le projet de construction d’un musée environnemental et le projet de création d’un circuit touristique intercommunal dans le Mono. Ce qui est regrettable, ce sont les cas de vol des panneaux solaires installés, les actes de vandalisme tels que des dommages causés aux plants et les feux de végétation observés au niveau des plantations de mangrove récentes, surtout entre Kpèko et Sohon. D’autres difficultés comme le manque de moyens pour les patrouilles, le braconnage, la défécation sur les plages, le non-abonnement des ménages aux structures de pré-collecte, l’incivisme des pêcheurs qui salissent les plages…sont déplorées par l’autorité communale. La mairie prévoit d’impliquer les agents assermentés dans la surveillance et l’application réelle des lois relatives à la conservation des ressources de l’Accb. Elle veut poursuivre l’amélioration des conditions de vie des résidents de l’Accb par l’appui d’activités économiques alternatives et le soutien de l’éducation. Comme perspectives, Henrico Jocelyn Ayicoué Ahyi, maire de Grand-Popo compte développer des initiatives durables de gestion des ordures dans l’Accb et une charte de gestion des écosystèmes de mangrove restaurés. Environnement 14 janv. 2021


Carnet noir: Le colonel Koffi Benoît Sinzogan n’est plus
Il était l’un des acteurs clés de l’armée dahoméenne qui se mettait en place dans les années 60. Le colonel de l’Armée béninoise à la retraite, Koffi Benoît Sinzogan est décédé, lundi 11 janvier dernier aux environs de 13 h à Bohicon, précise une source familiale. Il était âgé de 94 ans. Le colonel Koffi Benoît Sinzogan n’est plus de ce monde depuis lundi 11 janvier dernier. Camille Sinzogan, l’un des fils du colonel confirme le décès de son géniteur. « Notre père le colonel Koffi Benoît Sinzogan s'est éteint à Bohicon le 11 janvier aux environs de 13 heures. Il avait 94 ans. Il n’est pas mort de maladie mais de vieillesse», témoigne-t-il. Très peu connu de la jeune génération, le colonel à la retraite avait pourtant joué un rôle important dans la construction d’une armée nationale et républicaine. L’illustre disparu, né vers 1928 à Savalou, est un officier supérieur de l'armée du Dahomey, actuel Bénin. Selon sa famille, il fut le tout premier militaire dahoméen formé à l’Ecole des officiers français (Saint Maixent). Il y entra avec un Baccalauréat plus un Certificat d'aptitude pédagogique (Cap) obtenu à l'école normale William Ponty en 1954. Il en sortit lieutenant de l'armée française en 1956. Il servit à Thiès et à Kaolack au Sénégal entre 1956 et 1958. Affecté au Dahomey, il devint le tout premier officier noir du camp de Ouidah vers fin 1959. Alors que l'armée française allait le déployer sur les champs de bataille en Algérie, Hubert Maga, fraîchement élu président de la République du Dahomey, l'a remarqué et demandé à la France sa mise à la disposition du Dahomey qui s'apprêtait à accéder à la souveraineté internationale. Le colonel Benoît Koffi Sinzogan sera nommé en 1960 Aide de camp du président Hubert Maga, le tout premier Aide de camp d'un chef d'Etat au Dahomey et au Bénin. Un an plus tard, il répondit à l'appel de pied du colonel Christophe Soglo en rejoignant le camp Ghézo en pleine fondation. Ainsi promu capitaine, Koffi Benoît Sinzogan est devenu le tout premier chef de compagnie de l'armée du Dahomey. Mais, il n'a pas duré à ce poste puisqu'il sera nommé chef du bureau de l’Agence culturelle et logistique (Acl) au milieu de l'année 1962. Entre 1963 et 1964, il a servi dans le septentrion où il est nommé préfet militaire à Parakou. Après la ferme pionnière de Kétou où il fit un an, le colonel Koffi Benoît Sinzogan retourne au camp Ghézo en 1965 où il sera promu chef de bataillon et nommé président du Comité militaire de vigilance par le général Christophe Soglo, devenu président du Dahomey en 1965. En 1967, le premier bachelier de l'armée dahoméenne est devenu ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement du président Alphonse Alley. Quand Émile Derlin Zinsou est arrivé au pouvoir en 1968, le colonel Benoît Koffi Sinzogan est devenu chef d'état-major à la gendarmerie nationale. Il y passa cinq ans. En 1969, il entre davantage dans l'histoire en créant le directoire militaire qui dirigea le Dahomey en période de transition politique pendant six mois. Retourné à la caserne après avoir transmis le pouvoir aux civils en 1970 (Conseil présidentiel), le colonel Koffi Benoît Sinzogan restera à la tête de la gendarmerie jusqu'en 1973. En cette période révolutionnaire, il fut nommé par Mathieu Kérékou commissaire du gouvernement auprès de la Société nationale de forêts (Snafor) où il est admis à la retraite en 1984. Société 13 janv. 2021


A Toucountouna, Talon vante les merveilles de la bonne gouvernance
Petite commune au cœur des montagnes de l’Atacora, Toucountouna vit bien l’élan de développement que connait le Bénin depuis avril 2016. Elle n’en est qu’heureuse et en tire profit pour s’afficher, non plus comme un arrondissement de Natitingou, mais comme une commune à part entière. Les nombreuses actions de développement mises en œuvre depuis l’avènement du régime de la Rupture séduisent le maire de Toucountouna, localité au fort potentiel agricole et touristique. Blaise Békakoua Tchin-Toya en prenant la parole, dimanche 10 janvier au nom des populations de la cité des Tono, à l’occasion de la tournée de reddition de comptes du chef de l’Etat dans la localité, a exprimé combien grande est leur satisfaction face à la réalisation de nombreux projets structurants, au record inédit de la production cotonnière, le projet Arch, la réforme du programme des microcrédits, la construction des marchés communaux et régionaux… La liste n’est pas exhaustive et justifie « l’irréversible adhésion » des populations à la dynamique en cours. Le déplacement du chef de l’Etat est la preuve de « la place de choix qu'occupe Toucountouna dans son cœur et la grande considération qu'il a pour la population », soutient le maire. Le maire Blaise Békakoua Tchin-Toya se félicite du nouvel élan de développement en cours au Bénin. En attendant son tour, Toucountouna se réjouit des travaux d’asphaltage réalisés chez son voisin, Natitingou, chef-lieu du département, la construction en cours d’un marché régional de 4000 places, le bitumage de la route Natitingou-Boukoumbé-Korontière, une infrastructure dont la beauté est exceptionnelle, dira-t-il. Plus spécifiquement, Toucountouna a bénéficié de la mise en place des cantines scolaires, la dotation d'un véhicule de patrouille au profit de l’arrondissement central, la disponibilité de l’eau à Kouarfa, les aménagements hydro-agricoles, l’encadrement des classes sportives. Néanmoins, les populations de cette commune souhaitent l'aménagement de l'arrondissement central, la construction des bureaux de commissariat et la dotation en personnel et en moyens d’intervention, la réalisation du pont de Tampatou sur la Pendjari, la construction d’un stade omnisports, l’amélioration du plateau technique, la construction du centre de jeunes et d’une salle de conférence… Le président Patrice Talon n’est pas moins heureux de se retrouver avec les populations de cette partie du pays en un jour consacrant la fête des religions endogènes. L’exercice est plaisant, mais pas facile, reconnait le président. Sauf que sa descente à Toucountouna, il la juge indispensable. Pour lui, c’est un devoir d’aller aussi dans les localités où l'action commune n'a pas encore eu une visibilité palpable. « Ce qui a commencé de manière magnifique et extraordinaire ailleurs va toucher ceux qui restent. Ce qui se passe de manière visible ailleurs ne tardera pas à se manifester ici aussi», a promis le chef de l’Etat. « Lorsqu'on analyse les doléances faites en 2015-2016, on se rend compte que cinq ans après, des avancées notables s'observent dans tous ces domaines avec un rythme et une ampleur jamais notés en un quinquennat. Quand on revendique en estimant que le pays en est capable, on attend son tour et cela est un aspect important du bilan. Si partout ailleurs, la route, l'assainissement avancent, n'est-ce pas évident que ces exigences modestes et légitimes exprimées ici sont planifiées ? Toucountouna peut avoir désormais la certitude que l'assainissement et l'asphaltage vont commencer ici au titre de la phase 2 », a-t-il annoncé. Le chef de l’Etat a expliqué à l’occasion que « nous avons aussi travaillé de sorte que l'eau potable ne soit plus une doléance répétitive un peu partout au Bénin. Les investissements sont faits, au titre de ce quinquennat, pour que d'ici fin 2022, l'accès à l'eau potable soit à portée pour tous ». Il va aussi insister sur le fait que cette façon de régler le problème de l'eau a été la méthode de travail de son gouvernement dans tous les domaines à savoir programmer et planifier la satisfaction des besoins des populations. Dans ce domaine en tout cas, le bilan est extraordinaire, lâche-t-il. « Il y a cinq ans, personne ne pensait que le Bénin pouvait s'engager dans une telle dynamique. Il n'y a pas un seul domaine où les choses n'ont pas été planifiées ainsi. Il suffit de faire des choses à Natitingou pour penser que Toucountouna en est déjà dotée. Nous allons changer cette façon de voir et de faire les choses », s’est-il engagé. Actualités 12 janv. 2021


Tournée du chef de l'Etat:Tanguiéta tourne la page de ses insatisfactions
Tanguiéta est la 69e commune que parcourt le président Patrice Talon depuis le 12 novembre dernier dans la cadre de sa tournée nationale de reddition de comptes. Dans cette localité de la chaine montagneuse de l’Atacora, personne n’est indifférent à la renaissance de la nation et l’on vit bien les réformes en cours dans le pays depuis avril 2016. Dimanche 10 janvier dernier, populations et élus communaux l’ont fièrement signifié au président de la République. « On vit au Bénin depuis avril 2016, la renaissance de la nation. Les mauvaises pratiques se conjuguent au passé. La nation est au travail sans le sport favori des remous sociaux. La culture du respect des biens sociaux renait et la satisfaction d’appartenir à une nation qui se révèle au monde entier rend fier chaque Béninois ». Zakari Boukary, maire de la commune de Tanguiéta, ne manque pas de mots pour dépeindre la gouvernance qui a droit de cité au Bénin depuis bientôt cinq ans. Il en est si fier qu’il a saisi l’occasion de la descente du chef de l’Etat dans la commune pour lui témoigner toute son admiration. Le premier citoyen de Tanguiéta soutient sans réserve que les actions engagées sous le leadership du président Patrice Talon, au regard de leur portée, marqueront pendant longtemps les esprits. « L’histoire retiendra de vous ce leader soucieux du développement économique de ce pays, du bien-être de ce peuple et exigeant pour une gouvernance de qualité. Des résultats probants auxquels votre gouvernement est parvenu en constituent la parfaite illustration », indique l’élu. Il salue le Programme d’action du gouvernement (Pag) et les courageuses réformes engagées et qui « ont engendré une transformation remarquable du pays ». Au nombre de ces actions, Zakari Boukary reste admiratif de l’opérationnalisation des douze départements. Pour ce qui est de sa commune, elle n’a pas été oubliée dans la mise en œuvre du microcrédit Alafia. La construction du stade omnisports de Tanguiéta est presque achevée. Des travaux de pavage de certains axes de la ville commencés depuis 2008 ont repris. La rénovation du parc Pendjari n’est pas moins une fierté. Populations, élus, et mêmes contrées voisines en tirent un fier avantage et le maire ne manque pas de le souligner. Merveille architecturale et touristique, Tanguiéta porte comme d’autres localités, les séquelles de la mauvaise gouvernance du pays par le passé. Elle dresse une longue liste d’insatisfactions que son maire entrevoit réalisées sous peu avec le concours du chef de l’Etat. Il s’agit pour l’essentiel du bitumage de la route Tanguiéta-Batia et d’autres axes qui ne feront que renforcer la fluidité de la circulation et rendre plus attrayante cette vitrine du tourisme national. Zakari Boukary souhaite aussi le renforcement de l'énergie électrique et de la couverture en eau potable. Quatre arrondissements sur les cinq ne sont pas couverts par les Gsm. Aussi, l’hôpital Saint Jean de Dieu sollicite un appui pour son budget. La création d'un lycée technique pour former les jeunes surtout au métier du tourisme à Tanguiéta fait aussi partie des doléances soumises au chef de l’Etat. Sur le plan sécuritaire, Tanguiéta est confrontée à une insécurité grandissante ces derniers jours. Le maire salue la prompte réaction du gouvernement qui y a envoyé un détachement des forces de sécurité. Mais au-delà, il est indispensable de créer des commissariats d'arrondissement pour faire face à cette insécurité, suggère l’élu. Faire des choix Le président Patrice Talon reconnait d’entrée qu’il n’y a pas grand-chose faite à Tanguiéta. Mais à l'échelle nationale, la couverture en eau potable a beaucoup augmenté depuis 2016. Un exploit qui ne se limite pas à ce seul secteur. Il en est de même pour les routes, les stades communaux, les marchés… Ce que fait aujourd’hui le Bénin relève du jamais-vu et même si toutes les localités ne sont pas encore prises en compte, elles peuvent avoir l’assurance que ce qui fait le bonheur des populations ailleurs vient à elles car le gouvernement l’a planifié et prévu ainsi. Pour ce qui est des inquiétudes au plan sécuritaire dans la ville de Tanguiéta, le président Patrice Talon s’est voulu rassurant. Le gouvernement a largement anticipé cette question en créant la police républicaine pour mutualiser les moyens de la police et de la gendarmerie d’antan. « Nous avons doté la police républicaine de moyens roulants et chaque commissariat est doté d'un budget de fonctionnement », indique le chef de l’Etat. Autant il se déploie des actions d’envergure dans ces secteurs, autant le secteur de la santé est inscrit en bonne position dans les actions et projections du gouvernement. En dehors de la construction d’un hôpital de référence pour en finir avec les contraintes et les déboires autour des évacuations sanitaires, il est envisagé le recrutement de professionnels du secteur. 1600 agents de santé seront bientôt recrutés et déployés dans les centres de santé, a annoncé le chef de l’Etat. Et quand il révèle qu’en 2021, le budget de fonctionnement des structures sanitaires publiques et même privées partenaires va connaître une augmentation, Tanguiéta lui répond par une salve d’applaudissements. Le Bénin a de nouvelles clés qui feront son bonheur et le président Patrice Talon les partage avec la population de Tanguiéta émue qui n’a pu le laisser partir sans lui laisser un présent, témoin et symbole du soleil nouveau qui point sur le Bénin depuis les chaines montagneuses de l’Atacora. Actualités 12 janv. 2021


Revue du Pta 2020 et lancement du Pta 2021 du Mtca:Capitaliser les acquis pour une amélioration des performances
Jean-Michel Abimbola, ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts a ouvert, hier lundi 11 janvier à Cotonou, les travaux consacrés à la revue au 31 décembre 2020 de l’exécution du Plan de travail annuel dudit ministère et au lancement du Plan de travail annuel, gestion 2021. Pendant deux jours, les participants vont analyser les résultats obtenus, apprécier les niveaux de consommation des crédits et d’exécution physique des activités, relever les difficultés rencontrées afin de capitaliser les acquis pour faire mieux au cours de l’exercice qui s’annonce. L’utilisation des ressources publiques obéit à des règles dont il convient d’avoir la maitrise afin de s’assurer de leur bonne consommation en fin d’exercice. C’est pour répondre à cette exigence que le ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts a ouvert un atelier de deux jours consacré à la revue au 31 décembre de l’exécution du Plan de travail annuel 2020 dudit ministère et au lancement du Plan de travail annuel, gestion 2021. Pour Didier Capo-Chichi, directeur de la Programmation et de la Prospective du Mtca, cet atelier participe du respect de certains principes fondamentaux de la gestion axée sur les résultats qui mettent l’accent sur la nécessité de se doter d’un plan de travail annuel et mesurer périodiquement la réalisation des activités prévues ; ce qui permet de rendre compte du niveau d’atteinte des résultats en vue de tirer les enseignements susceptibles d’améliorer l’exécution budgétaire. Didier Capo-Chichi affirme qu’il parait nécessaire d’évaluer les efforts faits jusque-là, d’analyser les difficultés qui ont jalonné la mise en œuvre des différentes activités dans le contexte de la réforme budgétaire et d’en tirer les leçons. Jean-Michel Abimbola, ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, rappelle que par le vote de la loi 2020-33 du 24 décembre 2020 portant loi de finances pour la gestion 2021 en République du Bénin, la représentation nationale a adopté, entre autres, les documents budgétaires du ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts à savoir le document de programmation pluriannuel des dépenses 2021 ainsi que le Projet annuel de performance 2021. A cet effet, explique-t-il, le ministère, dans une approche participative, a élaboré le principal outil d’opérationnalisation de son budget qui est le Plan de travail annuel et ses dérivés, notamment le plan de passation des marchés publics et le plan de consommation des crédits, gestion 2021. Il précise que cet exercice constitue, pour son département, une nouvelle occasion d’échanges entre les acteurs pour faire l’état des lieux, indispensable à l’appréhension des principaux problèmes qui ont entravé le bon fonctionnement du ministère au cours de l’exercice précédent. De même, poursuit-il, comme l’exigent les principes de la bonne gouvernance, il permet de rendre compte du niveau d’avancement des projets et programmes à travers l’appréciation du niveau d’atteinte des résultats afin de donner suite à l’utilisation des ressources publiques. Objectifs atteints Jean-Michel Abimbola fait savoir que le jeudi 7 janvier 2021, le ministère de l’Economie et des Finances a officiellement lancé le budget général de l’Etat, gestion 2021 pour permettre aux ministères sectoriels d’enclencher l’exécution de leurs Pta. Il ajoute que conformément aux prescriptions relatives à la mise en œuvre de la réforme budgétaire et des instructions et modalités liées au budget de l’Etat, gestion 2021, des lettres de mission seront notifiées aux responsables de services. Au 31 décembre 2020, le taux d’exécution physique du Mtca est de 77,76 % par programme et ce taux se décompose comme suit: programme culture 71,72 %, programme tourisme 78,15 %, et programme pilotage 95,47 %, et ceci contre un taux d’exécution financière de 88,62 % base engagement et de 85,59 % base ordonnancement. Jean-Michel Abimbola souligne que hors ressources extérieures, ce taux est de 142,42 % base engagement et de 136,26 % base ordonnancement. Ces taux s’expliquent, selon lui, par l’autorisation d’engagement en dépassement de crédit d’un montant de 7,5 milliards Francs Cfa au cours de l’exercice 2020 au profit du financement des projets de l’Anpt. Malgré le contexte particulier lié à la crise sanitaire du Covid-19, note le ministre, les objectifs fixés ont été atteints. Il invite par ailleurs les participants à faire preuve de plus de détermination et de professionnalisme au cours de cet atelier afin que les conclusions de leurs travaux puissent contribuer réellement à l’amélioration des performances dans l’intérêt des populations. Actualités 12 janv. 2021


Fête des religions traditionnelles:« Le retour de Mami Wata » aux racines
Plus de 100 objets sur la divinité des eaux, Mami Wata, font l’objet d’une exposition permanente au centre culturel Villa Karo de Grand-Popo. Dénommée « Le retour de Mami Wata», c’est une collection de statuettes protéiformes provenant d’une dizaine de pays. Une exposition intitulée «Le retour de Mami Wata», une collection de statuettes représentant la déesse protéiforme, force l’admiration au centre Villa Karo à Grand-Popo. Les œuvres rassemblées par Matti-Juhani Karila, journaliste et collectionneur, proviennent d’une dizaine de pays : Bénin, Togo, Burkina-Faso, Côte d’Ivoire, Ghana, Madagascar, Sénégal, Mali, Liberia. Ces objets avaient été exposés dans deux musées à Helsinki, en Finlande, avant d’être rapatriés définitivement au Bénin où ils retrouvent leurs origines. Cet acte du collectionneur entre dans le cadre des discussions sur la restitution des objets ouest-africains des musées ethnographiques de l'Europe, indique Georgette A. Singbè, manager culturel de la Villa Karo et commissaire de l’exposition. Tout en montrant cette riche collection sur Mami Wata, l’exposition amène à se demander ce que devient la déesse protéiforme, lorsqu’elle est transformée en œuvre d'exposition, signale-t-elle. Les textes qui accompagnent l'exposition présentent deux visions différentes de la déesse et de la religion vodoun : un regard scientifique posé par le professeur Henry Drewal, historien de l'art, et une explication religieuse de Adogbagbé Djègnonsi, prêtresse de Mami Wata à Onkihoué (Grand-Popo). « Mami Wata est à la fois un esprit et un être humain tout comme nous. Mami Wata est le nom commun de tous ces esprits qui vivent dans l'eau, comme nous les êtres humains on nous appelle hommes. Il y a des Mami mâles et des Mami femelles », fait savoir cette dernière. Elle précise que tous les Mami Wata n'habitent pas les mêmes lieux: les uns habitent dans les eaux douces, et les autres dans la mer. Au nombre des variétés de Mami Wata, elle cite : Hya Mami Densu, Mami Apouké, Mami Sica, Mama Ablo, Mami Radar, Mami Rachmir, Mami Chilva. « Il y a du bonheur dans l'adoration de Mami Wata, il suffit de respecter les interdits ; dans le cas contraire, la divinité maltraite ». « Mami Wata », « Maman Eau» ou « Madame Eau » est une divinité qui est adorée dans au moins cinquante cultures et plus de 20 pays, du Sénégal en Tanzanie, selon l’historien de l'art. Il ajoute : « Les sœurs spirituelles de Mami Wata dans le monde africain-atlantique sont des divinités de l'eau, comme Yemanja/Odoya/Màe d'Agua et Oxum du Brésil, Watur Mama au Suriname, la Siren en Haiti, Mère ou Maman d'Eau dans les Antilles françaises, les Water Maid de la Jamaïque et Santa Marta la Dominadora de la République dominicaine. Ces sœurs spirituelles possèdent les mêmes qualités que Mami Wata, et partagent des représentations similaires… ». Culture 11 janv. 2021


Fête des religions traditionnelles:Les adeptes boycottent la célébration à Agoué
La ville d’Agoué qui grouillait d’habitude de monde lors de la fête, n’a connu aucune manifestation festive, ce 10 janvier. Non pas à cause de Covid-19, mais en raison d’une ‘’sainte-colère’’ des dignitaires et adeptes de cultes qui pourrit l’atmosphère depuis plus d’un mois et demi. Couvents fermés. Dignitaires et adeptes de cultes en colère. Pas de procession ni réjouissances. … L’édition 2021 de la fête du 10 janvier est passée sous silence à Agoué, malgré la présence des 26 couvents et des 41 divinités que compte cette cité de la commune de Grand-Popo. Si à cause de la pandémie de Covid-19, des autorités ont préconisé la célébration en toute sobriété, la raison principale de cette situation reste le mot d’ordre de boycott lancé par les hauts dignitaires de cultes de la localité et qui a été largement suivi par les adeptes. En effet, depuis la soirée du 23 novembre 2020, les gardiens des temples de divinités (Ata) expriment leur mécontentement en solidarité aux adeptes de la divinité Agba qui accueille les cadavres des personnes victimes de la foudre et donc du dieu-tonnerre Hèbiosso. Des individus seraient envoyés détruire le fétiche qui se situe à Follykomey en face du palais royal de sa majesté Sossa Folly-Awon Danhouénou, un roi contesté par une frange de la population depuis quelques années. Une volée de bois vert marquée par des jets de pierres et autres s’en est suivie et a fait des blessés. « C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase et qui explique notre boycott », confie Théophile Amah Téko, président de la collectivité Amah Ayi Adibounou. Pour ce 10 janvier, il a cadenassé le couvent Kpessou Sodonmey qui contient des divinités Ata-Kpessou, Avoudoupou Mama-Kolley, Togbé Gnigblin, et dont il détient les clés de son ancêtre Ayi Adoho Ata-Kpessou arrivé d’Accra-Téchié en 1816. Le temple de la « Racine mystique d’Adjigo » qui, en temps normal, est pris d'assaut par une foule de dignitaires, d’adeptes et de curieux, est resté cette fois-ci désert, tout comme les temples Adjigo Obaba Baadji, Ata Sakpata Ahouanïzan de la collectivité Woèdè, la maison royale Ahouégan où ont résidé d’anciens rois. Parer au plus pressé Le régent du trône Agouèdjigo, Mensah Kovi Vivouin, rencontré au quartier Kpota, ne cache pas son amertume face à la situation. Le patriarche nonagénaire appelle les autorités politico-administratives à parer au plus pressé, pour ramener le calme et la quiétude et surtout éviter d’autres dérapages éventuels, la tension étant encore vive et les adeptes ne décolérant toujours pas. Passé le 10 janvier, ces derniers entendent renouer avec les manifestations de mécontentement et les chants hostiles contre ceux qu’ils considèrent comme l’« ennemi » jusqu’à ce que leur cause soit entendue. Il faut noter que quelques dignitaires ont tenu néanmoins à honorer leurs divinités mais dans l’intimité familiale. C’est le cas de Hounnon Gnigblin Moatey Abbévi au quartier Sankohoué. Le quinquagénaire a procédé à une libation et invoqué les mânes des ancêtres pour que la paix revienne dans la cité et que les activités des uns et des autres prospèrent. Comme lui, Alagba Romao, dignitaire du culte Egungun de la collectivité Amouchan Lachilo Romao, a prié avec ses frères et sœurs, pour toute la nation et les autorités à divers niveaux qu’il appelle, lui aussi, à s’intéresser à la situation que vit Agouè. Culture 11 janv. 2021


Fête des religions traditionnelles:Prières pour la nation à Grand-Popo et Ouidah
Les dignitaires et adeptes des cultes endogènes ont sacrifié, ce dimanche 10 janvier, à la tradition de la célébration des religions endogènes plus connue sous le nom de la fête du vodoun. A Grand-Popo et Ouidah, ils ont invoqué les divinités ‘’Ata’’ pour la paix, la concorde et la prospérité dans la nation. La Communauté nationale du culte Vodoun du Bénin (Cncvb-Racine) a tenu à marquer d’une pierre blanche l’édition 2021 de la fête des religions traditionnelles à Grand-Popo. Les manifestations se sont déroulées sous l’égide de sa majesté Adanyroh Guèdèhounguè, président du creuset et en présence du député Dakpè Sossou représentant le président de la République, de sa majesté Togboui Fiti Adjonou Gaga venu du Ghana et bien d’autres. Les dignitaires et adeptes ont prié pour la prospérité, la concorde et la paix, surtout en cette année électorale et également pour l’éradication de la pandémie de Covid-19. Contrairement aux habitudes, les manifestations à la Place du 10 janvier n’ont pas connu une grande affluence encore moins l’ambiance surchauffée d’antan. L’accès au site a été bloqué à 500 mètres du site de commémoration par les agents de la Police républicaine et du Groupement des sapeurs-pompiers qui tenaient à faire respecter les mesures de restrictions dans le cadre de la lutte contre la propagation du nouveau coronavirus. Les adeptes, par dizaines, sont stoppés dans leur élan, non sans rechigner. Force est de constater que peu d’entre eux portaient les masques. La distanciation sociale, ils n’en ont cure. Comme à Grand-Popo, la sobriété a été de mise à Ouidah. La fête du vodoun est marquée dans la cité des Kpassè par une célébration fort simple à la Porte du Non-retour. Le grand monde n’était pas au rendez-vous comme autrefois. Les touristes, notamment les descendants de noirs qui saisissaient l’occasion pour effectuer le retour à la source, sont peu visibles. Conséquence, les tenanciers des commerces occasionnels se plaignent de mévente. C’est le cas de Raouf, un vendeur de masques et de sculptures venu du Togo, qui dit n’avoir pas cédé le moindre objet d’art de toute la journée. Divinités honorées Malgré tout, les divinités ont été honorées dans les temples. Au palais Dagbo Dèhouè Aglanmètoka au quartier Sogbadji ou chez Hounnon Gan Houndékon Tougan Zossoungbo de la divinité Thron Kpéto déka Alafia, quelques manifestations ont été organisées pour marquer les festivités. Un festival Vodoun est proposé pour faire découvrir ou redécouvrir un pan du riche patrimoine vodoun mais aussi et surtout de l’histoire de la Traite noire transatlantique. C’était l’occasion pour certains de visiter le centre historique et les maisons coloniales à architecture portugaise, anglaise et française et les quatre kilomètres de la Route des esclaves toujours non revêtue et, qui relie la ville à la Place du Non-retour au bord de l’Océan, en passant par la Place Chacha de sélection des esclaves, l’arbre de l’oubli, le village de Zoungbodji, les cases Zomaï, le cimetière, l’arbre de retour, etc. L’ancien fort de la traite des nègres devenu musée historique et qui abrite des clichés et objets ainsi que des images des rituels vodouns, rappelle le commerce triangulaire. En marge des festivités, l’association Super Anges Hwendonabua a également initié le festival « Agogo » qui est à sa douzième édition, au Théâtre de verdure au Fort français de Ouidah, sous la direction artistique du maître chorégraphe Coffi Adolphe Alladé. Culture 11 janv. 2021


Investiture du président Addo Dankwa Akufo-Addo:Aurélien Agbénonci honore le Bénin
« Je serai fidèle à la République du Ghana. Je préserverai à tout moment, et veillerai à protéger et à défendre la Constitution du Ghana ». C’est là, la quintessence du serment prononcé dans la matinée du jeudi 7 janvier 2021 dernier à Accra par Nana Addo Dankwa Akufo-Addo. Il est réélu avec 51,3 % des voix à la tête du Ghana pour quatre nouvelles années suite à la présidentielle du 7 décembre dernier. Comme Nana Akufo-Addo, le vice-président réélu, Mahamudu Bawumia a également prêté serment devant le président de la Cour suprême Anin Yeboah, sur le parvis du parlement plein d'un beau monde. Dans un parfait alliage entre tradition et modernité, cette cérémonie de prestation de serment a été réglée comme sur du papier à musique. Elle a réuni presque tout le gotha politique ghanéen dont notamment l’ancien président John Agyekuym Kufuor, mais aussi les chefs d’Etat de la sous-région et des personnalités étrangères. En effet, cette cérémonie solennelle a été rehaussée par la participation de plusieurs délégations étrangères dont une douzaine de présidents africains, au nombre desquels Macky Sall du Sénégal, George Weah du Libéria et Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire. A l’instar de la Grande Bretagne représentée par son ministre en charge de l’Afrique, du Nigeria, de la Gambie, de l'Inde ou de la France, le Bénin a été aussi représenté par le chef de sa diplomatie. Aurélien Agbénonci s’est dit fier de représenter le Bénin et le président Patrice Talon à la cérémonie de prestation de serment du président réélu, Akufo-Addo, ainsi que du vice-président réélu, Mahamudu Bawumia. Au terme de la cérémonie, Aurélien Agbénonci n’a pas manqué de se féliciter de « la qualité des relations entre les pays frères du Ghana et du Bénin, au beau fixe», selon ses mots. Aussi, a-t-il sublimé la gouvernance ayant à cœur les actions de développement et l’épanouissement des populations, qui ont conforté la dynamique démocratique, en mérite de quoi le président Akufo-Addo est à nouveau porté à la tête du Ghana. Maximiser C’est à pas de charge que le chef de la diplomatie béninoise a accompli la mission qui l’a conduit à Accra où il est venu dans la matinée du jeudi 7 janvier dernier. Une présence en terre ghanéenne qu’Aurélien Agbénonci a maximisée par des rencontres be to be avec les présidents de la Cedeao et de l’Union africaine, certes brèves mais enrichissantes, selon des indiscrétions, car ayant porté sur les questions de coopération, notamment la préparation des prochains sommets de la Cedeao et de l’Ua, la question relative à la fermeture et ouverture des frontières nigérianes, l’entrée en vigueur de la Zlecaf, etc? Paul AMOUSSOU,envoyé spécial à Accra International 11 janv. 2021


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