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Nouvelles

Délocalisation de leur lieu de commerce: Les assurances du chef de l’Etat aux femmes de Dantokpa
Alors que de nombreux marchés secondaires sont en construction dans la ville de Cotonou, les femmes du marché Dantokpa ne voient encore rien venir quant à leur lieu de commerce. Samedi 12 décembre dernier à l’occasion de la tournée de reddition de comptes du chef de l’Etat, à Cotonou, elles ont soulevé la préoccupation, mais ont été apaisées et rassurées par le chef de l’Etat. Le marché international de Dantokpa sera-t-il ou pas délocalisé ? Quand ? Pour quelle destination ? Quel sort pour ses occupants ? Quid du marché Gbogbanou? Dans la tête des commerçantes, et des usagers du marché Dantokpa, mille questions trottent quant au sort de ce lieu de commerce, dans le cadre des réformes mises en œuvre par le gouvernement relativement aux marchés. Alors qu’elles se sont massivement mobilisées, samedi 12 décembre, pour être présentes à la séance de reddition de comptes du chef de l’Etat pour l’étape de la commune de Cotonou, elles n’ont pas manqué de chercher à en savoir davantage. La présentation du directeur de la Communication évoquant certaines réalisations du gouvernement sans oublier le focus sur les marchés secondaires a davantage attiré leur attention sur le sujet. A l’étape actuelle du déploiement du Programme d’action du gouvernement, 35 marchés modernes sont en construction sur l’ensemble du territoire national dont neuf dans la ville de Cotonou. Interpellé par la responsable des femmes du marché Dantokpa sur le sujet, le président Patrice Talon s’est employé à lever l’équivoque. Dans un premier temps, le chef de l’Etat a confirmé la délocalisation dudit marché. Il sera déplacé vers l’arrondissement de Glo Djigbé dans la commune d’Abomey-Calavi pour une partie. L’autre partie se retrouvera au niveau du stade de l’Amitié, et sera essentiellement dédiée aux vendeurs de bijoux et autres. Le président de la République a rassuré les femmes que le gouvernement tient compte de tous les aspects liés à un tel projet. Des études sociologiques, environnementales, ainsi que des études d’impact environnemental… Rien n’a été omis ni laissé au hasard, et c’est ce qui justifie le temps mis par les travaux en amont, soutient-il. Autre inquiétude soulevée par les femmes, la distance. Du cœur de la ville de Cotonou pour Glo Djigbé, elles estiment la distance énorme. Explications et assurances Réaction légitime à première vue, reconnait le président mais qui tombe devant l’ambition du gouvernement et la nécessité d’assurer une sécurité maximale aux usagers du marché. Selon le chef de l’Etat, il faut un site qui réponde à de multiples exigences. Le nouveau marché doit pouvoir contenir les entrepôts, les magasins, un dispositif sécuritaire qui permette de réagir promptement et sans difficulté en cas d’incendie ou d’accident. Il faut également assurer sur le nouveau site, toutes les commodités pour que l’activité économique prospère et se déroule dans les conditions idoines. En quête du site pouvant répondre à toutes ces exigences, celui de Glo Djigbé était le meilleur et le plus indiqué, d’où son choix. S’agissant de la crainte des vendeuses liée à la fréquentation du lieu au regard de la distance, il a, là encore, tenu un langage d’apaisement. Le président Patrice Talon soutient en effet que le besoin de se ravitailler y conduira les acheteurs. Exemples à l’appui, il démontre que partout ailleurs, le déplacement d’un lieu de commerce, surtout de notoriété, a souvent laissé place à des grincements de dents et même à des mécontentements. Mais une fois réalisé, progressivement, tout le monde se convainc de la pertinence du projet. Compatissant, le chef de l’Etat dit comprendre l’état d’esprit des femmes du marché. Mais il leur dira que rien de grand ni de beau ne se fait sans sacrifice et qu’il faille pour tout un chacun, en consentir dans le cadre de la délocalisation du marché. Concernant, le cas du marché voisin de Gbogbanou, il disparaitra avec Dantokpa, a soutenu le président. Selon ses explications, d’autres projets non moins rentables sont retenus par le gouvernement pour les lieux et ils seront même plus bénéfiques pour les promoteurs que les baux consentis actuellement pour les boutiques et magasins. Ces projets concernent entre autres la mise en valeur de la berge lagunaire. Actualités 15 déc. 2020


Reflexion: Les dérives de la Cadhp
Depuis quelque temps, l’un des avocats de Monsieur Sébastien Germain Ajavon, en la personne de Me Vey fait des incursions répétées dans la vie politique de notre pays, le Bénin. Quand il n’écrit pas une lettre ouverte au Président de notre République dans laquelle il s’autorise des jugements de valeur sur l’état de notre pays et de sa démocratie avec des relents de donneur de leçons, il envahit les plateaux de télévision, France 24 notamment, pour vendre les mérites de ses propres succès devant la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples. Il ressort de sa lettre ouverte et de son interview qu’il s’est battu devant la juridiction panafricaine pour obtenir, pour le compte de son client, le droit de prendre part à l’élection présidentielle de 2021 au Bénin. Pour ce faire, il a obtenu dans un premier temps, la suspension des élections communales de 2020 et, dans un second temps, l’annulation pure et simple de la révision constitutionnelle de Novembre 2019 et de certaines autres lois. Le premier Arrêt est resté sans suite, les élections communales s’étant déroulées à bonne date et le second connaîtra à coup sûr le même sort, c’est-à-dire que le Bénin ne reviendra pas sur cette révision constitutionnelle pas plus qu’il n’annulera les autres lois querellées. Sur le principe, nous n’avons rien contre les condamnations de l’Etat béninois, pour autant qu’elles soient justifiées. Ce qui nous préoccupe davantage, c’est la légèreté avec laquelle la Cour Africaine mène certains raisonnements juridiques et nous ne pouvons nous réjouir de la condamnation de notre pays sur des fondements autres que le Droit. Nous observons, pour le regretter, le bonheur qu’éprouvent certains de nos compatriotes, à des fins inavouées, toutes les fois que notre pays est condamné par la Cour ; il n’y a, pour cela, qu’à consulter les réseaux sociaux pour s’en rendre compte. Nous n’arrivons toujours pas à nous y résoudre. Mais quand nous eûmes fini d’écouter Me Vey et de lire aussi bien sa lettre ouverte que les Arrêts de la Cour, deux questions nous vinrent à l’esprit: sont-ils de mauvaise foi(I) et sont-ils au moins préoccupés par la crédibilité de la Cour (II) ? I / Une mauvaise foi évidente Me Vey ainsi que la Cour ne sauraient ignorer un fait irréfragable qui est celui du statut de réfugié politique de leur client et surtout des conséquences attachées à ce statut. En effet, quitter son pays d’origine où l’on a construit toute sa vie (familiale, professionnelle, sociale, politique et autres) pour demander la protection d’un autre pays en y obtenant le statut de réfugié, c’est nécessairement parce que, comme le rappellent de façon constante la doctrine et l’abondante jurisprudence en la matière, l’on craint pour sa vie et que l’on y est persécuté. En effet, ni Me Vey ni la Cour africaine ne sauraient ignorer que le mot « réfugié » s’applique,« à toute personne qui, craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut, ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays, ou qui, si elle n’a pas de nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle à la suite de tels évènements, ne peut ou en raison de ladite crainte, ne veut y retourner » (voir article premier paragraphe A.2 de la Convention de Genève du 28 juillet relative au statut des réfugiés et entrée en vigueur le 22 avril 1954). Le simple bon sens voudrait alors que l’on ne puisse pas affirmer d’un côté, que l’on craint pour sa vie dans son pays, que l’on y est persécuté, qu’on le quitte pour aller chercher refuge ailleurs où l’on acquiert le statut de réfugié et, de l’autre côté, prétendre y retourner pour prendre part à une élection présidentielle; c’est une question de bon sens avant d’être une question de Droit. D’ailleurs, dans la mise en œuvre de ce statut de réfugié et conformément aux dispositions pertinentes des Annexes de ladite Convention, il est établi un titre de transport, un passeport qui contient la liste des pays, au premier rang desquels, le pays d’origine, dans lesquels le porteur est interdit de séjour; et pour cause ! Et c’est pour contourner cette interdiction de bon sens que de nombreux Africains jouissant du statut de réfugié et voulant rentrer dans leur pays d’origine en violation de leurs obligations, choisissent d’atterrir, d’abord dans un pays limitrophe avant de rentrer frauduleusement sur leur territoire national, à la faveur des circuits informels et parallèles. De même, Me Vey et les Juges de la Cour ne sauraient ignorer les dispositions de l’article 15 de la Convention de Genève du 28 juillet relative au statut des réfugiés ci-dessus évoquée, pas plus qu’ils ne sauraient ignorer les dispositions pertinentes de l’article 3 de la Convention de l’Oua, devenue Ua, régissant les aspects propres aux problèmes des réfugiés en Afrique. Le premier, l’article 15 de la Convention de Genève, est consacré aux droits d’association des réfugiés. Il prescrit aux Etats contractants d’accorder « aux réfugiés qui résident régulièrement sur leur territoire, en ce qui concerne les associations à but non politique et non lucratif et les syndicats professionnels, le traitement le plus favorable accordé aux ressortissants d’un pays étranger, dans les mêmes circonstances ». En prenant soin de parler avec précision « d’associations à but non politique », ce n’est que pour mieux exclure de ces droits, les associations à but politique. Or dans le cas d’espèce, M. Sébastien Germain Ajavon est toujours au Bénin, malgré son statut de réfugié, un président de parti, l’Union sociale libérale (Usl). Le second, l’article 3 de la Convention de l’Ua, est relatif à l’interdiction de toute activité subversive. Il prescrit, d’une part,à tout réfugié de « s’abstenir de tous agissements subversifs dirigés contre un Etat membre de l’Ua et, d’autre part, à tous les Etats signataires de s’engager à « interdire aux réfugiés établis sur leur territoire respectif d’attaquer un quelconque Etat membre de l’Union africaine par toutes activités qui soient de nature à faire naître une tension entre les Etats membres et notamment par les armes, la voie de la presse écrite et radiodiffusée ». Les procès multiples intentés à Arusha contre le Bénin et dont les arrêts sont aussi abondamment divulgués par la presse écrite et diffusés puis relayés par les réseaux sociaux peuvent être considérés, à juste titre, comme des « agissements subversifs » de « nature à faire naître une tension » au Bénin. Si le gouvernement béninois le désirait, il pourrait élever une protestation auprès de la France par le canal diplomatique, comme il est de coutume, contre une « action subversive menée sur son sol par un réfugié politique d’origine béninoise ». Et c’est bien là le piège à cons dans lequel l’Avocat de M. Sébastien Germain Ajavon et la Cour l’ont conduit ; le premier en lui recommandant le statut de réfugié pour lui éviter un séjour irrégulier en France et la seconde, ensemble avec l’Avocat, en lui donnant l’illusion qu’ils pouvaient l’installer, à coups d’arrêts, à la Marina, la Présidence de la République béninoise. Or, même si toutes les demandes de la Cour étaient appliquées par l’Etat du Bénin, M. Sébastien Germain Ajavon ne pourra jamais aller à l’élection présidentielle de 2021 à cause de son statut de réfugié politique octroyé par la France. En revanche, la Cour a raté une occasion de faire avancer, par un bel arrêt, la cause des réfugiés, notamment sur la question de leurs droits politiques, si elle en avait profité pour ouvrir ouvertement le débat. Et c’est parce que nous présumons que ni les juges de la Cour ni l’avocat de M. Sébastien Germain Ajavon n’ignoraient le statut de réfugié politique de ce dernier ainsi que les obligations qui en découlaient que nous en concluons qu’ils sont, soit de mauvaise foi, soit de moralité douteuse. On peut juste s’étonner que les avocats de l’Etat Béninois n’aient pas soulevé non plus ce point dans leurs plaidoiries. En tout état de cause, l’attitude des juges de la Cour impacte négativement la crédibilité de la Cour. II / De la crédibilité de la Cour La crédibilité d’une juridiction et plus encore d’une juridiction régionale réside presque entièrement dans la force de l’argumentaire juridique de ses arrêts, de sorte que même lorsqu’un camp perd un procès devant elle, il puisse s’exclamer « mais l’arrêt est très bien rédigé » !! C’est ce qui manque le plus aujourd’hui aux arrêts de la Cadhp contre le Bénin et que traduisent d’ailleurs,fort à propos,les nombreuses opinions dissidentes qui s’expriment à chaque fois. Nous nous attarderons ici et de façon non exhaustive, sur quatre exemples pour bien montrer cette légèreté qui caractérise le raisonnement juridique des juges de la Cour. Le premier exemple, c’est le fait de condamner le Bénin sur des fondements irréels et inexacts. En effet, le Bénin a été sommé d’abroger une loi qui interdirait le droit de grève au Bénin. Le problème avec cette décision, c’est qu’aucune loi n’interdit le droit de grève au Bénin. Nous avons beau chercher, nous ne la trouvons pas.Il y a, certes, eu une tentative d’abrogation du droit de grève mais la Cour constitutionnelle présidée par le Professeur Théodore Holo avait alors déclaré la loi inconstitutionnelle en rappelant fort opportunément au gouvernement qu’il pouvait réorganiser comme il le voulait le droit de grève dans le cadre d’une loi mais qu’en aucun cas, il ne pouvait le supprimer. Dès lors, une nouvelle loi sur le droit de grève en République du Bénin qui n’autorise la grève qu’à raison de deux jours par mois, a été votée. Elle constitue aujourd’hui le cadre de référence du droit de grève au Bénin et c’est dans ce cadre que les étudiants de l’Université d’Abomey-Calavi ont fait grève fin novembre et début décembre dernier. Certes, le politique et donc l’opposition politique peut dénoncer cette loi et considérer, ainsi qu’elle le fait, que le droit de grève est réduit à sa plus simple expression au point de lui enlever toute utilité fonctionnelle, voire politique et stratégique ; elle sera dans son droit. Mais une Cour régionale ne peut dire que la loi a supprimé le droit de grève alors que ce n’est pas vrai : ce faisant, elle ne fait plus du Droit, elle fait de la politique et ça, pour un Etat membre, c’est inadmissible. Dans ces conditions, l’Etat du Bénin est fondé à dénoncer de tels comportements et si l’organisation de la Cour l’avait permis, il serait fondé à introduire un recours en réparation de préjudice moral subi du fait de la divulgation virale de fausses informations sur les réseaux sociaux suivie de commentaires tout aussi malveillants les uns que les autres qui sont de nature à salir l’image du pays. Le deuxième exemple, c’est le fait de condamner le Bénin sur des fondements sans objet. En effet, en condamnant l’Etat du Bénin à annuler la révision constitutionnelle de novembre 2019, la Cour invoque notamment, l’article 10 alinéa 2 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance qui dispose que les « Etats parties doivent s’assurer que le processus d’amendement ou de révision de leur Constitution repose sur un consensus national comportant, le cas échéant, le recours au référendum ». En dehors du référendum, qu’elle recommande le cas échéant, la Charte ne donne aucune définition, même indicative, du consensus. Par contre, l’on peut définir négativement le consensus par ce qu’il n’est pas et le moins que l’on puisse dire, c’est que le consensus n’est pas l’unanimité. Dès lors, lorsque le Bénin décide de réviser sa Constitution, il s’en tient à son droit interne et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas eu besoin de la Charte pour poser la première définition constitutionnelle du consensus. Elle est contenue dans sa Constitution de 1990 alors que la Charte n’a été adoptée qu’en 2007 et n’est entrée en vigueur qu’en 2012. Aux termes de l’article 155 de la Constitution béninoise, « La révision n’est acquise qu’après avoir été approuvée par référendum, sauf si le projet ou la proposition en cause a été approuvée à la majorité des quatre cinquièmes des membres composant l’Assemblée ». Autrement dit, pour le Constituant béninois, le consensus a deux définitions, la première, ce sont les quatre cinquièmes des Députés et la seconde, c’est le vote référendaire positif. Le problème avec cette décision de la Cour, c’est que la révision constitutionnelle querellée a été acquise à l’unanimité des députés présents ou représentés, donc au-delà des quatre cinquièmes exigés par le consensus de la Constitution: Il ne revient donc à la Cour que de le constater.Mais si au lieu de se contenter de le constater, elle se préoccupe de la couleur de l’Assemblée, de la régularité ou non de son élection etc., etc., elle ne fait plus du Droit; elle fait de la politique car ces observations relèvent du politique et donc de l’opposition qui, de toutes les façons, ne se prive pas de les faire. De même, le droit à l’information qui serait, selon la Cour, violé dans cette procédure est fortement contestable car non seulement il n’y a pas une façon unique d’organiser le droit à l’information, mais aussi et surtout nul, et surtout pas le demandeur, ne peut se prévaloir d’avoir demandé des informations relatives à cette question auprès des autorités compétentes et que celles-ci aient volontairement refusé de les lui donner ; et d’ailleurs tous les documents officiels sont aujourd’hui presque instantanément disponibles sur les réseaux sociaux. Par ailleurs, la Cour demande l’abrogation de réformes cinq mois seulement avant l’élection (Novembre 2020-Avril 2021), alors même que, d’une part, ces lois ont été promulguées dix-sept mois avant l’élection (Novembre 2019-Avril 2020), là où la Cedeao prescrit un délai de six mois avant les élections et, d’autre part, que la Cour attend douze mois après leur adoption (novembre 2019-novembre 2020) pour demander leur abrogation. La Cour ne peut se substituer aux Cours et Conseils constitutionnels des Etats membres pour s’inscrire dans le rôle d’arbitre de la politique. Le troisième exemple, c’est quand la Cour demande au Bénin, un peu plus tôt dans l’année, de suspendre l’organisation des élections communales en attendant sa décision au fond parce que le fait pour M. Sébastien Germain Ajavon de ne pas aller à l’élection présidentielle de 2021 lui créerait des dommages irréparables. Le problème, c’est qu’elle se fait une idée trop extensive pour ne pas dire trop laxiste du« dommage irréparable ». Peut-on sérieusement considérer le fait pour un citoyen de ne pas prendre part à une élection présidentielle, aléatoire par sa nature -puisqu’une élection, on peut la gagner comme on peut la perdre-et répétitive par sa finalité -puisqu’elle s’organise tous les cinq ans-comme pouvant occasionner des dommages irréparables ? Si le Bénin avait suivi cette demande, les élections communales n’auraient pas été organisées à bonne date ; elles auraient été organisées au mieux, en Janvier 2021 et, au pire, en Avril 2021, étant entendu que le processus électoral s’étale au Bénin sur trois mois minimum. Le grand collège des parrains n’aurait jamais été constitué à temps pour l’élection présidentielle de 2021. Par ailleurs et dans le même registre, considérer le parrainage comme une mesure d’exclusion est bien ridicule car par essence, tout critère, de quelque ordre et de quelque nature que ce soit est nécessairement exclusif : tout est dans la pertinence du critère. Sauf à considérer que tous les parrains sont élus sur les listes des partis soutenant l’action du Gouvernement (Up et Br) et une frange de l’opposition (les Fcbe) ; mais ce faisant, la Cour ne fait plus du Droit, elle fait de la politique et elle ne la fera jamais mieux que l’opposition qui ne rate aucune occasion de le rappeler. Le quatrième exemple, c’est quand la Cour demande à l’Etat béninois de s’opposer à l’exécution d’une décision de justice dans l’Affaire Société Générale Bénin contre la Société d’Hôtellerie, de Restauration et de Loisirs (Shrl) pour, quelque temps plus tard, lui reprocher de violer le principe de la séparation des pouvoirs. En tout état de cause, avec toutes ces décisions, oh combien contestables, on ne peut plus faire l’économie d’une réflexion de fond sur les réformes à faire au niveau de cette Cour. Il faudrait regarder du côté de son organisation et de son fonctionnement. En effet, il n’est plus concevable que les Etats ne puissent pas avoir les moyens de contester leurs condamnations ; le principe de double degré de juridiction doit être instauré : c’est d’ailleurs un acte de souveraineté. Une autre direction de la réforme doit concerner la procédure de désignation des Juges. Aujourd’hui, la qualité ainsi que la compétence de la majorité des Juges sont douteuses. Une troisième direction des réformes doit concerner la redéfinition et disons-le tout de go, la limitation des compétences de la Cour. La Cour ne peut continuer de faire une interprétation lato sensu des droits de l’homme pour définir sa compétence et aucun Etat ne peut accepter qu’elle se transforme en Tribunal de première instance et de dernier recours en toutes les matières, qu’elles soient commerciale, administrative, judiciaire, constitutionnelle et des comptes. La voie de la réforme est la seule solution pour lui éviter des crises futures ; il est urgent de procéder à ces réformes car après les retraits du Bénin et de la Côte-d’Ivoire il ne reste plus que six pays sur cinquante-quatre qui lui permettent de fonctionner et à force d’afficher des manquements aussi graves, elle court le risque de disparaître. : Par Prudent Victor Topanou Maître de conférences de Sciences politiques Université d’Abomey-Calavi Actualités 15 déc. 2020


Reddition de comptes du chef de l’Etat à Cotonou: Les grandes réalisations du quinquennat revisitées
Fin en apothéose du périple national de reddition de comptes du président de la République, l’étape de Cotonou a également permis de faire un point global de la mise en œuvre du Programme d’action du gouvernement. Utopique pour les uns, irréaliste pour les autres, sans doute en raison de son coût de réalisation estimé à 9039 milliards, le Programme d’action du gouvernement (Pag) lancé le 16 décembre 2016, a été largement évoqué au cours de la séance de reddition de comptes entre le président de la République et les populations de Cotonou. Wilfried Léandre Houngbédji, directeur de la Communication à la Présidence de la République, s’est fait le devoir de faire le point des grandes réalisations du quinquennat. Le rêve dont beaucoup doutaient s’est pourtant concrétisé, retiendra-t-on de son intervention. La quasi-totalité des réformes prioritaires ont été exécutées. La mise en œuvre des projets prioritaires se poursuit. Tout le pays est en chantier, a confirmé le directeur de la Communication. Détails, chiffres et statistiques au point, il s’est évertué à illustrer la croissance amorcée par le Bénin depuis la mise en œuvre de ce programme de développement dont la finalité est de révéler le Bénin. La révision de la Constitution, le dialogue politique, la réforme du système partisan qui restitue l’animation de la vie politique aux acteurs politiques, le système politique en pleine mutation, l’assainissement du paysage politique, la révision du Code électoral pour tendre aussi vers des élections groupées… Au plan politique, les prévisions du Pag pour consolider la démocratie n’ont pas faibli. Il en est de même du renforcement du système judiciaire, de la réorganisation de la carte judiciaire, de la réorganisation de la défense et de la sécurité avec notamment des recrutements, des moyens logistiques et financiers pour une meilleure sécurisation du pays… « Nous sommes dans la bonne dynamique et notre pays s’est bien distingué », se félicite le directeur de la Communication.Autres secteurs impactés, la diplomatie, l’état civil, le climat des affaires. Au plan économique, on ne peut non plus nier les avancées du Bénin. Même si on laisse de côté les notations et autres reconnaissances d’organismes internationaux de grande réputation, on peut retenir le remboursement des dettes intérieures du pays, la création de plus de huit cent mille emplois formels et informels, directs et indirects comme des signaux porteurs. Sa présentation n’occultera pas l’énergie. Un secteur dans lequel un programme d’investissement massif a été déployé pour assurer l’autonomie du pays. Le bilan des réalisations faites à ce niveau témoigne de la rigueur du chef de l’Etat et de son équipe. Le Bénin dispose d’une nouvelle centrale à Maria Gléta qui assure la moitié des besoins du pays. Il a aussi soldé sa dette de 40 milliards envers le Nigeria et le Ghana et prévoit pour les semaines à venir, le lancement des travaux pour la construction d’une deuxième centrale. Des succès d’un secteur à un autre Pour ce qui est des infrastructures et des transports, rien à dire, à en croire les explications de Wilfried Léandre Houngbédji, le pays s’est là aussi remis sur les rails. On notera entre autres, la modernisation du sous-secteur aérien avec la réhabilitation et la mise aux normes de l’aéroport de Cadjèhoun, la poursuite des travaux préparatoires pour la construction de l’aéroport de Glo Djigbé, la création de la Société des aéroports du Bénin, et le développement en cours d’une nouvelle offre aéronautique en partenariat avec un opérateur privé. Le tourisme restera tout de même l’un des chantiers sur lesquels, le régime a prouvé sa détermination à révéler le Bénin. Des investissements massifs de l’ordre de 400 milliards Cfa sont prévus et la plupart des projets annoncés ont démarré. N’eût-été la maladie à coronavirus qui a freiné quelque peu l’élan en cours, bien des chantiers seraient plus avancés à la date de cette présentation, explique le directeur à la Communication à la présidence. La rénovation du parc de la Pendjari, la cité historique de Ouidah, l’aménagement d’une station balnéaire, le pole touristique d’Abomey, le pôle muséal de référence autour du musée vodoun de Porto-Novo, le palais royal Baru tem à Nikki, la halte touristique d’Allada, les sept arènes culturelles dont les études sont déjà achevées… jamais le tourisme n’a autant été au cœur de l’action des dirigeants du pays. « Les résultats achèvent de convaincre qu’une belle dynamique est en cours », laisse entrevoir le bilan fait. D’autres secteurs tout aussi importants et logés en bonne place dans le Pag feront aussi l’objet de ce bilan. On en déduit que le Bénin, comme ne cesse de le rappeler le chef de l’Etat, a pris son envol. Les efforts déployés ces cinq dernières années dans le tourisme, les arts et la culture, l’artisanat, le numérique, l’éducation, la santé le prouvent à merveille et fondent sans doute le refrain quasi-quotidien des populations qui veulent voir « la dynamique en cours se poursuivre ». Actualités 15 déc. 2020


1er  championnat virtuel africain de kata: Les  karatékas béninois en demi-finale  
Sept des huit athlètes béninois présents au  premier e-championnat africain de kata sont qualifiés pour le deuxième tour de la compétition. Il s’agit de Bararath Abé Codjo, Gracia Aboudou, Giovanna Aditi, Ihsane Adjanohoun, Skeriane Azonyito, Laissu Diallo et Jorès Kpadonou. Seul  Blaise Wongla n’a pas pu tirer son épingle. Arrivée première dans la catégorie kata individuel féminin,  Bararath Abé Codjo disputera la finale contre le Gabonais Kaela Akamanzi Kabalisa. Quant à Gracia Aboudou, Giovanna Aditi, Ihsane Adjanohoun, Skeriane Azonyito, Laissu Diallo et Jorès Kpadonou, ils disputeront les demi-finales dans leur catégorie. L’enregistrement de la performance vidéo de ce 2e tour continental est ouvert ce lundi 14 décembre. Rock Quenum, président de la Fédération béninoise de karaté, se dit heureux de la performance de ses athlètes qui portent ainsi, haut l’étendard du Bénin à cette compétition de e-kata individuel féminin et masculin destinée aux athlètes des deux sexes âgés de 8 à 13 ans.  A noter que les arbitres officiels de cet événement seront sélectionnés par la Commission  des arbitres de l'Union des fédérations africaines de karaté (Ufak). Sports 14 déc. 2020


Match Mouloudia d’Alger # Buffles: Le duel reprogrammé pour le 19 décembre prochain
Le comité d’organisation des compétitions interclubs de la Caf a décidé de faire jouer le match entre les Buffles Fc du Borgou et le Mouloudia d’Alger, le 19 décembre au complexe olympique Mohamed Boudiad-Stade du 5 juillet 1962 (20 h 45). Dans le cadre de cette rencontre comptant pour le premier tour des préliminaires de la Ligue des Champions de la Confédération africaine de Football (Caf), les autorités du club algérien ont saisi, ce lundi 14 décembre, les dirigeants des Buffles afin de leur communiquer les informations utiles en vue de leur faciliter un meilleur déplacement.     Sports 14 déc. 2020


Institut privé de santé Sainte Julie de Ouagadougou: Plus de 400 professionnels de la santé sur le marché de l’emploi ouest-africain
L’Institut privé de santé Sainte Julie (Ipssj) de Ouagadougou, au Burkina Faso, a libéré, samedi 5 décembre dernier à Tenkodogo, des profes-sionnels de la santé en fin de formation. Après avoir prêté serment, les 417 professionnels de la santé sont désormais aptes pour aller faire leurs preuves sur le marché de l’emploi ouest-africain. Le cercle des agents au service de la santé des populations s’est élargi, samedi 5 décembre dernier à Tenkodogo, au Burkina Faso, avec la mise sur le marché de l’emploi au niveau de l’Afrique de l’Ouest, de 417 professionnels par l’Institut privé de santé Sainte Julie (Ipssj). Après trois années de formation, ils ont prêté serment de ne pas faillir dans l’exercice de leurs activités. Tous des professionnels chevronnés de la santé communautaire, ils ont été formés dans quatre spécialités. On dénombre parmi eux 142 sages-femmes, 228 infirmiers d’Etat, 42 agents de santé communautaire et 5 agents itinérants de santé. Une référence en Afrique de l’Ouest L’Ipssj tient, en matière de santé des populations, à sa réputation de centre de référence en Afrique de l’Ouest où l’on dispense une formation de qualité. En témoignent les performances extraordinaires qu’il a réalisées dans toutes les spécialités présentées à l’examen national. En effet, sur les 147 sages-femmes que l’établissement a présentées, informe son directeur des études et stages, Malachie Yaogo, 142 sont admises, soit un taux de réussite de 96,59 %. Des 48 agents de santé communautaire présentés, 42 sont parvenus à s’en sortir, soit un taux de réussite d’environ 87,5 %. S’agissant des infirmiers d’Etat, 228 sur les 245 présentés ont tiré leur épingle du jeu, soit un taux de 93,06 %. Au niveau des agents Itinérants de santé, le résultat a été de 100 % avec 5 admis sur les 5 présentés. « Avoir un diplôme est noble, mais c’est encore mieux d’être compétent sur le terrain. Le malade n’est pas censé savoir quelle a été votre moyenne de réussite, mais attend de vous, que vous soyez en mesure de répondre à ses besoins », a averti le fondateur de l’institut, Samuel Kéré. « J’ose croire que vous allez respecter votre serment, pour ne pas ternir l’image de l’école et des encadreurs », a-t-il poursuivi. « Les populations attendent de vous, la compétence, l’ardeur au travail à travers un comportement exemplaire. Vous devez être consciencieux au service des individus et des communautés », a prévenu le directeur général du Centre hospitalier régional de Tenkodogo, parrain des récipiendaires, Ousmane Néré. Il a conscience qu’ils mettront en valeur les enseignements reçus au cours de leur formation. Profiter de la réputation de l’institut Pour les récipiendaires soutenus par leurs parents, c’est le couronnement de nombreux efforts consentis. Ils ont tenu à remercier le promoteur de l’institut, ainsi que leurs différents encadreurs au cours des trois années de leur formation. Par la voix de leur porte-parole, Oualoufey Mouibi, ils ont indiqué ne pas regretter d’avoir pris par cette école. A travers leurs prestations, ils comptent bien profiter de sa renommée, pour mieux se mettre en valeur sur le terrain. En présence des autorités régionales, de leur parrain, de leurs encadreurs, de leurs parents, amis et invités, ils ont donc promis de mettre à contribution leur professionnalisme afin d’apporter du soulagement aux patients. En dehors de Tenkodogo, cette cérémonie de sortie a également eu lieu à Ouagadougou. En marge de la cérémonie, le promoteur de l’établissement, Samuel Kéré, a annoncé pour la rentrée académique prochaine, l’ouverture d’une nouvelle filière, celle de la « Santé animale ». Il a, par ailleurs, invité les récipiendaires à être les ambassadeurs de son institution. C’est en 2015 que l’Ecole privée de santé Sainte Julie (Eps/sj) a ouvert ses portes. Elle deviendra par la suite l’Institut privé de santé Sainte Julie (Ipssj). Parmi les élèves stagiaires qui ont effectué leur sortie le 5 décembre dernier, il y avait la troisième promotion des élèves sages-femmes et infirmiers d’Etat, la quatrième promotion d’élèves agents itinérants de santé et la toute première promotion des agents de santé communautaire. Outre des prestations artistiques, la cérémonie a également été marquée par la remise d’attestation de fin de formation. Les plus méritants ont reçu des motos. Pour lui témoigner leur reconnaissance, les récipiendaires ont également gratifié de présents, le fondateur de l’établissement. Santé 14 déc. 2020


Renforcement des capacités de production des agriculteurs:Les maraîchers des Aguégués dotés de matériel de travail
Pour permettre aux maraîchers de la commune des Aguégués organisés en groupements d’accroître leurs capacités de production, le gouvernement, à travers le Projet d’appui au développement du maraîchage (Padmar), les a équipés en matériel de toutes sortes. La remise des équipements a eu lieu, jeudi 10 décembre sur le site d’Avagbodji. Le renforcement des capacités de production et l’amélioration des conditions de vie des maraîchers ont sous-tendu le geste du gouvernement qui les a dotés d’équipements divers à travers le Projet d’appui au développement du maraîchage (Padmar). L’efficacité de la procédure d’acquisition des équipements a été saluée par Ousmane Kora, chef du projet Padmar. A l’en croire, il s’agit de la procédure dénommée passation de marchés avec les communes qui a facilité les choses et plus de 127, 033 millions F Cfa ont été injectés dans la commune. Ce montant a servi, d’une part, à l’aménagement de planches surélevées sur une superficie de 56 ha pour un coût de plus de 78, 4 millions au profit de 223 personnes. Selon Ousamane Kora, les planches relevées sont une technologie locale améliorée. Aujourd’hui, les besoins exprimés sont estimés à 400 ha à aménager, a-t-il fait savoir pour montrer le succès de cette option auprès des bénéficiaires. D’autre part, pour un montant de 48, 633 millions F Cfa, les équipements individuels et collectifs ont été acquis au profit de 716 maraîchers hommes, femmes et jeunes. S’agissant des équipements, ils ont reçu au titre de 2020, 208 arrosoirs, 208 pulvérisateurs, 95 Epi, 95 décamètres, 95 cordeaux, 308 houes, 308 coupe-coupe, 308 râteaux, 308 pelles et 48 motopompes. Le maraîchage fait partie des secteurs phares pour lesquels l’amélioration durable de la production, de la productivité et de la compétitivité tient à cœur au gouvernement. Pour y parvenir, a souligné Abdoulaye Toko, directeur adjoint de cabinet du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, il faut assurer le renforcement des capacités matérielles, techniques et financières des acteurs. « C’est dans ce cadre que le gouvernement a cofinancé avec le Fonds international de développement agricole (Fida) le Padmar qui contribuera, (…), à améliorer les conditions de vie et de travail des populations béninoises en général et celles des maraîchers des 27 communes du Sud Bénin que couvre ce projet en particulier », a-t-il expliqué. Les kits de petit matériel et équipements ainsi que les kits d’intrants et d’irrigation dont sont bénéficiaires 28 coopératives des Aguégués permettront, a-t-il espéré, d’atteindre ces objectifs. Selon lui, les appuis du Padmar contribueront à réduire la pénibilité du travail de 939 producteurs de piment et de gombo pour une superficie de 263 ha. Les impacts de ce projet sur l’économie locale sont sans équivoque. Pour Marc Gandonou, maire des Aguégués, les appuis reçus en 2019 ont permis aux producteurs d’emblaver de grandes superficies de terre. Ce qui, a-t-il poursuivi, a inondé le monde de produits vivriers d’Avagbodji et permis du coup à la mairie de percevoir la taxe de développement local (Tdl) plus que dans les années antérieures. « Les résultats sont satisfaisants», a-t-il retenu ajoutant qu’avec le nouvel appui, les choses s’amélioreront davantage tant pour les foyers des producteurs que pour la commune elle-même en matière de mobilisation de ressources. Toutes choses qui inspirent des mots de reconnaissance à Sylvère Sonon, représentant de la Fédération nationale des organisations des maraîchers (Fenoma) au nom des bénéficiaires. Alain Allabi Société 14 déc. 2020


Abdoulaye F. Ndione à propos des effets du Covid-19 sur les maisons d’édition:« La chaîne du livre est au ralenti... »
Approché en marge de la cérémonie de proclamation du vainqueur du « Prix Afrilivres » 2020, Abdoulaye Fodé Ndione évoque ici, les dommages causés par la pandémie du Covid-19 dans son secteur d’activité : l'édition des livres. Un secteur qui, comme de nombreux autres, survit vaille que vaille grâce aux outils du numérique et à l’internet. Directeur général de Abis Editions, basée au Sénégal, ce professionnel du livre est également le président d’Afrilivres, un collectif d’éditeurs d’Afrique francophone. La Nation : Quel est l’impact de la pandémie du Covid-19 sur les maisons d’édition, notamment en Afrique francophone ? Abdoulaye Fodé Ndione : Cette pandémie est arrivée à un moment vraiment critique. Nous constatons ses incidences à tous les niveaux de la production, dans les pays. L’édition, c’est le mouvement, c’est le livre qui circule, ce sont les éditeurs et les auteurs qui voyagent. C’est pour vous dire que cette pandémie a causé beaucoup de dégâts. Plusieurs manifestations concernant la promotion du livre, la visibilité des maisons d’édition, etc. n’ont pas pu se dérouler parce qu’il y a des mesures barrières à respecter pour lutter contre la propagation de cette pandémie. Tout cela a freiné la production du livre. Cela a également freiné l’acquisition parce que l’édition, c’est aussi des acquisitions. Donc, la chaîne du livre a vraiment subi ce choc, et elle est restée au ralenti comme dans beaucoup de secteurs d’activités. Donc, nous subissons les mêmes aléas, les mêmes choses, et nous pensons simplement que cette phase difficile sera un rappel bientôt. Avec cette pandémie, les éditeurs ont dû certainement revoir leur manière de travailler Oui ! Absolument ! On est obligé de le faire. On ne peut pas être en léthargie face à la pandémie. Sinon, c’est la mort certaine de nos entreprises. Comment cela se passe concrètement ? Comme dans beaucoup de secteurs, nous avons développé la vidéoconférence, l’édition numérique, les échanges et les rencontres numériques, etc. Nous avons effectué pas mal de réunions et d’échanges à travers internet, un outil extraordinaire qui est devenu super extraordinaire avec la pandémie. Sans internet, la période de la pandémie allait être très difficile et extrêmement catastrophique en termes de production d’ouvrages, de mise en œuvre de nos actions éditoriales, de promotion de nos maisons d’édition, de maintien de nos relations, etc. Ce qu’il faut reconnaître avec cette pandémie, c’est que ça a permis, malgré son aspect totalement néfaste, de renforcer nos capacités et de prendre d’autres initiatives par rapport au développement de nos activités. Quel est votre objectif avec Afrilivres ? Notre plus grand souci, c’est le développement du livre africain. Que nos livres soient là, qu’ils circulent entre nos pays et qu’ils aillent de l’autre côté, c’est-à-dire dans les pays du nord, pour être représentatifs et être de la même qualité que les livres qui sont produits là-bas. C’est pour cela que le « Prix Afrilivres », organisé chaque année avec le soutien de l’Oif, incite les éditeurs francophones africains à aller plus loin, à exceller dans leur travail. Heureusement, ils sont conscients de cela, ce qui fait qu'à chaque fois que nous primons une maison d’édition à travers son travail, le livre qui est choisi est toujours d’une excellente qualité. Et cela nous réjouit d’ailleurs parce que c’est ce qui fait l’existence, la substance même de ce Prix. Je crois que maintenant, nous sommes arrivés à un point où nous ne pouvons plus retourner dans d’autres façons de fabriquer nos ouvrages parce que nous avons une ligne de mire qui est la qualité, et nous nous imposons rigoureusement cette qualité-là pour aller de l’avant. Culture 14 déc. 2020


Derniers hommages au feu Professeur Félix Iroko:Le monde universitaire rend témoignage à une fierté nationale
L'Académie nationale des sciences, arts et lettres du Bénin a organisé, vendredi 11 décembre dernier, une majestueuse cérémonie d'hommages au feu Professeur Félix Iroko. Décédé des suites d'un accident, la mémoire de l'historien de haut rang, a été honorée par d'éminentes personnalités politiques, un impressionnant collège de professeurs et une forte délégation d'étudiants. A personne exceptionnelle, hommages exceptionnels ! Dans l'après-midi du vendredi 11 décembre dernier, l'insigne procession de la dépouille mortelle, de la Bourse du Travail à la grande salle du Hall des Arts, suffit à témoigner du rang du disparu : feu Felix Iroko, un homme pas des moindres, un historien pas des moindres, un professeur pas des moindres. Les derniers hommages rendus à l'académicien disparu, étaient bien dignes de son rang. « Il fut un grand enseignant d'histoire qui a formé plusieurs générations; un grand maître dont les qualités et l'art d'enseigner plaisent à ceux qu'il a tenus en Histoire... », en témoigne le représentant des étudiants du Professeur Félix Iroko. Ancien étudiant de l'académicien, Dr Justin Avolonto a salué la mémoire d'un homme humble qui savait se débarrasser de ses titres ronflants, pourtant mérités, pour se mettre au service de la science. A sa suite, le Professeur Jérôme Alladayé a rappelé combien l'homme était attaché à l'histoire et à la science. « Cher professeur Iroko, repose en paix. Supplie Dieu d'accorder la force de surmonter ta disparition à ton épouse, tes enfants, ta famille, tes collègues, tes amis ainsi qu'à tes admirateurs plus nombreux que tu ne peux l'imaginer », va invoquer le professeur Jérôme Alladayé. En dépit de la douleur que provoque cette disparition, la famille du Professeur Félix Iroko garde l’espoir que l'homme a choisi la bonne part: l'éternité auprès du créateur qui donne la vie et reprend la vie. « Dominus dedit, Dominus abstulit, sit nomen Domini benedictus (Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris, que le nom du Seigneur soit béni) », va d’ailleurs déclarer le président de l’Ansalb, le Professeur Mahouton Norbert Hounkonnou. Il a laissé un héritage insondable... Doyenne de la Faculté des sciences humaines et sociales, la Professeure Odile Dossou Guedegbe, rend témoignage à Félix Iroko : « Un maitre du savoir s'en est allé... Le Professeur Félix Iroko est une icône scientifique que nous avons découverte en 1986 alors qu'il était mon professeur d'Histoire... Cher Professeur Félix Iroko, soyez fier des étudiants que vous avez formés et qui sont aujourd'hui des cadres... ». Représentant le recteur de l'Université d'Abomey-Calavi, le premier vice-recteur désigne le Professeur Félix Iroko comme un enseignant exceptionnel recruté à l'Université nationale du Bénin depuis 1973, qui est resté fidèle à sa vocation jusqu'à sa mort et a valorisé son savoir au-delà du continent africain. Le promoteur de la Haute école de commerce et de management, Aké Natondé, ajoute : « Cher Professeur Felix Iroko, vous avez marqué votre passage à la Haute école de commerce et de Management. Vous avez suscité l'admiration de vos étudiants... Votre pédagogie continue d'inspirer vos collègues professeurs...... ». Aké Natondé fait savoir que l'illustre disparu a été directeur académique dans son école avant de devenir vice-président puis président du Conseil scientifique de l'établissement. Le président de l'Ansalb, Mahouton Norbert Hounkonnou, va également reconnaître les mérites de ce professeur hors pair, un érudit exceptionnel de l'histoire africaine, un utile homme pour sa nation et pour la communauté scientifique... « Sa vie fut courte mais de toute évidence, incontestablement riche, dense, immense... Nous restons dans l'espérance qu'il est dans la félicité éternelle », a soutenu Norbert Hounkonnou. Le savoir du disparu fait l'unanimité. « Je suis venu saluer l'intelligence, la passion du savoir, le désir de faire connaître son pays. Le Professeur Félix Iroko l'a fait avec humilité, méthodologie et engagement... Qu'il repose en paix !» ; c’est le témoignage du président de l’Union progressiste, Bruno Amoussou. A tour de rôle, le ministre de la Culture, du Tourisme et des Arts, Jean-Michel Abimbola et la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Éléonore Yayi Ladékan vont rappeler que l'académicien disparu est une personnalité de grande envergure dont la science a abreuvé tant de générations ; une bibliothèque et une fierté nationale. Qui est Félix Iroko ? Né en 1946 à Zè, Abiola Félix Iroko est un historien béninois, originaire de Kétou. Il est auteur de plusieurs ouvrages sur les civilisations de l'Afrique de l'Ouest et sur l'esclavage en Afrique. Dépeignant l'homme et ses œuvres, Dr Emery Patrick Effiboley, chef du département d'Histoire et d'Archéologie fait savoir que Félix Iroko est titulaire d'une Licence ès-lettres en sciences humaines, d'une Maitrise en la même matière, d'un doctorat en Histoire puis d'un Doctorat de lettres et de sciences humaines de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne Félix Iroko était Professeur au département d’Histoire et d’Archéologie de l'Université d'Abomey-Calavi. Il a gravi tous les échelons du Cames et a fait valoir ses droits à la retraite le 1er octobre 2012 après plus de quarante ans de fonction. Le Professeur Félix Iroko est auteur de plus de 60 publications dans les revues internationales de renom, d'environ 600 articles de vulgarisation scientifique et d'une vingtaine d'ouvrages. Entre autres ouvrages qu'on doit au célèbre historien : «L'homme et les termitières en Afrique» paru en 1996; «Les cauris en Afrique Occidentale du dixième au vingtième siècle», paru en 1988 ; «Le président Mathieu Kérékou, un homme hors du commun» paru en 2001; «Les villes yoruba du Dahomey : l'exemple de Ketu» paru en 1975 avec Ogunsola John Igue ; «La côte des esclaves et la traite atlantique : les faits et le jugement de l'histoire», paru en 2003. Conseiller au titre de la première mandature du Conseil économique et social, Félix Iroko était membre de l'Association des historiens africains, membre fondateur de l'Académie nationale des sciences, arts et lettres du Bénin dont il a été le secrétaire perpétuel adjoint de 2010 en 2014. Celui que le monde universitaire pleure, est décédé le 13 novembre dernier des suites d'un accident, avec près d'une dizaine d'ouvrages encore en projet. Actualités 14 déc. 2020


2e congrès ordinaire du Synatraciat-Pme: La démocratie syndicale saluée
Le Syndicat national des travailleurs de l’administration du commerce, de la culture, de l’industrie, de l’artisanat, des arts, du tourisme et des petites et moyennes entreprises (Synatraciat-Pme) a tenu son deuxième congrès ordinaire, samedi 12 décembre au ministère de l’Industrie et du Commerce. Une occasion pour le syndicat de renouveler ses instances dirigeantes. Les instances dirigeantes du Syndicat national des travailleurs de l’administration du commerce, de la culture, de l’industrie, de l’artisanat, des arts, du tourisme et des petites et moyennes entreprises (Synatraciat-Pme) ont été renouvelées à la faveur du deuxième congrès ordinaire du syndicat tenu ce samedi 12 décembre au ministère de l’Industrie et du Commerce. A l’occasion, Septime Biadja, secrétaire général sortant, a exprimé sa joie de voir ses syndiqués se réunir pour la noble cause syndicale malgré le contexte marqué par la pandémie du Covid-19. La participation active des délégués au congrès, souligne-t-il, témoigne de l’intérêt qu’ils accordent à la chose syndicale. Le renouvellement des instances dirigeantes du Synatraciat-Pme intervient après cinq ans, selon Septime Biadja. « 18 décembre 2015-18 décembre 2020, cela fait exactement cinq ans que je prenais les rênes du Synatraciat-Pme. Le chemin n’a pas été facile parce que parsemé d’embûches », a-t-il relevé. Il a profité pour rendre un hommage mérité aux travailleurs des ministères du Tourisme, de la Culture et des Arts, de l’Industrie et du Commerce et des Petites et Moyennes Entreprises et de la Promotion de l’Emploi. Les participants au congrès sont appelés à amender et à adopter les statuts et le règlement intérieur du Synatraciat-Pme ainsi qu’à procéder à l’élection et à l’installation des nouveaux membres du bureau national et des commissaires aux comptes. Hermane Chabi, secrétaire général du syndicat du ministère des Sports, venu soutenir les congressistes, a reconnu les difficultés que le bureau du Synatraciat-Pme a rencontrées au cours de son mandat, pour avoir collaboré avec lui pendant deux ans, suite au jumelage du ministère des Sports et celui de la Culture. « Le Synatraciat-Pme est une organisation singulière de par son élasticité et son caractère transversal, couvrant plusieurs secteurs d’activité sensibles sur toute l’étendue du territoire national. Il a su résister à tous les démons de la division grâce à l’unité de tous les travailleurs qui apportent quotidiennement et inlassablement une plus-value à notre tissu économique et social et grâce au leadership éclairé des responsables syndicaux qui ont, avec courage, porté haut l’étendard des idéaux qui constitue la principale marque de ce grand ministère de par sa taille, mais aussi sa valeur », témoigne-t-il. Saliou Odoubou, représentant le ministre Jean Michel Abimbola, a noté une démocratie syndicale au sein des syndicats, à travers la tenue de ce congrès ordinaire. Il a félicité les congressistes qu'il a invités à disposer d’un bureau consensuel au terme des travaux. Société 14 déc. 2020


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